Mes Univers

Quand le Mythe rejoint l'Histoire, il y a un Instant Magique où la Réalité n'existe plus que pour ètre emportée par le Souffle d'une Légendaire Epopée...

21 septembre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 1050 - 1053

Inde_antiqueInde, seconde moitié du XVIème siècle :

Lorsque Muhammad Akbar vient au monde, en 1542, un héritage difficile l’attend. Son père, Humayun, a été déchu de son pouvoir à la suite des intrigues de ses frères et il est en fuite en Perse. Né dans la maison du raja d’Umarkot, Akbar ne rencontre ce père qu’à l’âge de trois ans, et ne vit avec lui qu’à l’âge de cinq ans. L’enfant reçoit pourtant l’éducation sportive et politique d’un prince moghol. Ainsi, il apprend à manier les armes, à monter à cheval et à chasser, mais aussi à administrer les territoires. Par contre, il reste analphabète. Après avoir fait ses « classes » comme gouverneur de Ghaznî et de Lahore, il est couronné Empereur en 1556, à la mort de son père.

Akbar n’a alors que quatorze ans, et l’Empire moghol est une réalité bien fragile. En effet, en Inde, les descendants de Baber ne contrôlent qu’un petit territoire autour de Delhi et d’Agra, et, en Afghanistan, leurs possessions ne sont pas sures. Les Perses, les Afghans, les Rajputs de l’Ouest de l’Inde sont autant de rivaux possibles. Même l’entourage de l’Empereur n’est pas digne de confiance.

Au début de son règne, Akbar n’exerce pas seul l’autorité. Son tuteur, Bayram Khan, qui l’a fait couronner, prend la place de grand vizir. Il aide Akbar à vaincre les premières difficultés et, notamment, les rebellions de plusieurs chefs militaires ambitieux. Akbar contrôle bientôt un territoire qui s’étend de Kaboul à Ajmer, au Sud-ouest de Delhi. Mais, malgré ses succès, Bayram Khan doit abandonner son poste, en 1560, sous la pression de clans rivaux de la cour. Parti en pèlerinage à la mecque, il est assassiné en chemin. En signe de reconnaissance, Akbar épouse sa veuve. Pendant quelques années encore, le jeune Empereur reste soumis à l’influence de son entourage – essentiellement les femmes de sa famille. En 1564 – il a alors vingt-deux ans -, il s’émancipe définitivement, et songe à étendre son Empire pour consolider son autorité.

Partant du principe que s’il ne prend pas l’initiative de conquérir les possessions de ses voisins, ceux-ci vont être tentés de l’attaquer les premiers, Akbar annexe les royaumes du Mawa et du Gondwana, au Sud. Il oblige les princes rajputs à se soumettre, tout en leur laissant un semblant d’indépendance. Il accepte même des princesses rajputes pour épouses, se créant ainsi des alliés fidèles dans certains clans.

Sur sa lancée, Akbar occupe le Gujerat, une province très riche qui donne accès à la mer : c’est la porte de l’Inde vers le fructueux commerce avec l’Occident et le point de départ des pèlerinages à la mecque. Puis, il se tourne vers l’Est et annexe le Bihâr et le Bengale. Et, pour mettre fin à des velléités de rébellion, il s’empare aussi de l’Afghanistan, puis du Cachemire. Le Sind, l’Orissa, le Baloutchistan tombent encore aux mains du Grand Moghol. Seuls une partie du Deccan et le Sud du sous-continent Indien échappent à ses ambitions. Il a dès lors un Empire qui s’étend de Kaboul au Bengale et jusqu'à Ahmadnagar, au Sud.

A ce moment là également, Akbar met en place en Inde une véritable administration, organisée autour du système des « mansabdari », des officiers de service, hiérarchisés et pourvus de terres ou de salaires. Selon leur rang, ils commandent de 10 à 10 000 hommes. Le poste n’est pas héréditaire et la carrière est ouverte aux hommes de talent. Akbar parvient à réunir ainsi de fidèles serviteurs.

Pour assurer le maintien de l’ordre et, surtout, la collecte des revenus agricoles, l’Empire est structuré en provinces. L’Empereur réussit à faire établir un registre assez précis des terres et de leur valeur, et les impôts deviennent plus équitables. Les revenus prélevés servent à rétribuer les officiers impériaux, à entretenir l’armée et à réaliser des œuvres de prestige.

Enfin, Akbar inaugure une politique d’intégration de la population hindoue – et rompt en cela avec la pratique habituelle du pouvoir musulman en Inde, consistant à occuper militairement des territoires soumis. Certes, la masse – essentiellement des paysans – de la population hindoue reste pauvre et à la merci des exigences du pouvoir, mais Akbar essaie d’associer les élites locales à son système de gouvernement.

D’un autre coté, musulman pratiquant, Akbar est cependant très tolérant. Il cherche même à établir la concorde religieuse entre tous ses sujets. En effet, il s’emploie à élaborer et à développer une nouvelle religion en Inde. Son « Din-i-ilahi », la « Divine Foi », ou « Religion de Lumière » est un culte éclectique, où l’Empereur est considéré comme un Demi-Dieu.

Pour cela, Akbar emprunte des idées au Soufisme et aux religions de l’Inde. Il prône la tolérance et le respect des êtres vivants. Sa religion doit aussi beaucoup au christianisme et au mazdéisme. Mais son influence réelle reste confinée à un cercle restreint de fidèles. Elle leur montre un souci d’universalité et l’intérêt de la philosophie. Akbar aime d’ailleurs à discuter avec des brahmanes, des pères portugais de Goa ou des adeptes du Jaïnisme à son propos.

Et bien qu’illettré, Akbar s’entoure de savants et d’artistes. Il impose le persan comme langue officielle de la cour et de l’administration. Pourtant, au-delà des nécessités de carrière, les nobles cultivent le persan pour sa richesse, et la littérature persane se répand en Inde. Grâce à cette politique d’assimilation d’Akbar, les élites hindoues adoptent bientôt le persan à leur tour.

En 1569, construite sur l’ordre d’Akbar, à 38 kilomètres au Sud d’Agra, la ville de Fathpur Sikri illustre parfaitement la volonté de syncrétisme culturel de l’Empereur. Son architecture emprunte aux styles de l’Inde, du monde musulman et même de l’Occident. Bâtie sur une colline, elle devient la nouvelle capitale de l’Empire Moghol, supplantant Agra. Elle n’abrite la cour que peu de temps.

Akbar fait construire sa nouvelle capitale sur le site de prédilection du saint soufi Salim Tchitchi, qui lui annonce la naissance, très attendue, d’un fils – l futur Djahangir. L’Empereur baptise l’endroit « Fathpur Sikri » - la ville de la victoire – au retour de sa campagne victorieuse contre le Gujerat. Sur plus de trois kilomètres, la ville s’étale autour d’un lac. Protégée de murailles, elle regroupe tous les bâtiments nécessaires à l’exercice du pouvoir impérial, les palais, les édifices administratifs, les mosquées et les temples. Elle comprend aussi un kiosque pour l’astrologue que l’Empereur consulte avant de prendre des décisions importantes, un cimetière pour les membres de la famille impériale, des bassins et des pavillons, des jardins, des écuries, des ateliers d’artistes… 

En 1573, les succès d’Akbar doivent beaucoup à ses qualités de chef militaire – il s’attache à perfectionner au mieux son armée – et de meneur d’hommes. Il est bientôt capable de parcourir plus de mille kilomètres en quelques jours, à la tète de 3000 cavaliers, pour aller restaurer l’ordre au Gujerat. Car l’affirmation de son pouvoir ne va pas sans résistances. Akbar doit réprimer de nombreuses révoltes de populations ou de princes refusant le joug moghol, et les membres de la noblesse… Dans sa propre famille, son fils, le prince Salim, est si impatient d’occuper le trône qu’il doit plusieurs fois être rappelé à l’ordre.

D’un autre coté, pour montrer son souci d’unification de l’Empire moghol, Akbar abolit l’impôt sur les « infidèles » - qui ne touche donc que les hindous – et met en place un système de taxe unique. Les postes importants de l’administration son accessibles aux hindous comme aux musulmans. L’Empereur ménage les susceptibilités des chefs militaires rajputs en leur laissant leur territoire, et en leur demandant seulement d’accepter sa suzeraineté. Il les emploie comme commandants d’armée, gouverneurs provinciaux ou membres de son conseil privé. A la cour, les hindous bénéficient des mêmes honneurs que les nobles musulmans. 

En 1575, l’Empereur Akbar décide d’éliminer le Culte de Kali honoré par les Phansigars, et qui a des ramifications jusqu’au sein de son propre Gouvernement. Il déploie dès lors d’immenses efforts en ce sens. Il parvient à  remporter de grandes victoires contre ses Adeptes. Mais, malheureusement, malgré toute sa volonté, il ne réussit pas à démanteler l’ensemble de ses réseaux installés sur son territoire. Et ces derniers jugent qu’il leur est désormais nécessaire de se faire beaucoup plus discrets qu’auparavant. 

Chine, seconde moitié du XVIème siècle :

A partir de 1570, l’Empereur Chinois Longqing décide de faire ériger plusieurs Nécropoles. Il demande donc à ses Architectes de creuser des Mausolées évoquant les Palais des défunts illustres auxquels ils sont destinés. Ceux-ci commencent alors par calculer les proportions de chacun d’entre eux, le nombre de leurs pièces. En ce qui concerne leurs vestibules, ils y bâtissent des portiques de marbre à cinq arches. Ils y élèvent six Piliers quadrangulaires Symbolisant le début du « Shendao » - ou, « Chemin de l’Ame ». Ils y sculptent des représentations du « Chanling » - ou, « Caveaux des Monarques qui ont régné sur la chine de 1402 à 1566. Dans une autre salle, sur le dos d’une tortue ayant une tète de Dragon, ils construisent un Arc Monolithique de neuf mètres de haut. Au centre d’une troisième, ils taillent deux séries de douze statues désignant des animaux debout ou accroupis : des Lions, des Licornes, des Chameaux, des Eléphants, des Chimères, et des Chevaux. Ils leur adjoignent des portraits de Mandarins Militaires, de Mandarins Civils, et de Mandarins Lettrés. Et, enfin, au cœur d’une quatrième Salle, ils confectionnent un autel. Puis, afin de montrer qu’ils sont soumis aux Dieux, au sommet de ce dernier, ils déposent une couronne en or, un diadème en forme de Phénix, et un collier serti de plus de 5000 perles et de plus de 100 pierres précieuses.

D’un autre coté, dès 1580, Longqing apprend que plusieurs caravanes conduites par des Occidentaux, sont en train de franchir les frontières de son Empire. Il découvre que parmi ces derniers, se trouvent des Hollandais. Il est informé du fait que des navires envoyés par d’autres Puissances Européennes, commencent à marchander avec ses cités côtières. Et, il lui est révélé que les responsables de ces bâtiments s’y livrent à une surenchère incessante.      

Colonies du Portugal, Amérique du Sud, seconde moitié du XVIème siècle :

En 1555, non loin de la baie de Rio de Janeiro, Nicolas Durand de Villegaignon, qui guide des huguenots fuyant la france, fonde la « France Antarctique ». Mais sa forteresse succombe en 1560 sous l’assaut des Portugais, qui n’hésitent pas à massacrer des colons.

Ces relations commerciales éphémères et cette colonisation avortée ont toutefois des répercussions sur le plan culturel. La cour de France connaît un vif engouement pour les plumes, les singes et les perroquets.

10 septembre 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Page 1015 - 1018

IInde_antiquende, première moitié du XVIème siècle :

Zahir al-Din Baber est un Turc Djagataï, de la famille de Ferghana, dans le Badakhshan. Né le 14 Février 1483, il s’enorgueillit de ses origines légendaires et prestigieuses : il descend de Tamerlan par son père, et aussi de Gengis Khan par sa mère. A la mort de son père, en 1494, il doit hériter du trône du Ferghana. Mais il est écarté du pouvoir par des membres de sa propre famille et par le chef ouzbek Chaybani Khan – les Ouzbeks sont alors très présents dans cette région d’Asie.

Le jeune Baber voyage en Asie centrale, puis entame une campagne de conquêtes – ou plutôt de reconquêtes -. Il veut se réapproprier les territoires sur lesquels il estime avoir un droit, en vertu de ses origines. Ainsi, il s’attaque à Samarkand, l’ancienne capitale de Tamerlan. Par trois fois, il échoue à la prendre. En revanche, il prend Kaboul en 1504. Et, dès 1507, le voilà maître de l’Afghanistan, avec le titre de « padichah » - « Empereur » -. Il rêve de créer un Empire en Asie centrale, mais la résistance des Ouzbeks le contraint à abandonner ce projet. Il décide alors de se tourner vers l’Inde et de s’emparer du sultanat de Delhi.

En réalité, ce sont des souverains Indiens – espérant ainsi obtenir une récompense du vainqueur – qui proposent à Baber de s’attaquer à l’Inde. Car, à Delhi et dans l’Inde du Nord, le gouvernement central est très affaibli : la dynastie afghane au pouvoir est contestée, le trône est disputé, des chefs de clans – Rajputs le plus souvent – créent des royaumes indépendants. Quant à l’Inde du Sud et au Deccan, ils sont aussi agités de conflits entre Etats rivaux, et n’interfèrent pas dans les affaires du Nord.

Pour Baber, la victoire est d’autant plus facile que son armée possède de nombreux atouts : elle utilise la tactique moghole de l’embuscade, les armes à feu des Afghans, l’artillerie empruntée aux Persans, la cavalerie mobile des Turcs. Baber lui même est un chef expérimenté, entraîné à la guerre depuis l’âge de onze ans.

Après quatre raids d’exploration, il remporte une première victoire à Panipat, le 21 Avril 1526, mais se heurte encore à quelques difficultés. A Delhi, il doit, en effet, vaincre l’opposition de la noblesse afghane ; il partage alors l’Inde du Nord entre les dignitaires de son entourage, avec mission de soumettre les territoires ainsi attribués. Il lui faut ensuite compter avec la résistance des Rajputs, qu’il défait à deux reprises en 1527 et en 1528.

Egalement en 1528, plusieurs Européens commencent à parcourir le sous-continent Indien de long en large. Ils y visitent l’Ancien Temple d’Elephanta. Leur découverte suscite aussitôt l’hostilité des Franciscains et des Jésuites qui les accompagnent. Ceux-ci sollicitent dès lors l’aide d’Andréa Corsali afin de les aider à partir en guerre contre ce qu’ils considèrent comme des Sanctuaires Démoniaques. C’est lui qu’ils chargent d’envoyer des compte rendus de destructions d’idoles à Julien de Médicis – le Financier Florentin de ce dernier. Et, de fait, c’est leur intermédiaire qui se permet de lui relater :

« Sur les parois de l’un de ces Temples apparurent des images d’Eléphants, de Lions, et de Tigres. S’y déployèrent également de nombreuses figures humaines, des Amazones, mais aussi, beaucoup d’autres Créatures Fantastiques. ».

A la mort de Baber, en 1530, son fils, Humayun, lui succède. Nasir al-Din Muhammad Humayun a appris l’exercice du pouvoir aux cotés de son père : il a combattu à Panipat, administré plusieurs provinces de l’Empire. Pourtant, cette succession officielle n’empêche pas les descendants de Baber de se disputer le trône. En fait, c’est un officier moghol d’origine afghane, Chir Chah, qui finit par s’emparer du pouvoir. Gouverneur de Bihâr, Chir Chah affronte victorieusement les armées du Grand Moghol : Humayun connaît alors quinze ans d’exil, de 1540 à 1555.

Pendant son gouvernement, Chir Chah règne en Empereur souverain en Inde. Il ne reconnaît pas l’autorité du califat, mais n’opère pas de rupture véritable avec l’Inde des Sultans de Delhi, trop occupés à prendre ou à reprendre le pouvoir. Il est le seul pourtant à chercher à réorganiser le gouvernement. Concentrant tout le pouvoir, il réduit ses ministres au rang de secrétaires et se fait assister d’un vizir, à la fois ministre des Finances et Premier ministre.

Il réorganise le système de collecte des revenus, en essayant de répartir les impôts de manière équitable. Pour cela il fait recenser les terres selon leur étendue et la qualité des sols. Pour faciliter la circulation, il abolit les douanes intérieures et tente d’assurer la sécurité dans ses Etats. Il crée une nouvelle monnaie, fait réparer les routes et construire des auberges : on y trouve des logements séparés, une mosquée, des chevaux.

Le souverain moghol patronne aussi les arts et la littérature. Chir Chah crée un jardin de style persan. Et, au fil de ses conquêtes, il continue à planter jardins et vergers. Il rédige en outre lui même son autobiographie ; il commence à consigner ses souvenirs à partir du moment où il aurait dû accéder au trône de Ferghana. Il décrit ensuite les paysages, les animaux, les plantes du pays qu’il découvre. On le voit inquiet à la veille d’une bataille, enthousiaste devant des fleurs ou des fruits inconnus.

Par ailleurs, le Moghol développe l’influence persane en Inde, à travers des monuments sobres et équilibrés, que surmontent d’immenses dômes circulaires, décorés de marbre et de pierres de couleur. Leur règne marque une période très riche sur le plan culturel, où les éléments hindous et musulmans fusionnent en un style singulier.

Chir Chah meurt en 1545, après avoir entamé une politique de réformes administratives. Son successeur, Islam Chah, maintient la dynastie au pouvoir quelques années de plus. Mais sa mort, en 1553, déclenche des luttes fratricides. Humayun, le fils de Baber, revient au pouvoir et entreprend de consolider les conquêtes de son père. Il meurt en 1556. Son fils Akbar lui succède : voilà la dynastie moghole installée.

Chine, première moitié du XVIème siècle :

A cette époque, les Chinois considèrent l’arrivée des Européens comme une grave menace. Les Portugais abordent les premiers les côtes chinoises, suivis des Espagnols, des Hollandais, puis des Anglais. Les premiers missionnaires catholiques parviennent à leur tour en Chine : après avoir prêché au Japon, le jésuite Espagnol François Xavier meurt au large de Canton en 1552.

Colonies de l’Espagne, Amérique du Sud, première moitié du XVIème siècle :

Dès 1511, le dominicain de Montesinos lance un réquisitoire contre les colons qui maltraitent les Indiens des îles. Et, en 1512, l’Espagne élabore une législation protectrice. Conscient de la nécessité d’une aide « pacificatrice », une mission religieuse est envoyée sur place. Les religieux baptisent les Indiens, enseignent l’alphabet latin, collectent les traditions, éditent des catéchismes et construisent des églises. Mais ils se heurtent à l’ambition insatiable des colons. Très vite, la « conquête spirituelle » s’enlise.

Francisco Pizarro découvre en 1513 le Pacifique aux cotés de Vasco Nunez de Balboa et obtient une petite « encomienda ». Puis, ayant entendu parler d’un Empire fabuleusement riche, le « Piru », il s’associe avec le conquistador Diego de Almagro. Après plusieurs vaines tentatives et appuyés par Cortés, les associés obtiennent de la couronne un contrat de conquête. En 1530, tandis qu’Almagro cherche des renforts à Panama, Pizarro prend la mer, avec 180 hommes et 27 chevaux.   

Une marche très éprouvante le conduit à Tumbez, sur le littoral du Nord du Pérou, où la guerre civile fait rage – deux frères, Huascar et Atahualpa s’y disputent le titre d’Empereur Inca. Atahualpa ayant fini par triompher, Pizarro profite du désordre et tend un piège au nouvel Empereur. Sans méfiance, Atahualpa accepte une entrevue avec les Espagnols. Le dominicain Valverde met alors l’Inca, désarmé, en demeure de reconnaître le dieu des chrétiens et d’accepter la suzeraineté du monarque espagnol – selon le formalisme juridique en usage. Atahualpa laisse tomber un Bible, et Pizarro, alléguant un sacrilège, ordonne l’attaque. C’est la tuerie : les cavaliers espagnols massacrent six ou sept-milles Indiens ; le souverain est épargné le temps qu’affluent les rançons en or. Mais, le 26 Juillet 1533, il est accusé de complot et exécuté par strangulation – sa conversion in-extremis lui permet seulement d’éviter le bûcher.

Peu après, après une longue marche à travers les montagnes, Almagro arrive devant Cuzco. La capitale tombe sans résistance et les troupes pillent les temples. En 1535, une ville neuve, la future Lima, est fondée.

Mais les appétits se déchaînent. Alors même que la guerre se poursuit contre les Indiens révoltés, Pizarro et Almagro se disputent l’Empire. Almagro n’a pu soumettre le Chili et Pizarro refuse tout partage. Almagro est exécuté en 1538 et Pizarro, pourvu du titre de marquis, est assassiné à son tour, en 1541, dans son beau palais de Lima, par quelques partisans d’Almagro.

Or, la colonisation religieuse. Puis, les jésuites fondent la ville de Sao Paulo et regroupent les indigènes pour les catéchiser et les protéger de l’avidité des Européens à la recherche de main d’œuvre. Ils rassemblent les Indiens dans des « aldeas », dont l’administration est confiée aux habitants sous la surveillance des pères. Parfois même, ils arment des hommes pour que ceux-ci se défendent contre les chasseurs d’esclaves, les « bandeirantes » de Sao Paulo. Ils s’intéressent à la culture indigène ; le père Anchieta est l’auteur d’une grammaire et d’un dictionnaire de la langue des Indiens Tupis-Guaranis, dans laquelle il fait traduire le catéchisme. 

Au même moment, malgré la découverte de ces nouvelles terres en Amérique du Sud, les candidats à la colonisation sont peu nombreux. En guise d’incitation, les rois décrètent donc l’amnistie pour les prisonniers qui partent ; puis, ils obligent les condamnés au bannissement à purger leur peine la-bas. Quant aux volontaires, la « Casa de Contractacion » leur délivre une licence.

Les conquistadors sont récompensés en titres et en terres selon les fonds qu’ils engagent. La couronne se soucie d’abord de nommer des « adelantados » - « gouverneurs des colonies » - tout puissants en matière judiciaire et capables de régler les conflits entre conquérants. Les souverains envoient aussi des fonctionnaires, dont des inspecteurs fiscaux, chargés de faire respecter les droits de la couronne.

En 1544, Pedro Cieza de Léon, l’unique Chroniqueur de la conquête Espagnole de l’Empire Inca, note un jour avoir vu des signaux en quelque partie du désert de Nazca.

En 1545, l’amiral Français de Coligny, le chef du parti protestant, rêve de faire de la cote brésilienne un refuge pour le culte réformé. En 1555, le chevalier de Villegaignon s’offre pour commander une expédition vers ce qu’on appelle déjà la « France antarctique ». Il débarque au large de Rio de Jainero, sur une île que les Portugais n’ont pas investie. Là, il fonde une microsociété où les hommes sont soumis à une morale austère et à une discipline de fer.

Mais, en 1559, les Portugais profitent d’une absence de Villegaignon et s’emparent de « l’île aux Français ».

En 1545 également, les Espagnols poussent leurs expéditions de plus en plus loin en Amérique du Sud. Certains Conquistadores croient même y découvrir le mystérieux royaume des Amazones ; celui dont le souvenir s’est perdu avec les écrits de Diodore de Sicile. Car des prisonniers Indiens leur assurent qu’il existe, et que ses cités recèlent de fabuleux trésors. Ils leur disent aussi qu’ils les ont jadis combattus au cours d’affrontements impitoyables dans la jungle, et qu’il s’agissait alors de grandes guerrières nues à l’aspect farouche.

En 1548, un aventurier Espagnol du nom de J. Allonso s’aventure seul, loin à l’intérieur des terres péruviennes. Il arrive finalement sur les bords du lac Titicaca. Il découvre un peuple inconnu qui se désigne lui même par le terme « Ourou ». Celui-ci explique à Allonso qu’il possède un dieu appelé « Haoura » ; ce qui signifie « Lumière ». Et, dès lors, Allonso rapproche la racine « our » avec celui de la ville « d’Ur », et qui se retrouve dans les langues de toutes les anciennes Civilisations d’Occident et du Moyen-Orient. 

16 août 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 928 - 933

Inde_antiqueInde, XIVème siècle :

En 1336, les sultans de Delhi envoient un prince hindou restauré l’ordre dans le Sud de l’Inde, après l’avoir converti de force à l’Islam. Mais en fait, dès son arrivée, le prince Harihara établit son propre royaume, autour de Vijayanagar – « la cité de la victoire » -, une ville royale et une ville sacrée, protégées de plusieurs murailles. Il gouverne alors en prince légitime et prouve sa reconnaissance en construisant des temples.

A partir de 1343, elle devient la capitale d’un Etat puissant, étendu à tout le Sud de l‘Inde. Et, pour faire oublier sa conversion forcée, Harihara encourage un renouveau culturel hindou. Malheureusement, les deux royaumes entrent vite en conflit, notamment à propos du contrôle des ports, débouchés d’un fructueux commerce international. 

En 1345, ce sont les gouverneurs Turcs du Deccan qui se révoltent contre l’autorité du sultanat de Delhi, en fondant la dynastie des Bahmanides.

Asie du Sud-Est, XIVème siècle :

En 1349, une révolte éclate au Sud du Siam, et le chef des rebelles, Ramadhipati, fonde une nouvelle dynastie. Il se donne aussi une nouvelle capitale, Ayuthia, conquiert les autres royaumes thaïs et commence à imposer ses dominations au Cambodge et à la birmanie.

Au contact des Khmers, les Thaïs accèdent à la culture indienne, dont ils connaissent déjà le Bouddhisme, qui a pénétré au Yunnan. Le Bouddhisme hinayana – le Petit Véhicule – devient bientôt religion officielle : les bonzes, strictement hiérarchisés, organisent la collecte des aumônes et des dons, mais les Siamois continuent de vénérer de nombreux génies, liés aux arbres, aux pierres, aux Forces de la nature, venus de l’animisme depuis la nuit des temps. Les anciens récits Mythiques se transforment en contes moraux, intégrés aux textes sacrés du Bouddhisme. Cette diversité marque aussi l’art du Siam. 

Au même moment, au Nord, le royaume du Lan Xang – « million d’éléphants » -, et sa capitale, Luang Prabang, fait son apparition. Les différents groupes thaïs refoulent les premiers occupants, qu’ils appellent « Khas », ou « esclaves ». Dans ce pays montagneux, ils imposent leur Civilisation, cultivent le riz et les courges, se nourrissent de poisson au saumure, de crevettes d’eau douce, mâchent le bétel et domestiquent les éléphants. Ils ne sont pas tous bouddhistes et édifient aux portes de certains villages de grandes cases sur pilotis, demeures des âmes des défunts ou des génies domestiques.

Le royaume est fondé par Fa Ngum, descendant de Souvanna Kam Phong, qui unit les principautés de Vientiane et Luang Prabang. A partir de 1373, les premiers rois laotiens, issus de la même lignée, unifient le pays, fortifiant leur Etat et maintenant jalousement leur indépendance. Rapidement, ils parviennent à maintenir une paix relative avec leurs voisins, Chine et Vietnam.

Leur première capitale est située dans la cuvette de Diên Biên Phu. La légende dit que c’est là que les Dieux ont fait venir du Ciel Khun Borom, qui a fait pousser deux courges géantes au centre d’un étang, et en a tiré des plantes, des buffles et des serviteurs. Il a pu ainsi doter ses sept fils et les a envoyés dans le vaste Monde. Mais, avant leur départ, il leur a recommandé de se souvenir qu’ils descendaient du même ancêtre. Les sept fils de Khun Borom ont ensuite engendré sept tribus, éparpillées au Laos, en Thaïlande, en Birmanie et au Nord du Vietnam. « C’est pourquoi, disent les Thaïs, les Laotiens sont un peuple pacifique, répugnant à faire la guerre aux autres Thaïs. ».

Encore au même moment, en Indonésie, un nouveau royaume – dont la capitale est Majapahit, voit le jour. Hayam Wuruk, qui règne de 1350 à 1389 sous le nom de Rajasanagara, a, à cette époque, pour premier ministre Gajah Mada – 1331 – 1364 -. Il laisse des traces de sa puissance à Bali, Java, Sumatra, Bornéo, en Nouvelle-Guinée, aux îles Mariannes, à Formose.

Le roi a des fonctions religieuses : incarnation divine, il commande aux clergés Bouddhistes et Sivaïte. Il appuie ainsi son pouvoir sur la richesse du royaume, qui lui permet des réalisations somptueuses, comme le temple de Panataran, près de Blitar. Il est suzerain de nombreux vassaux, qui lui paient tribut et laissent la flotte javanaise surveiller leurs territoires.

Chine, XIVème siècle :

Zhu Yuanzhang naît dans une famille de paysans misérables de Chine centrale. Il entre bientôt comme novice dans un monastère bouddhique, non par conviction, mais pour survivre. Après la fermeture du monastère, le jeune homme devient un de ces moines mendiants qui sillonnent des routes de Chine. De haute taille, robuste, il ne rêve que de luttes et de combats.

En 1352, il s’engage dans la secte des Turbans Rouges, mais il sait très vite prendre ses distances avec les rebelles, pour mener ses propres combats. Zhu Yuanzhang devient alors un chef de bande influent, qui s’assure la fidélité de ses troupes en les recrutant dans son village natal. Brutal et autoritaire, il organise son domaine avant d’étendre son influence, et de battre les Turbans Rouges. Puis, en s’emparant du pouvoir en 1356, il met fin à près de cent ans d’occupation mongole en Chine, et fonde la dynastie Ming. Profitant de l’état d’insurrection générale du pays, Zhu Yuanzhang prend Nankin et rallie l’ensemble du pouvoir mongol. Pékin tombe en 1368. La même année, Zhu Yuanzhang, devenu Ming Taizu, se proclame premier Empereur d’une nouvelle dynastie, et installe sa capitale à Nankin.

Monarque autoritaire, revendiquant le pouvoir absolu Ming Taizu organise un Etat ultra centralisé. Il sépare pouvoir militaire et pouvoir politique, et institue une répartition de la population en trois catégories héréditaires : paysans, soldats et artisans. Il intensifie ses échanges commerciaux avec le Japon, l’Asie du Sud-Est, et le Moyen-Orient. Et, enfin, il déploie une activité Architecturale impressionnante en faisant construire une centaine de nouveaux Temples Bouddhistes, en faisant ériger une magnifique Nécropole en l’honneur de son dixième enfant – Zhu Tan - mort à l’âge de 19 ans, mais surtout, en faisant presque entièrement rénover la grande Muraille.

En 1375, parce que ses victoires sur les Mongols l’ont rendu populaire, Ming Taizu créé un ordre purement chinois. Défenseur des arts et des lettres « chinois », il remet en vigueur le système de recrutement par examen, abolit les châtiments corporels les plus cruels, proclame le Bouddhisme et le Taoïsme religions d’Etat. Il entreprend également une vigoureuse reconstruction économique du pays.

En 1377, de gigantesques travaux d’irrigation et de remise en valeur des terres, dévastées par les combats, sont lancés sur l’ensemble du territoire.

Les opérations de reboisement sont importantes : environ un milliard d’arbres sont plantés, dont 50 millions de sterculiers, palmiers et arbres à laque, destinés à la construction d’une flotte de haute mer dans la région de Nankin. Enfin, la culture du coton devient progressivement obligatoire. La capitale, Nankin, qui compte alors environ 500 000 habitants, se transforme en métropole moderne. Hongwu ordonne la construction d’un immense palais impérial et fait entourer la cité d’une muraille en briques. Bâtiments officiels destinés à la nouvelle administration, ateliers et entrepôts se multiplient à travers la ville.

Une université d’Etat est fondée en 1381. Spécialisée dans les enseignements du Bouddhisme, des sciences et des lettres, elle accueille bientôt près de 10 000 étudiants, dont plusieurs centaines d’étrangers venus du Japon, de Corée et du Siam.

Enfin, en 1382, le commerce et l’artisanat du Centre et du Sud, relativement épargnés par les guerres, se développent. Le gouvernement encourage l’organisation de manufactures nouvelles, susceptibles d’accueillir les techniques et les équipements spécialisés requis par des productions très diverses : caractères d’imprimerie du Zhejiang ; verre de Shandong ; constructions navales du Fujian et de la province de Canton ; porcelaines de Jingdezgen, surtout dans la province méridionale du Jiangxi.

Asie du Sud-Est, XIVème siècle :

En 1385, les Mongols sont chassés de Chine par une nouvelle Dynastie Asiatique : la dynastie Ming. Puis, en 1392, un Général Ming envahit la corée, conquiert la totalité de son Territoire. Il s’y proclame Souverain autonome en y créant le Royaume de Choson. Il y fonde sa propre Dynastie : la dynastie Yi. Il transforme ses principales Métropoles en Carrefours Commerciaux avec l’Extrême-Orient. Il accepte même que des Artisans Japonais s’implantent au cœur de celles-ci. Il est toutefois décrié par ses voisins lorsqu’il passe un certain nombre d’accords marchands avec les Mongols. Et, enfin, il finance l’invention des caractères mobiles destinés à imprimer une feuille de papier. 

A proximité de la rivière Han, il bâtit une Capitale : Hengyang. Ensuite, il la fait entourer de fortifications, de portes, de murailles. A quelques kilomètres de là, il fait excaver une Nécropole, qu’il fait orner de motifs floraux, de statues de Dragons, et d’images Bouddhiques. Tout autour de cette dernière, il fait échafauder des Stupas, à l’intérieur desquels il fait entreposer des Manuscrits, des statuettes représentant Avalokitésvara. Et il fait installer des figures de Bouddhas assis au front fardé de diadèmes.   

Japon, XIVème siècle :

Au début du siècle, les conflits de succession pour le trône impérial s’accentuent. Les vaines tentatives d’invasion de l’archipel par les Mongols ont par ailleurs ébranlé le bakufu de Kamakura les vassaux du régent, en difficulté financière dans un pays resté mobilisé jusqu’il y a peu, lui retirent leur loyauté. Les complots se multiplient contre les Hojo, dynastie de régents possesseurs de shogunat. Les Empereurs se succèdent rapidement et sont chaque fois controversés jusqu'à la prise de pouvoir de Daigo II Tenno, ou Go-Daigo, en 1318. Contrairement à l’habitude, ce dernier n’a pas l’intention d’abdiquer au profit du régent Hojo, un débauché peu apte au gouvernement et qui veut le forcer à se retirer du Monde.

Go-Daigo commence par abolir la pratique qui veut que les Empereurs soient cloîtrés. Il assume désormais réellement le pouvoir, et les services impériaux se remettent à fonctionner. Il soutient également à Kyoto une société secrète de conspirateurs, la « Libre et Naturelle » - ou « bureiko » - dont le but est de renverser le bakufu de Kamakura et les Hojo. Ceux-ci, au courant du complot, envoient une expédition de 3000 hommes pour châtier les traîtres. Go-Daigo s’enfuit et se réfugie dans un monastère, mais il est pris en 1331 : les Hojo lui demandent d’abdiquer et intronisent un prince de la lignée impériale rivale. L’année suivante, Go-Daigo est exilé dans l’île d’Oki. Ses partisans continuent cependant la lutte et, bientôt, Go-Daigo revient à Kyoto, où il installe une cour provisoire. Le bakufu détacha alors deux armées pour le soumettre. L’une est commandée par un membre du clan Hojo, l’autre par l’un de ses généraux, Ashikaga Takauji. Celui-ci est le chef d’une famille très riche et très puissante de l’Est, qui descend, comme Yoritomo, le fondateur du shogunat de Kamakura, du clan des Minamoto. Rapidement, Takauji se retourne contre les Hojo et se déclare en faveur de l’Empereur déchu. Grâce à lui, celui-ci rentre vainqueur, en 1333. Les Hojo et leurs alliés sont anéantis et Kamakura est détruite. Go-Daigo règne désormais sans partage. Il entérine le fait en changeant le nom de l’époque en lui donnant celui de « Kemmu » : l’objectif de cette nouvelle période doit être la restauration du pouvoir impérial. Mais l’Empereur ne parvient pas à conserver celui-ci plus de trois ans.

Car Go-Daigo, pour restaurer la gloire impériale, ordonne la construction d’un nouveau palais. Pour financer l’ouvrage, il fait verser un vingtième des revenus des vassaux et des intendants, ce qui suscite le mécontentement des guerriers, notamment, du plus puissant d’entre eux, Takauji. Celui-ci désobéit de plus en plus à l’Empereur, qui lui refuse le titre de « sei-i tai-shogun », commandant en chef. Il regroupe alors les guerriers mécontents et fait éclater la rébellion : au début de 1336, Takauji est maître de Kyoto ; c’est l’échec de la « restauration de Kemmu ». Go-Daigo doit se réfugier dans la région de Yoshino, où il établit une cour, dite « du Sud » : pendant près de 60 ans, jusqu’en 1392, le Japon est donc doté de deux Empereurs, car Takauji, dès 1338, en installe un second à Kyoto dans la cour impériale dite « du Nord » ; il met également en place un nouveau bakufu, et est proclamé shogun : il rétablit ainsi au profit de son clan les shogunat et fixe sa résidence dans le quartier de Muromachi. 

A ce moment là, le Bouddhisme zen se distingue du Bouddhisme traditionnel par la place qu’il accorde à la méditation en posture assise, ou « zazen ». Pour ses adeptes, cet exercice, pratiqué intensément, permet d’obtenir l’Eveil, c’est à dire de trouver au fond de soi le Bouddha et de se libérer ainsi du Cycle des Renaissances.

Devenant rapidement un courant indépendant, le zen se répand principalement grâce à deux écoles qui en diffusent la culture : le zen du Rinzai, implanté à Kyoto et à Kamakura, et celui de Soto, situé dans le Nord du Japon.

Les premiers centres zen deviennent rapidement des centres d’art, où l’on enseigne la calligraphie, la peinture à l’encre de Chine, ainsi que l’art de composer des jardins. Les nobles Kyoto et de Kamakura, bientôt convertis, y font construire de nombreux monastères. La pratique de la méditation inspire toute l’esthétique des religieux zen ; leurs jardins se composent d’éléments hautement symboliques. L’eau y est présente ou représentée par du sable gris simulant les vagues et ponctué de roches figurant des îles. Des chutes rythment le cours de l’eau et des ponts enjambent des rivières, réelles ou non. Les pierres forment des montagnes, des animaux. Des animaux et des arbres sculptés complètent leur agencement. Nature sauvage et nature aménagée par l’homme y coexistent en harmonie. Les jardins secs, monochromes – construits uniquement avec des pierres et du sable – sont les plus impressionnantes représentations de la méditation zen.

Parallèlement, la cérémonie du thé devient une véritable institution dans les monastères zen. Venant du mot japonais « chanoyu », signifiant littéralement « eau chaude pour le thé », c’est un élément important de la culture traditionnelle japonaise ; elle se déroule selon les principes zen de simplicité et de rusticité, avec des gestes harmonieux et soigneusement contrôlés.

Autour d’elle se développent d’autres arts : celui de la céramique, avec la création de poteries japonaises sobres, de la laque, ou du métal. 

L’époque du shogunat des Ashikaga, à partir de 1338, est connue sous le nom de « période de Muromachi ». Surveillant les deux Empereurs, Ashikaga Takauji instaure sa loi sur tout le pays. Mais la rivalité entre les deux cours impériales entraîne une suite de guerres civiles ininterrompues.

Takauji doit en effet lutter contre Go-Daigo, qui n’abandonne pas ses prétentions au trône. L’Empereur meurt en 1339, mais son fils Go-Murakami continue le combat. Takauji doit également résister aux guerriers qui se rebellent contre le maintien u système impérial : ils n’acceptent plus ses lourds impôts ni la puissance de ses maisons nobles et des grands monastères. Mais le face à face avec les rebelles de la cour du Sud est terrible : de 1352 à 1355, la lutte pour la maîtrise de Kyoto ne connaît pas de répit. Elle se termine en faveur des Ashikaga. La capitale sort meurtrie de cette guerre civile : maisons, palais, administrations ont brûlé, ses habitants ont connu la faim, les épidémies. Takauji meurt trois ans après sa victoire décisive ; son fils Yoshiakira lui succède à la place de shogun. Il doit faire face aux derniers sursauts de résistance du Sud. Il meurt en 1368, la même année que Go-Murakami, le fils de Go-Daigo. Son fils, Yoshimitsu, prend à son tour le pouvoir. Il renforce l’autorité du bakufu et réussit à réconcilier les deux lignées impériales : la cour du Sud cesses donc de se rebeller. Le pouvoir impérial est en fait réduit à l’impuissance. Les nobles perdent leur autorité à Kyoto et les guerriers y prennent de plus en plus d’importance. Yoshimitsu, grâce à ses conseillers, organise un gouvernement efficace. Il dépense cependant des sommes considérables en ouvrages somptuaires. Il se fait ainsi bâtir une nouvelle demeure dans le quartier de Muromachi ; un Palais de Fleurs, « Hana no Gosho », aux jardins merveilleux. Puis il décide la construction du Rokuon-ji de Kitayama, une résidence monacale, et y fait ajouter, en 1398, le Pavillon d’Or, « Kinkaku-ji ». Il multiplie les fondations pieuses. Son pouvoir et sa gloire surpassent ceux des Empereurs qui se succèdent durant son règne. En 1394, Yoshimitsu se retire dans son Pavillon d’Or et laisse le shogunat à son fils Yoshimochi. Il continue cependant à assurer la direction du pays à partir de sa retraite dorée, jusqu’à sa mort en 1408.

15 juin 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 725 - 730

Inde_antiqueInde, seconde moitié du VIIème siècle :

En 657, pour la première fois, Brahmagupta fixe des règles de calcul qui incluent le zéro dans les opérations. En 690, de son coté, le royaume Malais de Srivijaya conquiert le territoire indianisé de Malayu. Il installe sa capitale à Palembang, et adopte le Bouddhisme.

A partir de 660, les Musulmans pénètrent en Inde. Ceux-ci se mettent aussitôt à y incendier ses Monastères, à y massacrer leurs Moines et leurs Fidèles. Et, alors que le Tantrisme est sa apogée, ce dernier manque dès lors d’y disparaître.

En 695, le Bouddhisme Traditionnel se décompose désormais en trois branches principales : l’Ecole des « Bonnets Noirs », celle des « Bonnets Jaunes », et, à mi-chemin entre les deux, celle des « Bonnets Rouges ».

Chine, seconde moitié du VIIème siècle :

En 660, après un voyage de seize ans, le moine pèlerin Xuan Zang approfondit sa Connaissance des Textes Bouddhiques rédigés en Sanskrit. Il en traduit en effet un certain nombre en Chinois. Dans l’un de ses commentaires les concernant, il les présente comme « une Tour de sept Etages ». Puis, finalement, il fonde une Ecole Monastique à proximité de la cité de Weischi, et y dépose ses Manuscrits.

Dès lors, il se met à diffuser une Vision Esotérique du Mahayana. Il commence également à nouer des Relations avec le Sud-ouest de l’Empire, les plaines de l’Asie Centrale, la péninsule Indienne, et le Sud-Est Asiatique. Deux versants de la montagne Céleste – situés entre les villes de Tianlongshan et de Taiyuan - sont offerts par l’Empereur Gaozong à ses Adeptes. Quelques uns d’entre eux se rendent aussitôt sur place. Ils percent ses flancs de dix-sept Ouvertures Sacrées. Un peu plus tard, à une vingtaine de kilomètres de là, dans un endroit appelé « Vallée de Sichuan », ils ornent les lieux de sculptures titanesques. Ils sont autorisés par le Souverain, à s’installer dans la province de Gansu ; non loin de l’Agglomération de Majishan. Ils y érigent des plate-formes, y aménagent des autels, y creusent des niches, y fixent des Boddhisattvas gigantesques. Ils y évident des lieux délimités par quatre Piliers ornementaux. Au centre de ces cours, ils bâtissent d’immenses Monolithes. Tout autour d’eux, ils excavent des anfractuosités, à l’intérieur desquelles ils déposent des représentations de Disciples de Bouddha, des images de Guanyin – la divinité aux Mille Bras. A leurs cotés, ils font surgir des effigies de Confucius, des Esprits Beishan et de Guanyin – qui sont des Avatars d’Avalokitésvara. Et, enfin, tout autour de ces trous, ils exhibent des statues de Musiciens, et les accompagnent d’instruments et de longues écharpes.

Parallélement, à une dizaine de kilomètres de la cité de Dunhuang, les Adeptes de Xuan Zang forent une trentaine d’autres Grottes : ils les évident à l’intérieur une paroi rocheuse raide et à peu près inaccessible, sur près de dix niveaux. Ils construisent ensuite des passerelles de bois les reliant les unes aux autres, et permettant aux Croyants d’y accéder sans difficultés. Et, ils font en sorte de les restaurer régulièrement, d’éviter que leurs appontements ne s’effondrent, et qu’elles ne se retrouvent dès lors isolées du reste du Monde.

Puis, leurs agencements élémentaires terminés, les Adeptes de Xuan Zang y déploient 45  000 m² de fresques, et y dessinent plus de 2400 images peintes. Ils divisent ensuite leurs représentations murales en deux catégories : d’un coté, il y a celles qui se rapportent à des Textes Bouddhiques Fondamentaux ; et de l’autre, il y a celles qui désignent des Divinités. De fait, s’inspirant du « Sutra du Lotus et des Grottes », ils y évoquent la légende de Vimalakirti : « Après s’ètre déguisé en Homme émacié et maladif, Vimalakirti lança un défi doctrinal. Très vite, Manjusri - qui, à cette Epoque, était l’un des quatre Boddhisattvas les plus populaires de Chine – accepta de répondre à sa provocation. Et, c’est au cœur d’un paysage composé de pics multicolores, qu’il l’affronta. ». Ils y figurent également de fantastiques illustrations de ce Paradis qu’ils connaissent sous le nom de « Jingtu » - ou, « Terre Pure » ; ou encore, « Enfer ». Ils y exposent 125 évocations de cet « Au-delà Occidental du Bouddha Amitabha », y décrivent 64 Tableaux issus du « Paradis Oriental du Bouddha de la médecine, Bhaisayaguru », et y tracent 64 estampes liées au « Paradis de la terre Pure de Maitreya, le Bouddha du Futur ». Ils y font encore apparaître des Apsaras accompagnés de Génies Ghandharva, de Danseurs, et de Musiciens, sur la partie supérieure de leurs façades. Ils y illustrent quelques uns des Péchés Capitaux du Bouddhisme. Et enfin, ils y détaillent les supplices qui attendent ceux qui ont succombé à leurs attraits.

En 672, l’Empereur Gaozong décide d’ériger plusieurs statues colossales aux abords du Temple de Fangxiang. Il ordonne à ses sculpteurs d’y élever un Bouddha Suprême ; le Symbole du Principe Universel. Il leur demande de l’environner de cinq autres Bouddhas assis sur des Trônes en forme de Lotus à mille pétales. Il exige qu’ils soulignent le fait que chacune des pétales désigne l’un des nombreux Univers gouvernés par les Réincarnations de ces derniers. Il exige que les statues soient protégées par deux Gardiens : Tuowen Tiuan – ou, « le Serviteur du Nord, qui porte un Stupa dans sa main droite, et écrase la tète d’un Nain avec son pied droit » - ; et Lishi – ou, « Surhomme à l’aspect menaçant ».

Parallélement, Gaozong accepte qu’une Pagode dédiée à la mémoire de Xuan Zang soit construite au Sud de la cité de Xian. Il permet à son Sanctuaire, de prendre le nom de « Xingjiaosi » - ou, « Monastère de l’Enseignement Florissant ». Il consent à ce qu’ils décorent leur Chapelle, de gracieuses scènes montrant, par exemple, dix Gardes d’Honneur en train de s’attaquer à un Dragon Vert ; un Nain s’égayant à proximité d’un arbre, tenant un instrument de musique dans les mains, et observant un oiseau tentant d’attraper un insecte. Et, il donne son accord pour que les plafonds du Caveau soient ornés d’une immense Voûte Céleste.

Ensuite, il fait cerner cette Pagode, par une dizaine d’Oratoires. Sur leurs parois, il fait sculpter de hauts reliefs représentant des personnages musclés. A leur cotés, il fait élever des statues désignant plusieurs Gardiens du Royaume des Morts. Il fait exécuter quelques portes aveugles, creuser des niches destinées à abriter des effigies Sacrées. Il fait dessiner des motifs floraux et géométriques censés désigner des Esprits de Boddhisattvas, de Musiciens, de Danseurs, de Dragons, et de Guerriers Célestes. A l’intérieur de quelques unes de leurs salles, il fait déposer des statuettes en terres cuite Symbolisant des Mingqi. Et, finalement, il fait en sorte que les toits de ces Edifices se terminent par des noyaux sphériques et des fleurs de Lotus épanouies.      

En 674, Gaozong fait bâtir une Enceinte Funéraire, pour lui et son Epouse Wu Zetian. En effet, à 105 kilomètres de la cité de Xian – dans le Shaanxi -, il fait construire une demi-douzaine de Tumulus. Tout autour d’eux, il fait excaver des tunnels aux parois ornées de fresques multicolores. Sur certaines de ces dernières, il fait dessiner des Tableaux montrant des groupes armés en train de se diriger vers des Tours protégées par des remparts. Il les fait accompagner de scènes où s’aperçoivent des Palefreniers et des chevaux au repos ; en arrière plan, se discernent des râteliers encombrés de hallebardes ; devant eux, des Intendants promènent des guépards, des fauconniers accompagnent des dames de la cour, et des serviteurs s’empressent d’accéder au moindre désir de celles-ci. Gaozong fait encore agrémenter d’autres façades, de motifs floraux, de collines, de figures humaines, de nuages, de lions, et de grues. Il fait décorer plusieurs murets de ronds bosses représentant des fonctionnaires qui rédigent des Textes Sacrés. Et, il fait habiller ses plafonds de Voûtes Célestes au centre desquelles scintillent d’innombrables Constellations.

Puis, moins de deux ans plus tard, c’est à cet endroit que Gaozong enterre trois de ses enfants – ses deux fils, Zhangai et Yide, et sa fille Yongtai -, qui viennent d’ètre assassinés. En effet, l’Impératrice a ordonné leur mise à mort, parce qu’ils ont fomenté un complot contre elle quelques mois plus tôt, mais, ont aussi organisé de nombreux troubles Politiques à travers tout l’Empire. Dès lors, Gaozong ordonne qu’on les inhume dans des Sarcophages d’or. Il les enterre à l’intérieur de son Sépulcre avec tous les honneurs dus à leur rang. Et il déclare Li Zhongrun et Li Xianhui – qu’il a eu avec l’une de ses nombreuses concubines -, « Héritiers Dynastiques ». 

Pourtant, en 683, lorsque Gaozong enterre son quinzième enfant – Li Feng -, celui-ci estime qu’il n’y a plus assez de place au cœur de son Tumulus du Shaanxi. Il décide donc de lui faire ériger un nouveau Tombeau dans la même Région, mais, près de la cité Fuping. De fait, il y fait installer des statuettes « Sancai ». Il demande que les traits de celles-ci évoquent ceux des dames de la cour, des Cavaliers Impériaux, de Palefreniers, de Fonctionnaires, ou de Guerriers à cheval combattant des animaux fantastiques ou des Gardiens Démoniaques. Il exige également qu’y soient déposées des Figurines représentant des étrangers à la barbe abondante, au nez busqué, et aux grands yeux. Et, il y fait ranger des Livres attestant du cosmopolitisme de l’entourage de Li Feng. 

Quelques mois plus tard, le peintre de la dynastie Tang, Yan Liben – un haut fonctionnaire qui préside la commission des Travaux Publics chargée de la construction des palais Impériaux de la capitale – décède. Il laisse derrière lui plusieurs écrits, dont, « les rouleaux des Treize Empereurs ».

Fin 683, l’Empereur Gaozong décède. Aussitôt, sa concubine Wu Zetian s’empare du trône. Et elle fonde la dynastie des Zhou, avant de réoccuper le Tarim en 692, avant d’introduire le manichéisme dans son pays en 693.

Asie du Sud-Est, seconde moitié du 7ème siècle :

En 658, le Gouverneur Kyamdung ordonne l’érection d’une nouvelle Nécropole à l’embouchure du fleuve Taedong. Il commence par y faire creuser une Chambre Funéraire, ainsi que trois Caveaux latéraux. Il fait décorer leurs murs de fresques décrivant le Royaume de Kaya. Il fait orner ses plafonds de fleurs de Lotus. En 663, son confrère administrant une Région voisine, Bahati, entreprend à son tour d’élever un Tumulus entre Andong et Kyongju. Tout d’abord, il choisit de le faire bâtir à l’intérieur de l’une des Grottes de Syokkulam. Ensuite, il ordonne à ses Architectes d’émailler le site de bas reliefs Bouddhiques. Il exige que le Vestibule accolé à son Tertre ait ses parois enrichies de représentations de « Vajraparani » - ce qui signifie : « Yaksas en colère ». Et, enfin, il demande qu’à coté d’elles, soient évoquées quatre Divinités Bénéfiques en train de terrasser des Démons.

Japon, seconde moitié du VIIème siècle :

En 685, après de nombreuses années d’indécision, l’Empereur promulgue une loi signifiant que le Bouddhisme est désormais considéré comme Religion d’Etat.

Amérique Centrale, seconde moitié du VIIème siècle :

Depuis longtemps, les Mayas installés dans la presqu’île du Yucatan ont su créer une brillante Civilisation. Ils dominent un vaste Empire centralisé, dont les principales cités sont celles de Copan, de Quirigua, de Palenque, d’Uxmal ; ce sont à la fois des centres religieux et politiques. Chaque Etat est gouverné par un Halach Vinic, lui même secondé par les chefs de l’aristocratie et par les prêtres. L’armée, quant à elle, est dirigée par un Nacom, élu pour un mandat de trois ans. Ce Nacom est contraint au célibat, et doit s’abstenir de consommer de la viande.

Par ailleurs, la société est strictement divisée en classes. A la base se trouvent les esclaves. Puis, vient le peuple, un peuple de paysans cultivant le maïs, le coton, et le cacao. Au dessus d’eux se situe la noblesse, les cadres de l’Etat Maya. Ce sont des guerriers qui imposent la terreur à l’ennemi tout comme au peuple. Et au sommet de la société règne la classe des prêtres.

La vie religieuse, en effet, domine toutes les activités, qu’elles soient sociales, politiques, ou même, scientifiques. Ce sont eux qui inventent un système Arithmétique remarquable avec utilisation du zéro, une Ecriture à base de hiéroglyphes, et un Calendrier Solaire très élaboré.

Afrique Noire, première moitié du VIIIème siècle :

En 701, grâce au contrôle des routes commerciales – et en particulier, à celle de l’or -, l’Empire du Ghana est en plein essor.

Arabie, première moitié du VIIIème siècle :

Le 8 Octobre 705, à Damas, le Calife Omeyyade Abd al-Malik décède. Un peu plus tard dans la même année, en son honneur, débute alors la construction de la grande mosquée de Damas. Puis, en Avril 711, Musa ibn Nusayr, le gouverneur de l’Ifriqiya, envoie en Espagne une expédition militaire commandée par Tarik ibn Zyad, et conquiert rapidement la péninsule.

D’un autre coté, la même année, profitant de la dislocation de l’Empire qui a regroupé le Cachemire, le Pendjab, et le Sind, une armée Arabe levée par al-Hajjaj, le gouverneur de l’Irak, se met en marche ; elle est commandée par Muhammad ibn al-Kasim. Elle atteint bientôt le Sind, aux bouches de l’Indus. Victorieuse, elle remonte jusqu'à la ville de Multân, dans le Panjab. De, fait, désormais, l’Empire Arabe atteint ses limites extrêmes, de l’Atlantique à l’Inde, et de la mer d’Aral au Turkestan.

En 718, le poète érotique Umar ibn Rabi’à termine de compulser toutes ses œuvres dans une seule série de livres, avant de mourir soudainement l’année suivante.

En 725, les Omeyyades sont à la tète de l’un des Empires les plus impressionnants que l’Humanité ait jamais connue ; il est plus vaste que celui d’Alexandre ou que l’Empire Romain. Et ce sont les réformes d’Abd al-Malik qui unifient ce grand ensemble.

Il a en effet fallu un certain temps pour que Damas voie se mettre en place une cour somptueuse. A l’origine, le Calife s’est préoccupé de créer des villes camps destinées au stationnement des troupes ; des villes qui se sont parfois trouvées isolées dans un milieu hostile, et dont le but bien précis a été de protéger l’Empire. De fait, la fondation est un fait majeur.

Cinq d’entre elles dominent l lot : Basra, à proximité du Golfe Persique ; Kufa, sur le Moyen Euphrate ; al-Fustat, en Egypte ; Kairouan, en Ifriqiya ; et enfin, Wasit, sur le Tigre, à mi chemin de Basra et de Kufa, dans une position médiane. Quant à Damas, elle échappe à cette nomenclature. Les Arabes y organisent leurs Traditions. Leurs artistes et leurs artisans y rivalisent dans des styles qui leur sont propres. C’est donc à Damas que la dynastie Omeyyade fait éclore un Art Arabo-Musulman en utilisant l’Art existant comme point de départ.

Car, la société des Omeyyades est placée sous le signe de la cité, et, en premier lieu, sous celui de la mosquée. C’est encore à Damas qu’est édifié le premier modèle du genre. Et, parce que c’est à Damas, l’Islam apporte moins qu’il n’emprunte, surtout à Byzance. Les coupoles, les arcades et les nefs sont appelés à un grand avenir, musulman cette fois. Les fontaines de la cour sont là pour les ablutions rituelles. La décoration florale épigraphique ou géométrique, témoigne déjà de l’allergie de l’Islam aux thèmes de la figuration, porteurs de germes d’idolâtrie. Les minarets enfin, dominent le paysage et contribuent à lui donner un aspect proprement musulman.

Dans leurs palais, comme dans leurs châteaux du désert, les grands dignitaires se montrent moins sourcilleux. Là, la peinture et la sculpture jouent un rôle important. Mais, si les Arabes ont beaucoup à apprendre de leurs prédécesseurs, particulièrement en matière d’architecture, la langue Arabe, quant à elle, reste attachée à sa forme et aux valeurs qu’elle véhicule.

Par ailleurs, c’est l’Age d’Or de la poésie, qui s’inscrit dans la lignée des grands chantres de l’époque antéislamique : le courant poétique dominant ne fait que transporter aux centres urbains le vieux thème des rivalités tribales. Dans ce domaine, les ténors s’appellent Jarir, al-Farazdak et al-Akthal. Or, bientôt, la vie mondaine ait apparaître une poésie nouvelle, destinée à être chantée plutôt que déclamée. C’est au poète Umar ibn Abi Rabi’a que l’on doit les meilleurs exemples de cette poésie du plaisir.

Cependant, la forme d’Art la plus originale, en tout cas la plus typiquement musulmane, et qui s’affirme rapidement est, sans conteste, la calligraphie. Longue de 240 mètres, une inscription monumentale se détache sur le Dôme du Rocher, en mosaïques d’or sur fond bleu. Ses dimensions, qui la rendent très visible, attestent de son importance, mais lui confèrent aussi une fonction décorative. On y trouve déjà présents tous les principes de l’épigraphie ornementale traditionnelle. Là encore, c’est cette période qui ouvre la voie. 

Dès 740, Maisara, un commerçant de Tanger, provoque un soulèvement qui, du Maghreb, se propage en Arabie et en Irak. L’Irak est en effet depuis longtemps une terre propice aux rebellions. Les enfants y apprennent à l’école un étonnant discours : « Par Dieu, je n’aperçois que visages levés vers moi, cous tendus, tètes arrivées à maturité et bonnes à trancher. Habitants d’Iraq, hommes de révoltes et de perfidies, sachez que je ne me laisse pas palper comme une figue mure. Je suis Hajjaj, fils de Yousouf. Si je promets, je tiens. Si je rase, j’écorche. Plus de rassemblements, plus de bavardages inutiles. ».

De fait, quelques mois plus tard, les Omeyyades débarquent en masse sur la cote Orientale de l’Afrique. En 741, Zayd, le petit fils d’Al-Husayn, y décède ; en 747, c’est alors le début du Zaydisme : les adversaires des Omeyyades – Hashim, Alides et Abbassides - s’entendent. Le Khurasan devient le théâtre de nombreuses rebellions : les conquérants Omeyyades n’y ont pas tenu leurs promesses. Et colons et militaires y sont divisés en factions antagonistes.

Dès lors, les Abbassides mettent à profit la situation en déléguant au Khurasan Abu Muslim : ce dernier met fin aux dissensions en promettant un traitement égal à tous les Musulmans. Bientôt, les drapeaux noirs de l’insurrection sont, pour la première fois, déployés publiquement. Et, quelques mois plus tard, Abu Muslim se rend maître du pays pour le compte des Abbassides. 

Puis, les Abbassides s’emparent de la perse en 749. Ils écrasent les troupes Omeyyades à Kufa, où Abu Al-Abbas – dit, « as-Saffah » - s’empresse de se faire proclamer Calife. Le sort des Omeyyades est scellé à la bataille du Grand Zab. Et Marwan II, le Calife Omeyyade est tué en Egypte.

23 mai 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 615 - 620

Inde_antiqueInde, IIème siècle :

Vers 125, Gautamiputra Satakarnin, le roi du Royaume Indépendant des Kusana, Andhra – dans le Dekkan oriental , entre les rivières Godavari et Krishna – détruit le royaume çaka du Maharastra. Il occupe ainsi tout le centre de l’Inde, d’une cote à l’autre. Puis, en 130, le roi Kusana Oêmo-Kadphisès II disparaît. Et après un long interrègne, Kanishka, monte sur le trône en 144.

En 150, l’Empire Kusana inaugure une Ere nouvelle dans l’histoire de l’Inde : des liens étroits sont noués avec l’Asie centrale et avec la chine. Les relations entre l’Inde et la chine sont à la fois politiques et commerciales : désormais, la soie et le bambou chinois arrivent facilement en Inde, permettant aux Hindous de devenir des intermédiaires privilégiés d’un commerce sino-romain très lucratif ; les Romains raffolant des denrées exotiques telles que la soie et les épices. C’est une période de forte expansion pour la communauté marchande Indienne.

Mais le lien entre les deux grandes puissances est aussi culturel. Les modes vestimentaires indiennes évoluent : l’élite Kusana adopte le pantalon, le manteau long matelassé et les bottes portées en Asie centrale. Cependant, ces changements sont limités à l’extrême Nord du sous-continent, car ces vêtements sont peu adaptés au climat chaud de l’Inde. Ailleurs, on continue à se draper dans des étoffes de coton.

En 150 également, un des Chroniqueurs officiels de l’Empire Kusana écrit : « Nous savons que l’Empire Romain s’appauvrit chaque année de 550 millions de sesterces. En effet, i achète régulièrement des marchandises en provenance du Sud de notre Péninsule. Il y draine bon nombre de ses pièces d’or en y acquérant des épices, des parfums, des pierres précieuses, des soies, des ivoires, du sucre, ou des animaux exotiques. Et c’est ainsi qu’il nous y fait bénéficier de ses largesses. ».

De fait, les relations commerciales entre l’Empire Kusana et l’Empire Romain sont très fréquentes. De très nombreuses monnaies Romaines se retrouvent dispersées tout le long de la cote du Maharastra. La fabrique Kusana de numéraire devient obligée de reproduire l’image de la déesse Rome sur ses matrices, telle que celle-ci est figurée en Occident. A l’extrême pointe Méridionale de la péninsule, le Prince Perunarkilli – de la dynastie des Cola – profite de cet afflux de liquidités pour faire transférer sa capitale au cœur de son Royaume de Puhar. Et il l’érige à l’embouchure de la karivi en un temps record. Puis, il l’exploite pour vaillamment défendre ses frontières et ses Traditions, à la fois contre la religion Hindouiste qui tente de s’y implanter ; mais aussi, contre l’Empire Kusana qui essaye de lui imposer son protectorat.   

Un Poème Puhar évoque d’ailleurs cette nouvelle Métropole en ces termes : « Le Soleil baignait ses terrasses découvertes, ses entrepôts portuaires de marchandises, et ses tours percées d’œil de bœuf. En de nombreux endroits, le visiteur était fasciné par ses habitations et ses richesses incalculables. ».   

En 150 encore, la religion est le seul domaine privilégié des contacts : les Kusanas se convertissent au Bouddhisme, qu’ils propagent très vite en Asie centrale et en Chine. Kanishka est l’un des grands diffuseurs du Bouddhisme. Le quatrième conseil bouddhiste se tient pendant son règne. Les moines réunis sous la présidence de Vasumitra – un auteur dramatique, poète, musicien et théologien -, préparent alors une version autorisée des Ecritures bouddhistes. Ils décident surtout d‘accélérer l’élan missionnaire. C’est sous l’impulsion du roi que des missions sont envoyées en direction de l’Asie centrale et de la chine.

Mais ce concile est surtout à l’origine de la division du Bouddhisme en deux branches doctrinales, celle du « Grand Véhicule » et celle du « Petit Véhicule ». Correspondant mieux aux aspirations du peuple, le premier, le « Mahayana » devient alors vite populaire dans de nombreuses régions de l’Inde.

L’essor religieux entre les deux régions de l’Asie ne peut qu’accélérer ce mouvement, car les marchands sont nombreux à adhérer au Bouddhisme. La religion connaît alors de profondes transformations : parce qu’il se répand dans toute l’Asie, le Bouddhisme reçoit l’influence d’autres systèmes de pensée, Grec, Persan ou Tibétain. Avec ces nouvelles idées, les querelles doctrinales deviennent plus aiguës. La rupture entre les deux tendances, l’une élitiste et l’autre ouverte aux hommes du commun, aboutit, peu après le déclin des Kusanas, à la constitution de deux sectes différentes au sein du Bouddhisme.

De fait, le Bouddhisme du Grand Véhicule admet de nombreux Bouddhas en plus du Bouddha historique, et fait apparaître autour d’eux des « bodhisattvas » - « saints » - ; ceux-ci n’ont pas encore atteint le « nirvana » et ne sont pas encore des Bouddhas mais ils aspirent à l’Illumination. Très ouvert, le Mahayana accueille également des divinités empruntées à d’autres panthéons. Les Chinois voisins de l’Empire Kusana, l’identifient d’ailleurs très tôt au Taoïsme. Ceux-ci sont persuadés que les « sutra » - préceptes – bouddhiques ne sont en fait rien d’autre que les stances du « Daodejing » développées et comprises par les Hindous.

Par ailleurs, cette conception renouvelée du Bouddhisme prend toute son ampleur autour de Maîtres éminents, de mystiques et de philosophes. Nagarjuna est le plus connu d’entre eux : en fondant la « Voie du Milieu », secte des Madhyamika, il donne au Bouddhisme l’une de ses deux ailes, l’autre étant l’Ecole Yogacara. Son idée du Bouddhisme introduit ainsi des idées parfois assez éloignées du Bouddhisme primitif : déification du Bouddha, apparition de l’idéal « bodhisattva » et possibilité pour les non moines d’accéder également à la boddhéité. Nagarjuna développe enfin la théorie de la vacuité universelle, ou Sagesses transcendante. 

En 150 enfin, plusieurs Stupas de la région de Gandhara – entre Karli et Bharja - sont brutalement détruits par une coulée d’alluvions. Or, peu après, ceux-ci sont remplacés par de nouveaux monuments funéraires. Non loin d’eux, sont creusées des grottes artificielles et monastiques. Celles-ci sont ornées de décorations en spirale, de représentations de « Makara » - ou, « Dragon Mythique des Eaux » - dont la queue s’enroule autour de plusieurs animaux inoffensifs. Leurs plafonds sont renforcés par des linteaux dont les sculptures évoquent des Episodes de la vie de Bouddha. Leurs sols sont habillés de scènes mettant en relief d’innombrables Etres Merveilleux – Yaksa et Rakasa. Et leurs Portails sont rehaussés de consoles matérialisant des Dryades, des Perroquets dotés d’oreilles – premières personnifications Bouddhiques de Vishnu -, des Taureaux, des Eléphants, ou des Lions.

En 165, de plus en plus de Communautés Religieuses s’installent dans la région d’Ajanta. Elles commencent par y aménager une vingtaine de grottes artificielles aux représentations murales très complexes. Ensuite, elles y installent plusieurs Ermitages. Et, enfin, elles y élèvent des habitations destinées à héberger ses artisans.

Puis, elles ordonnent à leurs ouvriers de façonner des Portails enrichis d’images Symboliques. Ceux-ci se mettent donc à ciseler leurs parois de figures évoquant Pancika – ou, « le Général des Yaksa » - et Hariti – ou, « la mère des Démons ». En leur Centre, ils y placent une effigie décrivant Tirthankara. A leurs cotés, ils élèvent des statues représentant Nagajara – ou, « le Roi des Serpents ». Ils l’entourent de ses épouses, l’intègrent à l’intérieur de scènes retraçant le Cycle des Tentations du Bouddha Sakyamuni, lorsque ce dernier est assailli par les Filles du Démon de la mort Mara. Ils ornent leurs environs de motifs dépeignant des Nains. A deux pas d’un escalier menant nulle part, ils reproduisent une rencontre entre le Serpent Mucalinda, des Apsara, des Asura, et des Bodhisattvas. Ils montrent certains d’entre eux – comme Krishna et le Berger d’Amour - dont les Attributs Erotiques ne sont pas que suggérés par des allégories, mais, au contraire, s’expriment à l’aide d’images fortes. Et enfin, ils émaillent leurs plafonds de Tableaux exposant de quelle manière le Prince Siddhârta a été incité à renoncer au Monde.      

Mais, les ouvriers rattachés à ces Communautés Religieuses ne limitent bientôt plus leurs constructions au site Religieux d’Ajanta. Progressivement, il leur est demandé d’en élever à Ellorâ. Il leur est imposé d’y excaver un ensemble de 34 grottes Monolithiques. Il leur est réclamé d’y aménager de vastes espaces intérieurs soutenus par de puissants Piliers. Il leur est sommé d’orner ceux-ci de motifs floraux et de figures Mythologiques. Il leur est commandé de les émailler d’effigies Divines liées au Gange et au Yamunâ. Sur leur sol, il leur est ordonné d’élever des formes Pyramidales. Sur certains de leurs murs, il leur est enjoint de sculpter des représentations de Ravana en train de secouer les fondations de la montagne au sommet de laquelle demeure Sivalinga. Et, sur d’autres parois, il leur est réclamé de tailler la monture de Sivalinga qu’est le Taureau Nandi.   

En 172, au cours du règne du roi Kanishka, l’Empire Kusana atteint sa plus grande étendue, et celle-ci coïncide avec son apogée culturelle et artistique.

De fait, Kanishka continue la progression vers le Sud commencée par ses prédécesseurs, lance des raids vers la vallée du Gange, ajoute le Cachemire à son Empire et mène des campagnes victorieuses contre les Parthes. Le domaine Kusana s’étend donc désormais du Bihâr à l’Est au Khurasan à l’Ouest, du Khotan au Nord à Konkan au Sud.

Mais, cette année là, quand Kanishka meurt assassiné, Huvishka monte sur le trône. Et l’Empire commence à se désagréger.

A partir de 190, les Temples de Ganesa Gumpta consacrés à Siddhârta commencent à être décorés de bas reliefs très animés. En effet, leurs Architectes se mettent à élever des Sanctuaires aux murs ornés de figures féminines nerveuses et sensuelles. Ils les habillent parfois de représentations de Génies Maha Devi, et assimilent dès lors ces derniers à des Yaksini. Ils agrémentent leurs vestibules de Tableaux évoquant le Serpent « Nagaraja » - ou, « le Roi des Serpents ». Et, c’est au dessous qu’ils gravent des phrases expliquant que ce dernier doit désormais être considéré par tous, comme le Protecteur des Lieux. 

Dès lors, progressivement, ces Sanctuaires se transforment en établissements Religieux privilégiés. Les Fidèles aiment de plus en plus venir s’y recueillir. Ils y pénètrent avec dévotion, après avoir traversé la majorité des Provinces Impériales. Ils s’y avancent pieusement, avant de se diriger vers des grottes consacrées à Ganesa et à Ananta, puis, à la reine Rani Gunpha. Ils ont ensuite la possibilité de s’y reposer en rejoignant leurs cellules monastiques. Ils ont la liberté d’y contempler leurs décorations murales Jaïns. Ils ont le droit d’y admirer leurs bas reliefs montrant d’innombrables Cobras, de monstrueux Crapauds. Et, ils ont l’autorisation de s’aventurer dans leur « Caverne du Tigre » ; dont l’aspect extérieur rappelle celui d’un Tigre à la gueule grande ouverte. 

Chine, IIème siècle :

En 101, Ban Chao organise les territoires chinois du Tarim, puis prend sa retraite ; avant de décéder en 102 ; l’équilibre qu’il a su maintenir par la force en Asie centrale entre les Xiongnu, les Parthes et l’Empire naissant des Kusana se prolonge jusqu'à la révolte des Turbans Jaunes – paysans du Shandong. Parthes et Kusana échangent pendant toute cette période avec Luoyang – capitale des Han orientaux – de nombreuses ambassades.

Or, en fait, pendant que Ban Chao a guerroyé, les courants commerciaux se sont établis par la voie maritime de la route de la soie, et la plus grande partie de la soie importée dans les pays méditerranéens est embarquée dans les ports du Nord-Ouest de l’Inde. Avec elles voyagent également la cannelle, le poivre, les parfums, les teintures et les produits médicaux.

Puis, en 107, An-ti devient Empereur et laisse gouverner l’Impératrice douairière. Un prince Japonais lui envoie un cadeau de 160 esclaves.

En 123, la confédération Barbare des Xiongnu s’effondre sous la pression de leurs voisins, les Xianbei. Jadis, celle-ci a forcé les autres tribus de Mongolie à s’exiler vers l’Ouest, et les Chinois à renforcer leurs défenses septentrionales. Puis, elle s’est scindée en deux : les Xiongnu du Nord ont ensuite été chassés, à leur tour, vers l’Ouest, et écrasés par les Han, tandis que le groupe du Sud a fait allégeance.

Pourtant, dans ces mêmes régions, le pouvoir des Xianbei est en plein essor : les Han s’allient avec eux contre les Xiongnu. Et la chute de ces derniers entraîne leur assimilation ; leur culture n’en disparaît pas pour autant.

Par ailleurs, en 125, le général chinois Ban Yong – le fils de Ban Chao – repousse les Kusana de l’Inde, tentant de conquérir le Tarim. Mais, dès 134, la domination de celui-ci sur le pays s’affaiblit : le territoire se transforme en une suzeraineté molle.

En 147, l’Impératrice douairière, membre de la famille des Liang, pousse sur le trône l’enfant Huang-di. Le pouvoir des Liang, dirigés par le maréchal frère de l’Impératrice, est alors à son zénith. Car le nouvel Empereur élimine le clan des Liang, s’appuie sur les eunuques. En même temps, il apprend qu’un mouvement Taoïste, dissident et militant, les « Turbans Jaunes », commence à faire parler de lui. Il découvre que nul ne sait d’où il vient, et par qui il est dirigé. Il est informé du fait que ses membres prophétisent le « Renouvellement des Cycles » pour l’année 184 ; Mais, en 169, il meurt à l’âge de 36 ans sans avoir pu en venir à bout. Et c’est son successeur, Liang-Ti, qui continue sa politique répressive contre eux.

En 184, dans le Shandong, 300 000 hommes dont le port du turban jaune est désormais officiellement le signe de ralliement, prennent les armes contre les Han. Par ailleurs, les lettrés s’organisent, avec l’appui tacite d’une population exaspérée par les exactions. La situation économique et sociale est désastreuse, particulièrement dans les campagnes. Des sociétés paysannes, de caractère messianique, voient le jour. Et l’agitation se fait de plus en plus violente.

La secte des « Turbans Jaunes » base dès lors sa doctrine sur un texte fondamental du Taoïsme promettant « un royaume nouveau d’harmonie, de justice et de paix ». Elle s’implante bien dans l’Est de la chine. Mais les envoyés de son chef, Zhang Jué, dans la capitale sont massacrés sur les ordres d’un pouvoir impérial troublé par l’irruption de cette nouvelle force.

C’est le signal de la révolte. Bon chef religieux Zhang Jué se retrouve piètre militaire. Les généraux qui doivent mater la révolte pressentent malgré tout la fin des Han, et la tentation de se tailler un royaume est forte. Zhang Jué est tué dans la bataille. La région de Nanyang, où se réfugient les rebelles survivants, est pacifiée par Sun Jian. Alors que cette sanglante répression sonne le glas de la dynastie des Han.   

En 189 appelé par une faction de la cour Impériale, le général Tchong-Tcho met fin à la domination des eunuques et prend le pouvoir. Peu après, l’Empereur Ling-Ti meurt, et Xian-Di monte sur le trône. Alors qu’en 192, Tchong-Tcho laisse ses soldats brûler la capitale, mais est assassiné peu après. 

En 192 également, l’Empire chinois Han crée sur une partie de la cote orientale la sous préfecture du « Siang-lin ». Mais celle-ci étant fréquemment envahie par les Barbares, - les indigènes -, les Chinois décident de l’évacuer. Un fonctionnaire indigène, K’iu-lien, en profite pour se faire proclamer roi et déclarer l’indépendance de ce nouveau royaume de Lin-Yi. Un peu plus tard pourtant, ce territoire est peu à peu absorbé par des princes Chams de la région du Quang-nam.

Amérique du Sud, IIème siècle :

La civilisation Maya de Teotihuacan atteint son apogée au IIème siècle après J.C. C’est à cette époque que la cité – avec les pyramides du Soleil et de la lune – devient le plus grand centre cérémoniel de la région méso-américaine. Elle est jalonnée de temples, d’une vaste avenue ; toutes les constructions du site ont des positions géographiques qui les relient à l’ordre cosmique et, plus particulièrement, au soleil. Elles sont en effet disposées selon l’axe de la pyramide du Soleil, coïncidant lui même avec la position de l’astre lors du solstice d’été.

La pyramide du Soleil possède quatre étages. Un temple, dont l’accès est réservé au grand prêtre, couronne le sommet, desservi par un large escalier précédé d’un avant corps en gradins. Quant à la pyramide de la lune, il s’agit d’une vaste forteresse avec de vastes plate-formes dédiées aux Dieux de la pluie et de la végétation. Elle est ornée de magnifiques sculptures où des masques à crocs alternent avec des serpents à plumes. Les vastes proportions des deux édifices aux formes géométriques étranges, confèrent à leur architecture, ainsi qu’à l’ensemble de la cité de Teotihuacan, un aspect grandiose et austère.

Teotihuacan est la métropole théocratique d’une Civilisation agricole et pacifique, dont la religion honore depuis longtemps les forces naturelles : l’eau, la terre, la végétation. Cette Civilisation est attentive aux mouvements des étoiles, repères précieux d’une société tirant ses ressources de l’agriculture. Un peu partout sur son site existent des signes correspondant à des nombres marquant le temps astral et à des calculs chronologiques.

Car Teotihuacan est aussi un centre réservé à l’accomplissement d’un cycle de rituels liés au calendrier des récoltes. Bien que, peu à peu, gardiens et artisans s’installent dans leurs alentours avec leurs habitations. Plusieurs palais sont même érigés non loin des deux pyramides ; et ceux-ci sont aussi construits sur des plate-formes.

A cette époque, les Mayas sculptent de nombreux masques mortuaires qu’ils déposent avec les défunts dans les abris funéraires de ces derniers. Les accompagnent aussi dans leur ultime sommeil des figurines en terre cuite représentant des personnages du panthéon. Ils arborent des bijoux et des coiffures complexes. Les figures géométriques des débuts qui les décorent, se transforment tout le long de ce siècle. Apparaissent alors à leur place des papillons, des oiseaux, des coquillages, des prêtres ou des Dieux.

08 mai 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 545 - 550

Inde_antiqueInde, IIème – Ier siècle avant J.C. :

Vers 180 avant J.C., le Souverain Maurya Brhadaratha ne parvient plus à empêcher l’Empire de se morceler en de petits Etats semi-indépendants. En effet, de Taxila, il se rend compte que les nombreux fils et petits fils d’Asoka gouvernent désormais leurs propres Provinces sans en informer leur Monarque. Il s’aperçoit que ceux installés à Kalinga et au Deccan, aspirent de plus en plus à une autonomie totale vis à vis du Pouvoir Central. Il constate que plusieurs autres – fanatiques et sanguinaires – commencent à se livrer des guerres fratricides. Et, enfin, il est impuissant contre les Achéménides en train de coloniser des Territoires administrés par de fidèles Serviteurs désarmés face à eux.

Brhadaratha assassiné au cours d’une parade militaire, c’est un général Brahmane du nom de Pusyamitra qui récupère le Pouvoir à son profit. Il fonde très vite une nouvelle dynastie : celle des « Sunga ». Il n’a pas le temps de se proclamer Roi qu’il est obligé de combattre le Prince de la bactriane, Démétrios. Il ne parvient pourtant pas à repousser ses armées en train d’envahir le Centre de la péninsule. Il ne peut contrer ses troupes lorsqu’elles décident de s’en prendre à Paliputra. Il ne réussit pas non plus à refouler l’audacieuse expédition navale de son adversaire des cotes de Maharastra. Il lui est impossible d’agir lorsque ce dernier décrète la fondation d’une Cité au plan en damier, nommée Sirkap. Et, ce n’est que par miracle qu’il évite l’invasion totale de l’Empire ; et seulement parce que Démétrios est précipitamment obligé de retourner en Bactriane, où une révolte de grande ampleur est en train de se propager.

Or, avant de quitter l’Inde Centrale, Démétrios laisse derrière lui un Gouverneur Grec appelé Ménandre – ou, « Milinda ». Dès lors, celui-ci s’installe dans la province du Pendjab. Il se met à y développer un noyau de Civilisation Grecque. Il y établit une Politique et une Administration fortes. Il y encourage ses concitoyens Hellènes à se convertir au Bouddhisme. A tel point qu’il y supervise lui même la construction de nouveaux Sanctuaires sur le territoire d’Elephanta.

Vers 175 avant J.C., Démétrios de Bactriane renforce son autorité dans toutes les Provinces Sunga qu’il a conquises quelques années auparavant. Dès lors, du point de vue Religieux, outre le Bouddhisme, il se met à soutenir un certain nombre de théologiens Hindouistes en train d’Etudier d’anciens Textes Védiques. Et il encourage ces derniers à les interpréter de manière à légitimer son emprise sur la région.

C’est donc pour cette raison que ces Philosophes intitulent leurs Ouvrages : « Smriti » - un terme signifiant à la fois « Souvenir », « Mémoire », et « Tradition ». Ils y expliquent que ces Smriti ont été rédigés à partir de livrets Dogmatiques autrefois utilisés lors de Cérémonies Rituelles. Ils soulignent le fait qu’ils ne possèdent pas de Puissance Magique aussi importante que celle des Véda. Et, ils déclarent qu’ils révèlent quelques Enseignements Sanctifiés ou Héroïques.

Ces Penseurs y intègrent également deux Poèmes Epiques connus sous le nom de « Ramayana » et de « Mahabharata ». Ils en profitent alors pour y synthétiser et redéfinir leur Symbolique. Ils se penchent sur leurs fonctions didactiques en ne tenant pas compte des Aventures Fabuleuses qui y sont décrites. Ils y déclarent que les Trois Grands Dieux ne doivent plus être considérés comme des Créatures Cosmiques, mais qu’ils constituent uniquement une « Trimurti » - ou, « Triple Incarnation du Dieu Suprême ». Ils y prouvent qu’ils désignent les Trois Manifestations Visibles de ce dernier : Brahmâ, en ce qui concerne la création de l’Univers ; Vishnu, en ce qui concerne l’Equilibre Céleste ; et Siva, en ce qui concerne la transformation des Choses Ephémères qui lui sont liés : « Brahmâ est le Seigneur maintenant l’Harmonie entre deux Principes opposés : Visnu le Conservateur, et Siva le Destructeur. ».

Puis, ils y précisent que les Trois Forces représentées par Brahmâ, Visnu, et Siva, se subdivisent en différents Potentiels. De fait, ces derniers sont à leur tour figurés par des Groupes Divins possédant leur propre hiérarchie, leurs propres Fidèles, et leurs propres Rites. C’est pour cette raison qu’ils y spécifient : « A l’Aube des Ages, Brahmâ décida de se transformer en Oie, et de s’octroyer le nom de « Hamsa ». Ensuite, il déposa l’Œuf qu’il venait de créer sur les Eaux Primordiales. Il se métamorphosa en Brahmane à quatre tètes. Il s’affubla d’Emblèmes Sexuels, comme le « Linga » - ou, « Phallus ». Il appela auprès de lui le Taureau Nandi, la reine des Scorpions et des Cobras Siva/Parvati. Et il se manifesta à eux sous de multiples Apparences évoquant le Trépas et la renaissance.

Peu après, toujours sous le nom de Hamsa, Brahmâ s’unit à Siva/Parvati. Ensemble, ils donnèrent naissance à plusieurs Enfants : le dieu à tète d’Eléphant, Ganesa ; le dieu de la guerre qui chevauche le Paon Vahana, Skanda. Il encouragea Vishnu à prendre forme humaine lorsque celui-ci descendit sur Terre afin de combattre le Mal, et de restaurer son Autorité. Et, enfin, il entreprit des pérégrinations qui l’obligèrent à se muer en Poisson – ou, « Matsaya » -, en Sanglier – ou, « Varaha » -, en Lion – ou, « Narasimba » -, et en Hommes portant les pseudonymes de « Rama », de « Krishna », et de « Bouddha ». ».      

Et, finalement, ils rattachent le Ramayana et le Mahabharata à des « Sastra » depuis peu destinés à régir tous les actes de la vie Quotidienne de chaque individu soumis à Démétrios. Ils s’appuient sur eux dans le but de fonder de nouvelles Sciences  - ou, « Vedanga » - telles que le Naturalisme, la phonétique, la métrique, l’Etymologie, ou l’Astronomie Sacrée. Ils rédigent leurs Règles à l’intérieur de trente-six Manuels – ou, « Purana ». Ils les diffusent, jusqu’au moment où ils se rendent compte que ce sont le « Vishnu Purana » et le « Bhagavata Purana » qui sont le plus lus ; car consacrés aux dieux Visnu, Linga, et Siva.   

Vers 160 avant J.C., les Doctrinaires Hindouistes qui Enseignent les Principes relatés à l’intérieur des Smriti se divisent peu à peu sur les Interprétations à donner à leurs Textes. Et bientôt, deux courants de Pensée se font jour parmi eux. En effet, d’un coté, il y a ceux qui désirent se consacrer entièrement à Visnu, et font de lui un dieu Conservateur de Vie. Et de l’autre, il y a ceux qui veulent se tourner exclusivement vers Siva, qui le représentent désormais en train de danser au cœur de la roue des Existences et des Mondes, et qui le métamorphosent en déité de la destruction, et surtout, en adversaire de Visnu.         

Vers 160 avant notre Ere, la bactriane – du Panjab à la vallée de l’Indus - entretient de nombreuses relations commerciales avec le Monde Romain. En effet, depuis une douzaine d’années, l’architecture de ses ouvrages défensifs – et notamment ceux de sa capitale Sisurkh – ressemble de plus en plus à celle des citadelles Occidentales implantées un peu partout en Orient. Mais, dès 155 avant J.C., alors qu’elle est déjà minée par une opposition Bouddhiste de plus en plus forte à sa Politique, son Autorité sur le Nord-Ouest de l’Inde est ébranlé par l’arrivée massive des envahisseurs Shaka. Des tribus nomades d’Asie centrale, refoulées de Chine, se tournent vers l’Ouest, poussant devant elles des tribus Scythes dominées par un de leurs Souverains appelé Simuka. Celles-ci entrent en Bactriane, y effectuent plusieurs incursions à partir des Montagnes de l’Afghanistan. Elles envahissent bientôt définitivement son territoire en s’en prenant aux Cités du Gandhara. Et, finalement, elles se partagent le Royaume avec les Parthes, lorsque de leur coté, ceux-ci profitent de l’occasion pour étendre leur nouvel Empire de la perse à la vallée de l’Indus. 

Les Shaka contrôlent ensuite rapidement le Khârezm. Ils prennent possession de la sogdiane, du Cachemire et de Gandhara. Ils font naître le puissant Empire Kusana. Mais, surtout, ils apportent de nouveaux aménagements au Sanctuaire Bouddhique de Sânchî, dans la vallée de Madhya Pradesh.

Car, désormais, la construction de Sânchî, qui épouse la forme d’un dôme, recèle les reliques du Bouddha. Autour de l’enclos sacré du « stûpâ », se dresse une balustrade faite de pierres, qui détermine un passage circulaire pour les processions. La balustrade est elle même coupée de portails disposés à chacun des points cardinaux et ornés de bas reliefs illustrant la vie de Bouddha : sa renonciation aux plaisirs, son itinéraire vers la lumière et le début de son Enseignement. Le stûpâ de Sânchî, par ses dimensions, constitue dès lors l’un des plus grands centres religieux de l’Inde Bouddhique.

Vers 150 avant J.C., ce sont les Saces qui – une population cousine des Scythes venue d’Asie Centrale – qui, à leur tour, s’emparent du Pakistan Septentrional. Ils y sont bientôt rejoints par des tribus de « Xiong Nu » - ou, « Huns ». Ils y sont repoussés, à tel point qu’ils sont obligés de refluer vers l’Est. Ils sont contraints de s’engager dans la plaine du Gange, d’y affronter les « Yuezhi ». Ils sont forcés d’affronter le Souverain de ces derniers – Kujula de la lignée de Kusana -, ainsi que ses troupes, à plusieurs reprises. Défaits, ils sont refoulés en direction de Sisurkh – ou, « la troisième Taxila » -, qu’ils incendient au passage. Ils se résignent à s’enfoncer de plus en plus loin afin d’échapper à leurs poursuivants, tout en y rasant d’importants centres commerciaux destinés à échanger des marchandises locales avec celles venues de Rome. Et, finalement, ils en sont ensuite réduits à franchir les frontières du Turkestan, et à y anéantir son Empire jadis fondé par Kashima.   

Vers 125 avant notre Ere, après avoir profité de l’affaiblissement de l’Empire du Turkestan lors de l’avancée Scythe vers l’Ouest afin de repousser leurs frontières, les Yuezhi décident de s’attaquer au Royaume de Satavahana. De fait, à l’issue de plusieurs affrontements, le Monarque de cette Contrée se retrouve obligé de se replier vers le Sud-Est et la cote Orientale du Deccan. Et il y crée un nouvel Etat.

De fait, pour commencer, il y développe un réseau routier digne de ce nom, afin de pouvoir recommencer à commercer avec les régions environnantes. Il autorise que ces chaussées entrent en contact avec des itinéraires s’étendant jusqu’au cœur de l’Inde Septentrionale. Il accepte qu’elles se déploient vers des ports spécialisés dans le négoce avec des navires venus d’Arabie et de Méditerranée. Et, il consent à ce qu’elles se poursuivent jusqu'à des Cités connues pour se distinguer dans le domaine des Arts et des Lettres.   

Parallèlement, des Moines Bouddhistes commencent à s’installer sur la cote Orientale du Deccan. Seuls ou en groupes, ils fondent des Communautés Religieuses prenant peu à peu possession de son arrière pays. Entre Kanheri, Ajanta, et Ellorâ, ils excavent des centaines de grottes artificielles. Et ils y honorent le dieu du Soleil Surya, le roi des Dieux Indra, ainsi que son Eléphant à quatre défenses, Airavatha. Ils creusent des Monastères et des Ermitages à flanc de collines. Ils érigent des Temples pourvus de nathex laissant pénétrer la lumière à flots à l’intérieur des Enceintes. Ils ornent les murs et les chapiteaux de ceux-ci d’Animaux Légendaires. Ils bâtissent des triple Portails surmontés de « Gavaska ». Et, finalement, à leurs cotés, ils dressent des milliers de Stupas.

Vers 90 avant J.C., c’est un Souverain Grec du nom de Kharsoti, qui règne sur l’Arachosie et le Gandhara. Et, malgré l’effondrement de la bactriane quelques dizaines d’années auparavant, il réussit à propager le modèle Culturel Hellène dans toute la région.

Chine, IIème – Ier Siècles avant J.C. :

En 195 avant notre Ere, l’Empereur Gazou choisit le site qui doit accueillir sa nouvelle Capitale : Changan – ou, « Ville de Longue Paix ». Il y élève bientôt un Palais « Changle ». Il y restructure et y agrandit une ancienne demeure Qin : « l’Hôtel Xin ». Il y érige une Forteresse, à laquelle il donne le titre de « Weiyang ». Il y bâtit une majestueuse fabrique d’armes. L’année suivante, alors que Gazou vient de mourir, et que son fils Huizi monte sur le trône, la construction des remparts Y est entamée. Et, huit artères séparées par deux caniveaux y sont édifiées.

Parallélement, Huizi continue de repousser les frontières de l’Empire, et les fait reculer, d’un coté, jusqu'à l’Archipel Japonais, et de l’autre, jusqu’au Monde Greco-Romain, aux steppes Sibériennes, et aux vallées fluviales de l’Asie du Sud-Est. Par ailleurs, la société qu’il préside se raffine, les techniques qui y sont employées dans les domaines Agricole, Artisanal, et Industriel, évoluent. Et, par l’intermédiaire des éleveurs nomades qui vivent aux abords des Marches Occidentales et Orientales de son Empire, il réussit à étendre l’influence de ces dernières jusqu’en Mongolie, jusqu’en Corée, et jusqu’au Vietnam.

Vers 190 avant J.C., plusieurs Scribes Impériaux se mettent à étudier de très vieux Manuscrits qu’ils viennent de retrouver, cachés aux fins fonds de la bibliothèque Impériale de Changan. Ils découvrent ainsi qu’il s’agit de fragments d’une Culture très ancienne. En les examinant attentivement, ils parviennent à comprendre qu’ils font partie d’un vaste Corpus de 4320 Volumes. Ils réalisent que ce dernier semble avoir été élaboré en des temps reculés, et qu’il a peut-être contenu tout le Savoir du Monde. Ils se rendent compte qu’il évoque partiellement de nombreuses Légendes parlant de ce qui s’est passé lorsque l’Humanité s’est rebellée contre les Dieux, et, de fait, quand l’Univers a été plongé dans le Chaos. Et, ils finissent par déchiffrer :

« A la fin de ce « Kis », la course des Planètes se trouva altérée. Les Cieux tombèrent plus bas vers le Nord. Le Soleil, la lune, et les Etoiles modifièrent leur trajectoire. La terre se brisa en morceaux, et les Eaux jaillirent de ses Profondeurs avec violence, puis, dévastèrent tout sur leur passage.   

Dix Kis s’étaient déjà produit entre le Début des Temps et l’Epoque de Confucius. A l’issue de chaque Kis, dans une Convulsion Générale de la nature, les Planètes changeaient donc d’orbite, les trajectoires du Soleil, de la lune, et des Etoiles, étaient altérées. La mer sortait de son lit, des Montagnes surgissaient brutalement, des Fleuves disparaissaient ou apparaissaient. Les Etres Humains, ainsi que toutes Choses, étaient anéanties, et les traces de ce qui avait été, étaient effacées. ».

Intrigués par ces Révélations, les Scribes décident alors de recopier quelques uns de ces Récits. Ils commencent à en retranscrire un certain nombre sur des lamelles de bambou recouvertes de soie. Ils nomment d’ailleurs ces dernières « Livres de Soie ». S’aidant d’une quarantaine de caractères génériques, ils reproduisent minutieusement leurs Textes. Ils les décomposent ensuite en trois Livres, de vingt Chapitres, et de 12 000 Mots chacun. Un peu plus tard, ils séparent le premier d’entre eux – ou, « Annales écrites sur le bambou » - en deux parties : « Zhu shu ji nian » et « Zhao Gusce ». Et, ils y relatent l’Histoire de la chine depuis le Mythique règne de Huangdi – ou, « l’Empereur Céleste », ou encore, « l’Empereur Jaune » -, vers 2700 avant notre Ere, jusqu'à la mort du Roi Xhiang de Wei, vers 319 avant J.C.

Dans leur second Ouvrage – parfois appelé « Zhou shu », voire, « Daodejing » ; ce qui signifie : « Canons de la voie et de la vertu » -, ils notent soixante-dix Récits appartenant à un Recueil de Documents Historiques rattaché à la dynastie Zhou. Dans leur troisième Traité – le « Mu tian zi zhuan », ou « Roman du Roi Mu » -, ils révèlent l’itinéraire suivi par ce Souverain dans les Contrées situées à l’Ouest de son Pays entre 1083 et 983 avant J.C. 

A coté de ces trois Opuscules, les Scribes composent un Livre totalement différent. A l’intérieur de celui-ci, ils étalent des centaines de paragraphes extraits du « Traité d’Astrologie Xing Jing », du « Manuel des Etoiles », du « Xia Ma Jing » - ou, « Etude sur les Chevaux Célestes ». Ils le décomposent en 27 Chapitres, de 11 000 Mots chacun. Ils lui adjoignent un Atlas Géographique, ainsi qu’une carte de la chine couvrant les Régions du Hunan, du Guangxi, et du Guangdong. Ils l’accompagnent de deux Traités Militaires : le « Sun Zi Bing Fat » - ou, « Art de la guerre du Maitre de Sun » -, et le « Sun Bin Bing Fa » - ou, « Art de la guerre de Sun Bin ». Et, ils soulignent le fait que le premier de ces Traités Militaires a été écrit par le Philosophe Sun entre le 6ème et 5ème siècles avant J.C., et que le second est l’œuvre de Sun Bin ; ce fameux stratège qui a vécu entre 380 et 320 avant notre Ere.

Enfin, une fois leur travail terminé, les Scribes emportent leurs Ouvrages dans une de leur propre Bibliothèque Secrète. Ils les dissimulent dans un Sarcophage de bois. Ils y déposent le corps de l’un de leurs Patriarches qui vient de décéder. Ils recouvrent le tout de 1100 lamelles de bambou. Sur la partie visible de ces lamelles, ils rédigent plusieurs Textes racontant l’histoire des Royaumes Combattants. Ils décrivent également les Réformes Administratives et Politiques, les Sciences, et les Arts Divinatoires, que le Royaume Qin a mis en place avant l’avènement de l’Empire. Ils détaillent les raisons pour lesquelles le Royaume Qin a peu à peu été considéré comme le plus Puissant des Sept Royaumes Combattants. Et, finalement, ils enterrent en profondeur au cœur de leur Bibliothèque le Sarcophage décoré d’Epigrammes.

En 175 avant notre Ere, l’Empereur promeut le Général Li Chang « Marquis de Dai », puis, lui offre le titre de « Chancelier ». Il accepte également que celui-ci se fasse ériger un Tumulus personnel non loin de la capitale. Quelques temps plus tard, il apprend qu’il l’a décoré de nuages flottants stylisés, de motifs géométriques, animaliers, et végétaux. Et, enfin, en 168 avant J.C., lorsqu’il est informé de son décès, il organise ses funérailles, et le fait enterrer avec son épouse Xin Zhui et un de ses fils.      

En 140 avant J.C., avec l’arrivée au Pouvoir de l’Empereur Wudi, les constructions somptueuses se multiplient à Changan. En effet, il y fait édifier de nouveaux quartiers. Il y ordonne la construction de Palais Impériaux. Il décide d’installer de grands marchés au Nord de la cité. Et, hors des murs de la métropole, il demande à ce que soit creusée une Nécropole, qu’il nomme aussitôt « Jianzhang ».

Parallélement, en 134 avant notre Ere, son Astronome personnel entreprend de calculer un Calendrier Saisonnier le plus exact possible. Le rédigeant sur des lattes de bambou, il y inclut une Chronologie des Evénements liés à la première Année de l’Ere Yuan Guang. Et, il y souligne un certain nombre de faits rattachés à la dynastie des Han ; avant de le nommer « Han Yuan Guang Yuan Niam Li Bu ».   

En 110 avant notre Ere, Wudi désigne Dunhuang – située à la frontière Occidentale de l’Empire - en tant que nouvelle Préfecture de la province du Gansu. Estimant en effet qu’elle occupe désormais une position stratégique sur la route de la soie, il ordonne qu’elle développe son centre caravanier. Il demande qu’elle améliore ses pistes se dirigeant vers le Nord de l’Asie Centrale. Il y envoie une importante garnison. Il lui commande de faire en sorte que les marchands et les pèlerins qui y séjournent, s’y attardent pour de longues périodes, et qu’ils repartent le plus tard possible vers les Confins Occidentaux et Orientaux du Continent. Et, enfin, il la pousse à se transformer progressivement en Cité cosmopolite.   

Asie du Sud-Est, IIème – Ier Siècles avant J.C. :

En 108 avant J.C, l’Empereur Chinois Wudi décide d’envahir le Nord de la corée. Accompagné de ses armées, il pénètre au Royaume de Weimo. Très vite, il anéantit ses adversaires. Il renverse les derniers descendants de la dynastie en place en 82 avant notre Ere, en éliminant Lintun et Zhenfan. Il anéantit l’ultime Cité qui lui résistait encore dans le Liaodong : Xuantu. Et, enfin, il transforme leur Territoire en Province Chinoise accolée à celle de Lelang, tout en lui donnant le nom de « Taifang ».

A partir de 80 avant J.C., la cité-Etat Vietnamienne de Dong Song devient de plus en plus influente. Et, elle commence à exercer son Autorité sur plusieurs Régions situées entre la chine Méridionale, l’Indochine, et l’Archipel Indonésien.   

26 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 495 - 500

Inde_antiqueFils de Bindusara, Açoka monte sur le trône à la mort de son père ; en 260 avant notre Ere, il mène une campagne victorieuse dans le Deccan, conquiert le Kalinga. Il contrôle ainsi toutes les routes terrestres et maritimes vers l’Inde du Sud. Mais, les causes de cette guerre causent au roi de profonds remords. Il se tourne alors vers le bouddhisme, dans l’espoir d’expier ce crime et d’obtenir la paix de l’âme. Après deux ans d’hésitations, il se convertit à la nouvelle religion ; désormais, il va essayer de gouverner et de conquérir par d’autres moyens que la violence. Il concentre entre ses mains tous les pouvoirs, mais les exerce de façon généreuse. Pour connaître les besoins de ses sujets, Açoka voyage beaucoup à travers son Empire. Il prend également en main la réorganisation des congrégations, qui a lieu pendant son règne. Pourtant, il ne préfère pas intervenir directement dans les affaires religieuses et se montre très tolérant à l’égard de toutes les religions. Il y doit sa célébrité.

Le roi des Maurya établit de nombreux contacts politiques et culturels avec des souverains étrangers. Ainsi, le souverain envoie des ambassadeurs et des cadeaux aux Grecs. Un comité spécial est chargé de l’accueil des étrangers dans la capitale, Pataliputra. Mégasthènes, l’envoyé des Séleucides, séjourne longtemps à la cour des Maurya et voyage en Inde sous leur protection. Bindusara consolide cette amitié avec les Grecs et demande au roi séleucide Antochius Ier de lui envoyer du vin doux, des figues séchées et un Philosophe. Açoka échange aussi des missions diplomatiques avec Antochius II, Ptolémée III d’Egypte, Antigonos Gonatas de Macédoine, Mégas de Cyrène et Alexandre d’Epire. L’une de ses filles épouse même un noble du Népal et il est en bon termes avec les peuples du Sud de l’Inde : Cholas, Pandyas, Satiyaputras et Keralaputras. Il joue aussi un rôle décisif dans le développement, l’organisation et la réforme du bouddhisme : c’est sous son règne que le troisième concile bouddhiste décide d’intensifier l’activité missionnaire vers le royaume de Ceylan, avec lequel il entretient des liens privilégiés. Son fils, Mahinda, se rend dans l’île comme missionnaire bouddhiste. Le roi de Ceylan, Tissa, admire Açoka et veut l’imiter. Les deux souverains échangent de nombreux cadeaux. L’Empereur Maurya fait ainsi parvenir à Ceylan une branche de figuier sous lequel le Bouddha a reçu l’Illumination. Il envoie par ailleurs des missions jusqu’en Birmanie, en Chine et au Japon. La culture indienne et le Bouddhisme se diffusent ainsi aux marges et hors de l’Inde.

D’un autre coté, l’économie est tout d’abord agraire. La plupart des agriculteurs cultivent les sols avec leurs familles, mais certains emploient des ouvriers ou des esclaves. La terre appartient à l’Empereur, qui peut en louer des parcelles aux particuliers. Mais c’est pour lui un devoir social que de faire construire des réservoirs et des canaux : les conditions climatiques nécessitent en effet des travaux d’irrigation. L’agriculture fournit des produits variés : céréales – blé, orge, riz, millet -, sucre, coton, épices, exportés vers l’Europe en grande quantité, et fruits. Les Indiens élèvent aussi divers animaux : buffles, cachons, moutons et chèvres. Ils ont également des bœufs et des vaches qu’ils utilisent pour labourer ou se déplacer, mais qu’ils ne mangent pas, car la vache est sacrée pour les Hindous. De plus, l’Empereur Açoka essaie de promouvoir un idéal de non-violence et encourage le végétarisme qui supprime toutes les viandes.

Les industries principales sont dérivées de l’exploitation du sol : tissage de coton, de laine ou de soie, poterie. L’Etat possède des manufactures de tissu, d’armes et d’équipement militaire. Les artisans travaillent aussi en grands et petits ateliers, ou en coopératives, et sont regroupées en localités spécialisées dans une activité précise : il y a ainsi des villages de tisserands, de forgerons… Certaines professions sont en outre organisées en guildes. Celles-ci fixent les conditions de travail, les salaires et les prix dans la profession. L’Empereur respecte leurs privilèges, et témoigne de leur influence en leur empruntant parfois de l’argent. Les guildes font en effet souvent fonction de banques.

A sa mort, en 232 avant J.C., des deux petits-fils, Dasratha et Samprat, se partagent le pouvoir ; leur règne est bref et marque le début de la chute de l’Empire des Maurya. Leur domaine ne cesse de se réduire. Dès 180 avant J.C., les Grecs de Bactriane établissent leur domination sur le Nord-Ouest de l’Inde. Le dernier souverain de la dynastie, Brihadratha, est assassiné par le commandant en chef de son armée, Pushyamitra Sunga, en 184 avant J.C. Celui-ci fonde une nouvelle dynastie, celle des Sunga, et, fervent défenseur des brahmanes, met fin à la prééminence des bouddhistes en Inde. 

C’est à cette époque qu’est écrit le Ramayana, l’une des deux grandes épopées indiennes. Contrairement au Mahabharata, œuvre collective, dont le récit principal est entrecoupé de nombreuses digressions, le Ramayana est le travail d’un seul auteur : Valkimi. Son texte, en sanskrit, raconte sous une nouvelle forme, et en 24 000 disques, la vie du héros Rama, de son enfance à sa séparation d’avec sa femme Sita. Il relate aussi comment Rama a ensuite parcouru l’Argatha, « le pays souterrain où règne le Roi du Monde et où vivent des millions de personnes. ». C’est l’un des vecteurs de l’influence indienne dans le Sud-Est asiatique 

Chine, IIIème siècle avant J.C. :

Au milieu du IIIème siècle avant notre Ere, les combats entre royaumes foisonnent. De fait, de profondes mutations transforment l’économie chinoise durant les deux siècles de la période des Royaumes Combattants, période au cours de laquelle la chine trouve l’essentiel de son armature politique. La production agricole augmente, grâce à la diffusion du soc de fer et à la mise au point d’une charrue qui permet de régler avec précision la profondeur des labours ; le harnais à collier est introduit dès le IIIème siècle avant J.C. Mais ce sont le commerce et les villes qui connaissent les transformations les plus spectaculaires. 70 cités nouvelles, dont certaines sont gigantesques, sortent de terre, comme Linzi, la capitale des Qi : sa muraille extérieure est longue de plus de 16 kilomètres. Sa population est de plusieurs dizaines de milliers d’habitants. Pour soutenir l’effort de guerre, les souverains favorisent l’essor du commerce en encourageant la libre circulation des marchandises, dans des royaumes au territoire désormais très étendu. Les monnaies circulent très loin de leur lieu d’émission. Toutes sont en bronze, mais leur forme diffère selon les royaumes. Les artisans fabriquent leurs produits en quantité beaucoup plus importante : c’est l’industrialisation de la production. Une nouvelle catégorie sociale apparaît ; elle est composée de très riches marchandes qui ne font partie ni de l’aristocratie ni de la classe des administrateurs. Ces marchands commencent à acquérir des terres, puis des charges publiques.

Cette période de troubles connaît une intense activité intellectuelle ; c’est une époque où foisonnent une multitude de courants de pensée, dont découleront bientôt la plupart des systèmes d’argumentation et de réflexion politique et morale.

Le courant qualifié de « démocrate », selon lequel l’opinion publique doit jouer un rôle dans le choix des gouvernants, trouve ses origines dans les écrits de Mencius, maître Mengi, l’un des plus grands disciples de Confucius, qui affirme que la responsabilité du prince est engagée envers ses sujets, auxquels il se doit d’assurer vivres et bien être. Si un prince se révèle incapable d’assurer sa tache, le peuple a le devoir de le tuer. Il ne s’agit pas, dans ce cas, d’un régicide, car celui qu’on supprime est un tyran et non plus un roi, puisqu’il n’a su être un véritable souverain.

Un autre Sage, Mozi, est l’inventeur de la monarchie constitutionnelle. Il disserte sur la nature de la royauté, création humaine et artificielle, qui n’est, selon lui, rien d’autre qu’un moyen d’échapper à l’anarchie, ou, mieux, de définir un intérêt général commun, dans lequel chacun trouve la satisfaction de son propre égoïsme. Mozi argumente aussi sur les bienfaits de l’épargne.

En Zhuangzi, se discerne l’ancêtre de la pensée libérale et même écologique. Ce taoïste affirme que les affaires de l’Etat doivent suivre leur propre destinée. A l’encontre des confucéens, il enseigne qu’il est vain de vouloir guider le monde, hypocrite de vouloir le réformer, car toute chose suit son cours naturel, et qu’à trop vouloir tout réformer, on risque de dénaturer l’homme et de briser le cours des choses.

Enfin, avec l’avènement de Qin Shi Huangdi, c’est « l’Ecole des Lois » qui triomphe. Pour ses tenants, la loi doit être connue de tous, appliquée à tous, et sévère.

En 256 avant J.C., la puissance montante des Qin est telle que leur Souverain, Zheng, dépose sans coup férir le dernier roi Zhou. Puis, il occupe une partie de Sichuan, en ayant pratiquement fait disparaître les populations de la principauté féodale de Ba. Entre 230 et 225 avant J.C., sous la conduite du roi Zheng, ils achèvent la première unification, après l’absorption successive des royaumes de Han, et de Zhao. Et, pour célébrer sa victoire, Zheng demande à ce que soient érigés un Mausolée et un Ensemble Funéraire en son honneur non loin de la ville de Lintong.

700 000 hommes sont affectés à cette tâche. Tout d’abord, ses Architectes calculent l’Axe Nord – Sud des futurs bâtiments. Ils poursuivent celui-ci le long d’une ligne imaginaire reliant cet emplacement à Xianyang. Ils creusent les fondations d’une Chambre Mortuaire, tout en comblant – difficilement – les trois rivières souterraines qui traversent le site. Ils aménagent le sol de la salle afin d’y installer des répliques miniatures des Palais, des Tours, et des Edifices Publics que les Qin ont élevé depuis une trentaine d’années. Ils y sculptent la majorité des reliefs Chinois. Ils décorent ses murs en y excavant des abris destinés à contenir des vases somptueux, des pierres précieuses, et des objets rares. A certains endroits, ils gravent au mercure une carte du pays et de ses principaux fleuves : le Huang He, le Yangzi, et le Vaste Océan. Au plafond, ils peignent la plupart des Constellations Célestes. Ils protègent le lieu en y dissimulant des armes lançant automatiquement des flèches vers celui qui oserait profaner l’Hypogée. Dans une pièce annexe, ils érigent un Tumulus de forme Pyramidale haut de 43 mètres. Sur ses murs, ils rédigent un Texte expliquant que ce dernier représente le Pivot de l’Univers, celui autour duquel tournent les Anneaux Cosmiques. Et, enfin, ils l’environnent de figures désignant les quatre Points Cardinaux.

Puis, en 223 avant notre Ere, le successeur de Zheng, Huan, repart à l’assaut des Contrées qui entourent son Pays. Utilisant désormais de nouvelles armes – conçues par les Artisans du Yummeng -, il écrase définitivement l’un des derniers Royaumes Combattants qui lui résistait encore : celui de Chu. En 222 avant J.C., il renverse le Royaume de Yan. Et, en 221 avant notre Ere, il anéantit son ultime Rival : le Royaume de Qi.

Dès lors, Huan se proclame Empereur, et prononce un discours au cours duquel il prétend unifier la chine pour dix milles Générations. Il se donne le titre de « Qin Shi Huangdi ». Il reconnaît Xianyang Métropole Impériale. Quelques semaines plus tard, il y inaugure de nombreux chantiers d’édifices censés représenter tous les types d’Architecture existant. Il fait construire des Hôtels Particuliers s’élevant sur trois niveaux, et composés de dizaines de pièces - des salles de bains, des entrepôts, etc. – reliées entre elles par un réseau de corridors et d’allées surélevées. Il les fait encadrer de colonnes sculptées – rondes ou carrées -, reposer sur des bases de pierre, ou renforcer au plafond. Il fait décorer leurs murs de motifs géométriques ou animaliers – des Dragons, des Phénix, etc. Il fait habiller certaines de leurs parois, de scènes de batailles. Il fait recouvrir leurs toits de tuiles de terre cuite, puis, fait agrémenter ceux-ci de sujets végétaux. Et, enfin, il les fait remplir des plus jolies femmes, et d’instruments de musique.

Une fois les travaux terminés, il ordonne à son Aristocratie d’habiter ces nouvelles demeures nobiliaires. Il déporte à Xianyang 12 000 Seigneurs issus des différentes Provinces Impériales. Afin, éventuellement, de réprimer toute velléité d’indépendance de leur part, il les y fait surveiller de près. Il les oblige également à s’intégrer à une Population devenue cosmopolite et culturellement riche.   

Cette Chine unifiée, que Qin Shin Huangdi crée, doit cependant toute son organisation politique et sociale à celle que ses pairs ont progressivement mis en place dans l’Etat de Qin durant les deux siècles précédents. Les réformes radicales préconisées par les légistes dotent donc l’Etat de Qin d’une nouvelle organisation, stricte et redoutable. Mais le royaume dispose également d’un atout naturel qu’il tire de sa situation géographique. Le territoire est difficile à défendre, car les passes de la rivière Wei permettent une surveillance efficace. La configuration même de la vallée offre des solutions relativement simples aux problèmes de la maîtrise des eaux. Dès le milieu du IIIème siècle avant J.C., un canal et un réseau d’irrigation ont sensiblement crû la productivité des sols. Ces progrès sont allés de pair avec une augmentation de la population, qui a renforcé la puissance militaire. Et, enfin,, les contacts permanents avec les barbares nomades ont conduit le pays de Qin à conserver très vivantes ses traditions martiales, et notamment à développer l’usage du cheval.

Par ailleurs, désormais, Qin Shin Huangdi s’entoure du plus grand mystère, et ses déplacements dans l’enceinte de ses palais doivent toujours être ignorés : en effet, quiconque en dévoile le déroulement encourt la peine de mort. Cette stratégie du secret ne l’empêche cependant pas de garder un contact permanent avec le monde des affaires de l’Empire. Sa puissance de travail, en même temps que sa capacité à choisir de bons collaborateurs, est exceptionnelle. En outre, la construction, à Xianyang, des répliques de tous les palais des seigneurs féodaux qu’il a vaincus trahit la mégalomanie de l’Empereur. L’édifice principal, Ebang, est immense : sa salle d’audience peut contenir 10 000 personnes et le chemin de ronde est une route cavalière. L’ensemble de l’ouvrage est si important qu’il ne sera pas achevé de son vivant.

La vie de la cour est dominée par la poursuite de l’Immortalité. De nombreux Mages sont chargés de la recherche du Mythique Livre « Zhi », censé la conférer. En 219 avant J.C., une véritable expédition, considérée comme la première véritable tentative de colonisation du Japon, part de Shandong vers les îles de l’Est. Plusieurs centaines de jeunes gens et de jeunes filles, conduits par le Mage Xu Fu, s’en vont ainsi à la recherche des Immortels.

A l’intérieur comme à l’extérieur du pays, la politique de l’Empereur Qin Shi Huangdi marque pour longtemps l’identité chinoise. A partir de la capitale, établie à Xianyang, dans le Shanxi, l’Empereur sur les conseils de Li Si, applique à tous les royaumes conquis les principes d’organisation qui font la puissance du royaume de Qin. L’Empire est partagé en 36 commanderies, elles mêmes divisées en préfectures. Les murailles des villes et les fortifications locales sont systématiquement rasées afin d’éviter toute résistance éventuelle, et les armes sont réquisitionnées et fondues. Une taille unique d’essieu, imposée pour les chars et les charrettes, rend plus facile et plus économique la circulation des marchandises et des troupes dans toutes les régions du pays, en évitant les ruptures de charge à chaque ancienne frontière.

Tout en prenant des mesures pour surveiller étroitement l’activité et les déplacements des marchands, l’Empereur fait adopter une seule monnaie et une seule unité de mesure. L’unité de l’Empire entre ainsi dans la vie quotidienne. Le souci de centralisation se traduit aussi dans le dessin du réseau routier, qui part en étoile de la capitale, et qui est constitué de trois voies : l’une, centrale, pour le passage de l’Empereur, et deux latérales. Les réseaux de canaux sont également reliés entre eux. Quant aux fonctionnaires et aux familles trop puissantes, elles sont déplacées  et  rassemblées autour de la capitale ; le nombre de familles déportées s’élève à 120 000 . A la cour, la noblesse héréditaire est remplacée par des parvenus ayant gagné leurs galons aux armées. Les paysans sont successivement soumis à la corvée pour l’accomplissement des grands travaux ou à la conscription et ne bénéficient plus de la relative protection que leur a assuré la présence effective de la noblesse locale. Ils ne sont pas non plus épargnés par les besoins en peuplement des nouveaux territoires, et y sont, eux aussi, massivement déportés.

L’Empereur est également le créateur de la grande Muraille. En fait, il se contente pour la partie centrale, de rassembler les morceaux déjà érigés par les anciens rois de Zhao, de Yan et même de Qin contre les nomades des steppes. Mais il prolonge la muraille vers l’Est, jusqu'à la mer, et vers l’Ouest, jusqu’au Gansu. Une population nombreuse est déplacée à l’occasion de cette construction, dont la réalisation est confiée au terrible général Meng Tian. Pourtant, aussi imposante soit elle, la grande Muraille n’a jamais réellement empêché les incursions ou les razzias sans lendemain des Xiongnu – nomades vivant au Nord et à l’Ouest de la chine – qui commencent à se fédérer sous la bannière de Mao Dun.

Vers le Sud, les armées de l’Empereur atteignent Canton. Dans ces contrées, l’implantation Qin reste néanmoins fragile : au premier signe de faiblesse du pouvoir, ces régions échappent à tout contrôle, les seigneurs supportant mal la contrainte des lois.

Naturellement, des critiques, attisées par les confucéens, s’élèvent contre cet ordre nouveau imposé par un prince qui n’est même pas originaire du « Pays du Milieu ». Li Si suggère donc à son Empereur de faire disparaître tous les écrits séditieux qui feraient l’éloge de l’ordre ancien. C’est ainsi que, en 213 avant J.C., Qin Shi Huangdi, décide de faire détruire l’ensemble des ouvrages non scientifiques. De nombreux livres sont mis à l’index, en particulier ceux d’inspiration confucéenne. Des lettrés sont mis à mort avec ostentation pour avoir conservé des livres et continué à enseigner d’après les textes interdits. Malgré la puissance de la police et du système de dénonciation mis en place, de nombreux écrits échappent à cet autodafé.

A la mort de l’Empereur, au bout de dix ans de règne, le prince héritier Er Shi Huangdi, opposé à la politique menée par son père, monte sur le trône. Il ordonne aussitôt la persécution des Lettrés Confucéens. En 213 avant notre Ere, il décrète que soient brûlés tous leurs Livres. Il oblige les Adeptes du Confucianisme à nier la morale développé par leur Maitre : c'est-à-dire, le respect des Conventions et de la hiérarchie Sociale, la primauté de l’Homme de Qualité, le caractère Sacré de l’Ordre Etabli, et les Dogmes liés au bon fonctionnement de l’Etat et de la paix Universelle. Et, au bout de quatre ans, en 206 avant J.C., la noblesse se révolte contre lui.

En effet, désormais, le pouvoir central, affaibli, ne peut plus résister aux révoltes suscitées par les paysans accablés de travaux et d’impôts. Menés pat Zhen Sheng, appuyés par une noblesse déchue ou déracinée et encouragés par des lettrés aigris et pourchassés. Xianyang est en partie rasée et incendiée. Malgré tout, celui-ci prend bien soin de mettre à l’abri les Archives Impériales. Peu de temps après, la cité est ravagée une seconde fois par les Fidèles d’un Aristocrate – Xian Yu. Cette fois, ceux-ci détruisent entièrement les Palais d’Er Shi Huangdi. Dans la foulée, les Conseillers de l’Empereur Li Shi et Zhao Gao renversent, puis, poussent ce dernier au suicide. Ils placent son fils cadet au Pouvoir, qui prend dès lors le nom de « Er Shi Huangdi ». Mais, incapable de maîtriser les intrigues de Palais, il ne peut empêcher Li Si d’ètre à son tour victime d’un complot, et de mourir écartelé.

Hélas, Er Shi Huangdi est à son tour assassiné. Quelques temps plus tard, après maints combats fratricides, un Soldat appelé Liu Bang défait tous ses adversaires. Il soumet l’Aristocratie, et fonde la dynastie des Han Occidentaux. Il prend le titre de « Han Gaozu » - ou, « Premier de la dynastie des Han ». Il réhabilite le Confucianisme, tout en acceptant de conserver l’Administration Centralisée mise en place par les Qin. Sa renommé devient telle qu’aux cotés de « Zhongguo » - ou, « Pays du Milieu » -, et de « Zhanghua » - ou, « Fleur du Milieu » -, son titre – qui, en Sanskrit, veut dire « Cinastana » - engendre bientôt le Mot « Chine ». Et, de fait, peu à peu, ses sujets commencent à considérer leur immense Pays comme le « Centre du Monde ». 

A partir de 202 avant J.C., les confucéens, pour honorer la mémoire du maître, créent « l’Ecole des Lettrés », dont les représentants vont désormais occuper une place prépondérante dans la société chinoise traditionnelle.

06 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 405 - 410

chineAprès la mort de leur Maitre, les nouveaux bouddhistes se concertent afin trouver le meilleur moyen de continuer à prêcher la bonne parole. Dès lors, ils se mettent à rédiger un certain nombre de Textes. Ils y expliquent que l’Incarnation vécue par Siddhârta n’est qu’une des existences vécues par le Bouddha. Ils rappellent que, selon la cosmologie bouddhique, l’Univers est sans limites. Il renferme d’innombrables mondes qui se détruisent et se succèdent sans cesse. Dans ces derniers vivent, meurent et renaissent inlassablement les Dieux et les Etres vivants. Le Bouddha a ainsi connu plusieurs vies antérieures, dans des mondes différents, avant de choisir de renaître dans le village de Lumbini.

Ils évoquent également la prédication de la roue de la loi contenant le noyau de la foi bouddhique. Le Bouddha y enseigne les quatre Vérités Nobles : le monde est plein de souffrances, la souffrance vient des désirs de l’homme, la renonciation au désir ouvre le chemin du salut et celui-ci est possible si l’on suit la voie des huit Principes. Les huit nobles Principes sont les suivants : la compréhension juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, le moyen d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste, la concentration juste. En les appliquant, on entre dans la vie moyenne, celle de la vie équilibrée. Ce que le Bouddha veut montrer, c’est que ni la vie aisée de prince ni les privations de l’ascète ne servent dans la quête Spirituelle de l’Homme. Chacun, avec ses moyens, peut atteindre la vérité. La sagesse consiste en la connaissance de l’impermanence des choses.

De fait, par l’intermédiaire de ces Ouvrages, les moines s’astreignent à une discipline stricte, garantie du Nirvana. Et, aux simples laïques, ils proposent une morale fondée sur le bon sens se définissant comme une « médecine de l’âme ».

Quant à l’Hindouisme de cette époque, les prêtres, ou Brahmanes, ont le quasi-monopole des textes et des formules sacrées, et les rites ne sont accessibles qu’à de rares privilégiés. Le Bouddhisme, comme le Jaïnisme, apparaissent en réaction à ces pratiques, et s’adressent aux laissés pour compte du Brahmanisme : les riches marchands socialement infériorisés, les agriculteurs et serviteurs méprisés, les femmes, etc. Le Bouddha rejette la caste. Pour lui, le « karman » - l’action – d’après lequel la destinée d’un être vivant est conditionnée par ses actions passées, ses vies antérieures, n’est pas là pour justifier la place de chacun dans la société. Sa vocation est d’ouvrir aux êtres humains la voie du Salut, lesquels le trouveront dans la réalisation du Nirvana parfait, l’extinction totale des désirs. L’homme se libère alors de toute limite et de toute illusion sur lui même et se fond dans un univers sans Dieu. Le Bouddhisme enseigne que cet Univers a été un lieu de bonheur lors de son Age d’Or, avant que la capitulation de l’Homme devant le désir n’en fasse un lieu de souffrance.

En 545 avant notre Ere, dans le Nord de l’Inde, les royaumes de Kaçi, du Kosala et du Mâghada disputent aux Vrijji le contrôle de la vallée du Gange. Le Mâghada l’emporte en 538 avant J.C., grâce à l’habilité et l’ambition de Bimbisâra, son souverain depuis peu. Ce denier instaure une administration hiérarchisée dont le but est d’assurer l’ordre dans les provinces, ainsi que la collecte des impôts. L’économie du pays est alors essentiellement agricole. Mais, Ajâtaçatru, son fils ambitieux, le détrône et le fait jeter en prison vers 490 avant J.C. Il poursuit néanmoins sa politique ; il soumet définitivement le Vrijji, fortifie la capitale, Râjagriha, et installe un fort à Pâtaligrama qui devient la ville célèbre de Pâtaliputra.

Désormais, le roi possède un caractère sacré et il gouverne en s’appuyant sur les prêtres Hindous et les castes privilégiées de la population. En effet, les castes sont considérées comme des unités sociales que le monarque ne doit pas négliger ; elles sont cernées par un certain nombre de traits principaux : l’interdiction du mariage en dehors de la caste ou d’exercer des professions particulières ; la détermination par la naissance ; l’impossibilité de passer d’une caste à l’autre. Il existe entre les castes une distinction hiérarchique, le pivot de l’ensemble étant la supériorité des brahmanes.

Traditionnellement, existent quatre castes principales. Les « Brahmanes », d’essence divine, ont le privilège d’étudier et d’enseigner les Veda, et de sacrifier. La mission première des « Kshatriya » est de porter les armes. Les « Vaishya » produisent les richesses qui font vivre les deux classes précédentes, par le commerce et l’agriculture, et ont accès au sacrifice et à l’étude des Veda. La caste inférieure, celle des « Sûdra », la plus nombreuse, n’a qu’un seul devoir : servir les trois castes supérieures en s’abstenant de les souiller. 

Tout cela est possible car, à la fin du Vème siècle avant J.C., la grammaire de la langue sanskrite est systématiquement élaborée par Pânini – un Brahmane - qui formule pour les castes supérieures 4000 règles grammaticales dans un manuel dont la lecture est rendue difficile par l’emploi d’une écriture sténographique. Les faits du langage y sont mis en ordre et analysés. 

Pourtant, ailleurs, près de l’Himalaya et au Nord-Ouest de l’Inde, des tribus se constituent en Républiques. Le pouvoir y est exercé par l’intermédiaire d’assemblées représentatives. Plus égalitaires et moins farouchement opposées à l’individualisme et aux divergences d’opinion, ces Républiques sont le berceau des fondateurs des deux Sectes hétérodoxes les plus importantes en l’Inde : Bouddha et Mahâvîra.

Asie du Sud-Est, VIème - Vème siècles avant J.C. :

Vers 490 avant notre Ere, la thaïlande voit apparaître de nombreuses Cultures Régionales inédites sur son sol. Dès lors, celles-ci se caractérisent par des réseaux Communautaires très complexes et fortement hiérarchisés. Elles érigent des établissements urbains évoquant ceux de la cité de Co Loa. Elles se mettent à entretenir des contacts réguliers avec les Royaumes Combattants Chinois. Elles commencent à entrer en relation avec les Souverains régnant dans la vallée du Fleuve Rouge. Et, peu à peu, elles réussissent à Evoluer vers les nouvelles formes de Société que sont les Entités Politiques Pré étatiques administrées par des Elites. 

Puis, elles décident bientôt d’élever des Sépultures en briques aux quatre coins de leurs Territoires. Elles décorent alors leurs murs avec des statuettes en Bronze représentant, par exemple, des Musiciens ou des Chanteurs. Elles leur adjoignent parfois de plaques circulaires incrustées de pierres semi-précieuses. Au sol, elles taillent des Tables d’Offrandes Sacramentales dont les pourtours sont garnis de Sceaux. Elles ornent leurs plafonds de sculptures montrant des hommes en train de célébrer leurs Dieux. A leurs cotés, elles figurent quelques scènes Symbolisant des processions. Elles dépeignent des foules habillées de plumes, accompagnées de canoës dont les proues zoomorphes conduisent des centaines de Guerriers et de Prêtres. Elles affichent des embarcations glissant sur une rivière, et prenant la direction d’un rivage où est bâtie une Chapelle. Elles signalent encore l’existence d’Edifices gardés par des Archers qui tiennent des Tambours dans leurs mains. Et, enfin, au dessous de tous ces Tableaux, elles rédigent des Textes expliquant que les Rituels qui y sont décrit ont une Signification Sociale très importante pour elles.

Asie Mineure, VIème – IVème siècle avant J.C. :

A la fin du VIème siècle avant J.C., l’Empire Mède est immense. Il rassemble sous une même autorité des peuples divers sur le plan ethnographique, culturel, politique, social et religieux. Son génie est d’accepter la prépondérance des vieilles Civilisations dans certains domaines, notamment politique et économique, et de s’être formé à leur école. Une fois soumis à l’autorité Perse, les peuples bénéficient d’une grande considération : mansuétude à l’égard des princes, respect des religions. Par un comportement magnanime, Cyrus et son fils font en sorte que jamais la domination perse ne soit ressentie comme une intrusion étrangère ; elle devient légitime.

L’administration centrale se trouve à Suse, dans la chancellerie royale où sont prises toutes les décisions. Les ordres sont transmis aux provinces par un important réseau de routes étroitement surveillées. Le royaume est divisé en « satrapies », c’est à dire en districts administratifs et fiscaux, que dirige en « satrape », sorte de gouverneur régional. Au début de l’Empire, les satrapes, issus de la haute noblesse, exercent l’ensemble des pouvoirs sur leur région, ils sont donc un contre-pouvoir potentiel.

C’est pour cette raison qu’en 522 avant J.C., après neuf mois du gouvernement d’un usurpateur, Darios, issu d’une branche cadette des Achéménides, s’empare du trône. Darios devient le « Roi des rois », le roi des nations soumises et rétablit l’ordre dans l’Administration centrale et dans les provinces. Il retire aux satrapes leur autorité militaire. Le commandement des troupes est maintenant sous la responsabilité de fonctionnaires relevant directement du roi. Les révoltes, en Babylonie, sont réprimées par une série d’actions punitives ; la perse, la médie, l’Egypte, l’Elam et des tribus d’Asie centrale se soulèvent. Ces soulèvements marquent le début de luttes violentes. Ainsi, Frawartish, qui prétend descendre de l’ancien roi mède et désire rétablir le royaume de Médie, attire t’il sur lui les foudres du Roi des rois, qui vient en personne réprimer la révolte.

Les répressions de Darios sont terribles, mais, en un an, il restaure l’Empire de ses pères, la dernière rébellion ayant lieu à Babylone, en novembre 521 avant J.C. Il entreprend alors une restructuration de l’administration provinciale en confiant à des Perses les poses clés, qui étaient auparavant détenus par les populations locales. Puis, entre 519 et 512 avant notre Ere, il se lance vers de nouvelles conquêtes. La thrace, la macédoine et le Nord-Ouest de l’Inde passent sous son contrôle, et, à la fin du VIème siècle avant J.C., l’Empire Achéménide s’étend de l’Indus à la mer Egée, et de l’Arménie, au Nord, à la première cataracte du Nil, au Sud.

A partir de 490 avant J.C., le culte d’Astarté prend une importance considérable chez les Phéniciens ; et celui-ci est assimilé à des Rites honorant la déesse Aphrodite par les Grecs qui les côtoient.

La puissance de la perse ne survit pas longtemps à Darios. L’année 487 avant J.C. voit renaître l’agitation, notamment à l’Ouest, où les cités d’Asie Mineure se révoltent, tandis que les Grecs envahissent l’Anatolie, ce qui entraîne le conflit connu sous le nom de « guerres médiques », ponctué de défaites majeures sur terre comme sur mer, et marque le début du véritable déclin perse. D’autres rebellions viennent aggraver la situation. Par exemple, le puissant centre militaire et culturel qu’est la cité de Moyte, est détruit par les habitants de Syracuse. Les Satrapes se rebellent contre Sidon ; ils l’incendient, et détruisent le Temple d’Eshmoun, bien que quelques années plus tard, le Sanctuaire soit rebâti et que les pèlerins y reviennent facilement.

L’année suivante pourtant, la tribu des Odryses – installée à l’Est du Rodolphe – parvient à échapper au joug des Perses. Ainsi, elle décide de fonder son propre royaume. Sous la conduite de son nouveau souverain – Teres -, puis de son fils – Sitalès -, elle étend progressivement son emprise de la mer Noire à la vallée de Sturma. Elle noue des relations diplomatiques avec Athènes, passe des accords avec la macédoine grâce à un mariage dynastique. Et finalement, elle oblige certaines colonies Grecques établies aux frontières de son Empire, à lui payer tribut.

De leur coté, plusieurs groupes de Doriens habitant Héraclée, pénètrent en Asie Mineure. Ils s’aventurent aux abords de la mer Noire. Ils y érigent une cité qu’ils nomment Tyria. D’autres les suivent bientôt, et créent non loin les métropoles autonomes de Théodosia et de Panticapée. Puis, ils réunissent les villes situées sur la frange du détroit de Kerch, et leur font signer un traité leur permettant de les transformer en Etat Fédéral. Tandis que celui-ci crée ensuite très vite des courants d’échanges très intenses, et continus, avec les territoires Scythes non rattachés à l’Empire Perse.

Vers 480 avant notre Ere, le successeur de Darius Ier – Xerxès – envahit les dernières contrées Thraces d’Asie Mineure restées indépendantes. Il soumet toutes les tribus qui y habitent jusqu’au Rodolphe. Il les transforme en Provinces. Il y crée une aristocratie imitant le mode de vie Perse. Il y met également en place un réseau commercial permettant à son Empire d’entrer en contact avec les villes Grecques de la mer Noire. Et, il fait en sorte d’y intensifier les échanges d’objets précieux entre celles-ci et la thrace.

D’un autre coté, Xerxès apprend bientôt que l’une d’elles – Panthacapée – a été élue à la tète d’une Fédération Hellénistique. Puis, peu après, il est informé que Théodosia – où se trouve le Temple de l’Ile Blanche -, a décidé de se rallier à elle ; tandis que plusieurs clans indigènes installés sur la presqu’île de Tamar, se demandent si ils ne vont pas en faire de même.    

En 450 avant notre Ere, le royaume des Odryses représente l’une des plus grandes forces politiques d’Asie Mineure. Or, progressivement, sa puissance est fragilisée par la lourdeur de ses structures. En effet, dans certaines de ses régions, ses gouverneurs ne perçoivent que des impôts, ne recrutent que des soldats, et ne se préoccupent pas d’administrer les populations placées sous leur juridiction. Et, de fait, au moindre symptôme de crise, celles-ci profitent de leur liberté relative pour se détacher de la tutelle Odryse.

C’est ainsi que l’Empire Odryse se divise un jour en deux entités autonomes ; et que l’Empire finit par décliner de plus en plus rapidement. 

Vers 390 avant notre J.C, le royaume de Bosphore élargit ses conquêtes : il fait entrer les tribus de la région de Kouban dans son Aire d’influence. De leur coté – et non loin de là -, un certain nombre de populations Scythes acceptent la souveraineté d’Atéas. Celui-ci étend alors leurs territoires du Don au Danube. Il leur offre la possibilité de pénétrer en Transylvanie, de s’en emparer, et de s’y établir. Mais, au bout de quelques mois d’occupation, Atéas et ses troupes sont finalement repoussées vers la crimée.

Or, au même moment, plusieurs Clans Sarmates s’infiltrent, eux aussi, en Crimée. Mais, leur arrivée n’engendre aucun bouleversement politique ; car ce sont les Scythes qui en restent les Maîtres.  Ils y créent alors des villages. Lorsqu’ils y rencontrent des autochtones, ils leur disent qu’ils sont issus d’un peuple nomade et guerrier d’origine Asiatique. Ils leur révèlent également que leur hiérarchie est constituée d’un corps matriarcal très influent. Et, finalement, ils leur expliquent qu’ils érigent parfois d’imposantes Nécropoles.

A partir de 380 avant J.C., en Asie Mineure, en Médie, en Egypte et en Babylonie, l’Etat perse réclame bientôt des contributions financières de plus en plus lourdes pour soutenir l’effort de guerre qu’il fournit contre les rebelles. Ruinées par la pression fiscale qui leu est imposée, les populations non-iraniennes se détachent d’autant plus facilement du pouvoir central que partout, dans l’administration, l’élément iranien exerce les fonctions les plus avantageuses. Mais ces révoltes et les guerres incessantes ont pour effet de renforcer la monarchie dans son absolutisme. La conduite magnanime de Cyrus, le souci de justice et de prospérité de Darios disparaissent pour laisser place à une politique de répressions impitoyables, qui, à l’inverse de l’effet escompté, excite à nouveau les sentiments nationalistes. Dès le règne d’Atarxerxès II, la monarchie perse rejoint les rangs des despotismes répressifs qu’ont connus ces régions par le passé. Et, malgré diverses tentatives, l’Empire se désintègre, les provinces échappent à un pouvoir central, lui même secoué par les intrigues d’une noblesse aux abois.

En effet, en 338 avant J.C., la dynastie Scythe placée sur le trône de Thrace – et dont le dernier descendant se nomme Atéas – est déchue de son titre. Puis, Atéas périt dans une bataille qui l’oppose au Souverain de Macédoine Philippe II. Peu de temps après, sa défaite hâte la désagrégation de son royaume. Cette dernière est bientôt accélérée par l’arrivée de nouvelles tribus Sarmates dans la région. Lesquelles en profitent alors pour se répandre jusqu'à la rive droite du Don ; et pour repousser les Scythes sur une étroite bande de terre située entre le bas du Dniepr et le Buy.

C’est dans ce contexte, en 334 avant J.C., que l’armée Macédonienne d’Alexandre part en campagne contre la perse. Et, par un étonnant retour de l’Histoire, comme jadis Cyrus a été accueilli en libérateur face aux despotes, Alexandre ne trouve pas des populations fondamentalement hostiles à sa venue. En 331 avant notre Ere, l’Empire Perse succombe, Suse et Persépolis, reflets d’une brillante monarchie, sont saccagées.

Dès lors, Alexandre le Grand rattache l’île Phénicienne de Sidon au Continent. Grâce à un tombole artificiel, il la transforme en péninsule. Il récupère par la même occasion un certain nombre de cartes d’origine inconnue – qui ont autrefois été léguées aux Crétois, puis aux Phéniciens – pour sa Grande Bibliothèque d’Alexandrie. Puis, enfin, il demande à ses géographes de les étudier minutieusement, avant d’en réaliser des copies.

En 312 avant J.C., Ptolémée fait assassiner le roi de Kytion dans le Temple d’Astarté situé au cœur de la cité. 

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