14 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 570 - 575
Grèce, Ier siècle après J.C. :
En 30, les Grecs croient toujours que la thessalie est la contrée d’où est originaire la magie Noire et la sorcellerie Grecques. En outre, ils sont persuadés que c’est dans ce pays que sont nés un certain nombre de cultes à Mystères qui mêlent des noms de divinités étrangères, des mots tirés des langues Assyrienne, Perse, Phrygienne, et Egyptienne ; que c’est de là que ceux-ci se sont ensuite répandu à l’intérieur de toutes les provinces Hellènes. Et, enfin, ils supposent que, la plupart du temps, ces cultes à Mystères honorent des divinités Chtoniennes ou Infernales, tout en rattachant leurs dogmes à des Mythes liés à celui d’Orphée.
De fait, à cette date, les Grecs sont convaincus que les Mystères d’Eleusis sont consacrés au culte de Dionysos. Ils considèrent en effet le dieu autour duquel ils tournent, comme un Génie de la végétation, un Mage capable de se métamorphoser en animal, ou comme une divinité issue du Monde des Morts. Ils le voient en tant que réminiscence des Esprits qui ont jadis hanté le Temple du Dieu Suprême. Ils savent que le Grand Prêtre Initié à ses Secrets porte le titre de « Hiérophante » : « car, il est celui qui détient les Choses Sacrées qui sont cachées sur les rives du Styx ». Ils sont informés du fait que le visage de celui-ci est revêtu d’un masque, qui lui est autant nécessaire pour pénétrer à l’intérieur du Royaume des Morts, que pour avoir la force de pourchasser les Démons et les hommes qui sont sous leur emprise. Ils ont appris qu’il porte une robe ornée d’or et d’argent qui rappelle à tous que c’est lui qui, pendant trois jours, exécute les processions, et dévoile les Objets ; il s’agit de Pierres Etranges nanties d’une vie Divine, dotées d’une âme, et munies de Pouvoirs Divinatoires. Ils ont découvert qu’il accomplit ses Rites de Purification dans cette tenue, au bord de la mer, en y sacrifiant des porcelets. C’est là qu’ensuite, il instruit ses Adeptes au cours de trois Cérémonies, qu’au cours de la première, il les transforme en Initiés, que lors de la seconde, il leur montre les « Petits Mystères », et que pendant la troisième, il leur ouvre les voies des « Grands Mystères ». Puis, il les oblige à avaler un breuvage appelé « Kykeon » ; avant de leur donner l’autorisation de se choisir un nouveau patronyme.
Ils ont encore été renseignés sur le fait qu’une fois l’Initiation terminée, l’Hiérophante contraint ses nouveaux les nouveaux Adeptes des Mystères d’ Eleusis, à ne fréquenter que des individus qui sont rattachés à celui-ci. Il leur fait également parfois célébrer les Rites la nuit, dans des cryptes. D’autres fois, il les rassemble dans des lieux où il dessine une figure énigmatique sur le sol : au-dessus du personnage qu’il croque, il désigne un croissant de Lune surmonté d’une Croix. Et autour, il trace sept Etoiles dispersées en demi-cercle, ainsi qu’une inscription parlant d’Orphée.
L’une des Légendes qui est consacrée au culte Secret de Dionysos explique qu’il a fondé ses Mystères après avoir obtenu de Zeus, que sa file Coré – qui lui avait été enlevée par le dieu des Enfers – lui soit rendue pendant les deux tiers de l’année.
C’est d’ailleurs pour évoquer ce Mythe que le peintre Dluygnote réalise une grande fresque à Leshé. A l’intérieur de son Temple – où 3000 personnes peuvent prendre place -, il représente en effet des non Initiés aux Mystères d’Eleusis parmi les Damnés de l’Enfer. A coté d’eux, il fait apparaître le signe qui désigne la route que l’âme doit suivre après la mort de son Corps. Puis, il montre Héraclès qui avance sur le chemin Infernal, qui traverse le Styx en compagnie de Charon, qui franchit le bourbier où se vautrent les criminels, et qui parvient enfin devant le bosquet autour duquel dansent les détenteurs de la connaissance. Et enfin, au-dessous, Dluygnote marque : « Ces Initiés, ils te diront absolument tout ce dont tu as besoin, car ils habitent juste au bord de la route, tout près de la porte de Platon. » Et plus loin : « Quiconque arrive chez Hadès sans avoir reçu l’Initiation complète préalable, sera plongé dans le bourbier ; tandis que, celui qui aura été purifié, puis, Initié, vivra avec les dieux. ».
En 30 également, le culte d’Hécate – la déesse Maudite du Monde Souterrain – se développe particulièrement en Carie ; une terre qui est depuis toujours réputée pour ses Magiciennes. Mais, c’est aussi à partir de cette date qu’il se développe un peu partout dans la péninsule Hellénique. Les Adeptes d’Hécate considèrent alors leur divinité comme la patronne des Sorcières. Ils l’assimilent à la protectrice des cultes Secrets ; ils la voient ayant l’apparence d’une femme à trois tètes accompagnée par une meute de Cerbères féroces. Ils l’invoquent parfois pour ne pas succomber à la folie, aux terreurs nocturnes, aux tentations des Fantômes, des Spectres, et des Démons. Ils l’appellent d’autres fois dans des lieux déserts, au milieu de reptiles et d’animaux immondes. Pour composer des philtres dégoûtants en son honneur, ils se servent, plus rarement, d’entrailles de morts. Ils la prient souvent pour exécuter des Exorcismes, des Formules bizarres, pour rappeler les défunts à la vie, ou, pour précipiter les Vivants au tombeau. Et, grâce à elle, ils sont persuadés d’influencer la nature afin d’amortir leurs sens, de commander aux hommes, d’attirer les Génies Malfaisants sur Terre ; d’être capables de se métamorphoser en pierres, en chiens, en oiseaux, en mouches, en jeunes filles, ou en vieilles en haillons. Ou encore, de pouvoir contrarier la course des Etoiles, de priver la lune de sa Lumière, de la lui rendre à volonté, d’assombrir le Ciel, d’exciter ou de calmer les Tempêtes, de mettre le feu à la glace, ou de faire brûler l’eau.
A coté de lui, se répandent enfin, le culte de la déesse Mère Isis, celui d’Astarté, celui d’Aphrodite, celui d’Ishtar, ou celui de Cybèle. Et d’ailleurs, c’est ce dernier qui est symbolisée par une Pierre Noire – elle aussi censée être tombée du Ciel -, au cœur du Temple de Pessinus.
Empire Romain, Ier siècle après J.C. :
En 2 après J.C., Lucius Caesar – qui est l’un des deux petits fils d’Auguste – meurt. Dès lors, le fils de son autre épouse, Tibère, figure parmi ses successeurs possibles ; de même que Caius, son second petit fils.
La même année, pour asseoir son pouvoir sur une mystique durable, Auguste promet en plus le bonheur. Son ministre Mécène sait découvrir les talents qui orchestrent les thèmes de renouveau. Grâce à lui, Virgile annonce en des vers inspirés que l’histoire douloureuse des siècles passés a été une épreuve nécessaire, destinée à préparer le siècle d’Auguste. Ce siècle est inauguré solennellement, et Horace compose pour un chœur de jeunes garçons et de jeunes filles le « Chant Séculaire », point culminant des cérémonies étranges qui conjurent les influences maléfiques et suscitent les bontés d’Apollon.
Au siècle nouveau convient une ville nouvelle. Rome, déchirée par un siècle de guerres civiles, abîmée dans son âme et dans sa chair, mais restant malgré tout prestigieuse, devient la plus belle ville du Monde. L’urbanisme, comme toujours sous des dirigeants fondateurs, est un manifeste politique. Assisté par Agrippa, son fidèle lieutenant et son gendre, Auguste restaure les monuments endommagés – 82 temples, et dont le centre est un temple dédié à Mars ; enfin, il aménage le champ de Mars. Il justifie son action en prétendant laisser en marbre une ville qu’il a trouvée en brique.
A l’image de la ville, le nouveau siècle est présenté comme une restauration des anciennes valeurs républicaines. Auguste mêle adroitement les innovations et la défense des comportements traditionalistes, tentant de redonner vie à une société meurtrie par des guerres fratricides.
En 2 également, les travaux agricoles sont abandonnés. La charrue n’a plus les honneurs qu’elle mérite ; les champs sont laissés en friche parce que les cultivateurs ont été emmenés, et les faux recourbées sont fondues pour devenir des épées raides. Le pays est couvert d’oliviers et de gras bétail.
La civilisation Romaine privilégie la ville avant tout. Sa société est économique car la petite paysannerie est en péril. En effet, Rome dédaignant les terres qui l’entourent, importe presque tout d’Egypte, de Gaule, de Grèce et d’Afrique du Nord. Là bas, de grands domaines agricoles exploitent l’olivier, la vigne et le blé, auxquels s’ajoutent des troupeaux de moutons, de chèvres, et parfois de chevaux. La terre est la propriété de familles fortunées, le travail agricole étant fait par des esclaves spécialisés : vignerons, laboureurs, bergers, tous placés sous l’autorité d’un intendant, le « procurator ». Les produits abondants sont vendus à des prix que ne peut pas concurrencer la petite paysannerie romaine, d’où sa lente disparition.
Par ailleurs, les Romains aiment se draper de riches étoffes de soie. Ils pensent que celle-ci provient du « pays des Sères », situé au bout du Monde, quelque part à la limite orientale des territoires jadis conquis par Alexandre le Grand, un pays où personne n’est jamais allé.
En 2 après J.C. encore, la palestine Romaine est une province où se côtoient, entre autres, Panthéisme Grec et Monothéisme Judaïque. De fait, l’Alchimie et l’Hermétisme fomentent au milieu d’un extraordinaire mélange d’idées nouvelles. L’ancienne Tradition Gnostique trouve une place particulière au milieu des deux Sciences. Elle s’ouvre à tous ceux qui croient à l’existence d’un Dieu Cosmique ou Céleste. Et elle s’accapare la notion de Cosmologie Universelle qui englobe une série de Mondes et de Plans Inférieurs ou Supérieurs.
Toujours en 2 après J.C., dans le Sud de la gaule Romaine, les peuples Basques vénèrent une divinité appelée Basa Jaun. Ils la considèrent comme une déité Civilisatrice et favorable aux humains. Ils la voient également parfois comme un Etre Malfaisant, capable de capturer les voyageurs égarés, pour les déguster avec appétit. A coté d’elle, ils adorent un Dragon nommé Leheren, et dont le patronyme signifie « ruine », « crevasse », ou, « explosion ». Ils estiment que c’est lui qui est à l’origine du Cataclysme qui a autrefois englouti les terres de l’Ouest. Et, enfin, ils admirent Akher. Et ils honorent ce dernier au cours de fêtes champêtres ; les « Sabato » en l’associant à des Rites Lunaires.
Les Basques évoquent donc parfois cette Légende qui explique de quelle manière un Cataclysme a détruit l’Occident du Monde : « A ce moment là, l’Eau et le Feu se livrèrent bataille. Et lors de l’affrontement, nos Ancêtres trouvèrent refuge dans des cavernes et des souterrains. ». Tandis que certains Basques se souviennent d’un Mythe selon lequel c’est un Serpent à sept têtes qui a dévoré le Monde d’Avant. Et que d’autres encore, parlent d’un homme du nom de Tubal : « Il fut poussé avec ses compagnons, depuis l’Orient du Monde jusqu'à l’Embouchure de l’Elbe. Et ils arrivèrent sur le territoire Basque 131 ans après la fin du Déluge. ».
En 4, l’ascension de Tibère se poursuit : cet homme large d’épaules, au nez aquilin, au visage ravagé par une affection sénile de la peau, pessimiste et orgueilleux, obtient la puissance tribunitienne, tandis que le deuxième fils de Julie disparaît. N’ayant plus aucun petit fils, Auguste se résout à adopter Tibère, qui reçoit le nom des Tiberius Julius Caesar. Mais ses réticences sont fortes, et il lui impose d’adopter son neveu Germanicus.
Puis, l’année suivante, la loi « Valeria Cornelia » permet à Auguste de modifier le fonctionnement institutionnel des Comices, tout en sauvant les apparences. Le rôle des Comices est pourtant déjà restreint par le droit que se réserve le prince d’imposer les candidatures. Mais, désormais, dix centuries, préalablement formées par les sénateurs et les chevaliers d’élite, choisissent à l’avance les candidats qu’ils jugent dignes du consulat ou de la préture. Tandis qu’un peu plus tard, Auguste crée une préfecture spécifique pour veiller au ravitaillement de Rome.
En 10, par contre, Auguste désigne le territoire de Pannonie comme province Romaine. Cette importante conquête lui permet ainsi de relier l’Illyrie, sur les rivages de l’Adriatique, à la mésie, sur le littoral du Pont. Et l’administration qu’il y met en place devient indépendante de celle de la dalmatie.
En 13, enfin, Auguste arrive à une année de renouvellement décennal de son pouvoir. Il en profite pour associer à son principat Tibère, qui reçoit un « imperium majus » proconsulaire. C’est une façon pour lui de désigner son successeur, grâce à un mécanisme de corégence. Auguste réunit ensuite une commission sénatoriale de vingt membres, tout en ne tenant aucun compte de ses conseils. Il meurt bientôt à l’âge de 76 ans ; alors que le principat de Tibère – conçu comme une période de transition post-républicaine – ne prévoit aucune règle héréditaire, considéré comme monarchique. Et que Séius Strabo Séjan reste seul préfet du Prétoire.
Tibère, âgé de 55 ans, devient malgré tout Empereur, avec l’accord du Sénat. Celui-ci remet alors aussitôt en vigueur la loi de Majesté punissant les actes attentatoires à la majesté du peuple romain. Elle lui permet en effet de frapper les opposants. A la mort des rois Archélaos de Cappadoce et Antochios de Commagène, il annexe leurs royaumes à l’Empire Romain. La cappadoce est érigée en province et la commagène est rattachée à la syrie. Et il commence à vouer une véritable adoration à Auguste, en lui octroyant les honneurs divins.
C’est pour cette raison qu’en 17, le peuple proclame sa fidélité à l’Empereur en célébrant des fêtes solennelles, présidées par un prêtre attaché au Temple Impérial. De l’encens est brûlé devant les images d’Auguste, Tibère et Livie ; puis, se succèdent pendant plusieurs jours, sacrifices, concours divers et processions de jeunes gens et de jeunes filles suivant les institutions religieuses traditionnelles. Les princes défunts et vivants sont assimilés aux dieux ; aussi, Tibère, soucieux de montrer son respect pour la tradition augustéenne de modération, accepte l’hommage posthume décerné à son père mais refuse le culte divin pour lui même.
Dès lors cependant, les provinces d’Orient associent le culte de l’Empereur vivant divinisé à celui de la « Dea Romana », une assemblée de notables ayant la charge de convoquer annuellement les délégués des cités. Ainsi, l’influence orientale impose progressivement le culte des Césars vivants sur le modèle d’une monarchie absolutiste et divine. Le serment de fidélité prêté par les partisans à l’Empereur souligne l’aspect civique du culte impérial.
Parallèlement, la plèbe de Rome est exclue de la vie politique. Les comices ne sont pratiquement plus réunis pour le vote des lois et l’élection des magistrats et du ressort du Sénat. Pourtant, il incombe à l’Empereur de veiller au ravitaillement des populations. Des distributions de blé à bas prix – « frumentationes » - sont accordées aux citoyens inscrits. Mais le prince se doit aussi d’offrir des jeux, plaisir favori des Romains. Bien que considéré comme oisif et dégénéré par les hautes classes, le peuple n’est ainsi pas une masse amorphe. Il peut manifester sa joie ou son mécontentement, surtout lors des spectacles. La popularité de l’Empereur tient parfois à qu’il sache partager ses plaisirs, ce que la « gravitas » interdit aux hautes classes.
De son coté, en 17, Germanicus – le plus aimé des princes de la maison impériale – se marie avec Agrippine, le petite fille d’Auguste. Cette union l’installe sur les marches du trône. Car, consul, il fait figure de successeur de Tibère.
Doté d’un naturel aimable et d’un charme irrésistible, il atteint le comble de la popularité grâce à ses talents militaires. Il relance les offensives militaires en Germanie. Il parvient jusqu'à l’Elbe et récupère les aigles de Varus. Mais il n’arrive pas à soumettre le pays.
Pour les Romains cependant, l’honneur est vengé, et seule la jalousie explique le rappel de Germanicus par Tibère. Dès lors, entouré de ses cinq enfants placés sur son char, exhibant la sœur d’Arminius parmi les captifs, Germanicus célèbre un triomphe éclatant sur les peuples Germains. Il est alors aussitôt envoyé en Orient. Mais il mécontente Tibère par son voyage en Egypte, interdite aux sénateurs, et se brouille avec le gouverneur de Syrie Pison. Et, tombé malade, il démet Pison de sa charge, puis meurt peu après.
Mené par sa veuve et précédé de faisceaux renversés, un cortège ramène ses cendres à Rome. Pourtant, le peuple est persuadé qu’il a été empoisonné sur ordre de Tibère.
En 19, Tibère fait détruire le Temple d’Isis du Champs de Mars et interdit la pratique de ce culte aux citoyens Romains. Par ailleurs, un peu plus tard, il est informé du fait que le roi des Marcomans de Bohème, Marbod, vient d’être chassé par ses sujets. Tibère l’installe donc à Ravenne. De son coté, en 23, Séjan concentre à Rome – à l’intérieur d’un camp permanent -, les cohortes prétoriennes jusqu’ici dispersées en Italie ; tandis que le renouvellement décennal de la puissance tribunitienne est abandonnée par Tibère et que la fiction républicaine du régime disparaît définitivement. Et que l’Empereur vainc le roi des Numides Tacfarinas, qui s’est soulevé, et qui se suicide. L’Afrique est donc enfin pacifiée.
La même année, un auteur anonyme dresse le « Grand Camée de France », qui est un dessin coloré et violent représentant la famille impériale sous le regard d’Auguste divinisé. Et en 25, l’historien Cremutius Cordus, est accusé d’avoir loué Brutus dans ses écrits, et est obligé de se suicider.
Et Vélléius Patercullus – l’ancien préfet de cavalerie, et le légat en Germanie et Pannonie – rédige son « Histoire Universelle ».
En 22, les Romains érigent plusieurs Sanctuaires dédiés à Vénus et à Jupiter au sein de la cité de Baalbeck. Mais, à l’intérieur de celui voué au culte de Vénus, ils bâtissent également d’autres Temples. Beaucoup plus petits, ils sont attachés à ses Divinités sémitiques correspondantes : parmi elles, Baal et Astarté, pour lesquelles chacun doit se prostituer et se livrer à des orgies sacrées.
Or, bientôt, le Sanctuaire de Vénus à Baalbeck connaît une grande affluence. Des pèlerins viennent aussi bien de Mésopotamie que de la vallée du Nil. Et d’ailleurs, les immenses souterrains qui se trouvent sous son Acropole sont destinés à abriter le mieux possible cette foule de dévots.
En 26, bien que doué de qualités militaires et d’un sens de l’organisation certains, Tibère est paré de tous les défauts, tels l’avarice, la dépravation sexuelle et une grande maladresse envers ses proches. Ni le Sénat ni le peuple n’éprouvent pour cet orateur médiocre le moindre respect. Dès lors, il quitte Rome pour la campanie, avant de s’installer définitivement à Capri.
Mais, aussitôt, son départ accroît le rôle du préfet du Prétoire Séjan, qui est le relais entre le prince et le Sénat. Et, menée par un Séjan qui l’utilise déjà à son profit, la déliquescence de la société s’accentue.
Car, dès 27, Séjan devient un véritable premier ministre. Dévoré par l’ambition, il songe immédiatement à la succession impériale, empoisonne le fils de Tibère, Drusus II, cause la disgrâce des fils de Germanicus, qui constituent des obstacles sur sa route. Mais, alors qu’il est assuré de la victoire politique, un jour, le Sénat écoute la lecture de l’Empereur résidant à Capri. Et celui-ci comprend qu’il demande l’arrestation de Séjan.
La chute du préfet du Prétoire est alors aussi soudaine, que son ascension a été rapide. Arrêté, il périt en 31, étranglé dans la prison de Tullianum. Puis, la répression s’abat sur sa famille. Et, la loi interdisant de tuer les vierges, le bourreau viole sa fille avant de l’exécuter.
01 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 515 - 520
Jusqu'à la chute de Carthage, dans la vie de tous les jours, le Sénat est l’institution essentielle de la vie publique à Rome. Il voit son influence s’affirmer depuis la chute de la royauté et les guerres puniques. Composé des anciens magistrats de la république ainsi que de magistrats en exercice, il regroupe les plus grandes familles romaines et une noblesse politique de fonction. Pourtant, le Sénat n’accueille plus d’hommes nouveaux. Les pouvoirs du Sénat sont très étendus : il surveille la religion, assure la direction du Trésor, dirige la politique étrangère, surveille les opérations militaires et fixe le statut des territoires conquis. Il répartit enfin les provinces entre magistrats et promagistrats et peut accorder, ou non, le triomphe. Sur le plan intérieur, il est garant de l’ordre et peut décréter des mesures de salut public. Symbole de l’oligarchie de Rome, il est, à partir de la fin du IIème siècle avant J.C., la cible des chefs du parti populaire et des généraux, qui, du reste, se recrutent dans ses rangs.
Car, depuis la guerre d’Hannibal, pertes démographiques et mobilisations provoquent un accroissement des terres en friche, et les petits propriétaires sont souvent obligés de vendre pour devenir métayers, journaliers, ou aller grossir les rangs de la plèbe urbaine. Ce transfert de terres ne profite en fait, qu’à l’aristocratie sénatoriale et aux chevaliers, qui ont aussi la main sur la propriété collective du peuple romain.
La redistribution de ces terres à la petite paysannerie ou à la plèbe devient alors peu à peu une des revendications essentielles du parti populaire, tandis que le Sénat tente de bloquer tout projet en ce sens. La crise majeure éclate pourtant quand un des dix tribuns de la plèbe, Tiberius Gracchus, issu de la noblesse plébéienne, se dresse contre sa propre classe et demande de limiter la surface occupée par la noblesse à 125 hectares par propriété, et de distribuer le reste aux citoyens pauvres par lots de 7,5 hectares. Malgré des obstructions du Sénat, Tiberius Gracchus parvient à faire voter sa loi par les Comices Tributes. Mais il est assassiné peu après et une répression sanglante s’abat sur ses partisans, menée par les éléments les plus intraitables du Sénat. Dix ans plus tard, son frère cadet, Caius Gracchus, tribun reprend pourtant le projet et l’élargit. Il est tué à son tour au cours d’une émeute sur l’Aventin.
Dès lors, le fossé, déjà ancien, qui sépare riches et pauvres à Rome ne cesse de se creuser. Pendant que les couches dirigeantes, chevaliers et sénateurs, s’enrichissent considérablement, la plèbe se transforme de plus en plus en une sorte de sous prolétariat. La source essentielle de la fortune reste la possession de la terre. Les bénéfices tirés d’autres activités sont aussitôt réinvestis dans les biens fonciers. Officiellement, les Sénateurs n’ont pas le droit de prendre part aux activités commerciales : celles-ci sont le monopole des chevaliers, tout comme la perception des impôts. La fortune des Sénateurs est donc issue des héritages, des fruits de l’exploitation des provinces, du commerce des esclaves, de la location immobilière, etc.
Par contre, la plupart des romains conservent la manière de vivre d’un peuple de paysans. Leur alimentation obéit à la même règle : travaillant durement du lever au coucher du soleil, ils se contentent généralement d’une nourriture sobre et frugale. Le petit déjeune se compose d’un peu de pain trempé dans du vin coupé d’eau ; cette modeste collation leur permet de patienter jusqu’au déjeuner, qu’ils prennent vers midi ; ce repas est d’une grande simplicité : légumes crus ou cuits à l’eau, bouillie de céréales, fromages et fruits. Le repas du soir, bien qu’un peu plus copieux, ne présente que rarement de la viande, mets de choix réservé aux jours de fêtes et aux grandes occasions. Parfois, le dîner du soir devient un véritable festin. Les domestiques apprêtent alors une salle à manger comportant trois lits disposés en fer à cheval autour d’une table et de tables de bois ou façonnées en maçonnerie. Les invités d’honneur prennent place sur le lit central, aux cotés de l’hôte. Dès que les domestiques ont lavé les pieds des convives, le repas peut commencer. Sur la table sont disposés des mets plus élaborés qu’à l’ordinaire et généralement carnés. Ces repas de fête se prolongent souvent assez tard.
Par ailleurs, les Romains ont un sens très poussé de la famille ; ils se doivent absolument d’avoir au moins un fils, afin que se perpétue le culte familial. En effet, la fille ne peut assumer cette tache puisqu’elle abandonne le foyer paternel pour se consacrer à celui de son époux. Quelques jours après sa naissance, l’enfant reçoit son prénom, ainsi qu’un petit sachet contenant des amulettes. Jusqu'à l’âge de 7 ans, le petit garçon est élevé par sa mère, avant de passer sous l’autorité de son père, qui lui inculque la piété, les vertus civiques et l’amour de la patrie. Les filles, quant à elles, demeurent sous la coupe de leur mère et apprennent les travaux domestiques ; à 16 ans, l’adolescent revêt la toge virile, puis quitte sa famille pour accomplir son service militaire.
A l’âge adulte, le statut de citoyen romain se compose d’un certain nombre de droits que l’on possède en partie ou en totalité, selon que l’on est citoyen de fraîche date, issu de la conquête et par là même privé de droits politiques, ou un citoyen de plein droit, originaire de Rome ou d’une colonie. On jouit alors des droits privés : faire un mariage légitime, posséder, vendre, léguer, hériter ; et publics : voter et être éligible, pouvoir faire appel d’un jugement devant les Comices. Le métier de citoyen est d’abord un métier de soldat : il n’est pas rare de passer plusieurs années sous les enseignes. Le citoyen romain participe pleinement à la vie politique, à la condition toutefois d’être souvent présent à Rome et d’avoir de l’argent : les magistratures ne sont pas rétribuées.
La maison romaine, dans sa grande simplicité, est le reflet du mode de vie de ses occupants. Elle présente un caractère familial très marqué. Les Romains ont généralement une maison rectangulaire et de plain-pied. Après un court vestibule, on accède à « l’atrium », vaste pièce dans laquelle se déroule l’essentiel de la vie familiale. Cette pièce à un toit percé en son centre qui assure l’éclairage, permet l’évacuation de la fumée, ainsi que le remplissage d’un bassin destiné à recueillir les eaux de pluie. L’atrium fait fonction de cuisine, de salon et de salle à manger ; il ne renferme que le strict nécessaire – poêle, fourneau, lits de table, guéridons - ; il abrite, dans une alcôve, le foyer domestique qui assure le chauffage de la maison ainsi que l’autel où est célébré le culte des Ancêtres. L’atrium ouvre sur des cellules latérales qui font office de chambres à coucher ; quasi-monacales, elles ne contiennent qu’un lit et un coffre. A l’arrière, le « tablinium » succède à l’atrium. Véritable petit bureau, cet espace permet au maître de maison de recevoir ses clients et de traiter ses affaires. Enfin, un jardin plus ou moins important complète l’ensemble et assure une sortie aux différents membres de la famille. La maison est couverte d’un toit de tuiles plates et semi-rondes.
De même, à cette époque, les Romains pensent qu’à l’origine des Temps existait un Continent qu’ils nomment « Hyperborée ». Situé au Nord de l’Atlantique – les îles Shetland noyées dans la brume étant ses récifs ses plus proches de l’Europe extra-continentale -, il passe pour être aux limites du Monde Connu. C’est le pays des Titans, qui sont les premiers nés du monde, et issus de l’union d’Uranus et de la terre. L’Hyperborée renferme pour eux une force tellurique incroyable qui se trouve à la base même de leur Univers.
Mais, dit un Mythe : « Il y avait jadis tant de méchanceté sur Terre, que la justice s’envola vers les cieux. La colère du Roi des Dieux fut terrible. Dans un premier temps, Minerve sortit de son cerveau à l’âge mûr pour le secourir dans sa guerre contre les Géants. Puis, avec l’appui de celle-ci et de Neptune, il décida d’exterminer la race des Titans.
Bientôt, Neptune envoya les vagues à son aide. Il frappa la terre avec son trident, et la terre frissonna et trembla. Rapidement, il ne fut plus possible de distinguer la terre de la mer ; et les Nymphes Néréides contemplèrent, tout étonnées, les forêts, les maisons et les villes. Puis, presque tous les Titans périrent dans l’eau. Et ceux qui échappèrent au Cataclysme moururent de faim, faute de nourriture. ».
En outre, à cette époque, les Romains commencent à associer le dieu des Enfers à la planète Pluton. Et ils décrivent ainsi les Limbes que celui-ci habite :
« C’est une contrée au cœur de laquelle se trouve le désert des Démons, puis le désert des Monstres. Le vent y est froid et glacé comme la mort. Et au delà de ces deux territoires existe une ville mystérieuse au nom inconnu. ».
Ceux qui, au même moment, se penchent sur les origines de l’Ecriture, commencent à penser que les cinq voyelles de l’Alphabet, A E I O et U, avec le J et le V, correspondent aux sept planètes du Ciel. Quant aux consonnes, B C D F G L M N P R S et T, pour eux, elles président aux douze signes du Zodiaque. Et enfin, ils identifient K Q X et Z aux quatre Eléments que sont la terre, l’Air, l’Eau et le Feu. H, de son coté, représente l’Esprit du Monde ; tandis que Y est le génie de la langue.
Après leur victoire sur la macédoine, en 148 avant J.C. les Romains divisent le territoire de celle-ci en quatre fédérations placées sous haute surveillance. Or, voici que se présente un nouveau Philippe, qui se présente comme le fils de Persée, revendique son trône et cherche des alliances. Les Romains, tout d’abord, ne le prennent guère au sérieux ; mais son coup d’audace réussit et il s’empare de la macédoine. Les Romains réagissent immédiatement, mettent en fuite l’usurpateur et font de la macédoine une province romaine.
Rome concède l’exploitation des mines macédoniennes à des sociétés de publicains romains, qui demandent une mainmise plus complète sur la macédoine, la grèce et l’Asie Mineure. En 148 avant J.C., en réaction, la macédoine se soulève. Ayant réprimé la révolte, Rome la réduit en province, ainsi que l’Epire et la thessalie. En 147 avant J.C., c’est donc au tour de la ligue Achéenne de protester contre un arbitrage du Sénat. Son armée est défaite en 146 avant J.C. Mais cet échec ne brise pas la résolution des Achéens, travaillés par des courants révolutionnaires que Rome veut extirper. Le consul Mummius met le siège devant Corinthe, qui, la même année, subit le sort de Carthage : elle est détruite et ses habitants vendus comme esclaves. Rome tient à montrer qu’elle est sans pitié pour les rebelles. Désormais, les financiers et les commerçants romains peuvent mettre l’Orient en coupe réglée ; ainsi, les publicains se voient attribuer la perception de la dîme d’Asie.
En 134 avant J.C., une révolte d’esclaves éclate en Sicile. En quelques jours, des milliers d’esclaves assassinent leurs maîtres, fuient, puis prennent les armes. Plusieurs villes sont ravagées, leurs habitants massacrés ou réduits à leur tour en esclavage. Il faut deux ans à Rome pour venir à bout des troubles. La répression est terrible : 20 000 esclaves sont crucifiés.
Puis, en 133 avant J.C., Attale III Philomène de Pergame, qui n’a pas de descendant direct, fait don à sa mort, de son royaume à Rome. Malgré une révolte du peuple d’Asie Mineure contre ce testament, les Romains finissent par l’emporter et la province d’Asie est bientôt créée.
Vers 130 avant J.C., Polybe meurt, âgé de plus de 80 ans. L’œuvre qu’il laisse est à la mesure de la vue qu’il a menée. Issu d’une riche famille d’Arcadie, il reçoit très tôt une formation très complète, imprégnée d’une solide culture philosophique et rhétorique. Les vicissitudes des guerres de Macédoine le contraignent à s’exiler à Rome. Pourtant, sa situation n’y est nullement précaire : Polybe le Grec parvient sans peine à s’intégrer aux milieux lettrés de Rome : il connaît les personnages les plus prestigieux de la puissante république. C’est là qu’il rédige la plus grande partie de son œuvre monumentale, « les Histoires ». Cet ouvrage se propose d’embrasser toute l’histoire de la conquête Romaine du IIIème siècle avant J.C. jusqu'à la destruction de Carthage et de Corinthe. Mais plus que l’exposé minutieux des faits, ce sont d’innombrables récits de voyages, de longues réflexions philosophiques, qu’écrit Polybe, tant sa curiosité est mise en éveil, d’un rivage à l’autre de la méditerranée.
D’un autre coté, le stoïcisme qui est né au IIIème siècle avant J.C., et qui s’est imposé en Grèce et en Asie Mineure en combinant les héritages de la pensée hellénique et les apports des croyances asiatiques, pénètre à Rome, où il conquiert les milieux cultivés et les dirigeants. Le cercle des Scipion contribue à acclimater les conceptions d’une humanité partagée entre ses tendances positives et ses instincts. Toute morale se résume à cet idéal : « Vivre en conformité avec la nature ».
En 125 avant J.C., la gaule méridionale entre à son tour dans l’orbite romaine. En effet, l’intervention des légions en Transalpine répond à plusieurs nécessités. D’abord, protéger Marseille, alliée de Rome depuis la guerre d’Hannibal, de la menace des peuples Celtes et Ligures, et assurer la sécurité de la liaison terrestre entre les provinces italiennes et espagnoles, que Marseille ne suffit plus à garantir. D’autre part, les négociants romains sont intéressés par le contrôle direct d’une région où ils vendent depuis longtemps des vins et de la céramique. Enfin, alors que les troubles sociaux causés par le problème agraire se développent à Rome, le Sénat songe à saisir en Gaule de nouvelles terres pour satisfaire le parti populaire.
A l’appel de Marseille, donc, une première expédition combat les Ligures et les Salyens en 125-124 avant J.C. Un an plus tard, le proconsul Sextius Calvinus s’empare de la capitale des Salyens, l’oppidum d’Entremont. Il installe une garnison à Aquae Sextiae – Aix -. Puis, le consul Domitius Ahenobarbus mène campagne contre les Allobroges et les Arvernes, et les bat en 121 avant notre Ere au confluent du Rhône. Il organise ensuite la nouvelle province de Gaule Narbonnaise en y créant, en 118 avant J.C., la colonie de Narbonne. Marseille est chargée d’entretenir une voie du littoral qui va des Alpes au Rhône, tandis que les Romains construisent du Rhône aux Pyrénées la via Domitia.
Jugurtha, petit fils de Massinissa prend le pouvoir en Numidie en 112 avant J.C. et s’empare de la ville de Cirta, y massacrant, entre autres, les commerçants romains qui s’y trouvent. Le Sénat ne réagit que mollement. Furieux, les chevaliers dans les rangs desquels se recrutent la plupart des négociants, font condamner, par les tribunaux qu’ils contrôlent, quatre anciens consuls pour corruption ; surtout se rapprochant en 107 avant J.C. du parti populaire, ils imposent un candidat commun, un soldat de souche récente, Caius Marius, comme consul. Envoyé en Numidie, il remplace Metellus, dont il était peu de temps auparavant le lieutenant, et achève la guerre avec succès, reprenant Cirta en 106 et capturant Jugurtha en 105 avant J.C.
Revenu à Rome, Caius Marius réforme l’armée. Jusqu’alors, son recrutement était fondé sur le cens, classement des citoyens selon l’importance de leur fortune. N’étaient astreints au service que les plus riches des citoyens, ceux appartenant aux cinq classes dans lesquels les Romains étaient répartis selon leur richesse. Les citoyens les plus pauvres, privés de droits politiques, étaient dispensés du service militaire comme de l’impôt. Marius supprime le cens exigé pour entrer dans les légions, qui peuvent désormais admettre les prolétaires. On assiste alors à l’avènement d’une armée de métier, entièrement dévouée à un chef, plutôt qu’à une armée de citoyens fidèles à l’Etat. De plus, Marius en modifie la structure : ainsi, l’effectif de la légion est porté à 6000 hommes et chaque légion reçoit une enseigne d’argent.
Marius est alors réélu consul en toute illégalité en 104 avant J.C. ; et c’est lui qui sauve Rome lors de la première grande invasion Germanique. En effet, depuis plusieurs années, au Nord, un peuple originaire du Danemark, les Cimbres, se heurte violemment au peuple Celte des Boïens. Ces derniers repoussent l’envahisseur, qui gagne en en 113 avant J.C., qui gagne le Norique et inflige près de Noreia une première défaite aux Romains ; mais les Cimbres réapparaissent en Gaule, joints à d’autres peuplades germaniques, dont les Teutons. Une autre armée est battue près d’Orange en 106 avant J.C. Prenant alors son commandement, Marius écrase les Teutons près d’Aix en Provence, en 102 avant J.C., et les Cimbres dans la plaine piémontaise, à Verceil, en 100 avant notre Ere.
Dans la foulée, une nouvelle province Romaine est créée : la cilicie, qui doit protéger la province d’Asie et le commerce maritime dans l’Egée. En effet, Mithridate VI de Grèce orientale met en œuvre une politique expansionniste dans la région.
Pendant ce temps, à Rome, le parti populaire remet en vigueur la politique des Gracques. Saturnimus, tribun de la plèbe, et Glaucia, préteur, proposent notamment la baisse du prix du blé pour les plus pauvres. Mais la noblesse résiste. Inquiets, les chevaliers se rapprochent du Sénat, ainsi que Marius. En 99 avant J.C., le Sénat met hors la loi les chefs populaires, qui sont massacrés avant leur arrestation. Le mouvement est ensuite noyé dans le sang par l’armée de retour de campagne. Un peu plus tard, vers 91 avant J.C., Livius Drusus, riche aristocrate, est élu tribun de la plèbe. Il reprend tout d’abord une partie du programme politique des Gracques. Il propose également d’accorder la citoyenneté romaine aux alliés de l’Italie, qui auraient ainsi accès au Sénat. Mais celui-ci retire son soutien au réformateur et annule l’ensemble de ses lois. Le lendemain, à son tour, Drusus est retrouvé assassiné.
La même année, quelques mois plus tard, la tension monte entre les cités mécontentes de ne pas profiter davantage des fruits de la conquête. En effet, depuis longtemps, le Sénat fait peser sur elles et sur leurs alliées des charges financières et militaires écrasantes mais ne leur offre en retour qu’une petite partie des richesses dues aux victoires. La massacre du propréteur Servilius à Asculum – ami de Drusus – met le feu aux poudres et donne le signal d’un conflit qui oppose rapidement 100 000 hommes de part et d’autre. Les Romains commencent par subir plusieurs défaites, tandis que les alliés s’organisent, se dotent d’un Sénat, d’une capitale, Corfinium, qui devient Italica, d’une monnaie, et surtout d’une excellente armée. Le général italien Pompidius Silo fait alors peser sur Rome une grave menace, mais grâce à la fidélité de l’Etrurie et aux succès de ses généraux, en particulier d’un certain Sylla, celle-ci l’emporte finalement. Toutefois, le Sénat doit céder sur le droit de cité, qui est accordé à tous les alliés italiens par la loi de Plautia Papiria en 89 avant J.C. ; elle accorde le droit de cité romaine à tout individu qui se fait inscrire sur le registre du préteur. Rome n’est plus seulement dans Rome.
A cette date, la famille romaine étant fondée sur le mariage, les filles peuvent convoler dès l’âge de 12 ans ; les garçons dépassent généralement largement l’âge légal, fixé pour eux à 14 ans.
La veille des noces, la fiancée, renonçant à son enfance, offre ses jouets aux dieux lares ; le lendemain, la cérémonie officielle a pour but de la détacher de sa famille pour l’introduire dans celle de son époux dont elle va jusqu'à adopter les dieux. L’engagement des mariés est suivi d’un sacrifice, puis d’un simulacre d’enlèvement : le mari porte sa femme dans ses bras afin de lui faire franchir le seuil de sa nouvelle demeure, puis la conduit jusqu'à la chambre conjugale où il lui offre le pain, l’eau et le feu, et où on lui remet le fuseau symbolisant ses vertus et ses futures activités domestiques.
L’autorité du chef de famille est certes absolue, tant sur son épouse que sur ses enfants ; toutefois, le divorce est admis sur simple demande de l’un ou l’autre des époux. L’un des buts du mariage est la naissance des enfants, de préférence mâles, afin de perpétuer le culte des ancêtres et le corps des citoyens ; le père peut exposer le bébé à la naissance, mais s’il l’accepte, il ne peut l’abandonner par la suite ; il a droit de vie et de mort sur les enfants, même s’il n’use rarement de cette prérogative ; les enfants respectent profondément leurs parents, dont la sévérité n’exclut ni l’amour, ni l’attachement. L’unité de la cellule se trouve renforcée par le culte familial célébré par le chef de famille sur l’autel domestique ; il y sacrifie aux lares, aux pénates et aux mânes, ancêtres défunts qu’il convient de ne pas négliger sous peine de les voir venir hanter les vivants.
29 avril 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 510 - 515
Grèce, IIème – Ier siècle avant J.C. :
Depuis le traité conclu entre Rome et les Etoliens en 210 avant J.C., les cités d’Asie Mineure ont conscience du fait que seule Rome peut contrecarrer les ambitions Macédoniennes. Au lendemain de la guerre de Syrie, Pergame se sent de nouveau en danger : la cité peut être la prochaine étape des Barbares Galates qui harcèlent le littoral de la carie à la mysie. Philippe de Macédoine profite même de cette occasion pour pénétrer à Milet ; la route de Pergame lui est donc ouverte. Son roi, Attale Ier, décide alors de faire appel aux Romains, que leur victoire sur les Carthaginois rend encore plus prestigieux.
Et, en 196 avant J.C., Flaminius, le consul Romain invité à la cérémonie des jeux Isthmiques de Corinthe proclame « la liberté des Grecs et leur autonomie ». Il est vivement acclamé. Ensuite, il n’a de cesse que de rencontrer Philippe V, dont il entend obtenir qu’il évacue les villes de Grèce. Mais les négociations se heurtent à un refus de Philippe, et les opérations militaires se succèdent rapidement de la thessalie au golfe de Corinthe : les Macédoniens pratiquent la stratégie de la terre brûlée tandis que les Romains tentent de maîtriser directement le plus grand nombre de cités.
Pourtant, les Grecs ne sont pas unanimes : les Achéens, divisés entre partisans des Romains et des Macédoniens, hésitent longuement ; les Argiens, sous l’impulsion des plus puissants des leurs, refusent de dénoncer l’alliance qui les rapproche de Philippe de Macédoine. Mais Flaminius est opiniâtre : en juin 195 avant J.C., les armées romaines infligent une sévère défaite aux troupes macédoniennes. A la suite de ce désastre, les Macédoniens se retirent dans la partie septentrionale de la péninsule. Le décret qui rend leur liberté aux cités se présente comme un « arrêt » de la barbarie, mais place les Grecs sous la tutelle de Rome.
Mais, en 192 avant J.C., les ambitions territoriales d’Antochios III laissent de plus en plus présager un affrontement avec Rome, qui vient de libérer l’ensemble des cités grecques. Les Etoliens, mécontents de la réorganisation politique de la grèce, tente d’organiser une coalition anti-romaine regroupant les Spartiates, les Macédoniens et Antochios. Celui-ci fait débarquer 10 000 hommes en Grèce. C’est une erreur : Antochios est pris au piège des Thermopyles et doit abandonner la grèce en 191 avant J.C.
Dès lors, Cornélius Scipion, et Scipion l’Africain passent en Asie Mineure sur l’ordre de Rome afin de régler le problème Séleucide. Rome est appuyée par le royaume de Pergame. Après sa défaite à Magnésie du Sipyle en 190 avant J.C., Antochios III négocie : il renonce à la thrace et évacue l’Asie Mineure jusqu’au Taurus.
Pourtant, quand Philippe V de Macédoine meurt en 179 avant J.C., la puissance macédonienne est encore considérable. Son fils, Persée, prépare la guerre contre Rome, tandis que ses agents parcourent l’ensemble du monde méditerranéen dans le but de susciter une vaste coalition contre elle. Et, en 172 avant J.C., c’est la rupture entre Rome et Persée, qui vient de finir de restaurer en Grèce le parti pro-macédonien. Les Romains débarquent à Epire. Bon nombre d’alliés de Persée décident alors de changer de camp. Mais, même isolé, le Macédonien reste un adversaire dangereux. Il chute finalement devant les légions Romaines à la bataille de Pydna en 168 avant J.C. Les Romains sont désormais maîtres de cette partie de la grèce.
Le roi des Parthes Mithridate Ier le Philhellène conquiert, en 140 avant J.C., la babylonie des Séleucides. Mais, surtout, à la même date, un auteur du nom d’Eumixios écrit à propos de la table d’Emeraude :
« La table d’Emeraude est une pierre précieuse qui a été gravée par Hermès Trimegiste – le « Trois fois Grand ». Et, il est prouvé que les anciens Grecs ont assimilé Hermès Trimegiste à l’une des multiples formes du Thot Egyptien. Et enfin, il est dit que sa Table d’Emeraude a été dissimulée dans la tombe de celui-ci ; et qu‘un texte obscur a été gravé à la surface de son caveau.
Puis, par la suite, ce même texte a été décomposé en 42 Livres Sacrés. Ces derniers ont alors été confiés à des Prêtres de Thot. Les clercs ont constaté que 36 d’entre eux contenaient toute l’histoire des Connaissances Humaines ; et que les 6 suivants parlaient du Créateur de l’Univers. Et finalement, ils ont fait en sorte que leurs copies soient exportées en Europe, en Inde, et en Grèce. Ils les ont recouvert de Symboles Alchimiques et Astrologiques, tandis que, afin qu’ils échappent aux poursuites d’une Inquisition toute puissante, ils ont transmis leurs duplicata à des Fraternités Secrètes qui en ont fait disparaître un certain nombre à l’intérieur de la bibliothèque d’Alexandrie. ».
Mais, en écrivant son texte, cet auteur se demande également si la table d’Emeraude n’est pas à identifier sous l’appellation « Pierre tombée du Ciel, ce Graal qui possède le Mystères Alchimiques de la régénération » ? Car, il sait très bien que, à l’intérieur de multiples Légendes, cette Pierre est associée à l’autel de la maison de Zeus, ou, au trône du Centre du Monde, ou encore, à la première Création postdiluvienne de la race Originelle, ou bien, à l’Omphalos de Delphes. Il suppose donc que cette Table d’Emeraude est né avec la tradition Primordiale ; à l’aide de Formules Alchimiques complexes, et qu’elle a été manipulée par une Race d’Hommes Antiques, immatériels, libres, et sans roi.
Quelques années plus tard, le déclin de la puissance des Lagides en Egypte favorise l’essor de Pergame, capitale des Attalides. La bibliothèque de Pergame a néanmoins des difficultés d’approvisionnement en livres, ceux-ci ayant été presque tous achetés par sa rivale d’Alexandrie. L’industrie des faux et des manuscrits apocryphes est alors en plein essor. Mais, en 133 avant J.C., Attale III Philometor, dernier souverain de la dynastie meurt et fait de Rome l’héritière de son royaume.
Evidemment, le testament d’Attale déclenche la guerre civile en Asie Mineure. D’un coté, il y a ceux qui soutiennent Aristonicos, le fils naturel d’Eumène II, et qui revendique le trône ; à la tète d’une armée d’esclaves, le prétendant reconquiert le royaume. En 130 avant J.C., le consul Crassus Crassius est fait prisonnier et exécuté. De l’autre, en 129 avant notre Ere, les Romains finissent par l’emporter : Aristonicos est capturé et décapité à Rome. La province d’Asie est créée ; bien que pour peu de temps.
Vers 112 avant J.C., Mithridate VI Euphator revendique l’héritage Achéménide et s’en prend aux royaumes sous tutelle romaine. Il annexe d’abord une partie de la paphlagonie et de la galatie et la totalité de la colchide. Enfin, vers 88 avant J.C., la province Romaine d’Asie se rallie à Mithridate VI, qui y fait aussitôt exécuter 100 000 italiens et romains. La grèce d’Europe échappe, elle aussi, à l’autorité Romaine peu après. Car en 88 avant J.C. l’île de Délos est investie par la flotte de Mithridate VI : 20 000 habitants sont massacrés. La guerre entre Mithridate et Rome est sur le point d’éclater.
Vers 107 avant notre Ere, le Philosophe néo-platonicien Proclus écrit son propre commentaire sur la timée. Il y relate ainsi les observations d’un dénommé Krantor : « Voyageant en Egypte peu après l’époque de Solon, il eut l’occasion de voir, lui aussi, sur les colonnes du Temple de Sais, des hiéroglyphes relatant l’histoire de l’Atlantide, telle que Platon l’avait évoquée. ».
Le philosophe stoïcien Posidonius est aussi un grand savant qui s’illustre dans les sciences exactes et naturelles. En 87 avant J.C., il construit un appareil pour observer la mécanique céleste, étudie le mouvement des marées, entreprend des études de géographie humaine et développe une théorie des climats expliquant la diversité des coutumes. Cet esprit encyclopédique approfondit aussi la doctrine stoïcienne : le destin, l’astrologie, Dieu et la nature au sein du Cosmos.
De son coté, Diodore de Sicile consacre trente ans de sa vie à lire les œuvres des chroniqueurs anciens avant de se mettre à parcourir en tous sens le monde méditerranéen. Et dans ses notes de voyage – qu’il nomme plus tard « sa Bibliothèque Historique » - il indique qu’il existe une île aux dimensions considérables, à la terre fertile et en grande partie montagneuse, dans la mer au-delà de l’Afrique. Celle-ci recèle, d’après lui, d’énormes reptiles qui vivaient encore en Libye à l’époque des Amazones.
Il écrit aussi : « Jadis, le pays des Amazones s’achevait par le Delta du Nil. Mais, avant cela, il traversait deux immenses lacs. Puis, le fleuve se jetait finalement dans la méditerranée, à proximité d’un archipel dont il ne subsiste aujourd’hui que quelques îles éparses ; parmi elle : Djerba, les Kelanna et la sicile.
Car, il y a longtemps de cela, la partie inférieure du pays des Amazones s’est effondrée entre Sicile, Tunisie et Tripolitaine, là où existe désormais trois massifs sous-marins ; on signale d’ailleurs toujours, près des îles de Pergalie, sous un manteau de vase de cinquante mètres de fonds, un port qui fut important au cours de leur Ere. Puis, à l’intérieur des terres, une seconde catastrophe a suivie la première : une accumulation de sable est venue du grand désert oriental. Et celle-ci a enseveli nombre de villes ayant survécu à l’engloutissement de leurs contrées septentrionales. D’ailleurs, dit t’on, certaines de leurs ruines percent parfois toujours la dune à 150 kilomètres à l’Ouest de Rhamadès tandis que les contreforts du fleuve Nil sont, depuis cet Age, une sorte de musée de cette Egypte antédiluvienne. ».
Un autre de ses livres donne davantage de précisions sur l’époque où les Amazones ont habité la contrée engloutie sous les eaux. Au temps de leur grandeur, celles-ci ont mené plusieurs expéditions meurtrières d’Ouest en Est, du Sahara jusqu'à l’Arabie, n’épargnant en cours de route que l’Egypte :
« Les Amazones, dit t’on, ont voulu défendre leur colonie établie dans le Sahara Préhistorique ; à l’époque où celui-ci était encore vert. Et elles parcoururent plusieurs contrées de cette partie du Monde dans ce but. Pour ce faire, les premiers hommes qu’elles attaquèrent furent les Atlantes ; le seul peuple habitant alors un pays riche, civilisé, et contenant de grandes villes.
Myrina, leur reine, rassembla une armée de 30 000 femmes d’infanterie, et de 20 000 de cavalerie. Elles s’appliquaient particulièrement à l’exercice du cheval à cause de son utilité dans l’art de la guerre. Elles portaient pour armes défensives des peaux de serpents, car la libye produisait, à cette époque, d’énormes reptiles.
Tout d’abord, les Amazones se dirigèrent vers l’Ouest et prirent la cité Atlante de Cerné, passant au fil de l’épée la totalité des hommes adultes. ».
Plus loin : « Après la bataille, Myrina fit construire une capitale en son nom pour commémorer sa victoire. Puis, pour soulager ses nouveaux sujets, elle partit en campagne contre une nation de Géants. Transformés en monstres depuis longtemps, ceux-ci s’étaient implantés dans le voisinage quelques mois auparavant. On les appelait alors : « Gorgones ».
Quand elle les eu exterminé, Myrina fit incinérer sur trois bûchers les corps de ses compagnes tuées au cours de l’affrontement. Elle fit ensuite élever de la terre. Puis, trois grands tombeaux furent construits en leur honneur. ».
Plus loin encore : « Les derniers auteurs parlant des Amazones les découvrirent en Orient, fixées en Cappadoce sur les rives du fleuve Thermodon. Elles y avaient un Etat dont la capitale se nommait Themiscyre. Mais, coupées depuis des centaines d’années de leurs racines, elles y vivaient dans la décadence. Leurs cavalcades, en fait, n’étaient plus qu’un mouvement mécaniste. De plus, les mâles étant exclus de leur « cité de Justice », leurs guerrières s’accouplaient avec leurs voisins, les Gargaréens. Et de leurs éphémères unions, elles ne gardaient que les filles, qui, dès l’adolescence, avaient obligation de s’entraîner quotidiennement à l’art de la chasse et de la guerre. Quant à leurs garçons, elles les sacrifiaient à leur déesse de la lune. ».
Toujours plus loin : « Au cours de leurs ultimes chevauchées, les Amazones débordèrent de la cappadoce. Elles envahirent la plupart des îles de la méditerranée, abordant plus particulièrement à Lesbos et à Samothrace. Elles entrèrent aussi en Béotie, ravagèrent l’Attique pour venger Antiopé, la sœur de leur reine, qui y avait un temps été retenue prisonnière. Puis, elles achevèrent leur épopée sur les plages de la mer Noire. Mais, sur leur parcours, elles fondèrent Smyrne, Ephèse, et quantité d’autres villes. ».
Dans sa Bibliothèque Historique, Diodore de Sicile parle encore du peuple Garamante. Pour lui, ses membres sont des Géants à la peau noire, ayant dominé l’espace saharien bien avant l’arrivée des premiers égyptiens sur les berges du Nil. Il compare d’ailleurs ceux-ci aux Ethiopiens, mais les fait venir – contrairement aux égyptiens – de l’océan Indien. Il voit malgré tout une parenté entre eux et les antiques conquérants à l’épiderme brun qui, peu avant Ménès, ont envahi le Nord du Continent en arrivant de l’Afrique orientale. Diodore de Sicile songe même que les Garamantes ont dominé les contrées s’étendant du Sahara au Soudan au moment où ces dernières ressemblaient à des prairies fertiles et à des vallées heureuses.
Et quelques navigateurs de raconter à la même époque où vit Diodore de Sicile : « Lorsque les premiers marins abordèrent pour la première fois l’île de Malte, ceux-ci découvrirent des cranes humains énormes avec une seule orbite monstrueux sur le front. ». Tandis qu’Antonius Diogène écrit un ouvrage s’intitulant « Les choses incroyables que l’on voit au-delà de Thulé ».
Italie, IIème – Ier siècle avant J.C. :
En 195 avant J.C., les cultes d’Isis et de Sérapis – la version Grecque d’Osiris – pénètrent Rome en profondeur. Ils fusionnent à l’intérieur du sul culte d’Isis. Et celui-ci se diffuse officiellement à l’ensemble de l’Empire en établissant son Centre Majeur dans le Serapeum d’Alexandrie.
De fait, toutes les classes inférieures Romaines s’adonnent avec enthousiasme a ce culte. Elles considèrent ainsi Isis comme la souveraine de la terre, de la mer, et du Royaume des Morts. Elles la révèrent comme une Maîtresse Magicienne. Tandis que les autorités voient dans ses célébrations, un instrument subversif qu’il faut surveiller de très près.
En 192 avant J.C., le Sénat réagit aux révélations sur les rites sensuels et criminels des Bacchanales par deux sénateurs d’une extrême sévérité. Le premier charge les édiles d’arrêter les prêtres responsables de ces cérémonies. Le second interdit les Bacchanales. Celui-ci veut empêcher que ces assemblées cultuelles ne deviennent, en fait, des sociétés secrètes. Ainsi, on réglemente aussi le culte de Dionysos avec rigueur, dans un souci à la fois moral et politique.
D’une part, en effet, ces Mystères orgiaques nocturnes d’origine asiatique, se déroulent dans une frénésie génératrice de désordres. La promiscuité entre hommes et femmes, contraire aux rites initiaux, est une innovation dangereuse ; le culte réclame de la part des fidèles toutes sortes d’actes illicites, pouvant aller jusqu’au meurtre. D’autre part, on craint la diffusion de propagande subversive sous le couvert de secret rituel. Enfin, ces pratiques s’éloignent trop des cultes traditionnels romains : elles favorisent, tant par leurs rites que par les croyances qu’elles véhiculent, un individualisme religieux, ferment de rébellion.
Car, le culte des Bacchantes promet à ses adeptes une nouvelle naissance, semblable à celle de Dionysos, régénéré par Zeus, son père, après avoir été mis en pièce par les Titans. C’est un salut purement personnel que recherchent les fidèles, ainsi qu’une réponse à des questions que la religion n’aborde pas.
En 190 avant J.C., Caton se met à œuvrer au redressement moral des citoyens romains. Son traité « Sur l’agriculture » est un ouvrage d’inspiration patriotique. Il s’agit de lutter contre la dépopulation des campagnes et de réhabiliter la vie agricole qui a fourni jusqu'à présent à Rome ses meilleurs citoyens et ses plus braves soldats.
En 189 avant J.C., le roi Eumène II de Pergame est reçu par le Sénat après la victoire de Rome sur la macédoine, et après avoir rendu la liberté à la grèce, sous son contrôle. L’Asie Mineure est alors partagée entre les Rhodiens, sous l’arbitrage des Romains. Mais, en 172 avant J.C., après la mort de Philippe V de Macédoine, son fils, Persée, reprend le flambeau en préparant de nouveau la guerre contre Rome. Et, à cette date, c’est la rupture. Les Romains débarquent donc à Epire. Et, bon nombre d’alliés de Persée décident de changer de camps. Pourtant, même isolé, le Macédonien reste un adversaire dangereux.
De ce fait, en 170 avant J.C., Rome envoie sur le terrain le consul Paul Emile. La bataille s’engage à Pydna. Le choc des légions et de la phalange Macédonienne est terrible. Celle-ci est enfoncée et compte dans ses rangs près de 20 000 morts. La macédoine doit se soumettre. Abandonné de tous, Persée finit par se rendre à Paul Emile. Ensuite, les Romains remettent de l’ordre en Grèce. Les pro-macédoniens sont impitoyablement traqués. Exil, exécutions sommaires, assignations à résidence en Italie, tout est fait pour éliminer la moindre opposition.
Malgré cette victoire éclatante, Carthage en profite pour assurer son relèvement. Le roi Numide Massinissa, allié de Rome, surveille ce nouvel essor et veut annexer la ville à son royaume. Une victoire militaire sur Carthage en 151 avant J.C., semble réaliser cet espoir, mais Rome juge plus prudent d’intervenir : c’est le début de la troisième Guerre Punique. En 150 avant J.C., les légions romaines débarquent à Utique et Carthage livre aussitôt ses armes ; mais les consuls exigent l’évacuation de la ville. Carthage choisit alors de mourir debout et organise une défense désespérée. Après une série d’échecs, Scipion Emilien, reprend l’armée en main en 147 avant J.C. et s’empare de la ville au bout d’un siège de sept jours. La brutalité romaine s’exerce alors sur sa vieille ennemie, qui est rasée.
La destruction de Carthage par Scipion Emilien consacre le fils de Paul Emile et le petit fils par adoption de Scipion l’Africain. Scipion Emilien est en effet un lettré qui sait que Rome ne consolidera son pouvoir qu’en acquérant une sagesse et une pensée propres. C’est pourquoi il s’entoure d’écrivains hellénisants comme Terence et Lucilius, et de Grecs comme le philosophe Panaetius et l’historien Polybe. Certes, cette pénétration de l’hellénisme ne touche que des cercles restreints. Mais le peuple sait reprendre aux cités conquises leur goût du luxe. Ainsi s’installent à Rome de nombreux artisans : sculpteurs, ciseleurs, orfèvres, peintres, médecins, parfumeurs ; les Romains sont riches : devant l’abondance des butins et des indemnités de guerre, on a supprimé les impôts directs. Les maisons des riches citoyens s’agrandissent.
22 avril 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 477 - 480
En 336 avant J.C. encore, Alexandre a vingt ans lorsque son père meurt. Le prince est déjà rompu à l’exercice du pouvoir : il n’a que seize ans que Philippe le nomme régent de Macédoine, avant de partir en guerre. De plus, le jeune homme reçoit une solide éducation : le Philosophe Aristote veille en personne à sa formation. Alexandre lit Homère, les poètes lyriques et les auteurs tragiques. Guerrier et politique accompli, le nouveau roi est également convaincu d’être un descendant des Dieux. Sa mère, Olympias, le lui a répété pendant toute son enfance : par elle, il tient d’Achille, le héros de la guerre de Troie, et par son père, d’Héraclès, qui est le fils de Zeus lui même.
A la mort de Philippe, les cités grecques s’agitent de nouveau. Sans doute pensent-elles pouvoir profiter de la jeunesse du prince héritier pour secouer le joug de la macédoine. C’est oublier qu’Alexandre ne supporte pas la moindre résistance. En guise d’avertissement, il rase Thèbes, en 335 avant J.C. Ce lettré épargne pourtant la maison du poète Pindare et les temples des Dieux. Une façon comme une autre de montrer aux Grecs qu’il n’est pas tout à fait ce barbare qu’ils redoutent et méprisent à la fois. La même année, à l’automne, le jeune roi de Macédoine mène une campagne éclair contre les populations qui le harcèlent, au Nord du pays. Une fois assurée la sécurité des frontières septentrionales, il peut se consacrer à son grand projet : reprendre l’aventure perse de son père et se lancer à la conquête de l’Empire de Darios III, le Grand Roi.
En 334 avant J.C., l’expédition est prête. Alexandre s’entoure de généraux fidèles, Antigonos, Ptolémée, Séleucos. Avec eux, il va voler au secours de l’armée que son père a laissé en Asie, sous les ordres de Parménion. Il confie la macédoine et la grèce soumise à un autre lieutenant de Philippe, Antipatros. Ce dernier réprimera une révolte de Sparte en 331 avant J.C.
Bientôt, Alexandre franchit l’Hellespont, ce détroit qui sépare la grèce de l’Asie Mineure, avec 35 000 hommes et des contingents grecs de toutes les cités, sauf Lacédémone. Ses précepteurs leu ont enseigné que, 50 ans auparavant, le Perse Xerxès a pris le même chemin, en sens inverse, pour conquérir la grèce. Alors, dans un grand geste de défi, Alexandre jette une coupe d’or dans l’Hellespont. Il rejoint ensuite Parménion et marche contre les Perses. Face aux 120 000 soldats et aux 35 000 mercenaires dont dispose Darios, les quelques 35 000 hommes d’Alexandre font une faible armée. Mais des questions tactiques divisent Darios et ses généraux. Et, sur le fleuve Granique, Alexandre écrase les colonnes perses de Memnon.
Alexandre redoute que la flotte perse n’entre en action. Se refusant alors à toute négociation, il poursuit son plan d’encerclement méthodique de la méditerranée orientale et tient à s’assurer de contrôle de ses rives. Il conquiert Gordion en 333 avant notre Ere, rompt son nœud d’un coup d’épée afin d’accomplir l’oracle permettant la maîtrise de l’Orient à celui qui est en mesure de le dénouer. Il occupe la syrie, puis la phénicie, et prend Tyr en 332 avant J.C. La ville ayant eu le tort de lui résister est rasée et ses habitants sont vendus comme esclaves. Il s’empare de Gaza, puis de Jérusalem et marche sur l’Egypte. Après s’être avancé en plein désert de Libye, il revient dans le Delta du Nil, où il fonde Alexandrie. Voilà toute la méditerranée orientale en son pouvoir. Mais Darios ne s’avoue pas définitivement vaincu pour autant. Comme preuve de mansuétude, le Grand Roi propose même à Alexandre de lui abandonner les territoires conquis.
Alors, en 331 avant J.C., les Macédoniens quittent l’Egypte pour remonter vers la mésopotamie. Replié à Babylone, Darios reconstitue son armée. Contre les phalanges d’Alexandre, il compte sur une excellente cavalerie et les redoutables chars à faux tranchantes dont elle est équipée. Pour frapper plus fort encore, il veut pouvoir choisir le terrain de l’affrontement. Lorsqu’il apprend qu’Alexandre a franchi l’Euphrate et le Tigre, Darios se porte à sa rencontre. Il établit ses bases à Arbelès et fait niveler le site de Gaugamèles, en prévision du combat. Mais, tandis que Parménion contient l’assaut des Perses, que la phalange arrête les chars à faux, Alexandre en personne mène la charge contre la cavalerie perse. Une deuxième fois, Darios doit fuir. La défaite du Grand Roi ouvre à Alexandre la route des cités perses. Babylone et Suse se rendent sans combattre. Persépolis résiste plus longtemps. Alors, comme Xerxès a jadis ravagé Athènes, Alexandre livre Persépolis et ses splendeurs à ses soldats. Et, au printemps, avant de repartir, il incendie les palais où il vient de passer l’hiver.
Toutes les capitales s’ouvrent devant les Grecs, et Alexandre fait occuper, presque simultanément Babylone, Suse, Pasargades, puis Ecbatane. C’est alors que Darios est assassiné par ses généraux. Alexandre lui fait de somptueuses funérailles et se proclame héritier de l’Empire des Achéménides. Puis, il fait entièrement reconstruire Babylone, la désignant ensuite comme la capitale de son Empire d’Orient. Il ordonne que l’on rénove le Temple du dieu Marduk. Il fonde une Ecole Philosophique grâce aux quelques Initiés qui habitent encore la cité. Il transfère à l’intérieur de celle-ci nombre de textes platoniciens, zoroastriens, ainsi que des Mythes Mésopotamiens et Egyptiens ; ce qui permet à ses Mages de créer leur propre Confrérie Gnostique. Il leur confie enfin la garde de récits Hébreux assimilant le Serpent de ces derniers au Typhon Séthite des habitants de la vallée du Nil, et ceux décrivant l’Archimage Kagishegal comme l’ultime réincarnation d’Ahriman sous le nom de « Baphomet ».
A l’été de 330 avant J.C., il se remet en marche. Son armée gagne, cette fois, les provinces orientales de l’Empire perse déchu, la sogdiane et la bactriane. Sur sa route, Alexandre fonde plusieurs villes. Toutes s’appellent Alexandrie… Le roi d’Asie franchit l’Hindu Kuch, ces montagnes qui prolongent l’Himalaya, au Nord de l’Afghanistan. En 327 avant J.C., il entreprend la conquête de l’Inde ; le printemps de 326 avant notre Ere le voit sur les rives de l’Indus. A l’été, il affronte le terrible roi Pôros et son armée d’éléphants. Le voilà maître du Pendjab, mais il veut encore pousser jusqu’au Gange.
En 326 avant notre Ere également, alors qu’Alexandre touche les rives du Gange, certains auteurs qu’il a emmenés avec lui sont informés de Secrets issus de la nuit des Temps. Par ailleurs des rumeurs commencent à circuler concernant le Conquérant ; et l’une d’elles prétend qu’il se serait emparé de l’Arbre de Seth.
Parallèlement, partout où il a étendu son Empire, de nouveaux dieux surgissent et se glissent au sein du Panthéon Hellène. Ainsi, se dévoile Ismenios, le dieu du fleuve de Thèbes ; il se transforme alors en Phoibos et est assimilé au Soleil. L’Apollon de Delphes, lui, se transforme en dieu des Philosophes. Dionysos devient le dieu de la déraison. Et certains en arrivent à être persuadés que le Monde habité n’est qu’une île, car « chaque fois que l’Homme atteint les limites de la terre, il trouve la mer ; cette mer que l’on nomme « Océan ». ».
En 326 avant J.C. encore, en un peu plus de douze ans de règne, Alexandre a réuni sous son pouvoir le plus grand Empire jamais conquis, de l’Egypte à l’Indus. Il a mené les Grecs bien au-delà des territoires dont ils convoitaient depuis longtemps la domination. Quel destin pour l’héritier du petit royaume de Macédoine, souverain qui n’était, aux yeux des Grecs, guère plus qu’un demi-barbare.
Alexandre, précisément, refuse cette distinction. Il rêve de réaliser l’unité du monde, de marier l’Occident à l’Orient. Il cherche l’appui des grandes familles orientales et essaie de construire une nation mixte. Lui même épouse Roxane, fille d’un dignitaire perse. Et, en secondes noces, il prend pour femme une fille de Darios, Satira. Il incite ses officiers à suivre son exemple. Ainsi, après la chute du Grand Roi, les Perses cessent d’être des ennemis. Un grand nombre, d’ailleurs, se rallient à lui. Vainqueurs et vaincus deviennent tous sujets d’Alexandre.
Marier l’Occident et l’Orient, c’est aussi créer des foyers de langue et de culture grecque qui cimenteront son Empire. Voilà pourquoi partout où il passe, Alexandre fonde une cité qui porte son nom. Grâce aux trésors dont il s’empare, il créé des ports, développe la monnaie, étend des systèmes de communication. Il a l’intelligence de maintenir en place les administrations existantes et des respecter les Dieux et les temples des pays conquis. Simplement, aux postes clés, il place des Macédoniens. Son armée, qui reste son plus sûr soutien, est à l’image de son Empire : elle compte de plus en plus d’orientaux dans ses rangs, mais les généraux sont Macédoniens ou Grecs.
Mais, quelques mois plus tard, Bucéphale, son cheval favori, meurt. Et les soldats d’Alexandre n’en peuvent plus. Après huit ans de guerre, ils n’ont qu’un désir : rentrer. Pour la première fois de sa vie, Alexandre doit céder… à son armée. Il érige alors une colonne sur laquelle il fait graver : « Ici s’est arrêté Alexandre ». Et il amorce son retour vers la mésopotamie. Divisant son armée en trois, il charge un de ses lieutenants, Néarque, d’explorer une route maritime de l’embouchure de l’Indus au Golfe Persique. Au printemps de 323 avant J.C., il est de retour à Babylone. Quelques semaines après, il se sent prêt à repartir vers de nouvelles conquêtes. Mais, au mois de juin, en plein banquet, il est pris d’une violente fièvre. En moins de quinze jours, la malaria emporte l’invincible Alexandre. Il a 33 ans.
A sa mort pourtant, l’Empire vole en éclats. Les successeurs d’Alexandre abandonnent les ambitions de conquête de celui-ci. Pour se partager le pouvoir, les « Diadoques », fameux généraux du conquérant, se livrent une guerre acharnée. La mère d’Alexandre, sa femme Roxane, son fils, sont assassinés. Au terme de plusieurs décennies sanglantes, quatre dynasties s’imposent : les Antigonides obtiennent la macédoine, qui fait face aux révoltes des cités grecques et aux invasions Celtes ; les Attalides, le royaume de Pergame, en Asie Mineure ; les Lagides, l’Egypte ; les Séleucides, le plus vaste ensemble, c’est à dire la perse, de l’Asie Mineure à l’Iran.
Avec Alexandre, l’idéal civique disparaît, la limite entre le monde des Dieux et celui des hommes devient de plus en plus floue ; le roi est associé aux cérémonies en l’honneur des Dieux, Amon ou Mardouk ; le culte de Baal s’installe définitivement à Carthage – un grand Temple est d’ailleurs construit en son honneur à la périphérie de la cité - ; et seuls les Juifs se refusent toujours à leur rendre le culte qu’ils ne doivent qu’à Jéhovah. La langue officielle des royaumes devient le Grec. L’administration y est confiée à des Grecs ou à des Orientaux hellénisés, mais si la culture grecque se diffuse, elle est profondément marquée par des traditions orientales, surtout dans le domaine religieux. L’hellénisation est d’ailleurs inégale d’un royaume à l’autre.
Les monarques hellénistiques, tels les Dieux, se veulent protecteurs et bienveillants. Ils portent le diadème des rois Perses, entretiennent une cour raffinée, siège d’intrigues permanentes, où favorites et éphèbes peuvent jouer un rôle politique. Mais, en dépit de cette organisation, les souverains sont avant tout des chefs de guerre : ils doivent certes protéger leur territoire des incursions étrangères, mais, surtout, ils ne cessent de se combattre les uns les autres, malgré des alliances matrimoniales sans cesse renouvelées et de multiples traités. Dix des quatorze rois Séleucides meurent ainsi en campagne. Ils s’entourent de lieutenants Macédoniens, ou Grecs, qui encadrent leurs armées, et si la phalange et la cavalerie restent essentielles, le nombre de mercenaires « spécialisés » s’accroît : archers crétois, cavaliers de Tarente.
La concurrence est rude pour les cités : elles achètent leur blé en Orient, alors que la valeur de ce qu’elles exportent, vin et huile, tend à baisser. Les ports se multiplient : le Pirée commence à perdre sa prépondérance ; Délos, port franc au milieu de la mer Egée, s’enrichit ; Rhodes, plus proche de l’Orient, devient le premier port grec.
Les artisans grecs, eux, s’appauvrissent ; les paysans se font mercenaires. La grèce perd une grande partie de sa population, qui émigre en Orient – la cité la plus touchée étant Sparte -. Une bourgeoisie de propriétaires fonciers devient maîtresse dans les cités des royaumes hellénistiques ; elle assure son emprise sur les humbles par des « liturgies », prises en charge des dépenses de la cité, et surtout par des représentations théâtrales, de plus en plus coûteuses. Les mariages mixtes sont fréquents et il n’est pas rare en Syrie et en Palestine de voir un individu porter deux noms, l’un sémitique, l’autre grec. Cette bourgeoisie fait donner une bonne éducation à ses enfants, qui fréquentent le gymnase et l’école de rhétorique. Les plus riches terminent leur formation à Athènes, foyer intellectuel où professent tous les Philosophes prestigieux.
Les souverains Séleucides créent de nouvelles capitales, Antioche en Syrie, Séleucie en Babylonie. Alors que le monde rural reste immobile, les troubles sociaux, qui s’étaient apaisés, reparaissent, tandis que se pose à nouveau la question de la répartition des terres, et qu’éclatent des révoltes d’esclaves.
21 avril 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 474 - 477
Deux ans plus tard, c’est Phérécyde qui, le premier, emboîte le pas de Platon. Il affirme que « l’Hyperborée » est la « Seconde Atlantide » ; c’est là qu’Uranus et la terre se sont unis pour engendrer les Titans. Pour lui, ce sont ces derniers qui sont à l’origine de l’Univers, et ils possèdent une force religieuse qui est intimement liée au Monde Hellène. Quant à l’Orichalque, il s’agit de l’Ambre de leur Continent nordique. Puis, Proclus, un philosophe néoplatonicien, écrit un commentaire sur la timée. Il y décrit les observations d’un certain Krantor, qui, voyageant en Egypte, a lui aussi eu l’occasion de voir, sur les colonnes d’un temple de Sais, des hiéroglyphes expliquant l’histoire de l’Atlantide telle que Platon l’a écrit. Un peu plus tard, parmi les nombreux Grecs se mettant à parcourir régulièrement ce pays, d’autres se renseignent à leur sujet. Et parmi eux, le grand historien de l’Antiquité, Hérodote, s’interroge sur l’existence des Atlantes. Il situe leur pays en Afrique, près du mont Atlas. Après lui, Théopompe mentionne un énorme Continent extérieur à l’Ancien Monde, dont les habitants ont un mode de vie des plus étranges.
Malgré le sérieux de leurs études historiques, plusieurs savants confondent des faits survenus au XIIIème siècle avant J.C. avec les textes relatifs à l’existence de l’Atlantide. En effet, ils assimilent la « Grande Migration » de cette époque, et appelée autrefois migration « Dorienne » ou « Egéenne » avec l’invasion Atlante de la méditerranée. Il est vrai que vers 1250 avant notre Ere, de nouvelles populations ont déferlées sur la grèce et ses environs. Loin de faire partie d’une simple expédition militaire, celles-ci ont émigré de leur Nord originel. Elles sont venues par mer avec leurs bateaux, et par terre avec leurs chariots. Et en descendant de plus en plus vers les pays du Sud, elles se sont bien divisées en deux courants migratoires. Mais elles n’ont eu aucun rapport avec les déferlements Atlantes d’antan.
Il est sûr que le premier courant a occupé tous les Etats Grecs, la crète et Chypre. Il s’est aussi installé à Rhodes, mais sans chercher à s’emparer des îles du Nord et du Centre de la mer Egée. Il s’est seulement servi de cette dernière île comme base militaire afin de s’étendre dans toute la méditerranée orientale. Il s’est ensuite attaqué à l’Asie Mineure, la syrie et la palestine. Mais il a subi un grave échec devant l’Acropole d’Athènes, puis un deuxième en Attique. Il s’est alors retourné contre l’Egypte de Ramsès III, d’où ils ont été refoulés. Quant au second courant, il est descendu vers l’Italie en passant par le col de Brenner. Il s’est avancé jusqu’a la vallée du Val Carmonica. Il a continué plus au Sud et est arrivé en Sicile, avant fondre à son tour sur l’Egypte. Ramsès III s’est trouvé pendant un temps menacé d’un véritable encerclement – à la fois par la syrie et par la libye -. Mais le Pharaon les a définitivement vaincus.
Les envahisseurs se sont donc repliés sur l’Europe, où ils ont jeté les fondations de la civilisation Occidentale. Mêlant leur destin à celui des anciens habitants de ce Continent, ces nouveaux peuples ont adapté leurs traditions et leur histoire à celles qui existaient déjà sur place. En est né un fonds légendaire d’où est sorti le mythe de l’Atlantide tel que l’ont vu les successeurs de Solon et de Platon.
Le résultat le plus marquant de cette histoire antique remaniée a été que les émigrants nordiques du XIIIème siècle avant J.C. ont vite été assimilés aux Amazones conquérantes. Une légende surgie de nulle part à cette époque explique que les premiers rois Athéniens ont longtemps été soumis à elles. Puis, ils ont fini par libérer leur territoire de leur tyrannie ; ils en sont devenus les héros libérateurs, puis ont été considérés comme les fondateurs de la grèce Antique. Ils ont ensuite assimilés à Athéna, la déesse tutélaire de la cité.
Un autre mythe de cette période rattache quant à lui le Continent englouti à l’épopée des Argonautes : « Vers le soir, sur les conseils d’Orphée, ils abordèrent l’île d’Atlantide pour apprendre les saintes cérémonies de l’initiation. Ils se pénétrèrent de ces secrets des Dieux que l’on ne peut pas répéter. Ils continuèrent ensuite avec plus de sûreté leur voyage sur la mer effrayante. Mais je ne parlerais pas davantage de ces initiations. Salut à cette île, salut à ces Dieux indigènes, maîtres des mystères qu’il n’est pas permis de révéler. ».
En 387 avant J.C., Hippocrate de Cos affirme sa vocation médicale dans le cadre de la corporation des Asclépiades, placée sous le patronage d’Asclépios et d’Apollon. Il voyage dans toute la grèce avant de revenir se fixer à Cos. Il dissocie alors la médecine des pratiques médico-religieuses et la fonde sur des exigences scientifiques nouvelles telles que l’autopsie et l’observation. L’interdiction de la dissection humaine limite son savoir, et les conceptions a priori suppléent les limites de sa connaissance. Pour lui, la maladie résulte d’un déséquilibre des éléments constitutifs du corps, d’un défaut de la chaleur interne, qui « cuit » les humeurs froides. Il prescrit donc des purgatifs, des vomitifs, des bains, des cataplasmes, des saignées.
En 386 avant notre Ere, les Perses, en la personne d’Atarxerxès, imposent la paix du roi, qui interdit toute hégémonie d’une cité sur les autres et soumet les Grecs d’Ionie. Ce sont les ambitions de Thèbes, qui incitent Athènes et Sparte à mettre fin à leur interminable affrontement. En 371 avant J.C., les hoplites spartiates sont pour la première fois vaincus à Leucres par le général Thébain Epaminondas. Inquiète devant la brillante campagne militaire que celui-ci poursuit ensuite dans le Péloponnèse, Athènes n’hésite pas à s’allier avec les Spartiates.
Vers 370 avant J.C., les travaux d’Eudoxe de Cnide représentent une importante contribution à l’astronomie et à la géographie. L’auteur y développe la théorie des sphères concentriques permettant de rendre compte du mouvement des planètes. Il met à profit ses observations astronomiques pour déterminer les latitudes respectives de Cnide et Héliopolis. Il calcule aussi la durée de l’année : 365 jours un quart.
En 362 avant J.C., Athènes et Sparte sont de nouveau battues par les Thébains à Mantinée. L’hégémonie de Thèbes succède alors à celle d’Athènes et de Sparte. Puis, vers 356 avant J.C., le sanctuaire d’Apollon à Delphes devient l’enjeu des rivalités entre les cités grecques. Les Béotiens utilisent le conseil delphique pour s’assurer la maîtrise de la thessalie et contrôler les Phocédiens. Mais ceux-ci élisent Philomelos comme stratège et occupent le sanctuaire. Commence alors la guerre sacrée, une guerre sans pitié. Les Phocédiens ont d’abord l’avantage sur les Thébains et les Thessaliens. Philomelos menace même la thessalie, ce qui entraîne le redéploiement des alliances. Philippe de Macédoine soutient les Thessaliens, Athènes les Phocédiens. Après avoir essuyé plusieurs défaites, les Phocédiens reconstituent leurs alliances et retrouvent une place de premier plan. Fort de l’appui de la ligue thessalienne, Philippe met le siège devant Phères, alliée des Athéniens et des Phocédiens. Les Phocédiens, qui viennent au secours de la cité, subissent une cuisante défaite.
Philippe II est un souverain hellénisé : prisonnier à Thèbes au temps d’Epaminondas, il y fait son éducation et s’inspire des innovations militaires du général thébain. A la mort de son frère Perdiccas III, Philippe s’empare du trône et entreprend de transformer le royaume : il créé un Etat, une administration, reconstitue une armée très efficace et exploite les mines d’or du mont Pangée. Et, bientôt, il étend sa domination sur toute la grèce : il occupe d’abord les colonies athéniennes, puis il intervient dans les conflits entre cités. Athènes ne prend que lentement conscience du danger macédonien ; seul l’orateur politique Démosthène alerte ses concitoyens dans ses harangues, à partir de 351 avant notre Ere.
Une étape décisive est franchie lorsque Philippe s’empare d’Olynthe ; en 346 avant J.C., une première paix est conclue. Démosthène mobilise alors les forces d’Athènes contre le roi de Macédoine ; celui-ci contrôle la thrace et la thessalie, mais doit également faire face aux Scythes, qui le harcèlent au Nord. Il parvient cependant à surprendre Athènes et Thèbes en envahissant la béotie, et défait leur coalition à Chéronée, avec l’aide son jeune fils, Alexandre.
En 345 avant J.C., dans un de ses livres, un auteur Grec du nom de Théopompe mentionne l’existence d’un énorme Continent extérieur à l’Ancien Monde. Il explique qu’il s’agit d’une île au cours d’eaux navigables, que ses habitants ont un mode de vie des plus étranges. Puis, il révèle que ce sont les Carthaginois qui l’ont découvert, que certains d’entre eux s’y sont établi ; mais qu’un jour, toutes les relations avec ce territoire ont été rompu afin d’empêcher un exode qui mettait en danger la prospérité de la cité.
Longtemps disciple de Platon, Aristote est, à partir de 343 avant J.C., le précepteur d’Alexandre le Grand. Puis, il fonde vers 335 avant J.C., à Athènes, une école de Philosophie sur le modèle de l’Académie : le « Lycée », où il enseigne pendant douze ans. Esprit encyclopédique, il s’intéresse à tout : à la politique, à la physique, à la biologie. Il suit sa logique propre en reconnaissant l’importance de l’expérience et privilégie les notions de forme et de matière. La philosophie est pourtant le noyau de son œuvre, notamment avec les livres de « Métaphysique » où Aristote recherche les traits constitutifs de l’Etre. Mais « l’Ethique » et « la politique » y occupent aussi une place importante. Il propose une conception hiérarchisée du monde vivant : l’homme, doué de raison et vivant en société, « animal politique », domine le règne animal. Aristote mène par ailleurs en enquête sur les constitutions des cités grecques et en étudie 158. Pour lui dans la cité idéale, l’intérêt général doit l’emporter sur les intérêts des particuliers. « La logique » constitue aussi un autre secteur majeur de son œuvre. Elle est indissociable de la rhétorique qui met l’art de raisonner en pratique dans le discours. Il explore également les phénomènes atmosphériques, les secrets du Cosmos. Il classe, définit, décrit, explique, confrontant ses résultats avec les acquis de la science antérieure. Il meurt en 322 avant J.C.
L’école d’Epicure, elle, développe une théorie physique dérivée de Démocrite ; tandis que les sceptiques s’attaquent aux théories des écoles concurrentes, tandis que les cyniques amusent le public par leurs outrances provocatrices et leurs dénonciations des fausses valeurs : richesse, gloire, honneurs.
Au lendemain de sa victoire de Chéronée, Philippe convoque les représentants des cités de l’isthme de Corinthe et constitue une confédération hellénique. Les cités, qui conservent leur autonomie, sont représentées selon leur importance dans cette ligue qui doit préserver leur entente. Philippe est proclamé « hegemon » des Hellènes, puis chef militaire suprême, « stratège autocrator ». Il entraîne alors les Grecs dans une grande expédition contre les Perses, à la fois pour asseoir son pouvoir et exalter le panhellénisme. Mais son entreprise est arrêtée net en 336 avant J.C., car il est assassiné par l’un de ses officiers.
En 336 avant J.C. également, les cultes rendus aux anciennes divinités grecques ne semblent pas assez efficaces et de nouvelles conceptions modifient profondément le comportement religieux. Les hommes se cherchent des dieux plus « transcendants » mais aussi plus proches d’eux et plus miséricordieux. C’est ce qui explique le succès du dieu guérisseur Asclépios ou encore, celui de Dionysos, qui fait appel à la sensibilité plus qu’à la raison. De nouveaux cultes apparaissent, venus de Thrace et de Phrygie comme Cybèle ou Bendis, ou d’Orient comme Isis et Astarté. Les fidèles, de craintifs, deviennent superstitieux ; ils s’interrogent sur l’Au-delà et font le succès des cultes à Mystères.
Celui d’Eleusis – le plus important - est une célébration secrète réservée à des initiés appelés « mystes » - ceux qui gardent la bouche close -. Mais tous les Grecs qui le souhaitent peuvent se faire initier, sans distinction d’âge, de sexe ou de condition. Aux « Petits Mystères d’Agra », ils reçoivent un enseignement préparatoire. Les « Grands Mystères », en septembre, commencent à Athènes et sur la plage de Phalère ou les mystes se purifient par un bain de mer. Puis, ils partent pour Eleusis où, en grand secret, derrière l’épaisse muraille du sanctuaire, ils célèbrent les Mystères. Les prêtres miment la légende de Korê et renseignent les fidèles sur leur devenir après la mort. Le myste reçoit par ces révélations l’assurance d’une vie heureuse dans l’Au-delà, bonheur refusé aux non initiés.
Mais ce ne sont pas les seuls : il y a également des itinérants qui se font appeler « Sophistes », et qui vont de ville en ville monnayer leur savoir et leurs techniques. Ceux-ci donnent des séminaires restreints à de riches particuliers, mais se livrent aussi volontiers à des performances publiques. Car, la population se plait à voir ces professionnels de l’improvisation répondre du tac au tac, défendre la thèse, puis l’antithèse. Rien n’échappe à la curiosité de ces intellectuels, des métiers manuels à l’astronomie, des généalogies aux mathématiques ; Hippias, Gorgias et Protagoras, entre autres, sont les détenteurs d’une culture universelle.
20 avril 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 468 - 474
Vers 399 avant J.C., le philosophe Socrate proclame à qui veut l’entendre qu’il ne sait rien. Sa méthode favorite est d’interroger, de façon incisive et perçante, le disciple à qui il veut faire accoucher le vrai. Bientôt, il n’est point de Grec qui ne souhaite s’entretenir avec ce Sage qui refuse les honneurs et entend faire de la rue le théâtre de son enseignement. Pour guider ses fidèles, dont un certain Platon, Socrate exploite la dialectique, qui permet de progresser par dépassements successifs. Il se heurte dès lors aux conceptions philosophiques des Sophistes. Il se heurte aussi à l’un de ses anciens disciples, Critias, pour qui l’intellectualisme et le rationalisme corrompent la jeunesse et portent atteinte à la religion traditionnelle.
A la mort de Socrate, injustement condamné à mort, vers 390 avant J.C., Platon voyage à Mégare, en Egypte et à Cyrène. Puis, il revient à Athènes vers 395 avant J.C. Il acquiert un jardin peu fréquenté, consacré à un vieil héros attique, Akadémos, et s’y retire avec quelques disciples pour y fonder une école : l’Académie. C’est une sorte de confrérie, rassemblée autour de valeurs religieuses : l’endroit où elle se tient est un lieu sacré avec des sanctuaires est ses pieuses légendes. Les membres rendent un culte particulier aux Muses, vénèrent Socrate comme un héros et observent des rites qui leur sont propres. L’enseignement a la forme le plus souvent de discussions amicales entre le maître et les élèves, qui vivent en communauté. Le but de ces échanges est de poser les problèmes aussi clairement que possible afin de s’approcher de la vérité. Platon n’entend enseigner qu’à un petit groupe d’hommes purs, indépendamment de toute préoccupation sociale.
Par ailleurs, Platon entend défendre la mémoire de Socrate et fait rouvrir le dossier de sa condamnation à mort. Dans ce but, il rédige un « Apologie de Socrate », où il lave son maître des accusations absurdes d’impiété et de corruption de la jeunesse, déconsidérant ainsi ses anciens accusateurs. Peu de préoccupations essentielles échappent à sa réflexion : le juste, le beau, le vrai… Par ailleurs, Platon le premier, tente aussi de retrouver la trace historique de ses lointains Ancêtres Atlantes. Pour cela, il se réfère aux notes de Solon que celui-ci a transmises à Critias l’Ancien, et que lui même à a légué à Critias le Jeune, avant d’aboutir dans les mains de Platon. C’est grâce à elles qu’il retranscrit ces récits dans ses propres commentaires dictés à Socrate.
Le premier, « la timée », est un ouvrage mi-scientifique mi-philosophique traitant de l’origine du monde. Le dialogue commence par le récit du mythe de l’Atlantide. « Le Critias », quant à lui, parle des Atlantes, de leur île et de leurs colonies. Il relate aussi la vie des hommes qui sont leurs contemporains, et qui stoppent l’invasion de cet Empire Atlantique en Méditerranée. Il explique enfin leur chute finale et la destruction apocalyptique de leur Continent.
« En ce temps là, écrit Platon, les anciens pouvaient naviguer pour traverser cette mer Atlantique. Il y existait une île que ces voyageurs d’un autre Age situaient devant le passage des Colonnes d’Hercule. Celle-ci ressemblait à un port dont l’entrée était étroite comme un goulet, mais dont l’étendue était ensuite plus étendue que la libye et l’Asie réunies. Ce qui se trouvait au-delà formait une nébuleuse marine assez immense, dite océan ; qui méritait vraiment le nom d’Atlantique. De cette terre, les hommes passaient facilement dans d’autres territoires et gagnaient ainsi tout le Continent sur le rivage opposé du globe. Mais l’Atlantide elle même était constituée d’un seul tout, et formait elle aussi un véritable Continent.
Lorsque les Dieux de l’Olympe décidèrent de se partager la terre juste après sa naissance, ils en firent des lots ; petits ou grands, ils se les répartirent équitablement entre eux. Chacun d’eux prit possession d’une contrée, et l’Atlantide fut donnée à Poséidon. Cette île était, depuis ce temps là, sa propriété personnelle.
Près de la mer, mais à la hauteur du centre de l’île toute entière, il y avait une plaine, la plus belle dit-on, de toutes les plaines ; et la plus fertile. Celle-ci occupait environ la moitié de sa superficie totale. L’hiver, elle était arrosée par les pluies de Zeus, l’été par l’eau des sources. Elle était proche de la mer ; et, distante de son milieu d’environ cinquante stades, il y avait une montagne partout d’altitude médiocre.
Là, au centre de l’île, à une égale distance de la terre et de la mer, tout au début, demeuraient Evenor et sa femme Leucippe. Ils étaient l’un des rois et l’une des reines de la nation humaine que l’Univers avait autrefois engendrée. De leur union naquit un enfant, une fille. Ils la nommèrent Cleito, qui était nubile quand ils moururent tous deux. Poséidon s’en éprit, s’unit à elle et l’épousa. Fou amoureux, un jour, il clôtura, fortifia et isola de toutes parts la colline où elle habitait. Il creusa alentours un triple fossé circulaire rempli d’eau, enserrant deux remparts dans des replis inégaux. Il les arrondit démesurément, ce qui rendit le lieu inaccessible. Car, à cette époque, on ne connaissait alors ni les vaisseaux ni l’art de naviguer. Puis, en qualité de Dieu, il aménagea efficacement et embellit aisément sa nouvelle propriété. Il y fit couler deux sources, l’une chaude et l’autre froide. Il tira au sein de la terre des aliments variés et abondants.
Puis, Poséidon et Cleito engendrèrent et élevèrent cinq générations d’enfants mâles et jumeaux. Devenus adultes, ceux-ci se mêlèrent au peuple d’où était issu Cleito et ses parents avant elle, et qui n’étaient pas de leur sang. Ils épousèrent des femmes humaines et eurent à leur tour des fils et des filles. Alors, au cours de ces premiers temps, le Dieu peupla une partie de l’Atlantide de sa postérité. Il partagea le territoire en dix portions où ses descendants pourraient régner pour l’Eternité. Il donna à l’aîné du premier couple la demeure de sa mère, avec la riche et vaste campagne qui l’entourait ; c’était la plus grande et la meilleure de tout le territoire. Il l’établit Roi sur tous ses frères et lui ordonna d’ériger une capitale en cet endroit. Ensuite, il fit de chacun des autres frères des princes assujettis, monarques de grands pays et de nombreuses populations ; et à tous, il leur donna des noms. L’aîné fut nommé Atlas ; c’est de lui que l’île toute entière et la mer Atlantique l’enveloppant tira son nom. Son frère jumeau, Eumèle, prit possession de l’extrémité la plus voisine des Colonnes d’Hercule du Continent. Pour les jumeaux de la seconde génération, il donna les noms d’Ampharès et d’Evaimon. Puis, pour la troisième, ce fut Mnéséas et Autochtonos ; la quatrième, Elasippos et Mestor. Enfin, pour la cinquième, il les appela Azaès et Diaprépès.
Alors, une fois que chacun de ses fils fut bien établi, il leur fit bâtir des palais, d’où ils pourraient gouverner sagement. Il leur demanda des temples et institua des sacrifices afin qu’ils l’honorent comme leur souverain divin. Ensuite, il leur transmit des Lois qu’ils gravèrent sur une colonne au milieu de l’île. Elles leur interdisaient de prendre les armes les uns contre les autres ; leur demandaient de toujours délibérer en commun ; aucun Roi n’était maître de donner la mort à aucun de ses frères si tel n’était pas l’avis de la moitié des dix monarques ; et comme leurs ancêtres, ils devaient en toutes circonstances laisser l’hégémonie à la race d’Atlas.
Ces règles furent pour longtemps les garantes de la bonne marche de la société Atlante. Car les souverains ne se laissèrent par griser par l’excès de leur fortune, et ne perdirent pas la maîtrise d’eux-mêmes en les suivant fidèlement. Ils instituèrent grâce à elles le gouvernement général du Continent, et les rapports des différents Rois entre eux. Ils se réunirent bientôt dans le temple de Poséidon et de Cleito de l’île royale. Ils s’y réunirent successivement la cinquième et la sixième année, en alternant les nombres pairs et les nombres impairs. Ils se mirent à discuter des intérêts publics. Ils recherchèrent si quelque infraction aux Lois avaient été commises ; par les Atlantes autant que par eux-mêmes. Ils portèrent des jugements valables pour tout le monde.
Dans ces moments là, lorsqu’ils se retrouvaient entre eux, les dix souverains présidaient tout d’abord aux rites. Des taureaux sacrés étaient lâchés dans un enclos sacré. Ils priaient Poséidon pour qu’il leur fasse capturer la victime qui lui serait agréable. Puis, ils se mettaient à leur poursuite, sans armes de fer ; seulement avec des épieux de bois et des filets. Ils amenaient ensuite le taureau qu’ils prenaient auprès de la colonne d’orichalque. Comme cela était prescrit par les sacrements, ils l’égorgeaient en son sommet. Ils l’offraient au Dieu en lui consacrant toutes les parties nobles de l’animal. Ils remplissaient ensuite un cratère de son sang et s’en aspergeaient d’un caillot. Puis, ils mettaient ses restes au feu en purifiant le périmètre de la colonne. Quand au sang du cratère, ils le puisaient dans des coupes d’or, le versant en partie dans le feu. C’est à ce moment là qu’ils faisaient le serment de juger en conformité avec les Lois de Poséidon. Ils se promettaient de châtier quiconque les violerait ; de ne jamais enfreindre de leur plein gré ses formules ; et de commander et obéir qu’à elles. Chacun des dix Rois prenait cet engagement, autant pour lui même que pour toute sa descendance. Ils finissaient par boire le reste du sang des coupes d’or, avant de remettre les calices en ex-voto dans le lieu le plus sacré du temple.
Le soir venu, les Rois soupaient et vaquaient aux autres occupations nécessaires à la bonne marche de la cérémonie. Quand l’obscurité venait et que le feu des sacrifices était en train de se refroidir, tous revêtaient de très belles robes d’azur sombre. Ils s’asseyaient par terre dans les cendres encore incandescentes. Puis, lorsque le feu était complètement éteint partout dans la salle, ils jugeaient et rendaient leurs décisions. Ils les subissaient aussi, si l’un d’eux était accusé d’avoir violé les Lois. Une fois le justice rendue, la lumière revenait. Ils gravaient leurs sentences sur une table d’or ; qu’ils consacraient en même temps que leurs robes. Ils suspendaient leurs vêtements aux murs du sanctuaire, comme des souvenirs et des avertissements.
La postérité d’Atlas et de ses frères se perpétua ainsi, toujours vénérée. Le plus âgé de la race laissait le trône au plus âgé de ses descendants lorsque son temps se terminait. Avec l’aide de la loi, il avait tout pouvoir sur ses sujets. Lorsque l’un d’entre commettait une infraction, il infligeait les peines de mort en fonction de la volonté divine. De ce fait, la descendance d’Atlas conserva le pouvoir pendant un grand nombre de siècles. Et la race des Atlantes, ainsi merveilleusement dirigée, devint rapidement la race la meilleure et la plus belle parmi celle des hommes.
L’Atlantide était d’une richesse minérale fabuleuse. Dans de nombreuses localités, les mines recelaient de tous les métaux fusibles, comme l’or, l’argent, le cuivre et le fer. Elles extrayaient aussi l’orichalque, ce métal dont l’éclat rivalisait avec celui du feu. On en trouvait pourtant que dans très peu d’endroits. Il était donc beaucoup plus précieux que l’or.
Grâce à ces matériaux, les habitants du Continent bâtirent des villes magnifiques, dotées de toutes les conquêtes de l’urbanisme. Entourées de canaux, ceinturées de bandes de terres en forme d’anneaux concentriques, elles se propageaient jusqu’au temple central consacré au Dieu de la mer. Ils jetèrent des ponts sur les fossés qui les entouraient. Ils établirent des voies de communication entre les demeures royales et le reste du pays ; aux place mêmes qu’avaient habité Poséidon et ses enfants. Leurs descendants ajoutèrent peu à peu des embellissements, s’efforçant de surpasser leurs prédécesseurs. Certains créèrent même des installations hydrauliques à partir des sources d’eau chaudes et froides. Ils en firent tant qu’on ne pouvait contempler tant de grandeur et de beauté sans être stupéfait d’admiration.
C’est sur la plaine rectangulaire centrale que se construisit la capitale de l’Atlantide. Immense et magnifique, elle reçut en abondance tout ce qui pouvait se trouver sur la terre. A proximité, ses habitants érigèrent un canal d’où partaient de nombreuses ramifications. Ils l’entourèrent entièrement d’un mur de pierre circulaire. Ils revêtirent tout le tour de celui-ci d’un enduit de cuivre. Ils recouvrirent l’enceinte intérieure, large de plus de cinq stades, d’étain fondu ; celle-ci enveloppant la cité intérieure – sacrée -, la colline des temples. Empreinte de richesse et de grandeur, cette dernière fut l’endroit où s’éleva le palais des Rois ; à chaque bâtiment entièrement recouvert d’orichalque.
Au sommet de la colline des temples, s’éleva bientôt un gigantesque sanctuaire dédié à Poséidon et à son épouse Cleito : l’Acropole. Particulièrement admirable et redoutable, il s’entoura d’une enceinte d’argent, fut décoré d’éléments en or. Le temple, réduit à lui même, eut un stade de longueur, trois arpents de largeur et une hauteur proportionnée. Tout son extérieur fut revêtu d’argent ; sauf les extrémités qui s’embellirent d’or, d’argent et d’orichalque. A l’intérieur, les murs, les colonnes et les pavements se garnirent d’ivoire. On vit des statues d’or, dont le Dieu debout sur son char conduisant six coursiers ailés. Celui-ci était si grand que sa tète toucha la voûte du toit. Il y avait quelque chose de terrifiant et de barbare dans son aspect. Tout autour de lui apparurent bientôt cent Néréides assises sur des dauphins. Un peu plus loin de là, l’autel, par ses dimensions et son travail, répondit à cette splendeur. Enfin, peu à peu, d’autres statues offertes par des particuliers s’ajoutèrent à elles.
Ce lieu était celui où autrefois les Atlantes avaient prêté allégeance aux dix chefs des dix dynasties royales. On y venait chaque année, de toutes les Provinces de l’Empire, offrir au Dieu les prémices des fruits de la terre. Ils s’y livraient à des ablutions rituelles avec des coupes en or et en argent. Ensuite, ils se rendaient dans un bois sacré qui se trouvait à proximité. Ce dernier, grâce aux vertus de son terroir, comprenait des arbres de toutes les essences. Il était d’une beauté divine et d’une hauteur vertigineuse. Arrivés à cet endroit, les Atlantes se recueillaient un moment afin d’être encore plus proches de Poséidon.
Par ailleurs, à partir de la mer et aboutissant à l’une des extrémités de la capitale, les habitants creusèrent un canal. Avec trois arpents de largeur et cent pieds de profondeur, celui-ci avait une étendue de cinquante stades ; et aboutissait au rempart extérieur de la cité. L’eau s’y déversait depuis les ouvertures de l’océan. Les Atlantes firent en sorte que les vaisseaux qui viendraient des rivages de ce dernier puissent y entrer comme dans un port. Ils ménagèrent ses embouchures pour que les plus grands navires puissent s’y mouvoir sans peine. Et, dans les enceintes de terre qui séparaient les enceintes de mer, face aux ponts qui les enjambaient, ils ouvrirent des tranchées assez larges pour cela. Ils unirent aussi leurs bords par des toits, afin que les bateaux les plus grands, comme les plus petits, puissent passer à couvert.
Sur un autre coté de la cité, les Atlantes aménagèrent d’immenses jardins, des gymnases pour les hommes, ou des manèges pour les chevaux. Tout autour, les casernes étaient pleines de soldats, et les arsenaux étaient garnis de trirèmes. Le canal et le port principal regorgeaient de vaisseaux marchands venus de partout. Dans leurs alentours, les foules y causaient jour et nuit. Un vacarme continuel, un tumulte incessant, s’y répercutait.
Par ces apports divers et variés, l’île fournissait aussi aux arts tous les matériaux dont ils avaient besoin. D’abondantes réserves de bois pour la construction existaient un peu partout. Toutes sortes d’animaux domestiques, ainsi que des éléphants, vivaient dans les innombrables pâturages nécessaires pour nourrir ces monstrueuses bêtes des plus voraces. Une grande variété de créatures peuplait les marais, les étangs, les rivières, les montagnes, et les plaines de l’île. Il y avait des champs cultivés et des arbres fruitiers. Il y avait aussi des vignes, du blé et des légumes. En outre, la terre portait spontanément toutes les substances aromatiques qui existaient de part le monde : racines, herbes, plantes, sucs découlant des fleurs et des fruits. Elle les produisait sous un soleil divin comme d’admirables trésors, en quantité innombrable et avec une qualité extraordinaire.
Celle-ci forma bientôt un grand Empire. Grâce à sa puissante renommée, elle propagea sur toute la contrée d’Atlantide, et aussi sur d’autres portions de Continents. Du coté méditerranéen du détroit, elle régna sur la libye, l’Egypte, et sur l’Europe jusqu'à la thyrénie. Elle amassa des richesses incommensurables. Sa prospérité fut beaucoup plus étendue que celle d’Atlas et de ses frères. Elle posséda tout ce qu’elle pouvait souhaiter. Et, en raison de son pouvoir, les Atlantes reçurent beaucoup de marchandises importées des régions extérieures, mais soumises à l’Empire. Bien des choses leur venaient du dehors à cause de l’étendue de ce dernier. Mais leur île leur fournissait tout de même la plus grande part des denrées répondant à leurs besoins. Elle produisait seule ce qui était vital à leur vie quotidienne.
Telle était la formidable puissance de l’Atlantide. Et, pendant plusieurs générations, tant qu’il y eut en ses habitants quelque chose de la nature du Dieu, ils obéirent à ses Lois. Ils honorèrent le principe divin qui faisait de lui leur ancêtre. Leurs pensées étaient ainsi conformes à la vérité ; elles étaient en tous points généreux. Ils se montraient plein de modération et de sagesse dans les innombrables éventualités de la vie, comme dans leurs rapports les uns avec les autres.
Aussi longtemps que les Atlantes raisonnèrent de cette manière, ils conservèrent leur essence céleste et tout leur réussit à souhait. Pourtant, lorsque celle-ci s’amoindrit peu à peu par un continuel mélange avec la constitution mortelle, l’humanité l’emporta de beaucoup. Ils devinrent incapables de supporter la prospérité présente. Ils dégénérèrent, tombèrent dans l’indécence. Ils commencèrent à vivre une décadence morale impitoyable ; l’avarice et l’égoïsme prirent le dessus. Apparaissant beaux à ceux qui ne croyaient qu’aux valeurs marchandes, ils devinrent laids à ceux aux yeux des hommes clairvoyants. Ces derniers comprirent que le peuple Atlante était en train de devenir méchant et perdait le plus précieux de ses biens : son innocence.
Puis, un jour, les Atlantes hors d’état de réaliser ce qui leur rendait la vie véritablement heureuse, jugèrent qu’ils étaient parvenus au fait de la vertu et de la félicité. Ils se mirent à regarder avec mépris tous ceux qui ne suivaient pas fidèlement ces dernières. Ils firent bientôt peu cas des biens et des présents venus de leurs colonies. Ils portèrent comme un fardeau l’or, les richesses et les avantages de la fortune. Ils devinrent possédés par la folle passion d’accroître leurs possessions territoriales.
Alors, les Rois se tournèrent un jour contre les pays indépendants mais proches de leurs colonies. Les soixante mille districts composant l’Empire leur fournirent dix mille chars de combat, deux cents quarante mile chevaux, douze cents mille combattants et deux cents quarante mille marins. Leur flotte comprit douze cent vaisseaux. Ayant concentré toutes ces forces, les souverains entreprirent d’asservir d’autres contrées. Ils s’engagèrent sur les voies de l’impérialisme sauvage. Ils eurent l’intention d’étendre leurs protectorats au-delà de la méditerranée. Et, peu de temps avant sa disparition, l’Empire Atlante tenta de soumettre d’un seul coup son hégémonie au reste du monde. Au cours de cette période de conquête effrénée de nouveaux pays, il en domina beaucoup. Seuls les Amazones de Myrina, ainsi que les premiers rois Athéniens, ne subirent pas leur joug ; ils réussirent à les repousser de justesse hors de leurs frontières.
Zeus, le Dieu des Dieux, qui gouvernait selon les Lois de la justice, et dont le regard discernait le Bien du Mal, s’aperçut de la dépravation d’un peuple naguère si généreux. Il fut dégoûté par leur déchéance, leur immoralité et leurs blasphèmes. Il se rendit compte que leur orgueil les avait convaincus de pouvoir conquérir le monde entier. Fâché par un tel comportement, il voulut les châtier afin de les ramener à la raison.
Zeus assembla tous ses frères, ses sœurs, et tous ses pairs, dans la partie la plus brillante de sa demeure céleste. Du centre de l’Univers, de là où il pouvait tout contempler, il leur dit les événements qui se déroulaient sur Terre. Les Dieux discutèrent ensuite un long moment pour savoir ce qu’il convenait de faire. Et ils chargèrent finalement Poséidon de punir les habitants de l’Atlantide. En revenant chez lui, ce dernier s’aperçut en effet rapidement de la déchéance de ses enfants. Il décida de leur infliger un châtiment exemplaire en voyant qu’ils s’étaient mis dans un triste état en se dressant contre toute l’Europe et toute l’Asie.
Dans un premier temps, ce fut Zeus qui intervint. Il fit en sorte de les arrêter dans leur entreprise de conquête. Car, les Atlantes partis en guerre, ils occupaient désormais la plupart des Etats Grecs de la mer Egée. Et seuls les Athéniens se défendaient encore assez vaillamment pour les stopper. En désespoir de cause, ceux-ci s’étaient réfugiés dans l’enceinte de Pelagsia. C’est à ce moment là que Zeus apparut à leur coté. Le résultat de l’aide du Dieu fut tel qu’ils rejetèrent les envahisseurs à la mer ; ils les repoussèrent même jusque dans leur contrée d’origine. Finalement, après de nombreux affrontements sur terre et sur mer, ce furent les Athéniens qui s’installèrent en Atlantide pour y imposer leur autorité.
Puis, les Dieux laissèrent éclater leur courroux. Le Continent subit des tremblements de terre violents, des inondations extraordinaires et des cataclysmes importants. Tous les hommes animés d’un esprit guerrier, tous les combattants, furent engloutis dans la terre. En l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit, l’île de l’Atlantide, que l’on avait jadis qualifiée de « Fortunée », se craquela et s’enfonça dans la mer en compagnie de plusieurs autres îles. Rapidement submergée par les eaux, elle disparut de la surface du monde. Et l’océan devint son tombeau, ainsi que celui de ses habitants qui se croyaient semblables aux Dieux.
En s’effondrant, les débris du Continent formèrent des couches de limon très gênantes. Ils engendrèrent des crevasses sous-marines et des hauts fonds impraticables par leurs alentours vaseux ; ce, au point d’empêcher les navigateurs voulant se rendre de l’autre coté, de poursuivre leur route. A partir de ce moment là, l’océan Atlantique devint difficile, inexplorable et infranchissable. Si ce n’est sept petites îles et trois autres un peu plus grandes à proximité des premières, tout ce qui était au-delà des Colonnes d’Hercule fut oublié des hommes. ».
C’est grâce à ce texte, qu’après la mort de Platon, beaucoup de Grecs conservent le souvenir de l’Atlantide. Certains assimilent bientôt l’ancien Continent aux Champs Elysées ; lesquels sont situés sur l’île des Bienheureux, loin à l’Ouest de l’océan Occidental. D’autres pensent que le Tartare se trouvait non loin de l’une de ses plus hautes montagnes. D’ailleurs, par la suite, et pendant longtemps, quelques objets comme des vases de bronze venus de Troie, portent les inscriptions : « Don du roi de l’Atlantide à Cnossos ».
Pourtant, ce sont les propres disciples de Platon qui commencent à échafauder les premières théories à propos de l’Atlantide. Certains placent la « Terre Ancestrale » de leur Mentor à la hauteur des Açores ; d’autres au cœur de la mer Egée, ou encore sur les rivages de la mer du Nord. Ils croient en effet en une réalité historique de l’île. Pour eux, Platon ne peut avoir tout imaginé, et encore moins s’être trompé sur ses sources. Car tous les textes auxquels se réfère le Philosophe font référence à une origine commune existant depuis des temps immémoriaux. Chacun y allant de son hypothèse, se référant à ses propres Mythes et Légendes, rendent peu à peu la vérité beaucoup plus difficile à cerner.
19 avril 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 465 - 468
En 325 avant notre Ere, Alexandre a permis à la civilisation Grecque et à la civilisation Indienne de se rencontrer. Et, bien qu’il décède quelques mois plus tard, l’influence Hellénistique réussit à demeurer vivace dans la vallée du Gange. Celle-ci parvient en effet à apposer son empreinte Culturelle et Politique dans toute la région : le Pendjab accueille de nombreuses Populations militaires Grecques sur son territoire ; plusieurs agglomérations Helléniques s’édifient en Bactriane et dans des zones situées au Nord-Ouest du Subcontinent. Et, ailleurs, en Egypte, la bibliothèque d’Alexandrie commence à être édifiée pour accueillir en son sein une multitude de Manuscrits Bouddhiques, de Védas, et de Sutras extraordinairement rares et précieux.
Chine, Vème – IIIème Siècle avant J.C. :
Vers 510 avant notre Ere, le Taoïsme s’étend désormais à de nombreuses Régions Populaires de Chine. En effet, les Grands Maîtres qui ont succédé à Lao Tseu après sa mort, approfondissent leur Connaissance de ses Doctrines. Ils organisent des Cérémonies en des lieux bien déterminés, et y rassemblent énormément de Fidèles. Au cours de ces dernières, ils se mettent à Mythifier Lao Tseu. Ils entourent progressivement son Existence de Légendes et de Prodiges. Et, ils expliquent à leurs Adeptes :
« Après sa Mort, Lao Tseu se métamorphosa en un Etre Divin. Son œil gauche devint le Soleil, son œil droit, la lune. Sa tète se transforma en Mont Kouen-Loven, son cœur en Mont Hou-Kni. Et enfin, ses cheveux se changèrent en Etoiles, ses os en Dragons, sa chair en Quadrupèdes, ses intestins en Serpents, son ventre en Mer, ses doigts en Spies Sacrées, et ses poils en Végétaux. ».
En 453 avant J.C., le Jin, la plus puissante des principautés vassales des Zhou, éclate en trois Etats. Cet épisode ouvre la période des « Royaumes Combattants », car les anciens vassaux usurpent désormais le titre de roi, jusqu’alors réservé aux descendants des Zhou. Par ailleurs, les guerres entre royaumes, de plus en plus violentes, deviennent le souci majeur des gouvernants.
Les guerres opposent des pays qui ont des dimensions proches de celles des nations européennes d’aujourd’hui. Le déplacement des armées sont de plus en plus massifs, longs et coûteux, et après les batailles, les victimes se content par milliers. Si le développement des opérations l’exige, les rois n’hésitent pas à transplanter des populations entières, contribuant ainsi à forger l’unité de fait des populations chinoises. La logistique existe en outre que les routes soient entretenues correctement, que les eaux soient maîtrisées et rendues navigables, cela, au prix d’énormes travaux. Les frontières doivent être protégées par d’imposantes murailles. Il faut aussi connaître le mieux possible les potentiels d’approvisionnement des pays traversés et leur configuration ; dès cette époque, on dispose donc de la boussole et des cartes sont établies.
Malgré tout, la diplomatie ne perd jamais ses droits. Les alliances militaires sont toujours consolidées par des échanges de princesses à marier ou par une autre pratique : pour s’assurer de la fidélité d’un nouvel allié, les souverains ont coutume de retenir son prince héritier à leur propre cour, faisant ainsi de celui-ci un véritable otage.
La stratégie, la tactique, le commandement des hommes deviennent, à ce moment, des arts ou des sciences bien plus importantes que les rites ou la divination, qui ont été le principal souci des périodes précédentes. Des théoriciens sillonnent le pays pour se mettre au service des princes. Maître Sun, par exemple, qui se présente auprès de Hélu comme un spécialiste de la guerre, rédige un traité de stratégie.
En 440 avant notre Ere, quelques années après l’éclatement du Royaume Jin et le début de la période des Royaumes Combattants, la région se fractionne en sept Etats indépendants. Apparaissent donc le « Royaume des Wei », avec sa Capitale, « Anyi » ; le « Royaume Chu », avec sa Métropole, « Yang » ; et le « Royaume de Zhao », et sa Cité Principale située dans la partie Méridionale de la province de Hebei, « Handan ». Et, moins influents, surgissent à leurs cotés le Royaume de Han, le Royaume de Yan, le Royaume de Qi, et le Royaume de Qin.
Mais, bientôt, les Monarques Zhao se mettent à développer leur Capitale de manière extraordinaire : ils y élèvent des plate-formes, qu’ils alignent selon un axe Nord-Sud. Et, au sommet de celles-ci, tournées vers le Septentrion, et rattachées à des Tumulus et des Catacombes, ils construisent des citadelles et des demeures Princières. D’un autre coté, dans les villes de Xia Du et de Yixian, ils divisent les quartiers par un mur courant tout le long d’un canal. Ils les morcèlent en faubourgs spécialisés, tels, celui des Fonderies, ou celui des maisons simples. Et, enfin, à Nanyue, un Palais est érigé par le deuxième Souverain de la dynastie Zhao – Mo ; jusqu’au jour où ce dernier se fait enterrer dans ses alentours en compagnie de 2500 soldats, et de chevaux en miniature.
A partir de 390 avant notre Ere., le Royaume de Chu est considéré comme le plus riche et le plus puissant des Royaumes Combattants. En effet, ses habitants savent fabriquer des Epées très effilées. Il possède des artisans – tels que Gou Jian – capables d’offrir de magnifiques armes au Prince de Yue, une Province de la basse vallée de Yangzi récemment annexée par les Chu. Et, de fait, peu à peu, le Royaume des Chu devient le principal rival du Royaume des Qin.
A partir de 361 avant J.C., le Monarque Wei Shang Yang met en œuvre un impressionnant catalogue de réformes. La noblesse héréditaire se substitue à une noblesse de mérite militaire. Le travail obligatoire est institué et les oisifs réduits à l’esclavage. Les familles sont regroupées par unités de cinq, pénalement responsables pour chacun de leurs membres. Les peines sont minutieusement répertoriées et d’une grande cruauté, tandis que la délation est récompensée et l’espionnage populaire encouragé. L’objectif de cette organisation est d’enrichir l’Etat et de fortifier l’armée.
Le Fils du Ciel n’est plus la courroie de transmission entre le Ciel, la terre et les Hommes. Il est au-dessus, dans une position qui en fait l’égal du Ciel. Pour régner, il dispose d’une loi, qui, connue par tous, est applicable à tous. Qin Shi Huangdi est sensible à ces idées. Mais son proche conseiller, Li Si, jaloux du Philosophe, accuse celui-ci de trahison et le pousse au suicide.
En 350 avant notre Ere, le Souverain Qin transporte sa Capitale à Xianyang. En 278 avant J.C., l’un de ses successeurs attaque le Royaume des Chu et s’empare de l’une de leurs Provinces les plus prospères : celle de Yummeng. Pour célébrer sa victoire, il organise de nombreuses Cérémonies Rituelles au Sanctuaire de Shuihudi. Ensuite, il ordonne l’exploitation minière intensive de la région conquise. Il épuise les couches superficielles de son sol en très peu de temps. Et, il est progressivement obligé de faire creuser des puits de plus en plus profonds.
Asie du Sud-Est, Vème – IVème siècles avant J.C. :
Vers 450 avant notre Ere, la péninsule Coréenne entretient de nombreux contacts avec les Populations alentours. Elle commerce avec les membres de la civilisation du Fer installée au Nord-Ouest. Elle fait venir chez elle des instruments de Bronze fabriqués en Chine, des épées exécutées en Mandchourie. D’un autre coté, la culture de Mumun y atteint son apogée : elle valorise l’exploitation rizicole, et, en conséquence, elle développe une nouvelle Organisation Sociale et Politique. Elle s’intéresse de plus en plus à la philosophie Bouddhiste. Elle entre en relations avec ses trois principaux voisins Coréens ralliés depuis longtemps à cette dernière ; dont, le Royaume de Koguryo. Elle observe avec curiosité les éléments Taoïstes qui prêchent sur son Territoire. Et, elle comprend que ceux-ci prônent une Morale Animiste et Chamanique.
Or, à partir de 390 avant J.C., la chine essaye d’étendre sa Puissance vers le Nord de la corée. En effet, l’important voisin réalise que la péninsule possède désormais un rayonnement Culturel considérable ; Elle apprend que le Japon est également fasciné par celui-ci, et que l’Archipel entretient d’étroits rapports commerciaux avec lui. Et, elle tente de fait d’implanter quelques Colonies à sa périphérie.
Japon, Vème – IVème ème siècle avant J.C. :
A cette époque, la culture du riz commence à se développer dans l’archipel, ainsi que, progressivement, l’usage du bronze, du fer et du cheval. C’est l’Ere Yayoi ; elle est caractérisée par la naissance de petits pays, par un outillage de bois plus abondant et plus perfectionné qu’auparavant, dont certains ont une fonction rituelle et protectrice.
Par ailleurs, des commanderies Chinoises de Corée se développent sur les rivages du Japon. Le commerce commence à s’intensifier entre le Continent et l’amas d’îles japonaises.
Grèce, IVème siècle avant J.C. :
L’alliance Perse, qui permet à Sparte de vaincre Athènes, est de courte durée : en 401 avant J.C., les Spartiates participent en effet à l’expédition menée par Cyrus le Jeune contre son frère Atarxerxès II, le grand roi Perse, afin de le détrôner. Les deux armées s’affrontent à Counaxa. Après la défaite et la mort de Cyrus, les 10 000 mercenaires grecs, qui figurent parmi les troupes que celui-ci a levés, effectuent une longue retraite et regagnent la mer. Les Perses poussent alors les Grecs à la révolte contre la domination de Sparte. En 394 avant J.C., la flotte lacédémonienne est détruite au large de Cnide, alors qu’elle doit faire face à Athènes, qui relève ses murs, reconstitue sa puissance navale et, de nouveau, rêve d’impérialisme.
11 avril 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 430 - 433
Parallèlement, en 440 avant J.C., plusieurs Compagnons Initiés aux techniques Architecturales ancestrales se mettent en route vers Athènes. Ils s’y rendent pour participer à l’édification du Temple d’Athéna – le Parthénon de l’Agora – situé à proximité du Sanctuaire d’Apollon. Mais, en même temps, ils profitent de leur voyage pour visiter le Temple de Delphes.
Ils commencent donc par y examiner le célèbre Sanctuaire de Déméter. Ils y observent l’enceinte d’Artémis ; qui est censé receler le tombeau de plusieurs Vierges Hyperboréennes. Ils y cherchent encore la nécropole de Phylacos ; le Gardien de Delphes. Puis, ils se renseignent sur les Légendes qui se réfèrent à Delphes, et en particulier, sur celles qui parlent d’Apollon. L’un d’eux marque alors dans son mémoire :
« Il semble qu’Apollon rencontra beaucoup d’obstacles avant de pouvoir s’installer à Délos et à Delphes. Mais, finalement, il y parvint. Ensuite, il eut des relations avec le Mythique peuple Septentrional des Hyperboréens. Pendant longtemps, il demeura chez lui au cours des trois mois d’Hiver ; dits, « Pyanepsion ». Il y allait tandis que le Soleil et la lune retrouvaient leurs positions annuelles l’un par rapport à l’autre. Et il vivait alors au milieu de ceux qui profitent des chants et des danses, qui sont à l’abri de la vieillesse et de la mort, et qui avaient la possibilité de se métamorphoser en corbeaux – l’oiseau qui lui est consacré.
Or, parallèlement, lors de cette saison hivernale, puisqu’Apollon n’habitait pas la grèce, l’activité humaine se mettait en sommeil. L’homme en profitait pour entrer en contact avec le Surnaturel. Il recevait également la visite des dieux et des morts. A Délos, dans son Temple, Apollon recevait des offrandes emballées dans de la paille ; elles étaient acheminées vers la cité, en passant par la scythie, Dodone, le Golfe Maliaque, et l’Eubée. Et elles lui permettaient de veiller sur son cheptel, ses troupeaux, ses bovins ; mais aussi, elles lui donnaient l’occasion d’écarter les calamités agricoles, ou de repousser les rats, les taupes, et les loups.
Pourtant, un jour qu’il ralliait Délos sur une flèche d’Or en compagnie de l’Hyperboréen Amaris, des gens aperçurent Apollon sur la route de Cyzique. Il revenait dans sa cité en apportant un poème sur les Hyperboréens. Et, il leur lut, avant de disparaître. Tandis qu’une autre fois, il se manifesta à Mésaponte, en Italie Méridionale ; où il ordonna aux habitants du lieu de bâtir un autel dédié à sa personne. »
Et plus loin : « Bientôt, à Delphes, près de la source de Castalie, Apollon exerça son pouvoir de Divination par les Songes. Il eut en effet la permission d’utiliser son don, après la victoire qu’il remporta sur le Serpent Chtonien Python. Et, à partir de ce moment là, son Sanctuaire se mit à dépendre de la ville voisine de Grisa ; bien que sa notoriété ne s’étendait guère au-delà de la grèce centrale.
Jusqu’au jour ou le culte d’Apollon fut réformé par des Prêtres Crétois. Dès lors, l’influence de Delphes s’étendit. La première guerre Sacrée, qui détruisit Grisa, donna son autonomie à son Temple. Son prestige ne cessa de grandir. Il se mit progressivement à présider toutes les entreprises de colonisation à l’intérieur du bassin Méditerranéen. Les donations à son encontre – pour la plupart venues d’Asie Mineure – affluèrent alors qu’il réorganisait les Jeux Pythiques. Et, quand un incendie détruisit son Sanctuaire, toute la grèce se solidarisa pour le reconstruire. »
Les Compagnons apprennent par ailleurs que le service de l’Oracle est assuré par des Pythies et par un Prophète. Ils découvrent ainsi que le Prophète reçoit ses Révélations d’Apollon – alors possédé par l’Esprit de Zeus -, et qu’il le retransmet aux Pythies à l’aide de Songes. Ensuite, les Pythies les décodent grâce à un trépied placé au-dessus d’une excavation d’où s’exhale un souffle Surnaturel. Puis, elles préviennent les hommes contre la souillure qui les exposent à la colère divine, s’ils s’approchent trop près. Et, enfin, elles leurs communiquent leurs résultats, ainsi que leur avenir proche ou lointain, en les rédigeant sur des tablettes de plomb entourées de lauriers.
Et, enfin, il leur est révélé que les Pythies sont des virtuoses dans l’Art de l’Enchantement ; qu’elles sont capables de composer des poisons, des philtres, de contrôler la nature, de conjurer les Vents, de faire descendre les Astres du Ciel, d’attribuer aux Planètes des pouvoirs biens définis, ou de se métamorphoser en animaux. C’est d’ailleurs de cette manière qu’ils réalisent alors que les Mystères qui sont rattachés à l’Oracle de Delphes plongent leurs racines dans des Cérémonies Alchimiques. C’est pour cette raison qu’ils se disent que les sacrifices effectués autour de l’Omphalos – ou, « Nombril du Monde » - symbolisent la première Création postdiluvienne de la race Originelle. C’est encore pour cela qu’ils supposent que la pierre non taillée, en forme d’ombilic, angulaire, du Temple d’Apollon, se réfère, elle aussi, à la tradition Primordiale. Et ils s’aperçoivent que le Sanctuaire est censé dissimuler un fabuleux Trésor antédiluvien apporté sur Terre par le Titan Chronos en même temps que l’Omphalos.
Une fois arrivés à Athènes, les Compagnons se mettent immédiatement au travail. Comme prévu, ils commencent à ériger le Parthénon sur la colline de l’Agora. Ils utilisent le Nombre d’Or afin de bâtir ses murs externes au cœur du Nœud Tellurique qui se trouve à cet endroit. Dans ses salles, afin de veiller sur Athéna, ils dressent ensuite des statues de dieux Serpents. Sur les parois alentours, ils exécutent des fresques qui représentent la déesse de la végétation sous une forme Chtonienne, vivant dans une grotte. Sur certaines d’entre elles, d’ailleurs, on lui offre des holocaustes ; tandis que sur d’autres, on la voit incarnée par un bœuf dont on célèbre la mort et la résurrection. Et, finalement, à l’entrée du Sanctuaire, ils élèvent une Fontaine Clepsydre, dont le décor montre des Cérémonies qui honorent sa naissance, puis, sa victoire sur les Géants. Un Compagnon écrit alors à ce propos :
« La fontaine Clepsydre d’Athéna apparaît exactement au-dessus d’un autre monument, qui, lui, est en bas du Parthénon, et que l’on appelle communément « la tour des Vents ». Il s’agit d’une tour octogonale : sur ses marches, on lit l’inscription : « Philo Platon » ; ou, « les Amis de Platon ». Sur l’un de ses murs, figure une roue Solaire à huit rayons. Elle surgit à coté d’un cercle et de douze carrés. ».
Et plus loin : « Athéna est une déesse armée. Son rôle est de défendre la cité contre le péril du dehors ; mais aussi, d’en sauvegarder l’autonomie. Tandis que par l’intermédiaire de Zeus, l’agglomération s’ouvre sur le Monde Extérieur. Malgré tout, Athéna est également capable de délivrer des Oracles puisqu’elle possède le don de Divination par les dés. ».
En 431 avant J.C., une colonie de Corinthe, Corcyre, se révolte contre sa métropole, avec le soutien d’Athènes. Cette dernière oblige aussi Potidée, une ancienne colonie corinthienne, à raser ses murailles et interdit l’Attique aux marchands de Mégare, précipitant ainsi la ruine de la cité. Sans attendre, Corinthe, Mégare, ainsi qu’Egine, se présentent devant l’assemblée de Sparte : il faut combattre Athènes ! Les Spartiates, réticents, finissent par se laisser convaincre : la guerre du Péloponnèse commence.
Les Spartiates et leurs alliés disposent de 40 000 hoplites. Les Athéniens, eux, ne peuvent aligner sur terre qu’une force de 13 000 hoplites et 1200 cavaliers. Mais Athènes est riche, grâce au tribut des cités alliées, et sur mer, elle est la plus forte.
Les premières années se passent en opérations limitées. Les Spartiates ravagent l’Attique à plusieurs reprises ; Athènes occupe Egine et, suivant sa stratégie, ruine les cotes ennemies. Entassés derrière leurs fortifications, les Athéniens doivent faire face, en 430 avant J.C., à une épidémie de peste. En deux ans, celle-ci emporte un quart de la population. Périclès lui même y succombe en 429 avant notre Ere.
A sa mort, Athènes est divisée : avec l’aristocratie, Nicias, les plus modérés veulent une guerre défensive, tandis que Cléon et ses partisans prêchent la guerre à outrance. Lorsque Cléon réussit à faire prisonniers 429 hoplites ennemis et à les ramener à Athènes, les combats reprennent de plus belle. Puis, en 421 avant J.C., la guerre perd deux de ses partisans les plus acharnés : l’Athénien Cléon et le Spartiate Brasidas meurent devant Amphipolis, une colonie d’Athènes. Ceux-là morts, on peut négocier : Sparte craint pour la vie de ses prisonniers. Nicias conclut la paix, chacun des adversaires se retirant sur ses positions antérieures.
La « paix de Nicias » doit durer cinquante ans. Mais, à Athènes, les partisans de la guerre se trouvent un nouveau chef : Alcibiade, le neveu de Périclès. Il a trente ans et veut la revanche d’Athènes, mais souhaite surtout donner libre cours à son ambition. Jouant des rivalités du Péloponnèse, il s’emploie à rallier aux cotés d’Athènes les ennemis de Sparte, comme Argos. La guerre reprend. En 418 avant J.C., Sparte rétablit sa domination sur le Péloponnèse. A Athènes, les partisans de la paix l’emportent à nouveau. Une confusion totale règne dans la cité, et la rivalité entre Nicias et Alcibiade paralyse toute activité.
Trois ans passent. Alcibiade retrouve son influence. Il persuade l’assemblée d’Athènes de reprendre la politique d’expansion vers l’Occident et de s’attaquer à la sicile. En 415 avant J.C., les Athéniens envoient un corps expéditionnaire contre Syracuse, commandé par Nicias le modéré et Alcibiade l’ambitieux.
A Athènes, crises et complots se succèdent. Alcibiade est mis en cause, accusé d’avoir mutilé des hermès. Athènes lui dépêche alors un vaisseau qui doit le ramener dans la cité. De son coté, Syracuse envoie des émissaires demander l’aide de Sparte. Ils y trouvent un avocat inattendu, Alcibiade qui s’est enfui du bateau le ramenant à Athènes. Passé à l’ennemi, il démontre aux Spartiates qu’ils ont tout à redouter d’une mainmise d’Athènes sur la sicile. Sparte envoie donc des troupes au secours de Syracuse.
Athènes donne le signal de l’assaut. C’est un désastre : douze milles morts, la flotte détruite. Athènes est au bord de l’abîme. Pour briser définitivement l’Empire athénien, Sparte se tourne alors vers les Perses et vers le satrape Tissapherne. Ce dernier a trouvé un excellent conseiller en la personne … d’Alcibiade, qui mise désormais sur un affaiblissement des deux camps pour faciliter son retour à Athènes. La guerre reprend donc pour le contrôle des cotes d’Asie Mineure. Et Athènes connaît alors sa plus grave crise politique depuis la chute de la tyrannie. Ruinée par la guerre, une partie de la cité met en cause le système démocratique. En 411 avant J.C., c’est le coup d’Etat : le conseil des Cinq-Cents est replacé par un conseil des Quatre-Cents représentants les possédants. Rassemblée à Samos, de l’autre coté de la mer Egée, la flotte athénienne destitue ses chefs et les remplace par des hommes d’Etat démocrates, Thrasybule et Thrasyllos.
Ces derniers ont besoin d’un appui contre le nouveau gouvernement athénien. Ils font appel à Alcibiade, qui accepte. Il aide les démocrates à reprendre le contrôle de l’Hellespont, convainc les Perses de détourner leur aide financière de Sparte à Athènes… et peut regagner sa cités, fort de ces victoires. La cité est en plein déclin. En 406 avant J.C., Athènes remporte encore une victoire sur Sparte, aux îles Arginuses, mais la bataille fait de nombreux morts dans les rangs athéniens, et les stratèges vainqueurs sont condamnés à mort à leur retour.
A Aigos-Potamos, le commandant de la flotte spartiate, Lysandre, s’empare d’une bonne partie de la flotte d’Athènes. Bientôt, il assiège la cité de l’Attique. Derrière les Longs Murs, la disette fait rage. En 404 avant J.C., Lysandre entre dans la ville.
Thèbes et Corinthe demandent que l’on rase la cité vaincue, mais Sparte s’oppose à cette vengeance. Elle se contente de faire détruire les fortifications et saisir la flotte. Athènes ne conserve que douze trières…
10 avril 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 425 - 430
Erachinos termine enfin son ouvrage en parlant de l’Age de Fer ; celui des Hommes actuels : « L’Age de Fer se décompose en plusieurs Cycles : le premier est celui où les Humains vécurent comme des dieux. Ils étaient libres de tous soucis, sans ennemis. Ils étaient chargés d’ans, ils festoyaient souvent lors de banquets gargantuesques. Et, quand ils finissaient tout de même par mourir, c’était comme si ils étaient gagnés par le sommeil.
Malheureusement, un jour, les enfants commencèrent à mépriser leurs parents. Ils se mirent à penser que le droit du plus fort devait être leur unique loi. Et, quand Zeus les vit se détruire mutuellement, il fit sombrer leur Race dans les profondeurs de la terre. Il les métamorphosa en ethnie Démoniaque. Il les transforma en Génies Supranaturels, dispensateurs de Richesses, et Gardiens des Mortels à naître. Ils furent donc désormais considérés comme les 300 000 Esprits chargés par Zeus de veiller au respect de la justice.
Aux membres de cette Race succéda une seconde Espèce d’Humains qui possédait une force de Géants. Elle était très puissante. Et elle régna jusqu'à l’avènement de Créops :
« Des rois qui m’ont précédé, je suis le premier et le seul qui ai soumis tous les peuples du Monde. La grâce m’a été accordée par le Dieu Créateur. C’est pour cette raison que j’ai pu soumettre tous les peuples qui bornent mon Empire ; à l’Est, jusqu’au pays des Parfums ; et à l’Ouest, jusqu’au pays d’Ethiopie.
Certains de ces peuples, je les ai combattu moi même. Contre d’autres, j’ai envoyé mes armées. Quand j’eu établi la paix dans les contrées sujettes à mon autorité, je me rendis à Adulis pour y faire des sacrifices. Je remerciais ceux qui voyagent sur la mer, ainsi que Zeus, Arès, et Poséidon. Et, finalement, j’ai fondé ce trône dans la 24ème année de mon règne.
Mais, aujourd’hui encore, les navigateurs qui habitent l’Occident de mon Empire, ont peur de s’aventurer trop loin sur l’Océan. Ils ne vont pas au-delà des îles qui existent hors de ses limites. Ils craignent en effet la gueule béante du Kraken ; ce monstre terrible, maléfique, et déjà descendu dans le bas Monde des Dragons. Car, il est le Gardien du Jardin des Hespérides. ».
Plus loin : « Ayant consolidé son trône, Créops convoqua l’ensemble des citoyens des deux sexes, pour qu’ils donnent leur suffrage en ce qui concerne le choix du dieu protecteur de l’Empire. On prit donc l’avis de la masse, et les hommes votèrent pour Poséidon ; tandis que les femmes choisirent Athéna. Et, comme il se trouva une voix de plus du coté des femmes, Athéna fut victorieuse.
De fait, Poséidon se mit en colère. Il ravagea le territoire de ses flots tumultueux. Déchaîner à plaisir des masses d’eau, voilà qui n’est pas difficile à ses Démons. Et, pour apaiser sa colère, Poséidon imposa aux femmes toutes sortes de peines. Il leur ordonna même de ne plus jamais prendre part aux votes ; et à leurs enfants à venir, de porter leur nom. ».
Et finalement : « Aujourd’hui, nous avons débuté le Troisième Cycle. Nous sommes les Hommes qui avons fondé des Cités, des Oracles, des Mystères, et des Jeux. Nous sommes les inventeurs et les propagateurs d’une nouvelle forme de Civilisation. Mais, notre Ere – comme les précédentes – sera un jour anéantie par Zeus, lors d’une inondation ou d’un incendie. ».
En 370 avant J.C., croient en la supériorité de leur Civilisation sur toutes les autres. Pour leurs Sciences en effet, ils usent de leurs Connaissances pour expliquer leur Mythe des Origines. Ainsi, grâce à elles, ils parviennent à diviser leur Grande Année Divine en 10 000 ans : ils établissent donc le début de leur Age à la fin de Mycènes – vers 1200 avant J.C. - ; le commencement de l’Age de Bronze, vers 3200 avant J.C. ; celui de l’Age d’Argent, vers 6000 avant J.C. ; et la fin de l’Age d’Or, vers 10 200 avant J.C. En outre, ils sont persuadés qu’à cette époque reculée, a vécu un Etre de Lumière, un Etre Céleste qui a été reconnu Maitre de l’Humanité. Mais, il s’est assoupi définitivement à l’issue de cet Age d’Or.
De fait, les Grecs aiment à penser que, comme le veut la légende, par la suite, Chronos a été détrôné et émasculé. Mais, pour eux, actuellement, il est endormi dans une région de l’extrême Septentrion, dans un lieu situé au centre de la mer Arctique, et appelé Chronide. Ils se disent, par ailleurs, que les Titans sont des dieux oisifs, puisque dépourvus de culte. Ils vénèrent la lune parce qu’elle règne sur la nuit, qu’elle protège les Morts, et qu’elle habitée par les Sélénites. Ils se représentent Achéloos – l’aîné des 3000 dieux fleuves – en tant que Dragon marin. Ils sont persuadés que Zeus veille sur leurs maisons, contre les animaux et les voleurs ; qu’il garde leurs magasins, leurs richesses, et qu’il se métamorphose parfois en serpent pour surprendre les bandits lors de leurs exactions. Ils se disent encore que le mariage relève d’Héra. Ils admettent qu’un dieu comme Pan est capable de susciter l’épouvante, la terreur, les attaques d’épilepsie, qu’il contrôle les Fantômes, et qu’il est doté d’un inépuisable appétit sexuel. Ils s’appuient sur le Mythe du dieu Eole, pour rappeler que la fille de la divinité des Vents a fondé le port de Yaffo quarante ans après le Déluge. Ils avancent qu’Asclépios est l’Inventeur de l’Art de construire des édifices de pierre de taille ; qu’il a été un Architecte, mais aussi, un Mage, un Astronome, et un Médecin. Ils se figurent qu’un jour, Aphrodite est venue de Chypre ou de Phénicie, qu’actuellement, elle demeure sur le mont Ida – aux mille sources -, et qu’elle est la « Mère des Fauves ». Ils vénèrent Athéna lors de Cérémonies Secrètes accomplies la nuit, à l’intérieur de passages dérobés. Ils voient en Apollon l’inspirateur des Prophètes en délire, le patron des Chamans illuminés, le dieu des Rues, le Gardien des Portes, et le Protecteur des terres Hyperboréennes.
Or, les Grecs croient que – comme pour Héraclès ou Latone -, Apollon est né dans cette contrée aussi grande que la sicile. Ils se souviennent que le dieu y dispose d’une Médecine rattachée aux sources et aux thermales, à la chirurgie, et aux herbes Miraculeuses et Magiques.
Dans leurs récits, ils se rappellent toujours que le roi des Vents Borée a enlevé Orythie. Ils savent qu’avec elle, il a eu trois fils : Atis, Vili, et Wei. Ils prient Hermès en tant que dieu des Troupeaux, appui du petit bétail – chèvres et moutons -, conducteur du chœur des Nymphes honorées dans les grottes. Ils acceptent l’idée qu’Arès soit un dieu Barbare originaire de Thrace. Ils relatent souvent les aventures de Dionysos lorsque celui-ci parcourait la phrygie et l’Asie Mineure ; et quand il y a été accueilli par Cybèle, ou qu’il a lutté contre Lycurgue. Ils estiment qu’Artémis est la maîtresse du dehors, quelle règne sur les bêtes sauvages et sur les plantes. Ils honorent Poséidon en tant que puissance active qui ébranle la terre, sa sève vitale que sont les eaux qui s’échappent de son sein, par l’intermédiaire de secousses sismiques. Ils retiennent le fait que ce dieu est le propriétaire de l’île merveilleuse d’Atlantide. Et ils présument que nul ne peut atteindre celle-ci, ni par terre, ni par mer, et que seuls des héros comme Héraclès ont été capables d’en trouver la voie.
Ils admettent que Deucalion est l’un des enfants de Zeus, qu’il est l’ancêtre de tous les Grecs, et qu’il est le bâtisseur d’un grand nombre de villes et d’un grand nombre de Temples. Ils avancent qu’Antée est l’un des enfants de Poséidon et de Gaia, et qu’il reprend ses forces chaque fois qu’il touche terre. Ils en appellent parfois aux descendants d’Héphaïstos que sont les Cyclopes demeurant dans les entrailles de l’Etna. C’est là que ces derniers forgent les foudres de Zeus, ainsi que les armes des autres dieux. Mais, ils se demandent si ce ne sont pas eux qui sont les responsables des toutes les constructions faites avec d’énormes blocs de pierre, et qu’ils jugent exister depuis les temps Préhistoriques.
De plus, les Grecs pensent que des Méduses, des Vouivres, ou des Dragons logent dans les cavernes isolées de leur contrée. Ils évoquent les Centaures comme les Gardiens du bois du mont Pélion. Ils se convainquent que les Satyres sont des Génies se cachant au sein de leurs forêts ou de leurs montagnes ; ils se les représentent avec des corps velus, dotés d’une queue, de deux pattes de bouc, et d’une tète aux oreilles en pointe. Ils présument que certains des lieux que ceux-ci défendent, dissimulent des Fontaines Prophétiques ; comme celle de Patris ou d’Achaïe. Ils se disent que certains Esprits – comme Ceraifos en Eubée, ou Alogoneus en Dallène – s’abritent à l’intérieur de passes montagneuses. Ils désignent d’ailleurs les Curètes comme des Génies qui ont jadis été chassés du pays d’Etokos par l’envahisseur Etolus, et qui se sont réfugiés dans certains de ces endroits. Ils s’en représentent plusieurs – les Dactyles de l’Ida – comme des Forgerons Sorciers qui possèdent le don de métamorphose, la science des drogues, le pouvoir des Incantations et des Exorcismes. Ils admettent que les Sirènes sont des créatures malfaisantes - mi-femmes mi-poissons – qui se manifestent surtout aux navigateurs, et qui résident sur une île apparaissant au large de la campanie. Et ils s’imaginent enfin qu’un homme qui goûte de la chair humaine peut se transformer en homme loup ; qu’il se dépouille alors de ses vêtements, traverse un étang – symbolisant ainsi son émigration dans un Au-delà Surnaturel -, puis, qu’il vit neuf ans au sommet des pics de Lycée sous la forme d’une bête sauvage. Avant d’en conclure qu’au terme de cette période, il repasse l’étang, et redevient un homme revêtu d’une puissance incommensurable.
D’un autre coté, à cette date, les Grecs sont persuadés qu’un Océan gigantesque entoure la terre. Pour eux, il s’agit d’une limite Cosmique qui forme l’enceinte de l’Univers. Ils imaginent qu’il forme une sorte de serment divin. Ils assimilent aussi le fleuve Alphée – qui parcourt cette région de la grèce appelée Arcadie – à un immense cours d’eau qui s’enfonce sous terre, qui traverse la mer sans y être mêlée, et qui refait surface en Sicile, avant de s’unir aux flots de la fontaine Arethuse. Ils le divinisent. Et ils voient en ses frères Océan, Achéron, Pyriphlegeton, et en Cocyte, les quatre Eléments Sacrés, ainsi que les quatre Directions du Ciel.
Toutefois, en plus de ces croyances communes à tous les Grecs, certaines Cités attachent de l’importance à certains cultes particuliers. Ainsi, en Crète, Zeus est vénéré au sommet des monts Dictée et Ida ; ses plus importants Sanctuaires y sont ceux de Dodone et d’Olympie. A Athènes, la triade des filles de Cérops – Pamdrosos, Hersé, et Aglauros – est liée au culte d’Athéna. A Thèbes, Corinthe, Tanagra, et Rhadamanthe, Thémis est ouvertement adorée. A Lemnos et à Phalesie, Héphaïstos est respecté en tant que personnification des émanations volcaniques, dieu métallurgie et Magicien. A Epidaure et à Egine, des Cérémonies Secrètes glorifient Dania et Auxesa. A Sparte, et à Rhodes, Hélène est aimée avec ferveur. Ou, en Arcadie, Callisto et Alca sont idolâtrées.
A cette date également, les Grecs présument que des Génies accueillent chaque être humain lors de sa naissance dans notre Monde. Certains poussent aussitôt le nouveau venu vers le Bien, d’autres, vers le font pencher vers le Mal. Et, à sa mort, ils témoignent de son sort en fonction de ses actions lors de sa vie terrestre. Les Grecs imaginent donc qu’ils conduisent son Ame en Enfer, au-delà de l’Ile Hyperboréenne et Occidentale des Bienheureux. Ils la voient traverser les Champs Elysées et le Tartare, avant d’arriver au terme de leur voyage. Et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils symbolisent le but de son périple grâce aux cavernes qui apparaissent aux alentours de leurs cités : en effet, ils en font des dépôts funéraires capables d’accueillir des divinités Infernales, des Génies de la nature, ou des Nymphes.
Les Grecs aiment encore interroger les Oracles installés dans leurs Temples, dans les profondeurs de quelques cavernes ou de quelques gouffres insondables. Ils consultent souvent celui de Diodone – consacré à Zeus -, celui de Delphes – protégé par Apollon. Parfois, ils parcourent les Livres Prophétiques autrefois rédigés par la sybille des Comes. Et ils découvrent alors que leurs textes ne peuvent être interprétés que par des Prêtres Spécialisés.
En outre, c’est par l’intermédiaire de ces mêmes Livres – entre autres – qu’ils constatent que ces Clercs manipulent les lettres de leur Alphabet d’une certaine manière. Ils comprennent que, pour ceux-ci, elles correspondent aux Signes, aux Planètes, et aux Eléments Célestes. Ils ont confirmation que leurs Mages les utilisent dans un ordre bien précis aux cours de leurs Cérémonies Incantatoires. Et ils se rendent compte que grâce à elles, les dédicaces qu’ils inscrivent sur les pierres tombales peuvent repousser les Mânes et être appréciées par les dieux.
A leur avis, ces derniers rattachent les douze premiers caractères de leur Alphabet aux douze Constellations Zodiacales et aux principaux dieux de leur Panthéon : A, au Bélier et à Athéna ; B, au Taureau et à Aphrodite ; C, aux Gémeaux et à Apollon ; D, au Cancer et à Hermès ; E, au Lion et à Zeus ; F, à la vierge et à Cérès ; G, à la balance et à Héphaïstos ; H, au Scorpion et à Arès ; I, au Sagittaire et à Artémis ; J, au Capricorne et à Vesta ; K, au Verseau et à Héra ; et L, aux Poissons et à Poséidon. Ils lient les sept caractères suivants aux sept Planètes du Système Solaire ; et les quatre derniers, aux quatre Eléments issus de l’Esprit du Monde.
Lorsque les Grecs anéantissent la flotte Perse dans la baie de Salamine, Périclès a tout juste quinze ans. Il appartient à la famille des Alcméonides, ces aristocrates qui, depuis des années, dirigent le parti démocratique. Périclès est le petit-neveu de Clisthène, le précurseur de la démocratie athénienne, celui qui a su mettre fin aux luttes d’influence des grandes familles. Celles-ci continuent cependant à occuper de devant de la scène politique.
Fidèle à la tradition familiale, Périclès choisit d’être du coté du peuple. Vers 462 avant J.C., aux cotés de son ami, Elphialclès, il lutte contre l’influence des aristocrates dans la cité. Tous les citoyens, égaux devant la loi, composent l’assemblée, fondement de la vie de la cité. Chacun peut y prendre la parole et y voter. Pour les décisions importantes, l’assemblée regroupe plusieurs milliers de personnes.
L’organisme souverain d’Athènes est le conseil de 500 membres, qui représente l’ensemble des citoyens. Tous les ans, chacune des dix tribus de l’Attique, élit 50 représentants, tirés au sort sur les listes établies dans les circonscriptions. On ne peut être conseillé plus de deux fois. Chaque citoyen qui le souhaite a, ainsi, de grandes chances de faire partie, au moins une fois dans sa vie, du conseil dirigeant la cité. La permanence du pouvoir est assurée par un collège de 50 conseillers d’une même tribu, les « prytanes ». Chaque jour, l’un d’eux est tiré au sort et devient pour vingt-quatre heures le plus haut magistrat de la cité. Quant à la justice, elle est confiée à un tribunal populaire de 6000 juges, tirés au sort parmi les citoyens de plus de 30 ans.
Cependant, les citoyens ne constituent qu’une minorité des habitants d’Athènes. Vers 432 avant J.C., la cité compte 46 000 citoyens. Ils ne sont pas la seule population libre de l’Attique. 15000 étrangers libres, les « métèques », participent très activement au commerce d’Athènes. Privés de droits politiques, ils jouent cependant un rôle dans l’économie et sont soumis à l’impôt. La démocratie s’appuie essentiellement sur environ 100 000 esclaves, des étrangers achetés sur des marchés. Ils appartiennent, pour la plupart, à des particuliers. Il existe aussi des esclaves publics, qui effectuent les taches administratives de la cité. Leurs conditions d’existence sont très variables. Ceux qui extraient le plomb argentifère des mines de Laurion sont misérables. Mais les esclaves domestiques bénéficient souvent, d’un niveau de vie en rapport avec celui de leur maître. Ils ont aussi, des possibilités de se faire affranchir. En tout état de cause, Athènes ne connaît pas de révolte d’esclaves comparable à celle des hilotes de Sparte, entre 464 et 462 avant J.C.
Lorsque cette révolte éclate, Cimon propose à Sparte l’aide d’Athènes. C’est l’occasion pour Ephialtès et Périclès, de limiter le pouvoir politique des aristocrates. Car, à coté des institutions héritées de Clisthène, ils doivent compter sur l’Aéropage : cet ancien conseil aristocratique joue le rôle de gardien de la constitution de la cité. Ses pouvoirs sont d’autant plus importants qu’ils sont flous.
Profitant de l’expédition de Cimon à Sparte, en 462 avant notre Ere, Ephialtès fait adopter une loi précisant et limitant le rôle de l’Aéropage. La démocratie s’en trouve renforcée. Mais, pour qu’elle soit authentique, il faut que chaque citoyen puisse jouer son rôle dans la cité. Or, pour un paysan pauvre, siéger à l’assemblée ou au conseil, signifie abandonner ses champs, son travail, pour au moins une journée. Faute de fortune personnelle, beaucoup ne peuvent se présenter ni être désignés, à une fonction dirigeante.
Lorsque Ephialtès est assassiné, en 461 avant J.C., Périclès s’emploie à rendre possible pour tous la participation au gouvernement de la cité. Désormais, les citoyens pauvres qui veulent se présenter au conseil des Cinq-Cents recevront une indemnité. Un siècle plus tard, la présence à l’assemblée sera, d’ailleurs, elle aussi, rémunérée. Dans le même esprit, la cité oblige les citoyens les plus riches à financer certaines activités, notamment religieuses ou militaires. Il en est ainsi de l’entretien des vaisseaux de guerre, la triérarchie : la cité fournit la coque, et le « triérarque » arme le navire, des voiles à l’équipage.
En 460 avant J.C., Périclès a trente-cinq ans. Il a renforcé la démocratie, affaibli l’opposition aristocratique, en bannissant Cimon. Pendant près de trente ans, il domine la vie politique et travaille à faire d’Athènes la ville la plus belle et la plus puissante de toute la mer Egée. Il se lance dans une politique de grands travaux, fait achever les « Longs Murs » qui relient Athènes à Pirée et confie à Phidias un projet grandiose : reconstruire sur l’Acropole, des temples dignes des Dieux de la cité. A partir de 454 avant J.C., il impose la suprématie d’Athènes sur les autres Etats de la ligue de Délos, alliés d’Athènes dans la guerre contre les Perses.
Depuis l’origine, le trésor de la ligue est conservé au milieu de la mer Egée, dans l’île de Délos. En 454 avant J.C, prétextant l’insécurité du lieu, Périclès fait transporter le trésor à Athènes, sur l’Acropole. Les sommes déposées par les villes alliées passent sous le contrôle d’Athènes qui, au passage, s’octroie un droit de garde. En principe, ces sommes libèrent les alliés de leurs obligations militaires et elles sont censées permettre à Athènes d’assurer la défense commune, notamment par l’entretien d’une puissante flotte de trières. Ce tribut est considérable : environ 500 talents par an. En contrepartie, les cités de la ligue sont représentées au sein d’un conseil, et sont donc parties prenantes à toutes les décisions.
Après 434 avant J.C. pourtant, Athènes dissout le conseil des cités : désormais, c’est à son assemblée, et à elle seule, que reviennent les décisions engageant la ligue. La cité met ensuite en place une administration chargée de percevoir le tribut dans les quelques 160 Etats que compte la fédération. Les cités de la ligue n’ont d’autre solution que de se soumettre ou de se révolter. Et lorsqu’une cité refuse de payer, les trières d’Athènes apparaissent chargées de soldats qui ont tôt fait de rétablir la « paix » voulue par Périclès. Enfin, Athènes ne tarde pas à imposer l’usage de sa monnaie à son Empire. Les pièces frappées de la chouette d’Athéna circulent tout autour de la mer Egée, assurant la prédominance du commerce athénien. Pour parachever son œuvre, Périclès distribue des terres, créé des colonies militaires. Ces nouveaux colons, les « clérouques », contrôlent les routes commerciales, notamment celles du ravitaillement en blé. En définitive, la championne de la démocratie fait fi de la traditionnelle autonomie des cités et se montre, à l’extérieur, la plus impérialiste des puissances.
Deux traités viennent consacrer cette hégémonie. Le premier, conclu en 449 avant J.C., par Callias, reconnaît la suprématie d’Athènes sur la mer Egée, et met un terme aux guerres Médiques. Le second, en 446 avant notre Ere, entérine la partition du monde Grec entre Sparte, puissance terrestre, et Athènes, puissance maritime.
L’Athènes de Périclès est d’autant plus solide que ses citoyens sont très unis. La participation à la vie politique n’est pas le seul facteur d’intégration : les rituels religieux, et d’abord les sacrifices, servent aussi à réaffirmer la cohésion de la cité. Dans la religion grecque, le monde des Dieux et celui des hommes existent parallèlement, et la cité résulte d’un équilibre de la nature, qu’il convient de respecter et d’honorer. Chaque moment de la vie d’un citoyen et de la cité s’accompagne d’un rituel religieux très précis.
La cité possède ses fêtes religieuses au cours desquelles on multiplie les sacrifices. Au cœur de la religion grecque, le sacrifice soude la communauté autour de la consommation des viandes et établit la communication et le partage avec le monde des Dieux. Plusieurs centaines de bêtes sont ainsi sacrifiées pendant les « panathénées ». La cité prend en charge les frais de cette hécatombe rituelle, qui permet de nourrir l’ensemble des citoyens participant aux réjouissances.
Il est, à Athènes, un autre élément indissociable de ce culte civique et de la vie de la cité : le théâtre et, d’abord, la tragédie. Les représentations prennent place lors des fêtes religieuses et attirent la majeure partie de la population. Cérémonie civique, la tragédie met en scène les drames de la cité, les conflits entre la volonté des Dieux et celle des hommes.
09 avril 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 420 - 425
Dans le chapitre suivant, Erachinos évoque l’histoire de Phaéton, l’enfant du Soleil qui, un jour, a voulu conduire le char de son père. Or, il s’est avéré incapable de guider celui-ci le long de son itinéraire quotidien : « Les chevaux fougueux virent bientôt que leurs rênes étaient maniées par une main inexpérimentée. Ruant, et faisant des incartades, ils quittèrent la voie qu’ils suivaient habituellement. Ils se rapprochèrent dès lors dangereusement du sol. Et, toute la terre fut étonnée de voir le glorieux Soleil, au lieu de maintenir sa course régulière et bienfaisante dans le Ciel, d’aller de travers, puis, de s’abattre avec fureur ; comme un météore.
De fait, aussitôt, l’herbe se dessécha, les récoltes brûlèrent, les forêts furent la proie des flammes et partirent en fumée. La terre nue se craquela, et la roche noircie éclata sous la chaleur. Et, devant la ruine des cultures et la misère des hommes, les sœurs de Phaéton se mirent à pleurer des larmes d’Ambre ; tandis que les humains découvraient que ces dernières étaient presque aussi précieuses que l’or. ».
Ailleurs : « Jadis, Japet avait engendré un fils qu’il avait appelé Prométhée. Celui-ci avait une intelligence supérieure, un esprit inventif. Il était le protecteur des Humains. Et il voulait utiliser ceux-ci afin de venger son père des tourments que Zeus lui avait fait subir. C’est pour cette raison qu’il déroba une étincelle de feu au char solaire, qu’il l’offrit à ses favoris – qui vivaient jusqu’alors sous terre, au fond de grottes fermées -, et qu’il les rendit peu à peu plus puissants.
Or, dès que les Hommes furent en possession du précieux élément, ceux-ci sortirent de leur apathie. Ils fondirent le méta et forgèrent des armes. Ils se défendirent contre les bêtes, apprirent à les dompter. Ils quittèrent leurs cavernes et améliorèrent leurs conditions d’habitat. Mais, en même temps, ils ne purent éviter de devenir violents et injustes ; et à commencer à mépriser les dieux.
Quand Zeus s’en aperçut, il menaça de se fâcher et de détruire les Hommes. Il fut pourtant très vite apaisé par Prométhée. Celui-ci profita alors de ce répit pour Enseigner aux Hommes le moyen de faire des économies dans les sacrifices qu’ils faisaient aux divinités ; car, jusqu’ici, ceux-ci immolaient régulièrement la viande des animaux, et l’immolait à leur intention. Puis, Prométhée tua un bœuf, qu’il dépeça et partagea en deux tas ; le premier était de la chair recouverte de peau, et le second, de graisse. Et il invita Zeus à choisir l’une des deux piles.
Zeus fut trompé par l’apparence des masses, et il ne reçut que les os. Il se mit en colère, résolut de se venger de Prométhée et des Hommes. Pour cela, il fit fabriquer une Relique merveilleusement belle, que tous les dieux comblèrent de dons ; ce qui lui valut le nom de « Pandore ». Zeus voulut ensuite la confier à Prométhée, en lui demandant de la cacher sur Terre ; mais sans en ôter le couvercle. Prométhée devint méfiant ; il refusa le cadeau. Alors, Zeus se tourna vers le frère de celui-ci – Epiméthée -, qui l’accepta, se laissa emporter par sa curiosité, et l’ouvrit.
Dès lors, tous les maux qui accablent la terre aujourd’hui, et dont la boite avait été abondamment remplie, prirent leur essor. Ils se répandirent sur le Monde ; et seule l’Espérance resta accrochée au fond du réceptacle.
Puis, pour parfaire son ouvrage, Zeus voulut anéantir définitivement l’Humanité. Mais, Prométhée fut mis au courant. Il avertit son fils Deucalion – qu’il avait eu d’une femme, et qui régnait en Thessalie, sur le pays de Phthia aux cotés de son épouse Pyrrha. Deucalion construisit un coffre de bois. Il y emmagasina tout ce qui était nécessaire, et y prit place avec Pyrrha. Il vit que le roi des dieux commençait à faire tomber des pluies diluviennes ; qui inondèrent bientôt la plus grande partie du Monde. Il se rendit compte que son pays – de l’isthme de Corinthe jusqu’au Péloponnèse – était en train de devenir un vaste plan d’eau ; tandis que les montagnes de Thessalie s’éventraient, étaient secouées par un violent Cataclysme. Et il comprit que toute l’Humanité était amenée à disparaître au cours de ce Déluge.
Ensuite, après que les pluies eurent cessées, Deucalion et Pyrrha naviguèrent pendant neuf jours et neuf nuits. Au terme de cette période, ils touchèrent terre au pied du mont Parnasse. Ils y débarquèrent, et firent des sacrifices à l’intention des dieux. En réponse, Zeus dépêcha Hermès auprès d’eux. Par son intermédiaire, il promit à Deucalion d’accéder à tous ses désirs. Le fils de Prométhée demanda à ce que la terre soit de nouveau peuplée d’êtres humains. Zeus lui dit de prendre des pierres, et de les jeter par dessus son épaule. Et c’est ainsi que les pierres que les pierres que Deucalion propulsa se métamorphosèrent en hommes ; et que celles que dissémina Pyrrha se transformèrent en femmes.
Finalement, Zeus enchaîna Prométhée au sommet du mont Caucase – au-delà du pays de l’Ambre où séjournent également Atlas et les Vierges Hyperboréennes. Et, pour châtiment, il le maudit en le faisant revivre à chaque nuit tombée, après qu’un vautour soit venu lui ronger le foie durant le jour. ».
A la fin de ce chapitre, Erachinos écrit : « En se détournant du Monde des Hommes, les dieux ont laissé la terre et l’Olympe indivisés. La terre entière ne peut appartenir à aucun dieu. Les hommes y sont chez eux ; et les dieux ne se bornent plus qu’à y intervenir que de temps en temps ; comme quand Hermès leur a légué sa Table d’Emeraude.
Pourtant, à partir de cette époque, les dieux sont – d’une certaine manière – devenus semblables aux Hommes de notre Age. Ils sont maintenant soumis aux même Destin ; bien qu’ils soient toujours Immortels. Dans leurs veines, coule un liquide appelé « Ichur » ; c’est lui qui leur confère la vie Eternelle. Toutefois, ils sont désormais également capables de connaître la souffrance Physique ou Morale. Et ils éprouvent de la difficulté à vivre en harmonie les uns avec les autres. ».
Dans un chapitre ultérieur, Erachinos poursuit pourtant : « Alors, vint l’Age d’Airain. C’est à cette époque que les Héros vécurent, et qu’ils finirent par périr au cours de guerres provoquées par les dieux. En effet, à la fin de cette Ere, tentèrent de mettre fin au problème de la surpopulation du Monde en déclenchant la guerre de Thèbes ; et surtout, celle de Troie.
Mais, avant la disparition de ce Deuxième Age, surgirent un certain nombre de Héros Légendaires ; dont Héraclès :
« Héraclès – de son vrai nom, Alcide – était le fils légal du général thébain Amphitryon, et d’Alcmène. Mais, en fait, c’est Zeus qui s’était uni à Alcmène et l’avait mise enceinte. De fait, Héraclès se révéla très tôt fort combatif : il tua deux serpents dans son berceau. Puis, quelques années plus tard, il étrangla son professeur Linos, dont il contestait l’Enseignement. Et, à la suite de cet accident, il fut envoyé en pension à la campagne. Il y apprit à tirer à l’arc, il débuta ses exploits, et il épousa la fille du roi de Thèbes, Mégara.
Rapidement, Mégara lui donna plusieurs enfants, qu’il assassina un jour, au cours d’un accès de folie furieuse. Il fut donc confié à son cousin Eurysthée. Au bout d’un moment, celui-ci n’accepta de le libérer que si il consentait à accomplir un certain nombre de travaux ; dont la plupart pouvaient être classés sous la rubrique : « utilité publique ». Et c’est ainsi qu’il vainquit le Lion de Némée, puis, en revêtit la peau. Ensuite, il affronta l’Hydre de Lerne – le Dragon aux multiples tètes qui renaissent au fur et à mesure qu’on les coupe. Il combattit le Sanglier d’Erymanthe ; il anéantit les Oiseaux du lac Stymphale qui ravageaient le pays. Il nettoya les écuries d’Augias ; il s’empara de la biche de Gérynie, du Taureau de Crète, de la ceinture de la reine des Amazones Hyppolite ; il accomplit d’ailleurs cette mission en compagnie de Thésée. Il dompta les Juments de Diomède, les Bœufs de Géryon. Il déroba les Pommes d’Or du Jardin des Hespérides. Et, enfin, il captura le Chien à trois tètes Gardien des Enfers, Cerbère, avant de le ramener là où il l’avait pris parce que Eurysthée était embarrassé de sa présence en son royaume. »
Par ailleurs, Erachinos explique : « A la même époque, le Héros Jason, lui, était l’héritier du roi Eson, et le cousin d’Ulysse. Et il avait décidé de traverser la mer Egée et le Ponteuxin pour atteindre la colchide. En effet, il savait que ce territoire situé non loin du Caucase cachait la mystérieuse Toison d’Or, et qu’elle était protégée par le père de la magicienne Médée.
Jason demanda donc à un de ses amis nommé Argos – inspiré par Athéna – de construire un vaisseau à rames. Pendant ce temps, lui, rassembla 50 aventuriers, dont, le fils d’Hermès Etholides, Castor, Pollux, Thésée, Héraclès, Laërte, le père d’Ajax Oilée, le devin Idmon, ou le poète musicien Orphée. Et, avant de quitter son pays, il leur donna le titre « d’Argonautes ».
Quelques jours plus tard, les Argonautes s’arrêtèrent à Lemnos, habitée uniquement par des femmes. Ils leur donnèrent des fils. Ils gagnèrent ensuite la cote de Mysie ; où Héraclès fut charmé par des Nymphes. Les autres Argonautes se mirent à le chercher pendant une semaine. Mais, ils finirent par partir sans lui. Ils empruntèrent la route du Bosphore. Une tempête les obligea à mouiller en Thrace. Ils y rencontrèrent le devin aveugle Phlinée, qu’ils se décidèrent à consulter. Ce dernier consentit à les aider, à condition qu’ils le délivrent des Harpies qui les persécutaient. Ils réussirent, et, en récompense, Phlinée les prévint contre le danger des roches bleues ; ces écueils mouvants qu’ils allaient bientôt croiser.
De fait, leur vaisseau sortit sain et sauf de l’épreuve. Peu après, ils longèrent donc tranquillement le Caucase, atteignirent l’embouchure du fleuve Phase. Ils découvrirent les rivages du pays de Colchide. Ils y débarquèrent et négocièrent avec son roi Ectes. Le monarque leur imposa une nouvelle série d’épreuves, mais ordonna que, seul Jason les affronte. Celui-ci accepta, puis bénéficia de l’aide de la fille d’Ectes – Médée -, car elle venait de tomber follement amoureuse de Jason. Et elle le seconda au cours de son périple en sachant endormir le Dragon Gardien de la toison d’Or. Elle réussit à s’emparer du trophée, à prévenir Jason contre les monstres armées qui naquirent des dents du Dragon, et à répandre la panique dans leurs rangs afin qu’ils s’entretuent.
Furieux, Ectes voulut alors tuer les Argonautes restés sur le navire. Et il fit incendier le vaisseau. Heureusement, ceux-ci purent le réparer. En compagnie de Jason, de Médée, et de la toison d’Or, ils prirent la mer, et quittèrent le pays sans trop de difficultés. Mais, bientôt, une tempête se mit à gronder, et elle frappa dangereusement le bateau ; jusqu’au moment où sa proue se mit à parler :
« Zeus, dit telle, est irrité à l’encontre de Médée, et la colère divine ne prendra fin que si la meurtrière et ses amis obtiennent d’être purifiés par Circée. ».
C’est donc pour obéir à Zeus que l’Argos s’engagea une seconde fois sur le Danube, qu’il gagna le Pô, puis le Rhône, et qu’il descendit jusqu’en Méditerranée. C’est pour cette raison qu’ensuite, il contourna la corse et la sardaigne, qu’il aborda la péninsule italienne ; à la limite du Latium et de la campanie. Et ce n’est qu’à l’issue de ce cheminement qu’il accosta chez Circée.
Circée accepta facilement de purifier les coupables, et, quelques jours plus tard, l’expédition put poursuivre sa route. Elle dut alors affronter le péril des Sirènes. Elle évita les dangers représentés par Charybde et Scylla. Elle se présenta devant Corcyre, le pays des Phéaciens. Une mer houleuse la jeta sur les cotes de Libye, et lui fit atteindre le lac Tritonis. Elle prit la direction de la crète, jusqu’à un endroit où les Argonautes durent combattre Talos ; ils finirent par le rendre fou furieux et à le vaincre, en laissant s’écouler le sang du Géant. Puis, elle jeta l’ancre devant le Sanctuaire d’Athéna, et y célébra le terme de son Odyssée.
Pourtant, les aventures de Jason ne s’arrêtèrent pas là : en effet, une fois revenu chez lui, Jason épousa Médée. Mais, il se lassa très vite d’elle. Celle-ci décida alors de se venger de lui et de sa nouvelle femme ; et elle mit le feu à leur palais. ».
Puis, Erachinos relate : « Après avoir quitté les Argonautes et l’île de Mysie, Héraclès accomplit d’autres exploits. Sur un esquif de fortune, il subit une terrible tempête provoquée par Héra. Il aborda l’île de Cos. Il tua son roi, rejoignit la thrace et la cité de Phlegrae. Il gagna Olympie, où il fonda les Jeux Olympiques. Il alla en Lydie, prit la ville de Pylus à la tète d’une vingtaine de soldats, avant de la confier au fils de Tros, Ilos. C’est d’ailleurs celui-ci qui éleva l’agglomération de Troie, qui fut aidé par Poséidon pour lorsqu’il bâtit ses fortifications, et qui engendra la race Troyenne. Puis, Héraclès redescendit aux Enfers, afin de rendre Akeste à son mari. Il découvrit la voie qui mène aux terres Hyperboréennes ; il en ramena la couronne du vainqueur des Jeux Pythiques. Il disputa la belle Déjanire au fleuve Acheloos quand ce dernier se métamorphosa en taureau. Au cours de l’affrontement, il lui arracha ainsi une corne, qui devint la corne d’Abondance. Il dut s’exiler, après s’être rendu compte qu’il avait tué le père de Déjanire. Le Centaure Nessus tenta de violer son amante ; il le supprima. Mais, avant de mourir, Nessus confia à Déjanire que le sang qui coulait de ses blessures constituait un philtre d’amour. Et Déjanire recueillit un peu du précieux breuvage, à toutes fins utiles.
Avec raison, car, quelques années plus tard, Héraclès s’éprit de la reine de Lydie, Omphale. Jalouse, Déjanire envoya donc une tunique trempée du sang de Nessos à son époux. Malheureusement, le tonique n’eut pas les effets escomptés ; le sang de Nessos était en fait un poison violent et brûlant. Et quand Héraclès toucha le vêtement, il se mit à souffrir, tant et si bien qu’il finit par se suicider en s’immolant par le feu. ».
Puis, Erachinos décrit les aventures de Thésée à l’issue de l’expédition des Argonautes : « Un jour, Thésée apprit la passion insensée de la femme du roi de Crète, pour un taureau que Poséidon avait jadis offert au souverain de l’île. Il réalisa ainsi que Pasiphaé avait donné naissance au Minotaure. Il fut informé du fait que le roi Minos avait ordonné à Dédale de construire un palais souterrain dont il était impossible de retrouver la sortie, pour emprisonner le monstre. Et, enfin, il sut que, pour la troisième fois, Athènes devait fournir un tribut de jeunes gens et de jeunes filles destinés au Minotaure.
Dès lors, Thésée décida de faire partie de ce contingent de sacrifiés. Il débarqua bientôt en Crète. Là, il fut aidé par la fille du roi Minos, Ariane, qui était passionnément tombé amoureuse du jeune homme. Celle-ci lui confia une pelote de fil à dérouler, avant d’entrer dans le Labyrinthe. Et elle lui dit qu’elle allait lui permettre de retrouver le chemin de la sortie, s’il réussissait son entreprise.
Thésée vainquit effectivement le Minotaure. Puis, il quitta l’île de Crète en compagnie d’Ariane. Il fit escale sur l’île de Naxos, où il l’abandonna à Dionysos. Dionysos, connu pour son charme et sa douceur, parvint à consoler la jeune fille. Il l’épousa et l’emmena avec lui dans l’Olympe. Thésée, de son coté, après une seconde escale à Délos, parvint en vue des cotes de l’Attique. Il prit la direction du pays des Amazones. Il enleva l’une d’entre elles, et déclencha une guerre entre le royaume des Amazones et le sien. ».
Erachinos se penche également sur l’histoire de Persée : « Enfermé à sa naissance dans un coffre jeté à la mer, Persée échoua sur l’île de Sephiros. Là, il devint un robuste jeune homme. Il partit ensuite affronter les Gorgones qui habitaient au-delà de la mer ; sur l’île des Hespérides. Mais, avant de partir pour cette contrée, il alla d’abord chez les Crios, les sœurs des Gorgones. Il leur subtilisa le casque d’Hadès dont elles avaient le dépôt, et qui avait la pouvoir de rendre invisible. Il se dirigea ensuite vers les limites du Monde Occidental. Là, à l’aide d’une serpe procurée par Hermès, il décapita la première des Gorgones, celle nommée Méduse. Du flot de sang dégagé par celle-ci, naquirent alors deux êtres étranges : le Cheval Ailé Pégase, et un Géant possédant une épée d’or. Pendant ce temps, il mit la tète de Méduse dans un sac. En se protégeant avec le casque d’Hadès, il échappa aux sœurs de la gorgone assassinée. Il sauta sur le dos de Pégase, prit la fuite. Il ne s’arrêta qu’aux limites orientales de l’Afrique ; en Ethiopie. Et, parvenu là, il délivra Andromède, attachée à un rocher pour être sacrifiée à un monstre marin. ».
Et finalement, Erachinos conte de petits Mythes épars, dont il a retrouvé la trace ici et là : « Pélops était un adolescent ; mais il fut dépecé par son père Tantale à l’occasion d’un banquet sacré, avant d’être ressuscité par les dieux. ». Ou : « Melicerte et Ophetlès étaient deux jeunes enfants. L’un fut dévoré par un Dragon ; l’autre fut précipité dans les flots par sa mère, devenue furieuse. Puis, Apollon tua le Dragon. Il fut ensuite contraint de s’exiler à Délos, puis à Delphes ; et c’est là qu’il établit son Oracle. ». Ou encore : « Orphée se plut à vire en Thrace ; et il y était capable de se métamorphoser à volonté, d’apparaître au même instant en plusieurs lieux, ou d’entrer en transe, de communiquer son délire à ses fidèles au cours d’orgies sacrées. ». Ou bien : « Phylacos avait un fils appelé Danaos. Et c’est Danaos qui amena ses 50 filles en Grèce, avant d’introduire le culte de la grande Déesse Mère en Arcadie. ».
Mais, Erachinos souligne que l’Age des Héros se termine avec la guerre de Troie : « Le roi de Sparte Tyndare désirait marier sa fille Hélène. Certes, les prétendants ne manquaient pas : tous les souverains Grecs étaient prêts à épouser celle-ci. Alors, pour éviter un conflit après son choix, Tyndare leur fit à tous jurer de châtier quiconque volerait Hélène à l’heureux élu. Ce qu’ils firent. Et Tyndare désigna Ménélas.
Hélas, à quelques temps de là, Paris – l’héritier de Troie – s’introduisit à Sparte, violant ainsi toutes les lois de l’hospitalité. Il enleva Hélène, ses trésors, et ses esclaves. Le serment d’alliance entre les princes Grecs se mit en branle. Et la guerre contre Troie fut déclarée.
Toutefois, la conduite de Paris avait une autre cause que son amour pour Hélène : un jour, au milieu du festin des dieux, la déesse de la discorde Eris jeta une Pomme d’Or portant l’inscription « A la plus belle » au milieu des convives. Il fut alors rapidement admis que seule Héra, Athéna, et Aphrodite, pouvaient prétendre à ce bijou. Pourtant, Zeus refusa d’arbitrer la discussion entre les belles mères et les belles filles. Il suggéra seulement de s’en remettre au jugement de Paris, le fils exilé du roi de Troie.
De fait, chacune des déesses chercha à soudoyer Paris : Héra lui offrit la souveraineté du Monde ; Athéna, la domination de la grèce par les armes ; et Aphrodite, la plus belle femme, Hélène.
Paris remit la pomme d’Or à Aphrodite. Il partit à la recherche de sa récompense. Et Aphrodite promit – en compagnie d’Apollon, d’Artémis, d’Héphaïstos, et d’Arès – de l’aider à vaincre ses ennemis.
Quoi qu’il en soit, à la suite du rapt d’Hélène par Paris, les forces Grecques ne tardèrent pas à se rassembler. Et le Géant Biarée, Scamandre, et Cymindis, les rejoignirent. Puis, lorsque la flotte se trouva prête à appareiller, des vents contraires se déchaînèrent. Le général Agamemnon – qui emmenait sa fille Iphigénie avec lui – sacrifia son enfant afin d’apaiser les éléments. La flotte vécut un voyage mouvementé. Et, elle arriva enfin devant les murs de Troie, fortement défendus.
Longtemps, les victoires et les défaites se succédèrent dans l’un ou l’autre des deux camps. Pendant les neuf années qui suivirent, non seulement leurs forces étaient égales, mais, également, les dieux étaient divisés. Et cela, jusqu’au jour où Achille fut tué ; alors que sa mère Thétys l’avait trempé dans l’eau du Styx à sa naissance, afin de le rendre invulnérable.
C’est alors que les adversaires se décidèrent à employer les grands moyens. Un combat singulier entre Paris et Ménélas fut organisé. Pendant ce temps, Ulysse et Argomède en profitèrent pour enlever la statue de la déesse Pallas – qui assurait l’invincibilité de Troie -, du Palladion. Comme il n’y eut aucun vainqueur à l’issue de l’affrontement, Ulysse bâtit un immense cheval de bois creux, où il se cacha avec quelques compagnons pendant que le reste des troupes Grecques s’éloignaient des rivages de Troie. Sûrs qu’il s’agissait d’un présent des dieux pour les féliciter de leur succès, les Troyens le firent entrer dans leur ville. Et Ulysse et ses soldats purent ainsi investir la cité de l’intérieur.
Les Grecs eurent alors le droit de rentrer chez eux, mais ce fut rarement par le chemin le plus court : Agamemnon retrouva son épouse Clytemnestre, qui ne lui avait pas pardonné la mort d’Iphigénie. Après son retour, elle prit un amant, et fit assassiner Agamemnon. Puis, sept ans plus tard, le fils de ce dernier, Oratre, le vengea en tuant sa mère ; avant de devenir fou jusqu'à ce qu’Apollon le guérisse.
De son coté, Ménélas revint à Lacédémoine avec Hélène – redevenue une épouse modèle – après quelques aventures sur les cotes d’Egypte. Mais, surtout, Ulysse vécut une Odyssée de dix ans, avant de pouvoir aborder à Ithaque. En voici un extrait décrit par Homère :
« C’était la dernière nuit avant la confrontation décisive. Ulysse, qui tenait à sa revanche, débarqua à Ithaque, et se cacha sous la protection Magique de la déesse Athéna. Celle-ci empêcha qu’on puisse le reconnaître ; seul son chien put l’identifier. Puis, il implora Zeus de lui adresser un signe d’encouragement. Aussitôt, Zeus fit gronder le tonnerre depuis un point élevé et sans nuages. Et Ulysse put se réjouir.
Cependant, dans une maison non loin de là, douze femmes peinaient à faire tourner les meules du maître. Elles préparaient de la farine d’orge et du froment ; la vraie moelle des hommes. Bientôt, onze d’entre elles s’endormirent. Une seule, qui n’avait pas encore cessé son travail, et qui était la plus faible, arrêta la meule, et prononça une parole prophétique : « Qu’en ce jour, pour la dernière fois, les prétendants prennent dans la maison leur doux repas. Eux qui me brisent les genoux de fatigue tandis que je broie leur farine. Puissent-ils manger ici pour la dernière fois. ». ».






































