Mes Univers

Quand le Mythe rejoint l'Histoire, il y a un Instant Magique où la Réalité n'existe plus que pour ètre emportée par le Souffle d'une Légendaire Epopée...

29 juillet 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 845 - 851

France_au_moyen_ageCette concentration d’édifices exprime la primauté des Capétiens et la richesse des villes. Car, cet essor de l’art gothique est, en effet, lié à celui des villes ; celles-ci connaissent une prospérité nouvelle. Et, dans une société profondément chrétienne, les cathédrales forment le centre de la vie urbaine. Des bourgeois aux artisans, les citadins ne viennent pas seulement y prier. Ils s’y rencontrent, organisent des réunions professionnelles, y font la fête. C’est aussi là que sont représentés les premiers « mystères », sortes de pièces de théâtre à caractère religieux. Responsables du dynamisme de leur temps, les bâtisseurs de Cathédrales multiplient donc les performances. Leurs chefs d’œuvres, toujours plus grands, témoignent de la piété de leur ville et de sa richesse. Malgré tout, la cathédrale reste entourée de tout un ensemble de constructions serrées les unes contre les autres dans un lacis de ruelles, et il est rare qu’on ait un recul suffisant pour en admirer la beauté.

C’est qu’édifier une cathédrale coûte très cher. Il faut des spécialistes expérimentés, qui sachent découper les pierres dans les carrières à la forme de l’arc ou du portail. Il faut des ingénieurs pour les appareils de levage ; des charpentiers pour échafauder les chemins de ronde, de plus en plus élevés ; des maçons pour appareiller les voûtes ; des peintres pour les vitraux ; des sculpteurs pour les statues…

L’évêque qui décide de faire bâtir, ou d’agrandir, une cathédrale sait qu’il faut faire venir toute une armée de bâtisseurs et surtout, s’assurer les services d’un maître d’œuvre éprouvé. Leurs architectes dessinent dès lors les plans d’ensemble et le détail des cathédrales. Inscrits sur le pavement de l’édifice, leurs noms y demeurent pour l’éternité. Le mouvement de construction atteint une telle intensité à la fin du siècle que, pour un chantier qui se ferme faute d’argent, un autre s’ouvre ailleurs. 

L’exemple donné par les cathédrales du domaine royal, répandu dans le royaume, rayonne bientôt bien au-delà de ses frontières. La cathédrale de Trondheim, en Norvège, celle de Nicosie, dans l’île de Chypre, s’inspirent de celle de Sens. La cathédrale d’Uppsala et celle de Visby, en Suède, se réclament de Notre Dame de Paris. Dantzig, Cracovie, la hongrie, adoptent très vite la « manière française ». Et si, dans le Nord de l’Italie, les cathédrales gardent une facture byzantine, Tolède en Espagne ou Cologne en Allemagne, s’inspirent de Bourges et d’Amiens.

De leur coté, les Templiers eux aussi érigent un certain nombre d’édifices religieux. Par exemple, en 1136, ceux établis à Provins décident d’élever une église dédiée à Saint-Quiriac. Ils commencent donc par raser au centre de la cité tout ce qui reste d’un ancien temple consacré au culte d’Isis ; ils ne gardent de lui qu’un souterrain s’étendant sous la ville sur plusieurs centaines de mètres. C’est d’ailleurs là que, peu après la fin de sa construction, ils entreposent des documents confidentiels que leurs Frères ont ramené de Jérusalem une cinquantaine d’années plus tôt.   

Sous Louis VII, la dynastie connaît un échec patent, en Aquitaine. En 1137, Louis VI a marié son fils à Aliénor, seule héritière de Guillaume IX d’Aquitaine. Cette union avantageuse repousse alors les frontières du domaine capétien jusqu’aux Pyrénées, y ajoutant des villes aussi prestigieuses que Limoges, Poitiers, Bordeaux, Angoulême. Mais, en Palestine, la conduite frivole d’Aliénor humilie Louis VII. En dépit des conseils de Suger, celui-ci se sépare de la reine ; le 18 Mars 1152, le divorce est prononcé sous le commode prétexte de consanguinité. Deux mois plus tard, Aliénor épouse Henri II Plantagenêt, qui hérite de l’Angleterre et de la normandie en 1154.

C’est dans ces circonstances que Philippe II Auguste monte sur le trône. Il n’a pas quinze ans. Mais il est actif, opportuniste, dénué de scrupules. Surtout, il a retenu la leçon de Suger. Dans sa « Vie de Louis VI », l’abbé de Saint Denis a en effet développé une théorie de la monarchie féodale. Le roi, suzerain suprême, est au sommet de la pyramide féodale. Il ne rend hommage à personne et exerce des droits de suzeraineté. De plus, sacré, il ne tient son pouvoir et sa légitimité que de Dieu.

Une fois cette idéologie construite, Philippe Auguste se fait reconnaître comme le souverain de tout le royaume. Sans jamais s’écarter du droit, il utilise toutes les occasions qui se présentent d’agrandir son domaine : mariage, achat, saisie d’un fief tombé en déshérence, confiscation des biens d’un vassal félon… Fin politique, il intervient dans les querelles qui opposent les princes entre eux, rendant indispensable l’arbitrage de la royauté.

Très rapidement, il écarte ses proches, sa mère, Adèle de Champagne, et son oncle, l’archevêque de Reims, Guillaume aux Blanches Mains. Puis il épouse Isabelle de Hainaut, descendante de Charlemagne, nièce du comte Philippe d’Alsace.

Dès lors, Philippe Auguste utilise sa position au sommet de la hiérarchie vassalique pour édifier une monarchie féodale. Il intervient dans la succession des fiefs, oblige les vassaux au respect de leurs obligations, généralise la pratique de l’hommage lige. Surtout, il promulgue, avec le consentement des vassaux, des ordonnances pour tout le royaume. Et, peu à peu se répand l’idée que le pouvoir royal dépasse la notion de suzeraineté, que le roi a, en vertu des engagements du sacre, le droit d’intervenir dans tout le royaume, sans autres limites que l’intérêt commun et la justice qu’il doit servir. La suzeraineté se mue en souveraineté.

Le développement de la puissance royale entraîne une transformation des méthodes gouvernementales. Le souverain se préoccupe de ses ressources, recrute vassaux, clercs et juristes pour se constituer une administration permanente et dispose d’une armée forte de 2000 à 3000 hommes, les « chevaliers de l’Hôtel », des professionnels de la guerre.

Et, après avoir perdu toutes les archives royales, le roi décide de fixer à Paris, au palais du Louvre, les principaux organes de gouvernement : archives et Trésor. La cour royale commence à siéger en sessions séparées, selon qu’elle traite de finances ou de justice.

Au niveau local, le roi veut faire surveiller la gestion des prévôts domaniaux. Il confie à des familiers une mission d’enquête temporaire, ou baillie. Ces administrateurs, ou baillis, se voient confier une circonscription à l’intérieur de laquelle ils représentent le roi. L’institution s’étend peu à peu aux territoires incorporés au domaine royal. Dans l’Ouest et le Midi, les sénéchaux ont des attributions semblables.

La féodalité favorise le développement des villes, mais n’offre pas de structures adéquates pour les gouverner. Les marchands, entrepreneurs et artisans, qui dominent la vie économique, reprennent en main le destin de leurs cités.

Ainsi naissent les « communes ». Leurs membres, associés par serment, désignent des magistrats. Face aux châtelains et aux évêques, ils imposent leur pouvoir ; au prix de luttes parfois violentes, ils obtiennent des chartes de privilèges. Le mouvement est général, même s’il ne conduit à une complète autonomie urbaine qu’en France transalpine. Du reste, les conflits subsistent. Les habitants aussi se structurent en guildes, en métiers ou en arts. Des rivalités opposent, dans des luttes sociales, le petit peuple aux bourgeois.

De son coté, Paris, où Philippe Auguste fait de fréquents séjours, amorce son destin de capitale. La cité atteint 50000 habitants. Le souverain fait enclore la ville, construit à l’Ouest la forteresse du Louvre- bastion défensif mais aussi affirmation symbolique de la prééminence royale -, fait paver les rues, transforme les halles en marché permanent.

A cette époque, la croissance agricole est à son apogée. Les défrichements sont les plus importants. Les grands établissements religieux d’Ile de France font défricher et lotissent leurs terres à des conditions très favorables, attirant autant de « colons ». Les territoires anciens sont menacés d’abandon, et les paysans possèdent un moyen de pression face à l’arbitraire seigneurial. Les seigneurs finissent par vendre des « chartes de franchises » - ou libertés – qui fixent et codifient charges et coutumes. D’un village à l’autre, d’une seigneurie à l’autre, les conditions varient. Les affranchissements individuels entraînent la quasi-disparition du servage.

Dans les villes, les bourgeois, conscients de leurs intérêts communs et de l’obstacle que constitue la contrainte seigneuriale à leurs activités, s’organisent en guildes professionnelles, ou en confréries religieuses, pour aménager les conditions d’exercice de leurs professions. Puis ils se coalisent pour réclamer au seigneur des franchises, que celui-ci leur vend très cher.

Parfois, la revendication prend un tour révolutionnaire. Les bourgeois s’unissent alors par un serment collectif, et forment une « commune ». L’expression « insurrectionnelle » de cette solidarité contre l’autorité seigneuriale choque les clercs. Le mouvement communal, limité au Nord du royaume, entre Loire et Rhin, est parfois sanglant. Mais, le plus souvent, l’autorité seigneuriale reconnaît la commune, et lui concède des franchises qui suppriment les entraves au commerce.

D’ailleurs, dans la société féodale, la ville apparaît comme un espace de liberté. Mais à l’unanimité première succèdent bientôt de vifs antagonismes entre le commun et les « meilleurs », l’oligarchie marchande. Le roi tolère ce mouvement d’émancipation urbaine. Il accorde des franchises aux villes du domaine et encourage les communes à l’extérieur. En fait, l’autonomie urbaine va à l’encontre des progrès de la monarchie. Quelques années plus tard, le souverain reprend en main les villes du royaume, leur imposant de lourdes charges financières et militaires.   

Malgré cela, à cette époque, les foires de Champagne sont le carrefour commercial de l’Europe. Les six foires durent sept semaines : la première est consacrée aux préparatifs, les cinq suivantes aux ventes et aux achats, et la dernière aux règlements. Peu à peu se met en place un véritable droit, destiné à assurer la sécurité des transactions. Celles-ci sont considérables. Les ventes sont en effet bientôt si nombreuses qu’elles ne peuvent se régler au comptant. Les marchands prennent donc l’habitude de régler leurs dettes par « compensations », en transférant leur crédit d’une foire à une autre. Puis, sous l’influence des Italiens, s’élabore ensuite une technique de crédit : lettres de foire, contrats de change.

En 1160, l’antipape Anaclet, lui, se réfugie un temps à Opède. C’est d’ailleurs lui qui grave, sur les flancs d’un sentier rupestre descendant vers la fontaine du village, un carré magique – ou « polindromme » -, qui peut se lire dans tous les sens.

Quelques temps plus tard, des hommes mystérieux viennent étudier le message qu’Anaclet a laissé derrière lui. Ceux-ci sont en effet persuadés qu’il s’agit d’un message codé indiquant la position exacte du Saint-Graal dans la région.

En 1165, la population Juive met au jour une ancienne Légende relative à son pays d’origine. Selon celle-ci, en 588 avant J.C., et peu de temps avant que les troupes Babyloniennes ne pénètrent à l’intérieur du Temple de Jérusalem, l’Arche d’Alliance aurait soudainement disparu de son Saint des Saints. La relique aurait été dérobée par l’un de ses Grands Prêtres. Elle aurait été placée dans une caverne fermée, hors de la ville. Et il serait venu la rechercher une fois les événements terminés, pour l’emmener dans un autre lieu protégé.

La légende se base, d’après les Juifs qui se penchent sur son origine, sur plusieurs rouleaux talmudiens. Ceux-ci sont censés avoir été écrits par le Prophète Jérémie, et sont plus connus sous le nom de « Vision de Baruch ». Elle se réfère également à une lettre qui a été envoyée quelques décennies plus tôt par le Prêtre Jean à leurs plus importants Rabbis. Il y est écrit : « En cette Inde est la partie d’Orient. L’Arche se situe près de Babylone la déserte, et à proximité d’une tour qu’on appelle Babel. ».

En 1170, quelques ecclésiastiques restés à l’écart des affaires des hommes, s’interrogent sur la signification symbolique des textes de l’Apocalypse. Ils pensent que les chiffres consignés à de nombreuses reprises à l’intérieur du Livre des Révélations, sont très significatifs. En effet, les Archanges qui y sont décrits sont au nombre de huit, et non de sept ; le huitième étant Adam. Ce n’est que lorsque celui-ci a été jeté hors du Paradis pour avoir goûté au fruit défendu, qu’ils sont devenus sept.

Les ecclésiastiques voient également bientôt dans sa description de la jérusalem Céleste une sorte de parabole : la ville dont le livre parle comporte douze Portes ; et pour eux, celles-ci ne peuvent donc que se rapporter aux douze Apôtres de Jésus, eux mêmes rattachés aux douze signes du Zodiaque.

L’un d’eux écrit alors : « Tout ce qui est transitoire est l’œuvre du Malin ; c’est pour cette raison que Jean l’a nommé : « Antéchrist ». De fait, l’Antéchrist ne pourra venir que lorsque le Monde sera, non pas fermé à la lumière, ce qui ne pourra pas être totalement accompli, mais quand les ténèbres seront à leur maximum. A ce moment là alors, les Clefs du Zodiaque – ouvrant les quatre Portes du Ciel : le Bélier pour la porte de l’Orient ; la balance pour la porte de l’Occident ; le Capricorne pour la porte du Midi ; et le Cancer pour la porte du Septentrion – seront offertes à celui qui les attend. ».

Plus loin : « Le Christ ayant été de race Juive, l’Antéchrist appartiendra à la même race. Sa venue sera annoncée par les quatre Cavaliers de l’Apocalypse : la guerre, la famine, l’Epidémie et la mort. Et, au moment où ils paraîtront, leurs activités s’étendront frénétiquement à tout l’Occident ; car ils y recruteront partout des ouvriers.

L’Antéchrist sortira ensuite des entrailles d’une prostituée. Dès sa naissance, il sera protégé par les 24 vieillards dont parle l’Apocalypse ; ils symboliseront les 24 heures de la journée. Il subira également l’influence des 7 étoiles et des 7 planètes traditionnelles. Puis, quand il sera devenu jeune homme, il brisera les 7 sceaux qui ne doivent pas être brisés. Et son nombre sera 666 ; car son nom hébraïque est « Sorath ». Ce dernier étant composé de quatre Lettres : Samesh, Vaw, Resh et Tau ; lesquelles valent respectivement 60, 6, 200 et 400. Ces Lettres constituent enfin les racines traditionnelles des Mots : s’égarer, se détourner – de Dieu -, séduire, et tromper. ». 

Plus loin encore : « L’Antéchrist sera un homme capable de faire des miracles ; mais il aura une trace sur son œil et sera borgne. Il viendra peu de temps après que l’Humanité se sera mise dans son ensemble à construire des maisons très hautes, quand elle sera parti à la conquête du Ciel. ».

Et enfin : « Mais pour l’instant, l’Antéchrist est retenu par quelqu’un dans les entrailles de la terre. Il est enchaîné à une table d’or représentant le Soleil fortuné. Il est surveillé par le Maitre de l’Argatha, qui est en même temps Aimable, Gracieux et Puissant en toutes ses œuvres. Car il est semblable aux Rois et aux Princes qui l’élèvent au comble de la fortune.

Pourtant, un jour, son contact permanent avec l’Antéchrist le fera changer et fera de lui un tyran, une superbe, un ambitieux et un insatiable. Sa fin sera alors très mauvaise. ».

En 1171, plusieurs Alchimistes se rendent compte que, lorsqu’ils expérimentent leur Science, ils doivent tenir compte d’un certain nombre de choses. Tout d’abord, ils doivent tracer autour d’eux, sur le sol, et en cercle, de nombreux hiéroglyphes se rattachant aux signes du Zodiaque. Mais ceux-ci ont une couleur bien déterminée : La première et la septième Maisons du Ciel doivent être en relation avec des idéogrammes blancs ; la seconde et la douzième, des idéogrammes verts ; la troisième et la onzième, avec des idéogrammes jaunes. La quatrième et la dixième Maisons, elles, sont enchaînées à des idéogrammes rouges, la cinquième et la neuvième, avec des idéogrammes bleus, et la sixième et la huitième, avec des noirs.

Les hiéroglyphes zodiacaux représentent de cette manière les Eléments Fondamentaux de l’Univers. Pour les Alchimistes en effet, certaines constellations sont liées aux signes de Feu, d’autres aux signes de l’Air, d’autres encore aux signes de l’Eau, et les dernières aux signes de Terre. Quant à la planète Mars et au Soleil, ils sont de la nature du Feu ; Jupiter et Vénus sont de la nature de l’Air ; Saturne et Mercure sont de la nature de l’Eau ; enfin, la lune ainsi que notre planète sont de la nature de la terre.

Ces repères Astrologiques renvoient au calendrier – solaire et lunaire – et à ses vingt-huit demeures zodiacales; ils indiquent les moments favorables de l’année pour exercer la science Alchimique. Ils désignent aussi les rites commémorant la formation de l’Univers à accomplir : les hiéroglyphes de Feu se rapportent à l’Equinoxe de Printemps, ceux de l’Air au Solstice d’Eté, ceux de l’Eau à l’Equinoxe d’Automne, et ceux de Terre au Solstice d’Hiver. Ils sont donc dessinés en fonction des Astres dominants à telle ou telle période de l’année.

Ils apposent ensuite sur le sol recouvert de symboles multicolores un certain nombre de plantes liées aux Pléiades. Pour le Bélier, ils lui joignent de la myrrhe, pour le Taureau, c’est de la cotamone, pour les Gémeaux, c’est du mastic, et pour le Cancer, du camphre. Pour le Lion, il s’agit de l’encens, pour la vierge, du bois de Santal, pour la balance, du calbanum, et pour le Scorpion, de l’opopanax. Enfin, en ce qui concerne le Sagittaire, c’est du bois d’aloès, pour le Capricorne, c’est de l’afa, pour le Verseau, c’est de l’euphorbe, et pour le Poisson, c’est de la gomme d’ammoniaque.   

Les planètes du Système Solaire, quant à elles, sont désignées par des herbes spéciales : Saturne est identifié à la noix de muscade, Jupiter au bois de cèdre, Mars au sel, le Soleil au safran. Vénus est reconnue par le cinnamène, Mercure par l’oignon, et la lune par le poivre.   

Pour finir, les Alchimistes marquent sur le sol des Lettres et des Chiffres hébraïques possédant des pouvoirs Magiques. Ils croient en effet qu’associés, ils sont porteurs de maléfices ou de bénéfices utilisables sur leurs personnes. Ils croient aussi que leurs combinaisons correspondent à des Arcanes conjuratoires.

Parmi les Chiffres utilisés avec les Lettres hébraïques, l’un d’eux est vital pour leurs expérimentations alchimiques : 1.618 représente le Nombre d’Or. Les Alchimistes pensent en effet que celui-ci régit l’Homme dans ses dimensions. Mais, pour eux, le Nombre d’Or se discerne surtout dans les proportions architecturales de la grande Pyramide, dans celles de la cathédrale de Strasbourg, ou encore dans celles de la cathédrale de Troyes. Car il est un de ces chiffres qui, comme pi, possède une Force maintenant le Monde dans un équilibre parfait.

Les Alchimistes ont Connaissance des Pouvoirs du Nombre d’Or – entre autres - grâce aux figures géométriques ou allégoriques taillées sur les murs des cathédrales. C’est là qu’ils peuvent l’interpréter ou en calculer d’autres qui lui sont rattachés. Par exemple, le chiffre 7 – qui est pour eux le signe de la transformation, de la destruction et de l’anéantissement – est matérialisé par le sablier vide et la faux. Le chiffre 9 désigne la montagne et la caverne ; le 3, le triangle et l’androgyne. Ils sont persuadés que ces chiffres sont à la base de la science sacrée née avec le Nombre d’Or, puis reprise, plus tard, par les bâtisseurs de cathédrales. Ils sont aussi ses Sceaux ; ceux qu’ils utilisent comme emblèmes lors de leurs expérimentations alchimiques. 

26 juillet 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 830 - 835

croisadesPuis, les membres de l’Ordre du Temple décident de faire allégeance à Godefroy de Bouillon. Par son intermédiaire, ils entrent en relation avec les chanoines du Saint-Sépulcre qui se sont établis dans la cité depuis peu. Ils découvrent dans leurs archives que la tradition Chrétienne se réfère elle aussi à l’Arche d’Alliance. En les lisant, ils prennent conscience que les deux Pierres Sacrées enfermées à l’intérieur de la relique sont censées représenter la divinité elle même ; que l’Arche est un de ces Objets au cœur desquels le Seigneur réside en permanence.

De plus, progressivement, ils s’aperçoivent qu’il existe une relation Magique entre certains Outils Kabbalistiques et l’Arche. En effet, pour eux, celle-ci ressemble de façon évidente, par sa nature, au « Baphomet ». Et ils s’interrogent dès lors sur les raisons qui ont poussées Moïse à cacher les Tables de la loi au centre d’un réceptacle clos tel que l’Arche d’Alliance. Ils ne comprennent pas, puisque les termes de la loi gravés dans la pierre par Dieu auraient normalement dû être voués à l’exposition publique. Ils supposent donc qu’il y avait un Secret beaucoup plus important à ne pas montrer à la population israélite avec eux.

Les Templiers mettent également à jour une dizaine de parchemins à demi détruits qui décrivent la construction du Temple à l’époque de Salomon. Ils les examinent. Ils apprennent d’eux qu’Hiram a été le Grand Architecte du Sanctuaire. Lalibéla y lit : « Un païen nommé Flégétanis ayant été en contact avec Hiram, puis des Mages Egyptiens présents pour ériger le Temple, acquit un haut renom. Ce Grand Initié était de la lignée de Salomon. Ses parents appartenaient à une famille d’Israël en des temps où les hommes n’étaient pas encore protégés par le baptême, contre le feu de l’Enfer. Et ce fut qui écrivit l’histoire du Graal, et de son lien avec celle de l’Arche d’Alliance. ». Lalibéla observe également qu’Hiram semble avoir été le premier Initiateur de la tradition Maçonnique en Enseignant les Mystères qu’il a dissimulé au sein du Temple, à plusieurs de ses confrères. Hiram aurait révélé à ces derniers pourquoi il a enlevé une pierre de manière injustifiée, au terme de l’édification du monument. Lalibéla remarque encore un paragraphe dans lequel il est dit que ce bloc devrait un jour réintégrer sa place dans le corps de l’édifice afin de lui servir de Clef de Voûte Fondamentale. Et, enfin, il décrypte l’itinéraire de quelques uns des Initiés formés par Hiram ayant ensuite diffusé leur Secret à travers tout le Moyen-Orient, et ayant fondé des Sectes s’étant perpétuées à travers les âges ; avec, parmi elle, celle des Esséniens au Ier siècle avant notre Ere, et à laquelle Jésus se serait affilié à un moment donné de sa vie.

Un confrère de Lalibéla écrit alors à ce sujet : « Pourquoi ne pas penser qu’à l’époque de Jésus et des Esséniens, il y avait autre chose dans le Temple, de beaucoup plus important que son trésor, et que ceux-ci le savaient ? Voyant les phalanges romaines aux portes du Sanctuaire, les Esséniens ont peut-être prévenu les Grands Prêtres Saducéens. Et ces derniers ont peut-être abandonné aux pillards le butin espéré, et caché leur autre trésor ailleurs ; sous le Temple, par exemple.

Les Esséniens ont donc certainement été les ultimes Gardiens de l’Arche d’Alliance ; car on n’a jamais retrouvé leur trace après la chute de la forteresse de Massada. Il se peut en effet que les Clercs Saducéens, sentant Jérusalem menacée, leur ont confié la précieuse Relique. Puis, ces Saducéens ont peut-être fait en sorte qu’elle quitte la ville Sainte en leur compagnie, afin qu’ils la cachent dans un refuge beaucoup plus sûr et beaucoup plus discret. Et les Esséniens l’ont peut-être ensuite transportée jusqu'à Massada, et l’y ont peut-être abritée jusqu’en 73. Car, nous devons nous souvenir que le Temple a été détruit en 70, et que ce n’est qu’en 73 que toute résistance a pris fin dans la citadelle. Or, qu’est t’il advenu de l’Arche entre-temps ? Nous n’en savons rien. ». 

Et plus loin : « De même, nous savons que Magdeleine - le mystérieux personnage de l’Evangile -, a en réalité été l’épouse de Jésus. Tous deux ont eu un ou plusieurs enfants. Après la crucifixion de son mari, celle-ci a clandestinement gagné la gaule. Elle a trouvé refuge auprès des communautés juives qui habitaient le Sud du pays. Et une descendance directe de Jésus y a donc rapidement pris racine.

Nous savons en outre que ce « Sang Réal » - ou « Sang Royal » - s’y est perpétué dans le plus grand secret pendant plus de 400 ans ; ce qui est un laps de temps normal pour qu’un haut lignage s’établisse. Plusieurs alliances dynastiques avec d’autres familles hébraïques, romaines et wisigothes, s’en sont ensuite suivies. ». 

Et, à quelques jours de là, les Templiers finissent par y découvrir un Livre Ancien. A leur grande surprise, à l’intérieur de celui-ci, il y est expliqué en Araméen la manière dont Jésus à été Initié à une Tradition Immémoriale au cours de son voyage en Egypte. Dans la bibliothèque d’Alexandrie, il aurait étudié un fragment de l’Evangile Mystique d’Osiris. Il lui aurait été révélé une Sagesse remontant aux Premiers Ages de l’Humanité. Il lui aurait été évoqué un Osiris ayant l’apparence d’une chèvre. Et il lui aurait révélé que, parfois, ce dernier a eu le titre de « Baphomet ».

Lalibéla écrit alors : « Les Tables de la loi de Moïse sont, comme je le crois, une formule de l’Univers ; et les Connaissances qui y sont inscrites sont issues d’Egypte. C’est pour ces raisons que, pour pouvoir agir sur la réalité de notre Monde, il faut être apte à employer la pierre de la même façon que les bâtisseurs de dolmens, de certains monuments Egyptiens, de certains Sanctuaires Grecs, et du Temple de Salomon. » 

Quelques semaines plus tard, le curopalate Thoros, prince arménien de la ville d’Edesse, fait appel à Godefroy pour lutter contre les Turcs. Mais celui-ci exige en échange que Baudouin, son frère, soit désigné comme héritier. Thoros donne  sa fille en mariage à ce dernier. Malgré cela, Baudouin laisse la populace massacrer sa femme et son père adoptif. Edesse devient dès lors un Etat féodal, où les seigneurs francs s’allient par mariage aux Arméniens. Et la principauté s’étend alors bientôt vers le Nord de la mésopotamie.

Un an plus tard, Godefroy de Bouillon meurt pendant le siège d’Acre, « pour avoir mangé une pomme de cèdre » ; c’est donc Baudouin d’Edesse, qui, le 25 Décembre 1100, est sacré premier roi de Jérusalem.

Les barons européens et leurs contingents sont les premiers croisés installés dans les villes conquises, Edesse, Antioche, Jérusalem, Tripoli, qui constituent le noyau des Etats latins du Levant. Les chevaliers constituent l’armature militaire de ces enclaves où continuent à vivre musulmans, Arabes, chrétiens et Arméniens. Dans l’ensemble, les Occidentaux s’acclimatent bien à l’Orient, dont ils découvrent la douceur de vivre, les maisons aux murs frais, les grandes cours ombragées où poussent les orangers, les objets précieux, les tissus soyeux, et les femmes, Arméniennes, Syriennes ou Galiléennes, qui partagent leur vie et leur donnent des enfants. Les croisés apprennent la langue de leurs concubines, et celles-ci, parfois, se convertissent au Christianisme.

Au moment ou tombe Jérusalem, Bagdad est scandalisée par le comportement des musulmans chassés de Syrie : ceux-ci n’hésitent pas à rompre ostensiblement le jeûne du ramadan. Mais, en réalité, cette provocation est le seul moyen dont ils disposent pour attirer l’attention des autorités sur un scandale autrement plus grave, celui de la présence franque à Jérusalem. Les califes Abbassides ne sont malheureusement plus que des fantoches aux mains de leurs vizirs, turcs à peine arabisés ; et les Turcs eux mêmes se divisent et s’entredéchirent dans des luttes fratricides.

Malgré tout, l’Islam est toléré moyennant un tribut versé aux seigneurs chrétiens. Ses coutumes sont respectées. Les paysans musulmans conservent leurs terres, et les cultures irriguées continuent de faire l’admiration des voyageurs. Les courants commerciaux reprennent, les caravanes traversent le désert, les souverains musulmans protègent les pèlerins chrétiens, les princes francs tolèrent le voyage à la mecque.

De leur coté, quelques Mandéens Johannites habitent toujours la palestine ; alors que la plupart de leurs Frères ont émigré en Occident en passant par la péninsule Ibérique plusieurs dizaines d’années plus tôt. Mais c’est à ce moment là qu’ils ont de nombreux échanges avec les Templiers en mission dans la région.

Quant aux communautés juives d’Arménie – qui se désignent elles mêmes comme ashkénazes – elles ont une vie intellectuelle et spirituelle très active et bénéficient souvent de la protection des princes. En 1097, l’Empereur Henri IV déclare nulles les conversions obtenues par la force sur le passage des croisés. Leurs populations de Syrie et de Palestine, de leur coté, vivent dans le luxe et sont depuis longtemps enracinées en Orient, avec, elles aussi, leurs théologiens et leurs savants.

Dès le début de la présence franque, embuscades et défaites prouvent combien les Etats latins sont vulnérables. Dès la prise de Jérusalem, les musulmans harcèlent sans cesse les armées franques. Malgré tout, ce sont les princes de Mossoul qui leur infligent les plus graves défaites : Zangi d’abord, qui s’empare d’Edesse, puis son fils Nur al-Din, qui achève la conquête et se révèle plus redoutable encore que les Francs.

A partir de ce moment là, l’idée de croisade perd son unité, écartelée entre le désir de fédérer la chrétienté, les ambitions des princes, et les besoins concrets des Etats latins, alors que les musulmans s’unissent autour de Saladin, neveu de Chirkuh.

Après la chute des villes de la cote et du désert de la transjordanie, le roi de Jérusalem est, de fait, le suzerain d’un royaume féodal, semblable aux royaumes d’Occident. Les Etats latins d’Orient sont Antioche, Edesse l’Arménienne, et Tripoli au débouché des passes de la montagne libanaise. Cette dernière est conquise, en 1109, par l’héritier de Raymond Saint-Gilles, Guillaume Jourdain, après de nombreuses batailles. Le royaume de Jérusalem, lui, s’étend jusqu’au delà du Jourdain, mais ses chevaliers ont du mal à conquérir les villes de la cote, que les musulmans secourent par la mer, et notamment Tyr, qui résiste jusqu’en 1124.

Ces Etats ne sont tenus que par une poignée d’hommes. Godefroy de Bouillon ne dispose plus que de trois cents chevaliers et de quelques milliers de fantassins. La défense du royaume franc est, dès lors, fondée sur un ensemble de forteresses, édifiées pour tenir les voies de communication et marquer les frontières, mais aussi pour avoir les moyens d’exiger redevances et services des populations environnantes. Elles veulent aussi, avec moins d’efficacité, être des centres de colonisation latine.

Les premiers châteaux sont construits sur le modèle « Normand », avec un donjon et une enceinte carrée, et avec un plan à la romaine, plus adapté aux besoins du terrain, comportant plusieurs enceintes, des magasins, d’énormes citernes et tout un réseau de souterrains. Les forteresses suivantes sont des châteaux éperons, imprenables sinon par l’arme de la faim. Leurs tours rondes sont bien moins vulnérables aux boulets.

Le système féodal des Etats latins, quoique calqué sur celui de l’Occident, est beaucoup plus rigoureux que son modèle. Les fiefs ne sont concédés qu’en échange d’un strict devoir militaire, sans limitation de durée, alors que le service ne dure que quarante jours en Occident. Les terres ne doivent jamais « tomber en quenouille », et, si c’est une femme qui en hérite, elle doit être mariée à un chevalier ou prendre un « avoué » capable de la défendre. Ainsi, le royaume de Jérusalem passe aux trois maris successifs de la reine Isabelle, seconde fille d’Amaury Ier. Faute de terres à donner aux chevaliers, les princes leur accordent des « fiefs de bourse » ou de « soudée », soldés par les revenus d’un impôt ou par pension du Trésor. Les guerriers latins étant trop peu nombreux, les communautés urbaines ont recours à des mercenaires, francs ou indigènes, les « turcoples », pour fournir le contingent de fantassins qu’on leur demande.

En 1120, un certain nombre de Soufis prisonniers Initient plusieurs Templiers à la science Alchimique. Ils leur expliquent que leurs ancêtres ont tiré leurs Connaissances de documents Egyptiens archivés à la bibliothèque d’Alexandrie. Ils leur disent que ceux-ci en ont récupéré quelques uns, juste avant que l’édifice ne soit incendié à la fin du IVème siècle de notre Ere. Ils leur révèlent qu’ils ont réussi à les sauvegarder, puis, que leurs successeurs se les sont transmis de génération en génération jusqu'à aujourd’hui. Et ils soulignent que ces derniers étudient toujours les Mystères qui y sont cachés ; et notamment, actuellement, la proportion architecturale entre 1 et 2.

Ces Soufis déclarent donc à leurs geôliers : « Notre élite sacerdotale possède une Science qui est inscrite sur les parois de ses Temples. Elle manipule une Science Alchimique, une Science Humaine, dont la plupart des Secrets, ne nous est pas accessible. ». Ou : « La magie Manuelle qu’a jadis utilisée les Constructeurs d’édifices Sacrés, nous a été transmise par les Egyptiens. Ceux-ci l’ont d’abord légué aux Phéniciens, qui l’ont eux mêmes Enseigné aux Grecs. Les Grecs l’ont communiqué aux Romains d’Orient, puis, aux Arabes. ».

En 1152, certains Templiers entrent en contact avec les membres de la secte du « Vieux de la montagne » - ou, « Assassins ». Et, peu à peu, en les fréquentant, ils commencent à se demander si la tradition de ceux-ci n’est pas issue de résidus d’Enseignements appartenant à une Civilisation Antérieure ; telle, celle des Druides ?

Mais, bientôt, une dynastie se dresse face aux Francs. Elle a été fondée par Zangi, atabeg de Mossoul, un Turc vassal des Seldjoukides. Les chefs des Zangides prennent les armes : ils enlèvent le comté d’Edesse, ravagent la principauté d’Antioche et attaquent le royaume de Jérusalem, qui ne leur cède pas.

Car, menacés par Amaury Ier, roi de Jérusalem – 1162 – 1174 -, qui a envahi l’Egypte, les Fatimides appellent à l’aide les Zangides installés à Alep, en Syrie. C’est un de leurs vassaux, le Kurde Chirkuh Asad al-Din, le « Lion de la religion », qui accourt. A sa mort, en 1169, son neveu Salah al-Din al-Ayyubi – Saladin – est nommé vizir. Manœuvrant habilement, celui-ci s’affranchit des Zangides et des Fatimides et fonde sa propre dynastie, celle des Ayyubides. Son premier soin est alors de restaurer le sunnisme, c’est à dire le courant majoritaire de l’Islam, qui s’appuie sur les paroles et les actions de Mahomet, qu’il consolide en multipliant le réseau des écoles coraniques, les madrasas. Il affermit ensuite son pouvoir en construisant une citadelle sur la colline du djebel al-Muqattan, qui domine les quatre villes composant la capitale égyptienne : al-Fustat, al-Qatai, al-Aksar et al-Qahira. Il se trouve en campagne et s’empare d’Aden – 1173 – lorsque la mort de Nur al-Din, roi de Damas, l’encourage à mobiliser tous les moyens militaires des pays musulmans pour combattre les croisés. Il subit une défaite en 1177, mais prend sa revanche en s’emparant de la haute mésopotamie – 1182 -, en enlevant Alep – 1183 – et en capturant l’escadre franque qui a osé une expédition contre la ville sainte de Médine ; des croisés sont par ailleurs égorgés à la mecque. La guerre sainte pour récupérer Jérusalem peut commencer, en 1187.

Dès cette année, Saladin met en déroute les croisés à Hattin, près du lac de Tibériade, en Palestine. Il marche alors sur Jérusalem, dont il capture le roi, Guy de Lusignan, et occupe la ville sainte sans effusion de sang. Saladin conquiert ensuite tous les Etats latins, sauf Tyr, Tripoli et Antioche. Pour tenter de redresser la situation à l’avantage des chrétiens, la troisième croisade est entreprise, en 1190, par Philippe Auguste, roi de France, Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre, et Frédéric Barberousse, Empereur Germanique ; ce dernier conquiert d’ailleurs Konya à la tète de ses troupes, la nouvelle capitale des Seldjoukides, mais se noie en en Cilicie. Ayant repris Saint Jean d’Acre après un long siège, Philippe Auguste, e son coté, rentre en France, laissant à Richard le soin de délivrer le Saint Sépulcre. Le siège de Jérusalem est l’occasion pour les croisés de découvrir l’esprit chevaleresque de Saladin. Ainsi, lorsque le roi d’Angleterre tombe malade, le souverain musulman lui fait porter des sorbets à la neige du Liban ; une autre fois, il rachète un enfant chrétien, fait prisonnier pendant la bataille, pour le rendre à sa mère, venue l’implorer.

Saladin est prêt à payer une forte rançon pour racheter la garnison d’Acre, prisonnière des Francs. Or, le 20 Août 1191, Richard fait rassembler 3000 prisonniers devant la ville et ordonne leur exécution. La guerre chevaleresque est désormais terminée : en Septembre, les croisés effacent le désastre de Hattin par une retentissante victoire à Arsouf, mais ils ne peuvent néanmoins reprendre Jérusalem.

Mais, désireux de retrouver l’Angleterre, Richard Cœur de Lion conclut avec Saladin une paix de compromis, le 3 Septembre 1192. Les Francs conservent la zone côtière de Tyr à Jaffa, Saladin contrôlant l’intérieur. L’esprit chevaleresque reprend le dessus : le sultan encourage le retour des Juifs à Jérusalem et y accueille les chrétiens non Arabes. Il accorde sa protection au médecin, théologien et philosophe juif Moïse Maimonide, qui a fui la persécution des Almohades d’Andalousie.

Saladin meurt d’épuisement en 1193, laissant à ses successeurs une Egypte prospère et un Empire dirigé à partir du Caire, puisqu’il s’étend du Yémen à la syrie, en passant par la mésopotamie. Mais, malgré ses efforts pour se doter d’une flotte importante, il n’a malgré tout jamais pu enlever à Venise et à Gènes la maîtrise des mers.

En 1193 également, les savants Arabes dessinent leurs célèbres cartes du Continent Africain et de l’Asie Mineure ; et, pour cela, ils s’inspirent de fragments de vieux planisphères issus de la fabuleuse Bibliothèque d’Alexandrie. Ils sont en effet persuadés que ces derniers reproduisent fidèlement les itinéraires que les égyptiens des premières dynasties pharaoniques, ont parcouru du temps de la grandeur de l’Ancien Empire.

Par ailleurs, en 1198, Abu ibn Ruchd – dit Averroès - est l’auteur, entre autres, d’un « Traité universel de Médecine ». Il est surtout célèbre pour ses « Commentaires d’Aristote », qui connaissent un grand succès dans les différentes écoles philosophiques chrétiennes. Néanmoins, ses écrits, fort nombreux, sont brûlés de son vivant par les rigoristes musulmans.   

01 juin 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 660 - 665

empire_romain_d_occidentEmpire Romain d’Occident,  première moitié du Vème siècle :

Ainsi, lorsque Théodose disparaît, la division de l’ancien monde Romain est définitivement consommée, et le souverain laisse l’Empire à ses deux fils : l’aîné, Arcadius, règne sur l’Orient ; le cadet, Honorius, devient le chef de l’Occident.

Au même moment, le poète Ausone publie une de ses « Idylles » intitulée « la moselle », et raconte son voyage de Trèves au Rhin. En 396, l’évêque Martin de Tours est considéré comme « l’Apôtre des Gaules » : né en Pannonie, il a d’abord pris du service dans l’armée Romaine. Il a rencontré un pauvre à qui il a offert la moitié de son manteau. Il aurait vu ce manteau en songe, la nuit suivante, porté par le Christ. Il a décidé de renoncer au monde et a rejoint l’évêque de Poitiers, Hilaire. Il est entré dans son clergé avec le rang d’exorciste. Mais il a été sanctionné pour son refus d’obéissance à l’Empereur, et a été déporté.

Dès lors, Martin est parti pour l’Italie, puis la corse. Là, pendant un certain temps, il  vécu dans la solitude la plus complète. Il a ensuite regagné la gaule et s’est installé près de Poitiers, à Ligugé. Et désormais, son mode de vie est celui des ermites orientaux : d’autres ermites le rejoignent ; il rompt son isolement en devenant évêque de Tours.

Désireux de ne pas trahir son premier idéal, il fonde également un monastère, sur la rive Nord de la loire, à Marmoutier. Ses moines vivent dans des cellules en bois ou des grottes. Leur discipline est très stricte : jeûnes rigoureux, prières fréquentes, études et travail de « copie ». Et, de fait, le rayonnement de Martin est incontestable.

En 400, l’avenir de l’Empereur Romain d’Occident Honorius, est limité : le général mercenaire et Vandale nouvellement nommé régent d’Occident, Stilicon est marié à la nièce de Théodose Séréna, qui l’a jadis élevé au grade de maître de la milice, et qui l’a nommé tuteur de son fils Honorius quelques temps avant sa mort. Celui-ci entend alors contenir la poussée Barbare par une étroite collaboration avec l’Empire d’Orient. Il fait donc éliminer le régent d’Orient Ruffin et le remplace par Eutrope ; bien que l’Impératrice d’Orient Euxodie lance le Wisigoth Alaric sur l’Italie. Ce dernier conquiert ainsi la macédoine et la grèce, et pousse dans la péninsule en 401. Mais Stilicon le bat à Pollenza et à Vérone en 402 

Alaric est ensuite repoussé hors des frontières de la péninsule. Et en 406, Stilicon écrase à leur tour à Fiesole les hordes Barbares conduites par le roi Radagaise. Peu après, il réclame à l’Empereur d’Orient l’Illyrie orientale, où est installé Alaric, officiellement devenu maître de la milice d’Arcadius. Il déclare la guerre à celui-ci. Or, au moment où il s’apprête à passer en Illyrie, une nouvelle invasion Barbare en Gaule le détourne de son projet.

Car, des bandes de Vandales, d’Alains et de Suèves franchissent le Rhin gelé par l’Hiver, près de Mayence. Ils ravagent la gaule en se dirigeant vers l’Aquitaine. De son coté, un usurpateur ayant pris le nom de Constantin III quitte la bretagne avec une armée et conquiert la gaule en repoussant les envahisseurs vers l’Espagne, où ils parviennent en 409. Il déplace alors la capitale des Gaules de Trèves à Arles.

Après que Stilicon aient repoussé et écrasé les hordes de Goths qui ont tenté de franchir les frontières d’Italie, l’armée se soulève contre Stilicon, tandis qu’Honorius l’abandonne, craignant son ambition. Stilicon est extrait de la prison où il a été jeté à l’issue de son arrestation, et il est finalement décapité.

En 410, le roi des Wisigoths Alaric arrive aux portes de Rome. Mais, l’Empereur Romain Honorius refuse de lui accorder l’or et les dignités qu’il convoite. De rage, le Wisigoth ordonne alors le sac de Rome. Il pénètre dans la cité par la porte Salaria. Pendant trois jours, il la livre au pillage. Mais il interdit de tuer, d’incendier, de toucher aux églises. Et il s’approprie le Trésor Impérial ; y compris le butin de Jérusalem jadis envoyé par Titus dans la capitale.

Malheureusement, ses ordres ne sont pas respectés ; les flammes ravagent les jardins de Salluste, la sœur d’Honorius, Galla Placidia – née en 390 -, est enlevée. Et la chute de la cité – inviolée depuis huit siècles – fait douter les païens de la fortune, et les Chrétiens de la providence. Tandis que quelques mois plus tard, Alaric meurt sur la route qui le mène hors de la péninsule italique, que son beau frère lui succède ; et va s’établir dans le Sud de la gaule - dans les Pyrénées – en compagnie des immenses richesses Impériales.

A cause des bouleversements politiques de l’année 410, dès 411, les liturgies, le déroulement des cérémonies, tout en reposant sur le même message théologique, se différencie selon les régions où elles sont pratiquées. En effet, deux grands groupes s’opposent : celui des Eglises d’Orient, de rites byzantin, alexandrin, arménien, antiochien, etc., et celui des Eglises d’Occident, de rites romain, hispano-wisigothique, gallicano-gothique, celtique, etc.

Pour tous les Chrétiens, cependant, le baptême et le repas eucharistique, reproduisant la cène, sont le fondement de la vie spirituelle. La liturgie du baptême, qui est donnée aux adultes après une formation doctrinale, est bien établie. Un autre grand sacrement est celui de la pénitence : le pécheur, pour pouvoir être réintégré dans le sein de l’Eglise, doit se soumettre en public à de pénibles épreuves, avant de recevoir la réconciliation lors d’une cérémonie solennelle.

En Occident, la vie monastique est organisée sur les bases jetées par Saint Basile : vie communautaire, obéissance du moine à son supérieur. D’un bout à l’autre de l’Empire, la dévotion populaire pour les martyrs jette sur les routes des milliers de fidèles qui accomplissent des pèlerinages vers les sanctuaires où sont conservées les reliques, malgré les réticences des Pères de l’Eglise envers ces pratiques plus proches de la superstition et de l’idolâtrie que de la « vraie foi ».

Les grandes villes du monde Romain se disputent donc la primauté des Eglises Chrétiennes. Cinq patriarcats se répartissent les zones d’influence. En faisant adopter le latin comme langue liturgique à la place du grec, le pape accentue l’originalité de l’Eglise Romaine face aux Eglises orientales. Mais, si l’évêque de Rome a un rôle honorifique important, les autres patriarches entendent bien garder leur autorité.

Les mêmes oppositions se retrouvent dans le calendrier liturgique : partout, le pivot de l’année ecclésiastique est la fête de Pâques, au printemps ; mais, en ce qui concerne l’hiver, les Eglises d’Orient font de l’Epiphanie la manifestation de Dieu sur la terre, célébrée le 6 Janvier, alors que Rome privilégie la célébration de la naissance du Christ, fixée au 25 Décembre, date de l’ancienne fête païenne de « Sol invictus ».

Dès lors, l’Eglise peut reprendre son œuvre évangélisatrice, et son action missionnaire est importante à l’égard des peuples encore païens. Les campagnes restent encore majoritairement attachées à des cultes indigènes, qui, sous le masque gréco-romain, recouvrent des croyances archaïques. Parmi ces missionnaires qui convertissent les paysans, le plus célèbre est Saint Martin, évêque de Tours, grâce à qui les villages gaulois sont christianisés. Tandis qu’en Irlande, pays évangélisé d’abord par Saint Patrick, puis par Saint Colomban et les deux Brendan, se développent un monachisme original et une liturgie particulière. Un siège épiscopal y est même établi.

Puis, en 413, le roi Burgonde Gondahar reçoit du maître de la milice Romaine Constance, un établissement militaire en Germanie, autour de Worms. Il y combat les Francs, tandis que sa lutte inspire bientôt « l’Epopée des Nibelungen ».

De son coté, en Gaule, le roi Wisigoth Athaulf – le successeur d’Alaric -, épouse sa captive Galla Placidia, la sœur d’Honorius. Il est contraint de s’enfuir en Espagne, où il est assassiné. Wallia est porté au pouvoir par les Wisigoths, et celui-ci recommence à négocier avec Honorius, qui lui demande de nettoyer l’Espagne des Barbares qui s’y sont installés et de lui renvoyer sa sœur Galla Placidia à Ravenne. Puis, après de longues négociations, et après s’être emparé de Narbonne, de Toulouse et de Bordeaux parce que l’Empereur n’a pas tenu ses engagements, il abandonne l’usurpateur Attale pour se mettre au service de l’Empereur. Et en 418, il obtient donc de Rome le droit de s’installer en Aquitaine avec le statut de « fédéré », de Toulouse à l’océan Atlantique. Des terres lui sont attribuées ; il a l’autorisation de conserver sa législation et son autonomie. Mais il est chargé de défendre les cotes de l’Atlantique contre les pirates saxons.

Parallèlement, sous la pression d’Honorius, Galla Placidia se remarie avec le maître de la milice, Constance. En 421, Honorius désigne Constance III comme Auguste. Mais Galla Placidia se brouille avec lui et se réfugie auprès de son neveu Théodose II. En 423, l’Empereur d’Occident s’éteint, et c’est ce dernier qui prend la tète de la totalité des territoires soumis à l’Empire. Il s’établit alors à Rome avec Galla Placidia. Celle-ci profite alors de la situation pour jouer un rôle de premier plan en ralliant Théodose II à la cause de son fils Valentinien – né de son union avec Constance.  En 425, elle le fait désigner Auguste par Théodose II, et l’installe à Ravenne. Or, dès lors, c’est elle qui assure sa régence, mais, qui, minée par les intrigues de palais, se révèle incapable de faire taire les rivalités des généraux et d’assurer la défense de l’Empire.

En 426, Augustin – évêque d’Hippone – rédige, avec « la cité de Dieu », l’un des sommets de son œuvre. En effet, en l’écrivant, il fait de sa vie l’illustration exemplaire de la grâce Divine sur le Monde.

Il y marque qu’il est né dans une famille modeste de Thagaste, qu’il a étudié, puis enseigné la grammaire dans cette ville et à Carthage, avant de devenir maître de la rhétorique à Rome et à Milan. Il y a rencontré Ambroise, qui l’a baptisé. De retour en Afrique, il a été ordonné prêtre et est devenu évêque d’Hippone.

D’une ampleur considérable, son œuvre aborde tous les genres que lui a permis la variété de ses activités, de la philosophie à l’art de la prédication. En outre, avec ses « Confessions », il décrit à travers sa jeunesse tumultueuse et sa conversion, la misère de l’homme séparé de Dieu. Le sac de Rome lui inspire le récit du démantèlement de l’Empire ; il y confronte la volonté divine et la liberté humaine, et recherche dans l’évolution historique de la cité terrestre l’avènement ultime de la cité divine. 

En 429, les Vandales conduits par le roi Genséric, et appelés par le comte d’Afrique Boniface disgracié par Galla Placidia, passent d’Espagne, et envahissent la mauritanie. Au même moment, Aetius, qui a déjà vaincu les Wisigoths et les Francs, et a rétabli la frontière du Rhin, est nommé maître des deux milices. Boniface se brouille avec ses alliés et se réconcilie avec Gallia Placidia alors qu’il est expulsé d’Afrique par les Barbares. En 430, Saint-Augustin meurt pendant le siège d’Hippone par les Vandales. En 432, la guerre éclate en Italie entre Boniface et Aetius : Galla Placidia appuie Boniface, mais celui-ci meurt au combat. Elle doit ainsi se rallier à Aetius, qui la relègue au second plan en devenant généralissime et patrice. Il contient les Francs et les Wisigoths. Tirant sa force des Huns avec lesquels il s’est allié, il maintient un semblant d’autorité Romaine. Mais ses démêlés avec Attila affaiblissent sa position.

Or, en 437, Valentinien III devient officiellement Empereur d’Occident en épousant Euxodie, la jeune fille de l’Empereur d’Orient Théodose II, et en s’alliant aux Vandales de Genséric. Celui-ci repart dès lors à Constantinople pour gouverner la partie de l’Empire qui est sous sa tutelle. Galla Placidia, elle se consacre désormais à l’embellissement de Ravenne et soutient le pape contre les monophysites. Et Aetius se soumet, tout en convoitant la main d’une princesse Impériale pour son fils, auquel il rêve de transmettre son pouvoir. 

Un an plus tard, le Sénat de Rome enregistre officiellement le code de Lois rédigé par une commission de juristes nommée jadis par l’Empereur Théodose II.

De fait, ce code est le premier recueil légal et officiel des lois promulguées par les Empereurs, depuis le début du IVème siècle. Jusque-là, on n’a disposé que des recueils officieux de la législation romaine, surabondante, dispersée, et souvent contradictoire. Les lois des Citations de Valentinien III dictent donc de se référer exclusivement à cinq grands juristes – dont Papinien, Paul, et Ulpien. Le nouveau code présente les lois dans l’ordre chronologique, la dernière étant seule valide en cas de contradiction. Enfin, il est ordonné que les lois appliquées en Occident soient valides en Orient, et inversement, si elles sont transmises officiellement.

En 440, le pape affirme la primauté de son siège, avant de lutter contre l’hérésie monophysite. Et, dès lors, tout ce qui concerne l’administration de l’Eglise est géré par les conciles, dont le rôle principal est de trancher dans les querelles doctrinales.

Car, après le problème de l’Arianisme, les évêques se trouvent confrontés à une nouvelle problématique, celle de la nature de Jésus, à la fois Dieu et homme. Mais, contrairement à eux, le patriarche de Constantinople Léon Ier, désapprouve le Patriarche d’Alexandrie Nestorius, ainsi que son appellation populaire de Marie « théotokos » - « Mère de Dieu ». Il voit en effet en elle la « mère de l’homme Jésus ». Et celui-ci est bientôt traité d’hérétique, et ses adeptes poursuivis.

Parallèlement, en 442, les Saxons de Grande-Bretagne établis dans le Kent comme fédérés, se révoltent contre leur chef romano-breton Vortigern. L’année suivante, en Gaule, les Burgondes, écrasés à Worms par les Huns, sont transférés par Aetius en Sapaudia comme colons. En 450, la sœur de Valentinien III Honoria appelle les Huns pour renverser l’Empereur, et offre sa main à Attila. Celui-ci envahit la gaule, brûle Metz, mais se heurte à la résistance d’Orléans. Puis, apprenant l’arrivée du Romain Aetius, renforcé par les Wisigoths et par les Francs, il fait demi-tour et, alourdi par le butin, est rejoint aux Champs Catalauniques, en Champagne. Il doit s’enfuir, tandis que peu après, le pape Léon Ier négocie avec lui pour obtenir son retour dans les Balkans.

Pourtant, dès 454, Valentinien III poignarde Aetius de sa propre main pour avoir trop fraternisé avec les Barbares fédérés ; mais aussi, pour avoir songé transmettre le pouvoir Impérial à son fils. Et en 455, à son tour, Valentinien III est assassiné par des fidèles d’Aetius ; tandis qu’avec lui, s’éteint la dynastie théodosienne.

Or, à partir de ce moment là, l’allié Vandale de Valentinien III, Genséric – à qui la fille de l’Empereur Eudoxie a été promise pour son fils Hunéric – se considère délié de ses traités. Il décide alors d’intervenir à Rome, où le nouvel Empereur Pétrone Maxime est lynché par la foule. Il organise un coup de force dans la ville pour appuyer ses exigences. Il la pille pendant quinze jours, sans massacres ni incendies – selon un accord passé avec le pape Léon Ier. Il emporte un énorme butin et des milliers de captifs, dont l’Impératrice Euxodie et ses filles. Et il prend la direction de Carthage.   

Parallèlement, Sidoine Apollinaire – né vers 432 dans une famille sénatoriale lyonnaise, ayant épousé la fille du sénateur Auvergnat Avitus, et qui a fait une brillante carrière Romaine grâce à son beau père – prononce des panégyriques aux Empereurs. Par la suite, il devient préfet de Rome. Il rentre en Gaule, est élu évêque de Clermont, bien que laïque et peu versé en théologie. Et il est alors l’un de ces sénateurs qui, investissant la seule structure solide de l’Empire, l’Eglise, en fait un bastion de la romanité.

Son activité pastorale lui permet en effet de continuer à jouer un rôle de direction politique et sociale. Organisant la résistance contre les Barbares, il soutient dans Clermont un siège de plusieurs mois. Tout autant que la romanité, c’est le catholicisme qu’il défend face aux envahisseurs. Mais Sidoine doit bientôt capituler. Il part pour un bref exil en Espagne, avant d’être autorisé à réintégrer son diocèse, et d’y laisser des épithalames, des panégyriques, et des lettres, au style précieux.

Quelques mois plus tard, en Juillet 455, et après deux mois de vacance impériale, l’aristocratie sénatoriale Gauloise proclame l’Averne Avitus Empereur ; lequel est alors aussitôt soutenu par le roi Wisigoth Théodoric II ; avant d’être destitué, puis assassiné. En 456, le roi des Suèves Rechiar profite de la situation confuse au sein de l’Empire d’Occident pour porter sa domination sur presque toute l’Espagne. Car, le 1er Avril 457, Majorien est à son tour désigné Empereur par ses troupes, mais il est assassiné par Ricimer le 2 Août de la même année. En 463, de son coté, le général Gallo-Romain Aegidius vainc les Wisigoths près d’Orléans, alors que ceux-ci viennent de conquérir la novempopulanie et la région de Narbonne ; que les Burgondes ont investi Lyon et la viennoise ; les Francs, la germanie ; et les Bretons, l’Armorique. En 466, pour échapper à la tutelle de Ricimer, le pape appelle les Isauriens d’Asie Mineure à la rescousse : il marie alors sa fille Ariadne à leur chef Tarasikodissa, qui prend le nom Grec de Zénon. Mais, en 472, le général Ricimer prend Rome et tue l’Empereur nommé de puis peu à ce poste Anthémius.

C’est Olybrius qui succède à celui-ci. Or, il décède à son tour le 2 Novembre 472, et Glycère est nommé à sa place en Mars 473. Deux mois plus tard, c’est Julius Nepos qui se substitue à lui. Ce dernier autorise le roi Wisigoth Euric à être légalement un roi indépendant en Gaule du Sud-ouest et en Espagne jusqu'à la frontière avec le royaume Suève de Galicie ; tandis qu’en 476, il conquiert le reste de la provence Romaine, d’Arles à Marseille.

Malheureusement, l’armée Impériale se mutine peu après à Ravenne, et proclame roi l’officier Skire Odoacre. Celui-ci remporte alors une victoire militaire sur le patrice Oreste. Il entre à Rome et dépose le successeur de Julius Nepos, Romulus Augustule. Ne pouvant, comme Barbare, accéder lui même à la dignité Impériale, il se contente de son pouvoir de fait sans même daigner faire proclamer un Empereur fantoche. Il renvoie à l’Empereur d’Orient Zénon les insignes impériaux d’Occident, reconnaissant par là son autorité sur l’ensemble de l’Empire. Reconnu par Zénon avec le titre de patrice, il noue de bonnes relations avec l’aristocratie sénatoriale et le Sénat. Et il agrandit bientôt son royaume, de la sicile et de la dalmatie.

Ainsi, la disparition de l’Empire Romain d’Occident est l’aboutissement d’une longue période de désordre où les chefs d’armée ont régné au nom des Empereurs, alors que les Barbares se sont taillé des royaumes    

30 mai 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 650 - 655

empire_romainEn 390, après des pourparlers entre Théodose et Shâhpuhr III, un traité de paix et d’amitié est signé entre les deux Empires ; celui-ci aboutit au partage de fait de l’Arménie. Il promulgue une loi contre les invertis, plus particulièrement destinée à un général romano-barbare qu’il désire abattre. Mais cet arrêt soulève un vent de révolte à Thessalonique, après qu’il y ait fait incarcérer un cocher.

C’est ainsi que le jour de Noël, l’évêque de Milan Ambroise contraint Théodose à se soumettre à la pénitence publique comme un simple Chrétien. Tandis que cet acte de contrition marque la volonté d’indépendance de l’Eglise à l’égard du pouvoir impérial : « L’Empereur est un fils de l’Eglise, et non pas un évêque. ». Car, selon Ambroise – qui achève en même temps la christianisation des institutions impériales, et qui est un orateur de talent – ne craint pas de mobiliser les foules contre l’autorité. Selon lui en effet, l’Eglise détient la vérité absolue, ce qui lui confère le droit d’intervenir directement dans les affaires politiques lorsqu’elle sent cette vérité menacée. De plus, Ambroise sait traiter avec les grands et les puissants, et il s’inspire largement des auteurs Grecs – comme Philon ou Origène – dont il traduit les œuvres en latin. 

En 392, Valentinien II meurt subitement, et c’est Théodose qui devient le seul maître de l’Empire Romain. Dès lors, immédiatement, il fait détruire tous les ouvrages qui se trouvent au cœur du Serapeum d’Alexandrie ; notamment, les manuscrits Esotériques et Symboliques utilisés par Pythagore au 5ème siècle avant notre Ere, et dont certains sont annotés par Plotin. Mais, heureusement, plusieurs d’entre eux survivent au désastre. Car, des Philosophes de l’Ecole d’Alexandrie en sauvent quelques uns qui se réfèrent à la cosmogonie Universelle ; comme les écrits de Platon – la timée -, de Plotin – les Ennéades -, et de Jamblique – les Mystères d’Egypte.

Or, au même moment, le comte Franc Arbogast fait proclamer le prétendant Eugène Empereur. Théodose est donc amené à intervenir en Occident – domaine privilégié de Valentinien II -, le combat, et les troupes d’Eugène sont écrasés sur la rivière Froide. Puis, il le capture, le décapite, tandis que le général Arbogast est contraint de se suicider ; et que finalement, il réunit l’Empire Romain sous sa seule tutelle.

L’année suivante, Théodose prévoit la division de l’Empire entre ses deux fils – Arcadius pour l’Orient, et Honorius pour l’Occident – après sa mort ; Stilicon devant rester le chef de toutes les armées de l’Empire. Et de fait, après son décès en 395, ses deux fils lui succèdent, et établissent les frontières entre les deux parties de l’Empire des Balkans au désert de Libye.

Malheureusement, Arcadius et Honorius sont de fervents Adeptes des cultes à Mystères ; et plus particulièrement, de celui d’Isis. Par ailleurs, au même moment, les Scythes s’introduisent soudainement en Italie, le long de la rivière Neretum, en partant des cotes de la mer Adriatique. Ils détruisent toutes les cites qu’ils rencontrent sur leur route ; et menacent même Rome et tout le Sud de la péninsule. 

En 396, le grand Empire Romain progressivement construit au cours des deux premiers siècles de notre Ere, n’existe plus : l’unité en est définitivement brisée. En effet, ses deux pôles distincts sont symbolisés par ses deux capitales : Rome, qui n’est guère qu’un vestige de sa splendeur passée, et Constantinople, la ville nouvelle à la gloire montante et championne de la chrétienté.

Mais ce partage se retrouve aussi dans l’exercice du pouvoir – deux Augustes et deux Césars – et dans l’opposition entre deux noblesses, les « clarissimes » de Rome, grands propriétaires fonciers à la fortune considérable, et les « clarissimes » de Constantinople, moins fortunés.

Gaule, IVème siècle :

En 310, Constantin entreprend la rénovation de la cité d’Arcates – ou, « Arles ». Il remodèle nombre de ses quartiers qui ont été délaissés par ses habitants depuis longtemps. Il détruit la plupart des nécropoles Chrétiennes qui ont été bâties sur leurs ruines. Il y fonde un Temple dédié à Auguste et à Livia, divinisés. Il y met également en chantier un Sanctuaire destiné à honorer Cybèle. Autour de celui-ci, il demande à ce que soient élevés des édifices thermaux. Il la transforme donc progressivement en centre commercial et stratégique primordial ; qui lui vaut une grande prospérité. Puis, il décide que, désormais, Arcates dépende économiquement de Marseille ; tout en la déclarant « Résidence Impériale ».

En 355, les membres de la secte des « Messaliens » sont des Initiés Gnostiques qui vénèrent Caïn ; celui qui s’est révolté contre le Créateur et qui représente le Mal en ce Monde. De fait, les Messaliens sont réfractaires à toute morale et sont favorables aux mœurs contre nature.

Or, en 357, ils désignent Sabas comme chef. Mais, aussitôt, celui-ci se croit sans cesse assiégé par des Démons. Et il oblige bientôt ses Adeptes à se moucher continuellement, à cracher, et à effectuer d’horribles contorsions. 

Peu après 360, Saint Martin entreprend d’évangéliser les campagnes gauloises. Devenu évêque de Tours, il s’établit à Marmoutier, au milieu d’une communauté monastique. Césaire d’Arles installe deux abbayes dans sa ville. Et, vers 415, Jean Cassien fonde Saint-Victor de Marseille. Les fondations ne cessent alors de se multiplier. Nées d’initiatives privées, elles restent ainsi indépendantes les unes des autres. Chaque monastère élabore sa propre règle.

En 375, malgré les Barbares qui apparaissent un peu partout dans le pays, plusieurs dizaines de Gallo-Romains fondent la petite agglomération d’Altemburg sur les ruines de l’ancienne Vindunissa. Par la même occasion, il y bâtit des Sanctuaires destinés à honorer Jupiter, Mars, Apollon, et Minerve. Ils y élèvent des établissements thermaux. Puis, finalement, quelques mois plus tard, ils apprennent que Théodose Ier vient de prendre le pouvoir à Constantinople.   

En 394, Théodose transforme Nîmes en siège Episcopal. Il identifie la cité thermale qu’est Forum Juli, en tant que centre Religieux de première importance. Puis, quelques mois plus tard, il y tient un Concile permettant aux dogmes Chrétiens de Gaule d’être entièrement redéfinis. Il déclare Vienna – la capitale des Allobroges située à 30 kilomètres au Sud de Lyon – lieu de culte essentiel. Et, il réaménage le castrum de Rauracense dans le but d’y ériger de nombreuses églises.

Grande-Bretagne, IVème siècle :

En 345, les Pictes, les Scots, les Saxons, et les Francs, multiplient leurs incursions sur l’île. Et, l’armée Romaine qui y est cantonnée est obligée de faire appel à des troupes Germaniques et Nordiques alliées, pour tenter de contenir leurs assauts.

Irlande, IVème siècle :              

En 375, sept Chrétiens résident quelques jours au pied des Pyramides de Guizèh. Puis, ils se rendent à Alexandrie. Là, ils visitent sa fameuse Bibliothèque. Ils y étudient un certain nombre de ses ouvrages Antiques. Et, finalement, au bout de plusieurs mois de travail, ils décident soudainement de quitter le pays, de se rendre en Irlande, et de s’y établir définitivement ; à Disert, à Ulidh, et en Ulster.

Ensuite, ils fondent des paroisses et des communautés monastiques inspirées du modèle Egyptien ; entre autres, Desertmartin et Desert Denghus. Ils composent le « Livre d’Adam et d’Eve ». Ils le décorent de motifs spécifiquement Egyptiens. Ils y incluent divers épisodes de la « Vie des Saints d’Alexandrie ». Ils y évoquent des prières tirées d’œuvres apocryphes. Et ils y introduisent des éléments issus de l’Ancien Empire.

Dans leurs cloîtres, ils célèbrent parfois les fêtes de la vierge, aux mêmes dates où Isis était vénérée en Egypte. Pour cela, ils emploient des calices de verre identiques à ceux du clergé Egyptien. Ils s’inspirent de Traditions hérétiques – Syriennes, Mésopotamiennes, ou Celtique -, afin de consolider leurs dogmes. Ils organisent leurs congrégations en les faisant peu à peu échapper à la tutelle Romaine. Et, enfin, ils s’Initient à la règle « Anchorite » des monastères d’Egypte, de Syrie, de Palestine, et d’Asie Mineure, et qui souligne que les Prêtres ont le droit de se marier.   

Germanie, IVème siècle :

En 310, Constantin rétablit l’autorité Romaine jusqu’au Wahl – qui représente la branche Sud du delta du Rhin. Dès lors, il considère celui-ci comme la nouvelle frontière Septentrionale de son Empire. Bientôt, il ordonne d’ailleurs l’érection de nombreuses forteresses – telles Pretorium Pullum Aggripinac, Matites, Albaniana, Nigum Pullum, Iectio, Batavarum, Ceuclun, Aardemburg, Coriovallum, ou Trajeitum Mosne – tout le long de ses rives. Il récupère à son profit quelques tètes de pont en Dacie ; comme Diatebra et Sucidava. Et, dans la foulée, il divise le Norique en deux entités autonomes : le Norique Inférieur, et le Norique Supérieur.

Vers 350, l’évêque Goth Ulfilas – un partisan modéré de la doctrine d’Arius – traduit la bible en langue Barbare. Il veut ainsi poser les bases d’une langue littéraire Gothique.

Sa traduction utilise de nombreux termes latins, certains concepts de la foi Chrétienne faisant défaut dans la langue des Goths : il lui faut inventer de nouvelles tournures pour mettre à la portée du monde Germanique, d’une manière familière, le sentiment de la foi, tout en respectant l’esprit des textes. Il doit même établir son propre alphabet grec et latin, y ajoutant des phonèmes inconnus, présents dans l’écriture Runique des Goths.

Mais, à partir de 370, les Huns – originaires de la région du lac Baïkal – effectuent une migration à travers les steppes de Russie et s’installent dans l’Oural, provoquant ainsi un vaste déplacement vers l’Ouest : Ostrogoths, Huns et Alains réunis bousculent Gépides, Vandales, Wisigoths et Quades contre les frontières de l’Empire Romain. Par ailleurs, les Huns, quoique divisés, commencent à constituer une vaste aire de domination depuis le Caucase jusqu’aux rives du Danube. Et la pression des Barbares devient dangereuse pour Rome.

De fait, ces nomades sont des cavaliers hors pair, maniant l’arc et le lasso. Trapus et imberbes, endurcis au froid et à la faim, ils suscitent la répulsion et la terreur. Et c’est pour cette raison qu’à la mort du roi Ostrogoth Hermanaric, son successeur se voit contraint de devenir vassal des Huns.

Malgré le chaos qui règne dans cette Province, en 375, l’Empereur désigne Mayence en tant que chef lieu de la germanie Supérieure. Et il en fait le siège de son commandement militaire. Ce qui lui permet, en fait, en 386, d’entamer une campagne contre les Juthongues et les Ostrogoths installés en Germanie Inférieure ; mais, surtout, de les vaincre rapidement.

Péninsule Balkanique, IVème siècle :

En 305, Constantin ne peut éviter une confrontation avec Lucinius afin d’être reconnu maître de la totalité de l’Empire Romain. Mais, Byzance prend le parti de Lucinius ; à tel point que les habitants de la métropole lui dédient une statue le représentant sous les traits de la déesse de la fortune Tychée. Ce qui n’empêche pourtant pas Constantin d’affronter, puis, de vaincre Lucinius. Et, après sa victoire, le nouvel Empereur oblige Byzance à déposer les armes devant lui, à exiler ses citoyens les plus importants, et, finalement, à détruire ses fortifications.

En 392, lorsque Théodose Ier divise l’Empire en deux entités distinctes, il intègre la bulgarie à l’intérieur de son territoire Oriental. Il déclare que les cités de cette Provinces sont destinées à passer sous influence Grecque. Il rénove Burusturum ; édifie des thermes à Odessos. Il entreprend bientôt de développer leur trafic maritime, leur excellent réseau routier, d’entrer en contact plus aisément avec l’Asie Mineure. Et, finalement, il rattache la dalmatie à la bulgarie ; tandis que plusieurs évêques prennent en main leur administration Religieuse. 

Inde, IVème siècle :

En 302, c’est dans le Nord de l’Inde que le Sage Vatsyayana Mallagana rédige un traité d’Enseignement érotique, le « Kâma-Sûtra ». Ecrit en sanskrit, il s’adresse plus particulièrement aux hommes ; il vise à leur donner des moyens de maîtriser leur sensualité.

A coté de conseils sur les multiples façons de s’unir charnellement, le Kâma-Sûtra donne des informations sur les us et coutumes du mariage, le métier de courtisane, ainsi qu’un recueil de pratiques Magiques.

A l’origine, les Gupta sont de riches propriétaires terriens de l’Etat de Magadha, dans l’Inde du Nord-est. Le fondateur de la dynastie, Candragupta Ier, épouse Kumar Devi, une princesse Lichchhavi, issue d’une famille royale bien établie. Ce mariage permet aux Gupta d’entrer dans le cercle des grandes familles du Maghada. Candragupta Ier accède au trône de cet Etat en 319. Son fils, Samudragupta, lui succède en 335. Il a l’ambition de créer un royaume s’étendant à tout le sous-continent Indien. A partir de sa capitale, Pataliputra, il reconstitue l’Empire d’Açoka Maurya dans la plaine du Gange. Son autorité s’étend alors de l’Assam, à l’extrémité orientale de l’Inde, à Sri Lanka, île située au Sud-Est du pays. Les rois du Sud lui sont assujettis ; les chefs tribaux de l’Inde du centre et du Deccan doivent lui verser un tribut, de même que ceux de l’Est du Bengale. Il soumet les neuf rois de l’Aryavarta et la moitié Ouest de la plaine du Gange. Au Nord, les petits royaumes du Népal, ainsi que le Pendjab, sont sous sa domination.

Quarante ans de règne permettent à Samudragupta de planifier ses conquêtes. Pour proclamer son autorité, il organise un rite du cheval appelé « Ashvameda », très populaire : les participants laissent un cheval choisi avec soin se promener librement, et le souverain revendique ensuite comme siens tous les territoires parcourus par l’animal. Et il agrandit le petit royaume dont il hérite en annexant tout le bassin du Gange.

De fait, parmi les rois que Samudragupta destitue, dans le Nord, sont expulsés avec violence ; d’autres, au contraire, sont restaurés sur leur trône et deviennent ses vassaux. Plusieurs rois voisins se présentent d’eux mêmes pour lui faire allégeance. Au retour d’une expédition dans le Deccan, il célèbre « l’açvamedha » - ou, le « sacrifice du cheval » -, réhabilitant ainsi un ancien Rituel védique ; ce rite, qui atteste la victoire du souverain le proclame monarque universel. Et, surnommé « le roi poète », il se fait représenter, sur l’une de ses monnaies en or, en musicien tenant un luth. Tandis que fervent vishnouiste, il est très tolérant vis à vis des autres religions, et notamment avec le Bouddhisme. 

Ramagupta, le fils aîné de Samudragupta, lui succède. Vaincu par les Saka – Scythes de l’Inde -, il accepte de leur donner sa femme, Dhuvadevi. Mais Candragupta II, son jeune frère, intervient : indigné par la faiblesse de Rama, il se déguise en femme, tue le souverain des Saka, puis son frère aîné, et épouse la veuve de celui-ci. Il prend ensuite la tète de l’Empire des Gupta.

Le début du règne de Candragupta II se situe en 375. Après sa campagne victorieuse contre les Saka – 388 – 409 -, il défait le dernier potentat de l’Ouest, Rudrasimha III, et annexe l’Inde Occidentale, gagnant ainsi le contrôle des ports qui font le commerce avec la méditerranée. Il renforce également l’alliance avec le Deccan par un mariage. Après ces premiers succèdes, Candragupta II prend le titre de « Vikramaditya » - qui signifie « Soleil de prouesse guerrière » -. Son Empire s’étend sur la quasi-totalité de l’Inde septentrionale. Cependant, son règne est une époque de paix et de prospérité, qui favorisent l’essor de la culture, de la littérature et des arts, ainsi que, pour la tolérance du souverain à l’égard des diverses religions, Bouddhisme ou Jaïnisme.

Chine, IVème siècle :

En 311, profitant du Chaos politique que traverse la chine, Liu Cong s’empare de la capitale de Lao Yang. En 317, des Rois Barbares franchissent à leur tour les frontières Nord et Sud de la chine, et détruisent tout sur leur passage. Composés d’une douzaine de tribus, les Peuples qu’ils conduisent saccagent de nombreuses Provinces, avant de s’y installer. Ils fondent de nouvelles Cités, telles que Beisong ou Shijiazhuang dans le Hebei. Des missionnaires Bouddhistes profitent de la situation pour pénétrer en Chine, puis, pour y diffuser leur Doctrine. Ils commencent en effet à emprunter les pistes caravanières reliant Xian et l’Asie Centrale, aux rives de la méditerranée. Bientôt, deux de leurs Chefs – Lezun et Faliang – se mettent à ériger les « Grottes de Mogao » - ou, « Grottes des Mille Bouddhas ». Ils y installent plusieurs Communautés Bouddhiques qui, par l’intermédiaire de donations, ne cessent de s’agrandir. Tandis que les propriétaires terriens et les marchands des alentours offrent leurs services afin de créer de nouveaux Sanctuaires.

A partir de 320, les Barbares venus du Nord déferlent sur le pays ; les Chinois se réfugient dans le Sud, où les grandes familles aristocratiques fondent six dynasties, qui se succèdent dans la ville de Jiankong : les Wu, les Jin orientaux, les Song, les Qi, les Liang et enfin les Chen règnent sur la vallée du fleuve Bleu. C’est une période de colonisation intense de la partie méridionale de la chine : environ un million de personnes émigrent vers le Sud au cours de ce siècle. Les routes maritimes sont ouvertes vers l’Asie du Sud-Est où, de Canton, sont envoyés des ambassades chinoises.

Les Barbares du Nord, quant à eux, fondent seize royaumes, dont le plus important est celui des Wei septentrionaux. Déjà fortement sinisés, ils veulent assurer leur suprématie sur la chine du Nord, dans la continuité des grandes dynasties chinoises du passé. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’à partir de 350, ils bousculent les Huns Hephtalites en Asie Centrale, les obligent à quitter l’Altaï, et à se porter vers l’Ouest. Dès lors, ces derniers se mettent à menacer les frontières de l’Empire Sassanide et de l’Inde.

En 365, le calligraphe Wang Xi Zhi est considéré comme l’un des créateurs de l’écriture « cao shu » - ou « écriture herbeuse », ou encore « cursive » -, aux caractères élégants et élancés. Il rompt ainsi avec la rigidité antérieure du style des Han.

29 mai 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 645 - 650

empire_romainLa paix de l’Eglise de 325 inaugure une période d’assimilation et de pénétration plus que d’expansion. Le triomphe officiel du Christianisme marque le paysage urbain par la construction d’églises publiques monumentales qui reprennent la forme de vaisseaux à plusieurs nefs des « basiliques » judiciaires. Le baptistère renfermant la cuve où l’on procède à l’immersion se trouve à l’extérieur de l’église. Ces édifices sont souvent financés par l’Empereur lui même.

La culture Chrétienne rivalise d’éclat avec la philosophie et la rhétorique classiques. Partout dans l’Empire, d’illustres personnages étudient sans relâche les textes sacrés : ce sont les Pères de l’Eglise. Ces penseurs tentent de fixer la doctrine chrétienne et d’inculquer leurs connaissances à ceux qui ont accès à l’instruction : l’école catéchétique d’Alexandrie devient rapidement célèbre grâce à l’enseignement brillant d’Origène ; Saint Jérôme traduit la bible en latin et Eubèse de Césarée écrit une « Histoire Ecclésiastique ». Issus d’un milieu cultivé, la plupart sont évêques et font partie de l’entourage proche de l’Empereur. La cour, puis l’aristocratie tout entière sont gagnées par la foi Chrétienne. A l’époque qui voit l’Empereur embrasser officiellement la religion nouvelle, les conversions se font en masse. Toutefois, beaucoup d’entre elles relèvent de l’opportunisme : puisque le pouvoir, tant politique qu’intellectuel, est chrétien, autant adopter la même religion que lui.

Parallèlement, les campagnes sont gagnées. L’Egypte se convertit. Saint Augustin, après avoir été touché par la grâce, se fait baptiser par Saint Ambroise et devient évêque de la ville africaine d’Hippone. A la fois polémiste, théologien, philosophe et catéchète, il y multiplie les sermons. Il y écrit des exégèses des livres saints, des traités de morale et de vie ascétique pour consolider la doctrine chrétienne. En Gaule, Saint Martin organise les premières paroisses rurales. Et la fermeture des temples païens devient inévitable. Elle se fait peu à peu : on établit la séparation de l’Etat et du paganisme, en entamant une politique répressive par sa loi sur les apostats. On proclame un édit frappant d’infamie les chrétiens qui ne se rallient pas au credo de Nicée. Par ailleurs, plusieurs de ses lois condamnent le paganisme, interdisent les sacrifices et la fréquentation des temples ; Les édifices religieux païens sont détruits, les fêtes supprimées, les pratiques privées elles mêmes font l’objet de poursuites. Le Christianisme nicéen devient obligatoire pour tous les habitants de l’Empire. Le pouvoir impérial est désormais sous la dépendance de l’Eglise. Et le pape revendique bientôt la primauté de son siège au concile de Rome, puis soutient Anastase d’Alexandrie.

Au même moment, l’Etat devient de plus en plus centralisé : il dispose d’une administration développée et d’une fiscalité plus efficace et plus lourde. L’Empereur est entouré de services centraux qui forment le « comitatus ». La cour rassemble tous les personnages et les divers fonctionnaires du Consistoire – Conseil Impérial – et des bureaux. Le questeur du Palais sacré élabore les lois ; le maître des Offices dirige la chancellerie ; les « agentes in rebus », véritable police d’Etat, surveillent la poste publique et l’administration provinciale ; les puissants notaires sont chargés d’enregistrer les séances du Consistoire ; le comte des Largesses sacrées est à la tète du fisc et des ateliers monétaires, alors que le comte de la « Chose privée » administre les immenses domaines publics et impériaux. Et les services financiers répartissent les impôts annuels d’après les cadastres, révisés tous les quinze ans.

Le centralisation du régime s’accompagne d’une réforme de l’administration provinciale, uniformisée et hiérarchisée. Tout en haut, trois préfets du Prétoire surveillent l’action des gouverneurs, jugent en appel et administrent l’impôt. Au dessous, les vicaires des préfets dirigent les diocèses – une douzaine – qui regroupent chacun plusieurs provinces – une centaine. Les villes de Rome et de Constantinople sont à part, sous la juridiction des préfets urbains. Quant à l’armée, elle est sous l’autorité d’un duc pour une province, lui même subordonné d’un comte à la tète de chaque diocèse. Au sommet enfin, ce sont les maîtres de la milice et de la cavalerie ; et souvent pour l’ensemble de l’armée, le maître des deux Milices.

En 326, Constantin renouvelle à Rome les fêtes de sa vingtième année de règne, ainsi que ses triomphes sur les Barbares et sur son rival Licinius ; mais il refuse de monter au Capitole. Un peu plus tard, il est informé de la découverte de la vraie Croix à Jérusalem par l’Impératrice Hélène. En 328, il apprend qu’Anastase est nommé Evêque d’Alexandrie.

Puis, en 330, le philosophe néoplatonicien Sopatros préside à la dédicace de Constantinople, et offre un sacrifice à la tyché – ou « Fortune » - de la ville. De fait, à partir de ce moment là, Rome perd son rang de capitale politique. En effet, stratégiquement, la ville se trouve à mi chemin des frontières danubienne et orientale. Economiquement, elle est à la croisée des routes de terre et de mer, de l’Asie à l’Europe, et de la mer Noire à la méditerranée. Et, bien que les Eglises de Byzance soient plutôt néoplatoniciennes – Sainte-Sophie : la sagesse ; Sainte-Irène : la paix -, la ville n’est pas, comme Rome, trop fortement marquée par le paganisme.

Dès lors, Constantin y installe un Sénat, l’exempte d’impôt et la gratifie de distributions frumentaires. L’Empereur y fait en outre construire un palais, relié à l’hippodrome, et, sans plus tarder, son mausolée.

Mais, en 331, Sopatros est accusé de Magie ; il est décapité tandis que les livres néoplatoniciens sont condamnés à être brûlés. Constantin ordonne la confiscation des biens des Temples ; son premier acte d’hostilité contre le paganisme. Son fils Constantin II encercle les Goths, qui meurent par milliers sur le Danube, victimes du froid et de la faim. En 335, à Jérusalem, les édifices du Golgotha reçoivent sa dédicace lors de fêtes somptueuses : la grotte du tombeau du Christ prend la place d’un Temple d’Aphrodite. Constantin le construit autour d’une rotonde abritant le Saint-Sépulcre, d’une vaste basilique à cinq nefs, et d’un grand atrium ; le site devenant ainsi un lieu de pèlerinage privilégié des Chrétiens. Or, malgré tout, l’hérésie Arienne se développe toujours plus, et divise profondément l’Eglise ; et devient bientôt le prétexte à des luttes politiques.

En 337, Constantin meurt dans sa villa d’Ancyre, en Nicomédie. Sa dépouille est alors ensevelie dans l’église des Saints-Apôtres de Constantinople. Le Sénat le range parmi les dieux. Au même moment, Rome voit s’élever les premières basiliques chrétiennes dues aux donations de l’Empereur ; elles s’installent à la périphérie de la ville, sur l’emplacement des cimetières chrétiens devenus lieux de pèlerinage. Et, de fait, la première est édifiée sur une propriété impériale, à coté du palais de Latran, qui devient dès lors le centre de l’administration de l’Eglise Romaine. Elle possède cinq nefs, comme celle de Saint-Pierre du Vatican, élevée sur le tombeau de l’Apôtre. Et comme elle également, Saint-Agnès sur la via Nomentana, Saint-Sébastien sue la via Appia, et Saint-Paul-hors-les-Murs s’y ajoutent.

Peu après, les trois fils de Constantin – Constantin II, Constant Ier et Constance II -, déjà Césars, prennent le titre d’Augustes. Trois ans plus tard, Constantin II meurt, vaincu et tué par Constant, qui réunit tout l’Occident sous sa seule autorité. En Afrique, ce dernier est vite confrontée à des donatistes s’associant à des bandes révoltées d’ouvriers agricoles, les « circoncellions », qui terrorisent les campagnes ; sa répression est alors féroce, mais n’efface pas le mécontentement.

En 345, le Mathématicien Diophante publie « l’Arithmétique », une des œuvres majeures de la mathématique Grecque ; le livre porte en effet principalement sur la résolution des équations. Il introduit le concept d’inconnue et la notation des puissances d’un nombre, et traite le cas des équations à une ou plusieurs inconnues, du premier ou du second degré. Mais il ne retient que les solutions positives. La méthode de Diophante procède donc par substitution et rompt avec les méthodes géométriques traditionnelles.

De son coté, l’évêque de Poitiers Hilaire – le premier docteur latin de l’Eglise – rédige un traité ; « Sur la trinité ». Anastase, lui, acquiert le titre de « Patriarche d’Alexandrie » et écrit « la vie de Saint-Antoine ».

Mais, en même temps, l’Eglise est de plus en plus confrontée à la grave crise doctrinale née de l’hérésie Arienne. Des hommes se lèvent pourtant afin de servir l’orthodoxie ; tels Jérôme et Augustin qui suivent la génération de « Pères Grecs » dont le modèle est l’évêque d’Alexandrie Anastase.

Par ailleurs, Basile de Césarée – né en Cappadoce dans une famille aisée et chrétienne -, se tourne vers la vie religieuse, mais se retire vite au désert pour pratiquer l’ascétisme ; il devient prêtre, puis évêque de sa ville natale. Il se consacre à la défense du dogme nicéen. Maniant avec art la langue grecque, il rédige une vaste correspondance et des homélies. Il écrit la première grande règle monastique – « la règle Basilienne » - reposant sur la discipline et la vie en communauté. Homme d’action, il fonde également des monastères, des hôpitaux et des hospices. Son frère, Grégoire de Nysse, admirateurs de l’idéale esthétique païenne, devient comme lui professeur de rhétorique. Marié, il est élu évêque de Nysse sur l’ordre de son frère. Il devient alors débordant d’activité et fait triompher le dogme nicéen.

Grégoire de Nazianze, quant à lui – ami de Basile de Césarée-, étudiant à Athènes, est fait évêque de Sasimes, encore sur l’avis de son ami. Ascétique comme un moine, pénétré de culture Grecque, il se met au service de l’Eglise : discours et traités théologiques, apologies, lettres, biographies, poèmes – « de Vita Sua » - témoignent de son activité d’écrivain au service de la foi. Il réalise donc dans son œuvre la fusion du Christianisme et de la culture Antique. Par son Enseignement, il est l’un des artisans de la victoire nicéenne.   

Or, en 350, Constant est de nouveau victime d’un coup d’Etat militaire en Occident, puis meurt. Un officier pannonien, Magnence, en profite pour se rendre maître de la gaule, de l’Espagne et des îles Britanniques. Mais, en 353, celui-ci est vaincu par le frère et successeur de Constant, Constance II, qui l’oblige à se suicider.

Constance II est né dans la pourpre. Il est nommé César à 6 ans, Auguste à 19, après la mort de son père Constantin. Il a une très haute idée de la fonction impériale. Sobre et chaste, cultivé mais peu intelligent, il se montre soupçonneux, obstiné et cruel. Tandis que, chrétien fervent, il veut imposer l’Arianisme et soumettre l’Eglise à son autorité directe ; et qu’il est haï des orthodoxes nicéens

En 355, Constance II est informé que des Barbares Alamans ont emporté Strasbourg, Mayence, Cologne, ainsi que leurs forteresses sur le Rhin. Il nomme son cousin Julien César pour les combattre en Gaule. Un peu plus tard, il ordonne que les derniers Temples païens Romains soient définitivement fermés. Il fait pression sur les Conciles pour imposer le credo Arien, bien que les orthodoxes persécutés ne cèdent pas. Puis, il décide de faire une entrée triomphale dans sa capitale.

Dès lors, escorté de troupes formidables, précédé d’une double rangée d’enseignes, et accompagné de dragons pourpres, son char impérial, rehaussé d’or et de pierreries, s’avance dans Rome au milieu des acclamations de la foule. Constance II se tient debout, immobile, sans tourner la tète, ni cracher, ni agiter la main, comme il sied à la majesté impériale. Il se rend sur l’antique Forum Romain et, après une allocution aux Sénateurs à la curie et au peuple sur les Rostres, il monte au palais. Et il offre aux Romains des jeux équestres au Grand Cirque, où le peuple dialogue avec lui par des saillies ou des acclamations.

Mais, Constance II doit bientôt quitter la ville pour Sirnium, à l’annonce d’une attaque d’envergure des Sarmates sur le Danube. En 357, Julien César remporte une victoire en Alsace et vainc la ligue des Alamans. Ses soldats, révoltés contre Constance II, le proclament Auguste à Paris en 360. Et Constance, après avoir été obligé de le reconnaître comme son successeur légitime, meurt sur la route qui le mène à lui. 

Julien a une apparence frêle, nerveuse jusqu’au déséquilibre, et porte la barbe du philosophe. Il rêve de revenir aux temps de Marc Aurèle en luttant contre l’absolutisme. Il est nourri de philosophie et de lettres classiques. Il écrit des traités philosophiques et théologiques imprégnés de syncrétisme – « Hymne à Hélios-Roi » -. Initié aux Mystères d’Eleusis et aux Rites de Mithra, il est, à l’inverse de son prédécesseur, plus attiré par le paganisme depuis qu’il s’y est converti en 351 que par le Christianisme. Très influencé par la philosophie néoplatonicienne et par les thèses de l’un de ses adeptes, Jamblique, c’est un dévot de la mère des Dieux et du Soleil. Il a l’ambition, durant son règne, de fusionner toutes les croyances pour réaliser l’impossible accord de tous ses sujets, quelle que soit leur confession. Il promulgue ainsi une loi réservant l’enseignement aux païens et excluant tous les chrétiens. Il rouvre les Temples, restitue leurs biens confisqués et rétablit les sacrifices. Tout en se refusant à persécuter systématiquement les Chrétiens, il se place au-dessus des querelles schismatiques qui les divisent. Et les Chrétiens lui donnent alors le surnom péjoratif « d’Apostat » - c’est à dire « coupable d’abandon de la foi et de la vie chrétiennes.

Or, en 363, Julien est obligé de se rendre en Mésopotamie pour combattre les Perses. Parvenu sous les murs de Ctésiphon, il est alors tué au cours d’un mouvement de retraite. Jovien est proclamé Empereur par son armée ; et celui-ci se voit contraint d’accepter la paix proposée par Shâhpuhr II. Les Romains restituent donc aux Perses les satrapies annexées en 298, abandonnent les forteresses de Nisibe et de Singara et la moitié de l’Arménie. La paix, signée pour trente ans, prévoit en outre le versement d’un tribut destiné à fortifier le Caucase perse contre les Alains. Shâhpuhr II obtient ainsi ce triomphe diplomatique que ses guerres ne lui ont jamais apporté.

Moins d’un an plus tard, après la mort de Julien, c’est de nouveau un officier pannonien, Valentinien, que les armées proclament Empereur. C’est un homme hostile aux grandes familles sénatoriales, parmi lesquelles il fait régner la terreur. Il s’adjoint son frère Valens comme Auguste d’Orient. Tous deux professent la tolérance en matière religieuse ; tandis qu’ils divisent – pour la première fois – l’Empire en deux ; et que la séparation des tâches s’accompagne d’un partage véritable des ressources et des armées.

Puis, en 367, le fils de Valentinien, Gratien – maladroit et sans énergie -, devient à son tour Auguste en Occident, afin d’affermir la position de son père. En 368, Valentinien, lui, s’installe tantôt à Paris, tantôt à Trèves, soumet les Alamans et fortifie la frontière Germanique. Afin de protéger les humbles de la puissance de l’aristocratie, il institue un « défenseur de la plèbe » dans chaque cité. De son coté, en 369, Valens impose la paix aux Goths du roi de Thrace Athanaric, puis se laisse persuader de persécuter les tendances chrétiennes contraires à l’Arianisme. En 374, il proclame tous les Mages de Rome ennemis de l’Empire. Il déclenche à leur encontre un programme d’extermination ; avec l’aide d’un Sorcier qui a dessiné un Pentagramme Maudit. Et, par la même occasion, il demande à celui-ci d’y rajouter les initiales de Valentinien, qu’il soupçonne de vouloir l’assassiner. 

Dès lors, tous les séides des Mages, accusés de haute trahison, sont traqués. Tout personnage en vue qui a un léger lien avec des pratiques Occultes, est immédiatement arrêté, ses biens sont confisqués, et sa vie est menacée. Et, comme l’accusation de haute trahison ôte toute garantie légale d’un juste procès – même aux sénateurs -, elle permet à Valens d’utiliser la torture ; qui est une méthode d’interrogatoire uniquement employée pour faire parler des esclaves.

Par ailleurs, Valens fait brûler la plupart des Bibliothèques de l’Empire – d’Antioche à Rome. Il craint en effet que leurs écrits se diffusent parmi les populaces locales, et que leurs idées les séduisent.

En 375, Valentinien franchit de nouveau le Danube pour combattre les Quades ; il y reçoit une ambassade venue implorer son pardon. Mais le franc parler des Barbares l’emplit d’une telle colère, qu’il meurt, frappé d’apoplexie.

Aussitôt, c’est son fils, Valentinien II qui lui succède, bien que celui-ci doive rester sous la tutelle de Gratien. Or, ce dernier est rapidement confronté à une nouvelle menace : les Goths sont attaqués par des bandes de Huns et d’Ostrogoths et sont affamés. Valens les autorise donc à se réfugier dans l’Empire – dans le diocèse de Thrace, région située dans la partie orientale de la péninsule Balkanique - après s’être fait désarmés, au titre de « deditices » - ou, « rendus sans conditions ».

Malheureusement, l’année suivante, d’autres Barbares – Taifales, Alains, Ostrogoths et Huns – tentent de passer le Danube. De plus, lorsque les Wisigoths se révoltent contre Valens, les Barbares mettent la thrace à feu et à sang. Valens se voit contraint de les combattre lors de la bataille d’Andrinople. Le combat s’engage autour du cercle de chariots du roi Wisigoth Fritigern, quand l’arrivée de la cavalerie des alliés de ce dernier renverse la situation. Valens décède alors, brûlé dans l’incendie d’une maison. Et l’armée romaine d’Orient est écrasée, tandis que l’Illyrie est ravagée. 

Valentinien et Valens disparus, Gratien, fils du premier, incapable d’assumer sans aide la charge de l’Empire, Valentinien II nomme Auguste d’Orient le général espagnol Théodose, en 379. L’ascendant de celui-ci sur Gratien et sur Valentinien II est tel qu’il est, en réalité, le seul à gouverner le monde Romain.

Car, homme déconcertant et versatile, Théodose est un bon militaire, mais sa santé fragile en fait un cyclothymique ; tantôt énergique et actif, tantôt apathique et faible. De fait, avec l’approbation du pape Damase, il réunit le 2ème Concile Œcuménique de Constantinople pour imposer aux chrétiens le credo de Nicée, et non celui d’Arius. Il y publie une ordonnance visant à supprimer l’hérésie. Peu après, il interdit les sacrifices païens, même domestiques. Il refuse de revêtir le manteau de grand pontife, le symbole de la religion Romaine ancestrale. Il abolit la pratique des Jeux Olympiques, après plus de 1000 ans d’existence. Il supprime les immunités et les revenus des vestales et des sacerdoces romains, et enlève au Sénat l’autel de la victoire ; c’est retirer au paganisme tout caractère public, puisque l’autel de la victoire, sur lequel on brûle de l’encens à chaque séance du Sénat, est l’emblème de la continuité de l’Etat. Damase parvient à exiger que la primauté du siège de Rome soit la garante de l’ensemble de tout le clergé ; tandis que Gratien commande un autre concile à Aquilée dans le même esprit.

Mais, Théodose est aussi contraint de reconnaître, en 382, l’installation des Goths comme nation indépendante en Thrace, entre le Danube et les Balkans. Il les exempte d’impôts et leur laisse la liberté de s’administrer eux mêmes. Il s’entoure alors de généraux Francs, et est accusé de trop favoriser les Barbares. Et en 383, il est informé que Gratien vient d’être assassiné et que Maxime a usurpé le pouvoir en Gaule, puis en Italie.

En 385, Ammien Marcellin rédige son « Histoire », qui couvre la période allant de 96 à 378 ; il est alors considéré comme le meilleur historien profane de son époque. Libanios, lui, publie son plaidoyer « Pour les Temples » ; et il devient le porte-parole des milieux cultivés païens. Bien qu’en 389, il assiste à l’abolition des jours fériés concernant les dieux Antiques.

28 mai 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 640 - 645

empire_romainPalestine, IVème siècle :

En 320, parallèlement à l’expansion fulgurante du Christianisme dans tout le monde méditerranéen, apparaissent dans cette région un certain nombre de sectes, dites « Gnostiques », dont les textes fondamentaux de leurs doctrines font parfois référence au « Rex Mundi » - ou « Roi du Monde ». Ce sont aussi elles qui commencent à émettre l’hypothèse qu’il existe, quelque part, une société d’Initiés, habitant un lieu mystérieux, et présidant à la destinée des Hommes de cet Age.

Un de leurs Livres révèle : « L’origine de nos communautés se perd dans la nuit des temps. Ce sont nos Ancêtres dans l’Evolution Humaine qui les ont mises en place. Au début, elles étaient dirigées par des Initiés connaissant les Lois Primordiales du Monde. Elles conservaient alors tous les documents et tous les résultats d’ordre Spirituel et Mystiques issus de l’Ere précédente. Elles étaient les gardiennes de Sciences aussi vieilles que les rochers. ».

Plus loin : « Tous les grands conducteurs des peuples ont été des instruments aveugles entre nos mains ; sinon des Initiés de notre Ordre. Sans eux, le Chaos se serait instauré depuis longtemps sur la terre. ».

Mais, vers 330, soit une dizaine d’années plus tard, la secte dite « des Fils de la lumière » élimine les éléments Rituels liés au Gnosticisme, au sein de sa communauté. Par contre, elle établit trois degrés d’Initiation au sein de son Enseignement : celui des Commerçants, celui des Progressants, et celui des Parfaits. C’est désormais à ces derniers Adeptes qu’est réservée l’explication de tous les Mystères ; comme ceux qui concernent l’Ascension du Christ, ceux qui concernent l’Apocalypse, ceux qui concernent le Monde Céleste, ou ceux qui concernent la hiérarchie des Anges.

Egypte, IVème siècle :

En 355, tout un halo Légendaire entoure la cité Egyptienne Méroé. En effet, à cette date, le roi d’Axoum Ezna conquiert l’agglomération. L’influence de celle-ci décline alors au Sud de la quatrième cataracte du Nil. Pourtant, la tradition reste, et cette dernière rappelle régulièrement que c’est là que quarante générations de rois et de reines ont fait creuser leurs nécropoles. Et que la montagne Sacrée qui se trouve dans les environs, cache des salles dont les murs sont décorés de scènes tirées du Livre des Morts.

D’un autre coté, les occupants Ethiopiens répandent vite une rumeur selon laquelle l’Arche d’Alliance – ou une de ses copies – a jadis été amenée dans leur pays en passant par Méroé. Et qu’à cette époque, la relique était la source de toute Puissance.

En 391, le Patriarche Chrétien d’Alexandrie Théophilien est informé que le culte d’Isis ne cesse de faire des Adeptes en Orient. Il décide alors de détruire le Serapeum de la cité. Il autorise la liquidation de la grande Bibliothèque de la métropole. Il prend sur lui de brûler ses ouvrages Historiques et Sacramentaux les plus Antiques. Il ait en sorte d’anéantir les lieux de réunions Isiaques, partout où ils se fleurissent. Et finalement, il abat symboliquement les derniers croyants d’une Religion vieille de plus de 35 siècles.

Or, paradoxalement, c’est au même moment que de nouvelles doctrines Esotériques se propagent dans le pays : le Gnosticisme, l’Alchimie, et l’Hermétisme. En effet, celles-ci sont en train de devenir le creuset de concepts religieux et philosophiques inédits, sans que les autorités s’en inquiètent. Et elles commencent à intégrer des cultures diverses à leur vision du Monde : Grecque, Perse, Juive, Egyptienne, ou même, Extrême-orientale.

Car, très vite, ces doctrines se transforment en relais Initiatiques en ce qui concerne les Mystères Egyptiens ou les Enigmes du Graal. De même, les Savoirs liés à la pierre Philosophale se mêlent à elles, puis, y acquièrent une place fondamentale : devant son athanor, l’Alchimiste accomplit désormais des gestes semblables à celui du Prêtre Egyptien de jadis autour du tombeau d’Osiris. Sous couvert de Symboles Occultes et Astrologiques, il transmet les récits qu’il a lu autrefois dans la bibliothèque d’Alexandrie, aux membres des Fraternités Secrètes auxquelles il appartient. Et, quand elles émigrent en Grèce ou en Europe, il les suit. 

Empire Romain, IVème siècle :

En 305, le Christianisme finit de se développer dans tout l’Empire Romain. Les apologistes s’efforcent de concilier la bible et la philosophie, et de définir la place des chrétiens dans le Monde. L’image d’une société nouvelle, fondée sur l’esprit communautaire et sur l’action charitable répond aux inquiétudes d’une époque très troublée. En dépit de l’indéniable succès d’autres religions de Salut, comme celle de Mithra, le Christianisme touche peu à peu toutes les catégories de la population : certains évêques ont été d’anciens esclaves, d’autres sont des aristocrates.

Mais le contexte change. Pour restaurer l’unité morale, certains Romains ordonnent la poursuite systématique des Chrétiens, jugés subversifs. Ceux-ci se réfugient alors dans les catacombes et les nécropoles aux alentours des cités, qui prennent vite une valeur mystique ; elles sont consacrées par la présence des restes des saints personnages et des martyrs qui y sont enterrés. Ils leur servent aussi de chapelles annexes et de lieux de pèlerinage où les communautés peuvent se rassembler pour prier ensemble.

Cependant, les édits de cette époque sont très inégalement appliqués. Alternent persécutions et édits de tolérance, car la clientèle chrétienne devient l’enjeu de luttes pour le pouvoir. En effet, Constantin est proclamé Auguste cette année là, mais il est écarté de la succession par Maxence – le fils de Maximien - à la mort de Constance quelques mois plus tard, alors que Dioclétien s’est retiré du gouvernement. Il s’enfuit alors auprès de son père en Bretagne en compagnie de sa concubine Hélène ; une chrétienne née en Bithynie. Au décès de celui-ci, en Juillet 306, il est proclamé Empereur par l’armée. Et dès lors, son action vise à la destruction du système tétrarchique.

En 307, Constantin prend le titre d’Auguste, après avoir épousé Fausta, la fille de Maximien. Ayant éliminé son beau père en 310, il abandonne l’idéologie tétrarchique pour se référer au culte solaire. Par l’édit de Sardique, il autorise le culte Chrétien, et autorise les évêques un droit de juridiction civile. Et il combat sur le Rhin, puis retourne à Rome pour combattre Maxence, qui s’est approprié l’Italie, l’Espagne et l’Afrique.

Mais, tandis qu’il se trouve dans les environs d’Autun, à quelques kilomètres du plus important Temple d’Apollon de la région, Constantin a un rêve étrange. Ensuite, dans les instants qui précèdent la défaite de Maxence lors de la bataille du pont de Milvius, il voit une Croix lumineuse qui flotte dans le Ciel. Il aperçoit la sentence suivante gravée en son travers : « In hac Signo Vinces » ; ou « Par ce Signe, tu vaincras ». Il se hâte d’ordonner que les boucliers de ses troupes soient blasonnés de ces monogrammes Chrétiens. Et, finalement, il y fait aussi graver les lettres Grecques « Khi » et « Kho » ; qui sont les deux premiers caractères du Mot « Christos ».

Au même moment, Saint-Antoine – issu d’une famille de paysans aisés de Memphis, et qui a distribué ses biens afin de vivre en ermite - se retire dans le désert de Pispir. Il est bientôt entouré de Disciples. Mais, avide de solitude, il les quitte pour Kolzoum. Il devient vagabond, tressant des cordes pour vivre, il est harcelé par le Démon. Saint-Pacôme fonde le monastère de Tabennès dans le désert d’Egypte. Eusèbe – l’évêque de Césarée – publie son « Histoire Ecclésiastique » et sa « Chronique » posant les bases de la chronologie jusqu'à cette date. Et le prêtre d’Alexandrie Arius élabore une doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père et, par conséquent, la nature divine du Christ.

En 313, après s’être converti au Christianisme après sa victoire sur Maxence, les Chrétiens obtiennent gain de cause : ils ont l’autorisation de l’Empereur de détruire le Serapeum d’Alexandrie. Et, par ailleurs, il leur est accordé de prendre des mesures pour étouffer le culte d’Isis partout où il fleurit. De fait, c’est début 314 que la dernière fête Isiaque officielle est célébrée à Alexandrie.

En 314 également, Constantin s’accorde avec l’Auguste Licinius, qui règne sur l’Orient, après que celui-ci ait éliminé le César Maximin Daïa ; mais la mésentente s’installe ; elle aboutit bientôt à la défaite de Licinius à Chrysopolis et à la réunification de l’Empire.

Par ailleurs, la même année, Constantin poursuit l’œuvre de Dioclétien : il achève la basilique de Maxence sur le Forum, qui abrite une statue monumentale à son effigie ; celui-ci commémore sa victoire de 312, tandis que ses bas reliefs évoquent la vie de Constantin, ainsi que celles de Marc Aurèle et de Trajan.  Constantin réforme également l’armée, organise une administration pyramidale d’une complexité jamais atteinte. Il procède à une réforme monétaire avec la création du « solidus » - ou « sou » - destiné à remplacer l’aureus. Il le fait frapper au 72ème de livre, et à 4,5 grammes. Dès lors, la nouvelle monnaie s’impose ; le système monétaire se fonde se permanence et la stabilité de l’étalon or, et non plus sur le simple rapport or-argent. Il est employé au commerce et aux échanges extérieurs. Mais, en même temps, il favorise les plus riches par son fort pouvoir d’achat, ainsi que les fonctionnaires et les soldats, payés en or.

Constantin se conduit également en Empereur Chrétien – événement considérable qui annonce des temps nouveaux. Il restitue ses biens à l’Eglise, mesure bientôt étendue à l’Orient. Il ordonne que le Dimanche soit considéré comme un jour de repos obligatoire pour les juges, les fonctionnaires et les plèbes urbaines. Ce jour, appelé officiellement « le jour vénérable du Soleil » est distingué par les adeptes du culte Solaire, dont a longtemps fait partie Constantin. Mais il correspond désormais aussi aux pratiques des Chrétiens – le « jour du Seigneur ». De fait, par cette loi, se trouve officialisée l’organisation du temps en semaine ; qu’ignorait jusqu’alors le calendrier Romain. Puis, il rebaptise Byzance « Constantinople » - ou, « la nouvelle Rome de Constantin ». Il la déclare « capitale Impériale » ; et il choisit de la rénover en raison de sa situation stratégique privilégiée.

Dès lors, il y appelle les meilleurs sculpteurs et les meilleurs peintres d’Asie Mineure et de Syrie. Il y édifie un Capitole, un Palais Impérial, un port monumental. Il fait en sorte que la cité puisse, non seulement, contrôler les voies maritimes Méditerranéennes, mais aussi, les routes continentales qui rattachent l’Europe à l’Asie. Et, il y organise l’Administration de l’Eglise Chrétienne ; tout en ne voyant plus en Rome que le Symbole d’un paganisme désuet.   

Pourtant, en 324, l’Eglise est déchirée de l’intérieur. En Afrique, la réintégration des « lapsi » - « ceux qui ont abjuré pour échapper aux persécutions » - pose un problème ; des intégristes, appelés « donatistes », s’élèvent contre la société et le pouvoir civil.

Des traditions différentes opposent l’Eglise latine d’Occident à l’Eglise Grecque d’Orient, en particulier quand il s’agit de fixer la date de Pâque. Constantin juge donc impératif d’intervenir sur le plan religieux. C’est pour cette raison que le 20 Mai 325, à Nicée, en Asie Mineure, il convoque le premier concile « œcuménique » - c’est à dire à « l’échelle du monde ».

De fait, pour la première fois, l’Eglise Chrétienne triomphante réunit tous les évêques de l’Empire Romain en un seul endroit. Constantin entend ainsi fixer un credo orthodoxe face aux doctrines hérétiques qui sont en train de se propager dans tout l’Empire.

Présidé par l’Empereur, ce concile condamne Arius, règle la question de Pâques et promulgue un texte qui définit la foi Chrétienne, le Symbole de Nicée : la sainte Trinité est une et le Christ consubstantiel au Père. C’est aussi à ce moment là que Satan est identifié au Maitre du Monde Souterrain et des entités infernales. Il est souvent représenté par le chiffre 2 : la bible ne dit t’elle pas que lors de la création, Dieu a négligé le deuxième jour en affirmant que son travail était bon ? Et avant le Déluge, les animaux impurs ne montèrent t’ils pas par groupes de deux, alors que les animaux purs le firent par groupe de sept ?

Par ailleurs, les Prélats définissent ainsi les Limbes que Satan habite : « C’est le lieu où se trouvent enfermées les Ames des Justes de l’Ancien Testament. Jésus brisa les clefs de ses portes et les jeta dans l’Abîme ; au grand courroux du Maitre des Démons ». Plus loin : « Le Pandémonium est sa capitale ; c’est là où se situe son palais. La cité a été construite au sommet d’une montagne enflammée, et elle possède des portes d’airain. C’est le lieu où règnent tous les genres de désordres, de corruption et de perversité. ». Et plus loin encore : « Quant au Purgatoire, c’est un endroit dont la localisation  demeure inconnue. Il s’agit du site intermédiaire entre l’Enfer proprement dit et le Ciel ; le lieu où les âmes coupables expient leurs péchés au cours d’une période variable. ».

Puis, ils sélectionnent les textes de l’Apocalypse de Saint-Jean concernant l’Antéchrist qu’ils veulent inclure dans « le Livre des Révélations ». Et, ils les décomposent en 22 chapitres – nombre de Lettres de l’Alphabet Hébreu ; dans le premier chapitre, par exemple : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup (Apocalypse, 1, 4-5). ».

Ou : « Malheur à vous, car moi, la bête, je descendrai vers vous animée d’une grande colère, sachant que je n’aurai que peu de temps pour accomplir mon œuvre. Les peuples trembleront ; la terre connaîtra son Dominateur ; et le jour de mon triomphe arrivera. Car c’est moi qui le dit et qui le veut (Apocalypse, 1, 12-15). ».

Ou encore : « Voici que je viens comme un voleur. Heureux qui veille et qui garde ses vêtements afin qu’il ne marche pas nu, et qu’on ne voie pas sa honte. Car, ceux qui ne l’auront pas fait, je les rassemblerai dans un lieu appelé Armaguedon. Et je tiendrai devant eux un Livre scellé de sept Sceaux. ».

Ou toujours : « Vos fils et vos filles prophétiseront ma venue, vos jeunes gens auront des visions de moi ; et vos vieillards auront des songes dans lesquels je leur apparaîtrais grandi. Alors, ils vous diront que ma venue est proche. Pourtant, que celui de vous qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête, car c’est un nombre d’Homme, et ce nombre est 666.

Ce n’est qu’ensuite que je naîtrais à Babylone ; en cet endroit où il y a abondance de maîtres en Arts Magiques. Un grand Démon m’apprendra alors tout ce qu’il pourra, et principalement l’Art Alchimique, et fera de l’or et de l’argent devant moi. Puis, j’accomplirai des prodiges dans le Ciel, des miracles sur la terre ; je ferai aussi surgir autour des hommes du sang et du feu, des vapeurs et de la fumée. Le Soleil se changera en Ténèbres, et la lune disparaîtra.

Enfin, de même qu’une terre tirée de l’eau est formée au moyen de l’eau, le Monde d’alors périra, submergé par les eaux ; tandis que par ma parole, les Cieux et la terre d’à présent seront réservés pour le feu ; ce jour du Jugement et de la ruine des Hommes (Apocalypse, 1, 23-37). ».

Dans un autre chapitre : « Je ne les ferai pas tous mourir, mais tous seront changés en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera et les morts ressusciteront, incorruptibles ; tandis que j’ouvrirai le Livre. Puis, je me métamorphoserai, et je poursuivrai la femme qui a enfanté l’enfant mâle (Apocalypse, 6, 2 – 6). ».

A quelques lignes de là : « Et j’étais sur les sables de la mer et vis de l’eau sortir une Bête à sept tètes et dix cornes ; et au dessus de ces cornes, dix couronnes ; et au dessus de ces tètes, le nom de Blasphème. Et je vis une de ces tètes comme si elle était blessée à mort ; et sa blessure mortelle était cicatrisée. Et tout le monde s’interrogeait à propos de la bête.

Toute la force était dans l’admiration derrière la bête. Et ils l’adorèrent, parce qu’elle avait l’autorité. Car, qui peut combattre la bête ? En effet, il lui fut également donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes ; et il lui fut donné le pouvoir d’agir pendant 42 mois ; et elle domina toutes les tribus, tous les peuples, toutes les langues, et toutes les nations. Et tous les habitants de la terre la vénérèrent ; car leurs noms n’ont pas été écrits à l’Aube de cet Age dans le Livre de la vie (Apocalypse, 6, 16-23). ».

Plusieurs pages plus loin : « Prenez garde que personne ne vous séduise. Car d’autres viendront sous son nom, disant : « C’est moi qui suis le Christ. ». Mais ne les croyez pas, même si ils font de grands prodiges et des miracles, au point de séduire beaucoup de gens, y compris les Elus. Ces gens seront en effet maudits par Dieu et seront appelés « Got » et « Majot » ; ils s’épandront sur toute la terre pour attendre l’alliance de la bête et sa compagnie. 

Par leur intermédiaire, vous entendrez encore parler de guerre et de bruits de guerre. Gardez vous alors d’être troublés, parce qu’il faut que ces choses s’accomplissent. Une nation s’élèvera contre une autre nation, et un royaume contre un autre royaume ; et en divers lieux, il y aura des tremblements de terre et des famines. Pourtant, tout cela ne sera que le commencement des douleurs. On vous livrera aux tourments et on vous fera mourir. On vous broiera le front, on fera de vous des esclaves. On se moquera de toutes les choses saintes. Et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. Alors aussi, nombre d’entre vous succomberont et se trahiront, se haïront les uns les autres. Des faux prophètes apparaîtront et séduiront beaucoup de gens. Ils enseigneront partout le mensonge. Ils feront périr dans la torture tous les chrétiens qui refuseront de m’adorer. Par contre, ils donneront à ceux qui croiront en moi des trésors en abondance, et à ceux qu’ils ne pourront corrompre par des présents, ils les asserviront pour moi par la terreur ; ils tueront ensuite ceux-ci misérablement. Et parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. Alors viendra la fin. ».

« Aussitôt après ces jours de détresse, le Soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les Etoiles tomberont du Ciel, et les puissances des Cieux seront ébranlées. Alors, le Signe du Fils de l’Homme se dessinera dans le Ciel, et toutes les tribus de la terre se lamenteront. Car elles verront le Fils de l’Homme chevauchant les nuées du Ciel avec puissance et grande gloire. ».

« Et je vis la bête, et les Rois de la terre, et leurs armées, rassemblées pour faire la guerre à celui qui était assis sur le cheval, et à son armée. Et la bête fut prise, et avec elle le Faux Prophète, qui avait fait devant elle des prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l’étang ardent de feu et de soufre. ».

13 mai 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 566 - 570

arche3En 79, malgré la diaspora, l’Empereur Titus craint toujours que la judée ne se révolte encore. C’est pour cette raison qu’il interdit désormais aux Juifs restés dans le pays, d’étudier la torah. Il leur défend de s’adonner à la kabbale ; ceux-ci se demandent alors si leur chaîne Initiatique ne va pas être interrompue. Et il les empêche de se rendre en pèlerinage à Jérusalem pour prier au Mur des Lamentations ; le seul vestige encore debout du Temple de Salomon. 

En 80, les déviations doctrinales se multiplient, car le Christianisme se réfère à un homme, Jésus, et à un événement, sa résurrection, mais non à un livre ou à un système théologique. Certaines hérésies sont le fait d’intellectuels soucieux de concilier la foi et la philosophie, d’autres rejettent la bible. Ces interprétations sont déterminées par des héritages culturels différents. Il faut donc constituer, à partir des traditions diverses, un « canon » des textes admis par tous. Il faut, aussi, renforcer l’encadrement. C’est la tâche des premiers grands évêques, comme Clément, à Rome, et Ignace, à Antioche. Celui-ci définit l’Eglise comme « Catholique », c’est à dire universelle.

Véhiculé de port en port le long des routes romaines, le Christianisme utilise des réseaux d’hospitalité. Chaque prédicateur a les siens. Des notables accueillent les communautés dans le cadre d’Eglises « domestiques ».

L’Eglise est à présent considérée comme le « Corps Mystique » du Christ. La communion fonde son unité. Peu à peu, un encadrement permanent se met en place, relayant l’action des « Prophètes » itinérants de la première génération : chaque communauté est administrée par un évêque – « surveillant » -, des prêtres – « anciens » - et des diacres – « serviteurs » -.

Alors, après la révolte des Juifs en Judée, la chute de Jérusalem et la destruction du Temple en 70, toutes les attaches sont désormais rompues avec le Judaïsme. Maintenant, il s’agit d’intégrer la religion nouvelle à l’Empire Romain et à la société païenne.

En 77,  certains prédicateurs ayant jadis séjourné en Egypte, intègrent à leurs Croyances un certains nombre de dogmes extérieurs au Christianisme. Ainsi, ils désignent le 25 Décembre comme étant celle de la naissance du Sauveur. Or, ils savent très bien que le 25 Décembre est également le jour où a été engendré Osiris dans la religion Egyptienne. Ils reprennent en outre la pratique du Baptême, alors que celle-ci a autrefois été utilisée par les Disciples d’Isis : ceux-ci s’immergeaient ainsi dans les eaux du Nil, après s’être repentis et avoir confessé publiquement leurs péchés. Ils y récupèrent encore l’image de « la mère de Dieu », puisqu’Isis était souvent représentée en train d’allaiter Horus ; le rejeton issu de l’union Magique entre elle et Osiris. Puis, ils remodèlent la tradition selon laquelle Osiris aurait été tué par Seth un Vendredi, et aurait ressuscité trois jours plus tard grâce à l’intervention de son épouse ; avant de l’assimiler au Miracle de la montée de Jésus vers le Ciel.

D’un autre coté enfin, ils métamorphosent Thot – le dieu Egyptien de la sagesse – en Enoch. Ce dernier est alors considéré comme l’Inventeur de l’Ecriture ; le Révélateur de l’Art. Et il est désigné comme celui qui, avant le Déluge, de peur que les Connaissances Essentielles des Ages passés, ne soient perdues, aurait inscrit leurs « Grands Secrets » sur une dalle de pophyre oriental, avant de les enfouir dans les entrailles de la terre. 

En 85, vassaux de l’Empereur, les Juifs vivant encore en Palestine échappent à la domination directe de Rome. Ceux qui se sont dispersés près de la méditerranée bénéficient du statut de citoyens et ont le droit de pratiquer leur Religion ; ils sont dispensés de rendre un culte à l’Empereur. Mais les contacts entre les deux cultures sont féconds. Des païens décident de se convertir au Judaïsme. Le philosophe Philon, Juif d’Alexandrie, tente même de concilier la pensée platonicienne avec le Judaïsme.

Mais ces rapprochements restent tout de même rares. Les païens confondent bien souvent les Juifs et les Chrétiens. Les tensions débouchent sur des affrontements. La destruction du Temple par Titus a creusé un fossé infranchissable. Et à la mort du dernier hérodien, Agrippa II, toute la palestine est sous domination Romaine.

En 97, le terme « Evangile » désigne à la fois le message de Jésus et des apôtres et les écrits qui le consignent. Apparaissent aussi des recueils de « Dits » et de « Signes », rassemblant les Traditions diffusées oralement par les apôtres ; et enfin, les prédictions des premiers Chrétiens. Quatre Evangiles sont retenus : celui de Marc, celui de Matthieu, celui de Luc et celui de Jean.

Les trois premiers Evangiles, sont très proches, quant au fond et à la forme. Celui de Matthieu, un des douze Apôtres est écrit pour les Juifs convertis. Marc rédige l’Enseignement oral de l’Apôtre Pierre, les « Dits » organisés en grands discours. Luc, médecin, compagnon de Paul, écrit pour les païens, tente d’établir une trame chronologique, et de faire œuvre d’historien. L’Evangile de Jean, de son coté, se distingue par une interprétation plus intellectuelle des faits. Mais il sélectionne également des éléments particuliers dans une perspective philosophique issue du Judaïsme hellénisé.

Car, de son coté, alors qu’il est exilé à Pathmos, l’Apôtre Jean écrit « l’Apocalypse » ; une Apocalypse contient les Révélations reçues par un homme sous forme de visions symboliques et consignées par lui dans un livre. Il s’agit pourtant cette fois d’un écrit de circonstances, destiné à rouvrir l’espérance des Chrétiens, en une période de troubles et de persécutions contre l’Eglise. Rome y st comparée à la courtisane de l’Apocalypse ; l’auteur annonce la délivrance du peuple de Dieu, puis sa domination sur les nations païennes à leur tour châtiées et anéanties.

Les premières Prophéties Chrétiennes qui en sont issues expliquent que le onzième millénaire avant notre Ere coïncide avec le « Premier Temps ». Il s’agit du moment où le cycle des Etoiles de la ceinture d’Orion est à son niveau le plus bas. L’élévation à son maximum correspondra au « Dernier Temps » ; lequel apparaîtra au à l’époque ou l’Equinoxe de printemps cessera d’avoir lieu dans la constellation du Poisson. Ce sera alors la fin de l’Ere Chrétienne.

Le début de la chute de l’Age présent surviendra à l’approche des quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Ils se mettront à chercher avidement la situation géographique de la terre Promise ; le lieu où les Elus assisteront au retour de l’Age d’Or. Un texte – « la tiburtina » - décrit certains des grands fléaux que subira l’Humanité à ce moment là : l’ère d’affliction débutera par la prise de Rome.

Par ailleurs, dans son Deuxième Epître (3, 3-10), Pierre prédit la venue de l’Antéchrist lorsque le Monde sera proche de l’Apocalypse : « Sachez tout d’abord qu’aux derniers jours, il viendra un Blasphémateur guidé par Sa passion. Il dira : « Ou est la promesse de l’Avènement du Sauveur ; depuis que les Pères sont morts, tout demeure comme au début de la création. ». Car l’Antéchrist ignorera volontairement qu’il y eut autrefois des Cieux et une Terre qui, du milieu de l’eau, surgit sur une parole de Dieu ; et que par ces mêmes causes, le Monde d’alors périt par l’eau. Mais les Cieux et la terre d’à présent, Sa même parole les a prédits au feu au Jour du Jugement Dernier. Ce sera la ruine des hommes impies. Il viendra, le Jour du Seigneur ; comme un voleur. En ce Jour les Cieux se dissiperont avec fracas. Les éléments embrasés se dissoudront. La terre, avec les œuvres du Malin qu’elle renferme, sera consumée. »

Mais, dit Pierre, le Plan de Dieu pour Son peuple, ne pourra pas être contrecarré par cette Catastrophe. Ainsi, tous les Enfants d’Elie seront sauvés par la parole de l’Ecriture parce qu’ils en porteront le signe. Ceux-ci recevront alors du Seigneur la mission de renouer avec l’Humanité dégénérée les chaînes de la tradition disparue. L’Armaguedon durera donc tout le temps qui précédera la venue du Grand Empereur – le Rédempteur - qui instaurera le nouvel Age d’Or sur la terre. Suivra enfin l’arrivée d’un second Antéchrist ; puis le règne définitif de l’Esprit divin.

Egypte, Ier siècle après J.C. :

Vers 30, Jésus de Nazareth se rend en Egypte. Il séjourne un temps à Alexandrie afin d’y être Initié à la magie Traditionnelle du pays. Il découvre que la cité est la plus éclectique, la plus œcuménique, et la plus tolérante des métropoles. Mais, il se rend également compte qu’elle se situe à la croisée des routes commerciales de la méditerranée. Pour lui, elle est donc bien un comptoir général des biens et des idées.

Jésus apprend ainsi que les Mystères Egyptiens cohabitent avec les Mystères Grecs, avec la philosophie Hellénistique, avec les doctrines religieuses de Palestine et de Syrie, avec les vestiges de la religion Zoroastrienne et Mithridaïque, et qu’ils se mêlent aux cultes existant aux quatre coins du Monde. Même l’Hindouisme et le Bouddhisme importés de l’Inde s’y propagent. Enfin, Jésus a accès à la grande Bibliothèque d’Alexandrie, qui est en fait un centre privilégié pour les Intellectuels de tous les pays.

Il y lit donc des traités Hermétiques ou parlants des Mystères du Temple. Il s’imprègne de notions Alchimiques qui évoquent l’héritage Mystique d’Osiris, des textes censés remonter aux Premiers Ages de l’Humanité. Il y parcourt des ouvrages expliquant qu’autrefois, Dieu a parfois été représenté sous les traits d’une Chèvre, et qu’il a porté le titre de « Baphomet ». Il y comprend que l’Hermétisme, ainsi que les « Mystères du Temple de Salomon » ont pour la première fois été intégré à la culture Hébraïque, au cours de la vie de Moïse. Il y déchiffre des Formules Magiques permettant de transformer l’eau en vin, de marcher sur l’eau. Et, une fois qu’il en a terminé avec cette Initiation à la sorcellerie Egyptienne, il prend la direction du lac de Tibériade. Désormais en effet, il désire se faire connaître de ses semblables. 

En 33, un Mage nommé Orekptah écrit, à propos du culte d’Isis répandu à son époque : « Lors de la domination Grecque, la religion Isiaque se diffusa partout. Elle fut le trait d’union entre deux Ecoles de Mystères. Ensuite, elle atteignit Rome. Elle imprégna l’ensemble de l’Empire. Malgré tout, son centre dogmatique demeura toujours en Egypte ; au Serapeum d’Alexandrie.

Les castes inférieures Romaines aimaient le culte d’Isis. Elles s’y adonnaient ave enthousiasme. Malheureusement, un jour, les autorités virent d’un mauvais œil ces mouvements de masse. Ils représentaient pour elles un risque de subversion. Aussi, les Adeptes d’Isis firent t’ils l’objet de persécutions fréquentes à Rome. Et, en définitive, le Sénat ordonna la destruction de tous les Temples honorant la déesse.

Or, aussi incroyable que cela puisse paraître, les ouvriers refusèrent d’anéantir ces Sanctuaires. De plus, bientôt, à la surprise générale, le triumvirat gouverné par César ordonna l’édification d’une nouvelle chapelle Isiaque. Peu après, Marc Antoine et Cléopâtre s’y firent représenter sous les traits d’Osiris et de Dionysos. Cléopâtre profita de son influence sur Mar Antoine pour faire reconnaître le culte d’Isis en tant que Religion Nationale en Egypte. Bien que cela ne dure pas, puisque l’Empereur suivant réprima sévèrement les Adeptes d’Isis : leurs Prêtres, ainsi que 4000 d’entre eux, furent chassés de Rome en même temps que les Juifs de la cité. ». 

Pourtant, en 35, même si désormais l’Empire tente d’en entraver la diffusion, le culte d’Isis vit une seconde phase d’expansion. Sa propagande active atteint toutes les classes sociales. Il touche les classes dirigeantes. Il est véhiculé par les courants commerciaux et les expéditions militaires en Orient. Et finalement, le pouvoir Romain est obligé de reconnaître qu’il a même convaincu des hommes et des femmes habitant sur le Rhin et sur le Danube.

De fait, en 38, Caligula a l’habilité de l’associer aux Rites Impériaux. Il encourage ainsi la construction de plusieurs Temples à Rome. Il participe à des fêtes Isiaques à Alexandrie, et s’intéresse aux Mystères qui lui sont rattachés. Il découvre, stupéfait, que les Egyptiens insulaires décrivent leurs Sanctuaires de jadis comme une suite de bâtiments en ruines, à l’abandon, au centre desquels les derniers Prêtres de Ra perpétuent tant bien que mal une Tradition révolue. Il est informé que certains de ceux-ci se rendent parfois aux confins du désert de Radari, afin de s’approcher au plus près des cimetières et des forteresses de Kouban et de Mirgissa. Il lui est dit que quelques uns habitent les environs de ces sites, à Kiwan. Il réalise que quelques autres sont installés sur l’île de Meinasti, non loin d’une Acropole qui est le point de passage stratégique entre les deux rives du Nil. Et il se renseigne sur les deux gouverneurs qui supervisent l’administration de la région. 

Ce sont ces derniers, lui apprend t’on, qui, un jour, ont mis en évidence une anfractuosité dont les murs sont incrustés de motifs Mythologiques. Ce sont également eux qui y ont marqué que la nubie est désormais tenue par deux peuplades indigènes : les « Nobades » et les « Blemmyes ». Ce sont encore eux qui ont compris que celles-ci étaient originaires, pour l’une, de Libye, et pour l’autre, d’Arabie. Et enfin, Caligula conclut qu’elles ont pour charge de défendre la frontière Sud de l’Empire. Mais lui, leur envoie un ambassadeur, dans le but de leur faire promettre d’éloigner l’autorité du royaume de Méroé de ses territoires ; mais aussi, d’y sauvegarder les cultes Egyptiens.

En 40, le Mage Simon traverse l’Egypte en compagnie d’une mystérieuse femme du nom d’Hélène. Celle-ci a en effet la réputation d’être une ancienne prostituée née dans la cité Phénicienne de Tyr. Mais, Simon, lui, l’appelle « Eonnia » ; ce qui veut dire : « la mère de Tout ». Il lui révèle ensuite que cette appellation est liée aux dogmes Gnostiques dont il est le détenteur. Il lui Enseigne que la première Pensée de Dieu a engendrée les Anges et les Demi-Dieux. Il lui explique que ceux-ci ont ensuite créé la terre selon ses instructions. Et il lui démontre, qu’une fois qu’ils ont accompli leur mission au nom de Dieu, ils se sont rebellés contre leur Créateur ; qu’ils l’ont emprisonné à l’intérieur de la matière qu’est notre Monde Physique. 

En 46, Ormus est un Mystique Egyptien reconnu ; mais c’est aussi un Adepte de la doctrine Gnostique et Hermétique d’Alexandrie. En effet, c’est un habitué du fabuleux creuset de concepts Religieux et Philosophiques, des Récits Grecs, Perses, Juifs, Egyptiens, et Extrême-Orientaux, de la grande Bibliothèque de la cité. C’est un Initié qui s’intéresse à la notion de Dualisme : à ses yeux, le Cosmos est divisé entre le Monde Divin et le Monde Humain inférieur et terrestre. Il est persuadé que l’Homme a été créé par des Anges ; qu’il est loin d’être parfait, et qu’il est intrinsèquement Mauvais. Il est convaincu que, seule l’intercession Divine qui peut se produire au cours de la vie Terrestre, est capable de pénétrer l’Ame Humaine ; et que c’est grâce à cette intervention qu’il est capable de toucher à la connaissance – ou « Gnose ». Et il est sûr que ce n’est qu’ensuite qu’il peut être délivré du Mal inhérent à sa condition Humaine ; et que l’Immortalité de l’Ame en est la récompense.

Or, à quelques mois de là, l’ancien Disciple de Jésus qu’est Saint-Marc, convertit Ormus au Christianisme. Avec six de ses compagnons, celui-ci abandonne donc le culte Egyptien. Il s’entoure de Disciples. Il fonde une Secte à laquelle il donne le titre de « Sages de la lumière ». Il se renseigne sur les Mystères d’Eleusis, de Thot, d’Hermès Trimegiste, de Zoroastre. Il se passionne pour tout ce qui concerne les cultes d’Astarté, pour les Phéniciens ; d’Aphrodite, pour les Grecs et les Chypriotes ; d’Ishtar, pour les Mésopotamiens ; et de Cybèle, pour les gens d’Asie Mineure. Il approfondit les Enseignements de certains groupes Hébraïques, comme ceux des Esséniens. Et, finalement, il élabore un certain nombre de dogmes inédits, mêlant Principes Chrétiens et anciennes Croyances Païennes ; mais en totale contradiction avec les certitudes des Chrétiens primitifs : « Ce sont les Egyptiens qui ont instruit les Israélites de la connaissance de la bonne Architecture. Ils ont été les Maçons de l’Avenir. ». Et, finalement, il écrit treize livres, les « Nag Hammadi », qu’il enferme dans une jarre d’argile rouge, et qu’il dissimule nul ne sait où.

Peu de temps après, le Savant Grec Panopolitain Zosime, entre en contact régulier avec Ormus et ses Adeptes. Et il se met écrire plusieurs récits Alchimiques et Esotériques.

En 50, alors qu’il est de passage en Egypte, dans son livre de voyage, Strabon explique que les Romains ont libre accès à la grande Pyramide. Ceux-ci n’en n’ont jamais découvert les Secrets, bien qu’ils se soient régulièrement aventurés à l’intérieur de ses Chambres souterraines, les aient exploré, puis, aient laissé des graffitis sur ses parois.

Le collègue de Strabon, Pline, lui, signale que les Egyptiens ont utilisé de l’étain lors de l’édification de ce monument. Mais, selon lui, ce matériau ne provient pas de l’Inde. Il est arrivé de contrées situées à l’Ouest de la vallée du Nil. Il dit aussi que jadis, parfois, les Pharaons ont échangé de l’étain avec l’Inde, en y achetant des perles et des pierres précieuses.

En 75, plusieurs individus mystérieux s’aventurent souvent dans les environs des ruines de la citadelle de Napata. Là, ils exhument les vestiges de deux Temples dédiés à Amon. Ils repèrent des traces de combats qui datent de l’invasion du Delta du Nil par les Assyriens. Puis, ils rétablissent et agrandissent le Sanctuaire du Soleil qui s’y trouve.

10 mai 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 555 - 557

arche3En 38, l’un des successeurs immédiats de Saint Jean l’Evangéliste, Hebraüm, est à la recherche de la sagesse Eternelle. Après avoir présidé la secte Baptiste pendant un temps, il la quitte subitement, pénètre en Orient. Il traverse la perse, puis l’Inde. Il arrive dans un monastère de l’Himalaya, où il se repose un certain temps. C’est là qu’il apprend par hasard d’antiques Secrets concernant le lointain passé de l’Humanité. Il décide donc de reprendre la route afin d’en savoir plus à leur sujet.

Hebraüm parvient au royaume de l’Argatha après avoir affronté de multiples épreuves périlleuses. Là, il rencontre le Roi du Monde ; lequel lui fait des révélations incroyables à propos de la destinée des Peuples de la terre. En même temps, celui-ci accepte qu’il siège en tant que « Consultant » au cours des Conclaves où se rencontrent les Initiés du Cercle d’Argent.

En 39, un prêtre Séraphique d’Alexandrie du nom d’Ormus – Initié aux Traditions de l’Ancienne Egypte et de certains groupes Hébraïques issus de la secte Essénienne -, se convertit au Christianisme. Puis, secondé par Saint-Marc, il crée une secte se désignant par le titre : « les Frères de l’Ormus ».

En 44 – et malgré la disparition de Jésus -, les Nazaréens sont toujours considérés comme des prédicateurs subversifs par les autorités Romaines et Hébraïques Saducéennes : Etienne est lapidé. Les Nazaréens de Damas sont traqués par Saul de Tarse. Pierre, Jean, puis tous les autres disciples du Christ, sont arrêtés, flagellés et sommés de ne plus prononcer le nom de Jésus. Jacques est incarcéré et décapité ; une forme d’exécution que seuls les Romains sont autorisés à pratiquer. Mais cela n’empêche pas les actes de guérilla de se multiplier. Ces derniers prennent même une telle ampleur que Rome estime nécessaire de réagir vigoureusement. Et, en 49, le gouverneur de Judée emprisonne et fait crucifier tous les Nazaréens qui habitent Jérusalem et ses alentours. Tandis qu’en 50, Matthieu, l’ancien publicain de Capharnaüm devenu Apôtre de Jésus, est obligé de se cacher à Corinthe – dont il veut faire le centre de conversion de la grèce - pour rédiger son Evangile.

Pourtant, les troubles ne cessent de se multiplier et les heurts entre Juifs et païens, les rivalités entre sectes et la propagande des Zélotes fanatiques entretiennent l’agitation : en 52, le légat Romain de Syrie intervient en Judée pour y éviter un embrasement général. En 54 et en 55, les activités militantes hébraïques y reprennent de plus belle : le Grand Prêtre Saducéen du Temple de Jérusalem, nommé à ses fonctions par les Romains, est assassiné par des Zélotes. Peu après, ceux-ci lancent une vaste campagne terroriste contre tous les Saducéens compromis avec Rome. En 57, un Messie originaire de la communauté Juive d’Egypte se mêle à eux. Il se rallie une foule de partisans, tente de s’emparer de la ville Sainte par la force, puis de chasser les Romains de Palestine. Mais il est bientôt mis en échec et il est obligé de fuir dans la vallée du Nil.

En 58, songeant déjà à aller à Rome, Paul écrit son « Epître aux Romains ». Il y décrit ses voyages missionnaires à travers les régions hellénisées de l’Empire : Asie Mineure, Macédoine, Grèce. Son charisme et son éloquence lui valent des succès, mais aussi l’hostilité de nombre de païens et de Juifs. Ceux-ci, exaspérés, le font alors arrêter à Jérusalem ; grâce à son statut de citoyen Romain, il obtient d’être déféré à Rome, où il meurt.

En 62, Siméon – qui se présente en tant que cousin de Jésus -, succède à Jacques comme chef de la secte Nazaréenne. Pendant une brève période, il maintient la hiérarchie mise en place par son prédécesseur dans la cité ; même si il sait que son avenir est inévitable. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il entraîne ses Frères hors de Jérusalem en 65, et qu’il les fait s’installer à Pella ; sur la rive orientale du Jourdain.

Mais, plusieurs groupes de Nazaréens ne suivent Siméon à Pella ; pendant des mois, ils continuent leur retraite vers le Nord-est. Ils atteignent le bassin du Tigre et de l’Euphrate. Ils s’établissent dans une région désertique située non loin de là. Puis, ils font en sorte de préserver le plus secrètement possible leurs Traditions millénaires.

Or, ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’à partir du printemps 66, la rébellion Zélote et Nazaréenne dégénère en véritable guerre civile : de violents heurts éclatent à Césarée. Les troupes Romaines cantonnées à Jérusalem sont prises de folie meurtrière et massacrent tous les Juifs – hommes, femmes et enfants -, qu’elles rencontrent sur leur route. Au cours de la grande vague d’écœurement stupéfait qui en découle, les insurgés forcent les Grands Prêtres du Temple à stopper leurs sacrifices officiels en l’honneur de Rome. Et ils réussissent à s’emparer de la totalité de Jérusalem, puis à s’y retrancher. Tandis que des contingents de Zélotes se saisissent de la forteresse de Massada, égorgent sa garnison Romaine, et mettent au point des installations défensives leur permettant de résister à un siège.

La réaction de Rome ne se fait pas attendre. Vespasien, accompagné de son fils Titus, est chargé de la répression En 67, Titus envahit la cité de Quram avec ses troupes. Il disperse la communauté Essénienne, s’empare de ses habitations, incendie ses bâtiments. Il traque impitoyablement ceux qui lui résistent. Quelques Esséniens parviennent malgré tout de justesse à cacher les précieux manuscrits qu’ils ont en leur possession dans des grottes avoisinant la ville. Ceux-ci y dissimulent également leurs archives personnelles recopiées à la va vite ; et notamment celles concernant leurs ancêtres « Desposyni » - ou « Ceux qui étaient avec le Maitre ». Ils mettent enfin un point d’honneur à y conserver la trace de leurs origines aristocratiques, avant de disparaître dans la nature. 

Puis, le 8 Septembre 70, Titus et ses soldats s’emparent de Jérusalem. Le neuvième jour du mois d’Ab – selon le calendrier Juif -, ils consacrent la disparition totale du système politique et religieux qui a gouverné jusqu’alors le peuple Hébreu. Ils tuent et déportent ses occupants. Ils saccagent et détruisent le Temple. Un sacrificateur Saducéen nommé Jésus – fils de Thébuth -, à qui Titus promet la vie sauve à condition qu’il lui remette le trésor du Sanctuaire, donne même de son plein gré à ce dernier un chandelier à sept branches réservé aux cérémonies consacrées à l’Arche d’Alliance. Il lui offre encore un autel incrusté d’argent pesant plusieurs talents. Il lui remet des coupes taillées dans un métal inconnu, une énorme Emeraude qu’il a détaché de l’Objet sacré, ainsi que des vases d’or massif : « On emporta un butin prodigieux. Mais, de toutes les dépouilles, celles que l’on avait prises dans le Temple furent les plus éblouissantes. ».

C’est pourtant lors de ce pillage que l’Arche d’Alliance, accompagnée de Prêtres Saducéens, quitte définitivement la ville Sainte. Ils lui font rapidement atteindre la citadelle de Massada. Titus n’en récupère qu’une imitation grossière. Il s’approprie un rouleau de la torah et une énorme émeraude – aux propriétés stupéfiantes – qui a jadis reposée sur la table de Salomon. Et il les ramène comme trophées à Rome, avant de les faire figurer dans le trésor impérial.

Une fois leur commandant parti, les soldats de Titus écrasent systématiquement la résistance d’Israël. Mais il ne veut pas encore se frotter à la forteresse isolée de Massada. Dès lors, en 71, les Zélotes qui s’y trouvent en compagnie de leur chef Eléazar, sont rejoints par des clercs Saducéens décidés à constituer un parti politique anti-romain. Pendant deux ans, Zélotes et Saducéens tiennent tète à l’armée impériale. Malgré tout, en 73, ils commencent à être décimés par la famine et sont menacés par un assaut généralisé. Et c’est ainsi qu’ils décident de se suicider en masse : dix d’entre eux sont désignés par tirage au sort ; et ceux-ci tuent alors immédiatement leurs frères, avant de se donner la mort.

Peu après, lorsque les Romains investissent la forteresse, ILS n’y découvrent que des cadavres. Quant à l’Arche d’Alliance, elle a disparu. 

De fait, en 74, la caste Saducéenne a cessé d’exister. Elle n’a en effet désormais plus aucun rôle dans le développement du Judaïsme hors de la palestine. La pensée Pharisienne, quant à elle, survit tant bien que mal à la chute de Massada ; elle est même a l’origine du Judaïsme Rabbinique. Car, lorsque le conflit se termine et que de nombreux Hébreux sont contraints de quitter leur terre natale – la « Diaspora », ils en gardent les fondements, tout en s’appuyant sur la torah pour la développer. Alors qu’un groupe d’origine obscure pénètre en Grèce, arrive au centre du Péloponnèse, et s’unit rapidement à la famille royale.

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