22 avril 2017

D'hier à aujourd'hui, première partie :

Parfois, je souhaiterai revenir à cette époque – il y a une vingtaine d’années, à peu près – où je passais la plus grande partie de mes journées à lire. Que ce soit à la Bibliothèque Nationale ou ensuite, du matin au soir, j’étais plongé dans une montagne de livres qui me captivaient continuellement. Et dès cette époque-là, je n’aurai échangé ma place avec quelqu’un d’autre pour rien au monde. J’avais beau être au chômage, j’avais beau ne pas avoir d’amis – ou si peu que ce n’était pas la peine de les mentionner -, rien ne me... [Lire la suite]

20 avril 2017

Des mots aux maux :

Des maux aux mots, il n'y a qu'un pas ; une frontière qui se meut en permanence aux fins fonds de mon esprit tourmenté. Ces maux qui me hantent jour et nuit, et que je crie à la face du monde, lorsqu'en mots je les transforme. Ils sont inscrits dans ma chair, ils s'écoulent de mon âme en permanence. Ils me brisent à chaque fois que je transpire leur virulence. Ils sont présents en moi, que je le désire ou non, que je l'accepte ou non, que je les fuis ou non. Ces maux suintent des plus infimes parcelles de mon existence. Ces mots... [Lire la suite]
18 avril 2017

Les Autres :

Les Autres…, toujours les Autres. D’aussi loin que je me souvienne, ce sont toujours les Autres qui ont compté avant moi. Je ne parle pas de ma maladie, de mon handicap, de mon éducation, ou de tout ce genre de choses ; naturelles et nécessaires pour faire passer une personne de l’état d’enfant à l’état d’adulte. Je parle de l’attention qui m’est portée, des priorités qui leur sont données, des besoins qui sont les miens et qui ne sont jamais entendus. Je parle de ce manque qui me tourmente et qui dévore mon âme et mon cœur... [Lire la suite]
16 avril 2017

Là-bas :

Je n’ai jamais été véritablement heureux ici-bas : les personnes que j’ai aimé, que j’ai admiré, que j’ai désiré côtoyer, m’ont le plus souvent ignoré. J’ai beau eu tenter de me faire, par elles, remarquer ; j’ai beau eu, par ma personnalité, par mes passions ou mes centres d’intérêts, me démarquer ; naturellement, simplement, comme une évidence ; elles m’ont le plus souvent repoussé – voire humilié. C’est pour ces raisons – parmi bien d’autres – que je préfère être là-bas… Là-bas..., aux frontières de cet... [Lire la suite]
14 avril 2017

Epuisé, seconde partie :

Évidemment, je ne peux lutter contre cela. Quand je suis assis autour de la table, et que j’entends ressasser tous ces gargarismes de « l’entre-soi » auxquels je n’appartiens pas – auxquels je n’ai jamais appartenu – parce que ce n’est ni dans mon caractère ni dans ma personnalité -, je suis vidé de toute énergie. Je suis épuisé ; comme si un poids insoutenable était maintenu en équilibre au sommet de mes épaules. Nul ne s’en rend compte, nul ne s’en préoccupe. Je ne suis qu’un faire-valoir, qu’une potiche destinée à... [Lire la suite]
12 avril 2017

Epuisé, première partie :

Vous connaissez le supplice de la goutte d’eau ? Chaque jour, trouver quelque chose à critiquer, à remettre en cause ? Souligner que les efforts accomplis ne sont pas suffisants, et ne le seront jamais, quoiqu’il advienne? Juger en condamner ce qui n’est pas conforme aux désirs de ceux et celles qui vous entourent ? Plutôt qu’ils vous montrent leur fierté et leur joie de vous voir vous démener pour faire au mieux avec les moyens qui sont à votre disposition ; avec les capacités qui sont les vôtres ? Eh... [Lire la suite]

10 avril 2017

De trop :

Parfois, comme aujourd’hui, j’ai le sentiment d’être de trop sur cette Terre. J’ai le sentiment que ce que j’éprouve au fond de mon âme et de mon cœur est trop pesant pour les hommes et les femmes qui me sont chers. J’ai l’impression de porter un poids trop lourd pour mes épaules ; un poids, que tel Sisyphe au sein du Tartare, je traîne derrière moi depuis la nuit des Temps ; et ce, jusqu’à la fin des Temps. Parfois, comme aujourd’hui, la peur me submerge et déchire mon âme et mon cœur ; jusqu’à les lacérer, les... [Lire la suite]
08 avril 2017

Invisible au regard des miens, cinquième partie :

Je n’ai donc qu’une unique façon d’y échapper : fuir. Partir, m’isoler, me retrancher dans cette forteresse où nul ne peut m’atteindre. Où nul ne peut me museler, m’interdire de m’exprimer librement ; tel que je suis véritablement. Je me réfugie dans ma chambre, à visionner un film, à lire. Je me réfugie dans le bureau, devant mon ordinateur, pour écrire, pour dialoguer avec mes contacts virtuels d’ici ou d’ailleurs. Je rêve de partager avec eux ou elles des conversations au cours desquelles je pourrais être moi-même. A la... [Lire la suite]
04 avril 2017

Fin de lettre :

Enfin, y consacrant finalement mon une bonne part de mon après-midi, j'ai terminé cette lettre que j'ai mis près de deux semaines à rédiger. J'en suis heureux. Le gros du travail est fait, le plus dur aussi. Je me sens un peu plus léger, je l'avoue volontiers.   Demain, comme prévu, je vais pouvoir discuter avec cet ami. J'ai retardé notre entretien téléphonique à plusieurs reprises. J'en ai, à chaque fois, été confus. Il faut dire que ces derniers jours, à chaque fois que j'ai voulu me replonger dans sa... [Lire la suite]
04 avril 2017

Invisible au regard des miens, troisième partie :

Timidement, humblement, avec une once d’amertume de honte, et de regret de devoir me mettre, exceptionnellement en avant, j’essaye d’attirer leur attention sur ce qui me passionne, me fascine. J’essaye de discuter des textes que je suis en train d’écrire, sur lesquels je suis en train de réfléchir, de rassembler mes idées pour les retranscrire. Je tente maladroitement d’évoquer mes conversations riches et diverses – à mes yeux – que j’ai avec mes interlocuteurs et mes interlocutrices virtuelles. De souligner tel ou tel point qui m’a... [Lire la suite]