Mes Univers

Quand le Mythe rejoint l'Histoire, il y a un Instant Magique où la Réalité n'existe plus que pour ètre emportée par le Souffle d'une Légendaire Epopée...

25 novembre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1200 - 1202

angleterreEn 1787, le roman triomphe, en particulier dans la veine sentimentale et moralisatrice. Richardson enchante avec « Paméla ou la vertu récompensée » et « Clarisse Harlowe ». Goldsmith utilise de semblables ressorts dans « le Vicaire de Wakefield ». Sterne influence Diderot, tandis que les poésies de Young et de Gray inspirent les premiers romantiques. Voltaire idéalise ce pays ; il en donne l’image d’une monarchie constitutionnelle libérale. Il semble que la théorie de Montesquieu sur la séparation des pouvoirs, exposée dans « De l’esprit des Lois » y soit réalité. L’Angleterre fournit aussi un contre-modèle pour réfuter l’absolutisme royal en France. Condillac, et surtout Rousseau – dans « Du Contrat Social » - réfléchissent aux institutions politiques pouvant assurer la paix civile et la liberté.

Par ailleurs, Newton, Locke et Hume sont des références majeures. Mais cet engouement influence aussi les comportements : le « shake-hand » et le port de la redingote s’imposent chez les jeunes « snobs » de la cour. Le jardin à l’Anglaise fait fureur ; il suffit de retrouver les charmes d’une nature suffisamment travaillée pour paraître sauvage et vraiment « naturelle ». Plus sérieusement, l’Europe entière admire la liberté d’expression qui semble l’emporter en Angleterre, d’où viennent les clubs, les journaux, la franc-Maçonnerie et la publicité des débats parlementaires, toutes choses obtenues non sans mal.

D’un autre coté, Adam Smith publie son ouvrage le plus important : « Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations ». Pour Smith, plus que la terre ou les métaux précieux, c’est l’activité humaine qui est la source de toute richesse, d’autant plus que la division du travail et l’accumulation du capital permettent d’augmenter la productivité des ouvriers. En ce qui concerne le marché, Smith considère que l’intervention de l’Etat est néfaste : en agissant selon leurs propres intérêts, les individus produisent et achètent de manière à faire coïncider l’offre et la demande. 

En 1789, la popularité de la révolution est dans un premier temps immense : Paine vante la déclaration des Droits de l’Homme, Godwin fait l’éloge des valeurs révolutionnaires dans son livre « Human Justice », Muir fonde la société de la constitution et du Peuple. Mais Burke, dans ses « Réflexions sur la révolution en France » dénonce le danger de contagion révolutionnaire, tandis que l’afflux des émigrés inquiète les autorités. Par ailleurs, Olaudah Equiano, un Noir de Virginie, poussé par les abolitionnistes, rédige ses mémoires, publiées la même année à Londres. L’ouvrage fait grand bruit : ces récits poignants sont un vibrant réquisitoire contre la traite.

Mais, une fois la guerre avec la france déclarée, Paine et Muir sont poursuivis, et, le 12 Mai 1793, l’habeas corpus, qui garantit e droit des inculpés, est suspendu dans le cadre de leur procès. Les deux hommes sont impitoyablement châtiés.

En 1794, en Sciences, le naturaliste, médecin et chirurgien Jenner, remarque dans son village natal de Berkeley, que les valets de ferme ont souvent des pustules semblables aux « vaccines » que portent les pis de vaches. Or, les valets qui portent de telles vaccines ne contractent jamais la variole. Jenner observe et expérimente le fait pendant plus de vingt ans, avant de se risquer à inoculer le pus d’une pustule à un jeune homme, le 14 Mai 1796. L’expérience est concluante, et Jenner se rend à Londres où il vaccine gratuitement tous ceux qui se présentent chez lui, tout en publiant les résultats de ses travaux pour convaincre le monde entier de l’efficacité de la vaccine.

Suisse, seconde moitié du XVIIIème siècle :

A cette époque, la république helvétique imposée par la france après 1794, centralisée et autoritaire, ne fait pas oublier aux paysans les avantages du vieux système fédéral.

Allemagne, seconde moitié du XVIIIème siècle :

En 1753, un dénommé Bruno organise une société secrète, qu’il nomme : « Giordaniste ». Mais, bientôt, une rumeur la concernant se répand dans tout le pays ; on dit que la secte exerce une influence majeure sur le développement de la rose-Croix en Europe.

En 1774, le comte de Saint-Germain est à Nuremberg ; il réclame la protection de Frédéric le Grand, puis lui demande une subvention, nécessaire à l’ouverture d’un nouveau laboratoire Alchimique. Il lui dit par ailleurs qu’il est Franc-Maçon.

Or, Frédéric, qui est Grand Maitre des Loges Prussiennes, lui fait passer un test Esotérique. Le comte de Saint-Germain réussit l’épreuve haut la main. Mais il feint d’avoir oublié la plupart des signes Secrets de la confrérie Occulte ; en effet, il ne veut pas éveiller de soupçons. 

En 1786, l’Ordre de la rose Croix est dissolu par le ministre de la guerre Woellner ; lequel est pourtant un de ses anciens membres.

En 1788, le savant Carsten Niebuhr publie un texte dans lequel il révèle qu’il s’est rendu deux ans plus tôt, sur le site de l’ancienne Persépolis. Il révèle qu’arrivé là, il a recopié de nombreuses inscriptions étranges. Et que pour lui, il ne fait aucun doute que ces dernières relatent l’histoire des « vaincus de Persépolis ».

En 1789 et après, le philosophe Kant se tient au courant heure par heure des événements parisiens, et le poète Klopstock célèbre l’anniversaire de la prise de la bastille par une ode à la liberté. A Zurich, le peintre Füssli et le pédagogue Pestalozzi fondent un « cercle de lecture » qui, considéré comme « jacobin », est très vite tenu en suspicion. 



24 novembre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1198 - 1200

angleterreCar le développement industriel s’accélère, grâce à une forte demande intérieure et à l’exportation, mais aussi grâce à des innovations dans les secteurs clés du textile et de la métallurgie. La machine à vapeur de Watt, sans cesse perfectionnée, donne un élan décisif à l’ensemble des progrès techniques. Richard Arkwright et son « waterframe » - machine à filer le coton mue par la force de l’eau – crée plusieurs usines, dont l’une emploie jusqu'à cinq mille ouvriers. Pour le filage, Hargreaves met au point la « spinning jenny » ; bientôt, c’est la « mule jenny » de Crompton, qui est améliorée par Cartwright. Cependant, les régions de production et de transformation sont toujours très localisées. L’industrie textile est concentrée dans le Lancashire. Elle fournit des produits de luxe, comme les indiennes ou les mousselines, et des tissus bon marché. Dans la métallurgie, la grande transformation, le passage du bois au coke, s’enrichit ; puis, c’est le « puddlage », mis au point par Cort pour diminuer la teneur en carbone. Les zones industrielles se déplacent donc des régions forestières aux bassins houillers ; les Northumberland sont comparé à des « Indes Noires ».

Le développement industriel entraîne des modifications sociales déterminantes. Les riches industriels, parfois d’origine modeste, rejoignent les classes dominantes. A l’autre extrémité de l’échelle sociale, la concentration industrielle accélère la constitution d’une main d’œuvre salariée, dépendante et souvent misérable, qui perd ses ancrages traditionnels. La classe ouvrière naissante, très surveillée et peu organisée, concentre ses premiers combats contre les machines qui « volent » le travail des hommes. Toutefois, l’Angleterre est considérée comme un pays de riches campagnes.

Parallélement, stimulés par la demande d’une riche clientèle, les arts se développent. L’architecture de style néoclassique s’épanouit. Les frères Adams codifient un style grec qui fait fureur, tandis que la décoration intérieure subit l’influence pompéienne. En peinture, Joshua Reynolds saisit parfaitement les goûts des classes dominantes : ses portraits – compositions d’apparat ou images de l’intimité familiale – plaisent beaucoup. Signe indubitable de succès, Reynolds se fait payer deux fois plus cher que son rival, Thomas Gainsborough, dont les œuvres révèlent également un sens profond du paysage, car le sujet est souvent représenté dans la nature.

Pourtant, par sa verve de caricaturiste et sa critique des mœurs, l’œuvre de Hogarth dénonce les travers de la société. « Quatre estampes sous une élection » décrivent bien mieux qu’un long discours les pratiques, banales, de la corruption électorale.

Hogarth devient  pourtant bientôt un  partisan inconditionnel  de l’autoritarisme du roi. Bien qu’il demeure hostile aux Stuart et à leurs partisans, le cosmopolitisme n’appartient pas à ses valeurs. Soucieux de diffuser largement son œuvre, il est d’abord un graveur : ses tableaux font office d’annonces « publicitaires ». Dans son ouvrage théorique, « Analyse de la beauté », le peintre développe en effet une thèse originale, selon laquelle la ligne doit prendre le pas sur la couleur. Hogarth, amoureux de l’arabesque, affirme que la beauté en art comme dans la nature se trouve dans la ligne sinueuse qui concilie la droite et la courbe.

A la suite de brillantes études, à l’âge de vingt ans, James Price devient docteur « Honoris Causa » à l’Université d’Oxford. Puis, à vingt-neuf ans, il est admis comme membre de la prestigieuse Société Royale des Sciences ; Physicien et Chimiste, il est alors promis à une brillante carrière. Et, de fait, enfin riche et libre, il s’installe avec son petit laboratoire à Guildford, entre les murs d’un ravissant petit manoir qu’il vient d’acheter.

Mais, très vite, James Price s’oriente vers l’Alchimie. Ayant accès à un grand nombre de vieux ouvrages qui démontrent que nombre d’inventions récentes sont, en vérité, connues depuis longtemps, il décide de les étudier en profondeur : il a en effet désormais pour objectif de fabriquer la fameuse Pierre Philosophale ; même si il sait que ses travaux risquent d’être longs, fatigants et dangereux. 

De fait, au printemps 1782, James Price se retrouve en possession de très petites quantités de deux sortes de poudres : l’une est capable de transmuer le Mercure en Argent ; l’autre, indifféremment l’Argent ou le Mercure en Or. La première est blanche ; la seconde est rouge.

Au mois de Mai de la même année, à différentes dates, James Price invite des collègues, des savants, des membres de la société Royale, des voisins, des hommes de Loi, ainsi que des sommités médicales, à venir assister à ses expériences. Il leur explique que celles-ci sont de trois sortes :

« Premièrement, il faut faire bouillir le Mercure et en transformer une partie, soit en Argent avec de la poudre blanche, soit en Or avec de la poudre rouge. Ensuite, il faut faire fondre de l’Argent, au moyen de la poudre rouge, obtenir un alliage de huit parties d’Argent pour une partie d’Or. Enfin, il faut former un amalgame de Mercure avec l’une ou l’autre des poudres, afin de produire une petite quantité d’Or ou d’Argent. ».

Evidemment, les savants qui viennent voir James Price ne sont pas des gens crédules ; ils n’ont pas l’intention de se laisser impressionner par un « gamin », comme l’appellent certains. Ils sont sans pitié et examinent les instruments et le creuset un par un. Ils tiennent même à se procurer eux mêmes les différents produits, métaux, acides, charbon de bois, etc. qui sont nécessaires à James Price. Et ce dernier ne peut rien toucher sans avoir dix paires d’yeux qui le surveillent.

Les deux seules choses étonnantes que tous remarquent alors, ce sont les résultats ; mais aussi le fait que le Mercure ne s’est pas évaporé à l’issue de l’expérience. Celui-ci n’a pas bouilli, malgré le feu d’Enfer qui l’a enveloppé par instants.

Donc, pendant tout l’été et tout l’automne de l’année 1782, s’organisent une dizaine de séances du même genre. Et ainsi, au terme de cette période, James Price atteint le sommet de sa carrière.

Or, peu à peu, la jalousie des savants, la crainte des banquiers, se fait jour : il se retrouve tout à coup seul, abandonné de tous, et accusé plus ou moins ouvertement de charlatan et de tricheur. Il comparait donc devant la société Royale, où, selon la coutume, on lui demande sa formule avant de l’entendre. James Price refuse de livrer son Secret. Il s’engage pourtant à effectuer une nouvelle série d’expériences publiques durant lesquelles il ne touchera à rien, où les témoins feront toutes les opérations en contrôlant tant qu’ils voudront ce qu’ils voudront. Et, enfin, en Juin 1783, il lance ses invitations.

A sa grande surprise, le 31 Juillet, trois invités seulement arrivent à son domicile. James Price les reçoit en souriant ; il leur fait les honneurs de son laboratoire en les priants de tout examiner, de tout toucher. Mais, tandis qu’ils s’avancent dans la première pièce, il tombe soudain de tout son long. Il vient de se suicider en absorbant du cyanure. Et chacun des invités de se poser des questions : James Price était t’il un imposteur au bout du rouleau ? S’était t’il trompé lui même en trompant tout le monde sans le savoir ? Avait t’il véritablement réussi le Grand Œuvre ?

En 1785 également, John Wesley – qui est le fils d’un pasteur anglican – est l’âme d’un groupe d’universitaires en lutte contre l’indifférentisme religieux. A cause de leurs réunions très régulières à Oxford, on les surnomme « Méthodistes ».

Devenu pasteur anglican, Wesley s’adresse aux plus pauvres sur le lieu même de leur travail : champs, mines ou usines. Le succès de ces prêches, qui font une large part à l’émotion, est tel que Wesley peut tenir une première conférence générale, sans envisager pourtant de rompre avec l’Anglicanisme. Son message n’a rien de révolutionnaire, mais, en multipliant les initiatives sociales, il inquiète les notables.

En 1786, la consécration de pasteurs méthodistes entraîne la rupture. Bientôt, la nouvelle Eglise compte plus de cent mille fidèles.

23 novembre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1196 - 1198

angleterreAngleterre, seconde moitié du XVIIIème siècle :

Le départ de Walpole, en 1742, marque le début d’un réveil national dont l’âme est William Pitt. Celui-ci entre au gouvernement en 1746, le quitte en 1755, mais revient dès que les premières défaites de la guerre de Sept Ans commencent à inquiéter l’opinion publique.

James Bruce est originaire des basses terres d’Ecosse de Stirlingshire. Il est issu d’une petite famille noble presbytérienne possédant le domaine familial de Kinnaird. A douze ans, il est envoyé à l’école de Harrow, où il se montre un excellent élève. Puis, il complète ses études à l’Université d’Edimbourg. Et, finalement, quand il sort, il est devenu un géant de 1,95 mètre, doté d’une carrure impressionnante, et aussi riche que cultivé.

Puis, après s’être remis d’une longue maladie, James Bruce gagne Londres. Là, il accepte un emploi que lui offre la compagnie des Indes. En même temps, il tombe éperdument amoureux d’une jeune femme, Adriane Allan, qu’il épouse ; tandis qu’un peu plus tard, il s’associe avec son beau-père pour commercialiser du vin.

Malheureusement, bientôt, au cours d’un voyage en France, Adriane meurt brusquement. James Bruce semble dès lors avoir beaucoup de peine à surmonter sa perte. Fébrile et déprimé, il se met à voyager presque continuellement ; il apprend partout les langues étrangères avec une étonnante facilité : ses pérégrinations le mènent tout d’abord en Belgique, où il se bat en duel. Ensuite, il remonte le Rhin, visite des ruines romaines en Italie. Il étudie des manuscrits Arabes en Espagne et au Portugal. Et, enfin, grâce à son habilité linguistique, il se voit attribuer un poste de Consul britannique à Alger.

D’Alger, James Bruce parcourt bientôt toute l’Afrique du Nord. Il inspecte les vestiges de Carthage. Il visite l’Egypte et le plateau de Guizèh. Il se rend en Terre Sainte et y explore plusieurs sites anciens. Il conçoit de s’aventurer seul en Abyssinie. Il assimile donc le langage classique  ge’ez, et il étudie tous les ouvrages de ceux qui se sont rendus avant lui dans cette contrée avant lui. Il y gagne une connaissance approfondie du pays. Puis, il commence son équipée.

Après maintes péripéties, James Bruce arrive finalement en Ethiopie. Il s’intéresse à la foi, aux coutumes et aux origines des Fashalas. Il interroge les chefs de clans et des religieux. Il enregistre de nombreux témoignages concernant les traditions de ceux-ci ; il les relate alors dans un livre de bord. Il gagne ensuite la capitale du pays, Aksoum. En se plongeant dans ses archives, il conclut vite que son monarque, Adonna, était en train de lire des psaumes de David lors de sa première entrevue avec celui qui allait convertir son pays au Christianisme au IVème siècle de notre Ere : Frumentius. Puis, il émet l’hypothèse selon laquelle le souverain possédait un exemplaire de l’Ancien Testament, rédigé au temps de Salomon.

Or, quelques jours plus tard, il marque : « Il est évident qu’Aksoum est la résidence la plus vraisemblable de l’Arche d’Alliance. Celle-ci se trouve dans le Saint des Saints de l’église Sainte Marie de Sion ; où elle a été placée au XVIIème siècle par l’Empereur Fasilidas. Autrement dit, que cela me plaise ou non, il me faut m’infiltrer discrètement à l’intérieur de la cathédrale pour la voir. La période idéale serait Janvier. Durant les fêtes du « Timkat », je pourrais en effet m’approcher de la relique sans en avoir obtenu l’autorisation. ».

Mais, il échoue, et il est obligé de revenir en Ecosse pour s’occuper du domaine familial, dont, entre-temps, il est devenu le « laird » puisque son père est mort. Il se mêle alors d’Astronomie en acquérant deux télescopes, et apprend les techniques d’observation du Ciel.

Lorsqu’il s’installe définitivement à Kinnaird, James Bruce possède de nombreux manuscrits très précieux qu’il a découverts un peu partout en Orient. Il détient, entre autres, une copie du « Livre d’Enoch », ainsi que le « Kébra Nagast » ; il s’est en effet emparé de ce dernier au sein des archives impériales de Gondar.

Mais, une fois qu’il a terminé d’étudier ces deux manuscrits, James Bruce les offre à la bibliothèque Bodléienne d’Oxford. Les archivistes les y rangent ainsi sous la cote « Bruce 93 » et « Bruce 97 ».

Enfin, quelques temps plus tard, James Bruce se remarie tandis que sa nouvelle épouse attend déjà un enfant de lui. En même temps, il est admis comme membre de la franc-Maçonnerie. Puis, un jour, il offre un dîner au premier étage de sa demeure. A la fin du repas, il raccompagne un de ses invités jusqu’aux marches de l’entrée. Et soudain, il trébuche, se rompt le cou, et meurt dans la seconde qui suit.

William Pitt soutient sans défaillance la lutte contre la france en Amérique et en Inde, de 1757 à 1761, plaçant en tète de ses préoccupations le commerce, la marine et la prospérité. Pitt se heurte au roi Georges III, qui succède en 1760 à son grand père Georges II. Plus anglais que ses prédécesseurs, le nouveau souverain entend gouverner et contraint Pitt à se retirer.

Georges III veut restaurer son autorité avec l’appui des « amis du roi ». Il dirige les affaires dans le contexte très tendu des premiers conflits avec les colons d’Amérique. Signe des temps, l’opposition ne vient pas du Parlement mais des citoyens. Le journaliste Wilkes, qui attaque la couronne, est poursuivi en justice : il est triomphalement acquitté et est trois fois élu – puis déchu de son mandat – aux Communes. L’opinion vainc le roi.

Puis, en 1772, le peuple se passionne pour l’affaire Somerset. James Somerset est un esclave de Virginie, que son maître britannique a ramené avec lui en Angleterre. Il tente de s’enfuir ; à l’issue du procès qui s’ensuit, le juge lui rend sa liberté, constatant qu’aucune loi n’autorise l’esclavage sur le sol britannique. L’affaire fait beaucoup de bruit à Londres, d’autant que le Royaume-Uni domine le commerce mondial et, par voie de conséquence, la traite des Noirs. Journalistes, écrivains mais aussi chansonniers commencent à diffuser l’idée que l’Angleterre est une terre sacrée et que ses habitants ont le devoir de conduire la lutte contre la traite. Progressivement, les idées abolitionnistes font leur chemin, sous la conduite d’hommes comme Granville Sharp et William Wilberforce.

Pourtant, c’est la guerre d’Amérique qui remet définitivement en cause la prérogative royale. Au début, une majorité d’Anglais approuve la fermeté du roi. Mais les échecs de cette politique sont attribués au souverain. Les années 1780 sont difficiles. Londres est secouée par des émeutes anticatholiques, l’agitation reprend en Irlande. La capitulation de Yorktown – Octobre 1781 – est fatale aux ambitions de Georges III. Celui-ci doit accepter le gouvernement de William Pitt, fils du précédent. Ce lecteur d’Adam Smith est soucieux de restaurer la prospérité ébranlée par la guerre d’Amérique. Il encourage la prospection des marchés extérieurs et signe un traité commercial avec la france : l’Angleterre récolte ainsi les dividendes de son avance technique et industrielle sur le reste de l’Europe, et donc sur le Monde.

30 octobre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1145 - 1148

angleterreAngleterre, première moitié du XVIIIème siècle :

En 1710, Cotton Mathers est nommé docteur en théologie à l’Université de Glasgow ; puis, en 1713, la royal Society l’élit au nombre de ses membres. Et à ce moment là, c’est lui qui se propose pour échafauder l’architecture de sa future Bibliothèque.

A partir de 1714, les premiers Hanovre s’acclimatent tout d‘abord mal à leur royaume. L’opinion publique leur reproche de préférer les intérêts de leur électorat à ceux de l’Angleterre. Georges Ier apparaît comme un étranger. Les tories, soutiens traditionnels du roi, comptant un certain nombre de jacobites – partisans du prétendant Jacques-Edouard Stuart -, la dynastie hanovrienne est contrainte de s’appuyer sur les whigs, favorables au Parlement. Du reste, les diverses tentatives jacobites pour susciter un soulèvement échouent. Peu à peu, un système politique de monarchie tempérée s’affirme et devient, presque malgré lui, un modèle dans l’Europe toute entière.

Comme Georges Ier parle fort mal l’Anglais, l’un de ses ministres devient son interlocuteur privilégié avec le Parlement pendant vingt ans : il se nomme Walpole.

Walpole est chargé de rendre compte des séances du Parlement en français ou en latin, au souverain, et de transmettre en retour les vœux de ce dernier à ses collègues. Pendant vingt ans, il joue ce rôle d’intermédiaire indispensable.

Car, Robert Walpole, riche propriétaire, député puis chef des whigs, devient premier lord du Trésor et chancelier de l’Echiquier. Il joue sans en avoir le titre, le rôle de Premier Ministre. Sans scrupules, il utilise tous les ressorts de la politique, et n’hésite pas à acheter les votes et les consciences par des grâces et des fonctions. Parallèlement, Walpole, foncièrement pacifiste, soutient une politique européenne ; du reste, une guerre pourrait encourager une nouvelle tentative du prétendant Jacques-Edouard. Enfin, la paix, favorable à la prospérité, stimule le commerce maritime. Conscient du caractère fondamental de cette composante de l’économie du Royaume-Uni, Walpole encourage le négoce colonial et tente d’aménager des taxes douanières.

Pourtant, les observateurs de la société anglaise dénoncent les scandales, l’affairisme et la vulgarité des mœurs. Les valeurs morales de l’Angleterre du XVIIème siècle, largement empreintes de puritanisme, semblent s’effondrer dans un climat de relâchement qui évoque celui de la régence en France. Et, peu à peu, ces critiques diffuses se tournent contre Walpole. Aux adversaires tories de la première heure viennent s’ajouter de jeunes whigs mécontents, parmi lesquels William Pitt se révèle bientôt un redoutable contradicteur.

Georges Ier a les pleins pouvoirs dans les domaines administratif et diplomatique, mais il se doit de respecter la déclaration des Droits de 1689. Il nomme et révoque les ministres, groupés en un ministère au sein duquel un ensemble plus restreint forme le cabinet. L’usage s’établit de renouveler le cabinet lorsqu’une nouvelle majorité se forme aux Communes. Le roi fait alors appel au chef du groupe majoritaire pour constituer un autre cabinet. Cependant, ce n’est pas un véritable régime parlementaire, puisque le « Premier ministre » n’est pas tenu de démissionner si la majorité lui fait défaut.

Le Parlement est composé de la chambre des Lords, qui rassemble les pairs du royaume ainsi que les évêques, et de la chambre des Communes, élue pour une durée de sept ans. Un système électoral restreint et injuste, limite néanmoins la portée de la représentation. Chaque comté – les campagnes – élit deux chevaliers, chaque bourg – les villes dotées d’une charte – désigne, selon des modalités variables, un ou deux bourgeois – quatre pour Londres. Pourtant, la liste des bourgs est très lacunaire : de grandes villes peuvent ne pas être représentées, alors que des « bourgs pourris » - dépeuplés – continuent à l’être. D’une façon générale, les élections se déroulent dans un climat d’irrégularité ; intimidation, trafic d’influence et corruption sont des pratiques courantes. 

En 1717, la grande Loge Maçonnique de Londres est fondée : celle-ci porte l’enseigne « A l’Oie et au Grill ». Et ses bâtisseurs la construisent pour que son toit ait la forme d’une coupole. Au centre de ce dernier apparaît fort discrètement l’Etoile de David ; on la nomme également « Sceau de Salomon » ou « Bouclier de Michael ». Sur son dallage,  ils posent de majestueux gisants restituant les traits des principaux dignitaires de l’ancien Ordre du Temple en Angleterre ; lesquels sont inhumés dans l’église Saint-Michael de Londres depuis 1144. Puis, bientôt, cette Loge sert de modèle aux Loges de Russie, de France, d’Autriche ou d’Amérique, en dépit des scissions et des courants qui opposent les différentes obédiences.

Or, rapidement, le Grand Maitre de la loge affirme posséder des documents expliquant que l’Ancêtre des Francs-Maçons est Hiram, l’architecte du Temple de Salomon. Celui-ci révèle aussi que les Secrets du Temple sont parvenus aux bâtisseurs de cathédrales qui, étant libres – francs – de toute servitude, ont formé les premières associations de Francs-Maçons. Mais, ces groupes, dont on ne peut faire partie qu’après une Initiation, semblent disparaître à la fin du Moyen-Age, sauf en Angleterre. C’est là que ceux-ci s’orientent alors vers une recherche intellectuelle tolérante et philanthropique.

Les Francs-Maçons imaginent ainsi que leur Art a atteint son apogée avec la construction du Temple de Salomon. Ils se rendent également compte que l’Enseignement dont leur Grand Maitre est le dépositaire se réfère parfois aux Mystères d’Eleusis et de l’Egypte Pharaonique. Et ils se demandent si les Hébreux n’ont pas omis de signaler nombre de faits énigmatiques les concernant à l’intérieur de l’Ancien Testament. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils rappellent ces interrogations dans les trois premiers grades de leur Ordre. C’est toujours pour cela qu’ils utilisent le terme « Iod » - ou, « le Divin », « le Graal », « l’Etoile Eternelle » - pour désigner le Mot définissant le septième degré de leur Magie opérative.

En 1724, le chercheur Stukeley – en observant attentivement l’orientation du site de Stonehenge par rapport aux étoiles du Ciel – est le premier à affirmer que la position de l’entrée du cercle Mégalithique a été établie en fonction du parcours du Soleil à une certaine période de l’année. Mais, malheureusement, il ne parvient pas à découvrir laquelle.

En 1731, le Savant L. Fyth commence à entreprendre un certain nombre de fouilles au cœur du site Archéologique Romain de Barth. Il l’inspecte donc attentivement pendant plusieurs mois. Et, finalement, il y découvre quelques murs en ruines ayant jadis appartenu à des édifices thermaux, ainsi qu’à des Sanctuaires ; qu’il date du IIème siècle de notre Ere.

En 1735, la population anglaise s’accroît, mais sa répartition géographique se modifie. Les campagnes du Sud et du Sud-Est amorcent leur déclin démographique, tandis que le pôle londonien atteint le million d’habitants. Parallèlement, les ports de Bristol et de Liverpool, ainsi que des villes manufacturières comme Manchester, se développent. Dans l’Angleterre verte, toujours dominée par les landlords et la gentry, le mouvement des enclosures se généralise et on assiste à la concentration des terres par les grands propriétaires fonciers. Par ailleurs, les techniques agricoles s’améliorent et l’agronomie devient une véritable mode ; des cultures d’un nouveau type se développent – navet, betterave de plein champ -, de meilleurs assolements permettent de supprimer les jachères, en particulier grâce aux cultures fourragères. L’élevage, conçu de façon plus rationnelle, connaît d’importants progrès.

C’est surtout par le commerce que se distingue l’Angleterre de cette période : les exportations dépassent en permanence les importations. La concurrence hollandaise puis française est vaincue. Londres exporte les produits anglais et redistribue les marchandises coloniales. Bristol est également tourné vers le commerce atlantique, tandis que Liverpool devient le port du coton. Toutes ces entreprises commerciales sont étroitement soutenues par un système bancaire très perfectionné : un réseau de 400 banques régionales, relié à la banque d’Angleterre, couvre l’ensemble du pays, fournissant des capitaux.

En 1738, l’affaire d’un marin anglais accusé de contrebande par les Espagnols, qui lui coupent l’oreille en guise de punition, met le feu aux poudres. Les Anglais, humiliés, exigent réparation. En 1739, Walpole déclare la guerre à l’Espagne, puis se trouve entraîné dans le conflit de la succession d’Autriche. Des revers militaires, une mauvaise récolte, de l’agitation dans le Yorkshire rendent la situation du ministre très difficile. En 1742, désavoué à la chambre des Communes, Walpole préfère donner sa démission, bien qu’il ait encore la confiance de Georges II ; en obéissant à la volonté du pays, et non à celle du roi, il fait progresser de manière importante le régime parlementaire.

Originaire de Saxe, le compositeur Händel arrive en Angleterre, après un séjour dans le Hanovre, où il est maître de chapelle de l’Electeur. Ses sonates, ses suites, et surtout ses oratorios lui valent les faveurs du public ; en revanche, ses opéras déplaisent aux Anglais, alors peu sensibles à ce genre.

Mais la véritable rencontre de Händel et du peuple britannique a lieu autour de son œuvre maîtresse, « le Messie ». Le livret de cet oratorio, créé en 1742, est composé de citations des Evangiles et des prophètes. Plus que d’une vie de Jésus, il s’agit d’une méditation cosmique sur le salut promis aux hommes. L’oratorio est en effet agencé en trois parties : l’Incarnation, la passion, la résurrection, qui se clôt par l’évocation du Royaume, à laquelle succède une magnifique alléluia ; et, enfin, la gloire eschatologique. Loin des débats théologiques, « le Messie » représente avec force un christianisme de l’espérance.

En 1743, le comte de Saint-Germain débarque à Londres. Mais, en 1745, il y est emprisonné à la suite d’une sombre affaire d’escroquerie. Voici le procès verbal du soldat qui l’a capturé : « L’autre jour, on arrêta un homme étrange qui se fait appeler comte de Saint-Germain. Il vit ici depuis deux ans, mais il ne veut pas dire qui il est ni d’où il vient. Il déclare que Saint-Germain n’est pas son vrai nom. Il chante et joue merveilleusement de la lyre. Il est fou et fait preuve de peu de bon sens. ».

Quelques semaines après cette déclaration, le comte de Saint-Germain se prétend victime d’une machination devant la cour qui le juge. Il convainc ses geôliers de le relâcher. Puis, il quitte l’Angleterre et disparaît ans la nature.

En 1749, l’abbaye de Westminster est sacralisée par les souverains Anglais : en effet, les dépouilles des membres de la dynastie des Hanovre y sont désormais systématiquement déposées après la mort de l’un d’entre eux.

20 octobre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1122 - 1123

angleterreEn 1685 également, Jacques II refuse d’appliquer l’Act of Test et il tente à son tour d’imposer une politique d’indulgence envers les catholiques. Par deux déclarations, en 1687 et en 1688, ceux-ci sont dispensés de participer au culte anglican. Les dissidents protestants bénéficient eux aussi de cette mesure, pour les rallier. Mais, chez les puritains, la haine du « papisme » prime toute autre considération et ils préfèrent, au mépris de leur intérêt immédiat, faire cause commune avec les anglicans.

C’est dans cette ambiance tendue qu’un nouvel élément vient bouleverser les données politiques. La seconde épouse de Jacques II lui donne un fils, Jacques-Edouard, qui est aussitôt baptisé dans la religion catholique. Cet héritier mâle supplantant les princesses protestantes dans l’ordre de succession, le trône d’Angleterre devient irrémédiablement catholique. Les événements se succèdent alors très vite. Des évêques anglicans protestent contre la politique du roi. Ils sont arrêtés, mais leur acquittement au tribunal en fait des héros. L’opinion se retourne définitivement contre son roi. Le 30 Juin 1688, sept lords demandent au mari de la fille aînée de Jacques II, Guillaume III d’Orange-Nassau, stathouder des Provinces-Unies, d’intervenir pour rétablir la religion protestante qu’ils disent menacée. Ce vainqueur de Louis XIV débarque le 5 Novembre en Angleterre et marche triomphalement sur Londres, d’où Jacques II, isolé et trahit, s’enfuit pour la france.

En 1689,  une Convention  se réunit et  constate la vacance du trône.  Marie, fille de Jacques II, devient reine, et elle partage le pouvoir avec Guillaume, son époux. C’est la seconde révolution Anglaise. Brève, relativement pacifique, elle ne donne pas lieu aux violences de la guerre civile, et c’est pourquoi elle est appelée la « Glorieuse Révolution ». Son apport principal est de limiter définitivement la prérogative royale par la « Déclaration des Droits », qui, en prenant le contre-pied de la politique de Jacques II, définit les libertés anglaises fondamentales. Ce « Bill of Right », promulgué en Février 1689, devient loi du royaume en Décembre. Il jette les bases de la monarchie tempérée anglaise.

La réconciliation du souverain et de la nation se manifeste alors dans le « Tolération Act ». La plupart des lois qui lient obligatoirement les sujets à l’Eglise anglicane y sont confirmées ; même si l’Acte exempte les contrevenants des peines prévues. Ils doivent seulement condamner publiquement l’Eglise catholique et affirmer leur foi dans le dogme de la trinité.

De cette brillante unanimité, les « papistes » restent donc exclus, d’autant plus que la france catholique affronte à nouveau Guillaume III dans le cadre de la guerre de la ligue d’Augsbourg. Louis XIV apporte par ailleurs son soutien aux partisans de Jacques II, les jacobites.

Mais, le principal appui de Jacques II est bien entendu l’Irlande catholique, de nouveau révoltée, et c’est à partir de celle-ci que le roi tente de reconquérir son trône. Hélas, le 10 Juillet 1689, il est définitivement battu par Guillaume III sur les rives d’un fleuve irlandais, la boyne. Un peu plus tard, c’est au tour de la puritaine Ecosse de se soumettre définitivement.

Guillaume III étant entièrement accaparé par sa politique extérieure, le Parlement a toute licence pour affirmer l’étendue de son pouvoir. En 1694, le « Triennal Bill » limite à trois ans la durée de chaque chambre. Ainsi, les rois ne peuvent désormais plus maintenir les Parlements trop dociles. Peu à peu, le vote annuel du budget devient une prérogative du Parlement. Mais seuls les plus fortunés votent, la représentation est très inégale selon les lieux, et le clientélisme compte plus que les choix politiques personnels.

Le système constitutionnel anglais reste cependant très original. Il maintient le système monarchique tout en accordant, grâce au Parlement, une place politique de premier plan aux élites du royaume. Le consensus s’instaure enfin au Royaume-Uni.

Ceci permet de régler sans heurts les problèmes de succession. En 1701, l’Acte d’Etablissement écarte les catholiques du trône. C’est donc la petite fille de Jacques Ier, Sophie de Hanovre, qui ceint désormais la couronne d’Angleterre.

Allemagne, seconde moitié du XVIIème Siècle :

L’Atlantide de l’Allemand Hermann Wirth se trouve plus au nord des Açores que celle de ses prédécesseurs. Il l’imagine plutôt bien au-delà des territoires Britanniques ; à l’emplacement de la légendaire île de Thulé. Il pense d’ailleurs qu’à une époque ou à une autre, Thulé aurait été rattachée au Continent Perdu.

19 octobre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1119 - 1122

angleterreEn 1679, Robert Boyle, le physicien Anglais, est le premier à découvrir l’absorption de l’oxygène dans la combustion ; il est dès lors considéré comme l’un des grands savants de son époque, ainsi que le fondateur de la chimie. En effet, par sa patiente accumulation d’observations, par son refus des théories sans bases sérieuses, par ses expériences réussies de nombreuses fois, il prouve qu’il est un homme intègre et pondéré. Ses écrits sont là pour le démontrer.

En outre, bien que n’étant pas Alchimiste, il croit – comme Van Helmont et Helvétius avant lui – à la transmutation des métaux. Et d’ailleurs, un jour, lui aussi rencontre un Initié qui lui donne une quantité infime de Pierre Philosophale ; une si petite quantité qu’il a du mal à en voir la couleur.

Assez curieusement, au lieu de tenter l’expérience avec du plomb et du Mercure en vue d’obtenir de l’or, Robert Boyle l’effectue avec près de dix grammes d’or. Il fait fondre le précieux métal dans un creuset avant d’y ajouter la poudre de Pierre Philosophale. Il laisse le récipient se refroidir. Robert Boyle et divers témoins constatent ainsi que l’or n’a pas perdu de poids, mais qu’il est recouvert d’une couche de litharge et d’oxyde de plomb. Enfin, au fond du creuset, apparaît un résidu vitreux contenant cinq ou six petits globules d’argent qui ne se trouvaient pas là au départ. Quant à l’or, il n’est certainement plus fin, mais son poids est toujours le même.

Robert Boyle en conclut finalement que la poudre mystérieuse a le pouvoir de changer la malléabilité, l’homogénéité et la gravité spécifique de l’or en l’augmentant de près de mille fois.

Après 1679, la lutte politique ouverte entre le roi et son Parlement fait naître les premiers partis politiques. Deux grandes tendances, en effet, s’affirment, les « whigs » et les « tories ». Les premiers sont des libéraux favorables au Parlement et hostiles au duc d’York, les seconds, des conservateurs partisans de la prérogative royale et de la succession naturelle.

Si cette agitation n’empêche pas Charles II de rester roi, c’est parce qu’il attend d’être sur son lit de mort pour respecter sa promesse du traité de Douvres et se convertir au catholicisme. Mais, le 6 Févier 1685, son frère monte sur le trône sous le nom de Jacques II. Le nouveau roi est un catholique convaincu. Pour la plupart des Anglais, il ne s’agit là que d’un bref intermède, car Jacques II est âgé et ses filles sont protestantes et mariées à des protestants. Cependant, certains ne veulent pas attendre, et des révoltes éclatent en Ecosse et dans l’Ouest de l’Angleterre, mais elles ne parviennent qu’à susciter une violente répression.

En 1679, Robert Boyle, le physicien Anglais, est le premier à découvrir l’absorption de l’oxygène dans la combustion ; il est dès lors considéré comme l’un des grands savants de son époque, ainsi que le fondateur de la chimie. En effet, par sa patiente accumulation d’observations, par son refus des théories sans bases sérieuses, par ses expériences réussies de nombreuses fois, il prouve qu’il est un homme intègre et pondéré. Ses écrits sont là pour le démontrer.

En outre, bien que n’étant pas Alchimiste, il croit – comme Van Helmont et Helvétius avant lui – à la transmutation des métaux. Et d’ailleurs, un jour, lui aussi rencontre un Initié qui lui donne une quantité infime de Pierre Philosophale ; une si petite quantité qu’il a du mal à en voir la couleur.

Assez curieusement, au lieu de tenter l’expérience avec du plomb et du Mercure en vue d’obtenir de l’or, Robert Boyle l’effectue avec près de dix grammes d’or. Il fait fondre le précieux métal dans un creuset avant d’y ajouter la poudre de Pierre Philosophale. Il laisse le récipient se refroidir. Robert Boyle et divers témoins constatent ainsi que l’or n’a pas perdu de poids, mais qu’il est recouvert d’une couche de litharge et d’oxyde de plomb. Enfin, au fond du creuset, apparaît un résidu vitreux contenant cinq ou six petits globules d’argent qui ne se trouvaient pas là au départ. Quant à l’or, il n’est certainement plus fin, mais son poids est toujours le même.

Robert Boyle en conclut finalement que la poudre mystérieuse a le pouvoir de changer la malléabilité, l’homogénéité et la gravité spécifique de l’or en l’augmentant de près de mille fois.

En 1681, de grandes compagnies de transport maritime voient le jour. En effet, d’une part, chaque expédition comporte des risques difficiles à assumer pour un seul commerçant ; d’autre part, les navires effectuent des voyages de plusieurs mois, ce qui représente une longue immobilisation du capital. Par ailleurs, regroupés en compagnies concessionnaires, les traitants ont les moyens de faire efficacement pression sur les autorités pour obtenir des privilèges, voire le monopole sur certains trajets.

Pourtant, parfois, dans les périodes de pénurie de main d’œuvre servile Noire, ces compagnies commerciales mettent au point de véritables escroqueries à l’immigration. En effet, les candidats volontaires ou criminels en fuite, sont attirés par la perspective d’un enrichissement rapide et par des conditions intéressantes : moyennant un contrat de travail de quelques années, ils sont transportés gratuitement vers l’Amérique. Mais, arrivés sur place, les migrants sont vendus comme esclaves et doivent travailler dans des conditions proches de celles des Noirs. Sans recours, sans possibilité de fuite, ils vivent de longues années de captivité avant d’obtenir, s’ils survivent, le droit de s’installer à leur propre compte.

En 1681 toujours, John Locke est le principal théoricien de la « Glorieuse Révolution ». Dans son livre, « le Christianisme Raisonnable », il se fait l’apôtre de la tolérance entre les branches du protestantisme. Les idées qu’il défend dans son « Traité sur le Gouvernement », annoncent celles des Lumières. En effet, pour Locke, le corps social doit se constituer autour d’un contrat entre le peuple et le souverain. La suprématie revient au législatif, la citoyenneté réelle ne saurait être garantie qu’aux seuls propriétaires, et la nation, si cela s’avère nécessaire, a le droit de faire des révolutions.

Vers la même période, Alexandre Oexmelin publie une « Histoire d’aventuriers qui se sont distingués dans les Indes » : c’est un immense succès. Ce jeune chirurgien a en effet passé plusieurs années à l’île de la tortue, où il a fréquenté les flibustiers. Mais, peu après lui, le témoignage fait place au récit d’aventures et répand la légende noire des pirates. Puis, c’est au tour de l’écrivain Daniel Defoe de sacrifier à la mode en écrivant, sous un pseudonyme, une « Histoire générale des pillages et des meurtres des pirates les plus notoires ».

Né à Londres dans une famille marquée par le puritanisme, Milton fait ses études à Cambridge. Puis, en 1683, il rédige « le Paradis Perdu », dont le thème – la lutte de Satan contre Dieu – fascine les écrivains romantiques. Il écrit :

« Pour moi, l’Enfer est un énorme globe situé au cœur de l’antique Chaos et de la nuit informe. Il est entouré d’une triple voûte de feu dévorante. Et cinq fleuves le parcourent : le Styx, source exécrable consacré à la haine ; l’Achéron, torrent noir et profond qu’habite la douleur ; le Cocyte, ainsi nommé à causes des sanglots perçants qui retentissent sur ses rivages ; le fougueux Phlégéton, dont les flots précipités en rivières de feu portent la rage dans les cœurs ; et le tranquille Léthé, qui roule dans un lit tortueux ses eaux silencieuses.

Au delà de ces fleuves s’étend une zone déserte, obscure et glacée, perpétuellement battue de tempêtes et d’un déluge de grêle qui, loin de fondre en tombant, s’élève en monceaux semblables aux ruines d’une antique pyramide. Le froid y produit les effets du feu, et l’air brûle et se déchire. C’est là qu’en certains temps fixés, les réprouvés sont traînés par les furies aux ailes de harpies.

Puis, aux Portes des Enfers, apparaissent deux figures incroyables : l’une représente une belle femme jusqu'à la ceinture, mais son corps finit par une énorme queue de serpent recourbée en longs replis écailleux, et est armée à son extrémité d’un aiguillon mortel. Autour de ses reins est une meute de chiens féroces, qui, sans cesse ouvrant leurs larges gueules de Cerbères, frappent perpétuellement les airs de leurs plus odieux hurlements. Ce monstre est le Péché. Fille sans mère sortie du cerveau de Satan ; elle tient les clefs de l’Enfer.

L’autre figure est noire comme la nuit, féroce comme les furies, terrible comme l’Enfer, agite un dard redoutable, et ce qui semble être sa tète porte l’apparence d’une couronne royale. Ce monstre est la mort ; fille de Satan et du Péché.

La mort et le Péché construisent donc un large chemin sur l’abîme. Le gouffre enflammé possède un port, dont l’étonnante longueur s’étend au bout des Enfers ; au point le plus reculé de ce Monde fragile. Quand, d’un son rauque et lugubre, l’infernale trompette appelle les habitants des Ombres Eternelles, le Tartare s’ébranle ; dans ses gouffres noirs et profonds, l’air ténébreux répond par de longs gémissements.

Quelques unes des créatures vivant en ces lieux ont une figure humaine, des pieds de bêtes farouches, des cheveux entrelacés de serpents, la croupe immense et fourchue se recourbant en replis tortueux. Il y a également d’immondes harpies, des centaures, des sphinx, des gorgones, des scylles qui abhorrent et dévorent, des hydres, des pythons, des chimères qui vomissent des torrents de flammes et de fumée, des polyphèmes, des gérions, ainsi qui mille autres monstres plus bizarres les uns que les autres. Ces derniers se placent à gauche et à droite de leur sombre monarque. Car celui-ci est assis au milieu d’eux, tenant d’une main un sceptre rude et pesant ; et sont front étant orné de cornes qui surpassent en hauteur le roc le plus élevé. ».

18 octobre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1116 - 1119

angleterreAngleterre, seconde moitié du XVIIème siècle :

Charles Ier est exécuté le 30 Janvier 1649. Après cet assassinat légal, la république est proclamée en Angleterre le 19 Mai. Comme la chambre des Lords a été supprimée, le « Parlement Croupion », qui a fait traduire le roi devant un tribunal, détient l’essentiel du pouvoir législatif. Cependant, c’est un Conseil d’Etat de 41 membres qui prend les décisions importantes. A sa tète, Oliver Cromwell, qui devient le maître indiscutable de l’Angleterre.

Avec ses partisans, les « Indépendants », il s’appuie sur une armée qu’il a épurée des « niveleurs » et des « piocheurs », ces antimonarchistes qui osent s’opposer à son pouvoir personnel. Cromwell rappelle souvent qu’il est l’Elu de la providence, et cette conviction, profondément ancrée en lui depuis sa « conversion », le rend intransigeant vis à vis de ses adversaires.

Car, outre la grogne de certains de ses anciens partisans, Cromwell, à l’image de ses prédécesseurs royaux, doit affronter les oppositions irlandaise et écossaise. Profitant des troubles de la guerre civile, la catholique Irlande se révolte en effet contre ses maîtres protestants. Cromwell y débarque en Août 1649 pour « mener à son terme le combat contre les Irlandais barbares et assoiffés de sang ». C’est donc la ville de Drogheda qui, la première, subit la première la mise à exécution de ces menaces. Encerclée, elle reçoit un ultimatum le 10 Septembre et, le 11, par une brèche que l’artillerie a creusée dans ses remparts, elle est prise d’assaut. Les défenseurs sont systématiquement passés au fil de l’épée. Le reste de la population, réfugiée dans une église, est brûlé vif. Cette époque de répression marque le début d’un vaste mouvement d’expropriation et d’exode. Les paysans catholiques sont expulsés des terres fertiles de l’Est irlandais, ces domaines étant ensuite attribués à des protestants.

En Ecosse, le fils de Charles Ier, Charles II, est pourtant reconnu roi. Il promet aux Ecossais de respecter leur liberté religieuse et de les considérer à égalité avec les Anglais. Mais en 1650, Cromwell bat les Ecossais à Dunbar et l’année suivante, en Septembre, il écrase l’armée royale à Worcester. 

Puis, il déclare une véritable guerre économique aux Provinces-Unies en édictant l’Acte de navigation du 9 Octobre 1651. Celui-ci stipule que les marchandises ne peuvent entrer dans les ports anglais que sur des navires anglais ou originaires du même pays que leur chargement. Les Hollandais, spécialistes du commerce de « transit », sont atteints de plein fouet et réagissent violemment. Les combats pour le contrôle maritime durent de 1652 à 1654, et l’amiral hollandais Tromp vient narguer les Anglais jusque sur l’embouchure de la tamise, où il remporte sa première victoire. Mais ce conflit tourne aussi à l’avantage de Cromwell, et les Hollandais signent finalement une paix de compromis, dans laquelle ils doivent reconnaître l’Acte de navigation.

D’un autre coté, à peu près à la même période, l’armée et le Parlement Croupion s’opposent l’un à l’autre. La crise est alors résolue par un coup d’Etat et, le 20 Avril 1653, les députés sont chassés par les soldats. Mais elle est renvoyée à son tour, et Cromwell, à qui ses victoires donnent une grande autorité, se fait attribuer le titre de « Lord Protector » de la république d’Angleterre, d’Ecosse et d’Irlande. Un Parlement sous contrôle siège de 1654 à 1655, tandis que toutes les régions du pays sont administrées par des « majors généraux » qui disposent des pleins pouvoirs.

L’Angleterre est désormais soumise à une dictature militaire. Tous les opposants sont matés et l’on voit refleurir les juridictions d’exception que les libres et fiers Anglais ont reprochée à la monarchie. L’ordre puritain triomphe, les théâtres et les cabarets ferment leurs portes. Des milices locales de volontaires sont chargées de réprimer les « papistes », les courses hippiques, les combats de coqs, l’alcoolisme, le blasphème. Les activités licencieuses et profanes sont strictement prohibées. On traque les voleurs, les joueurs, les prostituées. Chacun doit passer l Dimanche en famille, à lire les Ecritures et à chanter des psaumes. L’audition d’un sermon est la seule sortie autorisée ce jour là.

Si, à l’intérieur du pays, le « Lord Protector » tente d’imposer définitivement ses conceptions religieuses à ses compatriotes, il est loin, sur le terrain diplomatique, de se comporter uniquement en champion de la cause protestante. En 1655, il se rapproche de la france de Mazarin et, en Mars 1657, cette alliance devient offensive. C’est aux cotés du « Très Chrétien » roi de France qu’il affronte Philippe IV d’Espagne, le « Catholique ». Dans la hiérarchie du mal « papiste », en effet, la france de l’Edit de Nantes est toujours préférable au pays qui se veut le fer de lance de la contre-Réforme.

Puis, le 17 Septembre 1656, Cromwell inaugure le deuxième Parlement du régime, dit du « Protectorat ». Sur les 460 membres qui le composent, 120 se voient interdire l’accès de la chambre par l’armée. Le scénario est désormais réglé : leur « manque de piété » suffit comme raison pour les renvoyer. Les autres parlementaires ne réagissent pas, à l’exception d’une cinquantaine d’entre eux, dont la seule arme est de quitter, à leur tour, l’enceinte des débats. Les derniers hommes susceptibles de former une opposition s’étant éliminés d’eux mêmes, ce Parlement devient encore plus docile. Il a d’ailleurs un titre bien étrange pour une république puisqu’il reçoit très officiellement le nom de « Deuxième Parlement de son Altesse ».

Son « Altesse » n’est pas encore royale, mais elle réside déjà, comme les Stuart, à Whitehall ou au château de Hampton Court. Obéi de tous, respecté à l’étranger, Cromwell se voit attribuer le droit de désigner son successeur. Pourquoi ne pas franchir le pas et devenir roi, comme le lui suggèrent ses plus zélés partisans ? La stabilité du régime en serait mieux assurée. De Janvier à Mai 1657, le « Lord Protector » hésite. Finalement, il décline l’honneur, car seul Dieu mérite un culte et il n’y a qu’un Roi, le Christ.

Tout semble sourire au « Lord Protector ». En Juin 1658, la victoire sur l’Espagne de l’alliance franco-anglaise vient confirmer le bien fondé de sa politique internationale : Dunkerque devient britannique. Mais les Anglais murmurent de plus en plus contre les fastes de leur roi sans couronne.

Cromwell meurt en Septembre 1658. L’ensemble du système qu’il a bâti a reposé sur sa seule personnalité, et son fils Richard, qu’il a désigné pour lui succéder, renonce vite au pouvoir. Ainsi, à partir de Mai 1659, sans roi ni « Protector », lasse de l’autorité puritaine, ballottée entre l’anarchie et la monarchie, l’opinion anglaise est mûre pour la restauration des Stuart.

Désormais donc, Charles II est bien décidé à ne pas reprendre le chemin de l’exil. Malgré ses convictions personnelles, qui le portent vers le catholicisme et l’absolutisme, il se montre suffisamment habile pour ne pas heurter de front la sensibilité de ses sujets. Sa tâche est facilitée par le climat de réaction antipuritaine qui a marqué la fin de la république. Débarrassée de maîtres trop rigoureux, l’Angleterre respire à nouveau, retrouve son goût pour les divertissements et voit avec plaisir rouvrir théâtres et tavernes. La cour donne l’exemple et l’on ne compte plus les maîtresses du roi.

Faite d’abord de plaisir, la restauration ne sombre ni dans la terreur ni dans la répression revancharde. Certes, le cadavre de Cromwell est déterré et pendu, le vieux poète Milton est un temps inquiété et quelques régicides sont exécutés, mais c’est la modération qui finit par l’emporter. Pourtant, la minorité religieuse dissidente que constituent les puritains est exclue de l’Eglise Anglicane. En 1662, 20 % des pasteurs anglais doivent renoncer à la direction de leur paroisse.

Par ailleurs, Charles II dispose d’un atout de poids avec un Parlement qui est exclusivement constitué de ses propres partisans. Ce « Parlement Cavalier », du nom donné aux fidèles du roi, est tout particulièrement attaché à la prérogative royale. Cela ne l’empêche cependant pas de voter, en 1664, le « Triennal Act » qui précise que le royaume d’Angleterre ne peut pas être privé de Parlement pendant plus de trois ans. Ainsi, l’institution parlementaire n’est plus soumise sans recours à l’arbitraire royal.

En 1664 également, John Aubrey, un Esotériste, observe attentivement pendant près d’un mois le monument Mégalithique de Stonehenge, ainsi que ses environs. Il estime bientôt que la plaine de Salisbury a jadis été un haut Sanctuaire Druidique ; ce, jusqu'à l’arrivée des Romains sur le sol de Grande-Bretagne.

En 1665, Londres compte un demi-million d’habitants, soit environ un Anglais sur dix. Pourtant, à cette époque, Londres subit de grands malheurs. La peste tu 70 000 de ses habitants et, en 1666, un incendie détruit les trois quarts de la city, en quatre jours seulement. La cathédrale Saint-Paul est anéantie et 89 églises paroissiales brûlées avec elle. Mais le sinistre ne fait que 12 morts et il met fin à la peste. Le Parlement vote le « Rebuilding Act », grâce auquel la reconstruction ne prend que vingt ans. Le grand architecte Christopher Wren y travaille activement et reconstruit la cathédrale Saint-Paul.

Wren espère alors donner à la nouvelle ville un plan rationnel, fait d’avenues rectilignes. Mais les marchands et les bourgeois de Londres veulent que leurs maisons soient reconstruites sur leurs anciennes fondations et le projet baroque de Wren ne voit pas le jour.

Par ailleurs, à cette date, nombre de savants anglais, comme Bacon, prennent part à l’étude scientifique des phénomènes naturels. L’unité de ces travaux est toujours la même : il s’agit de fonder rationnellement le savoir. Ces découvertes contribuent à détrôner la vieille cosmologie selon laquelle la terre reste immobile au centre de l’Univers, exposée aux assauts des forces surnaturelles. La nouvelle vision mécaniste du Monde considère désormais la terre comme un élément d’une vaste machine.

De son coté, Isaac Newton étudie des traités Hermétiques et Alchimiques depuis plusieurs années. Ces volumes représentent un dixième de sa Bibliothèque personnelle. En effet, il est obsédé par l’idée qu’une Sagesse Secrète se cache dans les Ecritures, et il y recherche sa signification. Or, peu à peu, il se met à supposer que les Egyptiens ont jadis possédé des Mystères incompréhensibles au vulgaire. Il se dit que sous le voile de Rites Religieux et de Symboles Hiéroglyphiques. Il écrit : « Parmi ces Enigmes, figure la connaissance que la terre tourne autour du Soleil, et non le contraire. ».

La grande intelligence et l’immense culture de Newton lui permettent ainsi d’élaborer de nombreuses hypothèses Scientifiques en ce qui concerne la mécanique, l’Optique, l’Astronomie, les Mathématiques. Il franchit plusieurs obstacles dans la compréhension de la nature de la lumière. Mais, surtout, il formule la loi de l’Attraction Universelle.

Après avoir un temps affermi sa position, Charles II est confronté à de graves difficultés. En 1665, Londres est frappée par la peste, en 1666, un incendie détruit la capitale et, en 1667, des bateaux hollandais remontent la tamise et terrifient la population. Cette deuxième guerre anglo-hollandaise s’achève dans la confusion : la nouvelle-Amsterdam, conquise par les Anglais dès 1664, leur est définitivement attribuée, sous le nom de New York, en échange du Surinam, cédé aux Provinces-Unies. Ce succès diplomatique médiocre contraint Charles II à changer de gouvernement.

Celui-ci reçoit le surnom satirique de « Cabal », tiré des initiales des noms de ses principaux membres. Sa politique est incohérente, car le roi cherche à imposer ses vues. Charles II tient surtout à se rapprocher de la france et, en 1670, à Douvres, il signe avec Louis XIV un traité secret dans lequel il promet de réintégrer l’Eglise catholique dès que possible. En 1672, l’alliance devient manifeste : la france et l’Angleterre engagent une nouvelle guerre contre les Provinces-Unies.

Au même moment, Charles II tente d’imposer au Parlement une politique d’indulgence envers les catholiques. C’est un échec. En Mars 1673, « l’Act of Test » impose au contraire à tout candidat à un emploi public une profession de foi anticatholique et la communion au sein de l’Eglise anglicane. Méfiante à l’égard du roi et très hostile à la france, l’opinion oblige son souverain à signer une paix séparée avec les Provinces-Unies en 1674 et à dissoudre le gouvernement de la « cabal ».

Mais l’Angleterre peut t’elle accepter d’avoir un souverain catholique ? Cette question domine le débat politique de la seconde partie du règne, car le duc d’York, frère de Charles II et unique héritier du trône, n’a jamais caché appartenir à l’Eglise de Rome. En 1678, Titus Oates, un aventurier sans scrupules, dénonce un prétendu complot « papiste ». Les violences se déchaînent contre les catholiques, et le roi, excédé, renvoie le « Parlement Cavalier ».

Pourtant, le nouveau Parlement est opposé aux prérogatives royales. Le 27 Mai 1679, les députés érigent une barrière juridique contre le pouvoir discrétionnaire de l’Etat en votant le « bill » de l’habeas corpus, qui protège les citoyens contre les arrestations et les détentions arbitraires. Le Parlement est décidément trop turbulent et Charles II gouverne désormais sans lui, grâce aux fonds alloués généreusement par Louis XIV.

03 octobre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1081 - 1084

angleterreA partir de 1637, J. Valentin Andréa voyage beaucoup. Il visite l’Autriche, l’Italie et la hongrie. Il y effectue un certain nombre de recherches en rapport avec la philosophie Hermétique. Puis, il devient le Grand Maitre du Prieuré de Sion.

Malgré tout, J. Valentin Andréa ne cache pas qu’il est toujours plus ou moins rattaché au mouvement rosicrucien. Et, au cours de son mandat au sein du Prieuré de Sion, il organise plusieurs réseaux de sociétés secrètes affiliées en même temps à cette Organisation et aux Rose-Croix. Il éparpille ainsi celles-ci un peu partout en Europe. Il leur donne pour objectif de préserver les Connaissances que l’Eglise condamne comme hérétiques. Et il les titre sous le nom curieux de : « Sociétés Chrétiennes ».

Peu après, il établit que chacune de ces sociétés doit être dirigée par un prince anonyme ; par contre, ce dernier doit être assisté par douze autres personnalités de son rang, réparties elles mêmes en quatre groupes spécialisés ; ils doivent en effet coiffer des sphères d’influences bien déterminées. C’est donc de cette manière que bon nombre de philosophes, de savants et d’hommes de Science entrent à son service ; et parfois infiltrent pour son compte quelques Loges Franc-Maçonnes ou Rosicruciennes. 

Dès lors, Samuel Hartlib ou Adam Komensky – plus connu sous le pseudonyme de Cornélius, mais aussi comme le correspondant privé de J. Valentin Andréa en Angleterre -, que Théodore Haak – un ami personnel d’Elisabeth Stuart – ou le docteur John Wilkins, prennent place parmi les plus hautes autorités de Grande-Bretagne ; et qu’en même temps, ils surveillent ses Loges Occultes.

Avant de mourir, à Stuttgart, J. Valentin Andréa dicte une lettre – inachevée -, dans laquelle il dit que le Soleil Invaincu a toujours été son bienfaiteur.

En 1648, à l’issue de la guerre de Trente Ans, trois confessions sont reconnues dans l’Empire Germanique : le catholicisme, le luthéranisme et le calvinisme.

Le catholicisme est globalement minoritaire dans le Saint-Empire, mais il dispose de trois soutiens majeurs : les Hasbourg, la puissante Bavière des ducs de Wittelsbach, des Ordres religieux particulièrement actifs – les jésuites sont fortement implantés en Rhénanie et en Autriche -. Les différentes confessions protestantes ont aussi leurs bastions : pour le luthéranisme, la saxe ; pour le calvinisme, le Palatinat électoral, la hesse et la westphalie.

Les catholiques refusant de discuter avec les protestants, les négociations aboutissent à deux accords différents ; les catholiques signent le traité de Münster, les protestants celui d’Osnabrück. Deux Etats indépendants sont créés : les Provinces-Unies et la suisse. Louis XIV reçoit une partie de l’Alsace, et la suède les provinces conquises par Gustave-Adolphe. La prusse gagne le Brandebourg, et la saxe la lusace.

L’Allemagne, déchirée, exsangue, doit se résigner à la victoire des particularismes. L’Empire est paralysé politiquement et diplomatiquement, car la diète, réunie en 1641 pour rédiger les traités, ne cesse d’en discuter l’application.

Provinces-Unies, première moitié du XVIIème siècle :

Petrus Paulus Rubens est le peintre de la nature voluptueuse. Reçu en 1598 maître à la corporation des peintres d’Anvers, il assimile les leçons des Flamands, en particulier celles de Bruegel pour son traitement des paysages. Un voyage de formation en Italie puis une mission diplomatique en Espagne en font un grand connaisseur de Titien, dont il apprend les procédés techniques. Dans ses drapés soyeux, se reconnaît également l’influence de Véronèse. De retour à Anvers, il devient le peintre de cour de l’archiduc des Pays-Bas, puis, très vite, il s’affirme comme le peintre le plus apprécié de son temps.

En 1611, Menasseh ben Israël est en contact permanent avec un certain nombre de Kabbalistes Chrétiens réfugié en Hollande. Il en Initie même quelques uns. Il apprend bientôt que ce pays est devenu la terre d’élection de Spinoza et du Protestant converti au Judaïsme J.F. Speeth. Il découvre enfin que ce dernier est en train d’écrire un texte dans lequel il explique qu’il pense avoir retrouvé une partie du panthéisme primitif dans certains ouvrages kabbalistiques. Avant d’être mis au courant que l’un des amis de J.F. Speeth, Sabattai Zévi, a rédigé un opuscule démontrant « qu’il n’existe nulle part en ce Monde d’Université Hébraïsante. ».

Pendant sa jeunesse, Jean-Baptiste Van Helmont fait des études de médecine et de chimie. Au cours de ses recherches, il découvre les propriétés du suc gastrique ; il invente également le mot « gaz ». Et, enfin, il est un adversaire acharné de la grande majorité des prétendus Alchimistes de son pays.

Mais, en 1618, alors qu’il vit depuis un certain temps dans son laboratoire de Vilsorde, il reçoit la visite d’un Initié. Celui-ci lui montre la pierre Philosophale. Il lui explique comment, avec un « grain » - la 600ème partie d’une once – roué dans du papier, et mêlé à huit onces de Mercure en ébullition, il est capable d’obtenir plus de huit onces d’or pur. Jean-Baptiste Van Helmont écrit alors un peu plus tard au sujet de cette étrange rencontre :

« En vérité, à de nombreuses reprises, j’ai tenu la pierre Philosophale entre mes mains. Elle était de la couleur du safran en poudre, mais pesante et brillante comme du verre pilé. ».

Puis, lorsque son fils vient au Monde, Van Helmont lui donne « Mercure » pour prénom : « C’est, dit t’il, pour me souvenir de mes expérimentations concernant le Grand Œuvre. ».

Descartes exprime le premier l’unité mathématiquement mesurable de l’Univers, un Univers soumis à des lois intangibles.

En effet, dans son célèbre « Discours de la méthode », il décrit les principales étapes de son itinéraire intellectuel. Ainsi, dès 1619, au cours de trois « songes », il entrevoit « l’esprit de vérité » et la démarche du doute méthodique, qu’il applique alors à toutes les études philosophiques et mathématiques qu’il mène. Il construit son système de pensée sur des « idées claires et distinctes ». Il affirme, par le « cogito » - « Je pense, donc je suis » - la possibilité d’une certaine connaissance de sa propre existence, mais aussi de celle de Dieu et du monde matériel.

Mû par une raison mathématique et ordonnatrice, l’homme se pense à présent capable de se rendre « maître et possesseur »du Monde et de la nature. Néanmoins, toutes ces idées neuves ne concernent encore qu’une infime minorité de savants et d’expérimentateurs entourant Descartes. Mais cette réflexion est lourde de potentialités, car en mettant en valeur le primat du doute méthodique, Descartes remet toute autorité en question.

En outre, en 1631, Descartes écrit : « Il n’est aucun homme, excepté moi, qui n’exerce la marchandise, chacun y est tellement à son profit que j’y pourrais demeurer toute ma vie sans être jamais vu. ». Descartes défend tolérance et profit, tout en relativisant les idéaux de bravoure, de courage, de dépassement de soi, véhiculés par la guerre. Parce qu’il est identifié à la liberté d’entreprendre, l’argent, loin d’être honteux, contribue à écarter la notion d’honneur et d’héroïsme. En Hollande, la véritable vertu se situe plutôt dans l’organisation d’un système de finances et de commerce à l’efficacité éprouvée.

Le juriste Hugo de Groot – ou « Grotius » -, pour sa part, fait paraître en 1625 son ouvrage, « Droit de la guerre et de la paix ». Auparavant, mêlé à une querelle politico-religieuse, il est condamné à la prison à perpétuité ; pourtant, il réussit à s’évader. Le conflit allemand le pousse ensuite à tenter de définir un droit de la guerre pour limiter la violence et prohiber certaines pratiques :

« J’ai remarqué de tous cotés dans le monde une licence si effrénée par rapport à la guerre que les nations les plus barbares en devraient rougir. On court aux armes ou sans raison, ou pour de très légers sujets ; on foule aux pieds tout droit divin et humain ; comme si, dès lors, on était autorisé et fermement résolu à commettre toute sorte de crime sans retenue. ».

Anton Van Dyck est issu d’une famille aisée se livrant au commerce des étoffes. Van Dyck fait preuve d’un génie précoce et signe à quatorze ans son premier tableau. Bientôt, une grande dame anglaise le pousse à se rendre en Angleterre. Le roi Jacques Ier l’accueille parmi les peintres de la cour. Mais, Van Dyck obtient un congé de huit mois pour voyager en Italie : Anvers, Gênes, Rome, Venise, et enfin Palerme constituent les principales étapes d’un périple bien plus long que prévu. De retour à Anvers, son succès ne se dément pas et son activité, à la fois comme peintre sacré et comme portraitiste est intense. En 1632, il quitte de nouveau Anvers pour Londres, où il devient le portraitiste officiel de Charles Ier et de la cour. Fait chevalier, il épouse – signe évident de succès – une jeune Ecossaise de haute noblesse.

Dans ses œuvres, c’est tout l’appétit de vivre qui transparaît. Les portraits du roi, au-delà de l’harmonie des tons, laissent entrevoir la mélancolie du souverain, comme si l’artiste prévoyait les tragédies à venir.

A la mort de Rubens, Van Dyck retourne à Anvers, puis pose sa candidature pour la décoration de la galerie du Louvre ; mais, débouté, il revient à Londres, où il meurt le 10 Décembre 1641, alors que le pays plonge dans la guerre civile.

         

De son coté, au même moment, peintre et graveur, Rembrandt Hamenszoon est reconnu de son vivant comme un grand artiste, ce qui lui permet de connaître d’abord une grande réussite matérielle et sociale. Mais « la ronde de Nuit », mal accueillie par ceux qui l’ont commandée, marque le début des difficultés du peintre. Deuils, soucis financiers, incompréhension – sa vie privée fait scandale – sont le lot des dernières années et marquent d’une certaine amertume les autoportraits que Rembrandt exécute jusque dans sa vieillesse.

Son œuvre abondante, 400 tableaux et 300 gravures environ, révèle une technique très sûre – finesse du dessin, chatoyance des couleurs, maîtrise des clairs-obscurs – mise au service d’un regard qui cherche la vérité profonde de tout être. 

Roumanie, première moitié du XVIIème siècle :

Chez les habitants des Balkans, Bheng est le démon planétaire ; il est identifié au Maître du Monde Souterrain.

18 septembre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1041 - 1044

angleterreQuelques mois plus tard, John Dee se livre à des expériences Magiques à l’aide de pierres à la surface scintillante ; il prétend qu’elles possèdent des vertus extraordinaires : « Les Esprits qui se dégagent d’elles, écrit t’il en langage codé dans un livre intitulé « Liber Logaeth », m’apparaissent sous la forme d’hommes ou de femmes. ».

Puis, un peu plus tard, un Etre Surhumain se révèle à lui. L’individu lui donne un miroir mystérieux ; il s’agit d’un morceau d’anthracite extrêmement poli. Il lui dit qu’en regardant ce cristal, il pourra voir d’autres Mondes, qu’il pourra entrer en contact avec des Intelligences autres que celle de l’Homme. Puis, après la disparition de l’Entité, John Dee s’aperçoit que les Secrets qui se cachent à l’intérieur de ce « Monade » s’avèrent peut-être de la plus haute importance pour l’avancée de ses travaux Esotériques.

John Dee utilise ensuite un Livre qu’il a acheté longtemps auparavant, le « Liber Mysteriorum Sextus ed Sanctus » - ou « Sixième Livre des Mystères Sacrés » - en plus du Liber Logaeth, pour progresser plus avant dans ses expérimentations. L’ouvrage lui sert dès lors d’index permettant de construire une série de Carrés Magiques de 49 x 49. Et, grâce à son miroir, il s’auto hypnotise. A l’aide de ses tableaux, il étale un certain nombre de Lettres et de Symboles Occultes devant lui. Il entre profondément en transe. Sa main tremblante et autonome désigne l’un ou l’autre d’entre elles. Il en soulève une et note ce qui y est écrit. Et, enfin, au bout d’un moment, il les répète de multiples manières et avec différentes intonations. Il parvient donc à ouvrir, puis à franchir une Porte entre les Mondes.

John Dee s’aventure alors au cœur des multiples Réalités se cachant au-delà de l’Univers Connu. De même, il est ainsi le premier à laisser un compte rendu détaillé du commerce des Humains avec ceux qui peuplent les gouffres insondables séparant le Cosmos. Il est enfin le seul à offrir une preuve pratique de l’existence de créatures non humaines en dehors de la terre.

Car John Dee a de longues conversations avec ces Esprits ; et il rapporte chacune de celles-ci dans les milliers de pages qui composent le Liber Logaeth. Il explique que ces Mânes ne sont pas des Ames de Morts, mais des Anges et des Démons. Dans un chapitre, il déclare aussi que ceux-ci ont accepté de lui apprendre une série d’invocations, ou « Clefs » ; elles sont très anciennes et uniquement exprimées dans un dialecte appelé « l’Enochien ». John Dee est donc peu à peu amené à s’intéresser au « Livre d’Enoch » ; un texte apocryphe issu de l’Ancien Testament.

En fait, grâce à un de ses amis du nom de Bruce, il obtient relativement vite une copie des fragments du Livre d’Enoch existantes. Elle est rédigée en Hébreu. Et, en parcourant ces pages, quelle n’est pas sa surprise lorsqu’il découvre qu’à l’Aube des Ages, un certain nombre d’Anges ont entretenu des rapports avec des jeunes filles humaines ; puis, qu’avant de quitter ce Monde, ils leur ont Enseigné les principaux Secrets de la magie et de l’Occultisme.

Dans un autre chapitre du Liber Logaeth, John Dee décrit un entretien particulier qu’il a eu avec un Esprit. Il y dit que celui-ci a été amené à lui parler de la ville de Dunwich. Il lui a raconté qu’autrefois, cette cité a en partie submergée par la mer ; mais qu’auparavant, elle a été la capitale de l’Est-Anglie. Il lui apprend encore qu’elle existe pourtant toujours et qu’elle se situe non loin de Suffolk, à quatre miles au Sud-ouest de Southwold. Il lui révèle enfin qu’un énorme cercueil de pierre ayant forme humaine y est enterré, et que c’est à l’intérieur de ce dernier qu’est dissimulée l’intégralité du Livre d’Enoch, ainsi que le « Nécronomicon ».

John Dee écrit alors : « Lors de la démolition de l’église Saint-John de Dunwich, tombée en ruines, les excavateurs ont mis au jour un tombeau. Les ouvriers l’ont ouvert. Ils ont examiné ce qu’il y avait dedans. Et, en fait, il renfermait un énorme cercueil ayant l’apparence exacte d’un homme. Ils ont donc crocheté les scellés du second caveau. Ils y ont trouvé un cadavre à peu près humain curieusement vêtu ; mais dès qu’ils le frôlèrent, il tomba en poussière. ».

En 1584 toujours, par sa politique, Elisabeth rend définitive la rupture avec Rome, ce qui ne facilite pas ses relations avec l’Irlande catholique. Quand Henri VIII s’est fait proclamer roi d’Irlande, en 1541, l’île était loin d’être conquise. Sous Elisabeth, les choses s’aggravent encore. L’Irlande, alliée traditionnelle de l’Espagne, résiste à la domination anglaise, mais ses tentatives de soulèvement populaire sont écrasées. La dure répression des révoltes marque le début d’une colonisation systématique et cruelle dans le contexte d’irréductible hostilité.

Quant aux relations avec l’Ecosse, elles sont empreintes de la dimension personnelle et passionnelle que leur donne le duel des deux reines, Elisabeth Ière et Marie Stuart. Fille de Jacques V, reine d’Ecosse deux ans après sa naissance, en 1542, Marie Stuart est envoyée à la cour de France, où elle est élevée par les ducs de Guise, ses oncles maternels. A six ans, elle est fiancée au dauphin François, futur François II. Le mariage a lieu en 1558 et François monte sur le trône un an plus tard. Mais il meurt dès 1560 et Marie Stuart regagne alors son royaume. 

Catholique, elle gouverne un pays peuplé de presbytériens. Après un temps de compromis, Marie multiplie les imprudences et, en 1567, face au soulèvement de ses sujets, elle doit abdiquer en faveur de son fils Jacques. Réfugiée en Angleterre, elle est d’abord traitée avec égards par sa rivale, Elisabeth. Mais bientôt, accusée d’encourager des complots contre la reine, elle est arrêtée. En 1587, Elisabeth la fait juger, condamner par le Parlement et décapiter. Avec une certaine duplicité, elle prétend avoir été mal obéie et contrainte à une telle sévérité. Ce subterfuge peu glorieux lui permet de préserver ses relations avec celui qui va hériter  de la couronne  d’Angleterre : le propre fils de  Marie Stuart, Jacques VI d’Ecosse, futur Jacques 1er d’Angleterre.

En même temps, les choix politiques et religieux d’Elisabeth ont d’autres conséquences car les relations de l’Angleterre avec l’Espagne se détériorent. Le sort des catholiques anglais et de Marie Stuart ne peut laisser indifférent le roi « très catholique », qui supporte également mal les incursions anglaises dans son Empire. Lors de son tour du Monde, le navigateur Anglais Francis Drake intercepte un convoi Espagnol et s’empare de son or. Comme Elisabeth brave les plaintes de l’ambassadeur espagnol en armant Drake chevalier, Philippe II prend la décision d’éliminer ces adversaires. Il réunit une flotte, considérable, et la baptise lui même « l’Invincible Armada » ; le 20 Mai 1588, 10 300 marins et 19 000 soldats entassés sur 130 bâtiments quittent le port de Lisbonne. L’invincible Armada est cependant vaincue à la fois par les marins anglais et par la tempête. Seuls 63 bateaux regagnent l’Espagne. Cette humiliation n’entame pas réellement la domination espagnole sur l’Atlantique, mais l’Angleterre montre sa puissance et elle peut maintenant se lancer à la conquête du Monde.

1593 est marquée par un grand dynamisme démographique et économique. L’industrie drapière poursuit son expansion, l’exploitation de la houille et du fer progresse de façon spectaculaire et le commerce est florissant. La célèbre « Compagnie des Indes Orientales » est créée, et sir Walter Raleigh fonde la virginie, marquant ainsi le début de l’emprise anglaise en Amérique du Nord ; il en ramène le tabac et la pomme de terre.

Par ailleurs, en cherchant à atteindre la chine par le Nord-est, Jean Davis parvient au cœur de la russie par les voies fluviales, ouvrant ainsi la route aux explorateurs de l’Asie Centrale. Ralph Ficht va jusqu'à l’Euphrate, atteint l’Inde et est reçu par le Grand Moghol. Enfin, en 1594, Jacques Lancaster renouvelle l’exploit de Vasco de Gama en faisant le tour de l’Afrique ; ils sont trois-cents à partir mais seuls quinze reviennent.

La société se transforme aussi. L’aristocratie terrienne doit s’adapter, car le commerce maritime, qui permet d’importer des céréales, lui fait concurrence. Le mouvement des « enclosures » - clôture de champs – se poursuit inexorablement et tend à substituer à l’exploitation collective et traditionnelle du sol un système de grandes propriétés individuelles. Ouverte à toutes les activités, la « gentry » - petite noblesse – gère avec soin ses domaines sans mépriser le commerce ou l’industrie. Les bourgeois des ports, de Londres notamment, s’enrichissent et participent à la politique locale.

En revanche, le sort des classes populaires est plus contrasté. Le statut des artisans constitue un véritable code du travail. A la campagne, les « yeomen » - petits et moyens agriculteurs propriétaires – forment une paysannerie plutôt aisée, mais les enclosures chassent les plus pauvres et les font affluer vers les villes. Les lois sur les indigents tentent de porter remède à cette situation nouvelle : les invalides sont placés dans des hospices, financés par des collectes obligatoires ; les pauvres en bonne santé sont soumis au travail forcé.

A la fin de l’année 1596, au cours de son voyage à travers toute l’Europe, John Dee quitte Prague pour Leipzig. Mais, le nonce du pape soumet un document au roi Rodolphe, dan lequel il accuse John Dee d’évoquer des « Esprits défendus ». Début 1597, il est donc obligé de retourner en Angleterre.

Or, il arrive juste à temps dans la capitale pour voir une populace déchaînée mettre le feu à la maison qui renferme son laboratoire et sa Bibliothèque de plus de 4000 volumes rarissimes.

La fin du règne d’Elisabeth, après 1599, n’est pas seulement une époque de grands bouleversements politiques, religieux et économiques, elle est aussi celui de l’art et de la culture. La langue littéraire s’affirme avec des poètes comme Spenser, qui publie « la reine des Fées », en hommage à Elisabeth.

Le théâtre est l’une des deux réussites les plus éclatantes et les plus originales de cette période. S’ouvre à Londres, sur la rive Sud de la tamise, le théâtre du Globe, qui rassemble nobles, marchands, ouvriers et matelots pour ses séances de l’après midi. Les pièces de Marlowe – Docteur Faust - et de Ben Jonson – Valpone – y connaissent un grand succès.

Mais c’est Shakespeare qui s’affirme comme le maître incontesté du lieu : à la fois auteur, acteur, administrateur de troupe, il triomphe dans tous les genres. Puis, après vingt ans de carrière, il regagne son village natal, où il meurt, riche et respecté.

Quoiqu’il soit l’auteur d’admirables poésies, dont les célèbres « Sonnets », c’est surtout au théâtre que Shakespeare doit sa réputation. Il écrit plus de trente pièces, réparties en comédies – « la mégère Apprivoisée », « Beaucoup de bruit pour rien »… -, drames historiques – « Richard III », « Henri V »… - et tragédies – « Hamlet », « Macbeth », « Othello », « Roméo et Juliette », « le Roi Lear »… -.  D’ailleurs, pour cette dernière pièce, Shakespeare – Initié depuis longtemps à la tradition Esotérique de l’Angleterre – se sert du Symbolisme britannique pour situer le lieu de naissance de la guerre des Deux Roses. Il sait en effet très bien à quoi correspondent la rose Rouge des Lancastre et la rose Blanche des Plantagenêts. Il est également au courant que la capitale du pays, comme un pavé de mosaïques, possède en son sein un Mystère lié au chiffre « 2 ». De plus, d’une extraordinaire richesse de langage, elle campe des personnages inoubliables, confrontés aux jeux de l’amour, aux drames du pouvoir ou à la solitude de la conscience humaine.

L’autre grand art de cette époque, c’est le portrait de cour, dans lequel excellent les Allemands et les Hollandais. La reine Elisabeth est marquée par les peintres flamands Hans Eworth et Marcus Gheeraerts père et fils. Leurs œuvres décrivent avec une merveilleuse précision les costumes. Mais le miniaturiste Nicholas Hilliard, fait preuve de plus d’originalité ; il doit son talent à sa triple formation de miniaturiste, d’orfèvre et de sculpteur, et quand il meurt, en 1619, il jouit d’une réputation internationale. Dans ses œuvres destinées à la cour, Hilliard s’attache à la pureté des lignes ; en revanche, dans ses portraits privés, il adopte un style plus libre mais toujours raffiné. 

Allemagne, seconde moitié du XVIème siècle :

Après de nombreuses années de recherches, Kepler – 1571 – 1630 – énonce les lois générales du mouvement planétaire.

25 août 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 969 - 974

angleterreAngleterre, XVème siècle : 

Henri V est le fils d’Henri IV de Lancastre, cousin germain de Richard II, qui prend contre celui-ci la tète de la rébellion féodale, laisse mourir l’héritier légitime de faim dans sa prison et s’empare du trône.

Pendant le règne de son père, le futur Henri V fait l’apprentissage de son métier de roi, en matant la révolte du Pays de Galles, menée par Owen Glyn Dwr. Animé d’une volonté de fer et sûr de son bon droit, Henri veut reconquérir l’ensemble des terres jadis tenues par les Plantagenêts. Il semble y parvenir quand il meurt, en 1422, deux mois seulement avant Charles VI : il a épousé la fille de celui-ci, Catherine, et leur fils, le jeune Henri VI, pense pouvoir régner sur les deux royaumes. Il sait en outre se donner des administrateurs efficaces : l’évêque Cauchon, le boucher parisien Jean de Saint-Yon, un financier avisé.

A partir de 1450, l’Angleterre vit une situation difficile. Le roi Henri VI de Lancastre est incapable de maintenir l’équilibre entre les grandes familles aristocratiques, typiques d’une féodalité « bâtarde ». Bigot, de santé mentale fragile, le roi est sous la coupe d’un entourage honni : ses ministres, les ducs de Suffolk et de Somerset, et surtout sa femme, Marguerite d’Anjou, qui symbolise la défaite et la reculade devant la france.

Au printemps de 1450, la perte de la normandie est le signal de la débâcle. Les guerres privées se multiplient. L’Etat s’effondre. La condamnation, puis l’assassinat de Suffolk ne ramènent pas le calme. Jack Cade, un aventurier qui marche sur Londres, fomente la « révolte des Communes du Kent. Les troupes royales écrasent Cade, mais l’anarchie progresse.

Peu à peu, les regards se tournent vers un cousin du roi, Richard, duc d’York, alors en semi-exil en Irlande. Rentré dès Septembre 1450, il tente, avec l’aide du Parlement, de réformer le gouvernement. Ne pouvant écarter Somerset, il recourt à la force en 1452, avant de s’incliner devant l’armée du roi. Echec cuisant, mais bref : en 1453, Somerset perd la gascogne ; surtout, une crise de folie du roi oblige à faire appel à York, son plus proche parent. Richard d’York est proclamé protecteur du royaume, et Somerset emprisonné. Mais, dès 1454, Henri VI recouvre la raison, York démissionne et Somerset reprend le pouvoir.

York s’allie alors aux comtes de Salisbury et de Warwick, du puissant clan des Neville. Défenseurs de la frontière avec l’Ecosse, ils ont des troupes bien entraînées, qui battent l’armée royale à Saint Albans, en Mai 1455.

Mais le prestige du titre royal permet encore à Henri VI de reprendre l’initiative. Il confisque les biens de York et de ses partisans. Une nouvelle confrontation est inévitable.

Acculé au combat à Ludford, York abandonne son armée et s’enfuit en Irlande. En Octobre 1459, son fils Edouard et les Neville gagnent Calais, d’où les lancastriens tentent en vain de les déloger. Ils y rassemblent une nouvelle armée, à laquelle Londres ouvre ses portes. En Juillet 1460, les lancastriens sont écrasés à Northampton. Henri VI étant prisonnier, il faut trouver un compromis : le Parlement fait d’York l’héritier d’Henri VI de Lancastre.

Pendant ce temps, Marguerite d’Anjou, décidée à défendre les droits de son fils, rassemble ses fidèles dans le Nord de l’Angleterre. York et Salisbury la poursuivent. Surpris par une armée royaliste, ils meurent à Wakefield, en Décembre 1460.

L’armée lancastrienne descend vers le Sud, dévastant tout sur son passage. Elle est si indisciplinée que ses chefs n’osent la faire entrer dans Londres. Affamés, les piteux vainqueurs repartent vers le Nord. Edouard, fils du duc d’York, en profite : en Mars 1461, il se fait proclamer roi à Londres, sous le titre d’Edouard IV. Son armée écrase les lancastriens à Towton.

Mais, réfugié en Ecosse et soutenu par la france, Henri VI a encore des partisans dans le Nord de l’Angleterre. Ceux-ci sont écrasés à Hexham, en 1464, et le roi est de nouveau prisonnier en 1465. Tout paraît réglé. Pourtant, Edouard IV, malgré ses qualités, se heurte aux mêmes désordres qu’Henri VI.

Car, autour du comte de Warwick, qui a porté Edouard sur le trône, le clan des Neville s’oppose à celui de la reine, Elisabeth Wydeville. Le propre frère du roi, le duc de Clarence, lui envie sa puissance. Warwick et Clarence suscitent des rebellions dans le Nord. Puis Warwick débarque à la tète de la garnison de Calais, dont il est capitaine, et s’empare du pouvoir.

Cette fois encore, mais au profit d’Edouard IV, la seule vertu du titre royal opère, et le roi renverse la situation. En Mars 1470, Warwick et Clarence se réfugient auprès du roi de France Louis XI, qui, fin diplomate, les réconcilie avec Marguerite d’Anjou et la maison de Lancastre. Si bien qu’en Septembre, lorsque Warwick, appuyé par Louis XI, revient en Angleterre, il est lancastrien. Trahi, Edouard IV s’enfuit en Hollande, auprès de son beau-frère, Charles le Téméraire. Pendant ce temps, Warwick, surnommé « le Faiseur de Rois », et Clarence, remettent Henri VI sur le trône.

En Mars 1471, cependant, Edouard revient à son tour, avec une armée payée par le Téméraire. Et il remporte, à Barnet, une victoire décisive – grâce à Clarence, qui trahit Warwick. Ce dernier est tué. Marguerite d’Anjou et l’armée lancastrienne du Sud sont écrasées à Tewkesbury. En 1471, Henri VI est exécutée, Edouard IV rentre à Londres, et la fin de son règne est enfin, paisible et prospère.

Les problèmes ressurgissent malgré tout en 1483, à la mort du roi. Le frère d’Edouard, Richard de Gloucester, devient, par testament, protecteur du royaume. Mais lord Rivers, frère de la reine, entend faire couronner rapidement le fils du roi, Edouard V. Richard réussit à intercepter Rivers, ainsi que le jeune roi et son frère, sur la route de Londres. Rivers est décapité, les princes assassinés à la tour de Londres. Richard est seul maître.

Mais son pouvoir est fragile. Les mécontents complotent avec la reine. En Juin, Richard « révèle » que le mariage d’Edouard n’a pas été validé : les princes sont des bâtards. Il se fait proclamer roi. L’Angleterre est épouvantée, et Richard III, au moment décisif, ne trouve pas le soutien nécessaire pour asseoir son pouvoir. Cet acte le rend en effet si impopulaire que les lancastriens reprennent espoir. Leur prétendant, est Henri Tudor, comte de Richmond, fils de la dernière représentante des Lancastre et d’un certain Edmond Tudor dont le père est un capitaine gallois et garde du corps de Catherine de Valois – veuve d’Henri V – qu’il a épousée.

Richmond tisse des liens avec les partisans de Marguerite d’Anjou et débarque au pays de Galles en Août 1485. La rencontre décisive a lieu le 22 Août, à Bosworth. Abandonné par les siens, Richard III est tué – réduit à combattre à pied, il prononce la phrase « Mon royaume pour un cheval ». Richmond monte alors sur le trône, sous le nom d’Henri VII puis il épouse Elisabeth d’York. Fille d’Edouard IV et d’Elisabeth Wydeville : les Lancastre s’allient aux York, la guerre s’achève, et le roi reconstruit son pouvoir sur l’union des deux lignées. En réalité, il met en place un système de contrôle étroit de l’aristocratie. 

Allemagne, XVème siècle : 

A cette époque, c’est en Allemagne que s’éveille la pensée technique ; elle se tourne d’abord vers l’Art de la guerre et des sièges. Bien des machines qui figurent dans les traités de Kyeser ne sont pas destinées à être exécutées ; mais les progrès s’appliquent aux mécanismes de base – système bielle-manivelle, engrenages, pompes hydrauliques – qui permettent des développements ultérieurs.

La révolution culturelle qu’est l’imprimerie est préparée par le développement d’autres techniques, telles que la xylographie – gravure sur bois – et la métallographie – sur métal -, et conditionnée par la production de pâte à papier à base de chiffons broyés, remplaçant le parchemin. L’imprimerie voit donc le jour dans des centres métallurgiques.

L’essentiel de l’invention consiste à fabriquer des caractères mobiles dans un alliage de plomb, d’étain et d’antimoine, fondus à partir de matrices gravées avec un poinçon d’acier. Ces caractères, précis et résistants, servent à composer des mots, phrases, rassemblées en pages sur un tableau de bois, la galée ; on encre la composition avec un tampon ; la presse à imprimer est mue par un chariot.

Gutenberg – 1400 – 1468 -, diamantaire et fabricant de miroirs, s’installe à Strasbourg, puis à Mayence ; il met son procédé au point en secret grâce aux capitaux d’un commanditaire, Johann Fust, mais celui-ci, l’accusant de ne pas tenir ses engagements, l’attaque en justice. Gutenberg perd son procès et doit abandonner son matériel. Il est remplacé par son associé, Peter Schöffer, qui exécute en 1455, le « Psautier de Mayence ».

Les livres imprimés par la suite sont écrits, pour les deux tiers, en latin, et la moitié d’entre eux traitent de sujets religieux. L’autre moitié est composée d’ouvrages de littérature générale, qu’il s’agisse d’auteurs anciens ou contemporains. Il y a aussi des ouvrages de morale, des romans de chevalerie et des traités scientifiques.

Bientôt, le livre évolue. Le petit format facilite la manipulation des ouvrages de piété, et le caractère romain détrône le gothique. La page de titre apparaît en 1480. Enfin, des vignettes illustrées et des planches gravées ornent les ouvrages grâce à cette autre invention de l’époque, l’estampe.

Outre l’imprimerie, quatre domaines sont surtout touchés par la révolution de la technique : le textile, la métallurgie, l’artillerie, l’architecture civile et militaire. Le textile, avec la fabrication des cotons, avec l’essor du tricot et la vogue de la soie, doit répondre à une demande croissante : le rouet se dote d’une pédale qu’actionne le système bielle-manivelle, une ailette imprime au fil une torsion supplémentaire ; tissage et cardage gagnent en qualité et en rapidité.

L’extraction du minerai et la métallurgie connaissent des bouleversements très importants : on apprend à s’enfoncer plus profondément dans les galeries grâce à des machines à pomper l’eau ; on construit des hauts-fourneaux de grande taille, actionnés par soufflerie hydraulique, capables de fournir 50 ou 100 tonnes de métal par an. A coté des métaux précieux tels que l’argent et le cuivre – exploités en Bohème – le « ressuage » permet de séparer le cuivre de l’argent -, on produit de la fonte et de l’acier, qui transforment les instruments de la vie quotidienne : clous, rasoirs, couteaux. Ces besoins nouveaux et le dynamisme des échanges donnent naissance à l’Industrie. 

Vers 1480, le plus haut sommet de la chaîne du Hatz – le pic de Brocken – est réputé pour être le principal lieu de réunion des Mages de l’Empire. La rumeur populaire prétend en effet que lorsque ceux-ci s’y retrouvent, certaines nuits, on peut entendre le fracas provoqué par des armées mystérieuses, ou des processions de fantômes. On dit encore qu’ils s’y rencontrent plus souvent encore la semaine du Solstice d’Hiver, ou le soir du 1er Mai – au cours de la cérémonie des Walpurgis -. Ils se dépouillent alors de leur forme humaine, se métamorphosent en loups, puis entrent à l’intérieur des fermes pour y dévorer leurs animaux. On dit enfin qu’ils sont à même de susciter des intempéries phénoménales ravageant tout sur leur passage ; et que les Seigneurs Allemands les appellent à leurs cotés en temps de guerre pour cette raison.

Pologne, XVème siècle : 

La sanglante défaite de Witold à la bataille de Worskla, face aux Mongols, en 1399 conduit tout droit à une autre guerre. Une fois la politique d’expansion à l’Est devenue impossible, l’avenir de la lituanie passe par la consolidation de l’union avec la pologne. Les Teutoniques bloquent l’accès des deux pays à la baltique et gardent leurs visées expansionnistes. La guerre est inévitable.

Celle-ci éclate en 1409, après une révolte de la samogitie, occupée par les Teutoniques, qui ont l’appui de la maison du Luxembourg, c’est à dire de l’Empire, de la bohème et de la hongrie. Ils ont aussi le soutien de la poméranie, et l’aide des chevaliers occidentaux. Les Polono-Lituaniens doivent se contenter de quelques mercenaires tchèques et des partisans tatars de Witold. L’engagement a lieu le 15 Juillet 1410 près de Tannenberg et de Grünwald. Les charges de nobles polonais regroupés sous les bannières des grands clans nobiliaires écrasent les Teutoniques. Le grand maître et la plupart des dignitaires de l’Ordre sont tués pendant la bataille.

L’Ordre des chevaliers Teutoniques risque de disparaître. L’un des dignitaires rescapés, Heinrich von Plauen, résiste et oblige Jagellon à traiter. Mais la domination de l’Ordre dans la région est terminée, et l’accès de la baltique assuré.

Dès lors, le jeune et brillant Ladislas III Jagellon se fait couronner roi en 1439. En 1444, avec l’aide du général hongrois Jean Hunyadi et du légat pontifical Cesarini, il prend la tète d’une croisade qui remporte d’abord de grands succès ; mais imprudemment avancés en territoire ennemi, les croisés sont surpris et massacrés par les Turcs à Varna. Le roi trouve la mort durant la bataille.

Le jeune Ladislas le Posthume, âgé de quatre ans, doit lui succéder, et c’est Jean Hunyadi, le héros de la résistance contre les Turcs, qui assure la régence jusqu’en 1452. A la mort de Ladislas le Posthume, en 1456, la plus grande partie des nobles désigne comme roi le fils de Hunyadi Mathias, dit « Corvin » - « le Corbeau » - à cause de la couleur de ses cheveux. Mais d’autres nobles préfèrent à ce roi « national » le cousin de Ladislas, Frédéric III, Empereur Germanique. Le grand atout de Corvin est son armée, « l’armée noire », qu’il réunit à la « Banderia » royale. Il triomphe ainsi de son adversaire en 1462.

En Bohème, c’est un noble « national », Georges de Podebrady, qui est élu roi. Lui aussi doit se défendre contre Mathias Corvin, qui lui arrache la moravie et la silésie. En 1470, par peur de Corvin, la diète de Bohème fait encore appel à lui : Janos, fils de Corvin, devient roi de Bohème.

Corvin reprend ensuite la guerre contre Frédéric III, lui enlève Vienne en 1485 et une partie de l’Autriche. Mais lorsqu’il meurt brusquement en 1490, les Hongrois refusent de désigner son fils, Janos Corvin, comme roi, lui préférant Ladislas, qui réunit les deux couronnes de Bohème et de Hongrie. 

                                                                                                               

En 1495, la dynastie polonaise règne donc sur toute l’Europe de l’Est. Mais il s’agit d’un système politique différent de celui des royaumes occidentaux. Cet Etat est avant tout une « République nobiliaire ». Le roi y est privé de l’initiative et doit coexister avec un parlement appelé « diète ». Grâce à celle-ci, le clergé et surtout la noblesse pèsent de tout leur poids sur la politique du roi. Cette particularité ainsi que la nature exclusivement familiale des unions entre les différentes couronnes expliquent la fragilité relative de « l’Empire » polonais naissant.

Russie, XVème siècle : 

Vers 1420, les populations du Nord de la russie croient un dieu qu’ils désignent parfois par le nom de « Bego », parfois par celui de « Es », parfois par celui de « Nga », parfois par celui de « Turum », ou parfois par celui de « Num ». Pour elles, il est l’Incarnation du Ciel qui surveille le Mécanisme de l’Univers ; mais il ne se mêle jamais des affaires humaines. Il gouverne le Monde Supérieur ; et il règle la marche des Saisons. 

Malgré tout, le Mythe de la création de ces populations, évoque une divinité appelée Ekseri : « A l’ Origine, il y avait de l’Eau partout. Ekseri, la divinité Céleste, volait au dessus des Eaux. A un moment donné, fatiguée, elle demanda à un oiseau de plonger et de lui rapporter de la vase dans son bec. Le plongeon arracha donc la vase de la surface de l’Eau ; et elle forma la terre.

Or, cette divinité bienveillante avait un Frère aîné, néfaste. Rapidement, celui-ci devint le maître du Monde Inférieur. Il gâcha la création de son Frère cadet car, dès qu’Ekseri façonna les Ames humaines avec de la terre et avec des pierres, il leur cracha dessus. C’est pourquoi les hommes meurent. ».

Les populations du Nord de la russie pensent en outre que ce Frère aîné a pour épouse la maléfique Xosadan. Pour elles, elle est l’Incarnation du Nord. Elle est la maîtresse du Froid, de l’Obscurité, et de la maladie. Elle habite une île Morte à l’extrémité Septentrionale du Monde : « Dans son île, poussent des mousses blanches et des arbres tordus ; il y a des rafales de vent et des cris lugubres d’oiseaux noirs à tètes de serpent ; y vivent des légions porteuses de maladies et voleuses d’Ames. Elle y dévore les Ames humaines. Et elle envoie des tempêtes, des épidémies, et des calamités, aux hommes qui demeurent dans le reste du Monde. ».

Aux cotés de ces trois divinités, les populations imaginent qu’existent des Esprits Fondamentaux, tels que les Esprits Célestes, les Esprits Maîtres, et les Esprits Chaotiques. Parmi ceux-ci se trouvent donc l’Esprit de la forêt, l’Esprit du Feu, etc. Pour les contacter, leurs Chamans entrent en état de transe : ils tombent en léthargie, et leurs Ames quittent temporairement leurs corps afin de les rencontrer dans un autre Plan de la réalité.

C’est pour cette raison que les Chamans Initient parfois certains adolescents à la « Folie Divine » ; qu’ils estiment être le premier signe d’une vocation Religieuse. Dès lors, au cours de transes Mystiques, les jeunes hommes ont souvent des visions : ils se voient pénétrer au cœur d’une montagne, où un homme nu actionne un soufflet pour attiser les flammes qui apparaissent sous un chaudron. Ils s’observent être conduits par cet individu, puis, pris à l’aide de pincettes géantes. Ils se distinguent tandis que leur tète est tranchée, que leur corps est découpé en morceaux, et que le tout est jeté dans le chaudron. Et, à ce moment là, ils aperçoivent trois enclumes : sur l’une d’elle, l’inconnu est en train de forger la tète de l’Adepte que le jeune homme est en train de devenir en assistant à la scène. Il se rend compte que l’homme récupère bientôt ses os ; et qu’il les rassemble devant lui pour les recouvrir de chair neuve. 

Face à la pologne des Jagellon, se lève un futur rival : à l’Est de leur Empire, les grands ducs de la lituanie catholique se disputent les principautés russes à la moscovie orthodoxe. Au concile de Florence est conclue une éphémère union entre les catholiques romains et les orthodoxes grecs. Mais le grand prince de Moscovie, Basile II – ou « Vassili II » -, dépose le métropolite Isidore, favorable à l’union, et désigne lui même son remplaçant. Le nouveau chef de l’Eglise moscovite est Jonas, adversaire résolu de l’union des dieux chrétientés. Ainsi, la moscovie préserve t’elle son identité orthodoxe.

Ivan III – 1462 – 1505 -, fils et successeur de Basile II, regroupe les principautés russes de Iaroslav, de Rostov et de Tver, annexe la ville libre de Novgorod, et pénètre en Lituanie avant d’abattre les Tatars. Il parvient ainsi, en 1480, à mettre fin à la suzeraineté des Mongols sur la russie. Ayant épousé en 1472 Sophie Paléologue, nièce du dernier Empereur de Constantinople, il apparaît comme le seul successeur de l’Empereur byzantin.

Vers 1490, l’Eglise orthodoxe russe jouit d’un très grand prestige, grâce à la personnalité de Saint Serge de Radonège, qui fait du monastère de la trinité le centre d’une importante réforme. Les moines russes sont en effet à partir de ce moment là au cœur d’une renaissance religieuse et intellectuelle infiniment plus vivante que celle de Byzance. Les artistes russes inventent des formes nouvelles et construisent des monuments réellement nationaux, dans le matériau le plus courant pour eux : le bois.

Inde, XVème siècle : 

En 1445, en Inde du Nord, les habitants du Royaume de Champa pensent que c’est le Fondateur de la monarchie qui a jadis bâti les Temples situés à My-Song.

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