13 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 566 - 570
En 79, malgré la diaspora, l’Empereur Titus craint toujours que la judée ne se révolte encore. C’est pour cette raison qu’il interdit désormais aux Juifs restés dans le pays, d’étudier la torah. Il leur défend de s’adonner à la kabbale ; ceux-ci se demandent alors si leur chaîne Initiatique ne va pas être interrompue. Et il les empêche de se rendre en pèlerinage à Jérusalem pour prier au Mur des Lamentations ; le seul vestige encore debout du Temple de Salomon.
En 80, les déviations doctrinales se multiplient, car le Christianisme se réfère à un homme, Jésus, et à un événement, sa résurrection, mais non à un livre ou à un système théologique. Certaines hérésies sont le fait d’intellectuels soucieux de concilier la foi et la philosophie, d’autres rejettent la bible. Ces interprétations sont déterminées par des héritages culturels différents. Il faut donc constituer, à partir des traditions diverses, un « canon » des textes admis par tous. Il faut, aussi, renforcer l’encadrement. C’est la tâche des premiers grands évêques, comme Clément, à Rome, et Ignace, à Antioche. Celui-ci définit l’Eglise comme « Catholique », c’est à dire universelle.
Véhiculé de port en port le long des routes romaines, le Christianisme utilise des réseaux d’hospitalité. Chaque prédicateur a les siens. Des notables accueillent les communautés dans le cadre d’Eglises « domestiques ».
L’Eglise est à présent considérée comme le « Corps Mystique » du Christ. La communion fonde son unité. Peu à peu, un encadrement permanent se met en place, relayant l’action des « Prophètes » itinérants de la première génération : chaque communauté est administrée par un évêque – « surveillant » -, des prêtres – « anciens » - et des diacres – « serviteurs » -.
Alors, après la révolte des Juifs en Judée, la chute de Jérusalem et la destruction du Temple en 70, toutes les attaches sont désormais rompues avec le Judaïsme. Maintenant, il s’agit d’intégrer la religion nouvelle à l’Empire Romain et à la société païenne.
En 77, certains prédicateurs ayant jadis séjourné en Egypte, intègrent à leurs Croyances un certains nombre de dogmes extérieurs au Christianisme. Ainsi, ils désignent le 25 Décembre comme étant celle de la naissance du Sauveur. Or, ils savent très bien que le 25 Décembre est également le jour où a été engendré Osiris dans la religion Egyptienne. Ils reprennent en outre la pratique du Baptême, alors que celle-ci a autrefois été utilisée par les Disciples d’Isis : ceux-ci s’immergeaient ainsi dans les eaux du Nil, après s’être repentis et avoir confessé publiquement leurs péchés. Ils y récupèrent encore l’image de « la mère de Dieu », puisqu’Isis était souvent représentée en train d’allaiter Horus ; le rejeton issu de l’union Magique entre elle et Osiris. Puis, ils remodèlent la tradition selon laquelle Osiris aurait été tué par Seth un Vendredi, et aurait ressuscité trois jours plus tard grâce à l’intervention de son épouse ; avant de l’assimiler au Miracle de la montée de Jésus vers le Ciel.
D’un autre coté enfin, ils métamorphosent Thot – le dieu Egyptien de la sagesse – en Enoch. Ce dernier est alors considéré comme l’Inventeur de l’Ecriture ; le Révélateur de l’Art. Et il est désigné comme celui qui, avant le Déluge, de peur que les Connaissances Essentielles des Ages passés, ne soient perdues, aurait inscrit leurs « Grands Secrets » sur une dalle de pophyre oriental, avant de les enfouir dans les entrailles de la terre.
En 85, vassaux de l’Empereur, les Juifs vivant encore en Palestine échappent à la domination directe de Rome. Ceux qui se sont dispersés près de la méditerranée bénéficient du statut de citoyens et ont le droit de pratiquer leur Religion ; ils sont dispensés de rendre un culte à l’Empereur. Mais les contacts entre les deux cultures sont féconds. Des païens décident de se convertir au Judaïsme. Le philosophe Philon, Juif d’Alexandrie, tente même de concilier la pensée platonicienne avec le Judaïsme.
Mais ces rapprochements restent tout de même rares. Les païens confondent bien souvent les Juifs et les Chrétiens. Les tensions débouchent sur des affrontements. La destruction du Temple par Titus a creusé un fossé infranchissable. Et à la mort du dernier hérodien, Agrippa II, toute la palestine est sous domination Romaine.
En 97, le terme « Evangile » désigne à la fois le message de Jésus et des apôtres et les écrits qui le consignent. Apparaissent aussi des recueils de « Dits » et de « Signes », rassemblant les Traditions diffusées oralement par les apôtres ; et enfin, les prédictions des premiers Chrétiens. Quatre Evangiles sont retenus : celui de Marc, celui de Matthieu, celui de Luc et celui de Jean.
Les trois premiers Evangiles, sont très proches, quant au fond et à la forme. Celui de Matthieu, un des douze Apôtres est écrit pour les Juifs convertis. Marc rédige l’Enseignement oral de l’Apôtre Pierre, les « Dits » organisés en grands discours. Luc, médecin, compagnon de Paul, écrit pour les païens, tente d’établir une trame chronologique, et de faire œuvre d’historien. L’Evangile de Jean, de son coté, se distingue par une interprétation plus intellectuelle des faits. Mais il sélectionne également des éléments particuliers dans une perspective philosophique issue du Judaïsme hellénisé.
Car, de son coté, alors qu’il est exilé à Pathmos, l’Apôtre Jean écrit « l’Apocalypse » ; une Apocalypse contient les Révélations reçues par un homme sous forme de visions symboliques et consignées par lui dans un livre. Il s’agit pourtant cette fois d’un écrit de circonstances, destiné à rouvrir l’espérance des Chrétiens, en une période de troubles et de persécutions contre l’Eglise. Rome y st comparée à la courtisane de l’Apocalypse ; l’auteur annonce la délivrance du peuple de Dieu, puis sa domination sur les nations païennes à leur tour châtiées et anéanties.
Les premières Prophéties Chrétiennes qui en sont issues expliquent que le onzième millénaire avant notre Ere coïncide avec le « Premier Temps ». Il s’agit du moment où le cycle des Etoiles de la ceinture d’Orion est à son niveau le plus bas. L’élévation à son maximum correspondra au « Dernier Temps » ; lequel apparaîtra au à l’époque ou l’Equinoxe de printemps cessera d’avoir lieu dans la constellation du Poisson. Ce sera alors la fin de l’Ere Chrétienne.
Le début de la chute de l’Age présent surviendra à l’approche des quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Ils se mettront à chercher avidement la situation géographique de la terre Promise ; le lieu où les Elus assisteront au retour de l’Age d’Or. Un texte – « la tiburtina » - décrit certains des grands fléaux que subira l’Humanité à ce moment là : l’ère d’affliction débutera par la prise de Rome.
Par ailleurs, dans son Deuxième Epître (3, 3-10), Pierre prédit la venue de l’Antéchrist lorsque le Monde sera proche de l’Apocalypse : « Sachez tout d’abord qu’aux derniers jours, il viendra un Blasphémateur guidé par Sa passion. Il dira : « Ou est la promesse de l’Avènement du Sauveur ; depuis que les Pères sont morts, tout demeure comme au début de la création. ». Car l’Antéchrist ignorera volontairement qu’il y eut autrefois des Cieux et une Terre qui, du milieu de l’eau, surgit sur une parole de Dieu ; et que par ces mêmes causes, le Monde d’alors périt par l’eau. Mais les Cieux et la terre d’à présent, Sa même parole les a prédits au feu au Jour du Jugement Dernier. Ce sera la ruine des hommes impies. Il viendra, le Jour du Seigneur ; comme un voleur. En ce Jour les Cieux se dissiperont avec fracas. Les éléments embrasés se dissoudront. La terre, avec les œuvres du Malin qu’elle renferme, sera consumée. »
Mais, dit Pierre, le Plan de Dieu pour Son peuple, ne pourra pas être contrecarré par cette Catastrophe. Ainsi, tous les Enfants d’Elie seront sauvés par la parole de l’Ecriture parce qu’ils en porteront le signe. Ceux-ci recevront alors du Seigneur la mission de renouer avec l’Humanité dégénérée les chaînes de la tradition disparue. L’Armaguedon durera donc tout le temps qui précédera la venue du Grand Empereur – le Rédempteur - qui instaurera le nouvel Age d’Or sur la terre. Suivra enfin l’arrivée d’un second Antéchrist ; puis le règne définitif de l’Esprit divin.
Egypte, Ier siècle après J.C. :
Vers 30, Jésus de Nazareth se rend en Egypte. Il séjourne un temps à Alexandrie afin d’y être Initié à la magie Traditionnelle du pays. Il découvre que la cité est la plus éclectique, la plus œcuménique, et la plus tolérante des métropoles. Mais, il se rend également compte qu’elle se situe à la croisée des routes commerciales de la méditerranée. Pour lui, elle est donc bien un comptoir général des biens et des idées.
Jésus apprend ainsi que les Mystères Egyptiens cohabitent avec les Mystères Grecs, avec la philosophie Hellénistique, avec les doctrines religieuses de Palestine et de Syrie, avec les vestiges de la religion Zoroastrienne et Mithridaïque, et qu’ils se mêlent aux cultes existant aux quatre coins du Monde. Même l’Hindouisme et le Bouddhisme importés de l’Inde s’y propagent. Enfin, Jésus a accès à la grande Bibliothèque d’Alexandrie, qui est en fait un centre privilégié pour les Intellectuels de tous les pays.
Il y lit donc des traités Hermétiques ou parlants des Mystères du Temple. Il s’imprègne de notions Alchimiques qui évoquent l’héritage Mystique d’Osiris, des textes censés remonter aux Premiers Ages de l’Humanité. Il y parcourt des ouvrages expliquant qu’autrefois, Dieu a parfois été représenté sous les traits d’une Chèvre, et qu’il a porté le titre de « Baphomet ». Il y comprend que l’Hermétisme, ainsi que les « Mystères du Temple de Salomon » ont pour la première fois été intégré à la culture Hébraïque, au cours de la vie de Moïse. Il y déchiffre des Formules Magiques permettant de transformer l’eau en vin, de marcher sur l’eau. Et, une fois qu’il en a terminé avec cette Initiation à la sorcellerie Egyptienne, il prend la direction du lac de Tibériade. Désormais en effet, il désire se faire connaître de ses semblables.
En 33, un Mage nommé Orekptah écrit, à propos du culte d’Isis répandu à son époque : « Lors de la domination Grecque, la religion Isiaque se diffusa partout. Elle fut le trait d’union entre deux Ecoles de Mystères. Ensuite, elle atteignit Rome. Elle imprégna l’ensemble de l’Empire. Malgré tout, son centre dogmatique demeura toujours en Egypte ; au Serapeum d’Alexandrie.
Les castes inférieures Romaines aimaient le culte d’Isis. Elles s’y adonnaient ave enthousiasme. Malheureusement, un jour, les autorités virent d’un mauvais œil ces mouvements de masse. Ils représentaient pour elles un risque de subversion. Aussi, les Adeptes d’Isis firent t’ils l’objet de persécutions fréquentes à Rome. Et, en définitive, le Sénat ordonna la destruction de tous les Temples honorant la déesse.
Or, aussi incroyable que cela puisse paraître, les ouvriers refusèrent d’anéantir ces Sanctuaires. De plus, bientôt, à la surprise générale, le triumvirat gouverné par César ordonna l’édification d’une nouvelle chapelle Isiaque. Peu après, Marc Antoine et Cléopâtre s’y firent représenter sous les traits d’Osiris et de Dionysos. Cléopâtre profita de son influence sur Mar Antoine pour faire reconnaître le culte d’Isis en tant que Religion Nationale en Egypte. Bien que cela ne dure pas, puisque l’Empereur suivant réprima sévèrement les Adeptes d’Isis : leurs Prêtres, ainsi que 4000 d’entre eux, furent chassés de Rome en même temps que les Juifs de la cité. ».
Pourtant, en 35, même si désormais l’Empire tente d’en entraver la diffusion, le culte d’Isis vit une seconde phase d’expansion. Sa propagande active atteint toutes les classes sociales. Il touche les classes dirigeantes. Il est véhiculé par les courants commerciaux et les expéditions militaires en Orient. Et finalement, le pouvoir Romain est obligé de reconnaître qu’il a même convaincu des hommes et des femmes habitant sur le Rhin et sur le Danube.
De fait, en 38, Caligula a l’habilité de l’associer aux Rites Impériaux. Il encourage ainsi la construction de plusieurs Temples à Rome. Il participe à des fêtes Isiaques à Alexandrie, et s’intéresse aux Mystères qui lui sont rattachés. Il découvre, stupéfait, que les Egyptiens insulaires décrivent leurs Sanctuaires de jadis comme une suite de bâtiments en ruines, à l’abandon, au centre desquels les derniers Prêtres de Ra perpétuent tant bien que mal une Tradition révolue. Il est informé que certains de ceux-ci se rendent parfois aux confins du désert de Radari, afin de s’approcher au plus près des cimetières et des forteresses de Kouban et de Mirgissa. Il lui est dit que quelques uns habitent les environs de ces sites, à Kiwan. Il réalise que quelques autres sont installés sur l’île de Meinasti, non loin d’une Acropole qui est le point de passage stratégique entre les deux rives du Nil. Et il se renseigne sur les deux gouverneurs qui supervisent l’administration de la région.
Ce sont ces derniers, lui apprend t’on, qui, un jour, ont mis en évidence une anfractuosité dont les murs sont incrustés de motifs Mythologiques. Ce sont également eux qui y ont marqué que la nubie est désormais tenue par deux peuplades indigènes : les « Nobades » et les « Blemmyes ». Ce sont encore eux qui ont compris que celles-ci étaient originaires, pour l’une, de Libye, et pour l’autre, d’Arabie. Et enfin, Caligula conclut qu’elles ont pour charge de défendre la frontière Sud de l’Empire. Mais lui, leur envoie un ambassadeur, dans le but de leur faire promettre d’éloigner l’autorité du royaume de Méroé de ses territoires ; mais aussi, d’y sauvegarder les cultes Egyptiens.
En 40, le Mage Simon traverse l’Egypte en compagnie d’une mystérieuse femme du nom d’Hélène. Celle-ci a en effet la réputation d’être une ancienne prostituée née dans la cité Phénicienne de Tyr. Mais, Simon, lui, l’appelle « Eonnia » ; ce qui veut dire : « la mère de Tout ». Il lui révèle ensuite que cette appellation est liée aux dogmes Gnostiques dont il est le détenteur. Il lui Enseigne que la première Pensée de Dieu a engendrée les Anges et les Demi-Dieux. Il lui explique que ceux-ci ont ensuite créé la terre selon ses instructions. Et il lui démontre, qu’une fois qu’ils ont accompli leur mission au nom de Dieu, ils se sont rebellés contre leur Créateur ; qu’ils l’ont emprisonné à l’intérieur de la matière qu’est notre Monde Physique.
En 46, Ormus est un Mystique Egyptien reconnu ; mais c’est aussi un Adepte de la doctrine Gnostique et Hermétique d’Alexandrie. En effet, c’est un habitué du fabuleux creuset de concepts Religieux et Philosophiques, des Récits Grecs, Perses, Juifs, Egyptiens, et Extrême-Orientaux, de la grande Bibliothèque de la cité. C’est un Initié qui s’intéresse à la notion de Dualisme : à ses yeux, le Cosmos est divisé entre le Monde Divin et le Monde Humain inférieur et terrestre. Il est persuadé que l’Homme a été créé par des Anges ; qu’il est loin d’être parfait, et qu’il est intrinsèquement Mauvais. Il est convaincu que, seule l’intercession Divine qui peut se produire au cours de la vie Terrestre, est capable de pénétrer l’Ame Humaine ; et que c’est grâce à cette intervention qu’il est capable de toucher à la connaissance – ou « Gnose ». Et il est sûr que ce n’est qu’ensuite qu’il peut être délivré du Mal inhérent à sa condition Humaine ; et que l’Immortalité de l’Ame en est la récompense.
Or, à quelques mois de là, l’ancien Disciple de Jésus qu’est Saint-Marc, convertit Ormus au Christianisme. Avec six de ses compagnons, celui-ci abandonne donc le culte Egyptien. Il s’entoure de Disciples. Il fonde une Secte à laquelle il donne le titre de « Sages de la lumière ». Il se renseigne sur les Mystères d’Eleusis, de Thot, d’Hermès Trimegiste, de Zoroastre. Il se passionne pour tout ce qui concerne les cultes d’Astarté, pour les Phéniciens ; d’Aphrodite, pour les Grecs et les Chypriotes ; d’Ishtar, pour les Mésopotamiens ; et de Cybèle, pour les gens d’Asie Mineure. Il approfondit les Enseignements de certains groupes Hébraïques, comme ceux des Esséniens. Et, finalement, il élabore un certain nombre de dogmes inédits, mêlant Principes Chrétiens et anciennes Croyances Païennes ; mais en totale contradiction avec les certitudes des Chrétiens primitifs : « Ce sont les Egyptiens qui ont instruit les Israélites de la connaissance de la bonne Architecture. Ils ont été les Maçons de l’Avenir. ». Et, finalement, il écrit treize livres, les « Nag Hammadi », qu’il enferme dans une jarre d’argile rouge, et qu’il dissimule nul ne sait où.
Peu de temps après, le Savant Grec Panopolitain Zosime, entre en contact régulier avec Ormus et ses Adeptes. Et il se met écrire plusieurs récits Alchimiques et Esotériques.
En 50, alors qu’il est de passage en Egypte, dans son livre de voyage, Strabon explique que les Romains ont libre accès à la grande Pyramide. Ceux-ci n’en n’ont jamais découvert les Secrets, bien qu’ils se soient régulièrement aventurés à l’intérieur de ses Chambres souterraines, les aient exploré, puis, aient laissé des graffitis sur ses parois.
Le collègue de Strabon, Pline, lui, signale que les Egyptiens ont utilisé de l’étain lors de l’édification de ce monument. Mais, selon lui, ce matériau ne provient pas de l’Inde. Il est arrivé de contrées situées à l’Ouest de la vallée du Nil. Il dit aussi que jadis, parfois, les Pharaons ont échangé de l’étain avec l’Inde, en y achetant des perles et des pierres précieuses.
En 75, plusieurs individus mystérieux s’aventurent souvent dans les environs des ruines de la citadelle de Napata. Là, ils exhument les vestiges de deux Temples dédiés à Amon. Ils repèrent des traces de combats qui datent de l’invasion du Delta du Nil par les Assyriens. Puis, ils rétablissent et agrandissent le Sanctuaire du Soleil qui s’y trouve.
12 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 563 - 566
A la même date, tandis que la torah accompagne les Hébreux au cours de leur Diaspora, plusieurs prêtres du Temple confient l’Arche d’Alliance à l’une des familles jusqu’alors parmi les plus influentes de Judée : la famille Hillel. Celle-ci transporte alors clandestinement l’Objet sacré jusqu'à Alexandrie. Elle y séjourne quelques mois. Elle prend ensuite la direction du désert méridional, avant de se diriger vers le Thébaïde. Et elle disparaît avec l’Arche, nul ne sait où.
Mais, avant de s’évanouir dans la nature, la famille Hillel récupère également – on ne sait ni à quel endroit, ni de quelle manière - le Livre écrit par Jérémie lors de sa captivité à Babylone : la vision de Baruch. Tandis qu’elle chemine, elle l’étudie attentivement. Elle y découvre alors que le Prophète y a marqué l’endroit où il a caché l’Arche d’Alliance à son époque. Elle y lit les péripéties qu’il a vécues pour la récupérer après son retour de la capitale mésopotamienne. Elle comprend qu’à ce moment là, le Graal ne se trouvait plus à ses cotés. Mais surtout, elle réalise qu’il y apparaît des paragraphes à l’intérieur desquels est expliqué – grâce à la science Astrologique - la très ancienne Histoire de cet Objet :
Les Elohims auraient été déchus après s’être accouplés avec les femmes des Hommes. Ils n’auraient fait plus qu’un avec la race des « Veilleurs ». Huit d’entre eux – dont Ishrael, ou « Satan » -, auraient bientôt donné naissance à 50, puis, à 500, Fils. Ces derniers auraient fini par enseigner les doctrines Magiques élémentaires de leurs parents, à l’Humanité. Le Graal – Emeraude – aurait chuté du front de Satan ; représentant ainsi la naissance de l’Humanité actuelle et la fin de la connaissance du Monde antérieur :
Or : « Le Graal est à la base du Monde actuel. Il est caché dans ses profondeurs, au cœur d’une montagne. Le chemin qui y mène ne doit pas être révélé aux Hommes. D’ailleurs, les Elohims, éternellement au service du Seigneur, le protègent à l’intérieur du Temple de Dieu. Et ils préservent également le corps d’Adam.
Puis, la vision de Baruch dévoile que l’extrémité supérieure du Ciel – Eternelle source de recherches – est appelée « Mi » ; tandis que son extrémité inférieure a pour titre : « Mah ». Elle souligne le fait qu’il faut considérer la palestine comme le centre du Monde ; Jérusalem, comme le centre de la palestine ; et le Temple, comme le centre de Jérusalem. Et elle avoue : « L’Ame n’est pas Immortelle. Il lui appartient de remporter l’Epreuve du Fou ; bien que la science ne lui permette pas de survivre. Les Hommes descendent vers la mort. Les Méchants tombent au cœur du Shéol ; il n’y a pas de salut pour eux. Mais ils peuvent, en faisant pénitence, remonter ; car la porte leur reste ouverte. ».
Il est encore révélé : « Il y a trois sources cachées à Jérusalem. Quand ces trois sources seront découvertes, le Messie viendra ; les temps sont proches. Mais, pour l’instant, le Messie annonciateur de l’Age d’Or n’est pas encore là : le Loup ne cohabite toujours pas avec l’Agneau. C’est pour cette raison que ce n’est qu’après 6000 ans de notre Histoire qu’il viendra ; son règne durera alors toute l’Eternité. Et le plan de Dieu pour son peuple ne pourra plus jamais être contrecarré par une catastrophe ; quelle qu’elle soit. ».
Quelques Hébreux réfugiés en Mésopotamie, eux, se mettent à comparer les différences qu’il y a entre la torah, et un antique manuscrit Chaldéen ayant pour titre : « le Livre des Nombres ». Puis, ils marquent leurs conclusions dans un ouvrage qu’ils nomment : « le Livre de Lumière ».
A l’intérieur de celui-ci, ils marquent alors que les Forces de la clarté ont toujours cautionné ceux qui se servent de la magie à des fins bénéfiques. Ils disent aussi que c’est de la puissance des Ténèbres que se servent les Sorciers Noirs pour faire plier la réalité selon leurs désirs.
Ils expliquent ensuite que c’est à l’Aube des Ages actuels – après la disparition des derniers Elohims -, que l’Humanité s’est séparée en quatre Races : celle des Lémuriens, à l’aspect jaune rougeâtre ; celle des Atlantes, à la peau rouge – et qui a donné naissance aux sous-Races Etrusque, Ibère et Egyptienne - ; celle des Noirs d’Afrique ; et celle des Blancs du Continent Européen.
Dans un autre chapitre, ils établissent un schéma des Enfers. Ils en parlent comme d’un Feu Eternel appelé « Shéol » ou « Géhenne ». Ils disent que c’est à cet endroit que sont jetés les Damnés de la terre : « Les Esprits qui y sont emprisonnés y voient des Etangs de Feu, « l’Erebe ». Ils passeront d’une chaleur torride à des eaux glacées. Et ils s’aventureront en des Contrées pleines de Ténèbres, couvertes par l’ombre de la mort et de la misère.
Ce ne sont partout que des fosses remplies de soufre et de poix. Ce ne sont que des déserts glacés, des gouffres enflammés. Surgissent des puits de feu, des abimes de Ténèbres, et des courants d’eau bouillante. Puis, ces cratères et ces volcans conduisent à l’entrée de l’Enfer proprement dit. Car l’Enfer se situe au centre de la terre. Il débute par un immense océan de feu et de bitume en fusion dans lequel se prélasse une myriade de reptiles venimeux. Il se transforme bientôt en un fleuve semblable à une ruelle longue et étroite. Il se métamorphose en four extrêmement bas, obscur et resserré. De chaque coté de lui, le sol devient fangeux et est envahi par une odeur pestilentielle. Puis, finalement, apparaît un creux pratiqué dans une muraille.
Derrière cette paroi se trouve le Pandémonium, la capitale de l’Empire Infernal : « Après sa chute, l’Ange rebelle à Dieu voulant réunir tous les siens autour de lui, il déchira à un certain nombre de Démons de déchirer les flancs d’une montagne. Ce qu’ils firent. Ils bâtirent ensuite pour lui une cité que ni Babylone, ni Memphis – dans les jours de leur plus grande splendeur – n’atteignirent en magnificence. S’érigèrent donc là des palais et des temples de marbre. Ceux-ci furent munis de plusieurs rangs de lampes étincelantes ; un énorme édifice affermé sur de vastes fondements, et de vastes portes d’airain. ».
C’est au cœur de cette cité que des armées de Démons tortionnaires, des monstres, des créatures à tètes d’animaux, des êtres cruels et des assassins, enferment finalement les Damnés, et ne leur ne laissent pas un instant de répit. Ces Démons sont regroupés en Légions. Et elles ont pour Maîtres les neuf « Séphirolles » : Samuel, le Seigneur des Révoltés ; Belzébuth, le Seigneur du Mensonge ; Lucifer, le Seigneur de la fausseté ; Astaroth, le Seigneur de l’Impureté ; Asmodée, le Seigneur de la colère ; Baal, le Seigneur des Corbeaux de la mort ; Adramalech, le Seigneur des Combats ; Nathanim, le Seigneur des Méchants, des Violents, des Lâches et des Voluptueux. Et enfin, il y a Lilith, la sœur et la compagne de Samuel ; c’est elle qui use de sa Magie grâce à de petites météorites tétraédriques de couleur noire ; et qui est accompagnée de 72 Anges pouvant être invoqués par ceux qui connaissent leurs noms cachés.
Ces Hébreux décryptent encore la vision temporelle du Monde de la torah. Ils font apparaître que celle-ci est tributaire de six périodes cycliques, déterminées par les six premiers Mots de la genèse ; chacune d’entre elle correspond à un millénaire. Ils évoquent les 36 Clefs Majeures, Talismans ou Pentacles que l’Esotérisme et la kabbale rattachent à elles. Et ils sondent les dix Sphères de Savoir qui s’y réfèrent : le « Malketh », ou la porte menant de la mort vers la vie ; le « Iesod », ou la porte ouvrant sur le Royaume de la grande Aventure ; le « Netzahi », ou la porte conduisant au Territoire de l’Amour et de la victoire ; le « Hjod », ou la salle de la gloire et de l’Instruction ; le « Tiphereth », ou la porte glissant vers l’Ile de la beauté et de la vision ; le « Geburah », ou la porte ouvrant sur le Pays de la force ; le « Chesed », ou la porte menant à l’Ile de la grâce ; le « Binath », ou la porte menant au Cœur de l’Intelligence ; le « Chochmah », ou la porte menant vers la contrée de la sagesse ; et le « Kether », ou la porte ouvrant sur la salle de la couronne. Toutes ces Portes sont liées entre elles par des sentiers formant « l’Arbre de la connaissance », et sont protégées par de puissants Esprits.
Les Hébreux précisent alors que nombre de documents qui sont à l’origine des écrits constituant la torah ont été rédigés en Egypte et en Mésopotamie il y a très longtemps : « Hénoch n’est autre que Thot, le dieu Egyptien de la sagesse. Il est l’inventeur de l’Ecriture. Il l’a créée en se fondant sur les caractères Stellaires éparpillés au sein du Firmament. Il a enseigné l’Art de la magie Scripturale aux Hommes. Puis, il a dissimulé les Secrets qu’il leur a montré dans les entrailles de la terre ; sur une dalle de pophyre. ».
Ils spécifient en outre que chacune des neuf premières des 22 Lettres de leur Alphabet possède une signification particulière ; chacune se rattache à une structure numérique spécifique. A est égal à 1 ; ce caractère représente la perfection, l’Unité de Dieu. Si Dieu n’avait pas été Unique, il n’aurait pas pu être le Père. Si il avait été deux, une cassure se serait produite dans l’Infini ; il aurait synonyme de Division et de Mort. B, lui, est égal 2. Il est le premier à s’échapper de cette Perfection ; il désigne le Diable. C est égal à 3. Il appelle à la création ; par exemple, les trois Lettres Mères de l’Alphabet, « Aleph », « Mem » et « Shin » figurent « l’Air », « l’Eau » et le « Feu ». Elles sont synonymes d’enfantement. D est égal à 4 ; il est le chiffre de la terre. E est égal à 5 ; il est celui de la sexualité masculine. F est égal à 6. Il est le nombre parfait – 6 = 1 + 2 + 3. I est égal à 7. C’est un chiffre dont l’association symbolique est évidente : on compte sept Péchés Capitaux, sept Vertus Cardinales, sept suppliques ou sept Planètes principales dans le Ciel. C’est aussi le septième jour du siège de Jéricho que Josué a fait sept fois le tour de la muraille de la ville, et qu’il les a détruites avec le souffle de sept trompettes. Et enfin, une spiritualité très forte est attribuée au septième fils, et au septième fils du septième fils.
Puis, L est égal à 8 : un corps de femme possède huit orifices, le huitième étant celui par lequel de nouvelles vies viennent au monde. 8 est le chiffre du succès. Et M est égal à 9. Il est celui de la plénitude ; c’est celui du nombre de mois qui permet à un enfant d’être conçu, formé et engendré.
Par contre, N est égal à 12. Il correspond à l’accomplissement d’un Cycle. On compte douze mois dans l’année, douze tribus perdues en Israël, douze Signes du Zodiaque. O est égal à 40. Lui détient des propriétés sacrées : car avant le Déluge, la pluie est tombée pendant quarante jours et quarante nuits. Tandis que P est égal à 72. C’est lui qui symbolise le nombre d’Anges par l’intermédiaire desquels les Pouvoirs Divins peuvent être invoqués. C’est aussi lui qui détermine le nombre de combinaisons trilitères caractérisant les noms de Dieu, ou les Lettres constituant le Verbe Initial.
Par ailleurs, parmi les 22 Lettres de l’Alphabet Hébraïque, douze Lettres simples, ou unités ; sept doubles, ou dizaines ; et trois mères, ou centaines. Les premières sont associées aux douze signes du Zodiaque, les secondes aux sept Planètes, et les dernières aux trois Eléments – la terre, l’Air et l’Eau. Par contre, toutes possèdent un haut degré de Mystère : grâce à leurs formes caractéristiques, leur signification Symbolique, ainsi que grâce à l’harmonie née de leur association et de leur combinaison, elles sont capables de beaucoup de prodiges ; comme apporter le malheur ou le bonheur à ceux qui les utilisent.
Ainsi, « Sorath » s’écrivant avec les Lettres « Samesh, Iod, Vaw et Thau », ces dernières valent respectivement 60, 6, 200 et 400 ; soit 666. Elles constituent donc la racine trilitère traditionnelle des termes « s’égarer », « se détourner (de Dieu) », « séduire », « tromper », « repousser », ou « exiler ». De la même façon, l’expression « Zohar » signifie « l’Eclat de la flamme » ; et comme pour Sorath, toutes ses Lettres ont la capacité de changer d’aspect – comme une flamme qui s’allonge. Seul « Iod », qui est rond comme une braise, ne change jamais. Enfin, le Mot « Hayn » correspond à « Ame » ; c’est pour cette raison que dans l’Ecriture, Israël est appelé « Haÿnel », ou « peuple Unique » :
« Cette doctrine Esotérique et Magique, nous la nommons « Kabbale » parce qu’elle nous rapproche de Dieu et de l’Univers. Elle est issue d’une très ancienne Révélation. Elle a été transmise par une chaîne ininterrompue d’Initiés née lors d’un Age précédent. La kabbale est cette chose que nous nous transmettons en murmurant et en secret ; c’est la sagesse qui nous est offerte depuis le Ciel. C’est la science des Sciences. ». Or : « Un Kabbaliste est un homme sorti de Babel, un homme qui sanctifie le nom, qui sanctifie le temps, qui augmente et glorifie la loi. C’est un fils de Roi qui s’habille de Vertu, qui connaît l’emploi mystérieux des psaumes, qui approfondit la parole du Feu, et qui détient la lumière du Matin d’Abraham.
Mais c’est Salomon qui est le premier Roi, et donc, le premier Kabbaliste. Il peut lire les Ecritures Saintes. Il possède les Clefs du déchiffrement de la loi. Il détient les Tables de la loi et le bâton de Mesure d’Aaron. ».
Finalement, lorsque ces Hébreux terminent de rédiger leur Livre de Lumière, l’un d’eux conclut : « Notre Livre de l’Apocalypse est désormais fermé par des Sceaux Kabbalistiques. Il faut ainsi les briser un par un pour pouvoir lire ses pages ; mais la tâche est rude. ».
11 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 557 - 563
En 75, alors que le peuple Hébreu est sur le point d’entamer sa Diaspora, un certain nombre de rites péremptoires se mettent en place : la fête de Pâques pour commémorer la sortie d’Egypte ; la fête des Tabernacles pour rappeler les 40 ans passés dans le désert ; et la fête de la pentecôte afin de perpétuer le souvenir de la vision du Sinaï et de la dictée des Dix Commandements. Enfin, le sceau de Salomon et le chandelier à sept branches – entre autres -, commencent à symboliser la doctrine universelle offerte par Dieu au peuple Hébreu ; et le pectoral du Grand Prêtre comportant les douze pierres à de plus en plus d’influence sur la mystique des douze tribus d’Israël.
Par ailleurs, la formation définitive des ses textes religieux est pratiquement terminée. La torah a pris sa forme actuelle. Le Pentateuque a compilé tous les documents archaïques concernant les Ages ayant existé avant les débuts de l’Humanité. Il y est donc marqué : « Lorsque le Mystère de tous les Mystères voulut se manifester, il créa d’abord un lieu où il put concentrer sa Pensée Divine. Il dessina ensuite tout autour des espèces d’images, des figures. Il y représenta le Mystère le plus Sacré, l’œuvre la plus profonde. Il sépara progressivement les Eaux d’entre les Eaux : « Que se dissocient les Eaux répandues ici bas », dit-il. Il modela des Mondes. Il étendit sa main sur les Cieux. Il vit alors que notre Terre n’était que Solitude et Chaos : des Ténèbres s’ouvraient à la surface de son Abîme. Il décida donc d’y propulser son souffle, d’y envoyer son Feu Sacré afin de l’éclairer. Et, enfin, il en chassa les Démons qui étaient dissimulés au cœur de sa matière élémentaire et impure.
Et l’Eternel dit : « Que des corps lumineux apparaissent dans l’espace des Cieux pour distinguer entre le jour et la nuit. Ils serviront de signes pour les saisons, pour les jours et pour les années. Et ils serviront de luminaires dans l’espace Céleste, pour éclairer la terre. ». Et cela s’accomplit : « Et l’Eternel créa un grand luminaire pour la royauté du jour, et un luminaire plus petit, pour la royauté de la nuit. Il les plaça dans l’espace Céleste parmi les Etoiles. Et l’Eternel considéra que c’était bon.
Mais ce n’était que le début, car sa Création existait sans toutefois exister. En effet, son nom restait caché. Il s’en choisit donc un. L’Eternel s’en revêtit comme d’un vêtement précieux et resplendissant. Il le murmura ; engendrant ainsi un « Him » - ou « cela ». Et il forma le mot « Anaquim » ; qui n’existait pas avant qu’il ait prononcé une première fois le Mot Him.
L’Eternel délégua dès lors ses pouvoirs à l’Anaquim. Il lui transmit sa Volonté de poursuivre à travers l’Histoire son travail de Création. Il lui révéla sa Loi à l’aide de paroles de Feu. Il lui expliqua que d’autres Mondes avaient précédé le Monde Actuel. Mais qu’il les avait détruit parce qu’ils n’y avaient pas de liens entre leurs habitants et lui.
Puis, lorsque l’Eternel quitta l’Anaquim, celui-ci dut d’abord se battre contre la mort. Ses accents plaintifs dominèrent le bruit des Eaux alentours. Au dessus de sa tète brilla l’Etoile du Soir déversant ses rayons enflammés. Il engendra finalement deux couples d’Anaquims ; les « Néfilims » et les « Réfaims ». Les Néfilims et les Réfaims érigèrent une cité à l’intérieur d’une grande caverne. Ils luttèrent contre des Géants Ténébreux et monstrueux. Et finalement, ils s’enfoncèrent avec leur Père dans les entrailles de la terre. ».
Plus loin, le Pentateuque décrit l’historique d’un Monde aujourd’hui englouti, la naissance des Hommes actuels, et l’alliance de ceux-ci avec cette intelligence étrangère : « Les Anaquims étaient, d’une part, des descendants d’Anges, et de l’autre, des Géants. C’est pour cette raison qu’ils ne mouraient qu’à moitié. Une moitié de leur corps s’éteignait, tandis que l’autre restait vivante. Et il en était de même lorsqu’ils tombaient malades.
En effet, comme leur état leur causait parfois beaucoup de souffrances, ils tentaient d’avaler certaines plantes ; sans succès. Ils essayaient aussi de se jeter dans le grand océan pour se noyer ; toujours sans résultats.
Les Anaquims bâtirent des nations importantes. Ils furent les inventeurs de cette sorte de Sagesse qui traite des corps Célestes, ainsi que de leur ordonnancement. Et, afin que leurs inventions ne puissent être perdues, ils érigèrent deux Piliers ; l’un de brique, et l’autre de pierre. Ils inscrivirent les Secrets de leurs inventions au sommet des deux Piliers. Ils se dirent que si le Pilier de brique était amené à disparaître, le Pilier de pierre demeurerait et transmettrait ses Secrets à leurs successeurs. Et que, par la même occasion, il informerait ces derniers qu’un autre Pilier de brique avait jadis existé. ».
Ensuite : « Les descendants des Néfilims et des Réfaims finirent pourtant par se faire une guerre acharnée. On ne sait pas combien de temps durèrent ces combats. Mais, finalement, trois Néfilims enchaînés aux Esprits de leur Race quittèrent leur contrée et gagnèrent le Midi de la terre. Ceux-ci se réfugièrent au sommet des plus hautes montagnes du Monde. Ils y fondèrent de vastes royaumes. Ils y cachèrent les Mystères de la divine Kabbale. Ils étudièrent cette Force Eternelle qui lie les Univers entre eux. Ils constituèrent une nouvelle puissance et adorèrent certains Astres Célestes. Ils se désignèrent par le terme « Nécromants », s’entendirent pour transmettre aux générations futures les Connaissances rattachées à leur Pouvoir. Et ils s’entourèrent de femmes et d’esclaves pour s’assurer d’avoir la possibilité de renaître au travers de leurs enfants au bout de 1000 ans d’existence.
C’est pour cette raison qu’à l’issue de cette période, ils se firent enfermer à l’intérieur de nécropoles bien protégées. Allongés, ils se nourrirent un temps par l’intermédiaire d’élixirs et d’onguents conservateurs. Ils gardaient ainsi les apparences de la vie. Puis, finalement, semblables à ces insectes environnés de chrysalide, ils s’endormirent durant 40 jours, et se réincarnèrent à l’intérieur de bébés sur le point de naître. ».
Et à quelques pages de là : « Il s’agissait de contrées aux villes importantes, dont les remparts touchaient le Ciel. Les Géants Anaquims y parlaient une seule langue : l’Hébreu. Mais, un jour, ils ont tous disparu dans les sables superposés de l’Histoire. Leur souvenir s’est effacé depuis plus de trois millénaires. Et seul le Livre d’Israël les mentionne encore ; mais surtout, situe toujours géographiquement les lieux où ils habitèrent. Car il n’y a que le « peuple du Livre », « le peuple du Mystère », qui leur a survécu. » ; « L’œuvre de YHWH est donc à l’origine de l’Humanité. Sa Révélation s’est accomplie avant le Déluge. » ; « Et voici comment commence l’Histoire détaillée de la création de l’Homme et de la femme, de la plantation du Jardin d’Eden, du Serpent Rusé, ainsi que celle de la naissance d’Abel, de Caïn, de Cheth et de leurs enfants. ».
Car : « Dieu créa un nouveau Ciel et une nouvelle Terre. La terre était informe et vide, les Ténèbres couvraient l’Abîme et l’Esprit de Dieu planait dans le Ciel. Dieu créa donc le Monde et le Jardin d’Eden en cinq jours, et le sixième, il fit l’Homme en s’inspirant de l’image divine. Il créa un mâle et une femelle, Adam et Eve ; et il leur dit : « Fructifiez, multipliez, remplissez la terre et soumettez là. Mais je vous interdis de manger le fruit de l’Arbre de la connaissance. ».
Puis : « C’est du Ciel qu’est venue la semence d’Israël. Les enfants des Néfilims – les « Elohims », ou « Fils du Très Haut » - sont tombés de la voûte Céleste. Ils se sont posés sur le mont Moriah. Ils ont vu que les filles d’Adam étaient belles. Ils les ont choisis pour femmes ; et ils leur ont donné des enfants. ». Puis, en guise de remerciement, les Elohims offrent deux Livres à Adam : « Ils sont venus d’en haut, lui expliquèrent t’ils. ». Adam les feuillette. Il comprend bientôt que le premier d’entre eux est un « Livre Suprême » contenant tout ce qui est issu du nom de l’Eternel ; et que le second est un Livre de Loi destiné au « Premier Homme ».
Adam réalise également que les ouvrages se réfèrent souvent à « l’Arbre possédant le fruit de la connaissance entre le Bien et le Mal, et de l’Immortalité » qui se trouve au cœur du Paradis Terrestre. Evidemment, il essaye de s’en approcher. En l’atteignant, il se souvient que l’Eternel en a interdit l’accès à toutes ses créatures. Il repart. Sur son chemin, il croise un Elohim qui a la forme d’un serpent, et du nom de Sorath – « Satan » en hébreu. Ce dernier lui explique qu’il l’a vu hésiter devant l’arbre. Il lui dit qu’il est idiot de ne pas se laisser tenter, parce que l’Eternel ne se rendra même pas compte de son geste. Il lui explique que s’il le désire, il l’accompagnera avec Eve. Et finalement, Adam se laisse convaincre. Il croque le fruit défendu. Il découvre qu’il est nu. Et il est jeté hors du Paradis Terrestre avec Eve et Satan : « Yahvé fit : « Voilà que l’Homme est devenu l’un de nous, et qu’il connaît la différence entre le Bien et le Mal. Alors, afin qu’il n’étende pas sa main, qu’il ne cueille plus jamais les fruits de l’Arbre de la vie, et ne vive pas éternellement, je vais le renvoyer du Jardin d’Eden. De cette manière, il sera obligé de cultiver le sol d’où il a été tiré. ». ».
Le Livre d’Hénoch relate dés lors ce qu’il advient d’Adam, d’Eve et de Satan : « 26 générations séparèrent Adam de Noé. La première fut constituée par les filles d’Adam engrossées par les Géants Elohims. La seconde fut représentée par Abel et Caïn. La troisième fut désignée par Cheth ; et la quatrième par Hénoch : celle à qui Adam a remis ses deux Livres Sacrés avant d’être chassé du Paradis.
Or, un jour, comme son père, Caïn commit lui aussi une faute à la face de YHWH : il assassina son frère Abel. Il fut alors à son tour chassé du Paradis Terrestre. Il se mit à errer au sein du Chaos, craignant sans cesse les châtiments infligés par l’Epée Tournante de Dieu. Il parvint finalement au cœur de l’antique cité d’Arqa ; ou « Arche ». Et il s’aperçut très vite qu’il se trouvait à l’Orient du Jardin d’Eden : au pays de Nod ; ou autrement dit, « Pays de la souffrance ». ».
Caïn découvre alors qu’Arqua est constitué de deux territoires : l’un est constamment éclairé, et l’autre est toujours plongé dans les ténèbres. Deux rois, perpétuellement en guerre l’un contre l’autre – Afrira et Qintimum – y règnent ; le premier gouvernant la partie ensoleillée, et le second, la partie obscure. Il se rend compte que les sujets des deux souverains sont de haute ou de petite taille, qu’ils sont pourvus de deux tètes. Il imagine que ceux-ci n’ont point de bon sens car ils marchent le plus souvent dans la voie du Mal. Puis, il réalise tout de même, que quelques uns d’entre eux sont dignes de Dieu puisqu’ils engendrent des enfants, sèment du blé, de l’avoine et du froment, qu’ils plantent des arbres, avant de décéder. Et qu’il est obligé de vivre à leurs cotés pour le restant de ses jours.
Hénoch, lui, pendant ce temps, commence à invoquer le nom de YHWH à tout va avec ferveur et vénération, grâce aux deux Livres d’Adam : « Et sache donc que l’Eternel, le Dieu fidèle, offre sa miséricorde envers ceux qui aiment et observent ses Commandements, jusqu'à la millième génération. ».
Puis, plus tard, Hénoch engrosse une femme. Celle-ci donne bientôt naissance à un fils : Mathusalem. Il s’enfuit avec eux du Paradis. Il se retire au désert, mais ne meurt point puisqu’il détient les deux ouvrages Sacrés d’Adam. Il y érige deux cités : Abraham et Céthura : « Ces villes se situaient sur une terre très lointaine nommée Tarsis. Elles pouvaient être atteintes, soit par la route d’Eziongaber, et conduisant vers les rives de la mer Rouge ; soit via le port méditerranéen de Jaffa. Elles produisaient de l’argent, de l’étain et du plomb. » Il se met à étudier les Sciences Occultes et l’Art Magique. Il devient très versé en ce qui concerne toutes les disciplines propres à mettre en branle les Forces Naturelles de l’Univers, ainsi que celles qui se rattachent à la connaissance du Bien et du Mal. Il met à jour les Trésors et la sagesse qu’elles cachent. Il comprend que lui et sa descendance sont destinés à vivre mille ans. Il révèle son Secret à un Mathusalem devenu jeune adulte. Puis, il lui donne le titre de « Messager » destiné à répandre ses Connaissances – et leurs Clefs – à travers le Monde.
Plusieurs millénaires s’écoulent ensuite entre le moment où Mathusalem quitte sa famille pour accomplir sa mission, et l’époque du Déluge. D’ailleurs, la torah conserve un souvenir précis du Cataclysme qui a englouti les cités ancestrales. Elle a retenu cette histoire, et l’a transmise au peuple Hébreu :
Le Livre de la genèse parle en effet du déplaisir manifesté par Dieu à l’endroit de sa Création. Il explique sa décision de l’anéantir : « Il en est allé ainsi, dans le Monde antédiluvien. A cette époque, il y avait des hommes sur la terre. Et ceux-ci mangèrent, burent, et prirent femmes. Dès lors, Yahvé vit que le Mal débordait de tous cotés, qu’il détruisait l’équilibre moral de l’Humanité, et qu’il bouleversait celui de la nature. La méchanceté de l’Homme était grande sur la terre, et son cœur ne formait que de mauvais desseins à longueur de journée. Yahvé dit donc : « Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés. Je vais amener un Déluge de Feu et d’Eau sur la terre pour exterminer de dessous le Ciel toute chair ayant souffle de Vie. Tout ce qui est sur la terre doit périr. ». ».
« Dieu ordonna au ciel couvert de nuages de répandre une abondante pluie, non pas d’eau, mais de feu. Des pluies de flammes denses s’abattirent avec une violence continue, sans cesse renouvelée. Brûlés, furent les champs et les prairies, les bocages bourgeonnants, les luxuriantes plaines marécageuses, et les parcs à bestiaux. Brûlées, furent les plaines avec tous leurs produits, les blés et les autres céréales. Brûlées, furent les forêts à flancs de collines, et leurs troncs consumés jusqu'à la racine. Les étables et les maisons, les fortifications et tout ce que les habitations renfermaient d’objets privés et de documents publics, furent brûlés ensemble. En un seul jour, les populeuses cités devinrent des tombeaux ; et les meubles de bois et de pierre furent réduits en poussière et en cendres.
Quand les flammes eurent dévorées tout ce qui était visible sur la surface de la terre, elles pénétrèrent dans le sol, et le brûlèrent, détruisant la force de Vie qui est en lui, le rendant si complètement improductif qu’il ne put désormais nourrir ni la graine du fruit, ni le brin d’herbe.
Elle brûle toujours. La flamme ardente n’est pas éteinte, mais couve ou jaillit. Elle se manifeste par des signes visibles. La fumée qui s’élève sans cesse de ses crevasses, et le soufre qui se répand dehors, sont le vivant rappel du désastre passé. Preuve du terrible châtiment infligé par décret divin. La richesse de l’une de ces villes et de son pays environnant, permet de se souvenir de la prospérité qui régnait ici. Cette ville était populeuse, ce pays abondait en fourrage et en céréales. Il était partout d’une fécondité exceptionnelle. Pourtant, désormais, il n’en reste plus rien. ».
« Ainsi, le Soleil devint noir. Toutes les montagnes et toutes les îles furent ensuite ôtées de leurs places. Les Rois de la terre et les Grands se cachèrent dans les cavernes et sous les rochers des montagnes. Puis, l’inondation d’Eau descendit des Cieux et monta au sein des mers. La pluie se mit à tomber sans discontinuer pendant 40 jours et 40 nuits. Elle anéantit alors la race pervertie ; car cette dernière eut beau chercher un refuge sur les hauts lieux du Monde, elle n’y trouva que le naufrage. L’océan la poursuivit partout. ».
Pourtant, peu de temps auparavant : « Noé fut le seul à trouver grâce devant l’Eternel. Celui-ci cria d’une voix amère : « Que l’on me dise ce qui arrive à notre Monde pour qu’il soit si affligé et si bouleversé ? ». Et Dieu lui répondit en lui enjoignant de construire une Arche. Et il lui confia la mission de sauver un couple de chaque espèce animale. ».
Alors : « Noé monta dans l’Arche. L’inondation d’eau arriva et emporta tout. Et l’Esprit de Dieu plana à la surface des Eaux. Et lorsque Noé vit que la terre s’était inclinée et que la destruction était proche, il s’écria d’une voix amère : « Que l’on me dise ce qui arrive à la terre pour qu’elle soit si affligée et si bouleversée. ». ».
Une fois le Déluge terminé, Noé accoste sur une île. Il s’y installe avec son épouse et les animaux qu’il a pu sauver du Cataclysme. Sa femme met au Monde trois enfants : Sem, Ham et Yaphet. Devenu adulte, Yaphet fonde un port. Il installe plusieurs de ses habitations au sommet d’un volcan éteint. Puis, un jour, il se perd dans le désert. Et, surpris par une terrible tempête de sable, il découvre les ruines d’une antique agglomération au cœur de laquelle il aperçoit un grand trésor dont il ne sait pas expliquer l’origine.
A la suite de Sem – le fondateur du peuple Sémite -, de Ham et de Yaphet, huit générations se succèdent jusqu'à Abraham : Arpachad, Schelakh, Heber, Peleg, Rehu, Serug Nakhor et Terakh. Mais c’est Abraham qui remet à l’honneur les mœurs patriarcales de son illustre ancêtre : la servante de sa femme Sara, met Ismaël au monde. Mais Abraham l’abandonne au désert parce qu’il a bientôt un autre fils de son épouse légitime : Isaac. Ismaël aura pourtant douze fils, qui engendreront à leur tour les douze tribus d’Israël. Devenu un vieillard, quitte la chaldée en tant que simple pasteur. Car, il est soudainement en proie à une Divine Inspiration : il est convaincu qu’il est celui que les Mages des Monts de la victoire, attendent depuis des siècles, voire, des millénaires.
Abraham meurt à l’âge de 175 ans en Canaan. La torah explique qu’à l’instant où il s’éteint, ceux qui l’entourent voient son âme disparaître dans le Ciel sur un cheval de feu. Puis, Isaac, meurt à 180 ans. Et Jacob, le fils d’Isaac, à son tour, déserte Canaan : « Et Jacob poursuivit son chemin. Des messagers d’Elohim le rencontrèrent et lui dirent : « Nous venons au nom de l’Eternel ; nous sommes issus du Feu Céleste. ». Ils désignèrent des légions d’Anges Supérieurs ; certaines d’entre elles ayant le titre de « Mâles » parce qu’elles avaient reçu la lumière en premier ; et les autres nommées « Femelles ». Elles descendirent du Ciel sur un signe des Elohims. Elles rejoignirent Jacob. Elles prirent le nom générique « d’Enfants d’Israël ». Elles décidèrent de porter les mêmes figures que les membres des tribus d’ici bas. Elles se mirent à transporter leurs maisons avec elles. Jacob les décomposa en douze tribus, les dispersa aux quatre coins du Monde. Puis, il prit avec lui « la pierre Unique » pour l’ériger en tant que monument dédié à la gloire d’Elohim ; avant de continuer sa route. ».
Après cela, Jacob arrive en Egypte, s’y installe, et y vit pendant 17 ans. Il meurt à l’âge de 147 ans. Son fils, Joseph, fait aussitôt embaumer son corps, et rapatrie celui-ci en terre de Canaan afin qu’il soit enterré dans la nécropole où ont été ensevelis Adam, Abraham et Isaac. Er, pendant un certain temps, la vie des Hébreux se déroule agréablement sur les rives de la vallée du Nil.
Malheureusement, un nouveau roi prend bientôt le pouvoir dans le pays. L’Alliance y est brisée. Le peuple Israélite y est emprisonné : « Mon père descendit en Egypte. Il y séjourna avec peu de gens, mais il y engendra progressivement une puissante nation. Dès lors, les Egyptiens nous maltraitèrent. Nous criâmes à Yahvé ; et Yahvé entendit notre voix. Et il nous envoya Moïse pour nous emmener dans un pays ruisselant de lait et de miel. ».
Mais, auparavant, Moïse conduit ses frères sur les pentes du mont Sinaï. Là, il rencontre l’Eternel qui lui offre les Tables de la loi. Il redescend avec elles, puis lit les Dix Commandements de Dieu – également appelés « Livre de l’Alliance du Feu » - à ses compagnons. Il leur dit : « Car l’Eternel ton Dieu, est un Feu dévorant. Car l’Eternel juge par le Feu. Et moi, l’Eternel, je serai une muraille de Feu tout autour de toi. Le Dieu qui répondra en voyant ma flamme, portera en sa main droite la loi du Feu. Mais ma Parole, elle, n’est pas comme le Feu. Car l’Alliance entre moi et les Enfants d’Israël est une marque qui durera toujours. ».
Dans la torah, c’est ensuite le Livre de Josué qui décrit l’implantation des Hébreux en terre de Canaan. Il évoque plusieurs batailles livrées par les Israélites pour instaurer, étendre et défendre leurs établissements. Il montre que leurs ennemis sont généralement supérieurs en nombre. Le Livre de Job, lui, dépeint les Chérubins protégeant l’Arche d’Alliance lorsque celle-ci est installée par Salomon au cœur du Temple de Jérusalem. Il déclare même que l’un de ceux-ci garde l’accès au Jardin d’Eden. Et, enfin, dans l’un de ses derniers paragraphes, il désigne un Diable boiteux appelé Asmodée ; un Démon à qui le roi Salomon a confié la garde de la caverne contenant son trésor le plus précieux : « Mais, un jour, le souverain n’ayant pu lui montrer son sceau, le Démon lui interdit l’entrée de la grotte ; et Salomon dut attendre d’avoir retrouvé sa bague pour être en mesure de chasser Asmodée dans le désert. ».
Tandis que dans le Livre de Jérémie, il est révélé « que les Enfants d’Israël voulurent s’élever pour atteindre les Portes du Ciel. A cette époque, tout le monde se servait d’une même langue – celle de Dieu – et des mêmes Mots. Ils se disaient : « Allons, faisons des briques et cuisons les au feu. ». Les briques leur servirent de pierres, et le bitume fut utilisé comme mortier. Ils poursuivirent : « Alors, bâtissons une tour dont le sommet pénètre les Cieux. Œuvrons pour que notre nom ne soit jamais oublié, et pour que nous formions à jamais une seule nation. ». Or, Yahvé descendit pour voir la tour que les hommes avaient bâti ; et Yahvé dit : « Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leur entreprise. Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons, faisons en sorte de confondre leur langage pour qu’ils ne se comprennent plus les uns les autres. ». C’est pourquoi le langage des rebelles de Babel fut confondu. Ceux-ci perdirent la source de leur puissance ; ils furent dispersés sur toute la surface de la terre. Et ils ne furent plus jamais entendus d’en haut. ».
03 avril 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 390 - 395
Palestine, VIème – IIIème siècle avant J.C. :
En 538 avant J.C., la perse ayant pris la relève de Babylone, la nation Juive bénéficie bientôt de la clémence de Cyrus le Grand. Le souverain leur permet de retourner en Palestine. Il les autorise à rebâtir la ville Sainte et le Temple de Salomon : « Le roi Cyrus rendit les ustensiles du Temple de Jéhovah que Nabuchodonosor avait emportés de Jérusalem et placés dans la maison de son dieu. Cyrus, le roi des Perses, les en fit retirer par Mitredat, son trésorier. Celui-ci les remit à Chechbaccar, le prince de Juda. Et en voici le nombre : 30 bassins d’or, 1029 bassins d’argent, 30 bols d’or, 410 bols d’argent, et 1000 autres ustensiles. En tout, 5400 objets d’or et d’argent que Chechbaccar emporta lorsqu’il quitta Jérusalem. ».
Or, en fait, peu d’Israélites profitent de la générosité de Cyrus. En effet, la plupart décident de rester à Babylone ; là où ils ont créé des conditions de vie favorables. Ils ne désirent plus rentrer en Palestine ; un pays qu’un bon nombre d’entre eux n’a jamais connu.
50 000 Hébreux suivent pourtant le Prophète Esdras – ainsi que les quatre Livres qui portent son nom – jusqu'à Jérusalem en plusieurs étapes. Jérémie, lui, tire parti de sa libération pour retourner au cœur des pics de Pisya. Il cherche l’entrée de la caverne murée où il a jadis enfermé l’Arche d’Alliance. Pendant quelques jours, à cause d’une tempête surgie de nulle part, il ne parvient pas à s’y orienter. Et, finalement, ce n’est que par hasard qu’il réussit à retrouver son chemin, qu’il pénètre dans la grotte sacrée, puis qu’il revient avec elle dans la ville Sainte.
C’est alors que Jérémie et Esdras décident que leur cité doit demeurer ouverte à tous. Ils ne relèvent donc pas ses murailles. Mais, sous la direction du prince Zorobabel et du Grand Prêtre Josué, ils reconstruisent le Temple ; même si ils doivent faire face à quelques oppositions ponctuelles de la part des colons Assyriens : « Les travaux débutèrent dans la deuxième année du retour de Zorobabel. ». Ils installent l’Arche et son Tabernacle dans le Saint des Saints. Puis, ils l’inaugurent au printemps 515 avant notre Ere.
Mais, avec le retour de trois autres Prophètes, Esra en 458 avant J.C., Zacharie et Néhémie en 445 avant notre Ere - dont la mentalité a évoluée au cours de l’exil -, les choses changent. Ceux-ci succèdent à Jérémie, à Esdras, à Josué et à Zorobabel. Ils annoncent que les périodes de jeûne sont désormais festives. Ils interdisent les mariages mixtes afin, disent t’ils, de ne pas souiller la race sainte. Ils rétablissent l’institution du sacrifice dans l’enceinte du Temple. Ils renforcent leur contrôle sur les Sanctuaires locaux. Et ils y limitent la pratique officialisée du Judaïsme.
Esra et Néhémie craignent également que les Secrets ancestraux de leur peuple ne subissent un jour une nouvelle catastrophe, ou ne tombent dans l’oubli. Esra fait donc creuser trois cavités au cœur d’une des pierres quadrangulaires du mur Ouest du Temple. Il les y dépose, les y enchaîne à trois Coupes désignant les Clefs du Grand Œuvre. De son coté, Néhémie permet au Judaïsme d’évoluer grâce aux « Visions » sacramentales de son collègue. Il les compulse en un seul texte. Et il souligne auprès de ses fidèles qu’il n’est pas nécessaire d’observer les fêtes du « Pourim » et de la consécration du Temple pour suivre fidèlement les Lois de Dieu.
Dès lors, c’est en Judée – un territoire politiquement insignifiant – que la doctrine de Néhémie est la plus influente. Là, contrairement aux communautés juives dispersées en Babylonie ou en Egypte, la population renoue facilement avec le respect des Lois et des Traditions. Elle forme des docteurs de la loi. Elle donne pour mission à ceux-ci d’enseigner les écrits de Néhémie à tous ceux que ces derniers rencontrent. Elle édifie des synagogues un peu partout en Palestine ; puis, elle en fait des symboles de la loi Divine.
En 440 avant J.C., Néhémie se rend compte que la population de Judée est de plus en plus en butte à l’hostilité des peuples voisins. Et, malgré l’interdiction du roi de Perse, il relève les remparts de Jérusalem. Il rejète les religions étrangères hors de la ville Sainte. Il prône à un retour aux Commandements Divins. Il désigne Jérusalem comme un but de pèlerinage en disant que chaque Juif qui le peut, a pour obligation de s’y rendre à l’occasion des cérémonies de Pâque, de la pentecôte et du Soukkot.
Puis, à quelques années de là, des Hébreux « Mandéens », reviennent à leur tour en Judée. Ils disent arriver d’Egypte. Ils se prétendent coreligionnaires des anciens Egyptiens. Ils affirment que la religion Judaïque est née sur les rives du Nil. Ils révèlent aux personnes qui les interrogent, que ce n’est pas pour rien qu’un Demi-Dieux des Temps Anciens – « Ptahil », ou « Celui qui régit le Monde » - a pratiquement le même nom que l’un de ses Géants ayant engendré l’Humanité actuelle d’après la torah : « Nos cérémonies funèbres sont d’ailleurs très proches de celles pratiquées à l’époque de la grandeur des Pharaons. Et nos Livres tels que la torah, sont illustrés de représentations semblables à celles des papyrus Magiques Egyptiens. ».
La doctrine des Mandéens est donc très confuse. Elle se rattache essentiellement à des textes écrits par Moïse. Elle est empreinte de Gnose, ainsi que de croyances dualistes iraniennes. Elle proclame que l’Etre Suprême, le Créateur de l’Univers et des Divinités Inférieures, apparaît sous divers noms que l’on peut traduire par « Vie », « Esprit » ou « Roi de Lumière ». Elle explique que celui-ci a créé cinq Etres de Lumière et cinq Etres de Ténèbres ; égaux, mais opposés. Elle révèle que ces Demi-Dieux régissent l’Univers Matériel, et que l’Humanité a été engendrée grâce à eux. Elle dit encore que les premiers Hommes se sont nommés « Adam Pahgia » et « Hawa Pahgia » ; avec leurs contreparties « Adam Kasya » et « Hawa Kasya ».
Les principes Mandéens font du Dimanche un jour sacré : ce jour là, les Initiés ne doivent se soumettre qu’à quelques prières. D’un autre coté, les prêtres sont désignés par le titre de « Roi » - ou « Malka » -. La prêtrise est héréditaire et comporte trois niveaux hiérarchiques : les religieux ordinaires – « disciples » ou « tarmides » - ; les évêques ; et les « Seigneurs du Peuple ». Ils font du célibat un péché. Les hommes qui meurent sans avoir été mariés sont condamnés à se réincarner. Malgré tout, hormis ce cas, le Cycle des Renaissances est inconnu. Leurs dogmes insistent aussi sur le fait qu’à la mort, l’Ame – assistée dans son périple par maintes cérémonies - réintègre le Monde de la lumière. Ils disent que c’est pour cette raison que la religion doit imprégner tous les aspects de la vie quotidienne de chaque homme.
Mais, chez les Mandéens, le Sacrement le plus important est le baptême : il est renouvelé au cours du mariage et pendant le service funèbre. A ce moment là, l’individu est complètement immergé dans un bassin bâti spécialement pour l’occasion. Le cours d’eau qui l’alimente est relié au fleuve Jourdain. Et après cela, le prêtre et le nouveau baptisé échangent un certain nombre de poignées de mains très complexes.
Or, en 333 avant J.C., la palestine cesse d’être sous domination Perse. Elle passe sous la tutelle d’Alexandre le Grand. En effet, à cette date, celui-ci pénètre facilement en Asie Mineure en s’enfonçant à l’intérieur de son territoire. Il occupe rapidement le pays. Il fait en sorte de multiplier les contacts entre le monde palestinien et l’hellénisme méditerranéen. Il envoie des groupes hébraïques dans toutes les contrées de son Empire afin de fidéliser ceux d’entre eux qui s’y sont jadis réfugiés. Et, après sa mort, les Séleucides de Syrie ou les Ptoléméens d’Egypte poursuivent son œuvre d’intégration.
A la même époque pourtant, un historien Mésopotamien du nom de Béros retranscrit une étrange Légende concernant l’histoire de la tour de Babel : « Il était une ancienne nation qui s’enorgueillissait tellement de sa puissance et de sa gloire, qu’elle commença à mépriser les dieux. Elle érigea à Babylone une tour si haute que son sommet toucha presque le Ciel. Mais, les vents vinrent à l’aide des dieux et renversèrent la tour. Et ses ruines reçurent le titre de Babel. ».
Puis, il rédige un certain nombre de faits, eux, authentiques : « Babylone eut sa première tour il y a très longtemps. Cette tour fut plusieurs fois détruite, mais chaque fois relevée. En effet, le roi Assyrien Sennachérib l’anéantit. Ses successeurs Assarhaddon et Assurbanipal la reconstruisirent au même endroit. Elle fut de nouveau renversée par Nabuchodonosor, avant d’être reconstruite par lui, et rasée par Xerxès. ».
Mais, en 320 avant notre Ere, Jérusalem est prise par les Syriens. Les Mandéens sont chassés du pays. Quelques temps plus tard, la cité est délivrée par les Macchabées. A plusieurs décennie de là encore, des groupes de prêtres du Temple deviennent soudainement très mécontents du comportement de certains de leurs Grands Clercs ayant gardé contact avec des Prophètes Mandéens. Et, en guise de représailles, ils décident de se retirer au désert ; les uns prenant le nom « d’Esséniens » ; et les autres, celui de « Pharisiens ».
Ceux qui se font désormais appeler Esséniens s’installent à Qumram, près des rives de la mer Morte. Tout d’abord, ils y survivent tant bien que mal ; habiter dans le désert et, à fortiori, s’y livrer à une quelconque occupation, n’est pas chose facile : « Dans la chaleur torride, nous fumes saisis d’admiration pour la ténacité de ces idéalistes. Les règles de cette communauté, ses croyances écrites sur des peaux de chèvres séchées, font figure de défi aux éléments. La conservation même de leurs manuscrits semble miraculeuse. ».
Car, oubliés de tous, les Esséniens se mettent à étudier le calendrier Lunaire. Ils comprennent progressivement que celui-ci ne permet pas de déterminer de façon exacte, ni les périodes sacrées, ni les fêtes, du peuple juif. Ils réalisent que l’essentiel de leur foi n’est aujourd’hui plus valable aux yeux de Dieu. Et ils ont le sentiment qu’un Messie est sur le point de naître, et qu’il parcourra les routes de Galilée afin d’accomplir la prophétie des anciens « Maîtres de la connaissance ».
En 280 avant J.C., les Juifs d’Alexandrie estiment qu’il est plus que temps de répandre leur Religion au-delà des cercles restreints où elle est confinée depuis longtemps. Ils se décident donc, enfin, à traduire les Ecritures en langue Grecque. Ils regroupent ainsi leurs dogmes et leurs rites, en un seul Livre : la « Torah ». Ils nomment celle-ci « Bible des Septants » en l’honneur des 72 Anciens qui ont travaillé à son élaboration durant plusieurs années. Puis, ils diffusent cette Torah auprès des Israélites qui ne parlent plus la langue Hébraïque. Ils la font connaître aux païens intéressés par leur Philosophie ; ce qui leur amène de nombreuses sympathies, mais aussi quelques inimitiés. En effet, certains Juifs radicaux conduits par Juda Macchabée, se révoltent contre l’usage qu’ils en font.
Vers 200 avant J.C., les Séleucides chassent les Egyptiens de Palestine. Ils s’emparent du territoire. Leur roi, Antochios III, accorde rapidement des privilèges et des exemptions à toutes les communautés. Il établit un gouvernement à Jérusalem conforme aux droits ancestraux du peu Hébraïque. Mais, malheureusement, bientôt vaincu par les Romains et les Macédoniens dans son propre pays, à court d’argent, il s’empare des biens du Temple.
Aussitôt, la révolte gronde. Antochios IV Epiphane, qui succède à Antochios III, ne voit alors qu’une solution pour mettre fin à la rébellion : il impose l’hellénisation de la palestine et interdit le Judaïsme.
Pour les Juifs, c’en est trop : à l’initiative d’un prêtre du Temple – Mattathias -, la guerre Sainte est déclenchée contre les troupes Séleucides. En 164 avant notre Ere, Juda Macchabée prend le relais de l’ecclésiaste et finit par entrer en vainqueur à Jérusalem. Il purifie le Temple des rites païens que l’on a voulu y instituer, puis rétablit le culte de Yahvé. Il pousse rapidement son avantage et décide ses partisans à se battre pour l’indépendance de la judée. Il meurt en 160 avant notre Ere au cours d’une bataille, tandis que son frère Jonathan lui succède. Mais il est à son tour massacré en 143 avant J.C., et c’est Simon qui renforce la cohésion de ses troupes.
Egypte, VIème – Vème siècles avant J.C. :
Vers 450 avant notre Ere, Hérodote voyage plusieurs années en Egypte. Il y apprend que la grande Pyramide du site de Guizèh a été érigée par un Pharaon nommé Kheops : « De ces rois de la 4ème dynastie, le troisième était Kheops ; ou « Suphis », ou encore, « Saophis ». Kheops concevait du mépris pour les dieux. Mais, en signe de repentir, il composa un Livre Sacré que les Egyptiens tiennent en haute estime. ».
Hérodote est également instruit du fait que les Anciens croyaient que le revêtement calcaire de la grande Pyramide – aujourd’hui disparu – portait des inscriptions indéchiffrables. Ensuite, il se demande si, au cœur de l’édifice, n’existe pas un tombeau entouré par l’eau du Nil, et amené là par un conduit souterrain ? Il se dit que le mystérieux Benben de l’obélisque d’Héliopolis a légué son nom à une roche taillée en forme de pointe. Il suppose que ce Benben a jadis été placé au sommet de la pyramide. Puis, après avoir fait ces observations, il se rend sur l’île d’Eléphantine, où il écrit :
« Actuellement, à Eléphantine apparaît encore un puits que nous avons vu personnellement. Il est environ de cinq mètres de diamètre, et de huit de profondeur. Mais, en l’examinant, on se rend compte que la précision en ce qui concerne le manque d’ombre au fond du trou, est contestable : il a un trop grand diamètre, et trop peu de profondeur. Peut-être est t’il en partie comblé ? ».
Puis, il se dirige vers Philae : « L’île de Philae, dont la latitude est précisément de 24°, 1, 23’’, porte deux monolithes toujours en place de nos jours. Ils auraient été érigés afin de préciser l’extrémité Sud de l’île. ». C’est d’ailleurs à cet endroit qu’Hérodote est informé de l’existence passée d’un certain Ismandes : « Il s’agit d’un Architecte qui a vécu sous le règne d’un Pharaon de la 12ème dynastie appelé Amenemhat III. Il a bâti un complexe funéraire labyrinthique, ainsi qu’un Temple dédié au dieu Sobek. ».
Grèce, VI siècle avant J.C. :
Au milieu du VIème siècle avant J.C., dans les cités dominées par les grandes familles aristocratiques, la guerre civile menace. Les formes anciennes d’organisation politique s’effritent. Un peu partout, sauf à Sparte, des hommes providentiels s’emparent du pouvoir. Ces tyrans mettent fin, au moins pour un temps, aux affrontements.
Ces années de tyrannie représentent en fait une période de transition : de nouveaux systèmes politiques se mettent en place, qui fait une place plus large au peuple, le « démos ». C’est à Athènes que la démocratie voit le jour pour la première fois. Car, pour des raisons d’ordre militaire d’abord : les guerres quasi-permanentes dans le monde Grec donnent de plus en plus d’importance aux fantassins. Recrutés chez les paysans aisés, les hoplites ne veulent plus défendre des cités dont ils sont exclus. Pour des raisons d’ordre économique ensuite : la colonisation, l’expansion en Méditerranée, favorisent le commerce, jusqu’alors dominé par les Phéniciens. La monnaie fait son apparition, l’artisanat se développe, en particulier celui de la céramique. La propriété foncière n’est plus la seule source de richesses et les nouvelles conditions économiques ébranlent la vie des aristocrates. Cette évolution provoque aussi la ruine de nombreux petits paysans, qui subissent la concurrence des produits agricoles importés. A force de s’endetter auprès des riches, ils tombent sous leur dépendance. A Athènes par exemple, les paysans dépendants doivent remettre un sixième de leurs récoltes à leurs maîtres.
Partout, la révolte gronde. Les paysans pauvres, dont le sort s’aggrave, s’opposent aux grands propriétaires fonciers, et réclament le partage des terres et l’abolition des dettes. La crise appelle des réformes et des législateurs. Zaleucos, de Locres, est le premier d’entre eux. Charondas donne des lois à Cartane, et Pythagore à Crotone. Les Spartiates, pour leur part, restent fidèles à l’œuvre de Lycurgue, leur réformateur.
Malgré les efforts les législateurs, des luttes de factions continuent de ravager les cités grecques. Ca et là émergent des « hommes forts » : Pisistrate à Athènes, Polycrate à Samos ou encore Thrasybule à Milet. Bénéficiant d’un soutien populaire, ces tyrans s’emparent du pouvoir par la force. Ils ne se soucient pas de transformer la constitution de leurs cités, mais se contentent de faire taire les querelles internes par la violence. Thrasybule enseigne ainsi à Périandre qu’il faut gouverner la cité en écrasant toute opposition.
Au milieu du VIème siècle avant notre Ere également, les Sanctuaires panhelléniques Delphes et Olympie deviennent monumentaux grâce à un art de l’architecture embelli. Les sculpteurs grecs décorent ces édifices de métopes et de frontons magnifiques. Le faciès monstrueux de Gorgone en est un masque omniprésent. Elle représente les forces inquiétantes de l’Au-delà, de la présence de la mort et du Néant. Elle réunit l’Humain et l’Animal, le Masculin et le Féminin, la jeunesse et la vieillesse, la laideur et une certaine forme de Séduction.
Par ailleurs, leur notoriété ne cesse de grandir. Les jeux Pythiques sont en effet réorganisés à Delphes ; tandis qu’Apollon commence à présider toutes les entreprises de colonisation Grecques dans le bassin Méditerranéen. Les donations – entre autres, d’Asie Mineure – y affluent. Et, lorsqu’un incendie détruit son Temple, toute la grèce se solidarise pour le reconstruire.
Une Légende – la plus importantes de cette époque - explique la naissance de l’Oracle de Delphes. Elle raconte « qu’il y a longtemps de cela, Zeus, maître de l’Olympe, Père des Dieux et des Hommes, voulait connaître l’extension de la terre sur laquelle il régnait et en découvrir le centre. Il lâcha donc aux extrémités du monde deux oiseaux, deux aigles, qui devaient, en se croisant en plein vol, déterminer le centre de la terre, conçue alors comme un disque plat. Ils se croisèrent au-dessus de Delphes. Ensuite, sur ordre de Zeus, Apollon se rendit maître du bois sacré qui recouvre le site en tuant Pythô, dragon femelle qui gardait la source sacrée, Cassôtis. Pour se purifier de cette souillure, il se rendit dans la vallée toute proche, où il cueillit le laurier dont il se servit pour édifier le premier temple. ».
Depuis, Apollon rend des oracles à travers la pythie, vieille femme assise sur un trépied au pied d’une crevasse d’où sort le « souffle » du dieu. A l’origine, elle prophétisait une seule fois par an, mais ses consultations deviennent très vite mensuelles. Le consultant doit suivre un rituel très précis. Il commence par s’acquitter d’une taxe, en nature ou en argent, plus lourde pour les représentants des cités que pour les particuliers. Il offre ensuite un sacrifice à Apollon : l’examen de la victime – une chèvre – indique si le dieu est favorable à la consultation. Puis, il entre dans le temple, où l’ordre de passage est tiré au sort. Pendant ce temps, la pythie se prépare : cette Delphienne est choisie pour la pureté de ses mœurs et vit dans la chasteté absolue. Avant d’entrer dans le sanctuaire, elle se purifie, accomplit des fumigations, puis se rend dans le « sain des saints », où se dressent la statue du dieu et le trépied prophétique sur lequel elle s’assoit. Elle entre bientôt dans un état de transe et de délire et émet des cris et des onomatopées que les prêtres se chargent d’interpréter. Les particuliers comme les cités viennent poser à Apollon les questions les plus diverses.
Administré par une association de douze peuples, Delphes est un sanctuaire prospère au temple dont se rajoute rapidement les édifices et les trésors offerts par les cités grecques et les rois étrangers.
Mais, en 547 avant J.C., le temple d’Apollon brûle dans un incendie. Une souscription internationale permet de le reconstruire à partir de 539 avant notre Ere ; les travaux traînent en longueur. Et, vers 514 avant J.C., la famille des Alcméonides, exilée d’Athènes, décide d’en achever la restauration. Ils établissent le temple sur une terrasse monumentale. Tandis qu’en 490 avant J.C., après la bataille de Marathon, les Athéniens décident d’offrir au dieu Apollon, en témoignage de leur reconnaissance, un « trésor » qu’ils élèvent dans son Sanctuaire de Delphes. Ils érigent un temple en miniature destiné à abriter les offrandes consacrées à la divinité, tandis que le « trésor » est dissimulé dans ses cryptes les plus profondes.
24 mars 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 353 - 356
Lors de toute leur période de captivité à Babylone, les Hébreux du royaume de Juda ne se mêlent pas aux Hébreux du royaume d’Israël. Pourtant, les deux groupes essayent de profiter de leur déportation pour s’intéresser aux Civilisations Egyptienne et Babylonienne ; pour s’informer sur leurs notions philosophiques et religieuses. Et Jérémie, lui, de son coté, écrit plusieurs rouleaux – nommés plus tard : « Visions de Baruch » -, dans lesquels il décrit le lieu sacré où il a caché l’Arche d’Alliance, les Esprits qu’il a enchaîné à elle pour la protéger, et le moyen d’y accéder sans dangers.
Il se passionne également pour les notions architecturales que les Mésopotamiens ont mis en avant en érigeant leur Tour de Babel. Il apprend donc que sa construction vient tout juste d’être achevée, alors que son érection a débuté en 2200 avant notre Ere. Il se rend compte qu’elle domine l’ensemble religieux de la cité, qu’elle est longue et large d’un stade – carré de 185 mètres de coté -, qu’elle possède des rampes extérieures ayant des inclinaisons de 35 degrés. Ces dernières semblent reliées les unes aux autres et montent en spirale jusqu'à 90 mètres de hauteur. Il discerne qu’à mi-parcours se trouve un palier et des sièges pour qu’on puisse s’y asseoir et s’y reposer un moment. Il remarque que la tour est couronnée par une chapelle consacrée au dieu Mardouk. Il recopie un texte Mésopotamien à son propos dans ses « Visions de Baruch » : « J’ai bâti une magnifique et imposante demeure pour Mardouk, mon Seigneur, au sommet de la tour ; là où le Ciel d’Etemarki règne éternellement. ».
Jérémie est encore plus étonné quand il rencontre certains clercs honorant Mardouk. Ils lui disent en effet que la statue de la divinité – de 800 talents d’or – repose au cœur de son Sanctuaire, parfois sur un trône, parfois sur un lit. Il est intrigué lorsqu’ils lui révèlent que le jour du nouvel an – lors de « l’Atikou » -, ils y célèbrent son mariage symbolique avec une prêtresse remplaçant Zarpanit, son épouse divine. Il est surpris lorsqu’ils l’instruisent du fait que la tour est appelée « Maison de la pierre Fondamentale du Ciel et de la terre », et que la couleur de chacun de ses sept étages correspond à des teintes, à des chiffres, et à des Astres différents : 2 et noir pour Saturne ; 3 et gris pour la lune ; 5 et jaune pour Mars ; 8 et bleu pour Vénus ; 11 et rouge pour Mercure ; 13 et blanc pour Jupiter ; et le sommet avec 15 et l’or pour le Soleil. C’est donc ainsi que Jérémie comprend que ce monument a été établi Magiquement afin de servir d’observatoire astronomique ; qu’il réalise que ses Prêtres ont pour but de connaître les Secrets Célestes du dieu qui y loge ; et qu’il suppose que les citadelles royales qui lui ressemblent désignent, elles aussi, un escalier Mystique menant vers le Ciel.
Par la même occasion Jérémie essaye de purifier les conceptions sacramentales de son peuple en exil. Il commence par interdire les sacrifices. Il réfléchit sur la signification du châtiment infligé par Dieu aux Israélites. Il s’aperçoit que les menaces des anciens Prophètes se sont finalement réalisées, qu’il est temps d’écouter leurs conseils et de se convertir à leurs idées. Il annonce l’arrivée du jour où YHWH rassemblera, près d’une Jérusalem restaurée par ses soins, toutes les nations du Monde. Il dit que ce jour là, celles-ci seront toutes jugées. Et, en compagnie d’Ezéchiel – qui exhorte le peuple à se repentir de ses fautes -, il donne naissance à un nouveau message évangélique : le Judaïsme.
Egypte, X – VIème siècle avant J.C. :
En 1085 avant J.C., après un siècle de décomposition religieuse et de corruption sociale, de révoltes et de scandales, le partage de l’Egypte de la troisième Période Intermédiaire est consommé. Un Prètre-Roi nommé Herichor règne à Thèbes ; un autre appelé Smendès fonde une XXIème dynastie à Tanis. Après lui, son successeur prend le patronyme de Sennedjem ; avant que Psousennès Ier prenne sa place.
Or, dès son entrée en fonction, Psousennès Ier fait enterrer des papyrus Historiques et Magiques que ses ouvriers sont en train d’ériger à son intention. Il demande ensuite à ses Artisans d’envelopper son sarcophage d’écrits inspirés du Texte des Pyramides. Ceux-ci font apparaître des stèles à ses cotés, désignant deux cortèges de divinités face à face. Au bas de l’une d’elle, ils dessinent une façade de palais comportant quinze Portes qui empêchent des Esprits Terrifiants de passer dans notre Monde. Au centre de la stèle, ils dévoilent la silhouette de Nout, habillée de vêtements dont les manches sont empreintes d’Astres Célestes. Et, à son sommet, ils représentent le Soleil en train de voyager à travers les différents Royaumes de l’Au-delà.
D’un autre coté, progressivement, Psousennès Ier se met à considérer Deir el Medinet comme une des plus importantes agglomérations Religieuses d’Egypte. Il y fait bâtir deux Temples, l’un dédié à Maat, et l’autre, à Hathor. Il y fait élever plusieurs chapelles en l’honneur de la déesse Cobra Ouadjet, ou à l’intention du dieu Vautour Nekhbet. En outre, il désigne le Mage Amenhotep, Prophète d’Amon, et le Mage Ankhefenmout, Prophète de Mout. Grâce à eux, il crée une dynastie de Grands Prêtres qui gouvernent avec lui à Tanis. Et il leur accorde de partager leur autorité Temporelle avec les Mages Herihu et Piankhi ; qui se font aussitôt dessiner des fresques les représentant en train d’adorer le dieu Amon.
Le cinquième Souverain de la 21ème dynastie – 1009 – 1000 avant notre Ere -, se nomme Amerophtis. Au cours de son règne, lui, fait enterrer des amphores qui renferment des documents liturgiques, non loin de la nécropole de son prédécesseur. Au centre du même édifice, il fait élever un obélisque destiné au culte Solaire, surmonté d’un pyramidion. A quelques centaines de mètres de là, il fait construire un Sanctuaire glorifiant Ptah, un autre révérant le Messager et le Patron des Arts et des Métiers Merseyer. Il fait tailler des monolithes évoquant Bès, le Démon dispensateur de la force virile ; Thoueris, la déesse hippopotame qui veille sur les accouchements ; Renenoutet, la protectrice des Moissons et des Greniers ; ou Reshep, Vedesh, Astarté et Horon. Puis, il fait transformer la demeure d’Hathor, en lui adjoignant de petites chapelles ; avant d’y faire creuser plus de 400 caveaux funéraires.
Au cours du règne d’Amerophtis également, le monarque apprend que le roi des Hébreux Salomon fait appel à Hiram de Tyr pour l’aider à bâtir son Temple de Jérusalem. Or, Hiram de Tyr demande à Amerophtis de lui envoyer plusieurs Mages d’Onou spécialistes en Architecture, pour le seconder. Amerophtis accède immédiatement à sa supplique. Il lui adresse son Mage Zadok ; qui part aussitôt pour Israël.
De fait, une fois le Temple de Jérusalem achevé, Salomon y enferme l’Arche d’Alliance. Puis, il offre un de ses fragments à son fils Ménélik. Celui-ci s’apprête en effet à retourner en Ethiopie au près de sa mère, la reine de Saba. Il demande au Mage Zadok, ainsi qu’à son aîné, Ajarias, de l’y accompagner. Ces derniers acceptent. Et, suivi par Zadok, Ajarias, et un certain nombre de leurs Adeptes, il se dirige vers l’Egypte ; qu’il atteint en treize jours seulement.
Pendant toute la 22ème dynastie, Thèbes reste la capitale de la haute Egypte. En effet, Orsokon II – 945 – 922 avant J.C., et qui est son quatrième Pharaon -, ne parvient pas à rétablir son autorité sur la totalité de l’Empire. En effet, la même année, un homme venu de Libye – Sheshonq Ier –, se proclame prince d’Hériacopolis, puis, Pharaon en fondant la 22ème dynastie. Il établit bientôt son protectorat sur la ville de Tanis, et noue des relations commerciales avec l’Asie. Malgré tout, Orsokon II ne s’en préoccupe pas : il fait creuser son tombeau dans la vallée des Rois : il y fait sculpter une scène qui le montre en compagnie d’Osiris, d’Isis, et des quatre fils d’Horus. Il y fait excaver une chapelle honorant Baalat. A Bubastis – la cité de la déesse Baastet -, il fait élever un Temple consacré à sa propre gloire. Mais, surtout, il donne l’occasion au membre d’une famille noble d’origine obscure, d’acquérir le titre de vizir ; parce qu’elle a participé à tous les grands événements qu’a vécu la vallée du Nil, depuis 19 générations.
Mais, après la mort de Sheshonq Ier en 850 avant J.C., les troubles recommencent. Quatre dynasties rivales, sans compter quelques principautés indépendantes se disputent l’Egypte. Le successeur de Sheshonq Ier tente de reprendre le contrôle de la haute Egypte. Sheshonq II en fait de même. Pour renforcer son autorité, celui-ci fait d’ailleurs creuser un caveau funéraire dans la vallée des Rois. Et il y fait élaborer un lieu de culte dédié à Thot dans les alentours des tombeaux de Séti II et d’Aménophis IV.
Ainsi, ses ouvriers recouvrent les murs de la nécropole d’extraits du « Livre de la nuit ». Ils y sculptent des scènes représentant les étapes successives que la barque Solaire rencontre au cours de son voyage dans l’Au-delà. Ils y dessinent diverses divinités – comme Osiris ressuscité en Orion. Et ils entendent un certain nombre de rumeurs disant que c’est Thot lui même, qui a édifié les Grandes Pyramides au cours de l’Age d’Or :
« En ce temps là, le Pharaon fit un songe. Il vit une énorme planète qui tombait sur la terre dans un fracas épouvantable. Les Etoiles s’écroulaient en s’entrechoquant, et engendraient des Ténèbres dans le Ciel. Et les populations du Monde, décimées, pour la plupart gisant face contre terre, ne savaient pas où se sauver pour éviter la chute des pierres et de l’eau puante.
Puis, le Souverain se réveilla avec une grande crainte, et rassembla tous les Grands Prêtres de toutes les provinces d’Egypte. Après qu’il leur eut raconté son rêve, ceux-ci mesurèrent l’altitude des Etoiles. Ils firent leur pronostic, et prédirent un Déluge. Le roi leur demanda alors : « Viendra t’il dans notre pays ? ». Ils répondirent : « Oui. », et qu’il le détruirait. Mais, comme il restait un certain nombre d’années avant sa venue, le monarque ordonna qu’en attendant, les Pyramides soient construites. Et il fit graver dans ces Pyramides, toutes les choses qui étaient dites par les Sages, et aussi toutes les Sciences Primordiales : de l’Astrologie, de l’Arithmétique, de la géométrie, et de la physique. ».
En 770 avant J.C., soudainement, les Ethiopiens envahissent le Sud de l’Egypte. Ils conquièrent un territoire s’étendant jusqu'à la quatrième cataracte du Nil et la cité de Napata. Ils s’installent dans la ville, tandis que d’ardents défenseurs du culte d’Amon – comme Kashta – transfèrent immédiatement les sarcophages des Prêtres d’Amon de la 21ème et de la 22ème dynastie, dans le Temple d’Hatshepsout de Thèbes. Ils y emmènent également les dépouilles de Séti II, de Sethnakht, de Ramsès IV, de Ramsès V, de Ramsès VII, et d’Akhenaton. Mais, peu après, les Ethiopiens poursuivent leur avancée vers le Nord. Ils prennent Thèbes, et en font bientôt leur capitale.
Malgré tout, le fils de Kashta resté à Napata, Piankhi, y fonde la 25ème dynastie. Il règne sur la cité de 750 à 712 avant J.C. Il y établit des résidences somptueuses, des centres administratifs et commerciaux. Il érige des chapelles autour de son lac Sacré. Il élève des Temples en l’honneur des épouses terrestres du dieu Amon. Il érige des Sanctuaires vénérant le dieu de l’Air Chou, et la déesse Ashka, à Dendour, à Taffeh, à Debad, à Ellisya, et il rénove ceux de Philae et d’Agilkin. Il fonde le site de Kerna, avec ses tumulus, ses pierres sacrificielles noires et blanches installées en demi-cercle. Celui-ci étend d’ailleurs vite son influence jusqu'à l’île de Sai et l’île d’Ukna parce que des caveaux princiers sont creusés dans leurs alentours. Il bâtit un grand nombre de forteresses importantes en Basse Nubie ; notamment sur les sites de Dehud, de Taffeh, de Bet el Ouali, de Mirgissa, de Bouhen, d’Ariba, et de Kouban. Il fait creuser plus de 8000 nécropoles funéraires, entre Kalabchech, Kobankh, Ineik, Karba, Carf Houssein, Ouadi ès Seouah, Amada, Hermontis, Maha el Aqua, et Der. Il établit une seconde capitale à Ahiba, puis l’entoure de plus de 1000 tombes royales. Et il construit de petites agglomérations à Ballana, à Qoustoul, à Kur, à Sai, et à Bohen.
Puis, Shabaka succède à Piankhi, de 712 à 698 avant notre Ere ; avant d’être remplacé par Shabataka, de 698 à 690 avant J.C. Or, au cours du gouvernement de Shabataka, la forteresse de Defoula est détruite par un terrible incendie. Malgré qu’elle soit construite sur des hauteurs, à l’abri de toute attaque surprise, elle est ravagée. Et ses lieux de culte, ses inscriptions – qui concernent Pépi Ier, Pépi II, Amenemhat, ou Sésostris Ier -, ainsi que ses stèles dédiées à Antef, sont totalement anéantis.
C’est ensuite une famille Nubienne, venue du royaume de Koush, qui parvient à unifier de Double-Pays. Mais cette unité est fragile, et les successeurs de Piankhi le Nubien ne parviennent pas à la préserver.
Les Assyriens savent profiter de la faiblesse de leur ancien rival et tentent une première conquête en 695 avant J.C., mais leur armée est décimée par une terrible épidémie de peste, et l’Egypte connaît alors un temps de répit. En effet, en 680 avant notre Ere, le Pharaon Néchao For envoie même l’un de ses conseillers faire le tour de l’Afrique ; celui-ci revient de son expédition en racontant qu’il a découvert maintes terres enchantées. Mais, en 664 avant J.C., son successeur, Tanastemon, perd le contrôle de l’Egypte : cette année là, Assurbanipal ravage le pays. Ses soldats, connus pour leur qualité militaire, redoutables par leur cruauté, mettent Thèbes à sac et tuent toute sa population. Tanastemon, de son coté, retire le pouvoir politique et spirituel de la cité détruite. Il les transfère à Napata, où il fait construire des Temples et des Tables du Soleil dédiés à Isis et à Apis. Au port fluvial de Naga, il édifie des stèles honorant les dieux Apedemak, Noussavarat, et Sofra. Il transforme Méroé en capitale. Dans les environs de celle-ci, il fait creuser quatre caveaux royaux. Il métamorphose l’agglomération en lieu de négoce, mais aussi, en carrefour culturel. Il fait relier les routes qui en partent, à la mer Rouge, à l’Abyssinie, et à Kurusku. Puis, il la métamorphose en lieu de pèlerinage.
Malgré tout, le règne de Tanastemon marque la fin de la 25ème dynastie. Car, une des familles les plus influentes de sa cour – celle de Montouemhat – joue un rôle considérable dans la gestion des affaires courantes. L’un de ses membres devient gouverneur de Thèbes, alors que le souverain est en train d’agoniser. Un autre profite de la situation pour se faire bâtir un palais et un tombeau dans la province de l’Assasif. Et un troisième – Petamerophis – devient Grand Prêtre d’Amon, puis s’ait creusé une nécropole dont la magnificence dépasse celle de certaines sépultures royales.
23 mars 2008
De Deiteus Mythica, le Myhe des Demi-Dieux : Page 348 - 353
De son coté, vers 930 avant J.C., après la scission du royaume d’Israël en deux entités indépendantes et des coups d’Etats portant successivement dix-huit rois au pouvoir, Roboam Ier fait en sorte de consolider sa dynastie. Tout d’abord, il s’appuie sur le respect de la torah pour rassembler son peuple autour de lui. Il renforce les défenses de ses cités. Il se prémunit contre les attaques des Egyptiens qui sont en train de devenir de plus en plus fréquentes. Il fait de Sechem la capitale de Juda. Au bout de quarante ans de règne il transfère celle-ci à Turzah ; sur la route qui mène de la vallée du Jourdain à ses vallées périphériques. Et, enfin, son successeur, Azariah, la déplace finalement à Jérusalem.
De fait, Jérusalem obtient vite des avantages politiques particuliers ; tandis qu’Azariah impose son autoritarisme à tout le pays. Les villes se transforment : elles cessent d’être des centres administratifs et commerciaux pour devenir le siège de garnisons. Les contraintes qu’elles subissent engendrent alors l’incertitude. Leurs populations deviennent de plus en plus mécontentes. Des fluctuations religieuses y voient le jour et accentuent leur désarroi. Certains habitants commencent d’ailleurs à user de pratiques païennes afin montrer leur désaccord avec la manière de gouverner de leur souverain. D’autres – et surtout des femmes – se tournent vers le culte de Tammuz. Le petit fils d’Azariah, Achab, a lui même recours à des sacrifices humains et fait immole un de ses enfants.
Mais, vers 860 avant notre Ere, le Prophète Isaïe dénonce ce genre d’agissements de plus en plus fréquents à Jérusalem et ailleurs. Il écrit à ce propos : « Ainsi, Achab bâtit un haut lieu destiné à Kemos, l’impure divinité de Maab, et pour le Seigneur de la nuit Moloch, sur la montagne qui est vis à vis de Jérusalem. » ; ou « Et l’Eternel dit : « Qui séduira Achab pour qu’il monte à Ramoth et qu’il y périsse ? ». Un Esprit vint se présenter devant l’Eternel et lui répondit : « Moi, je le séduirai. ». L’Eternel lui précisa comment, et l’Esprit enchaîna : « Je sortirai, et je serai un Esprit de Mensonge dans la bouche de tous ses Prophètes. Je le séduirai et j’en viendrai à bout. ». ». ; ou encore : « C’est à Sion qu’appartient ceux qui seront sauvés. C’est pour cette raison que Micaychou voit apparaître une armée dans les Cieux. ».
Car Isaïe interprète cette montée des dissensions comme le signe précurseur d’une prochaine colère divine sur le pays de Juda. Il prophétise ainsi que la maison d’Achab est amenée à disparaître : « Il arrivera sur Jérusalem un ennemi, venu du Nord par une petite route de Palestine. Une armée aux soldats représentant les agents du courroux d’YHWH se précipitera comme un fléau impitoyable vers les forêts, les champs et les cités. ». Il prédit également qu’après ces événements, l’unité d’Israël sera rétablie : « Et tout Israël verra une grande Lumière annonciatrice de délivrance et de prospérité. ». Plus loin : « Puis, une souche engendrée par Isaïe refleurira. Il en naîtra un Messie qui connaîtra et craindra YHWH, qui exercera la justice envers les humains et fera régner la paix universelle. ».
Isaïe a raison : quelques décennies plus tard, le royaume d’Israël disparaît de la scène de l’Histoire ; il est intégré à l’Empire Assyrien. Et de son coté, le royaume de Juda, lui, échappe de peu au même sort en acceptant de payer tribut à Sargon II.
Or, lorsqu’il succède à Achab en 716 avant J.C. - après le court intermède d’Athalie et de Jézabel -, Ezéchias s’inquiète de la chute de Samarie. Malgré tout, il désigne son propre territoire par le terme « Israël ». Il entreprend des réformes religieuses en centralisant une fois pour toutes la vie politique et cultuelle autour du Temple de Jérusalem. Il s’assure ensuite que la pression Assyrienne se relâche sur lui. Il est informé du fait que Sargon II est dans l’obligation de mater une révolte à Babylone, qu’il rencontre nombre de difficultés dans le Nord de son Empire. Il se rend en même temps compte que la puissance Egyptienne est sur le point de se réveiller : l’avènement d’une nouvelle dynastie – Ethiopienne – l’aide en cela. En 713 avant J.C., Ezéchias se tient au courant du soulèvement de la cité philistine d’Ashod contre Assur. Il se demande quel parti il peu prendre au sein de cette querelle : doit t’il continuer à se soumettre à Sargon II, ou doit t’il appuyer la ville révoltée avec l’aide de l’Egypte ? Isaïe, pour sa part, lui conseille la neutralité, et la reprise d’Ashod par les Assyriens donne raison à ce dernier.
Pourtant, en 705 avant J.C., Ezéchias essaye de profiter de la mort de Sargon II et de la prise du pouvoir par Sennachérib, pour s’affranchir de la tutelle Assyrienne. Aussitôt la mort du souverain proclamée, il organise une insurrection générale. Il obtient le soutien du Prophète Isaïe, qui ne cesse, au nom d’un Dieu trois fois Saint, d’exhorter la population à se soulever, puis qui se lance dans d’ardentes prédications à l’encontre de Sennachérib. Ezéchias se met à prier l’Eternel en compagnie d’Isaïe afin qu’il lui vienne à son secours : « Ezéchias monta vers la maison du Seigneur, pria devant le Seigneur, et dit : « O Seigneur Dieu d’Israël qui habite entre les Chérubins, tu es le Dieu, et toi seul, de tous les royaumes de la terre. O Seigneur, incline ton oreille et écoute. Ouvre tes yeux, Seigneur, et regarde. Entend toutes les paroles que Sennachérib a envoyé pour insulter le Dieu vivant. Il est vrai, Seigneur, que les rois d’Assyrie ont ravagé toutes les nations et leur propre pays. Maintenant, ô Seigneur notre Dieu, délivre nous donc de sa main, et que tous les royaumes de la terre sachent que tu es le seul Seigneur. ».
Ezéchias a alors immédiatement une vision : il voit les deux Chérubins de l’Arche d’Alliance devenir quatre. Ils se métamorphosent en créatures vivantes d’une taille démesurée. Ils déploient leurs ailes pour s’élever au dessus du sol et disparaître dans la nuit. Il entend le bruit de leurs voilures se confondre avec celui de la voix de Dieu : « Ainsi, dit le Seigneur à propos du roi d’Assyrie : « Il n’entrera point dans cette ville. Il n’y lancera point de traits. Il ne se présentera point devant ses murs avec des boucliers, ni n’élèvera des retranchements contre elle, car je protégerai cette ville et la sauvegarderai par ma propre sauvegarde. ».
En 701 avant notre Ere, Sennachérib lance pourtant une expédition contre Jérusalem ; il veut punir la cité de son arrogance. Le monarque Assyrien assiège alors Jérusalem, mais celle-ci lui résiste héroïquement. Dans le même temps, une peste décime ses troupes ; ce que les Hébreux considèrent comme un miracle. Ces derniers commencent à croire que l’Arche d’Alliance rend leur métropole inexpugnable : « L’Ange du Seigneur sortit et frappa dans le camps des Assyriens, 180 000 hommes. Et quand on se leva le matin, voici qu’ils étaient tous morts. Alors, Sennachérib, le roi d’Assyrie, s’en retourna dans son pays. ».
Ezéchias décède en 687 avant J.C. en laissant Israël devant faire face à des représailles Assyriennes. Son fils Manassi lui succède. Celui-ci constate que la puissance d’Assur ne cesse de grandir. Il choisit vite de revenir à une politique de soumission après qu’une partie de son territoire ait été envahi sans qu’il ne puisse rien faire pour l’empêcher. Il se voit même contraint d’adorer un certain nombre de dieux Assyriens afin de prouver sa bonne foi envers Sennachérib. Il est astreint à élever plusieurs Sanctuaires consacrés à des divinités Astrales : « Il fit ce qui est mal aux yeux du Seigneur, car il adora les idoles des nations que le Seigneur avait exterminées. Il dressa des autels dédiés à Baal, vénéra les Légions du Ciel, et les servit. Et il leur dressa des autels dans la maison du Seigneur. Il fit passer son fils par le feu, recourut aux enchantements, commerça avec les Esprits familiers et les Sorciers. Il multiplia les maléfices sous les yeux de l’Eternel afin de provoquer sa colère. Et il plaça l’image gravée du bosquet qu’il avait faite, dans la maison du Seigneur ; là où le Seigneur ait dit à David, puis à Salomon : « Dans cette maison et dans Jérusalem, que j’ai choisi entre toutes les cités d’Israël, J’établirai mon nom pour toujours. ».
Mais, la population de Jérusalem se révolte contre Manassi et contre le recours aux pratiques païennes que celui-ci a institué. Le roi étouffe l’agitation qui enflamme la ville à deux reprises. Il montre également qu’il demeure le maître en faisant emprisonner, puis assassiner, les chefs de l’insurrection. Il assassine même le Prophète Isaïe en l’attachant à un arbre et en le sciant avec lui. Il perd alors la confiance de ses sujets tandis que ceux-ci se détournent de leurs Rites Traditionnels, oublient les textes de la torah, ainsi que leur fidélité envers Yahvé. Le culte de ce dernier ne subsiste en effet désormais plus que dans des cercles très restreints de la société Hébraïque. Puis, Manassé finit par s’éteindre en 642 avant J.C., au grand soulagement de tout le monde.
L’héritier de Manassé, Amon, est renversé en 640 avant notre Ere, après deux ans de règne. Mais, comme les membres de la conspiration sont soupçonnés d’obéir aux ordres du Pharaon Egyptien Psammétique Ier – le fondateur de la dynastie Saïte venant de libérer la vallée du Nil du joug Assyrien -, ils sont mis à mort. Ils sont remplacés par un autre fils de Manassé, Josias. Et, de fait, Israël témoigne ainsi de son attachement profond vis à vis de la dynastie davidique.
Josias essaye immédiatement de rétablir l’ordre en Palestine : il conquiert la partie de l’ancien royaume du Nord jadis annexée par Assur. Il récupère l’or, l’argent, et les vases dispersés dans les Sanctuaires païens par Manassi. Rempli d’effroi, il rénove les fondations du Temple de Salomon. Il rétablit le prestige de Jérusalem en réinstallant les Grands Prêtres de Yahvé dans leurs fonctions d’origine. Il nomme Jethro chef de leur communauté d’Initiés. Il abat l’ensemble des abominations religieuses que Manassi avait installé sur le territoire d’Israël. En 622 avant J.C., aidé du Prophète Jérémie – qui a rédigé un Code d’Alliance -, il entreprend d’expliquer à son peuple ses préceptes : « Il n’existe qu’un seul Dieu, Yahvé, qu’une seule Loi, la torah, qu’un seul Temple, Jérusalem. ».
Or, parallèlement, Josias voit l’équilibre politique changer en Orient : il assiste à la décadence et à l’effondrement accéléré de l’Empire Assyrien. En 614 avant notre Ere, il suit la prise d’Assur par les Mèdes. En 612 avant J.C., il est informé de la destruction de Ninive. Il observe les puissances Babylonienne et Egyptienne ne cesser de croître ; au point qu’à un moment donné, il se sent obligé de soutenir ce qui reste de l’unité de l’Assyrie contre Babylone. Il rejoint les Assyriens assiégés par Nabopolassar à Harrash. Il se bat à leurs cotés, est défait par les troupes adverses, doit reconnaître la suzeraineté du souverain Babylonien. Il tente ensuite de s’opposer à l’avance d’une armée Egyptienne envoyée par Néchao II pour affronter Babylone. Et il trouve la mort en 609 avant J.C., lors de la bataille de Megiddo.
Le décès de Josias remet en cause toute son œuvre : « A quoi bon être fidèle à Dieu si cela ne sert à rien ? ». Israël passe en effet rapidement sous le contrôle des Egyptiens. Ceux-ci déposent Jochoaz, le fils de Josias, trois mois après qu’il soit monté sur le trône. Ils mettent son demi-frère Joiaquim à sa place. Ils vident Jérusalem de son or, tandis que Joiaquim utilise des fonds qu’il n’a pas pour subvenir aux besoins de ses sujets. Il fait ainsi constamment osciller ses réserves entre pléthore et pénurie. Il réprime sévèrement un soulèvement dû à sa tyrannie soutenu par le Prophète Jérémie et d’autres Voyants. Puis, en 605 avant J.C., il assiste subitement à un retournement de situation spectaculaire : Nabuchodonosor, le fils de Nabopolassar de Babylone, écrase les Egyptiens à Karkemish.
Peu après, Nabuchodonosor succède officiellement à Nabopolassar sur le trône de Babylone. Il reprend rapidement la politique assyrienne d’expansion vers l’Ouest à son compte. Il se donne pour objectif d’atteindre la vallée du Nil. Joiaquim est donc obligé de se soumettre à son autorité. Mais, en 601 avant J.C., Nabuchodonosor essuie de sérieux revers aux frontières de l’Egypte. Joiaquim l’apprenant, il croit l’instant venu de se soustraire à son joug. Il commet une erreur lourde de conséquences car il découvre vite que Nabuchodonosor envoie des troupes Araméennes, Moabites et Edomites contre Jérusalem. En 598 avant notre Ere, le souverain babylonien se met lui même en route vers la cité, tandis qu’affolés, les Hébreux remplacent Joiaquim par son fils, Joachim. Puis, au bout de neuf mois, celui-ci dépose Joachim. Il investit Jérusalem, pille son Temple, déporte le monarque emprisonné, son aristocratie, et son clergé. Il désigne un autre fils de Josias – Mattaniah – pour le remplacer. Et il impose à ce dernier de prendre le nom de Sédécias, avant de repartir pour la mésopotamie.
Or, très vite, le gouvernement de Sédécias est contesté. Un parti antibabylonien soutenu par l’Egypte, se forme. Il s’oppose au parti de la soumission à Nabuchodonosor. Epaulé par Jérémie, il prêche pour se libérer de la tutelle babylonienne. Et Sédécias, hésitant, est dans l’incapacité de tenir tète au patriotisme aveugle en train d’enfler chez ses sujets, ainsi que parmi ses proches à la cour.
En 595 avant J.C., Sédécias apprend que des troubles ont éclaté en Babylonie. Il est également informé du fait que ces événements ont éveillé un espoir chez nombre de déportés hébraïques ; ceux-ci osent croire en une prochaine délivrance. Le Prophète Nananiah proclame de son coté que le joug de Babylone est sur le point d’être brisé, que Joachim va revenir parmi son peuple, et que les Trésors d’Israël vont lui être restitués.
Mais, en 588 avant J.C., les Hébreux découvrent avec stupeur que Nabuchodonosor a en assez de leur insubordination, et qu’il est de nouveau en marche vers Jérusalem. Il assiège rapidement la ville Sainte. Il ne peut empêcher les Egyptiens d’apporter une aide momentanée aux mutins. Jérémie prévient malgré tout Sédécias de ne pas se fier à l’armée de Pharaon. Affolé par ses propos défaitistes, le parti de la résistance fait incarcérer celui-ci, puis presse le roi de se rendre. Et, en Juillet 587 avant notre Ere, ils permettent aux troupes de Nabuchodonosor d’investir Jérusalem ; tandis que Sédécias est capturé et a les yeux crevés ; que le souverain Babylonien ordonne l’exil de toute la population – en fait, la tribu de Jacob - ; et qu’il tire Jérémie de sa prison et va s’humilier devant l’Arche d’Alliance.
Nabuchodonosor met en suite Jérusalem et le Temple à feu et à sang : « En ce temps là, les serviteurs de Nabuchodonosor, le roi de Babylone, marchèrent sur Jérusalem ; et la ville fut assiégée. Nabuchodonosor arriva en personne devant la ville ; ses soldats l’encerclaient. Sédécias, le roi de Juda, se rendit au roi de Babylone ; de même que sa mère, ses serviteurs, ses nobles et ses eunuques. Le roi de Babylone les fit prisonniers durant la plus prestigieuse année de son règne. ».
Dès lors : « Nébouzaradan, le commandant de la garde, et l’officier principal du roi de Babylone, brûla le Temple de Jéhovah, le palais royal, ainsi que toutes les maisons de Jérusalem. Les troupes qui accompagnaient le commandant de la garde brisèrent les piliers de bronze du Temple de Jéhovah, les bassins à roulettes et la mer de Bronze. Ils transportèrent tout ce métal à Babylone. Ils emportèrent aussi les cendriers, les pelles, les couteaux, les navettes d’encens, et tous les objets de bronze utilisés pour le culte. Le commandant de la garde emporta enfin les encensoirs, les coupes d’aspersion, tout ce qui était en or, et tout ce qui était en argent. Avec les deux colonnes, la mer de Bronze et les bassins à roulettes, il retira une quantité de bronze incalculable. ». Et peu après : « Nébouzaradan, le chef des gardes, emmena le reste de la population de la ville, les déserteurs qui étaient passé au roi de Babylone. Et ainsi, Juda fut exilé loin de son pays. ».
Or, c’est à ce moment là que l’Arche d’Alliance est évacuée de Jérusalem. En effet, juste après être sorti de prison, et juste avant que le Temple ne soit investi par les troupes ennemies, Jérémie donne un certain nombre d’instructions aux Grands Prêtres qui se trouvent encore dans le Sanctuaire. Ensuite, il rejoint avec eux la salle où sont cachés l’Arche et le Tabernacle. Il réussit à mener les Objets Sacrés à l’intérieur du passage secret attenant au Shettiyyah et au Puits des Ames. Il mure rapidement l’entrée du boyau. Il invoque un Démon nommé Baruch afin d’en protéger l’accès. Il prononce une prière : « Terre, terre, ô écoute la parole du Tout Puissant et veille sur les Reliques que je conduis hors de la cité de Dieu. ». Au-dessus de lui, Nébouzaradan et ses soldats incendient l’édifice. Jérémie et ses compagnons, eux, s’enfoncent dans des galeries conduisant directement à la montagne que Moïse a jadis gravie pour contempler l’héritage de Dieu. Ils arrivent au cœur d’une caverne proche de l’un de ses sommets, le pic de Pisya. Ils y enterrent le Tabernacle, l’Arche et l’Autel des Encensements, puis bouchent son entrée. Puis, ils retournent auprès de leurs frères en partance pour Babylone ; et expliquent à ces derniers : « Cessez de vous lamenter afin que les peuples non circoncis ne puissent sa gausser de nous et nous dire : « Dieu les a abandonné. ». Ne révélez rien aux étrangers. ». Et les Anciens leur répondent alors : « Qu’il en soit selon ton bon plaisir, et le bon plaisir de Dieu. Quant à nous, aucun de nous ne transgressera tes ordres ; nous n’informerons aucun peuple de la disparition de l’Arche. ».
En atteignant la capitale Mésopotamienne, Jérémie écrit enfin : « Sur les bords du fleuve de Babylone, nous étions assis et nous pleurions Sion. Nous avions suspendu nos harpes aux saules de ce pays. Mais, nos vainqueurs nous demandèrent des cantiques ; et nos oppresseurs nous dirent : « Chantez nous quelques uns de vos Cantiques de Sion ». Comment aurions nous pu chanter le Cantique du Seigneur sur une terre étrangère ? Si je t’oublie, ô Jérusalem, que ma main droite me déserte, que ma langue s’attache à mon palais. Si je ne me souviens pas de toi, si je n’élève pas Jérusalem au faite de ma joie. ».
Après sa prise de contrôle de la palestine, Nabuchodonosor laisse subsister un vestige d’autonomie au royaume de Juda. Il ne rétabli pas de roi, mais confie le pouvoir à Guedalyabou, le petit fils de Shapahan. Il sait en effet que la famille de celui-ci a, à la fois, soutenu la politique de Babylone et la position de Jérémie.
Or, la haine envers Babylone ne cesse pas d’enfler à Jérusalem. Guedalyabou est bientôt assassiné dans sa résidence de Mnepah par un membre de la famille royale officielle : Ismaël. Ismaël essaye encore de ranimer la résistance nationale. Mais il n’en n’a pas le temps car Nabuchodonosor commande une troisième déportation de Judéens en 582 avant J.C.
22 mars 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 346 - 348
Avec le temps, à cause de ses nombreux mariages avec des princesses étrangères, Salomon est contraint d’établir plusieurs Sanctuaires païens un peu partout dans le pays. Il préside nombre de cérémonies au cours desquelles les divinités étrangères sont transportées en procession sur un « bateau » ressemblant à l’Arche d’Alliance. Il est rapidement soumis à une rumeur le qualifiant d’être à l’origine de multiples prodiges. Certains disent en effet qu’il est capable de comprendre la langue des oiseaux, de posséder une force de persuasion incroyable vis à vis des masses. D’autres disent qu’il a la réputation d’être un Sage, d’avoir découvert au-delà de la puissance, une plus grande Puissance qui, dans l’avenir, exercera sa souveraineté sur la science. Mais, au fur et à mesure que ces on dit circulent, il a la vive impression de contaminer la pureté de sa relation avec le Dieu Unique.
Malgré tout, Salomon réintègre bientôt l’antique cité d’Hazor dans son territoire. Il la transforme rapidement en agglomération riche et prospère. Aux frontières de son pays, il installe une armée de métier, entretenue grâce à ses revenus personnels. Il assure la cohésion de celle-ci en lui adjoignant 1400 chars de guerre et 12 000 cavaliers. A Jérusalem, il fait ériger une forteresse et un palais non loin du Temple, afin de pouvoir – au cas échéant – défendre la cité Sainte. Il fait construire une flotte de guerre dans le port d’Eilat. Puis, il envoie finalement des expéditions commerciales depuis Jaffa, jusqu'à Tarsis, cette cité réputée pour être riche en argent, en fer, en étain et en plomb.
Parallèlement, un jour, le Mage Flégétanis trouve le moyen de retourner dans le Temple, seul. Il emprunte immédiatement l’escalier descendant au cœur du Puits des Ames. Quelques heures plus tard, il retranscrit ce qu’il y a vu sur parchemin : « Finalement, je retirai ma main du mur du Shettiyyah, et en fit le tour. Sur le coté, des marches de pierres s’enfonçaient dans les ténèbres. La voix des morts s’y faisaient entendre, mêlées aux clapotis des rivières du Paradis. Je ne perçus rien d’autre, si ce n’est le murmure des prières d’une demi-douzaine de Grands Prêtres qui m’avaient précédés et qui, prosternés, invoquaient le nom de Dieu. ».
La mort de Salomon provoque vite la dislocation de l’unité des douze tribus d’Israël. En effet, peu après que celui-ci ait été enterré au centre de la ville davidique, beaucoup de personnes se rendent compte que l’enrichissement qui a eu lieu durant son règne, n’a pas profité à l’ensemble du peuple. Au contraire, il semble qu’il ait accentué les différences entre les classes et ait favorisé les grands propriétaires capables d’investir dans des aventures commerciales fructueuses. D’autres s’aperçoivent que le système administratif que David a mis en place, et que Salomon a consolidé, a abouti à la formation d’une élite. Celui-ci a uniquement favorisé les dignitaires et les fonctionnaires royaux déjà en place. Et enfin, encore d’autres révèlent qu’en ce qui concerne la levée des hommes et de l’argent nécessaires à la construction du Temple, à l’entretien de la cour et de l’armée, Salomon n’a pas hésité à exploiter démesurément les territoires du Nord ; tandis que ceux du Sud ont été relativement épargnés. Ces derniers appartenant au clan d’où est issu le roi, il a donc joui de nombreux privilèges durant cette période.
Dès lors, ces révélations entraînent des bouleversements politiques considérables : les dix clans du Nord commencent à voir en Jérusalem un symbole de despotisme, et en Yahvé, un dieu national, et non un Dieu Unique. Ils se rassemblent autour d’un Ephoraïmite du nom de Jéroboam. Ils se rebellent contre le successeur de Salomon, Roboam. Ils poussent à la scission alors qu’en 931 avant J.C., les deux clans du Sud du royaume font allégeance au nouveau souverain d’Israël. Et, finalement, le pays se sépare en deux provinces autonomes : celle d’Israël et son monarque Jéroboam Ier ; et celle de Juda, et le sien, Roboam Ier.
Très vite, les cités du territoire autonome d’Israël se dotent d’un système de défense très puissant. Certaines se préparent à soutenir de longs sièges et se transforment en garnisons. Jéroboam 1er fait d’ailleurs détruire le fort de Rama pour utiliser ses pierres afin de renforcer les enceintes de Gibea et de Mizpa. Il fonde deux Sanctuaires – l’un au Nord, et l’autre au Sud de sa contrée – vénérant les déités païennes Dal et Béthel sous la forme de veaux d’or. Il considère ces derniers, non pas comme des idoles, mais comme deux des multiples images du Dieu Unique. Il désigne ces sites comme lieux de pèlerinage afin de détourner son peuple du Temple de Jérusalem. Puis, il consulte le Prophète Alchigah de Silo, qui lui annonce qu’YHWH est sur le point de lui bâtir une solide maison.
Car, des Prophètes comme Alchigah – et ses successeurs – sont des personnages inspirés par Dieu et formés dans des « Ecoles de Prophètes ». Ils se veulent les héritiers de Moïse. Ils sont tous de grands orateurs, dont les disciples retranscrivent leurs discours. Ils se moquent des frontières et des autorités, dénoncent sans hésiter les souverains qui ne vont pas dans le sens de la volonté de l’Eternel. Ils prônent, parfois au péril de leur vie, le respect absolu de l’Alliance conclue au Sinaï entre Israël et YHWH. Et ils réclament l’avènement du justice sociale.
Pourtant, au cours du règne de Jéroboam Ier, la province d’Israël demeure dans une grande instabilité politique. Un mouvement prophétique, mis en place par Elie, voit le jour. Celui-ci se répand et entreprend de lutter contre Jéroboam. Il défend avec rigueur les préceptes de Yahvé. Il se bat pour rétablir dans le pays le culte du Dieu Unique et juste pour toutes les nations. Mais, malheureusement, pendant longtemps, son discours n’est guère entendu.
Lorsque Jéroboam Ier meurt, c’est son fils, Nadab, qui lui succède. Aussitôt, celui-ci doit faire face à toute une série de rebellions. Il est également obligé d’affronter un certain nombre d’ennemis extérieurs aux visées expansionnistes ; tels que les Araméens de Syrie. Il s’attire peu à peu les foudres de ses sujets en ne réussissant pas à endiguer les effets de la crise. Ils lui deviennent carrément hostiles quand ils découvrent avec stupeur que leur roi a décidé d’abandonner le culte de Yahvé pour adopter la religion Phénicienne. Ils n’acceptent pas que leur souverain s’adonne aux orgies honorant le dieu bovin Baal. Ils se mettent à gronder contre la cour quand ils comprennent qu’elle aussi – de même qu’une fraction de la population israélite – s’est rangée aux cotés du roi et est désormais devenue idolâtre. Et ils laissent éclater leur colère lorsqu’ils réalisent que l’épouse de Nadab – Jézabel la tyrienne – entretient 450 Prophètes de Baal, d’Astarté et de Milcom, à sa table, et qu’elle fait exterminer par centaines les Prophètes de YHWH.
Ces innovations permettent donc à Elie à rassembler enfin autour de lui une solide opposition au régime. Grâce à ces nouveaux soutiens, il peut en effet bientôt s’exprimer avec force au nom de la tradition nationale. Il est capable de discourir en ce qui concerne son souhait de concevoir une société de petits propriétaires libres. Il entre en conflit avec les clercs de Baal. Il se sert des douze Pierres Sacrées qu’il a en sa possession pour ériger un autel consacré à YHWH au sommet du mont Carmel. A cette occasion, il prétend que le Dieu d’Israël n’a pas la même physionomie que le dieu de Tyr. Il s’attire la haine des ecclésiastes officiels en disant que YHWH va sous peu se venger de l’affront qui lui a été fait : « Malheur à ceux qui ne désirent pas le jour de YHWH ; à quoi bon pour vous le jour de YHWH. Car, pour vous, il est Ténèbres et non Lumière. » ; « Le jour où Dieu viendra anéantir ses ennemis, il les trouvera d’abord dans son propre peuple ; et ceux qui attendent de ce jour un triomphe, y recevront en réalité leur châtiment : ce sera un jour de ténèbres. Le Soleil se couchera en plein Midi, et la terre s’obscurcira. ».
De fait, vers 900 avant J.C., Elie assiste à l’assassinat de Nadab par son conseiller privé Bassa.
Mais, 25 ans plus tard – en 876 avant notre Ere -, le fils de Bassa est à son tour détrôné par un prince nommé Omri. Omri parvient alors à repousser une armée araméenne tentant une incursion en Israël, en s’alliant momentanément avec le royaume de Juda. Il réussit ensuite à rétablir la prospérité commerciale en concluant la paix avec son voisin. Il favorise une politique d’entente avec Tyr, tout en accentuant son pouvoir despotique. Il établit sa capitale dans la cité de Samarie. De son coté, Elie prend la défense des plus pauvres – et des plus opprimés – d’Israël ; jusqu'à ce que Jéhu renverse le petit-fils d’Omri en 842 avant J.C. Puis, Jéhu et sa maison réussissent à gouverner le pays à peu près tranquillement jusqu’au long règne de Jéroboam II.
Car, après Jéroboam II, en 781 avant notre Ere, c’est Ozias qui accède au trône d’Israël. Or, Ozias transgresse encore davantage les Lois de Dieu que ses prédécesseurs : un jour, il décide de s’asseoir devant la porte Nord de sa métropole pour invoquer des Esprits afin qu’ils lui accordent la paix et la prospérité. Un autre jour, il exige de pouvoir pénétrer dans le Temple de sa cité pour brûler de l’encens sur l’autel dédié à Yahvé. A ce moment là, le Grand Prêtre Ezeria et ses assistants se précipitent sur lui pour tenter de le dissuader de commettre un sacrilège. Le souverain ne veut rien entendre. Il implore des déités païennes devant eux. Tandis que quelques heures plus tard, Dieu punit le souverain inique en faisant de lui en lépreux. Et Ozias meurt d’ailleurs de son mal à six mois de là.
Après le décès d’Ozias, les usurpations de pouvoir et les meurtres se multiplient de nouveau. L’Assyrie de Teglath Phalasar III profite alors de l’affaiblissement du territoire d’Israël pour accentuer ses pressions sur lui. Le fils d’Ozias, Menakhem, est obligé de payer tribut à Teglath Phalasar III. Son successeur, Peyakkah, est assassiné à la suite d’un complot anti assyrien. Le tyran Peqakh essaie de former une ligue contre Assur en appelant les Araméens de Damas, et en tentant de persuader le royaume de Juda, à ses cotés. Mais la puissance d’Assur est désormais trop grande. Israël doit donc vite se soumettre une seconde fois à son vainqueur. Teglath Phalasar III transforme la partie la plus riche et la plus vaste du territoire conquis en province Assyrienne. Il l’appauvrit en lui faisant perdre son accès à la mer Rouge et aux routes commerciales le reliant à l’Orient et à l’Occident. Puis, une dizaines d’années plus tard, c’est le fils de Teglath Phalasar III, Sargon II, qui accède au trône d’Assyrie. Celui-ci achève l’œuvre de son père en investissant la capitale d’Israël, Samarie en 722 avant J.C. Et il déporte une grande parie de la population de la cité en haute Mésopotamie et en Médie.
Malgré tout, avec l’aide de l’Egypte, Samarie tente une dernière fois de se soulever contre l’envahisseur. Malheureusement, la riposte de Sargon II ne se fait pas attendre : il la fait prendre par ses troupes. Il établit des colons à la place des citadins qui y habitaient toujours. Ces derniers sont obligés de se mêler aux derniers restes d’Israël partis en exil. Et, désespérés, ils se transforment en hommes et en femmes idolâtres, ayant perdus tous leurs repères : les Samaritains ; tandis que les nouveaux occupants adoptent progressivement la religion Juive.
06 mars 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 270 - 276
Dès lors, Moïse et son peuple quittent les pentes du Sinaï. Ils se mettent tout d’abord à marcher durant trois jours d’affilée. A l’issue de cette période, ils établissent un campement au milieu du désert. Les Clercs Lévites surveillent étroitement le périmètre au centre duquel est déposé l’Arche. Et, peu après, ils reprennent leur voyage : « Quand l’Arche se mettait en route, Moïse disait : « Lève toi, Eternel, et que tes ennemis soient dispersés, que ceux qui te haïssent fuient ta face. ». Et lorsqu’on la posait, il disait : « Reviens, Eternel, aux milliers de myriades d’Israël. ».
Or, au fur et à mesure de son Exode, le peuple d’Israël se rend compte que sa Relique est pourvue d’une force mystérieuse et terrible. Parfois en effet, celle-ci s’oppose soudainement à la gravitation en se soulevant de terre ; elle soulage ainsi ses porteurs de son poids accablant. De temps en temps, elle se met à bondir spontanément. Un jour même, elle entraîne des prêtres tentant de la soulever en l’air, puis les rejette sur le sol à maintes reprises. Un autre jour, elle émet une sorte de plainte, des étincelles enflammées, et finit par tuer accidentellement les gens qui essayent de l’approcher. Et, à un moment donné, alors que les deux fils d’Aaron tentent de déposer des offrandes devant elle, elle les tue. C’est pourquoi l’Eternel dit peu après à Moïse : « Parle à ton frère Aaron afin qu’il ne vienne pas tout le temps aux abords du propriatoire qui est sur l’Arche ; car je ne veux pas qu’il meure. ». Puis : « Lorsque vous verrez l’Arche d’Alliance de l’Eternel votre Dieu portée par des sacrificateurs, vous partirez du lieu où vous êtes. Vous vous mettrez en marche. Et il y aura ainsi entre vous et elle une distance d’environ 2000 coudées. A ce moment là seulement, j’apparaîtrais au centre de la nuée qui est sur le propriatoire. ».
Après 40 ans de déambulations dans le désert et la mort de Moïse sur le mont Nébo, c’est Josué qui dirige désormais le peuple d’Israël. Celui-ci lui fait quitter la steppe sablonneuse. Il le dirige vers Horma, le pays de Moab, et le pays de Galaad. Il le fait approcher de Qadesh. Il envoie des espions explorer le territoire qui s’étend devant lui. Il lui fait prendre le chemin de l’Est ; lui faisant ainsi contourner la palestine par les contrées Edamite et Moabite. Il désigne certains de ses compagnons pour qu’ils s’établissent en Transjordanie. Et, enfin, il demande à ceux qui sont restés avec lui, de traverser le Jourdain par le site de Guilgal. Il est alors dit :
« Josué parla aux sacrificateurs : « Prenez l’Arche d’Alliance et passez devant le peuple. ». Le peuple sortit donc de ses tentes pour enjamber le Jourdain ; et les sacrificateurs qui portaient l’Arche d’Alliance marchèrent devant le peuple. Quand ils furent arrivé devant le Jourdain et que leurs pieds se furent mouillés au bord de l’eau, les eaux qui descendent d’en haut s’arrêtèrent et s’élevèrent à une très grande distance ; celles qui descendaient vers la mer furent complètement coupées. Ceux qui portaient l’Arche se retrouvèrent à pied ferme et au sec au milieu du Jourdain, pendant que tout Israël passait au sec. Les eaux du Jourdain retournèrent ensuite à leur place et se répandirent comme auparavant sur tous ses bords. Et Josué dit alors : « L’Eternel votre Dieu a mis à sec devant vous les eaux du Jourdain jusqu'à ce que vous soyez passé. ». ». C’est pourquoi le peuple est frappé de stupeur et stimulé : il comprend que son Dieu le protège et que sa victoire est assurée.
Quelques heures plus tard : « Comme la nation d’Israël achevait de passer le Jourdain, Yahvé parla à Josué en ces termes : « Choisissez douze hommes parmi le peuple, un homme par tribu, et donnez leur l’ordre d’aller au milieu du Jourdain, là où les pieds des prêtres se sont arrêtés. Dites leur de récupérer douze pierres, que vous emporterez pour les déposer dans le gîte où vous passerez la nuit. ». ». Et : « Ils emportèrent les douze pierres du milieu du Jourdain, et ils les firent passer avec eux. ».
Josué permet ensuite à son peuple de pénétrer en Terre Promise. Il les conduit devant Jéricho – la cité maîtrise la métallurgie -, qu’il désire assiéger. Pénétré de l’Esprit Saint de YHWH, il ordonne que l’Arche d’Alliance soit placée au centre du camp d’Israël. Il porte ensuite une attention toue particulière aux présages qu’elle lui révèle ; et il a recours à l’ordalie au moment où il doit sélectionner les hommes qu’il veut faire partir au combat. Il fait également appel à des poétesses inspirées pour exciter l’ardeur de ces derniers, mais exige d’elles qu’elles s’abstiennent de relations sexuelles. Il demande encore au clergé Lévite d’accomplir des Rites Propriatoires afin d’interroger Dieu sur le procédé qu’il doit employer pour venir à bout de la résistance de la cité. Et Dieu révèle donc bientôt à Josué qu’il devra mobiliser ses clercs pour transporter la relique autour des remparts de la ville ; que ceux-ci auront pour obligation de la déplacer durant sept jours ininterrompus, au son des trompettes d’Osée. Et qu’au soir du septième jour, les murailles de Jéricho finiront alors par s’écrouler : « Josué rassembla son peuple pour la bataille ; et les prêtres se tinrent debout en portant l’Arche autour des remparts de Jéricho. Le septième jour – comme les jours précédents -, ils se levèrent de bon matin. Ils firent sept fois le tour de la ville ; et quand, pour la septième fois, les sacrificateurs sonnèrent des trompettes, Josué dit à son peuple : « Criez, car l’Eternel vous a livré la ville. ». Le peuple poussa des cris et les prêtres sonnèrent des trompettes. Lorsque le peuple entendit le son des trompettes, il poussa de nouveau de grands cris. La muraille s’écroula, le peuple entra, et s’empara de la ville en détruisant tout sur son passage. ».
Une fois Jéricho vaincue, Josué décide de consacrer le butin pris à l’ennemi à YHWH. Or, Dieu lui commande de détruire ses prises de guerre. Il exige uniquement des hymnes et des danses afin de saluer sa victoire.
Puis, Josué et son peuple abandonnent Jéricho derrière eux : « Ils mirent sur un char neuf l’Arche de Dieu et la sortirent de la maison réquisitionnée par Abinabad. Uzza et Ahio, les fils d’Abinabad, conduisaient le char. Uzza marchait à coté de l’Arche de Dieu, et Ahio avançait au-devant de l’Arche. Mais, lorsque les deux frères arrivèrent aux alentours de Nacon, Uzza étendit sa main vers l’Arche de Dieu et la saisit, parce que les bœufs la faisaient pencher dangereusement. La colère de Yahvé s’enflamma aussitôt contre Uzza, et Dieu le frappa sur place. Uzza mourut là, près de l’Arche de Dieu. ».
A la suite de cet événement dramatique, Josué et ses troupes s’en prennent aux cités avoisinantes d’Hasur et de Megiddo : « Sur les bannières blanches de Josué sont écrits ces mots : « Ecoute, ô Israël, le Seigneur notre Dieu est le Dieu Unique. Il sait que nos adversaires sont aussi nombreux que les grains de sable de la mer, et qu’ils ne font rien d’autre que guerroyer. YHWH dit qu’il n’est pas bon pour des hommes forts de fuir ; qu’il vaut mieux mourir jeune que de fuir ; que notre cœur doit puiser son courage en Dieu ; et que tous ensemble, nous devons crier : « Ecoute, ô Israël, notre Dieu est le Dieu Unique. ». Et alors, tous prendrons garde. ».
Josué mène ainsi l’Arche à 2000 coudées au devant des troupes opposées. La relique émet immédiatement un bruit strident. Elle se soulève de terre pour se jeter sur ses adversaires, qui perdent rapidement l’avantage. Et les soldats profitent de la confusion qu’elle a créée pour les massacrer.
De fait, les deux agglomérations sont totalement anéanties ; de même que leurs Temples et leurs zones sacrificielles. Les recrues de Josué mettent à bas les stèles de pierre et les poteaux de bois y représentant le dieu barbu qui y était vénéré. Elles font subir le même sort aux villes de Giolgash, Gaza, Ascalon, Aï, Gabaon, Hazor, Séphélah, Aphèq, Azoth, Gath, Ekron, Betshmesh, Qiryath et Yearim. Et à chaque fois, elles demandent aux Initiés savant manipuler l’Arche sans dangers, de les aider. Bientôt, des couches inférieures des populations habitant les parages – et victimes des régimes oppresseurs des petits rois de Canaan – se rallient à elles. En leur compagnie, elles ruinent nombre de Cités-Etats. Elles les confédèrent sous leur bannière. Elles prennent Sichem. Puis, finalement, elles laissent Josué gouverner les territoires qu’elles ont conquis des deux cotés du Jourdain.
Mais, Josué offre à chaque tribu hébraïque un fragment du pays de Canaan. Il délimite avec précision le territoire de chacune ; en fixe le cadastre afin qu’elles puissent vite devenir des populations d’agriculteurs sédentaires. Il explique que la tribu des Lévites, elle, ne doit pas en recevoir, car ses membres doivent désormais exclusivement se consacrer à la prêtrise, et que ceux-ci vont être rétribués par une dîme prélevée sur les récoltes. Or : « Certains Jébuséens – du clan de Benjamin – restèrent avec Josué ; d’autres se rendirent en Grèce, au cœur du Péloponnèse, où ils s’unirent à la famille royale qui régnait à cette endroit. Tandis que ceux qui s’installèrent en Israël héritèrent de Céléha, d’Eleph, de Jérusalem – ou « Jébusée », de Gibat, et de Qiryat, sans compter les quatorze villages proches. ». Puis, Josué organise la vie religieuse et politique de son nouveau pays en confiant son gouvernement à des assemblées d’Anciens, élus.
Mais, à sa mort, l’anarchie, aussi bien morale, que religieuse et politique, s’installe. Les tribus de Canaan se divisent en plusieurs groupes : par exemple, les Jébuséens de Jérusalem et du mont Sion entourent leur ville d’un rempart infranchissable afin que les gens de l’extérieur ne puissent pas y entrer. L’influence des dieux étrangers se fait vite sentir un peu partout en Israël. Quelques chefs, se désignant eux mêmes par le titre de « Juges » - Samuel, Saul, Gidéon, Nathan ou Gad – essayent de redresser la situation à leur profit. Et ils, tentent, tant bien que mal, de ramener les Hébreux vers le culte voué à Yahvé.
Malgré tout, ces Juges dérogent vite aux Lois Religieuses qu’ils essayent d’instaurer à leur peuple : Samuel – qui est à la fois thaumaturge et devin -, vénère Siloé et abolit les célébrations concernant Baal, à Silo. Il préside également de grandes assemblées sacrificielles et nécromantiques – des « Zebakh » -, devant des autels et des monolithes de pierres. Il désigne encore des Sages appartenant au Sanctuaire de Guibeah, souvent en proie à des crises d’extase contagieuses, comme ecclésiastes. Il confie d’ailleurs leur Initiation à ses propres dogmes à un Grand Prêtre – un « Père » - d’origine Egyptienne, et nommé Eli. C’est alors ce dernier qui anime la résistance nationale contre les Philistins durant 40 ans. Un autre Juge, Saul, profite des dissensions entre clans pour outrepasser ses fonctions : il sacrifie un individu appelé Guilgal au cœur des tertres artificiels d’Hasur en se prétendant pénétré de l’Esprit de YHWH. Et il en profite pour renforcer son autorité en créant un embryon d’armée permanente. Un troisième Juge, Gidéon, lui, se retrouve contraint de lutter contre des Cités-Etats situées aux frontières de Canaan. Il utilise sont droit de « Shephar » pour procéder à la levée de combattants. Et il établit un Sanctuaire dédié à l’Eternel, puis un autel « d’Ophrah » au cœur de la cité Gahaon. Un quatrième, Jephté, prend la tète des gens de Galaad pour lutter contre les Ammonites, jure de sacrifier à Dieu la première personne qu’il croisera après sa victoire. C’est sa fille qui vient à sa rencontre, et il est obligé d’accomplir son vœu.
Mais, progressivement, Israël se met à réclamer un souverain ayant une légitimité aussi forte que ceux des contrées voisines. En effet, il désire un homme ayant privilège de vie ou de mort sur ses sujets, capable d’affronter seul les ennemis de la nation. Dès lors, et après avoir pesé le pour et le contre à Rama pendant un an, Samuel et Gidéon sont sommés par Dieu de désigner un monarque. A Mizpa, ils proposent une Constitution unique. Ils nomment un roi issu de la tribu de Benjamin, ayant une totale prérogative sur tout Israël : Saul ; et, enfin, ils lui offrent le titre de « Messie ».
Immédiatement, Saul enrôle des mercenaires, construit des forteresses, puis remporte quelques victoires sur les Philistins et sur les Amorrites. Il s’attire ensuite les foudres de Dieu en refusant d’appliquer la totalité de ses commandements. Celui-ci le punit en le rendant sujet à de brusques accès de mélancolie. Et, bientôt, il ne répond plus aux espoirs placés en lui : les Philistins le vainquent à plusieurs reprises, même si l’Arche d’Alliance est placée au milieu de ses armées. Bientôt, les Philistins entrent une fois encore en campagne dans les environs d’Eben Heazer, capturent la relique après une sortie désastreuse de la part de Saul et de ses troupes. Et ils privent ainsi Israël de la matérialisation de la puissance de son Dieu :
« Les Philistins s’étaient donc emparés de l’Arche du Seigneur, et ils la transportèrent d’Eben Heazer à Azoth. Là, ils prirent l’Arche du Seigneur, l’amenèrent dans le Temple de Dagon, et la placèrent à coté de cette idole. Mais, le lendemain, lorsque les gens d’Azoth se levèrent, ils virent Dagon étendu sur la face, à terre devant l’Arche de l’Eternel. Ils la remirent à sa place. Pourtant, le matin du jour suivant, voilà que Dagon gisait encore à terre devant l’Arche de l’Eternel. On voyait sur le seuil sa tète et ses deux mains coupées ; le tronc seul était resté intact. C’est pourquoi les prêtres de Dagon, ni aucun de ceux qui entrent dans le Temple de ce dieu, à Azoth, n’en foulent le seuil aujourd’hui encore.
Puis, la main de l’Eternel s’appesantit sur les gens d’Azoth, et il sévit contre eux ; et il mit la désolation parmi eux. Il les frappa de tumeurs et les affligea d’hémorroïdes, tant à Azoth que dans le territoire voisin. Ce que fit réagir les gens d’Azoth ; ils dirent donc : « L’Arche du Dieu d’Israël ne peut rester au milieu de nous, car elle nous fait sentir trop durement sa puissance, à nous et à notre dieu Dagon. ». Ils mandèrent alors et convoquèrent chez eux tous les princes Philistins, et leur dirent : « Que ferons-nous de l’Arche du Dieu d’ Israël ? ». Ceux-ci répondirent : « Que l’Arche du Dieu d’Israël soit transportée à Gath. ».
Et l’on y emmena l’Arche Sainte. Mais, après sa translation, la main de l’Eternel sévit sur la ville, y produisant un très grand trouble. Il y frappa tous les habitants, du plus petit au plus grand, par une éruption secrète de tumeurs et d’hémorroïdes. Ils envoyèrent l’Arche Divine à Ekron. Mais, quand elle y fut arrivée, ses habitants jetèrent aussi des cris et dirent : « On a transporté chez nous l’Arche du Dieu d’Israël, pour nous faire périr, nous et les nôtres. ». Et ils envoyèrent convoquer tous les princes Philistins et leur dirent : « Un désarroi mortel règne dans toute la ville ; la main de Dieu s’y fait lourdement sentir. Ceux qui ne meurent pas sont atteints d’hémorroïdes, et les gémissements de la ville s’élèvent jusqu’aux cieux. ». ».
Ces événements n’empêchent pourtant pas les Philistins d’accentuer leur pression. Ils investissent plusieurs régions de Palestine qui ne sont pas encore tombées sous leur coupe. Ils interdisent aux populations qui y habitent, de fabriquer des armes. Dans le même temps, Saul est écarté du gouvernement d’Israël par son écuyer, David – un descendant direct de Jessé. Celui-ci reçoit en effet en secret l’onction le désignant souveraine sous l’égide de Dieu. David devient par ailleurs le seul à pouvoir calmer les accès de mélancolie de Saul en jouant de la harpe, puis en chantant des poèmes pour lui. A un moment donné, sans cuirasse, il défie Goliath, le géant champion des Philistins, et le tue. Il acquiert ainsi une très grande popularité, mais attire aussi la jalousie de Saul, dont il obtient pourtant la fille, Mikal, en mariage, puis un fils, Adoniah. Il est ensuite contraint à s’enfuir dans le désert. Il se réfugie non loin de la petite ville de Bethléem et de la grande cité Philistine d’Akish. Il se souvient qu’une partie de sa famille est vassale de cette dernière, et est accueillie chez elle pendant plusieurs années. Et ce n’est qu’à l’issue de cette période qu’il apprend que Saul a été vaincu par ses adversaires à la bataille de Guelbé, et qu’il a préféré se suicider pour ne pas à avoir faire face à sa déchéance.
Dès lors, tandis que le cadavre de Saul est décapité et exposé en haut des murailles de Beath Shea, David revient en Israël à la tète de troupes de Philistins. Il entre à Hébron. Il réussit à se débarrasser des ultimes partisans et des héritiers de Saul. Il s’accapare le symbole de la souveraineté légitime du souverain sur son royaume : l’épée nommée « Mémoire de Sang ». Il est proclamé monarque d’Israël. Puis, il réussit tant bien que mal à fédérer autour de lui les noyaux hébraïques disséminés dans le Sud de la palestine.
David affermit ensuite encore plus sa position auprès de ses sujets en réussissant à rapidement stopper les exactions des Benjamites ; ceux-ci enlèvent en effet parfois des filles de Silo, vont danser avec elles dans les vignes lors de la fête annuelle de YHWH, et y pratiquent des cultes orgiaques. David présente leur anéantissement comme un châtiment de leurs méfaits, mais aussi comme l’accomplissement d’une Prophétie annonçant que YHWH est le plus fort : « Et David consulta l’Eternel. Et Phinéhas, fils d’Eléazar, fils d’Aaron, lui dit : « Dois t’il encore marcher contre les fils de Benjamin, mon Père, ou dois t’il s’abstenir ? ». Et l’Eternel lui répondit : « Dis lui de monter, car demain, je les lui livrerais entre ses mains. ».
David impose également des institutions plus fortes et plus efficaces. Il réglemente l’administration du pays en désignant des conseillers, un chancelier, et un général en chef – Joab. Il appelle des mercenaires Crétois afin d’assurer sa garde personnelle. Il s’octroie d’immenses domaines lui fournissant du bétail, des céréales, de l’huile d’olive, ainsi que des redevances foncières. Il confie également à Melchisédech la défense des Traditions indigènes lentement assimilées par la religion Israélite. Il lui transmet les écrits Kabbalistiques et les ouvrages traitant des Sciences Sacrées des Grands Initiés d’antan. Il admet au sein des Rites, la pratique de la circoncision, pourtant d’origine Egyptienne. Il organise le culte, codifie ses prières et ses cérémonies avec l’aide des Grands Prêtres Abiathar et Zadok. Il s’allie aux Prophètes Nathan et Gad pour présider des holocaustes destinés à protéger Israël des différents dangers qui le menacent. Puis, il implore régulièrement Yahvé de le seconder dans les épreuves qu’il doit surmonter : « David et toute la maison d’Israël élevèrent leurs mains en criant et, au son des trompettes, ils jouèrent devant l’Eternel de toutes sortes d’instruments de bois de cyprès : des harpes, des luths, des tambourins, des cornets et des cymbales. Et ils dansèrent devant le Seigneur de toutes leurs forces, sautant et dansant devant le Seigneur. ».
Puis, David se retourne contre les Philistins. Il a d’abord quelques difficultés parce que ceux-ci défont son champion, dont la force réside dans sa chevelure, et trahi par sa concubine Dalila qui lui coupe les cheveux et le livre à ses ennemis : « Les Philistins se saisirent de Sanson le Renard. Ils lui crevèrent les yeux et l’emmenèrent à Gaza. Ils l’enchaînèrent avec une double chaîne d’airain pour qu’il puisse tourner la meule de sa prison. Les princes Philistins se réunirent ensuite, et s’écrièrent : « Faites venir Sanson pour qu’il nous amuse. ». On fit donc venir Sanson de la prison, et on le plaça debout entre des colonnes. L’édifice était rempli d’hommes et de femmes, au nombre de trois mille. Sanson tata les deux colonnes du milieu, sur lesquelles il reposait. Il s’arque bouta contre elles, et s’écria : « Que je périsse avec les Philistins. ». Il les poussa de toutes ses forces, et l’édifice s’écroula sur les princes et sur le peuple ; ceux qu’il tua furent plus nombreux que ceux qu’il avait fait mourir durant toute sa vie. ».
Mais, finalement, David réussit à repousser les Philistins vers leurs villes côtières. Il annihile en quelques mois leur domination politique en Palestine, leur reprend l’Arche d’Alliance, danse u jour et une nuit entiers devant elle : « Après avoir été rendue aux Hébreux, l’Arche de l’Eternel fut transportée dans la maison d’un prêtre consacré. ». David réduit enfin ses ennemis dans leurs derniers refuges ; et il fait en sorte que ceux-ci soient progressivement absorbés par les populations sémitiques environnantes.
C’est alors que David, qui est marié à Mikal et à Abigaïl, est séduit par Bethsabée ; l’épouse de l’un de ses généraux. Il commet l’adultère avec elle. Il s’arrange pour faire placer Urie, le mari de sa maîtresse, en première ligne au cours de son dernier affrontement avec les Philistins. Celui-ci meurt inopinément. Mais, peu après, le Prophète Nathan lui annonce sa punition décidée par Dieu : la mort s’abattra sur le premier-né du couple ; ce qui advient. Tandis qu’il a bientôt un second fils de Bethsabée : Salomon.
David ayant désormais réunifié Israël sous sa bannière et vaincu définitivement les Philistins, tourne ses ambitions vers Jérusalem. Car il s’agit là l’ultime enclave Jébuséenne indépendante à l’intérieur de son pays. Il l’expurge rapidement de ses occupants après que la peste s’y soit déclarée. Il effectue un sacrifice sur l’aire d’Ararah, déclare que ce fléau a été envoyé par Dieu dans la ville, afin de la punir de sa rébellion contre lui. Or, un peu plus tard : « David eut peur de l’Eternel et se demanda : « Comment l’Arche de Dieu entrerait t’elle chez moi si elle ne le désire pas ? ». Il comprit qu’il ne pouvait conduire l’Arche de l’Eternel avec lui au cœur de Jérusalem. ». Puis : « J’avais l’intention de construire une maison de repos pour l’Arche d’Alliance de l’Eternel, et je me préparais à cela. Mais Dieu m’a dit : « Tu ne bâtiras point de maison en mon nom, car tu es un homme de guerre. Salomon, ton fils, érigera ma maison. ». ».
Déçu, David décide alors de conserver à la ville l’aspect qu’elle a eue avant sa victoire sur les Jébuséens. Il se contente de reconstruire les monuments qui ont été détruits pendant la guerre. Il lui donne le titre de capitale et de « Ville du Messie, couronne, trône d’Israël, et Cité Elue ». Et il réalise que Jérusalem est destinée à jouer un rôle important dans l’avenir de son peuple ; c’est pour cette raison qu’il en fait le centre spirituel de l’ensemble de la nation Hébraïque.
Et enfin, au terme de son règne, David est obligé de fuir momentanément Jérusalem. En effet, son fils Adoniah entre en révolte ouverte contre lui. David réussit pourtant à renverser la situation. Il envoie son général Joab à sa poursuite, et le tue malgré les ordres de David. David profite ensuite de l’affaiblissement des Empires Egyptien et Assyrien pour se lancer dans une série d’opérations militaires contre les petits royaumes indépendants de Liba, de Monb, d’Aram et d’Edom. Il atteint la mer Rouge, maîtrise la route commerciale reliant l’Orient, l’Arabie et l’Afrique de l’Est. Il s’approprie les gisements de cuivre de la région d’Aqaba. Et c’est ainsi qu’il donne naissance à un véritable Empire au centre duquel les richesses affluent sans cesse. Ce qui permet à un scribe d’écrire : « Tous les rois de la terre dépendent de YHWH, mais c’est le roi d’Israël qui est le favori, l’Elu de Dieu. Et de même que YHWH commande l’Univers entier, de même, le Roi, son représentant terrestre, règne en droit jusqu’aux extrémités de la terre. ». Et plus loin : « J’ai conclu une Alliance avec mon Elu. J’ai fait le serment à mon Serviteur. J’établis pour toujours ta postérité, et, pour toutes les générations à venir, j’édifie ton trône. ».
A la mort de David, les conflits entre tribus israélites reprennent malgré tout de plus belle ; même les prêtres prennent part à la querelle et s’opposent les uns aux autres. En effet, le clerc Abathiel – un des descendants des adorateurs de Siloé – soutien le clan d’Adoniah. Melchisédech, lui – qui se prétend roi de Salem et ministre du Dieu très haut -, se range aux cotés de Salomon. Mais, bientôt, c’est Salomon qui réussit à imposer sa volonté aux autres princes Hébreux, et qui se fait reconnaître par elles comme roi d’Israël.
05 mars 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 265 - 270
En 1468 avant J.C., le Pharaon Thoutmosis III entreprend une nouvelle série de campagnes contre la palestine ; car celle-ci s’est rebellée contre son autorité. Il détruit totalement Megiddo après sept mois de siège. A la suite de cela, nombre de tribus Nabatéennes et Araméennes se mettent à fuir la région. Celles-ci suivent dès lors les courants migratoires palestiniens partant dans toutes les directions. Et plusieurs clans, dirigés par des chefs comme Sem, Cham et Japhet, les mènent, soit à Sumer, soit en Chaldée, soit à Canaan.
De fait, lorsque le fils de Sem – Abraham – naît, son père habite Sumer. Pendant toute sa jeunesse, celui-ci vit donc avec lui au centre du territoire sous contrôle sumérien. Il apprend la science Chaldéenne. Il s’intéresse à l’écriture cunéiforme qui est en train de se diffuser un peu partout en Asie inférieure. Il est Initié aux « Mystères du Graal », découvre le culte Lunaire et la religion Solaire Mésopotamienne, qui dit entre autres ceci : « Nos Ancêtres venaient d’au-delà de l’Euphrate, et servaient des Dieux étrangers. ». Alors qu’il est devenu adulte, il se marie avec Sara. Et il lui inculque les mœurs patriarcales de ses aïeux.
A cette date, comme la plupart des autres nomades, Abraham croit en le « Dieu des Pères ». Il pense que celui-ci se distingue de toutes les autres divinités, mais il ne conteste pas leur existence. En fait, il rapproche le Dieu des Pères des autres déités parce qu’il apaise le tumulte des mers, le grondement des peuples, parce qu’il inonde la terre et l’enrichit, aidant ainsi les hommes à préparer le froment qui les nourrit. Pour lui, il est surtout la puissance suprême qui a créé l’Univers, la terre, le Ciel et les Hommes ; il assure l’équilibre des Forces Cosmiques.
Abraham adhère également à la pratique de la magie et des opérations divinatoires. Par l’intermédiaire de Sorciers vivant au sommet des Monts de la victoire, il prie des totems. Il suppose que certaines espèces animales sont d’origine chtonienne ou infernale. Il est convaincu que les possédés sont capables de propager des formules incantatoires qui peuvent être traduites par des spécialistes des oracles. Il utilise parfois des sortilèges, a confiance dans les pouvoirs des talismans. Il a fréquemment recours à des rites bénéfiques ou maléfiques. Il imagine que des Démons reptiliens appelés par leurs noms – tels Orphoel, Zachariel, Samael, Sabaoth, Michaïl, Anael ou Raphali – sont alors obligés de lui obéir. Il considère que ces méchants Génies sont capables de revêtir des formes bestiales, et d’effrayer l’homme par de hideuses apparitions. Il peuple enfin l’Univers de tout un tas d’Anges et d’Esprits terrifiants aptes à commander les phénomènes atmosphériques, les pluies et le vent ; comme il accepte que les défunts vivent au sein du Shéol, et qu’ils continuent à suivre le sort de leur descendance.
Mais, un jour, alors qu’il atteint sa quarantième année, Abraham reçoit l’ordre du Dieu des Pères de quitter la mésopotamie en compagnie de Sara et de Lot, le fils de son frère. Abraham et sa famille quittent donc Our. Ils se dirigent vers le pays de Canaan, menant une vie d’errance tout en s’imprégnant des cultures locales qu’ils rencontrent sur leur route. En chemin Abraham reçoit la promesse du Dieu des Pères d’avoir un enfant. Or, Sara est stérile. Le Dieu lui dit alors de s’unir à une autre femme. Sara choisit pour lui sa servante Agar. Agar engendre bientôt un fils, Ismaël. Peu de temps après, miraculeusement, Sara met à son tour au monde un enfant : Isaac. Et Abraham abandonne aussitôt Ismaël dans le désert.
Puis, Abraham et son clan s’installent pour un temps à Sodome. Il s’y fait circoncire, oblige les siens à en faire de même. Il est prévenu que la cité va être détruite afin de la laver des péchés qui la souillent. Il essaye de négocier avec Dieu pour obtenir sa grâce. Et l’Eternel lui accorde la sauvegarde de son neveu, Lot, de la famille de ce dernier, avant que le Cataclysme ne se déclenche. Or, malgré la mise en garde d’Abraham, en s’enfuyant la femme de Lot ne peut s’empêcher de regarder une dernière fois Sodome ; et elle est alors changée en statue de sel.
Dès lors, Abraham et ses compagnons reprennent leur marche. Tout le long du voyage vers Canaan, Dieu leur inflige de multiples épreuves : il veut éprouver leur soumission envers lui. Il oblige même Abraham à sacrifier son fils Isaac pour lui montrer qu’il lui est totalement dévoué. Mais Dieu arrête son geste au dernier moment, et lui accorde d’immoler un mouton à la place. Et, finalement, ils entrent en pays de Canaan
Lorsqu’Abraham s’installe en terre de Canaan, Isaac a déjà deux fils : Jacob et Esaü. Arrivé là, Jacob – qui est u jeune homme - épouse une dénommée Léa. Il se met à élever des bœufs, des moutons, des chèvres et des ânes. Il fore un puits, construit des citernes et les défend contre les populations voisines. A plusieurs mois de là, il se rend dans le désert. Il est soudainement obligé de se battre une nuit entière contre un Etre mystérieux. Au matin, épuisé, il s’endort. Dans un rêve, il obtient du Dieu des Pères – de la même manière qu’Abraham -, l’assurance d’avoir un descendant. Il change son nom et prend celui « d’Israël » ; ce qui veut dire : « Il a été fort contre Dieu ». Il répudie Léa puisqu’il n’a pas eu d’enfant avec elle. Puis, il se marie avec Rachel. Et Rachel lui donne bientôt douze fils.
En 25 ans, tous les fils de Jacob sont devenus adultes. Mais leur père et leur mère morts, ils sombrent rapidement dans la misère. La discorde règne, car la plupart sont jaloux de leur frère Joseph, qui, avec Benjamin, a été le préféré de leur père. Et ils vendent Joseph à des marchands d’esclaves de passage, et sur le point de partir pour l’Egypte.
C’est ainsi que Joseph est contraint de quitter Canaan pour suivre ses débiteurs. Il s’arrête quelques temps avec eux non loin de la vallée du Hénon : un lieu souillé par des sacrifices humains effectués en l’honneur de Moloch, mais aussi une décharge publique détestable et puante. Il parvient finalement en Egypte. Il profite de circonstances favorables pour échapper à ses négociants. Il se réfugie dans la capitale Egyptienne. Il conquiert les faveurs de Pharaon en utilisant les dons de Divination que son Dieu lui a donné. Il prédit en effet au roi que les sept vaches maigres qu’il a vu avaler sept vaches grasses en rêve, annoncent sept années de famine succédant à sept années de prospérité. Il évite une famine catastrophique à l’Egypte. Il atteint vite une position élevée au sein de la hiérarchie en devenant vizir. Il pardonne à ses frères, venus acheter du grain, de l’avoir cédé pour de l’argent. Il les installe et partagent avec lui les faveurs du Pharaon. Et pendant 17 ans, ces derniers y engendrent un nouveau groupe hébraïque très hétérogène.
Au moment où Joseph décède, ses enfants – n’oubliant pas la terre sur laquelle celui-ci est venu au monde, font embaumer son corps. Puis, ils l’expédient en Chaldée. Ils l’ensevelissent non loin de la cité de Sumer, auprès d’Abraham, d’Isaac et de leurs épouses.
Malheureusement, dès lors, la politique égyptienne change à leur égard : un nouveau Pharaon qui n’a pas connu Joseph, voit d’un mauvais œil la multiplication des Hébreux dans son pays. Il les persécute, les asservit, leur impose de durs travaux. Israël est bientôt réduit en esclavage. Et celui-ci – alors que jusque-là, il ne s’est soucié que de sa propre croissance -, il se retourne vers Yahvé pour l’aider à se sortir de cette situation.
Vers 1320 avant J.C., des tribus de Khabiros attaquent la cité de Karkish. Elles provoquent ensuite un grand désordre dans les régions alentours. Les agglomérations proches prennent peur et demandent l’aide du Pharaon Aménophis IV – ou, autrement dit : « Akhenaton » pour les aider à repousser leur ennemi. Elles subissent de lourdes destructions : leurs « Quêtes Temples » et leurs nécropoles sont en effet anéantis peu de temps après ; tandis que les cités de Sechem et de Giger tentent de leur faire face.
Or, Giger est bientôt prise par les forces Egyptiennes venues à la rencontre des tribus de Khabiros. Dès lors, l’agglomération perd beaucoup de son importance stratégique. Ses dieux sont considérés comme ayant une influence amoindrie. Mais, malgré tout, leurs Temples Forteresses gardent leurs structures ouvertes sur l’extérieur.
A la fin du XIIIème siècle avant J.C., la palestine est traversée par de nombreux bouleversements : après de longs siècles d’existence, la cité d’Hazor est totalement détruite par le feu. Quelques années plus tard, elle n’est pas capable de résister au déferlement des Peuples de la mer sur son territoire, puis sur tout le Proche-Orient. Les envahisseurs sèment donc le désordre et la ruine partout où ils passent. Seul le Pharaon Ramsès III réussit à les contenir. Il les fait reculer au-delà des frontières de son Empire. Et pour célébrer sa victoire sur eux, il fait sculpter une stèle et l’élève sur les murs du Temple de Medinet Habou.
Parmi ces Peuples de la mer refoulés, certains sont désignés par le terme : « Philistins ». Après avoir essuyé leur échec contre Ramsès III, ces derniers se fixent en Palestine. A la fin du XIIème siècle avant notre Ere, ils s’emparent quelques unes de ses plus anciennes villes côtières. Ils s’enfoncent également plus avant à l’intérieur du pays, y fondant par la même occasion de nouveaux établissements. Puis, finalement, ils conquièrent les dernières villes autonomes qui ont réussi à leur résister jusqu'à présent : Ascalon, Gaza, Gath, Ashod et Ekron.
Les Hébreux sont réduits en esclavage par les Egyptiens depuis plusieurs centaines d’années. Mais depuis plusieurs centaines d’années également, une Prophétie récurrente leur annonce la venue d’un Messie. On leur annonce régulièrement qu’un Sauveur va bientôt abaisser la souveraineté de leurs persécuteurs ; que celui-ci va surpasser tous les hommes en vertu ; qu’il va acquérir un renom universel : « Cet enfant, dont la naissance remplira les Egyptiens d’une telle terreur, échappera à ceux qui veulent le détruire. Il grandira en Sagesse et en Vertu. Il délivrera la race des Hébreux de son esclavage ; et sa mémoire se perpétuera aussi longtemps que durera l’Univers ; non seulement chez les Israélites, mais aussi, chez toutes les nations étrangères. ».
Pourtant, le Pharaon est alarmé par cette Prophétie. Conseillé par son intendant Ieb, il ordonne un jour que tous les enfants mâles Hébreux soient tués et jetés dans le fleuve. Il laisse malgré tout échapper l’un d’eux – un descendant de Lévi nommé Moïse. Le nourrisson est ainsi confié au Nil dans une nacelle d’osier enrobée de goudron. Il est sauvé des eaux par la fille de Pharaon, qui l’adopte aussitôt. Il grandit sous sa protection et est considéré comme fils adoptif – ou « Kher Heb » - de la famille royale. Et il est finalement traité comme l’un des prétendants au trône d’Egypte.
En tant que Kher Heb, et comme les autres enfants de Pharaon, Moïse est Initié aux Sciences Esotériques Egyptiennes pendant toute son adolescence. Les Mages lui font découvrir la théurgie, la nécromancie, la divination, l’arithmétique, la géométrie, la métrique, le rythme et l’harmonie. Ils le conduisent dans plusieurs Temples d’Isis et d’Osiris pour lui montrer les Savoirs Anciens qu’ils se transmettent de génération en génération depuis les temps les plus reculés du Monde. Ils lui font accéder à la philosophie Symbolique, au marquage des Inscriptions Sacrées. Ils lui font apprendre les langues et les Enseignements Assyriens et Chaldéens. Ils lui font ouvrir les yeux sur l’Astrologie et les Arcanes Célestes les plus occultes. Ils lui font approcher les Reliques contenant l’essence des Traditions Enigmatiques. Ils mettent au jour à son intention quelques uns des Secrets les plus terribles de leur Savoir, parmi lesquels la « coudée tellurique ». Ils lui font comprendre que leur empreinte marque de leur sceau l’ensemble des monuments de la vallée du Nil. Ils lui font minutieusement étudier les corpus, les formules et les textes religieux dissimulés à l’intérieur de ceux-ci. Ils l’aident à élaborer des concepts sacramentaux inédit ; ils le soutiennent lorsqu’il se met à rédiger des Livres Hermétiques prodigieux. Et ils finissent par le faire rivaliser d’audace avec les Grands Prêtres d’Amon.
Or, un jour, Moïse est par inadvertance instruit de ses origines Hébraïques. Il apprend que son peuple est depuis longtemps opprimé par les Egyptiens. Curieux, il quitte la cour pour se rendre lui même compte de sa situation. Il découvre que les Israélites, réduits en esclavage, sont sans cesse astreints à un dur labeur. Il perd son sang froid. Il tue un contremaître trop autoritaire à son goût. Et, alors qu’il vient tout juste d’atteindre sa 40ème année, il est obligé de fuir l’Egypte, puis de se réfugier dans le pays de Madian.
Là, après quelques années de dissimulation, Moïse se marie, à un fils. Plusieurs dizaines d’années s’écoulent. Soudain, à un moment où il fait paître le troupeau de moutons de son beau-père dans le désert du Sinaï, il se sent obligé de monter au sommet de la montagne qui surplombe la plaine. Arrivé en haut, l’Eternel se révèle brusquement à lui dans une gerbe de flammes sous le nom de Yahvé ; le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. L’Eternel lui ordonne de retourner en Egypte pour libérer son peuple de la servitude. Il lui demande aussi de le conduire vers la terre Promise. Et Moïse obéit en se dirigeant de nouveau vers l’Egypte alors qu’il a plus de 80 ans.
Parvenu en Egypte, Moïse prend immédiatement la tète de son peuple. Il accomplit de grands prodiges grâce à la puissance Yahvé : il accable le pays par dix plaies qui le ruinent totalement. Il arrache au Pharaon la libération des Hébreux ; il leur fait manger à la hâte du pain sans levain, ainsi que des agneaux sacrifiés dont le sang s’écoulent sur les murs de leurs maisons. Et il les oblige à quitter les rives du Nil la nuit où périssent les premiers nés Egyptiens.
Or, à la suite de cette ultime épreuve, le Pharaon devient fou de rage contre ses anciens esclaves. Le souverain lance ses armées à la poursuite des fuyards. Il prend la route de la mer Rouge. Et, dès lors : « Moïse étendit sa main sur la mer. Et l’Eternel refoula la mer par un vent d’Orient qui souffla avec impétuosité durant toute la nuit. Bientôt, les eaux se fendirent ; l’Eternel mit la mer à sec. Les Enfants d’Israël entrèrent et marchèrent au milieu de la mer à sec ; et les eaux formaient comme une muraille à leur droite et à leur gauche. ». Ensuite : « Moïse étendit sa main sur la mer, et les eaux revinrent et recouvrirent les chars, les cavaliers, et toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer après les Enfants d’Israël ; et il n’en réchappa qu’un seul jeune homme et qu’une seule jeune fille. ».
L’Exode n’est pourtant pas encore terminé ; il est encore long et difficile. Durant leur voyage, les Hébreux sont malgré tout nourris et guidés par Dieu. Il les conduit jusqu’aux abords de la montagne du Sinaï. Arrivés là, Moïse prévient son peuple pour qu’il ne gravisse pas son sommet : « Tu fixeras au peuple des limites tout à l’entour, et tu lui diras : « Gardez vous d’escalader la montagne ou d’en toucher le bord. Quiconque touche à la montagne sera puni de mort. On le lapidera ou on le percera de flèches. Il ne doit pas survivre. ». Puis, Moïse prit le chemin des hauteurs : « Monte vers moi sur la montagne, et reste là. Je te donnerais les Tables et les Commandements que j’ai écrits. ». ».
Une fois que Moïse gagne le lieu où il a déjà rencontré Dieu : « La nuée couvrit Moïse. La gloire de Yahvé reposa sur le mont Sinaï et le recouvrit pendant six jours. Le septième jour, Yahvé appela Moïse du milieu de la nuée. Il lui dit de rester là pendant 40 jours et 40 nuits. ».
Et, au matin du 41ème jour : « Il y eut du tonnerre, des éclairs, et une épaisse nuée sur la montagne. Le son d’une trompette retentit fortement, et tout le peuple qui était dans le camp au bas de la montagne, fut saisi d’épouvante. Le Sinaï était enveloppé de fumée parce que Yahvé y était descendu au milieu du feu. Cette fumée s’élevait comme celle d’une fournaise, et toute la montagne tremblait avec violence. ».
Dieu dicte alors à Moïse ses Dix Commandements, qui sont à la fois, Constitution, Législation et Loi ; Enseignements concernant toute la vie du peuple, tant dans la religion que dans la politique, tant dans la vie collective que dans l’existence individuelle : « Aussitôt, Moïse vit l’Ecriture s’inscrire : Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi ; tu ne feras pas de figures sculptées ; honore ton père et ta mère ; tu ne porteras pas de faux témoignage ; etc. ; et au même moment, il prit conscience de leur poids énorme. » ; et : « Les Tables étaient écrites du doigt de Dieu de l’un et l’autre cotés. Elles étaient l’ouvrage de Dieu, et l’écriture était celle de Dieu, gravée sur les Tables. ».
Yahvé dit ensuite à Moïse : « Parle aux Enfants d’Israël, qu’ils m’apportent une offrande. Vous la recevrez pour moi de tout homme qui le fera de bon cœur. Et ainsi, voici ce que vous recevrez en échange : de l’or, de l’argent et de l’airain ; des étoffes teintées en bleu, en pourpre, en cramoisi ; du lin fin et du poil de chèvre ; des peaux de bélier teintes en rouge et des peaux de dauphin ; du bois d’acacia, de l’huile pour les chandeliers ; des aromates pour l’huile d’onction et pour le parfum odoriférant ; des pierres d’onyx et d’autres pierres pour la garniture de l’éphod et du pectoral.
Vous, les Enfants d’Israël, vous me ferez en outre un Sanctuaire, et j’y habiterais au milieu de vous. Vous fabriquerez donc un tabernacle, ainsi que tous ses ustensiles, d’après le modèle que je vais te montrer. Puis, par l’intermédiaire du menuisier Betsael, vous ferez une arche en bois d’acacia : sa longueur sera de deux coudées et demi ; sa largeur, d’une coudée et demi. Vous la couvrirez d’or pur ; vous la couvrirez en dedans et en dehors ; vous lui ferez une bordure d’or tout autour. Vous fondrez pour elle quatre anneaux d’or, et vous les mettrez à ses quatre coins, deux anneaux d’un coté, et deux de l’autre coté. Vous ferez des barres en bois d’acacia, et vous les couvrirez d’or. Vous passerez les barres dans les anneaux sur les cotés de l’Arche, pour qu’elles servent à porter l’Arche. Les barres resteront dans les anneaux de l’Arche et ne seront point retirés. Vous mettrez dans l’Arche les témoignages que je t’ai donnés. Vous ferez ensuite un propriatoire d’or pur : sa longueur sera de deux coudées et demi, et sa largeur, d’une coudée et demi. Vous ferez encore deux Chérubins d’or ; vous les ferez d’or battu aux deux extrémités du propriatoire. Faites un Chérubin à l’une des extrémités, et un Chérubin à l’autre extrémité. Vous ferez des Chérubins sortant du propriatoire à ses deux extrémités. Les Chérubins étendront leurs ailes par dessus, couvrant de leurs ailes le propriatoire. Et vous mettrez le propriatoire sur l’Arche.
C’est là que je me rencontrerai avec toi. Du haut du propriatoire, entre les deux Chérubins placés sur l’Arche du Témoignage, je te donnerai tous mes ordres concernant les Enfants d’Israël. ».
Ensuite, Dieu annonce à Moïse qu’il désire faire d’Israël un peuple Saint, un peuple consacré à Dieu, séparé des autres parce que les autres sont idolâtres et ont des pratiques dégradantes. Il lui explique encore que le peuple qui le suit va bientôt pouvoir habiter sa Terre Promise : Canaan. Il lui décrit l’étendue de ce futur territoire : la cité de Tell Dan se trouvera à sa frontière septentrionale, tandis que Beersheba désignera sa limite méridionale : « Et lorsque vous aurez crû et multiplié dans ce pays, dit Jéhovah, alors, plus personne ne le revendiquera. ». Mais, rajoute Dieu, le peuple de Moïse ne pourra apercevoir la terre Promise, qu’après avoir séjourné quarante ans dans le désert. Car Moïse doit profiter de ce laps de temps pour lui enseigner les préceptes et les Rites de la religion Judaïque. Puis : « Lorsque l’Eternel eut achevé de parler à Moïse sur le mont Sinaï, il lui donna les deux Tables Testimoniales. Et Moïse descendit de la montagne, les deux Tables dans les mains. ».
Pourtant, Moïse ignore que son visage est illuminé par la magnificence divine. Dès lors, quand ils le voient, Aaron et tous les Enfants d’Israël hésitent à l’approcher. Certains se révoltent même bientôt contre lui et son frère Aaron : « 250 hommes et Enfants d’Israël s’assemblèrent contre Moïse et Aaron, et leur dirent : « C’en est assez ; car tous les membres de l’assemblée ici présente, sont saints, et l’Eternel est au milieu d’eux. Pourquoi donc vous élevez vous au-dessus de l’assemblée de l’Eternel ? ». Ou : « Vois, nous expirons, nous périssons, nous périssons tous. Nous faudra t’il tous expirer par ta faute ? ».
Moïse explique alors à un certain nombre d’entre eux, des Initiés désignés par le terme « Lévites », que YHWH les a choisi – eux et toute leur descendance - pour le servir à jamais. Il leur déclare que l’Eternel est le Dieu d’Israël ; qu’il se distingue de tous les autres par son nom ; car son nom provient de son Essence et dévoile nombre d’aspects de sa Réalité. Moïse leur révèle encore que Dieu souhaite qu’Israël vive longuement dans le désert afin que la génération sortie d’Egypte s’éteigne progressivement, et que ce soit un peuple nouveau qui puisse entrer en Canaan sous la conduite de Josué ; que Moïse désigne par la même occasion comme son successeur légitime. Puis, Moïse leur confie que lorsqu’il était prince d’Egypte – et donc Prêtre d’Osiris -, il a eu accès à des Sciences Interdites à la puissance phénoménale ; rouges ou noires.
A la suite de ce discours, pour le peuple d’Israël, tout change en ce qui concerne les Sacrements de Dieu. En effet, désormais, seuls les Clercs Lévites ont le droit de pénétrer à l’intérieur de l’abri où se trouve l’Arche d’Alliance. Eux seuls ont l’autorisation d’y élever un autel dédié à YHWH ; alors qu’autrefois – que l’on fut prêtre ou laïque -, chacun pouvait s’y employer. Et ils proclament que quiconque désobéira à ces lois, sera banni d’Israël : « Si un homme de la maison d’Israël offre un holocauste ou une victime, et ne l’amène pas à l’entrée du Tabernacle pour l’offrir en sacrifice à l’Eternel, cet homme sera retranché de son peuple. ». Ou : « Quand nous lèverons le camp, nous démonterons le voile et en couvrirons l’Arche. Et nous mettrons un voile par-dessus, pour que personne ne puisse la distinguer. ».






































