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Quand le Mythe rejoint l'Histoire, il y a un Instant Magique où la Réalité n'existe plus que pour ètre emportée par le Souffle d'une Légendaire Epopée...

03 mai 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 525 - 530

empire_romainEn 50 avant J.C., à peine la gaule est-est enfin pacifiée que César tente de regagner le terrain perdu à Rome. En effet, la mort de Crassus à Carrhes met fin au triumvirat déjà bien affaibli. Pendant que César combat en Gaule, Pompée est le maître de Rome, où les sénateurs l’ont choisi comme dernier rempart de l’ordre. En effet, l’anarchie et la violence règnent dans la ville à la suite d’une émeute sanglante. Le Sénat confère donc à Pompée un consulat extraordinaire unique.

Pompée rétablit l’ordre, puis entreprend, avec l’appui de la « nobilitas », de dépouiller César de son pouvoir et de l’empêcher d’exercer le consulat après l’expiration de son commandement, en Décembre 50. Aussi, César, après avoir vaincu l’insurrection gauloise, vient t’il en Italie, et se rend t’il à Ravenne, d’où il tente une ultime – et vaine – conciliation. Mais, Pompée reçoit le commandement des troupes sénatoriales, tandis que César franchit le Rubicon, frontière de l’Italie. La guerre civile commence.

Dès le début, César prend l’avantage en rassurant Rome abandonnée par Pompée, et en promettant la citoyenneté romaine aux Cisalpins. Maitre de l’Italie sans même combattre, il franchit l’étape qui le conduit de la rébellion à la légalité : il est investi de magistratures qui en font un représentant licite des pouvoirs républicains. Puis, il est nommé dictateur grâce à l’action de Lépide et des sénateurs qui lui sont acquis. Pompée, lui, préfère dès lors renoncer à défendre l’Italie. Il tente de l’isoler entre ses légions d’Espagne et l’armée qu’il est en train de former en Macédoine.

Mais César se tourne vers le danger le plus pressant, l’Espagne, où il se rend en passant par la gaule. Il butte bientôt sur Marseille, qui s’est déclarée en faveur de Pompée. César, étant trop fin stratège pour laisser dans son dos une place hostile – qui plus est un port -, confie le siège de la cité à l’un de ses lieutenants. Il gagne l’Espagne avec un mois de retard. Or, Marseille tient encore pendant plusieurs mois, avant de capituler.

César affronte Pompée en 49 avant notre Ere. Vainqueur, il rentre en Italie, après avoir réquisitionné les trésors des temples. Il engage une partie de son armée en Méditerranée orientale ; tandis que lui débarque au Nord de l’Epire. Là, il doit faire face aux soldats de son beau père Metellus Scipion, à ceux de Pompée. Il s’enfonce en Thessalie alors que la situation semble désespérée. Mais, la 9 Août 48, le choc décisif entre les deux hommes a lieu à Pharsale : et l’armée césarienne, entraînée et aguerrie, l’emporte sur les troupes pompéiennes disparates et inexpérimentées.

C’est alors la panique : les sénateurs groupés autour de Pompée fuient en Afrique, tandis que le grand général gagne lui même l’Egypte et Alexandrie, où il est assassiné par Ptolémée XIII en lutte contre sa sœur Cléopâtre. César, qui marche sur ses traces, doit faire face à une véritable guerre de rues lorsqu’il arrive à Alexandrie. Celui-ci fait alors brûler la flotte égyptienne, occupe l’île de Pharos et s’assure la maîtrise du Phare. Et c’est dans ce contexte que la bibliothèque d’Alexandrie est incendiée : pas moins de 400 000 volumes sont détruits ; et une grande partie du capital intellectuel et scientifique amassé par les Ptolémée part en fumée.

Les derniers pompéiens, guidés par Labienus et Caton, trouvent alors refuge en Numidie auprès du roi Juba. César débarque à leur suite en Décembre 47. Il traque ses adversaires sur le littoral jusqu’à Munda et livre bataille à Thapsus. Le désastre est complet pour ses ennemis : Metellus Scipion et d’autres chefs y trouvent la mort. Et Caton, qui survit à la défaite, préfère se suicider à Utique. 

César tranche néanmoins dans ce conflit dynastique égyptien, en faveur de celle qui va devenir sa maîtresse. Elle hérite ainsi d’un royaume dont l’antique organisation pharaonique, modernisée par les Ptolémée, est si efficace que la gestion de l’Empire par Rome semble, en comparaison, très sommaire. Retenu dans le palais royal par la révolte des  Alexandrins, César profite à loisir des leçons d’administration que constituent ses archives. Et, dès ce moment, il subit l’influence de Cléopâtre.

En 46 avant J.C., il triomphe en trois semaines du fils du grand Mithridate, Pharnace II, qui tente de se réinstaller dans les anciens Etats de son père, et annonce sa victoire à Rome par le célèbre : « Veni, vidi, vici. ». Puis, de retour à Rome, il célèbre d’Août à Septembre de la même année, quatre fastueux triomphes – sur la gaule, l’Egypte, le Pont et l’Afrique. Et, enfin, il est de nouveau nommé consul avec Lépide ; tandis que son titre de dictateur lui donne, avec l’assentiment du peuple, le droit de protéger cette magistrature pendant cinq ans.

Durant les brefs séjours romains que lui laisse cette lutte sans fin, César réorganise l’Etat. Proclamé dictateur « perpeetus » - c’est à dire sans limitation de durée –, il fait adopter sans résistance, par un Sénat anesthésié – et d’ailleurs rempli d’hommes à lui, depuis qu’il l’a porté à 900 membres -, un ensemble de mesures qui, tout en abaissant la constitution républicaine, tendent à lui conférer une monarchie de fait : mainmise sur le Trésor, monnaie à son effigie, commandement des armées, droit de paix et de guerre, désignation des sénateurs. Il entreprend enfin de moderniser le comput du temps.

Car, le calendrier romain se déroule sur un rythme archaïque : il arrive aux pontifes désireux de plaire à un magistrat d’omettre ou d’ajouter un ou plusieurs jours intercalaires. Le calendrier religieux des Fastes est en avance de 67 jours sur le temps vrai. De fait, aidé par un mathématicien Grec, César adopte le comput de l’année agricole italique, selon le calendrier égyptien établi par l’astronome Eudoxe au IVème siècle avant J.C. Au lieu du 1er Mars, il fixe e premier jour de l’année au 1er Janvier, date d’entrée en fonctions des grandes magistratures. Et il donne son nom au mois de sa naissance, Julius, qui devient Juillet.

A ces pouvoirs exorbitants s’ajoutent des honneurs qui font de lui un dieu vivant, un roi sans le nom : toge pourpre, couronne de lauriers et trône en or, serment de fidélité prêté sur son nom, statue aux cotés des rois de Rome et, dans le temple de Vénus Genitrix, les noms de Père de la patrie, Nouveau Romulus ou Imperator… Le Sénat lui attribue même le titre de « divus » pour souligner ses origines divines.

En 46 avant J.C. également, depuis longtemps, le Sénat a ordonné la destruction des Temples d’Isis et de Sérapis installés à Rome. Pourtant, la rumeur prétend qu’au moment de leur destruction, les ouvriers enrôlés, bien qu’ils connaissent les risques encourus, ont refusé d’exécuter leur travail. Et une autre prétend que par la suite, les Adeptes de ces cultes se sont cachés dans les catacombes de la ville ; et qu’ainsi, ses immenses souterrains sont devenus les foyers d’une immense société secrète qui a lentement enveloppé tous les fondements du passé.

Mais, en 46 avant J.C., le culte est officiellement rétabli par Jules César. En effet, à la surprise générale, il ordonne la construction d’un nouveau Sanctuaire dédiés à Isis et à Sérapis. Dans l’une de ses chapelles, il fait élever une statue à la gloire d’Antoine ayant l’apparence d’Osiris ; il y fait également représenter la reine d’Egypte Cléopâtre avec les traits d’Isis. Et lui, s’y fait appeler « le nouveau Dionysos ».

Or, au même moment, le culte de Mithra, lui aussi, connaît une forte expansion. Originellement dieu du Ciel, de la terre, et des Morts, les Romains l’assimilent au dieu du Soleil. Ils lui donnent pour fonction de sauver les Ames de ses Adeptes ; qui sont organisés en Sociétés Secrètes, et qui se réunissent dans des Temples Souterrains. Et ils l’adorent en lui offrant des « Mystères » et des sacrifices nommés « Patapignatta ». 

En 46 avant J.C. encore, en rédigeant leurs ouvrages, plusieurs Historiens Romains évoquent les campagnes autrefois menées par les Perses contre les Scythes. Mais, ils parlent également des entreprises organisées à leur encontre par Alexandre le Grand ; puis, par ses successeurs Macédoniens.

En 46 avant notre Ere toujours, le mélange étonnant de nouveautés royales d’inspiration hellénistique et d’anciens usages royaux étrusco-latins est dû à l’influence qu’exercent auprès de César Cléopâtre, installée à Rome avec leur fils Césarion. Mais l’inquiétude devant cette ascension vers la royauté de la part de César finit par rassembler républicains sincères, pompéiens rancuniers et césariens déçus ; et encore plus lorsque César désigne son petit-neveu et fils adoptif Caius Octavus héritier. Lorsque le fidèle lieutenant de César, Marc Antoine, décide de lui offrir le diadème royal aux lupercales, lorsqu’un oracle sibyllin proclame que, pour vaincre les Parthes, il faut un roi, et enfin quand César lui-même convoque le Sénat la veille de son départ pour la guerre parthique, il apparaît alors clairement qu’il va se faire désigner roi, titre tabou à Rome depuis la chute des Tarquins.

Quand il revient à Rome après avoir éliminé les Parthes en Afrique, César est donc revêtu d’une apparence de légalité qui lui permet de cumuler la dictature et un consulat décennal, et de concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Appuyé par la plèbe, soutenue par une armée à sa dévotion, le Conquérant tente alors de domestiquer les institutions républicaines et de remodeler la société romaine dans le sens d’une plus grande docilité. Il entreprend également de moraliser l’administration des provinces et d’accélérer la romanisation, en particulier par l’implantation de nombreuses colonies. Il donne une base religieuse à son pouvoir en intensifiant son propre culte.

C’est alors que César, in extremis, prend conscience des susceptibilités romaines. Mais il est déjà trop tard : des nostalgiques de l’ancienne République, menés par Brutus, protégé de César mais austère stoïcien, et par le pompéien Cassius, passent alors à l’acte. Aux ides de Mars, le 15 Mars 44 avant notre Ere, César tombe en plein Sénat, au pied de la statue de Pompée, percé de 23 coups de poignard.

Mais, quelques jours après l’assassinat de César, Antoine appelle le peuple à venger le dictateur et contraint les meurtriers à s’enfuir. Il médite en fait de passer outre le testament de César, qu’il a recueilli avec ses papiers, et d’assumer son héritage politique. Or, Octave vient contrarier les plans d’Antoine, et il devient son rival. Alors qu’Antoine tente de reprendre la cisalpine à Brutus, celui-ci, qui révèle rapidement ses aptitudes politiques, parvient à mobiliser les vétérans de Campanie et à lui faire lever le siège de Modène, où Brutus s’est réfugié. La guerre se termine donc par la défaite d’Antoine, alors que ce dernier détient encore de grands atouts et des soutiens importants.

Dès lors, Octave cherche à se rapprocher d’Antoine pour faire au Sénat qui lui refuse le consulat, et compte sur les positions conservées par Antoine – en particulier le soutien des proconsuls de Gaule et d’Espagne -, pour conquérir le pouvoir. Il se fait élire consul et octroyer des pouvoirs extraordinaires grâce à lui. De leur entrevue à Bologne, et de leur alliance d’intérêts, naît un second triumvirat, qui réunit Antoine, Octave et Lépide. Et après s’être partagé les provinces d’Occident, ils déclenchent une vague de proscriptions sanglantes dont la première victime est Cicéron.

Car, après avoir écrit ses « Philippiques » - dans lesquels il ne cache pas ses sympathies pour Octave et fustige violemment Antoine et ses partisans -, Cicéron affronte la mort avec courage. Après ordonné à ses serviteurs de déposer sa litière, il s’offre de lui même aux émissaires d’Antoine. Et les soldats de celui-ci le décapitent et lui tranchent les mains.

Puis, Octave et Antoine marchent contre les armées des républicains, regroupées en Orient. Ils atteignent la macédoine où le gouverneur de Syrie, Cassius, est venu se joindre à Brutus après avoir pillé sa province. Le choc se produit près de la mer Egée, à Philippes. Bien que supérieurs en nombre, les républicains sont écrasés : les réfugiés se réfugient avec Sextus Pompée en Sicile.

Malgré tout, à leur retour en Italie, les armées victorieuses sont divisées. Inimitiés et jalousies se développent entre les vétérans d’Antoine et d’Octave. Les conflits – à Pérouse entre autres - prennent bientôt de plus en plus d’ampleur. Et le frère d’Antoine profite de la révolte de paysans expropriés pour les utiliser contre les hommes d’Octave.

En 42 avant J.C., de son coté, Salluste – bienfaiteur de César et ancien proconsul d’Afrique, trouve refuge dans sa somptueuse propriété sur la colline du Pincius. Il compose les plus importants de ses ouvrages historiques. Dans « La conjuration de Catalina », il ne cache ni ses sympathies démocratiques, ni sa haine des aristocrates immoraux.

En 40 avant J.C., Octave parvient à triompher de la guerre de Pérouse grâce à l’habilité de ses deux lieutenants Aggripa et Rufus. Il fait alors preuve d’une grande cruauté à l’égard des vétérans et des paysans qui se sont opposés à lui. Ensuite, il conclut avec Octave un traité de paix : Octave reçoit l’Occident Romain en se donnant le titre de « César Imperator, fils de Divus Julius », Antoine obtient l’Orient, et Lépide les possessions de l’Afrique. Mais, ils ne prévoient pas le rôle joué par Sextus Pompée.

Car en effet, au même moment, celui-ci se façonne un véritable empire maritime. Il choisit la sicile comme base de son armada. Il négocie auprès des triumvirs, à l’entrevue de Misène, l’obtention de la corse, de toute la sicile et de la sardaigne.

Parallèlement, en 37 avant J.C., Virgile publie un recueil de dix « Bucoliques » inspirées des « Idylles » de Théocrite. Il y dépeint une Arcadie où les bergers célèbrent leurs maîtresses par des chants. Mais là où Théocrite évoque les tourments de l’amour, Virgile donne à ses pasteurs un merveilleux remède : la poésie. Car il décrit moins un lieu qu’un état d’âme. Ses bergers sont des poètes, ils se méfient des passions qui ternissent la paix de l’âme. La vie à la campagne est recherche du calme intérieur, goût de l’essentiel.

Les quatre Livres des « Géorgiques », eux, sont d’une inspiration très différente. Il s’agit, d’une part, d’un poème didactique qui réunit des préceptes relatifs à l’agriculture et à l’élevage. La science de Virgile y est précise et étendue. Il y parle, notamment, de l’Oracle de Delphes, qu’il a visité dans sa jeunesse : « Par son intermédiaire, la céleste Aurore jaillira bientôt. Elle apportera avec elle ses purs rayons, et de nombreux hommes pieux auront un désir maladif de les toucher. Grâce à eux, elle annoncera la fin de la nuit ; alors, le reflet de la lune, et les maigres étincelles de la sagesse Céleste, se rencontreront au milieu du site de Delphes, et leur éclat sera bien terni. Puis, quand la clarté du jour pointera à l’horizon, tous les trésors, tous les Objets Invisibles qui sont dissimulés à Delphes parmi les Secrets du Monde, pourront être reconnus comme vrais ; ils pourront donc servir de Reliques en ce qui concerne la doctrine des Anciens Sages. ».

D’autre part, cette œuvre est une exhortation à travailler la terre. Le labeur n’est ni un mal nécessaire, ni une action que la nature hostile rend vaine : il est participation efficace à l’ordre du Monde. Est ce Mécène, le discret conseiller d’Auguste qui suggère à Virgile son éloge à l’agriculture ? Il prend en tout cas une résonance particulière à un moment où l’exode rural menace l’économie italienne, tandis qu’inversement, des vétérans inexpérimentés retournent aux champs. 

En 36 avant notre Ere, retournement de situation : Octave obtient d’Antoine l’aide de 120 navires afin de lutter contre Sextus Pompée. Grâce à l’habilité d’Aggripa, promu amiral de la flotte, il maîtrise le dernier partisan de Pompée. La flotte de Sextus est défaite à Nauloque, Messine est prise, et l’adversaire d’Aggripa prend la fuite vers l’Orient. Désormais, Rome peut être ravitaillée en toute sécurité.

         

Puis, peu après, Octave écarte Lépide du pouvoir. Antoine, lui, échoue contre les Parthes. Celui-ci prévoit alors une autre campagne et organise l’Orient autour de l’Egypte de Cléopâtre. Mais, bien qu’il affirme s’inspirer, pour cette opération, du plan de César, la propagande d’Octave, dès 35 avant notre Ere, le présente comme un homme « sous l’influence de l’Egyptienne ». De plus, Antoine répudie son épouse Octavie, provoquant une indignation unanime. Octave en profite alors immédiatement pour se faire prêter serment de fidélité par l’ensemble de l’Italie, de la gaule, de l’Espagne, et des possessions d’Afrique. Il en résulte une reconnaissance d’Octave en tant que chef. Et prenant comme casus belli les prétentions de Cléopâtre, désireuse d’imposer son fils Césarion à la succession de César, il lui déclare la guerre. Puis, alors qu’Antoine se plaint de ne pas avoir été aidé contre les Parthes, Octave accuse celui-ci de trahir Rome pour servir les intérêts de la reine Egyptienne, et le contraint à prendre les armes. 

La guerre éclate à l’Eté 32 avant J.C. et oppose pour la première fois l’Orient à l’Occident. Octave se fait désigner général par ses armées. Antoine met en place une flotte et des troupes plus importantes, et il a pour lui les apparences de la légalité – 300 sénateurs et 32 consuls le rejoignent -, mais Octave dispose de bons généraux, dont Agrippa, et sait utiliser l’arme de la propagande. C’est encore dans les Balkans, mais cette fois-ci sur mer, que se joue la décision : la flotte d’Antoine doit capituler à Actium le 2 Septembre 31 avant notre Ere. Dès lors, Rome n’a plus qu’un maître.

Après Actium, l’ambition d’Octave est désormais d’exercer un pouvoir absolu sur l’Empire, tout en maintenant la forme républicaine à laquelle les Romains restent attachés. C’est donc d’abord en cumulant les magistratures traditionnelles et en les vidant de leur sens qu’il y parvient.

C’est ainsi qu’il exerce le consulat et qu’il reçoit à vie tous les pouvoirs des tribuns, ainsi que la puissance censoriale. D’autre part, il dispose depuis quelques années d’un pouvoir spécial, « l’impirium triumviral », qu’il a partagé avec les deux autres triumvirs et qu’il conserve. Puis, il reçoit, sur l’ensemble de l’Empire, un « impirium extraordinaire », à renouveler tous les dix ans.

Cet impirium est à la base de son régime. Si Octave proclame bien haut son respect du Sénat et du peuple, il reçoit néanmoins – et suscite – des titres nouveaux qui rappellent de vieilles notions romaines. Ainsi, lorsqu’il affecte de déposer son pouvoir devant le Sénat, celui-ci lui décerne le titre « d’Augustus », fondé sur la notion « d’Auctoritas », sorte de puissance morale et religieuse, qu’il porte dès lors comme un nom, tout comme le titre d’Imperator constitue un de ses prénoms. Mais c’est par le titre de « princeps » que le nouveau chef de l’Etat est couramment désigné, sans que ce terme puisse outrager le moins du monde le sentiment républicain. 

De fait, d’une grande intelligence, Auguste n’est pas exempt d’une certaine cruauté, ni d’un talent de manipulateur. Arrivé au pouvoir, son souci est de moraliser le nouvel Empire ; il sait à merveille mettre en scène ses propres qualités de vertu domestique, de simplicité et de sobriété, que Suétone, pourtant amateur de ragots, décrit si bien. Ne parle t’il pas, du « mime de sa vie » ? Son extraordinaire lucidité et sa parfaite maîtrise de soi expliquent pourquoi ses portraits donnent souvent l’impression d’un masque idéalisé. 

En 30 avant J.C., le poète Horace connaît une brillante carrière littéraire. Protégé par le chevalier Mécène, il pénètre rapidement dans l’entourage d’Octave. Et il entame dès cette année la composition du premier livre de ses « Odes ».

02 mai 2008

De Deiteus Myhica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 520 - 525

empire_romainArtisans, commerçants et petits métiers de rue animent les quartiers populaires des grandes villes romaines : les artisans tiennent boutiques sur rue tout en travaillant à la fabrication dans leurs échoppes ; boulangers, orfèvres et foulons, blanchisseurs et taverniers, forgerons et tanneurs se côtoient. Les différents métiers commencent à s’organiser dans le but d’assurer à leurs membres une protection sociale – secours mutuel – et économique – fixation des prix.

Par contre, pour mener une vie politique, il est indispensable de venir d’une famille qui compte plusieurs membres au Sénat. Il est aussi nécessaire d’avoir de l’argent, car les campagnes électorales sont coûteuses, ainsi que l’exercice même de certaines magistratures qui ne sont pas rémunérées. C’est d’ailleurs pourquoi les magistrats sont souvent tentés de « rentabiliser » l’exercice du pouvoir. Enfin, appartenir à une des rares familles sénatoriales ayant l’habitude des plus hautes fonctions est un atout de taille. Le jeune homme qui se lance dans le « cursus honorum », la carrière des honneurs, doit exercer une hiérarchie de magistratures avec un ordre et des délais fixes et établis :

Il lui faut d’abord effectuer un service militaire de dix ans, après quoi, à partir de 28 ans, il peut exercer la « questure », puis, à 31 ans, le tribunal de la plèbe ou l’édilité ; à 34 ans, il peut être candidat à la préture et, à 37 ans, au consulat.

Pourtant, la réforme de Sylla repousse l’âge minimum pour les magistratures – 43 ans pour le consulat – et réglemente leur itération : ainsi, faut t’il désormais attendre dix ans avant d’exercer un second consulat. Mais, une fois sortis de charge, les préteurs et les consuls reçoivent la charge d’une ou plusieurs provinces, avec le titre de propriéteur ou de proconsul. Or, bien sûr, les ambitions et les manœuvres des « imperators » bouleversent quelque peu cet ordre.

Les Romains sont de grands bâtisseurs de cités, fonctionnelles et ordonnées géométriquement autour de quelques axes principaux ; néanmoins, les agglomérations les plus importantes ou les plus anciennes n’obéissent pas toujours à ces seuls critères : élevées sans plan préétabli ou débordant le plan initial, elles présentent, à coté de quartiers prestigieux  et résidentiels, des parties populeuses où le manque d’espace et la cherté imposent la construction en hauteur d’immeubles collectifs, les « insulae », dépourvus de confort et surpeuplés ; mal bâtis, le plus souvent en bois, ces logements menacent de s’écrouler à tout moment ; le feu se propage aisément dans ces ruelles étroites, sombres, non pavées, sans trottoirs, souillées d’immondices et propres aux épidémies.

Comme pour les villes, la pratique de la castramétation traduit parfaitement le souci d’organisation et d’ordre de l’armée romaine. Au cours de ses voyages, à chaque étape, celle-ci construit un camp retranché selon un rite et un plan immuables. On choisit l’emplacement et on commence par y placer le « praetorium », quartier général d’où partent deux axes perpendiculaires joignant les quatre portes. Les différents corps de troupes sont ensuite rangés selon un ordre correspondant à celui qu’ils trouvent dans le dispositif de bataille.

Le plan du camp présente aussi de grandes analogies avec l’organisation type des villes romaines. Le camp est entouré d’un fossé et d’un talus surmonté d’une palissade rectangulaire. Les camps deviennent parfois permanents, et l’on y trouve de temps en temps un confort plus grand : hôpitaux, thermes, salles de réunions.

Par ailleurs, à l’intérieur de ces camps, se mobilisent cohortes, centuries et manipules. Le nombre de légions ne fait qu’augmenter ; chaque grand général finissant par avoir sa propre armée. Chaque légion porte un numéro et un ou plusieurs qualificatifs.

L’armée romaine comprend enfin de nombreuses troupes auxiliaires – non-citoyens -, dont le rôle est important dans les missions de reconnaissance et de poursuite. L’armement du légionnaire, quant à lui, doit beaucoup à ses ennemis. Rome emprunte ainsi le pilum aux Samnites, et le glaive aux Espagnols.

La guerre qui a touché l’ensemble de l’Italie a fait 300 000 morts. Elle a considérablement affaibli les régions de la péninsule. En 88 avant J.C., Sylla est élu consul. Il doit songer au redressement intérieur, et surtout faire face au péril asiatique et aux ambitions de Mithridate. En 87 avant J.C., Sylla repart donc en guerre. Il débarque en Epire avec une armée d’importance moyenne. Sa tâche ? Reconquérir deux continents et l’archipel de la mer Egée. Les premières opérations lui rendent le contrôle de la grèce d’Europe, à l’exception d’Athènes et du Pirée, dont il entreprend le siège. Malgré tout, le siège d’Athènes est plus long que prévu. Les machines de guerre et les mines ouvrent une brèche dans la muraille du Pirée en 86 avant J.C. Les Romains donnent l’assaut. Le siège devient blocus. Les Athéniens ont faim et cherchent à négocier. Sylla exige la reddition pure et simple. Les Romains prennent la ville et se livrent au pillage. Sylla, magnanime, rend ensuite à la cité sa liberté.

Dès lors, un an plus tard, Mithridate négocie avec Sylla : ce dernier réclame la restitution de toutes les conquêtes royales, la remise des captifs et de la flotte. Le général Archélaos accepte les conditions et suspend les hostilités, Mais Mithridate n’est pas encore décidé à signer la paix et rompt brusquement les pourparlers.

En même temps, profitant de sa longue absence de Rome, le parti populaire s’empare du pouvoir avec l’appui des chevaliers et des « nouveaux Romains ». Sylla retourne précipitamment en Italie. A printemps 83 avant J.C., il débarque à Brindes avec une armée qui lui est aveuglément fidèle. Sa marche sur Rome est la première grande guerre civile que connaissent les Romains. Elle se termine en 82 avant J.C., à la bataille de la porte Colline. Vainqueur, Sylla organise une terreur systématique, à l’aide de listes de proscrits, qui fait plusieurs milliers de victimes. Après s’être donné le titre de dictateur, il consacre son pouvoir à mettre en place une vaste réforme constitutionnelle : accroissement des pouvoirs du Sénat, limitation de ceux des magistrats et surtout abaissement du tribunat de la plèbe et des chevaliers, qui se voient privés du contrôle des tribunaux. Il abdique en 79 avant J.C., en laissant planer le mystère sur les raisons de son départ.

Lépide est élu consul l’année suivante. Il propose de rappeler les exilés, de rétablir la loi frumentaire et de restituer aux Italiens les terres confisquées. Le Sénat n’accepte que la première mesure. Lépide se révolte et, à la tète d’une armée d’Etrusques, marche sur Rome. Il est tenu en échec par Pompée. Puis, toujours en 78 avant J.C., Sertorius prend la tète d’une révolte espagnole en déclarant un Etat indépendant, avec un Sénat, des magistrats, une politique intelligente d’alcuturation pour les indigènes. Pompée intervient en Espagne en 77 avant notre Ere. Sertorius résiste aux armées romaines grâce à son génie en matière de stratégie jusqu’en 72 avant J.C, année où il est assassiné.

Entre-temps, en 74 avant J.C., Rome organise en provinces la cyrénaïque et la bithynie. C’est une véritable provocation à l’égard de Mithridate Eupator. Celui-ci relance la guerre contre Rome. Le général Lucullus n’ayant pu remporter contre lui de succès décisif, il est remplacé par Pompée, qui met fin à la politique turbulente de Mithridate.

Ailleurs, en 73 avant J.C., une révolte d’esclaves naît à Capoue, au sud de Rome. Le mouvement part d’une école de gladiateurs : un esclave Thrace, Spartacus, s’échappe avec 70 de ses camarades. Ils sont vite rejoints par de gros contingents d’esclaves en fuite, notamment des Gaulois et des Cimbres, et leur troupe compte bientôt jusqu'à 100 000 hommes. Les armées dépêchées par Rome sont battues par un ennemi qu’elles sous-estiment. Après être monté vers la cisalpine, Spartacus redescend vers le Sud, semant la panique dans les rangs du Sénat, qui redoute que des villes italiennes suivent le mouvement. Crassus, à la tète de six légions, parvient à battre Spartacus en Apulie en 71 avant J.C. 6000 prisonniers sont crucifiés à titre d’exemple.

En 70 avant J.C., Pompée devient consul. Il s’appuie sur les chevaliers en leur redonnant les privilèges que Sylla leur a enlevé, il obtient des pouvoirs extraordinaires pour combattre les pirates de Méditerranée, puis pour soumettre Mithridate, roi du Pont, et l’Etat Séleucide, où il même bientôt de brillantes campagnes. A son retour, son prestige est immense.

En 70 avant J.C. également, Antonius Diogène écrit un livre qu’il intitule : « Les Choses Incroyables que l’on voit au-delà de Thulé ».

En 70 avant J.C. toujours, Marcus Tullius Cicéron, un chevalier d’Arpinum, après de brillants succès au barreau, décide à son tour de se lancer dans la politique. Il présente sa candidature aux Comices centuriates de 64 avant J.C. pour être élu consul. Son programme : regrouper les modérés, renforcer le Sénat et défendre le pouvoir civil contre les « Imperators », ces nouveaux chefs de guerre au prestige immense et ménager le soutien des conservateurs. Malheureusement, il ne peut pas réaliser ce projet ambitieux, mais il a la satisfaction de démasquer et de réprimer la conjuration d’un petit nombre de nobles ruinés et anarchistes, groupés autour d’un certain Catilina. Informé des projets des conspirateurs, il obtient les pleins pouvoirs et attaque Catilina en plein Sénat. En 62 avant J.C., celui-ci rejoint les rebelles en Etrurie. Il est définitivement mis en déroute par Cicéron. Il est vaincu et tué, tandis qu’à Rome ses complices sont arrêtés et exécutés.

De son coté, vers 70 avant J.C., à 32 ans, César est élu questeur – magistrat chargé d’assister les consuls en matière financière et criminelle – en Espagne, alors que Pompée est déjà en train de conquérir ses titres de grandeur. Puis, en 68 avant notre Ere, les funérailles de sa tante lui donnent l’occasion d’affirmer son ascendance divine – par Vénus – et royale – par Ancus Marcus, le quatrième roi de Rome -. Ce « Popularis » n’hésite pas ensuite à se remarier l’année suivante avec la petite fille de Sylla, afin de se ménager, dans la classe dirigeante, les appuis dont son ambition a besoin, et à soutenir, en 66 avant J.C., la loi qui confie à Pompée la guerre contre Mithridate. Le riche consul Crassus finance sa carrière. César est donc édile – un magistrat chargé de l’inspection des édifices et des jeux, ainsi que de l’approvisionnement de la ville – en 65 avant notre Ere. Et, deux ans plus tard, il se fait adroitement élire « Pontifex Maximus », c’est à dire chef de la religion romaine : à Rome, l’étroite imbrication entre le politique et le religieux fait de ce poste un tremplin vers le pouvoir ; aussitôt, César s’installe dans la « Maison Publique », dépendance de l’antique Régia où se sont maintenus, depuis l’époque royale, des rites requérant la présence du roi ou de son substitut. En même temps il a l’habilité de ne pas se laisser compromettre dans la conjuration de Catilina, dont il connaît l’existence ; mais il vote contre la condamnation à mort des conjurés. Enfin, en 62 avant J.C., il est élu préteur – magistrat judiciaire qui a le pouvoir de faire exécuter et d’interpréter la loi –.

En 61 avant J.C., les Sénateurs font un triomphe mitigé à Pompée de retour d’Orient, marquant ainsi leur opposition à son ascension politique. En outre, des mesures défavorables aux chevaliers qui soutiennent Pompée, sont prises sous l’impulsion de Caton, et un sénatus-consulte remet en question l’immunité judiciaire des juges équestres.

César, lui, couvre le général d’éloges et resserre ses liens avec Crassus, à qui il emprunte une somme considérable. Il propose à Crassus et à Pompée un accord secret qu’ils acceptent par intérêt. Tourné contre le Sénat, cet accord prévoit une mainmise sur le pouvoir, par l’intermédiaire du consulat que, selon les termes de l’accord, César doit exercer en 59 avant J.C. Ce dernier s’engage à conduire une politique allant dans le sens des intérêts des « triumvirs ». Pour sceller l’alliance, Pompée épouse la fille unique de César, Junia. Ce mariage est une entente heureuse, comme le triumvirat, jusqu’en 58 avant J.C. En effet, normalement élu, César se rend bientôt maître de la situation et met en œuvre une vaste politique : vote d’une loi agraire pour installer sur « l’ager publicus » les vétérans de Pompée et les prolétaires urbains le désirant, vote une loi ratifiant les actes de Pompée en Orient et d’une autre réduisant sensiblement les sommes les sommes dues à l’Etat par les sociétés publicaines, où Crassus a de gros intérêts, comme nombre de chevaliers. La politique des triumvirs est claire : appui sur la plèbe et sur les chevaliers contre les nobles du Sénat. Déjouant les manœuvres de ce dernier, César obtient un « Impirium » de cinq ans sur l’Illyrie, la gaule Cisalpine, la gaule Transalpine et quatre légions. C’est enfin pour lui l’occasion d’égaler la gloire de Pompée.

Quelques mois plus tard, César neutralise le deuxième consul, Calpurnius Bibulus. Dans son souci de plaire il accorde, avec l’aide de Pompée, la requête du roi d’Egypte Ptolémée Autèle, le titre prestigieux « d’ami et d’allié » du peuple romain. César et Pompée obtiennent en retour la coquète somme de 6000 talents à titre personnel. Puis, en proposant au Sénat une loi qui condamne à l’exil quiconque a fait périr un citoyen romain sans jugement, le tribun de la plèbe Clodius – un ami de César -, cherche à atteindre Cicéron et à jeter le discrédit sur la façon dont celui-ci, consul, a fait exécuter les complices de Catilina. Cicéron ne s’y trompe pas et, peu de temps avant le vote, s’exile de lui même en Thessalie. De cette manière, Clodius venge les parents des condamnés. Il s’agissait en effet bien souvent de familles nobles, dont les enfants désargentés n’avaient rejoint les conjurés que dans l’espoir d’accéder au pouvoir. Or, Clodius s’appelle en fait Publius Claudius Pulcher : de l’illustre famille des Claudius ; il s’est fait adopter par un plébéien et a pris le nom de Clodius pour devenir tribun de la plèbe.

En 59 avant J.C. également, le « De Natura Rerum » de Lucrèce va dans le même sens. Il expose en effet fidèlement la morale épicurienne, ainsi que son fondement, la philosophie matérialiste de Démocrite. Pour Lucrèce, comme pour Epicure, tous les maux de l’homme viennent de ce qu’il craint les Dieux et la vie. Or la physique enseigne que cette crainte est vaine. D’une part, tout a une cause naturelle ; les Dieux, à supposer qu’ils existent, ne s’occupent plus des humains. Ainsi, ils sont étrangers aux phénomènes les plus mystérieux que la physique suffit à expliquer. D’autre part, l’homme est mortel et il n’y a pas de vie future. Là encore, la physique étaye le raisonnement philosophique. Dans le vide, tombent éternellement des éléments indivisibles et invisibles, les atomes. La pesanteur les amène à se regrouper et à former des corps tant inertes qu’animés. Ainsi, l’homme est composé d’atomes ; or, toute combinaison d’atomes finit par se dissoudre en ses éléments ; donc, l’homme est mortel. « Peut-il se plaindre de devoir quitter la vie ? Non pas. Ou nous n’avons pas su ne pas souffrir de l’existence, et la mort ne nous enlève rien. Ou nous avons su la goûter, et nous partons rassasiés du banquet de la vie pour accueillir un repos paisible. Et les préceptes épicuriens de tempérance physique et de modération morale nous ouvrent la voie de cette sérénité. ».

César pénètre en Gaule Chevelue en 58 avant J.C. En effet, la gaule Celtique est incapable de faire face aux Suèves d’Arioviste, venus de Germanie, et aux Helvètes qui, refoulés par ce dernier, refluent vers l’Ouest. Rome a bien des raisons d’intervenir : éviter de voir une riche contrée basculer aux portes mêmes de l’Italie et préserver la sécurité des échanges commerciaux avec cette région. Par ailleurs, César voit là l’occasion de contrebalancer à l’Ouest les succès orientaux de Pompée. Il entre donc en Gaule Celtique à l’appel des Eduens et écrase successivement les Helvètes et les Suèves. L’année suivante, il renforce ses effectifs et semble soumettre la gaule Belgique où il bat les Nerviens. En 56 avant J.C., c’est au tour des Vénètes, en Armorique, d’être battus. La gaule paraissant soumise, César mène au-delà de la manche, en Bretagne, et du Rhin, en Germanie, deux expéditions de prestige sans grands résultats.

Puis, César retourne momentanément en Italie, à Lucques, où les triumvirs se retrouvent pour renouveler les clauses de leur accord. Ils conviennent de laisser le consulat de l’année 55 avant J.C. à Crassus et à Pompée. Il est entendu que l’Impirium de César sur la gaule n’est pas remis en question. Ses pouvoirs sont même reconduits par le Sénat. Mais, en 54 avant notre Ere, l’anarchie est telle à Rome que les élections ne peuvent avoir lieu aux dates prévues. C’est pour cette raison qu’à ces violences, le Sénat oppose un agitateur redoutable : Milon.

En 54 avant J.C. également, Cicéron s’attache surtout à tirer de la philosophie une morale pratique. Ainsi, ses deux premiers ouvrages proposent une synthèse de ses buts politiques. Le « De Republica » trouve le gouvernement idéal dans la rome du IIème siècle avant J.C. ; au moment où s’est établi un équilibre entre le principe monarchique – les consuls -, le principe oligarchique – le Sénat – et le principe démocratique – les assemblées du peuple. Le « De legibus », lui, fonde le droit sur le caractère divin de l’homme et traite des lois religieuses et de l’organisation politique.

Puis, Cicéron vulgarise les philosophes Grecs et adopte un stoïcisme pratique, mêlé sur le plan des principes, au doute prôné par la nouvelle Académie. Aussi, dans les « Définitions du Bien et du Mal » et dans « Sur la nature des Dieux », il expose le point de vue d’un épicurien, d’un stoïcien et d’un académicien. Les « Tusculanes » démontrent que l’Ame est Immortelle et que le bonheur dépend de la vertu. Et ensuite, Cicéron revient à une morale relative et pratique dans « les Devoirs ». Il y établit que les devoirs du bon citoyen concilient l’honnête à l’utile ; avant de s’intéresser aux problèmes de la psychologie morale dans son traité « Sur l’amitié ». Et celui-ci détermine qu’il n’y a pas d’accord possible hors du devoir.

Avec ses trois livres de son dialogue « De oratore », Cicéron explique ensuite les succès de ses discours au Sénat. Les dons naturels ne suffisent pas : il faut connaître la philosophie, l’histoire et la jurisprudence. Reprenant les cinq éléments de l’art oratoire définis par les rhéteurs, il demande qu’on assouplisse les préceptes de « l’invention » - ou, art de trouver les arguments -, ainsi que de la « disposition » science du développement et du plan. Il insiste surtout sur « l’élocution » - ou, style -, et sur « l’action » - ou, traduction gestuelle de la pensée.

En outre, parmi les trois buts que Cicéron assigne à l’orateur – prouver, plaire et émouvoir -, il privilégie le dernier. Ainsi, il n’aime guère la sécheresse du style « néo attique » représenté par César : pour émouvoir les foules, il préfère la fougue, tempérée par le bon goût.

Mais Cicéron s’oppose aussi à Milon lorsque celui-ci est appelé par le Sénat. L’hostilité entre les deux hommes devient bientôt de plus en plus vive parce que Cicéron défend Clodius contre son ennemi personnel. Il développe une argumentation élaborée, mais bien délicate. Il affirme que la violence ne peut être légitimée que si elle employée pour protéger les lois. Et il cherche à minimiser les responsabilités de Clodius en ce qui concerne la décadence de l’ordre social au sein du Sénat.

Mais, le désordre politique se conjugue à l’enlisement de la guerre des Gaules, et fait perdre à César son crédit à Rome. Au contraire, la popularité de Pompée grandit auprès des optimates, qui apprécient davantage sa loyauté républicaine depuis qu’ils ont vu la manière dont César a géré le consulat. De plus, ceux-ci ne sont pas mécontents de troubler l’entente entre les deux hommes, à présent que la mort de Julie, en 54 avant notre Ere, dissout leurs liens affectifs et politiques. Aussi, alors que César doit faire face à la révolte gauloise menée par Vercingétorix, Pompée est nommé consul unique par le Sénat afin de rétablir l’ordre. Pendant ce temps, César commence le siège de Gergovie, puis d’Alésia.

De son coté, en 53 avant notre Ere, Crassus gagne la syrie pour y exercer son proconsulat, et, avec sept légions, il s’enfonce dans l’Empire Parthe. Il veut ouvrir les routes commerciales de l’Extrême-Orient aux intérêts Romains, et aux siens en particulier.

Mais, dans le désert mésopotamien, avant d’atteindre Séleucie, il est surpris par les cavaliers Parthes, qui lui infligent, à Carrhes, une sévère défaite. La bataille fait 10 000 morts, dont le proconsul lui même.

En 51 avant J.C., César entend laisser un témoignage monumental de sa conquête. C’est l’objet de ses « Commentaires sur la guerre des Gaules » : ce recueil de notes mises en forme donne, tout au long des sept livres qui le composent, un récit minutieux et vivant des campagnes militaires de la gaule. Le style en est caractéristique : sa sécheresse, son élégance dépouillée, en font un texte comparable aux communiqués d’état major. Les batailles sont décrites dans leur intégralité, avec cependant un souci de la dramatisation et de la mise en scène qui les rend passionnants.

Au-delà, César a une ambition politique : faire du vainqueur de la guerre des Gaules un héros national reconnu et attendu à Rome. Ainsi, malgré le souci d’objectivité dont il se réclame, l’auteur a tout intérêt à grandir des ennemis dont il a triomphé pour assurer la grandeur de Rome.

28 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 505 - 510

empire_romainPalestine, IIème – Ier siècles avant J.C. :

Vers 150 avant J.C., la ville de Pétra, au Sud de la mer Morte, est la capitale du royaume indépendant des Nabatéens, tribus d’origine araméenne. Sa richesse lui vient du commerce caravanier avec l’Arabie du Sud.

D’origine nomade, les Nabatéens creusent à Pétra dans les flancs des ravins afin de se loger, et construisent un temple pour le culte. A mesure que s’accumulent les richesses, des maisons se construisent, ainsi que des marchés et des sanctuaires ; dans le roc même sont creusées des tombes monumentales. Mais rapidement, l’influence Grecque se fait sentir.

Vers 140 avant J.C., le Philosophe Grec Théophraste d’Eresos cite plusieurs textes Hébraïques anciens dans « De Abstinentia de Porphyre ». Il y démontre que c’est avec les victoires du Pharaon Méneptah, vers 1220 avant notre Ere, qu’un nouveau peuple appelé « Israël », est nommé. Il y décrit ensuite sa brève apogée tandis que les Empires Egyptien et Mésopotamien se trouvaient en état d’extrême faiblesse. E il y explique encore que les annales des rois Assyriens et néo Babyloniens permettent de replacer certains événements qui ont affecté Israël dans le cadre de l’Histoire du Monde ; depuis les expéditions de Teglath Phalasar III – 747 – 727 avant J.C. – jusqu'à l’anéantissement du royaume de Judée par Nabuchodonosor, en 588 avant notre Ere.

Vers 95 avant J.C., la religion Judaïque n’est pas un bloc monolithique et sans fissures. Plusieurs tendances dominent. Certains groupes poussent plus ou moins loin l’analyse des textes officiels. D’autres, comme la secte Mandéenne, la secte Pharisienne, la secte Essénienne et la secte Saducéenne prennent une place de plus en plus grande auprès des populations locales.

La secte Mandéenne affirme tenir une partie de ses Enseignements de l’Ancienne Egypte. En effet, selon ses membres, les papyrus Magiques et Sacrés de ce peuple s’apparente à certains écrits Judaïques. Et d’ailleurs, ils identifient le nom du Demi-Dieu Ptahil au Régisseur du Monde, et associent ses cérémonies Rituelles à celles de Ptah. 

Or, à cette date, c’est l’Eglise Saducéenne – ou, du moins, sa branche principale – qui a ses membres installés à l’intérieur du Temple de Jérusalem. En effet, ceux-ci y accomplissent ses sacrifices rituels. Ils y forment une caste à part. Ils fournissent ses dignitaires et ses fonctionnaires au Sanctuaire. Ils monopolisent ses postes clefs. Ils y occupent toutes les positions sociales et administratives importantes. Et ils y professent un attachement farouche à la liberté et défendent leurs idéaux les armes à la main. 

La secte Pharisienne – son nom signifie « les séparés » -, pour sa part, prend ses distances vis à vis de la communauté Saducéenne. En fait, elle attend patiemment la restauration de l’ordre ancien en Israël. Elle espère voir un jour l’établissement d’un descendant de la lignée de David sur son trône, le retour de véritables Grands Prêtres dans la ville Sainte, ainsi que le respect de la tradition et de la loi de Dieu. Et elle y parvient bientôt quand ses membres deviennent les chefs spirituels les plus écoutés.

Enfin, la secte Essénienne vit depuis plus d’un siècle au sein d’une Confrérie moins centralisée. Elle habite dans le désert de Quram, mais parfois aussi au cœur de centres urbains. Quand elle est en ville, elle accueille des frères errants, ainsi que des groupes de nomades qui lui demandent l’hospitalité. Elle met alors en place pour eux des logements temporaires remarquablement organisés. Elle les intègre ensuite à la population locale en établissant leur artisanat et leur commerce. Mais, surtout, quand elle vit au désert, elle rassemble autour d’elle des Zélotes, des Ebionéens, des Hassadéens et des Nazaréens ; bien que ces derniers ne possèdent pas rigoureusement les mêmes doctrines et les mêmes obligations qu’elle. Elle a juste son orientation mystique en commun avec eux.

La secte Essénienne privilégie ainsi de manière semblable le rapport direct, personnel, avec Dieu. Elle attache une importance secondaire à la stricte observance du dogme et de la loi. Elle estime qu’un tel rapport rend naturellement superflu le rôle de prêtre en tant qu’intermédiaire entre Dieu et l’Homme. Elle souscrit à une certaine idée de la réincarnation. Elle est intéressée par les méthodes de guérison thérapeutiques avec des plantes et des roches. Elle a pour chef un « Maitre de Justice » - ou « Elu de Dieu » -, qui est le véritable détenteur de ses Secrets, mais aussi celui qui reçoit les Révélation Divines. Et elle subit des influences Grecques et Egyptiennes, partageant ainsi plusieurs points de vue avec les Disciples de Pythagore. De fait, la secte Essénienne possède des ressemblances flagrantes avec les Confréries Occultes qui fleurissent à ce moment là un peu partout dans le Monde Méditerranéen.

Les membres de cette secte écrivent par ailleurs des traités concernant un certain nombre de Sciences Esotériques : la numérologie, ainsi que les diverses disciplines qui lient celle-ci à la kabbale. Ils lisent également des textes sacrés, reproduisent perpétuellement les discours des Prophètes. Ils examinent de temps à autres les archives personnelles de leur Maitre de Justice. Ils saisissent ainsi quel sort doit être réservé aux impies. Et ils mettent à jour l’histoire des Cataclysmes passés ayant rayé de la carte les cités frappées par l’anathème divin.

Car l’une des caractéristiques essentielle de la communauté Essénienne est sa vision Apocalyptique du Monde. Ses Initiés sont en effet persuadés de la proximité de la fin de cet Age de l’Humanité. Ils partent du principe que l’activité des Hommes est plus ou moins réglée par le mouvement des corps Célestes. Ils pratiquent une Astrologie ayant pour fonction de leur annoncer les grands Evénements annonçant le Cataclysme, puis, la venue du Messie : « Je serai son Père, et il sera mon Fils. Il sera de la branche de David. Il sera l’instructeur de Justice qui régnera sur Sion jusqu'à la fin des Temps. Le Ciel et la terre lui obéiront ; il réalisera de grandes choses encore jamais accomplies. Il guérira les blessés, ressuscitera les morts et apportera la bonne nouvelle aux pauvres. ». Les Esséniens sont donc certains que les Forces du Bien et du Mal vont bientôt se disputer le Monde présent, qu’elles vont s’affronter à l’intérieur de chaque individu. Ils pensent que tout ce qui est transitoire est l’œuvre du Malin, de « l’Antéchrist » propagateur d’une fausse religion et annonciateur de la fin des Temps. Et ils imaginent que, finalement, les Puissances de la lumière vont terrasser les Puissances des Ténèbres ; et que cet affrontement ultime va être une guerre d’extermination ; qui n’assurera pourtant pas les premiers à s’engager dans la mêlée.   

Depuis longtemps, la dynastie des Asmonéens règne sur la palestine. Hyrcan Ier soumet les Samaritains ; Alexandre Janée étend ses possessions en Galilée. En outre, profitant des querelles de succession séleucides et achetant l’alliance du roi Lagide, Alexandre Janée s’empare des ports depuis Carmel jusqu'à Gaza.

Mais Jérusalem est prise par les Romains en 63 avant notre Ere et Pompée installe, au coté du roi Asmonéen, un homme à sa dévotion, d’origine Édomite, Antipater. Celui-ci cherche à porter sa propre famille au pouvoir en mettant à profit l’opposition grandissante des Pharisiens à l’endroit de la dynastie. En 40 avant J.C., les derniers chefs républicains romains exilés à la cour des Parthes provoquent l’intervention armée de leurs protecteurs contre les possessions de Rome. Jérusalem ouvre ses portes au dernier Asmonéen chassé autrefois par Antipater, dont les fils doivent fuir à leur tour.

Parmi eux, Hérode, qui se rend à Rome. Tout l’Orient bascule alors dans le camp des Parthes. Mais, dès 38 avant notre Ere, l’armée romaine reprend le dessus et, en 37 avant notre Ere, Hérode chasse les Parthes et se fait proclamer roi de Judée.

Souverain cruel et brutal, mais habile diplomate et grand administrateur, Hérode entreprend de légitimiser son autorité auprès des Hébreux en répudiant sa première femme, puis en épousant une authentique princesse Judaïque. Il fait brûler les registres de sa famille pour ne pas être gêné par ses basses origines. Il fait aménager le port de Césarée. Il tente de se rendre populaire en relevant le Temple de Jérusalem et se désignant comme un fervent serviteur du Dieu d’Abraham. Et finalement, il ne remet pas en cause les prérogatives du clergé Saducéen au sein de la hiérarchie rattachée à celui-ci.

Les Saducéens ont dès lors de bons rapports avec Hérode, et ces derniers s’adaptent assez facilement à cette situation. Ils se résignent à la présence Romaine. Ils ne se mêlent pas aux puissances temporelles gouvernant la judée. Les Impériaux, de leur coté, ne touchent pas à leurs biens matériels puisque les Saducéens adoptent sans peine les attitudes, les manières et les valeurs de l’occupant. Mais ceux-ci s’aperçoivent aussi qu’on les considère parfois comme des collaborateurs.

En 4 avant J.C., au soir d’un règne glorieux, Hérode le Grand meurt à Jéricho à l’âge de 69 ans. Quelques temps auparavant, il embellit le Temple de Jérusalem et l’érection de deux palais fortifiés : Hérodion et Massada.

La forteresse d’Hérodion est creusée dans la falaise ; défendue par quatre tours, elle abrite le tombeau du roi, une résidence royale, ainsi qu’un bâtiment considéré comme une synagogue. La forteresse de Massada, elle, domine la mer Morte. Hérode y a fait construire un somptueux palais de trois étages, et un second palais – résidence du roi.

De fait, Rome se demande un temps à qui elle va déléguer son autorité en Palestine. Elle ne trouve finalement qu’une seule solution viable : partager le pays en trois provinces ; chacune confiée à l’un des fils d’Hérode. C’est donc ainsi qu’Archralius se voit offrir le pouvoir en Judée ; mais celui-ci est exilé par l’Empereur en 6 après ne pas avoir pu empêcher de nombreuses révoltes sur son territoire. Et la contrée passe aux mains de procurateurs Romains ; même si l’agitation politique ne cesse d’enfler. 

Car, à cette date, la judée est plus que jamais une entité où se côtoient, entre autres, panthéismes Grec et Romain, monothéisme Judaïque, ou Tradition Gnostique. Cette dernière d’ailleurs, y est très récente et est ouverte à tous ceux qui croient en l’existence d’un Dieu Cosmique.

De son coté, le Judaïsme a du mal à préserver son intégrité face aux dogmes issus du monde Hellénique. Il doit résister au paganisme qui y fait de plus en plus d’adeptes. Et il est obligé de se défendre contre des hommes surgis de nulle part et s’autoproclamant Messie.

Menahim est le plus connu. Il rassemble d’immenses foules autour de lui. Il leur explique qu’il est venu pour libérer Israël du joug Romain. Il attise leur espoir ; mais, en même temps, il aggrave une situation sociale et politique déjà instable dans le pays.

Egypte, IIème – Ier siècle avant J.C. :

Depuis l’équipée d’Alexandre, la palestine est incorporée à l’Egypte – qui est le théâtre permanent de guerres entre Lagides et Séleucides -. Mais le paysan Juif supporte de plus en plus mal le poids de la guerre. Et c’est le soulagement lorsqu’en 200 avant J.C., le pays passe aux mains des Séleucides. Puis, à partir de 181 avant J.C., avec le règne de Ptolémée VI Philométor, l’Egypte poursuit son déclin : querelles intestines pour l’accession au trône, crise monétaire, troubles dans les campagnes, etc.

En 145 avant J.C., Ptolémée VII Evergète, surnommé « le Malfaisant » par ses sujets, succède à Ptolémée VI et règne sur une Egypte affaiblie, où l’administration et l’économie Lagides se décomposent. Et sa mort, en 117 avant J.C. ouvre une nouvelle crise politique. Le royaume se démantèle. Le fils naturel du défunt, Ptolémée Apion, règne sur Cyrène, la veuve, Cléopâtre, règne sur l’Egypte proprement dite mais ses deux fils Sôter II Lathyre et Alexandre Ier se déchirent pour sa succession.

Philon le Juif naît à Alexandrie en 67 avant J.C. Après de longues études à la prestigieuse Bibliothèque d’Alexandrie, il devient un éminent philosophe. Il est réputé pour connaître certains Secrets issus de la kabbale. Et bientôt, les gens le considèrent comme un très grand Magicien/Astrologue.

Une rumeur prétend pourtant qu’il utilise un Cristal Magique pour mener à bien ses expériences Occultes. Elle dit également que ce Cristal est en fait une sorte de polyphrède aux propriétés surnaturelles ; un objet lui permettant de manipuler un code l’aidant à écrire ses Livres.

En 51 avant J.C., quand meurt Ptolémée XII Autèle, roi d’Egypte protégé par Rome, son fils aîné et sa fille sont désignés pour lui succéder. Conformément à la tradition égyptienne, Ptolémée XIII, âgé de dix ans doit épouser sa propre sœur, Cléopâtre VII, qui en a dix-sept ; et tous deux sont associés au pouvoir.

Malheureusement, la situation du pays est désastreuse – les crues du Nil sont insuffisantes et la famine menace depuis plusieurs années – et la jeune femme fait face aux intrigues des eunuques et des ministres de son frère. Car ceux-ci profitent de la guerre civile à Rome pour jouer leur propre jeu et la chasser d’Alexandrie. Ils commettent aussi l’erreur de faire assassiner Pompée, et, en gage de leur bonne volonté, font apporter sa tète à César, qui débarque en Egypte trois jours après son ennemi, et fait punir ses assassins.

Pour commencer, César s’approprie des milliers de traités enfermés dans sa fabuleuse Bibliothèque : il le fait déposer dans un hangar proche des quais de la ville. Il les fait embarquer sur un navire en partance pour Rome. Il donne l’ordre d’incendier le Bibliothèque et les 700 000 volumes dont il ne s’est pas emparé. Apprenant cela, Cléopâtre s’empresse de le contrer en en faisant enfermer certains – dont les Textes de Thot et un certain nombre de manuscrits Hindous extrêmement rares – à l’intérieur de voûtes souterraines secrètes. Elle en confie la garde à des Mages prêts à tout pour défendre leur patrimoine littéraire. Mais, finalement, la bibliothèque est brûlée avec les trois quart de ses précieux ouvrages. 

C’est roulée dans un tapis que la belle Cléopâtre parvient à forcer la garde du palais et à se présenter devant César. Le conquérant chauve a trente-trois ans de plus qu’elle. Il est aussitôt séduit et la rétablit dans tous ses droits, au détriment de son frère, qui s’enfuit et trouve la mort en le combattant.

Le voyage que font César et Cléopâtre dans la vallée du Nil, les troubles d’Alexandrie, persuadent César qu’il a intérêt de maintenir dans un semblant d’indépendance le royaume Lagide. Il emmène à Rome la reine d’Egypte, avec son nouveau frère-époux Ptolémée XIV, qui a onze ans.

A la mort de César, Cléopâtre s’évade de Rome avec son fils, Césarion, que César a « oublié » dans son testament. Rentrée en Egypte, Cléopâtre fait assassiner Ptolémée XIV et règne associée à Ptolémée XV Césarion, âgé de trois ans. L’Egypte est alors un Etat indépendant, que Rome ne peut plus songer à réduire en province.

En 41 avant J.C., Antoine – véritable force de la nature, jadis premier lieutenant de César - reçoit l’Orient ; mais l’entente entre Octave – le maître de l’Occident-  et lui ne dure pas du fait de l’ambition de chacun. Antoine, qui a connu Cléopâtre à Rome du temps de César, affiche immédiatement ses sympathies pour la souveraine lagide. Dans ce couple qui défraye la chronique, les relations sentimentales n’en cèdent alors en rien aux buts politiques que poursuivent les deux partenaires et alliés ; Cléopâtre entend bien se servir de son amant, à qui elle donne deux enfants, pour restaurer son royaume avec l’aide de Rome, sans toutefois lui aliéner son indépendance. Antoine compte sur les immenses richesses de l’Egypte pour accéder aux fonctions suprêmes, écarter définitivement son dangereux rival et embrasser la totalité des provinces romaines ; s’étant installé à Alexandrie, dont Cléopâtre rêve de faire la véritable capitale du monde gréco-romain, il se laisse séduire par le mode de vie oriental, entouré d’une cour et d’un luxe dignes des satrapes asiatiques, non sans toutefois mener une œuvre constructive et pacificatrice.

En effet, Antoine fait reconstruire la fabuleuse Bibliothèque d’Alexandrie. Il offre une collection de 200 000 livres à Cléopâtre, afin de se faire pardonner de l’incendie de l’ancienne Bibliothèque par César. Cléopâtre répartit alors son nouveau catalogue : elle en envoie une partie à Pergame, une autre à Antioche, une troisième à Pella, et la dernière à Alexandrie.

Or, au même moment, des rumeurs commencent à se répandre au sujet de la reine Egyptienne : selon elles, celle-ci devrait ses charmes à des Rites Initiatiques qu’elle perpétuerait dans les ruines de certains monuments Antiques.

De fait, la politique orientale d’Antoine, ainsi que ses relations avec Cléopâtre, à qui il promet le mariage et la restauration de la puissance Lagide, choquent l’opinion romaine, situation dont Octave sait habilement tirer parti : la guerre civile éclate en 32 avant J.C., et la lutte s’engage entre Antoine et Octave pour la domination ; la bataille navale d’Actium en 31 avant notre Ere, et la défaite d’Antoine, mettent fin à son rêve oriental. Il prend la fuite et se suicide. Cléopâtre, âgée de trente-sept ans, sans illusions sur l’emprise qu’elle peut exercer sur le vainqueur, ne fait aucun cas des assurances d’Octave. Elle redoute en fait plus que tout de figurer à son triomphe. Et elle choisit aussi de se donner la mort en se faisant mordre par un aspic, le serpent uræus qui orne depuis toujours le pschent des Pharaons.

Cléopâtre disparue, Octave fait assassiner Ptolémée XV, son époux. Hélios et Séléné figurent à son triomphe. La dynastie Lagide s’éteint alors.

Devenue une province romaine, l’Egypte, grenier à blé de l’Empire, continue pourtant à développer une Civilisation brillante et originale.

Vers 25 avant J.C., les Romains acceptent que les Prêtres de Neith d’Hermopolis érigent une nécropole dans les environs de la cité. Ceux-ci y élèvent donc un édifice somptueux, doublé d’un Sanctuaire ayant pour vocation d’être très fréquenté. Ils y organisent des rencontres cosmopolites, entretiennent des relations constantes avec Alexandrie et tout le Bassin Méditerranéen. Ils accueillent parmi eux les croyances, les formes de culte, et les coutumes les plus diverses. Ils s’intéressent à la doctrine la plus officielle du clergé de Thot. Mais ils se penchent aussi sur les croyances Magiques liées aux divinités indigènes, ainsi qu’aux pratiques ascétiques des anarchistes Hébreux Zélotes.

D’un autre coté, à Alexandrie, ils sont autorisés à excaver les catacombes d’El Ouadian, ainsi que celles de Kem el Ghougafa ; la « Cité des Morts ». Ils élaborent ensuite un ensemble funéraire taillé au-dessous d’un vaste plateau rocheux situé sous la « Rue des Tombeaux ». Ils creusent des nécropoles de quatre étages. Ils recouvrent les murs de celles-ci de fresques représentant des « Agathodaimons » ; de bons Génies censés protéger les lieux. Et, enfin, ils installent aux alentours des statues du dieu Chacal Ophois – le Seth des Grecs -, et des stèles funéraires.   

25 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 489 - 495

PerseEn face de Rome, par contre, Carthage, ville Phénicienne amarrée à la terre africaine, est une cité marchande. Toutes deux sont des Républiques aristocratiques et ont pour ennemi commun les Grecs : la première a dû les combattre pour étendre sa domination sur le Sud de l’Italie, la seconde pour s’implanter dans l’Ouest de la sicile. Les deux puissances entretiennent de bons rapports : elles signent régulièrement des traités commerciaux.

Pourtant, après 265 avant J.C., des mercenaires Campaniens, les Marmetins, dépendant officiellement de Rome mais agissant pour leur propre compte, s’emparent de Messine, en Sicile. Menacés par les forces conjointes des Carthaginois – ou Puniques – et de Hérion II, roi de Syracuse, ils appellent à l’aide les Romains. Ceux-ci hésitent, puis finissent par répondre à cet appel et interviennent en Sicile : cet événement déclenche la première guerre punique. Hiéron, devant l’intervention romaine, fait très vite volte face et pactise avec Rome.

Dès le début, l’infériorité maritime de Rome est patente. Incapables de rivaliser avec les Carthaginois pour l’habileté à éperonner les navires, les Romains ont l’idée de transformer le combat naval en combat terrestre, par l’abordage, au moyen de grappins et de mats mobiles, les « corbeaux ». Grâce à ce stratagème, Rome remporte la victoire de Myles en 260 avant J.C., et peut orner son forum des éperons des navires pris à l’ennemi. Elle se sent bientôt assez forte, dès 256 avant notre Ere, pour faire débarquer sur la cote africaine 15 000 soldats, menés par le consul Regulus. Mais l’expédition est anéantie en 255 avant J.C. par les mercenaires du Spartiate Xanthippe, au service de Carthage ; fait prisonnier, Regulus meurt dans d’atroces souffrances, les paupières découpées.

Cependant, la guerre continue en Sicile : impuissants à s’emparer des places fortes puniques, les Romains sont même arrêtés sur le mont Eryx et subissent la cuisante défaite navale de Drépane en 246 avant J.C. Puis, enfin, leur ténacité, jointe à leur supériorité en hommes, porte ses fruits : tandis qu’Hamilcar Barca, général carthaginois, est tenu en échec sur terre, la flotte punique subit un désastre aux îles Aegates en 241 avant J.C. Carthage se voit imposer un lourd tribut, et la sicile, excepté Syracuse, devient la première province romaine.

Souffrances et rancœurs accumulées font désormais de Rome et de Carthage des ennemis « héréditaires » : Hamilcar exige de son fils Hannibal la promesse de venger la défaite punique. Cependant, les dommages de guerre grèvent tellement le budget carthaginois que la cité est incapable de payer les mercenaires recrutés pour la guerre. Ceux-ci se rebellent, soulevant avec eux les paysans Numides et semant la terreur dans l’arrière-pays africain de Carthage. Leur révolte est réprimée, non sans mal : ils meurent, littéralement écrasés par une charge d’éléphants. Puis, alors que l’excellente santé de son économie permet bientôt à Carthage de se redresser, les Romains exigent d’elle un nouveau tribut et commettent un acte de piraterie diplomatique : ils annexent la sardaigne, vieille terre d’influence punique. Carthage doit reconnaître cette annexion par un nouveau traité et voit l’accroissement de son indemnité de guerre.

Mais les Carthaginois, sous la conduite d’Hamilcar Barca et de son fils Hannibal, se lancent avec succès, à partir de 237 avant J.C., à la conquête de l’Espagne : Hamilcar s’implante dans la moitié Sud du pays, et, vers 227 avant J.C., la « Nouvelle Carthage », Carthagène, est fondée. Le général punique administre ce nouveau territoire avec l’aide de son clan puissant, les Barcides.

Néanmoins, l’expansion Carthaginoise en Espagne provoque, aux yeux des Romains, un « casus belli », « un cas de guerre » : l’attaque d’Hannibal contre Sagonte, cité alliée de Rome, en 219 avant J.C. marque le début de la seconde guerre punique. Car, après la prise de Sagonte, Hannibal se rend rapidement d’Espagne en Italie avec 80 000 hommes, franchit les Alpes où il perd la moitié de ses éléphants, et attaque les Romains. Plusieurs batailles lui sont nécessaires pour réussir à écraser les 240 000 hommes de l’armée romaine : en 218 avant J.C., sur le Tessin et sur la trébie, en 217 avant notre Ere au lac Trasimène, et à Cannes dans la province d’Apulie, en 216 avant J.C. A cette date, Rome n’a plus d’armée, et ses alliées ont, pour la plupart, tous déserté. Les troupes d’Hannibal, épuisées par trois ans de combats ininterrompus, peuvent enfin profiter des « délices de Capoue ».

Mais Rome, absurdement obstinée, refuse de s’avouer vaincue : Fabius Cuncactor, rassemble les débris de l’armée ; avec de vieux réservistes et de jeunes recrues, avec les derniers alliés fidèles et des esclaves volontaires, de 216 à 212, il harcèle les Puniques, qui attendent en vain l’arrivée des renforts. Hannibal, en décidant Philippe V de Macédoine à déclarer la guerre à Rome, remporte certes un succès, plus diplomatique que militaire ; mais la maîtrise romaine des mers – la flotte des Romains a échappé au désastre – et l’armée des Scipions opérant en Espagne interdisent à Carthage d’envoyer de l’aide à Hannibal.

En 211 avant J.C., Hasdrubal Barca impose enfin une défaite aux troupes des deux Scipions ; il tente alors de secourir son frère Hannibal, mais son armée est anéantie sur le Métaure en 207 avant notre Ere. L’année suivante, un général de 19 ans, Scipion, le futur « Africain », poussant les Carthaginois hors d’Espagne, rallie à la cause Romaine les chefs indigènes de l’Espagne punique, puis ceux de l’Afrique, où il débarque en 204 avant J.C. L’armée d’Hannibal, rappelée d’Italie pour défendre Carthage, affronte en 202 avant J.C. celle de Scipion dans un ultime combat à Zama. Vainqueur, le jeune héros, prend alors le surnom « d’Africain » ; vaincu, Hannibal s’exile et meurt sans avoir revu sa patrie. Carthage doit livrer ses éléphants et sa flotte, et est à nouveau écrasée sous d’énormes indemnités de guerre. Elle ne peut non plus désormais déclarer la guerre sans l’autorisation de Rome, ni d’avoir d’alliés, et elle doit reconnaître Massinissa comme roi des Numides. Rome gagne une nouvelle province, l’Espagne, et devient la première puissance de la méditerranée occidentale mais elle est exsangue et déstabilisée. En effet, toute une partie de l’Italie est ravagée, de nombreuses terres sont retournées à la friche et les pertes humaines sont très lourdes. Les conséquences sociales ne sont pas moins importantes : l’abondance financière due au butin provoque la multiplication des hommes d’affaires tandis que la noblesse sénatoriale renforce son pouvoir en imputant la responsabilité des premiers revers aux dirigeants du mouvement démocrate. Le facteur le plus décisif est l’apparition de généraux prestigieux, tel Scipion, qui transcende le jeu politique traditionnel.

A la fin du IIIème siècle avant J.C. pourtant, Rome est peu à peu gagnée par les influences grecques et orientales. En 204 avant J.C. en effet, on dépose en grande pompe sur le Palatin le bétyle noir de Pessinonte, pierre sacrée du culte de Cybèle, la grande Mère. Ce culte phrygien reçoit ainsi droit de cité au coté de la religion traditionnelle. 

C’est aussi à cette époque que les Romains découvrent un nouveau type de spectacle : les combats de gladiateurs. Sport violent et cruel, il obtient vite les faveurs du public.

Grèce, IIIème siècle avant J.C. :

Délos, la plus petite et la plus centrale des Cyclades, connaît un essor sans précédent. Elle est très tôt le centre d’un sanctuaire dédié à Apollon et à Artémis. Mais, depuis qu’en 314 avant J.C., elle s’est affranchie de la tutelle Athénienne, elle vit brusquement un développement commercial phénoménal. Elle devient un important marché de céréales et d’esclaves ; les échanges sont favorisés par les temples, qui sont à l’origine de nombreuses opérations bancaires. Elle attire un grand nombre de navigateurs et de marchands. L’île est alors l’un des principaux centre commerciaux de la méditerranée et voit son trafic maritime s’intensifier tant avec l’Asie Mineure qu’avec l’Occident. Il y existe en outre un nombre croissant de banquiers. Des quartiers entiers qui leur sont consacrés, s’élèvent.

Vers 300 avant J.C., dans un récit utopique intitulé « Relation Sacrée », Ephémère pose les fondements d’une nouvelle théologie. Seuls les astres sont des Dieux Eternels. Les Olympiens de la religion traditionnelle sont des rois humains divinisés. Les Dieux sont des inventeurs de techniques, des donateurs généreux.

A la même époque, de son coté, Euclide écrit un manuel formulant un ensemble de postulats et de définitions mathématiques méthodiques. S’y trouve notamment le postulat selon lequel on ne peut mener, par un point du plan, qu’une seule parallèle à une droite donnée, et que, par conséquent, deux droites non parallèle se recoupent forcément.

Sitôt connue la mort de Cassandre, Démétrios Poliocète tente de s’emparer du trône de Macédoine. Il y parvient en 294 avant. J.C. De son coté, en 281 avant notre Ere, la ligue achéenne se dote d’une assemblée fédérale, d’un conseil et d’un stratège et contrôle l’ensemble du Péloponnèse. 

Mais, la même année, Séleucos, qui régnait en Syrie après la mort d’Alexandre, est assassinée. Antochios II, son successeur, doit faire face à une révolte dans le Nord, puis à l’opposition des cités grecques du littoral. Pour faire face, il se marie avec la fille de Ptolémée II, Bérénice, afin de les contenir. Il réussit.

En 280 avant J.C., le poète de cour Anatos est l’auteur des « Phénomènes », poème didactique consacré à l’Astronomie. Cette poésie érudite énumère les enseignements pratiques que l’on peut tirer de l’observation des phénomènes célestes. Elle est aussi un hymne à l’ordre divin qui gouverne le Cosmos.

En 279 avant J.C., les hordes Celtes déferlent sur la macédoine et la grèce du Nord. Seuls les montagnards Phocidiens et Etoliens parviennent à arrêter leur progression. Les combats dans la région de Delphes sont particulièrement violents. Finalement refoulés, les Celtes poursuivent leur marche vers la thrace et la région des détroits.

C’est à ce moment là qu’Antochios II doit faire face à une nouvelle menace, venue du royaume de Bithynie où règne Nicomède Ier. Car, celui-ci parvient à maîtriser une redoutable arme de guerre contre Antochios II. Il utilise à son profit les guerriers Celtes qui refluent de Grèce en Thessalie. En 277 avant J.C., il les lance à l’assaut du royaume Séleucide. Ils font des ravages par leurs opérations de guérilla et terrorisent la population. Vers 275 avant J.C., au prix de grands efforts, le roi Antochios II parvient à les isoler et à circonscrire leur implantation dans une région de Phrygie qui porte désormais le nom de Galatie. Le problème Celte, cependant, ne trouve pas de solution définitive, et ces terribles guerriers se manifestent encore pendant un siècle. Car, quoique sédentarisés, les Galates restent farouchement attachés à leurs traditions guerrières et à leur indépendance. Soucieux de les contenir Séleucos II – le fils et successeur de Séleucos -, les attaque en 270 avant J.C., et remporte sur eux une victoire.

Ailleurs dans le monde Grec, en 267 avant J.C, Antigonas Gonotas permet à la macédoine de retrouver son autorité à une bonne partie du territoire hellénistique. A la tète d’une coalition, Mais Athènes tente de se soulever et d’expulser la garnison macédonienne. Le roi Gonotas intervient en force. Et, au terme d’un long siège, un an plus tard, le souverain s’empare de la cité rebelle.

Un peu plus tard, profitant que les Séleucides aient la tète tournée ailleurs, en Grèce d’Asie Mineure, à Pergame, après la mort roi Pilatairos en 262 avant J.C., son neveu Eumène lui succède. Après une victoire remportée sur l’armée du roi Séleucide, il proclame son indépendance et fonde le royaume de Pergame.

En 255 avant J.C., l’écrivain Théophraste d’Eresos est le premier Grec à donner des informations sur les Juifs, dans « De Abtinentia de Porphyre ».

En 251 avant J.C., Aratos de Sicyone fait de sa cité  autonome une démocratie ; il est l’un de ceux qui s’opposent farouchement à la domination macédonienne. En 245 avant J.C., Antigonas Gonotas finit de s’imposer en Acrocorinthe et replace la grèce sous son contrôle. Mais, grâce à un audacieux coup de main, Aratos s’empare à son tour de l’Acrocorinthe, des deux ports de Corinthe, ainsi que de la flotte macédonienne. Le Péloponnèse est libérée.

En 247 avant J.C., le roi Antochios II meurt à son tour. Son épouse Egyptienne Bérénice est aussitôt menacée par la reine Laodice, une des sœurs d’Antochios II. Ptolémée III vole au secours de sa sœur. Le pouvoir Séleucide ne se maintient plus alors qu’à Antioche.

Puis, Antigonas Gonotas meurt et c’est Démétrios II qui le remplace en 239 avant J.C. sur le trône de Macédoine. A peine nommé, il doit faire face à la coalition des Ligues Etolienne et Achéenne. C’est la guerre Démétriaque, qui prend fin en 235 avant notre Ere sans bataille décisive.

En 238 avant J.C., Antochios Hiérax – ou Antochios III -, frère d’Antochios II, chasse Laodice et exerce la royauté dans l’Asie Mineure Séleucide. Convoitant le royaume de Pergame, où règne Attale Ier, il à l’idée d’utiliser les bandes de pillards Galates qui sévissent toujours dans la région. Hiérax est battu, mais les Galates se déchaînent pendant des années autour de Pergame.

Tout le long de son règne, Antochios III rêve de restaurer la grandeur de l’Empire Séleucide. En effet, la monarchie Séleucide est l’héritière de la monarchie Macédonienne, et il le sait. Alexandre le Grand lui avait donné un éclat presque divin. La royauté Macédonienne est elle même une survivance de l’époque héroïque, depuis longtemps oubliée en Grèce. Mais le monarque Séleucide se veut aussi le dépositaire de la royauté orientale, celle du roi des Perses, et, plus profondément, celle de Babylone et d’Assyrie.

Pour Antochios III, le Roi des rois est celui qui est le roi de tous les autres rois, titre qui exprime le caractère supranational de l’Empire. Le souverain Séleucide se dit l’héritier de cette monarchie supranationale. Pour mieux appuyer cette position, il se dit le descendant de Zeus et se présente comme un nouveau Héraclès. C’est lui qui personnifie l’unité, donc celle du monde, car sa royauté perpétue l’équilibre entre les forces du Bien et du Mal. Sans être dieu, il est l’envoyé des Dieux. Il est au-dessus des autres hommes.

D’ailleurs, l’Empire d’Antochios III tire sa force, mais aussi sa faiblesse, de la diversification des terres et des contrées qu’il soumet. Le clivage est le même entre les Grecs et les Barbares : les premiers détiennent les fonctions importantes, les autres sont voués à la servitude. Du reste, le roi Séleucide s’intéresse peu au développement économique et social. Sa motivation est ailleurs : dans l’expansion de l’hellénisme jusqu'à l’Indus et aux steppes d’Asie centrale ; dans le mode d’expression du pouvoir royal ; dans le faste de sa fonction ; dans l’étiquette de la cour et la présence de philosophes et de scientifiques parmi les conseillers et les amis du prince. Il contribue de ses deniers aux dépenses publiques, encourage la constitution de bibliothèques et de musées, protège les arts.

En 232 avant J.C., Chrysippe de Soloi prend la tète de l’école stoïcienne. Il contribue alors au rayonnement de l’école fondée par Zénon, avec sa cosmologie, son étique, sa physique et sa logique : cette dernière voit dans le discours le vecteur privilégié de la pensée et des représentations.

Ses élèves, quant à eux, s’inspirant de récits d’Egyptiens de l’Ancien Empire ayant parcouru des territoires situés très au Sud du pays des Pharaons, produisent des cartes étranges : elles représentent toutes d’antiques contrées existant eu-delà des sources du Nil, du Congo et du Zambèze. Ils y indiquent explicitement que celles-ci ont aujourd’hui disparues, ou ont été totalement transformées à la suite de violents Cataclysme locaux, au cours des Ages précédents.

Démétrios II de Macédoine succombe à son tour en 229 avant J.C., et c’est Antigonos II Doson qui devient souverain de Macédoine. Il fait immédiatement face au soulèvement des Thessaliens, des Athéniens et des Achéens. Dès 228 avant J.C., Doson bat les Etoliens et les Thessaliens, mais la ligue Achéenne se renforce, tandis que les Athéniens expulsent la garnison macédonienne du Pirée. La situation est complètement renversée quand Sparte tente de prendre le contrôle de la ligue Achéenne. Aratos en est réduit à demander l’aide Macédonienne. Antigonos II écarte le danger et met en place avec Aratos un plan de réorganisation de la grèce permettant à la ligue Achéenne et aux Macédoniens de coexister.

En 222 avant J.C., le culte de Cybèle se développe dans l’Orient Grec. En effet, désormais, son Temple principal se situe dans la ville de Pessinus. Et la déesse y est identifiée grâce à une grosse pierre noire apparue – d’après la légende – lors du dernier déplacement de l’axe terrestre.

Pour retrouver la grandeur de l’Empire Antochios III doit donc dans un premier temps conquérir la coelésyrie aux dépends de l’Egypte Lagide. Le jeune Ptolémée IV Philopator ne semble guère redoutable. Antiochos III entreprend donc en 219 avant J.C. une guerre en Syrie et s’empare de la province convoitée. Mais les Egyptiens se ressaisissent et écrasent l’armée séleucide à Raphia en 217 avant notre Ere. Malgré tout, en 200 avant J.C., Antochios III reconstitue son armée et repart à l’attaque, profitant de la faiblesse du nouveau souverain d’Egypte, Ptolémée V. Il remporte alors sur les Egyptiens la victoire de Panion. Cela lui permet de reconquérir la coelésyrie.

Dès lors, Antochios III est confronté à l’hostilité de l’Egypte, puis du royaume de Pergame, sans compter les difficultés en haute Asie où les Parthes progressent.

Asie, IIIème siècle avant J.C. :

A cette époque, au Vietnam, le roi Thuc Phan défait le dernier souverain Hung et unifie les territoires de Lac Viêt et de Au Viêt. Il fonde le royaume d’Au Lac et prend le nom d’An Zuong. Entouré d’une cour et d’une armée puissante, le roi vit dans sa capitale de Cô Loa : c’est une véritable forteresse, ceinturée par trois séries de remparts disposés en colimaçon, protégés par de profonds fossés et défendue par d’impressionnantes tours de garde.

Inde, IIIème siècle avant J.C. :

Candragupta renverse le dernier souverain de la dynastie des Nanda, qui règne sur le Magadha, en Inde du Nord, et fonde la dynastie des Maurya en 320 avant J.C. Grâce au génie stratégique de son conseiller brahmane Kautilya, il conquiert l’Inde du centre, puis il part au Nord-Ouest, où il soumet le Pendjab, le Rajasthan, et l’Afghanistan en battant les Séleucides. Il s’empare des antiques Cités d’Harappa, de Rangpur, et de Lothal. Il les transforme en centres d’échanges de marchandises et de céramiques issues de la plaine du Gange. Il veille à ce que Gandhara entretienne d’excellents rapports avec le Pays de Mathura. A quelque 150 kilomètres au Sud d’Allahabad, il métamorphose Bhârhut en nœud routier reliant le Sud de l’Inde à Palatisutra et à Kasi. Et, il demande d’ailleurs à ses hommes d’y ériger des Colonnes et des Arbres Sacrés consacrés aux Génies des lieux.

Candragupta se trouve dès lors à la tète d’un formidable Empire, qui va de l’Indus au Gange, mais il meurt en 297 avant J.C. Son fils, Bindusara lui succède et étend son autorité sur tout le Deccan, jusqu'à Mysore, au Sud. A la mort de Bindusara, en 272 avant J.C., l’Inde est presque entièrement – excepté le Sud – sous la domination des Maurya.

23 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 480 - 485

PerseAsie Mineure, IIIème – IIème siècle avant J.C. :

En 229 avant notre Ere, lorsque le roi Agron d’Illyrie décède, c’est son épouse Truta qui monte sur le trône. Aussitôt, celle-ci fait en sorte de consolider la puissance de son royaume. Elle en améliore l’Administration. Et elle n’hésite pas à encourager la traditionnelle pratique de la piraterie.

Mais, en même temps, Truta se rend compte que de nombreuses Cités Grecques des alentours sont en train d’accepter la tutelle de Rome ; et que cette dernière les place désormais sous influence culturelle et commerciale. Dès lors, elle commence à se défendre contre les marchands Italiques qui exportent dans toute l’Adriatique ; ce qui n’empêche pas les caravaniers à porter leurs produits jusque dans la vallée de Narenta. Et, finalement, Truta réalise que l’affrontement avec les Romains devient inéluctable.

Car, bientôt, les Romains envoient des ambassadeurs en Illyrie. Mais, comme les négociations avec Truta échouent, ils décident d’entreprendre un certain nombre d’actions militaires à son encontre. Ils s’allient donc aux cités d’Apollonia et d’Epidammus – qui désirent résister aux attaques continuelles de leur turbulent voisin. Ils confient leur armée à L. Postimius Albinus, et leur flotte, à Flavius Centamalus. Sous le commandement de ces deux généraux, ils entament une campagne qui s’étale de 229 à 228 avant notre Ere. Ils atteignent la capitale Illyrienne. Ils renversent Truta, la remplacent par son fils Pirée. Ils placent le nouveau monarque sous la surveillance de Derectrios de Pharos. Et, ils fixent des garnisons à Corfou, à Pharos, et à Epidamnos ; qui prend le nom de Dyrrachium.

En 219 avant J.C., pourtant, Derectrios d’Illyrie s’allie soudainement aux Macédoniens. Il se révolte, puis, rejette la tutelle Romaine. Il affronte les armées du consul Emilius Paulus et de M. Livius Salimitos, venue à sa rencontre ; mais, il est vite vaincu, et ces derniers lui imposent un protectorat renforcé.

En 209 avant notre Ere, la dernière Province libre d’Illyrie – la morcis - est définitivement conquise par le Romain Scipion. Et il s’empare facilement de sa capitale située au cœur d’une baie naturelle.

Vers 190 avant J.C., les Romains accentuent leur poussée en Asie Mineure. Ils pénètrent dans le Tessin. Un peu partout dans la région, leur influence devient de plus en plus visible. Ils commencent d’ailleurs à se quereller avec les monarques Hellénistiques qui y sont implantés, cherchant ainsi à contrôler les cotes de la thrace. Mais finalement, en 188 avant J.C., à Apamée, ils parviennent à un accord avec le plus puissant d’entre eux – Antochios III de Syrie. Et ils s’accordent pour que ce dernier s’octroie le Chessonese jusqu'à Pergame ; tandis qu’eux étendent leur protection aux villes Grecques de la cote du Pontique. 

En 169 avant notre Ere, les Romains établis en Illyrie sont confrontés à un nouveau problème : plusieurs territoires demeurés indépendants commencent à se montrer agressifs à leur égard. En effet, certaines contrées – comme celles habitées par les Libères, les Iapudes, ou les Dalmates – harcèlent quelques uns de leurs ports les plus importants. Leurs populations se transforment en navigateurs effectuant régulièrement des actes de piraterie à leur encontre ; ce qui porte atteinte à leurs intérêts commerciaux. Et les Romains sont finalement contraints de leur envoyer une ambassade – venue spécialement de Rome à cet effet – pour leur demander de cesser leurs attaques intempestives.

Or, les Romains dépêchés chez les Libères, les Iapudes, et les Dalmates, sont éconduits ; et leurs offres de paix sont repoussées. Dès lors, la guerre entre les Romains et ces clans Celtes, est déclarée. A la fin de l’année 168 avant J.C., la capitale des Dalmates – Delminium – est assiégée par les Légions de Marcus Fugulus. Pendant treize ans, les combats font partout rages. Jusqu’au jour où, en 155 avant J.C., la dernière ville libre Iapude est prise d’assaut par Scipion Nosica ; avant de réduire une bonne partie de la population de celle-ci en esclavage.

Vers 135 avant notre Ere, les Scythes – par l’intermédiaire de leur Roi Skilour - tournent désormais leur regard vers la crimée. En effet, ils désirent désormais étendre leur domination sur l’ensemble de cette province. De fait, pour commencer, ils y fondent la métropole de Néopolis. Ils parviennent à soumettre la cité proche d’Olbia. Et, de là, ils se mettent à tisser des liens avec les villes Grecques situées au Nord de la mer Noire.

Malheureusement, l’année suivante, les Scythes se retrouvent confrontés à de graves difficultés : leurs frontières sont franchies par de nombreuses tribus Sarmates ; qui s’avancent très loin à l’intérieur de leur pays en détruisant tout sur leur passage. Ils sont alors obligés de refluer en direction de Cheronesos. Les insulaires de cette agglomération appellent le roi du Pont pour les chasser de leurs terres. Mithridate accourt immédiatement à leur aide. Ce dernier réussit très vite à vaincre les Scythes, à les faire refluer en Crimée, puis, à les soumettre. Il profite de l’occasion pour mettre fin à plusieurs rebellions locales. Il anéantit Olbia et Théodosia, en guise d’avertissement pour ceux qui désireraient se révolter contre lui. Et, finalement, il installe ses troupes sur les ruines de ces agglomérations, tout en leur ordonnant de les reconstruire entièrement

Puis, en 133 avant J.C., c’est au tour du royaume de Pergame de passer sous influence extérieure. En effet, les Romains l’intègrent à leur Empire, avant d’annexer Cheronese de Thrace, et de transformer le pays des Odryses en protectorat. Ils les morcèlent en Etats tampons destinés à protéger leurs autres Provinces des incursions de plus en plus fréquentes des Gètes, des Germains, et des Bataves. Ils font face aux divisions intérieures dont l’Illyrie est la proie après la proclamation de la mise en place d’une réforme agraire par Tiberius Gracchus. Ils font passer ses cités sous commandement militaire ; et ils en confient la gestion à C. Sempriunus Tuditanus.

Jusqu’en 129 avant notre Ere, Sempriunus Tuditanus réussit alors à rétablir l’autorité Romaine dans le pays. Mais, quand l’Empire entre une fois encore en conflit avec les Iaputes, il est appelé sous les armes. Il combat ceux-ci, ainsi que leurs alliés Tourisques, Carpes, et Liburnes. En une seule année – tout en continuant à surveiller l’Administration de l’Illyrie -, il les défait, et il les oblige à accepter la domination Romaine.      

Egypte, IIIème siècle avant J.C. :

Après la mort d’Alexandre, la cité d’Alexandrie s’orne rapidement de monuments constitutifs tel qu’on en trouve dans les cités grecques : gymnase, tribunal, etc. Le palais constitue un quartier autonome, avec ses jardins, son théâtre. Alexandrie devient vite une des principales métropoles du monde méditerranéen. Cosmopolite et turbulente, la population rassemble Grecs, Egyptiens, Syriens et Juifs. Centre économique important au trafic portuaire intense, Alexandrie constitue un carrefour entre le monde Greco-Romain, l’Afrique noire, l’Inde et l’Arabie. On y vend des esclaves, de l’ivoire, des épices, des parfums…

L’Egypte est donc désormais un royaume hellénistique. Ptolémée II Philadelphe, fondateur de la dynastie Lagide, se marie avec sa sœur Arsinoé. Il mène une politique extérieure très active qui lui permet d’étendre de manière considérable la zone d’influence de l’Egypte : Cyrène, Chypre, les Cyclades, la lycie. Il établit des contacts diplomatiques avec l’Inde, comme avec Rome. A l’intérieur, il met en place un système fiscal et une administration très lourde. Autour du roi, fonctionnaires et bureaucrates s’affairent à la gestion du royaume. Il y a certes les hauts dignitaires comme Apollonios, ministre des finances, mais aussi des fonctionnaires de rang moyen, comme Zénon, un Grec d’Asie Mineure venu en Egypte pour y faire carrière.

Devenu très vite le bras droit d’Apollonios, gestionnaire modèle, Zénon participe aux expériences agricoles du roi qui créé sur les hauteurs de Philadelphie une ferme modèle, avec jardins, champs de blé, vergers, dans un paysage saharien. En même temps, Zénon tisse autour de lui un réseau complexe d’amis et d’obligés où marchandises et cadeaux circulent selon un circuit parallèle.

Ptolémée II poursuit aussi une politique de grands travaux, avec l’aménagement de l’oasis de Fayoum et la remise en état du canal de la mer Rouge. Mais, surtout, vers 290 avant J.C., il fonde la bibliothèque d’Alexandrie.

Dès lors, cette prestigieuse institution accueille savants et hommes de lettres qui peuvent s’y consacrer à l’étude et à la création. Et, dès 286 avant J.C., y commence la traduction de la bible en grec. Le résultat, connu sous le nom de « Bible de Septante » est un véritable effort d’adaptation du texte hébreu à la langue et à la pensée grecques.

Très vite, est développée une politique d’achat systématique : tous les meilleurs écrits doivent trouver leur place dans la bibliothèque. Et beaucoup de textes issus des temps les plus Antiques de l’Egypte y sont transférés tandis qu’une partie de la bibliothèque d’Athènes y émigre. Là, les récits se référant aux Ages Mythiques sont recueillis, étudiés, décortiqués par les savants. Ceux-ci travaillent dessus d’arrache-pied et en réalisent un certain nombre de compilations. D’autres examinent des cartes remontant aux périodes les plus obscures du Monde, puis les recopient avant de les classer, de les répertorier et de les ranger  minutieusement sur des étagères prévues à cet effet.

Par ailleurs, vers 285 avant J.C., l’architecte Sosastros de Cnide construit sur l’île de Pharos une tour de lumière qui porte le nom du lieu où elle se dresse. L’édifice comprend trois étages et culmine à 110 mètres. Au sommet, un jeu de miroirs convexes réfléchit la lumière d’un feu de bois. Le phare d’Alexandrie devient en peu de temps un repère pour tous les navires croisant dans la région.

Vers 240 avant J.C., toujours sous le règne de Ptolémée II Philadelphe, la bibliothèque d’Alexandrie renferme déjà 500 000 volumes. Les livres se présentent sous la forme de rouleaux de papyrus. Un personnel nombreux, dirigé par un conservateur en chef nommé Erathostène, s’affaire dans les lieux. Il y a le service des acquisitions, où chaque texte est étiqueté, avec la mention de sa provenance, de son propriétaire antérieur et de son correcteur. Les textes étant recopiés à la main, parfois sous la dictée, il est nécessaire de les corriger attentivement. La bibliothèque devient ainsi un centre de travail philologique où l’on prépare de nouvelles éditions, où l’on rectifie les erreurs, où l’on annote et commente les classiques de la littérature.

C’est à Callimaque qu’Erathostène confie l’établissement du premier fichier de la bibliothèque. C’est un homme de lettres brillant qui excelle dans une poésie érudite, riche en allusions mythologiques et en curiosités de tout ordre. Il écrit des hymnes religieux mettant en lumière les particularités légendaires ou cultuelles des principales divinités grecques. Recensant tous les ouvrages conservés, il les classe par auteurs et par sujets, facilitant ainsi les recherches des lecteurs. Parmi eux, il range un Livre – soit disant écrit de la main même de Thot -, qui affirme que le jeu de Tarots est un résumé de tous les Enseignements du dieu. Il installe également des cartes qui, toujours selon lui, ont jadis été dressées par un peuple inconnu, puis, léguées à d’autres Civilisations comme l’Egypte de l’Ancien Empire. Il en inventorie d’ailleurs un certain nombre qui semblent avoir été transmises aux Crétois de l’époque de Minos, aux Phéniciens – les plus grands marins du Monde pendant près de 1000 ans. Et, avant de les étudier, il en fait faire des copies.

Ainsi, peu à peu, Callimaque se permet d’émettre une théorie hardie devant son maître Erathostène. En effet, explique-t-il, les Pyramides de Guizèh, comme ces cartes, auraient été élaborées par Hermès Trimegiste. Et il rajoute que la cité de Ptolémaïs et le Temple « Ephiteras » qu’est en train de bâtir leur Pharaon, sont échafaudés par les mêmes Mages qui ont hérité de ce Savoir Immémorial. Il lui écrit donc :

« Au-delà des forêts où est Ptolémaïs, il est une région dont nous n’avons pas parlé dans notre deuxième Livre, et où, 45 jours avant le Solstice d’Eté, et 45 jours après, il n’y a pas d’ombre à Midi. Par contre, en dehors de ces 90 jours, l’ombre est tournée vers le Nord, et ne disparaît pas. Il est vrai en outre, que le jour du Solstice d’Eté, à Midi, on ne remarque rien d’autre.

De fait, cette région dont je vous parle, se situe à 602 000 pas de Ptolémaïs. Grande Inspiratrice du prodige de l’Esprit Humain, la mesure du Monde y a été trouvée : en effet, en partant du calcul incontestable de son ombre, on a pu y découvrir les dimensions de la terre. Il est alors certain que Bérénice – la ville des Troglodytes – apparaît à 4820 stades de là, sur les bords de la mer Rouge. On y observe les mêmes phénomènes 45 jours avant le Solstice d’Eté, 45 jours après ; et pendant ces 90 jours, son ombre est projetée du coté du Midi. Or, comme à Méroé, non loin de là, le jour le plus long est de treize Equinoxiales, la position entre ces deux lieux nous représente, à la rigueur, le milieu de la distance entre l’Equateur et le parallèle d’Alexandrie : 1800 stades. ».

En même temps, avec l’ouverture non loin de la bibliothèque, du musée d’Alexandrie, la ville devient aussi la capitale du monde scientifique de l’époque des rois Lagides en Egypte. Y est créé des observatoires, des salles de dissection, des jardins zoologiques et botaniques, qui invitent les savants à poursuivre leurs recherches. Ces facilités bénéficient à toutes les sciences : les mathématiques avec Euclide, puis Apollonios de Perga, qui détermine la valeur de « pi » ; la mécanique, avec Archimède de Syracuse ; l’astronomie, avec Aristarque de Samos, qui calcule les dimensions du Soleil et de la lune, leur distance par rapport à la terre, et qui affirme, parmi les premiers, que la terre tourne autour du Soleil. Eratosthène de Cyrène révolutionne la géographie et la cartographie, et calcule la longueur du méridien terrestre avec une précision étonnante. Alexandrie voir ainsi se former un milieu d’intellectuels et de savants d’une grande curiosité encyclopédique qui se rencontrent et échangent leurs résultats. 

Puis, Ptolémée II Philadelphe meurt vers 235 avant J.C., Ptolémée III lui succède, et suit la politique de son père : il élève un Sanctuaire d’Isis au cœur de l’île de Philae, sur le lac Méoris, ou à Oxyrhynchos. Il élève un grand nombre de Temples à Hermopolis : un honorant Thot, un autre évoquant Padikalon, un troisième dédié à Isadra. Il en consacre un quatrième à Apis, et l’appelle « Sérapion » car le dieu y est partout représenté sous la forme d’un Faucon. Il y fait creuser de larges galeries, et il y désigne des Prêtres spécialisés dans les offices Magiques. Ceux-ci y ensevelissent alors régulièrement des sarcophages contenant des Taureaux momifiés ; tandis que leur Grand Clerc Petosiris y décore ses murs à la façon des Architectes de l’Ancien Empire.

Car Petosiris y grave des inscriptions tirées du Livre des Morts. Il y adjoint également des textes issus du Livre de l’Amadount. Il y évoque les rivages du Pays de Pount. Il y dessine des scènes montrant des Egyptiens en train de prier les divinités : Ra, Chou, Osiris, Thot, et Anubis. Il entoure d’ailleurs ces derniers de Génies Funéraires, de dieux rattachés à Abydos et à Héliopolis. Il y place une Relique symbolisant « l’Œuf Primordial » qui a engendré Ra, puis, les Premiers Dieux. A ses cotés, il rajoute une série de hiéroglyphes qui commentent le Mythe de la création d’Hermopolis ; la cité entourée d’un lac. Et, grâce à eux, il traduit la manière dont l’Ame Originelle a été déposée à l’intérieur de cet Œuf ; la façon dont il s’est brisé afin que le Dieu Soleil s’en échappe.

Mais Petosiris y retranscrit la légende de la restauration du culte de Thot à Hermopolis, celle de l’élévation d’un Temple de Ra par l’intermédiaire de sacrifices humains. Il fait référence à la déesse Isis qui a une peau noire. Il désigne celle-ci comme étant la sœur aux multiples facettes de Nephtys. Il la décrit maîtrisant la magie et la guérison. Il l’associe à la mer et à la lune. Il met l’accent sur son aspect féminin, divise son rôle en trois, et identifie ceux-ci aux trois Cycles de l’Existence Humaine : celui de la vierge – lié à la nouvelle Lune - ; celui ce la mère – lié à la pleine Lune - ; et celui de la vieille Femme – lié à la lune Obscure. Il l’évoque accompagnant son époux Osiris. Il souligne qu’Osiris est, pour lui, le dieu des Enfers et de la mort qui a un épiderme couleur de Nuit. Puis, il met en scène le dieu au moment où il est traîtreusement assassiné par Seth, où Isis le ramène ensuite Magiquement à la vie, et où ils conçoivent leur Fils Horus. Il esquisse Isis qui allaite son rejeton. Et enfin :   

« Lorsqu’une personne veut prier Isis – qui est la reine des Cieux, l’Etoile de la mer, et la mère des Dieux -, avant tout, elle doit se faire baptiser sur les rives du Nil. Mais, auparavant, elle doit se confesser publiquement auprès des missionnaires Isiaques cheminant partout à travers l’Orient. ».

Ptolémée IV accède ensuite au trône en 222 avant notre Ere. En effet, celui-ci est l’incarnation de la loi, toute justice découle de son autorité. Il vit à Alexandrie, capitale de l’Orient Grec, entouré d’une cour très nombreuse et dominée par une hiérarchie de fonctionnaires et d’officiers. Les divisions administratives anciennes, les nomes, sont conservées. Mais la ville domine la province, dont elle tire toute sa subsistance grâce à un système d’impôts et de redevances. Parfois, cette dernière se révolte, comme c’est le cas à Thèbes, à qui il a fallu donner une administration plus spécifique. Plus que faire des conquêtes, les guerres incessantes menées par Ptolémée IV ont pour but de maintenir l’indépendance et les approvisionnements de l’Egypte.

Vers 215 avant J.C., le Mage Marek – qui est le Gardien des Archives Sacrées d’Héliopolis – est l’objet d’une rumeur de la part de ses confrères. En effet, ceux-ci prétendent qu’il vient de terminer la traduction d’un texte concernant l’histoire d’une terre inconnue. Ils supposent que Marek y a décrit le royaume de Pount qui s’est situé au-delà des Colonnes d’Hercule il y a 36 525 ans. Ils disent encore qu’il a découvert son ouvrage au cœur des ruines des Temples et des souterrains apparaissant près de Thèbes. Et ils constatent :

« Marek avait lu cette chronique grâce à des inscriptions taillées sur des Piliers. Car ces Piliers avaient été érigé par Thot. Le dieu avait en effet d’abord transcrit l’aventure de son peuple  sur des rouleaux. Il les avait confiés à son second Fils, Abydo Daémon. Ce dernier avait recopié leur contenu sur des obélisques cachés au cœur de Sanctuaires inconnus. Pourtant, une autre opinion prétend que ces énormes dépôts souterrains avaient été construits sur les ordres des Sages de Pount, qui avaient prévu l’approche d’un Cataclysme Mondial. ». 

En 210 avant notre Ere, les Grecs d’Egypte rendent un culte au Serpent Alexandrin. Ceux qui étudient les textes anciens, eux, se mettent à voir en Aménophis III de la 19ème dynastie, le fils du Troyen Tithon et de la déesse Eos. Selon leur hypothèse, il aurait été tué par Achille devant les murs de Troie. Et c’est pour cela qu’ils transforment le nom de sa capitale, Thèbes, en « Mnemonium » ; puis, qu’ils restaurent son Sanctuaire de Louxor.

D’un autre coté, ils voient en Dionysos un souverain Caucasien : celui-ci se serait rendu en Inde, en Egypte, puis en Libye. Il y aurait aidé le dieu Amon à combattre les Titans, et à reconquérir la terre de Cyrène. Il aurait été l’ami d’Hermès Trimegiste – ou, « trois fois grand » -. Et ce dernier, pour sa part, aurait été l’ancêtre des premiers rois Egyptiens, de leur Art, de leurs Traditions, et de leurs Sciences ; il aurait aussi inscrit tout son Savoir immémorial sur les faces d’une pierre précieuse appelée « Table d’Emeraude ».

17 avril 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 455 - 460

etrusqueEn 509 avant J.C., à Rome, Tarquin le Superbe, l’Orgueilleux, est devenu un tyran cruel. Arrivé au pouvoir par le meurtre de son frère et de son beau-père, il décime le Sénat et accable le peuple de corvées de prestige ou d’utilité publique, comme la construction du temple de Jupiter Capitolin ou celle des égouts.

Mais, quoique bon chef de guerre, Tarquin tombe sur un demi-échec militaire : tandis que s’éternise le siège de la ville d’Ardée, un des parents du roi viole Lucrèce, vertueuse matrone romaine. A l’appel de deux des cousins du roi, Junius Brutus et Tarquin Collatin assistés de Valérius Publicola, le peuple de Rome se soulève, tandis que l’armée se mutine. Tarquin prend alors le chemin de l’exil et s’éteint quelques années plus tard chez le tyran Grec de Cumes, après avoir vainement récupéré son trône, à la tète d’une armée d’émigrés, Latins, restés fidèles aux Etrusques.

La chute de la royauté à Rome marque le déclin du pouvoir étrusque en Italie centrale, alors que la monarchie est déjà abolie dans la plupart des cités de la région. En effet, les Etrusques voient se réduire progressivement leur domination. En 535 avant J.C., les Etrusques de Caere, alliés aux Carthaginois, repoussent les Grecs, venus de Phocée, à la bataille d’Alalia. Mais les pratiques politiques des gouvernements sont proches de celles des tyrans Grecs, s’en prenant aux structures des clans aristocratiques, descendants des « Patres », ancêtres des grandes familles.

Ce sont les fils de ces grandes familles qui profitent de la révolution aristocratique et nationaliste, qui chassent les Etrusques de Rome. Les « Patriciens » tendent à former une oligarchie héréditaire, regroupée dans le Sénat, et s’opposant au reste du peuple, qui prend bientôt le nom de « Plèbe ». Mais les Romains doivent faire l’apprentissage de ce régime nouveau, qui n’a pas de nom, la « chose de tous », « Respublica ».

A ses débuts, c’est encore une monarchie qui ne dit pas son nom et dont le chef n’a plus de fonction sacrée. Brutus, cousin de l’ancien roi, assure le pouvoir avec son second, Valérius, dont le surnom est « Publicola ». Il doit faire face à la menace d’un conquérant dernier étrusque, Porsenna, à qui les valeureux Romains résistent héroïquement, multipliant les exploits individuels. L’armée est battue au lac Régille en 496 avant J.C. et Cassius, consul plébéien qui tente de s’opposer à la mainmise de Brutus  sur l’oligarchie patricienne est exécuté. Les patriciens en profitent pour renforcer leur pouvoir sur l’Etat. Et, sur l’Aventin, colline sacrée, ils déclarent que la plèbe en armes conservera sa structure armée.

Pourtant, les sécessions de la plèbe rythment désormais la chaotique vie politique de Rome, et il en sort une véritable cité parallèle, avec ses magistrats, les tribuns de la plèbe, « sacro saints », c’est à dire intouchables, sa colline, l’Aventin, hors de l’enceinte sacrée de la ville, ses dieux, la triade Cérès-Liber-Libera, divinités de la terre nourricière, distinctes de la triade vénérée sur le Capitole. Rome étant ainsi coupée en deux, les Sabins en profitent pour s’infiltrer dans la cité : au début du Vème siècle avant J.C., la famille sabine des Claudii s’y installe de force ; en 460 avant J.C., un chef de bande Sabin, Herdonius, réussit même à s’emparer momentanément du Capitole.

En 451 avant notre Ere, après un demi-siècle de bras de fer, magistrats et tribuns de la plèbe s’effacent devant une commission de dix Sages sénateurs, les « décemvirs », chargés de fixer les règles du droit qui permettraient à la cité de fonctionner enfin. Au bout de deux ans, la commission produit le premier code de Lois romaines, qui est gravé sur douze tables de bronze, la « Loi des Douze Tables », acte de naissance de la légalité républicaine. La loi, même si elle est encore fondamentalement inégalitaire, est écrite, et les patriciens n’ont plus le monopole du droit.

Avec la nouvelle loi, la famille devient la structure de base de la société romaine, aux dépens du clan. Mais l’égalité est loin d’être réalisée et les privilèges des grandes familles sont officialisés : les mariages « mixtes » par exemple, sont interdits entre patriciens et plébéiens, mesure qui est d’ailleurs vite caduque.

Désormais, à la place des préteurs, gouvernent ensemble, « cum sul », les « consuls » et les « censeurs », nouveaux magistrats qui ont la charge de comptabiliser les fortunes foncières, pour hiérarchiser les électeurs romains en fonction de l’impôt qu’ils paient et non des privilèges de naissance. Consuls et magistrats sont tout d’abord patriciens, et des heurts se poursuivent, mais la cité est assez forte pour se lancer à l’assaut de Véies, sa puissante voisine étrusque.

Il faut attendre 367 avant J.C. et les lois inspirées par les tribuns de la plèbe Licinius et Sextus, pour voir s’ouvrir la voir de l’égalité juridique entre tous les citoyens. Le dernier rempart du patriarcat ne s’écroule pourtant qu’en 300 avant notre Ere, avec la loi Ogulinia : jusque là, les patriciens étaient seuls admis faire partie du collège des pontifes et des augures, donc seuls à détenir le pouvoir religieux ; ils doivent désormais partager celui-ci avec les plébéiens.

Bien que la plèbe obtienne « l’aequas libertas », la « liberté équitable », ce sont les valeurs civiques et morales patriciennes qui s’imposent à Rome : la « pietas », respect des dieux et des devoirs, et la « fides », loyauté envers les concitoyens et la patrie. Rome reste gouvernée par une « nobilitas », « noblesse » républicaine où le patriarcat ne cède que peu à peu sa place aux grandes familles plébéiennes et à quelques hommes nouveaux, de mérite reconnu, comme Cicéron.

Inde, Vème – IVème Siècles :

Vers 475 avant J.C., l’Empire Maurya parvient à imposer son autorité à Taxila. Dès lors, Asoka est envoyé dans la cité afin d’y réprimer ceux qui oseraient se rebeller contre le nouveau Pouvoir. Un peu plus tard, il monte sur le trône des Maurya, il apprend qu’un Texte Bouddhique appelé « l’Asokavadana » a été rédigé en Sanskrit, et que celui-ci relate les événements qui se sont déroulés au sein de l’Empire durant ces dernières années. Il en est très heureux, et en conséquence, il décide de se convertir au Bouddhisme Mahayaniste. Il fait édifier près de mille Stupas destinés à conserver quelques unes des Reliques de Siddhârta qu’il a réussi à récupérer. Et, il accorde le droit à sa Religion, de se propager sur l’ensemble de son Territoire.

Dès lors, plusieurs Sociétés Monastiques Bouddhiques s’installent dans le Pays. Elles y créent des Communautés Laïques. Elles se rendent vite compte que leur ouverture en direction des Populations locales, implique la création de Rites glorieux. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles intègrent en leur sein la vénération du Sage Sakya – le Père du Sangha et du Dharma. Elles intègrent de multiples Mythes, des Concepts Déistes évoquant plus ou moins l’idéal de Compassion propagé par Bouddha. Et, elles décident d’abandonner quelques Doctrines Scolastiques ayant autrefois alimenté de nombreuses discussions stériles.

De fait, peu à peu, partout, les sujets de l’Empire Maurya se mettent à associer l’image de Bouddha, aux quatre Points Cardinaux. Parfois, ils voient en lui un Antilope, en disant qu’il a été entouré de ces équidés au cours de son premier sermon public ; dans le « Jardin des Antilopes ». D’autres fois, ils l’associent aux Anciens Souverains dont les Sépultures apparaissent un peu partout. Grâce à lui, ils soulignent de nouveau l’importance de la géographie Sacrée que ces dernières ont désignée. Avec lui, ils rappellent qu’elles indiquent l’emplacement de Colonnes qui, jadis, ont témoigné de l’étendue d’un réseau routier aujourd’hui indéchiffrable. Et, ils parviennent à les associer aux Caitya qui lui sont destinés.

Par ailleurs, les citoyens de l’Empire Maurya se braquent contre leurs Brahmanes. De fait, ils commencent à remettre en question leurs Principes Moraux. Ils repoussent l’idée selon laquelle chaque Etre Humain a un Destin posthume différent selon la caste où il se situe. Ils soutiennent que quiconque est à même d’atteindre le Nirvana. Ils jugent que tout le monde est capable de suivre la voie aux Huit Etapes. Ils déclarent que l’Ethique Bouddhique implique la compassion envers toutes les Créatures soumises au Cycle des Renaissances ; et qu’elle est fondée sur la suppression de la souffrance. Ils signifient qu’elle est également opposée à la violence, qu’elle proscrit les Sacrifices associés au Védisme, et qu’elle est encline à la pitié

Ils affirment encore, que Brahmâ s’est déjà manifesté sur Terre en y faisant plusieurs fois intervenir Vishnu. Ils soulignent que c’est grâce à ce dernier que celle-ci a, à chaque fois, été sauvée des périls qui l’ont menacé. Et, ils soutiennent que le neuvième Avatar de Vishnu s’est nommé Bouddha, et que c’est Brahmâ qui l’a guidé afin qu’il puisse intervenir dans notre Monde. Et, enfin, ils lui attribuent de nombreux Pouvoirs ; tels celui d’avoir lui même Initié ses Cinq premiers Disciples.

L’attitude foncièrement hostile aux Pratiques des Yogis – qui étaient jusqu’alors des modèles de Sainteté – de la part des citoyens de l’Empire Maurya, provoque dès lors d’énormes bouleversements un peu partout en Inde. Très vite, de vives dissensions entre les Bouddhistes et les Brahmanes, apparaissent. Leurs Chefs Spirituels se querellent de plus en plus souvent sur des sujets tels que : l’Existence de l’Arhat – cet Immortel doté de dons lui permettant de dominer le Monde. Ils se divisent sur le moyen d’atteindre le Nirvana. Et, ils s’empoignent pour tout ce qui concerne l’anéantissement de l’Individualité après la mort – ou, « Sunya ».   

Vers 470 avant notre Ere, les Adeptes de Bouddha commencent à raconter l’Histoire de Siddhârta à qui veut l’entendre. De fait, pour ne pas commettre d’erreur, ils se mettent à rédiger un Texte Mythologique le concernant. Et ils y marquent :

« Quatre fois de suite, la vue de Siddhârta fut frappée par des spectacles effroyables. En effet, Gautama découvrit la vieillesse, la maladie, la mort, et la mendicité des Moines quêtant leur nourriture. Il prit conscience qu’il vieillirait un jour, qu’il connaîtrait peut-être la souffrance, et qu’il décéderait. Et en conséquence, il décida d’entamer une nouvelle Existence.

Il quitta ses vêtements de soie, s’habilla avec des vêtements d’écorce. Durant sept années, il suivit les Enseignements des Maîtres Brahmanes, et ceux-ci lui apprirent leurs Rites Ascétiques, ainsi que leurs Méthodes afin d’entrer en Communion avec le Brama. Il réalisa progressivement que pour parvenir à la libération totale de son Etre, il devait tendre vers la perfection. Il comprit que c’était la seule manière pour lui de mettre fin au Cycle de ses Réincarnations – ou, « Samsura ». Et finalement, après de nombreuses Epreuves Spirituelles, il se métamorphosa en « Bouddha » - ou, « Celui qui a reçu l’Illumination ».

Le Démon Manqui tenta ensuite de détruire Celui qui s’était Eveillé à la vérité. Mais, il ne réussit pas à l’Envoûter. Au contraire, fort de cette Expérience, celui-ci entreprit de propager ses Vérités Fondamentales ; telles que, l’Université de la douleur. Il saisit que le dieu Brahmâ était à ses cotés. Et, de fait, pendant 40 ans, afin de révéler ses Principes, il voyagea jusque dans les Royaumes les plus reculés de l’Inde du Nord-est.

C’est au cours de ces déplacements qu’il commença à former ses premiers Disciples. Or, le nombre de ceux-ci augmenta très rapidement. Bientôt, ils provinrent, aussi bien des Castes les plus humbles, que des Familles les plus Nobles. Ils abandonnèrent tous leur Pays, leur Métier, leur Maison, pour l’accompagner et pour vivre pauvrement au sein de Communautés Monastiques. Ils enrichirent ces dernières par des dons. Ils leur permirent d’acheter des Résidences destinées à les abriter durant la saison des Pluies. Et, ils les aidèrent à construire des lieux permettant d’accueillir des foules venues recevoir l’Enseignement de Bouddha. ».

Et plus loin : « Après le décès de Bouddha, ses Cendres furent partagées entre les différentes Communautés Monastiques qu’il avait fondé. Dès lors, celles-ci érigèrent des Tours Reliquaires. Elles y enfermèrent leurs scapulaires afin qu’ils puissent régulièrement être exposés à la vénération de leurs Fidèles. Ensuite, elles se rassemblèrent lors d’un Concile Extraordinaire. Elles donnèrent l’ordre à plusieurs Scribes, de mettre par Ecrit l’ensemble des Paroles que Bouddha prononça durant son Existence. Elles leur demandèrent également de retranscrire le Code et la discipline que le Maitre avait prescrite. Et c’est de cette manière qu’elles donnèrent naissance aux Ecritures Saintes du Bouddhisme. ».

A l’issue de ce Concile, le Bouddhisme est divisé entre 18 Communautés possédant leur propre interprétation du Code et de la discipline inscrits au cœur des Ecritures Saintes. Pourtant, progressivement, ces différents Ordres se regroupent en deux grands Clans ; chacun suivant une lignée Philosophique particulière. En effet, certains se rallient à ce qu’ils appellent : le « Mahayana » - ou, « Grand Véhicule » -, et disent qu’il faut nier l’existence de l’Ame. Et d’autres se retranchent derrière « l’Hinayana » - ou, « Petit Véhicule » -, et évoquent le fait que l’Ame n’échappe pas à la discontinuité Temporelle.

C’est alors que les Adeptes du Mahayana décident d’Enseigner leur Doctrine partout où ils le peuvent, et, à chaque fois qu’ils ont gagné des villes et des villages à leur cause, d’y ériger des Piliers Sacrés. Puis, ils se mettent à sculpter des figures Emblématiques représentant des Yaksini et des Yaksa, au sommet de ceux-ci. En même temps, ils expliquent aux autochtones qui les entourent, que les Yaksini ont des formes opulentes. Ils leur dévoilent qu’ils séduisent les passants et les pèlerins à proximité des Carrefours Sacrés. Ils leur décrivent ensuite des Yaksa de sexe masculin, mais, en les confondant parfois avec des Ghana. Ils leur tracent leurs portraits sous la forme de Géants figés dans des attitudes peu naturelles. Ils leur dessinent à leurs cotés, des scènes tirées des « Jakata » ; qui sont des Récits Populaires récents relatant des Episodes de la vie de Bouddha. Ils leur associent de nombreux Symboles, tels que des Trônes Solaires, des Roues de la loi, des Arbres, des Lions, et des Eléphants. Et enfin, ils leur soulignent le fait que toutes ces allégories ont des fonctions apotropaïques.   

Les Adeptes du Mahayana transforment également leurs Stupas en Tombeaux, et les destinent aux Rois et aux Héros qui se sont ralliés à leur vision du Bouddhisme. De fait, ils remanient l’Architecture de leurs monuments, métamorphosant l’intérieur de leurs Galeries. Ils sculptent sur leurs parois des Textes qui désignent les Reliques enfermées dans leurs Salles, comme des Germes d’Immortalité. Ils y élèvent aussi des Colonnes de briques, afin que celles-ci traversent les Stupas de part en part. Ils leur donnent le titre « d’Axis Mundi », parce que pour eux, elles Symbolisent l’Axe du Monde. Sur leurs façades, ils taillent de trois à sept coupoles destinées à évoquer les Cieux Supérieurs. Ils y tracent des « Suci » incarnant les Stations Zodiacales. Au dessus d’elles, ils cisèlent des balustrades carrées suggérant la citadelle des Dieux qui gouvernent le Firmament. Et, devant elles, sur le sol, ils matérialisent les quatre Point Cardinaux à l’aide de « Torana » : ces Portes Solsticiales et Equinoxiales que le Soleil est censé franchir lors de son Voyage Annuel. 

Les Adeptes de l’Hinayana, eux, font allusion à une autre vision du Bouddhisme aux gens qu’ils rallient à leur Doctrine. Ils leur déclament tout d’abord qu’ils ne doivent pas accepter le fait que les membres de la communauté Mahayana, transforment Siddhârta en Etre Divin. Ils leur adjurent de ne pas tolérer les « Dhyâna » et les « Bodhisattvas » au sein de leur Panthéon. Et, ils leur conseillent de ne pas écouter ceux qui considèrent que Vishnu s’est Incarné en Bouddha, car, ce sont ces derniers qui propagent de fausses Croyances. 

Ils leur expliquent ensuite que l’Eternité de la forme Divine est comparable à l’état inaltérable de la pierre. Ils leur Enseignent que, par l’intermédiaire d’Incantations, leur Croyance permet d’accéder à la perfection. Ils leur racontent que les Mots qu’ils prononceront à ce moment là, leur permettront de Matérialiser d’innombrables Divinités. Ils leur déclarent que lorsqu’ils traceront leurs Symboles, ou Emploieront leurs Rites, ils devront les accompagner de Pratiques Magiques inscrites à l’intérieur de Manuscrits très Anciens. Ils leur annoncent qu’ils devront figurer leurs Diagrammes afin qu’ils aient l’apparence de Carrés et de Cercles représentant les Quatre Ages de l’Humanité. Et, enfin, ils leur disent que c’est pour qu’ils n’oublient pas leurs Préceptes, qu’ils ont l’intention de leur octroyer le titre de Maitre, et qu’ils les destinent, un jour, à Initier de nouveaux Disciples.

Or, tout en ralliant de nombreuses Populations à leurs Préceptes, les Adeptes de l’Hinayana se dirigent de plus en plus vers des Régions difficilement accessibles ; et donc, considérées par beaucoup comme Mystérieuses. Ainsi, ils cheminent désormais en direction de Ceylan, de la birmanie, du Siam, du Laos, du Cambodge. Puis, ils franchissent les frontières Mongoles, Chinoises, Tibétaines, Coréennes, Vietnamiennes. Et, finalement, ils quittent le Continent Asiatique, et posent le pied au Japon et en Indonésie.

Vers 460 avant notre Ere, la reine Maghada devient la maîtresse d’un barbier. Or, à quelques temps de là, celui-ci profite de sa situation privilégiée, pour égorger l’Empereur Pataliputra. Soutenu par plusieurs familles influentes, il s’empare du Trône de celui-ci. Et, grâce au Clan « Jaïn », il réussit à fonder sa propre Dynastie Impériale : celle des « Nanda ».

28 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 370 - 375

gr_ce_antiqueVers 785 avant notre Ere, les habitants de la rome primitive croient en l’existence de la déesse Mama Geneta. Ils lui sacrifient des chiens, recourent à des sacrifices expiatoires et à des exorcismes. Mais, ils entourent aussi son culte de Mystères ; de même que les Ligures qui se sot établis au Sud de la cité, dans le Tessin, depuis peu de temps.

Vers 770 avant J.C., de nombreux colons Grecs prennent pied en Sicile. Ils investissent rapidement les cités Phéniciennes qui y sont implantées. Les Phéniciens se retirent à Moyte, à Salente et à Palerme. Et ils laissent tout le reste de l’île à la disposition des nouveaux arrivants.

Rome, après d’âpres luttes contre sa voisine, Véies, met la main sur les salines des bouches du Tibre ; elle contrôle plus tard la plupart des salines de l’Italie centrale et méridionale. Puis, dans la seconde moitié du VIIème siècle avant J.C., la cité naît véritablement de la fusion des villages alentours avec elle : les éléments essentiels de cette opération sont le drainage et le pavement du Forum, qui était auparavant une vallée marécageuse réservée aux tombes, tandis que l’autre dépression, celle de la vallée de Murcia, entre le Palatin et l’Aventin, abrite bientôt le Grand Cirque. Les Etrusques, experts en hydraulique, jouent alors un rôle décisif.

Sept rois règnent sur l’Urbs de 753 à 509 avant J.C., date de la fondation de la république. La première dynastie est romano-sabine : après Romulus, Numa Pompilius le Sabin fixe les rites religieux de Rome, grâce, dit la légende, aux conseils de la nymphe Egérié ; puis c’est Tullus Nostilius, qui voit les Horaces défaire les Curiaces, champions de la ville d’Albe. Aneus Martius, roi guerrier, conduit ensuite l’expansion territoriale romaine en direction d’Ostie. Avec les Tarquins, l’Ancien et le Superbe, entre lesquels s’intercale Servius Tullius, c’est la dynastie Etrusque qui règne sur Rome. Ce sont les Etrusques qui font de Rome une des plus grandes cités Etrusques de l’époque, avec son centre politique, religieux, commercial, protégé par une enceinte dès le VIème siècle avant notre Ere. La ville est alors agrandie, embellie, avec des temples et une nouvelle organisation politique et administrative.

Europe Occidentale, X – VIème Siècle avant J.C. :

L’Europe Occidentale se répartit en un certain nombre de provinces culturelles héritées de l’Age du Bronze, qui sont elles mêmes les héritières de la « Civilisation des Champs d’Urnes ». Ainsi, vers 980 avant notre Ere, le roi Argathenios entretient d’étroites relations avec les Phocéens. Et il fonde la ville de Cadix. Tandis que, d’un autre coté, en Dalmatie, le Souverain de Glasinac conserve de nombreux contacts avec les Civilisations installées en Asie Mineure. Tandis les monarques de Styrie, de Carinthie, et de Slovaquie – par l’intermédiaire de leurs ressources minières – accroissent leur influence ; ou que ceux habitant l’Autriche actuelle acquièrent une certaine célébrité grâce à leur sel de gemme.

Vers 900 avant J.C., lorsque les premiers membres de la civilisation – dite du Hallstatt -, arrivent sur leurs traces, ils découvrent avec stupeur les derniers reliquats de cette Civilisation. Ce ne sont plus que quelques communautés disparates. Toutes les autres ont disparu. Les seuls souvenirs de ce dernier est un mélange de Mythes et de Religion centré autour du culte des Pierres Levées et de la grande Déesse Mère. Les nouveaux venus édifient alors leurs propres Sanctuaires à l’emplacement des mégalithes. Ils récupèrent aussi à leur profit la mystique entourant les dolmens et les pierres levées. Leurs druides adaptent leurs cultes au Savoir qui lui semble être sous-jacent. Ils l’intègrent à leur propre Mythologie en se demandant peu à peu si jadis, ces lieux n’ont pas été des hauts centres d’initiés. Puis, les Druides finissent par définitivement balayer les restes des traditions sanguinaires et meurtrières vouées aux divinités Chtoniennes. Elles disparaissent rapidement. 

En fait, la civilisation du Hallstatt s’étend sur un zone qui comprend la bohème, une partie de la hongrie, l’Allemagne du Sud, l’Autriche, la suisse, et le quart Nord-est de la france. Assez vite, ce territoire se trouve quadrillé par un réseau de bourgades fortifiées, espacées de cinquante à cent kilomètres environ, régnant chacune sur une vaste étendue, et qualifiées de « résidence princière ». Souvent situées sur des hauteurs, elles sont aussi parfois isolées au milieu des lacs et des marécages. Ces résidences ont des fortifications importantes 

Elles contrôlent certaines matières premières importantes, comme le sel d’Autriche ou de la franche Comté, ainsi que des voies commerciales comme l’axe Seine-Saône, qui permet à l’étain de Grande-Bretagne de parvenir jusqu’en Italie ou en Grèce. Elles exportent aussi des matières premières – étain, bois, peaux, salaisons, esclaves – et importent des produits de luxe – vases précieux, parures, vin -. Car, le fer à cette époque reste cependant d’un usage très limité pour les populations locales. Il sert aux grandes épées, pour des colliers ou des bracelets princiers. Matière rare, c’est un signe de prestige pour les potentats locaux. Il est le témoin d’une hiérarchisation sociale marquée.

La civilisation du Hallstatt n’est pourtant pas uniforme. Composite, elle intègre des éléments Etrusques, Villanoviens, Balkaniques, Illyriens. D’ailleurs, c’est à cette époque que quelques Grecs courageux s’aventurent en pays Ligure et qu’ils fondent la cité de Massilia. Leur élément commun est donc une caste dirigeante dont la puissance est fondée sur la possession des épées de fer et des chars de combat.

Car, la renommée des princes est fondée sur leur fonction guerrière. L’équitation est « inventée » : les hommes combattent montés sur des chars ou à cheval et dominent une industrieuse population d’agriculteurs et d’artisans. Ceux qui vont devenir des Celtes créent un art qui leur est propre, caractérisés par des motifs originaux : enroulements, spirales, rosaces. Ces motifs sont ceux de leur culte solaire qui remplace peu à peu le culte de la fécondité.

Mais, les résidences princières s’effondrent bientôt. Elles sont abandonnées. Et n’existent plus alors que des villages modestes et dispersés, à la suite d’importants remaniements politiques.

Vers 850 avant notre Ere, en Espagne, ainsi que dans le Sud de la france, la civilisation de Tarteressos est à son apogée. Malheureusement, celle-ci est bientôt attaquée par des tribus Celtes venues d’Europe Orientale. Elle appelle à l’aide des mercenaires de Carthage et de la grande Grèce. Et, finalement, elle parvient à les repousser au-delà de ses frontières.

Or, quelques dizaines d’années plus tard, les territoires de la catalogne passent tout de même sous le contrôle des Celtes. Dès lors, ceux-ci se mettent à y honorer leur déesse d’Outre Tombe Danède Baza. Ils construisent leur Centre Religieux et Culturel le plus prestigieux à Alcuida d’Elche. Ils décident de s’abriter dans des villes fortifiées qui existent depuis le Néolithique ; telles que Mirubriga ou Santiago. Et c’est là qu’ils édifient plusieurs Temples, en les consacrants à Esculape.

Parallèlement, également vers 850 avant J.C., les Grecs intensifient leur politique de colonisation. Ils commencent à occuper la plupart des cotes Méditerranéennes. Ils abordent l’archipel des Pityuses – ou, Baléares ». Celui-ci devient progressivement un point stratégique pour eux, à cause de leur proximité de la cote espagnole. Et, ils finissent par s’implanter en Sicile, ainsi que sur les rivages de l’Espagne, en y fondant l’agglomération d’Ampurins. 

En 690 avant notre Ere, les populations de la civilisation, dite, du Hallstatt, quittent leurs contrées. De pastorales et agricultrices, elles se transforment alors en intrépides troupes de navigateurs s’adonnant désormais volontiers à la piraterie. Elles arrivent bientôt en Occident. Et, de fait, elles y apportent des éléments culturels nouveaux ; tels, l’épée à antennes.

C’est ainsi que les Ligures commencent à occuper de nombreuses contrées d’Europe Occidentale. Les Ibères, eux, édifient un Empire dans la région du Caucase et sur les cotes du Ponteuxin. Mais, ils sont rapidement chassés par de nouveaux conquérants : les Phrygiens. Ils migrent en Europe Méridionale ; et plus particulièrement en Illyrie et en Italie du Nord. Ils y fondent plusieurs cités telles que Kutacum – qu’ils nomment de cette manière en souvenir de leur ancienne capitale Caucasienne, Kuta. Puis, ils se séparent en deux groupes ; l’un soumettant bientôt l’ensemble de la péninsule Italique, et l’autre choisissant de poursuivre sa route, de pénétrer en Espagne en franchissant les Pyrénées, et de s’y installer.

Or, contrairement aux Ibère d’Italie, les Ibères d’Espagne décident de préserver leurs Traditions ancestrales de toute influence extérieure. En effet, à partir de ce moment là, leurs Clercs répètent scrupuleusement les Cérémonies Rituelles qu’ils Initiaient dans le Caucase. Ils rappellent également – et entre autres - à leurs fidèles le Mythe du Serpent Soya. Car « Soya vit, à la fois, au Ciel et sur la terre ». Ils invoquent parfois la déesse incarnée à l’intérieur d’un Bélier Noir nommé Baserta ; et dont le patronyme signifie « la moitié Noire ». Et ils se souviennent qu’elle Symbolise le Monde des Défunts.

En 590 avant notre Ere, plusieurs dizaines de colons Grecs débarquent en pays Ligure. Ils y fondent aussitôt la cité de Massalia. Ils y développent une intense activité commerciale. Ils s’y octroient le droit de battre monnaie. Ils étendent peu à peu leur influence sur tout le littoral Nord-Méditerranéen. Ils créent une chaîne de comptoirs : à Nikain, ou « Nice » ; à Antipolis, ou « Antibes » ; à Agathé, ou « Adge ». Et, finalement, ils transforment ces dernières agglomérations en centres de rayonnement de la culture hellénistique. ; Tout en répandant leur Civilisation vers l’intérieur des terres par l’intermédiaire des voies fluviales alentours. 

Par ailleurs, les Grecs de Massalia regroupent plusieurs villages dispersés sur les rives de l’étang de Laftes. Ils métamorphosent leurs embarcadères en zone portuaire indépendante. Ils y installent un nœud routier dont les chaussées partent, d’un coté, vers Massalia, et d’un autre, vers Sextante – ou, Montpellier. Ils en font un comptoir destiné à importer en Europe des marchandises Etrusques, Grecques, Italiques. Et enfin, ils changent son nom, pour lui donner celui de « Lathara ». 

Vers 580 avant notre Ere, les Carthaginois s’en prennent à la cité de Cadix ; et finissent par la détruire. Ensuite, ils s’en prennent aux colonies Phocéennes installées au cœur de la péninsule Ibérique. Et seule l’agglomération d’Ampurins échappe aux destructions.   

Asie Centrale, Xème – VIème siècle avant J.C. :

Vers 800 avant notre Ere, les populations installées sur les rives Orientales de la baltique vouent un culte aux Forces de la nature ; et en premier lieu, à celles de la fertilité et de la fécondité. Elles vénèrent la déesse Mère, Mati ; la déesse des Prairies, Laukamit ; la déesse des Bois, Mezamat ; la déesse du Bétail, Lopemat ; la déesse de la mer, Jurasmat ; la déesse des Jardins, Darzamat ; la déesse des Vents, Vejamat ; le dieu des Cieux, de la foudre, et de la guerre, Derkunas ; et le Maitre de la terre, Zempat. Elles en appellent également aux Esprits Laumes, qui sont des Entités attachées aux Eaux et aux Forêts ; ou au Laimas, qui sont chargés de veiller sur les destinées individuelles. Elles adorent les arbres, les champs, les lacs, et les rivières. Elles croient que tous ces lieux sont habités par des Démons et par des dieux. Et elles considèrent les bois comme des Temples ; ou supposent que certains animaux possèdent des Pouvoirs spéciaux. 

C’est pour ces raisons que ces peuplades célèbrent leur culte des Morts et leur culte des Ancêtres dans les forêts. C’est aussi pour cela qu’elles révèrent le Soleil, la lune, les Astres, ou le Feu. Elles sont persuadées que le feu est lié aux opérations Divinatoires effectuées par leurs Prêtres et par leurs Mages. Elles glorifient l’Arc en Ciel Duvirik. Et elles prient leur Forgeron Céleste Telavel parce qu’elles sont persuadées que c’est lui qui a fabriqué le Soleil à l’aide d’un marteau géant.

Inde, Xème – VIème siècle avant J.C. :

En 990 avant J.C., depuis longtemps, les Aryens se répandent dans l’Inde du centre, brûlant les forêts pour cultiver la terre. Se mêlant aux tribus installées dans les bois, ils se sédentarisent progressivement. Des groupes importants se fixent dans la vallée du Gange, donnant naissance à une civilisation urbaine et à de petits royaumes disparates se disputant âprement le territoire.

Le pouvoir royal est en effet limité par l’influence des brahmanes et les courtisans et officiers du palais. La population vit dans des villages ou des cités entourées de remparts. La tendance est à la spécialisation des métiers : artisans, artistes, marchands… 

Pendant toute cette période, la vie spirituelle des Aryens se poursuit avec la rédaction des derniers des Veda : « l’Upanishad ». Ceux-ci abordent des questions fondamentales : Quelle est l’origine de l’Univers ? Quelle est la nature de l’âme ? Différentes doctrines se constituent selon les réponses apportées à ces interrogations, œuvres d’ascètes et de rois Philosophes.

Au sens propre, un Upanishad est une séance au cours de laquelle un Maître transmet à ses élèves les doctrines ésotériques. Les textes sur lesquels il se fonde, comme le Brihadaranyaka, se présente sous la forme de questions-réponses, à l’image des séances d’enseignement. Ils décrivent tous Brahman, la puissance magique du Verbe Initial qui s’exerce sur l’Espace et le Temps, sur l’ensemble de l’Univers. Brahman est aussi l’âme humaine et les Upanishad apprennent à prendre conscience de sa présence. L’homme peut alors dépasser les Cycles de la vie et de la mort, de la joie et de la douleur, et se fondre dans l’Ame Universelle.

Or, vers 900 avant notre Ere, du Gujerat à la vallée du Gange, la civilisation Aryenne dépérit. De fait, près d’Allahabad, c’est la ville de Kausambi qui devient peu à peu le plus important centre Economique de la région. Elle édifie en effet des Fortifications qui ne sont pas sans rappeler les murs de l’ancienne Citadelle d’Harappa. Ses habitants apprennent à fabriquer des statues en terre cuite représentant des zébus et des éléphants. Ils se mettent à loger à l’intérieur de maisons entourées de patios. Ils commencent à régulièrement se rendre dans des Temples surmontés d’effigies de Garuda ; assimilant ainsi ce dernier à un Oiseau Fabuleux souvent chevauché par le dieu Vishnu. Parfois, ils se prennent à ériger des Sanctuaires dont les toits sont recouverts de chapiteaux évoquant des lotus renversés. Tout autour d’eux, ils bâtissent des parois sur lesquelles ils sculptent des Lions accompagnés de Roues à vingt-quatre rayons, et de Symboles désignant les quatre Points Cardinaux. Et, de temps en temps, ils leur accolent des Chapelles consacrées à « Ghositarama ». 

Mais, bien qu’ils ne leur construisent pas de monuments spécifiques, les habitants de Kausambi ne révèrent pas uniquement Ghositarama. Ils admirent Ganesa, qu’ils comparent à un Homme à tète d’Eléphant. Ils le montrent obèse, dans une posture inconfortable, et lui donnent le titre de « Seigneur des Gana » - ou, « Esprits ». Ils se soumettent aux exigences de Sarasvatî : l’Epouse de Brahmâ et l’Incarnation du Fleuve Impétueux. Ils glorifient l’Hamsa : la monture Sacrée de Vishnu. Et, enfin, ils idolâtrent les Compagnes Mythiques de ce dernier : Yamunâ et Ganga, autant que celles de Shiva : Lakmi et Parvati.

Vers 650 avant notre Ere, la civilisation du Gange englobe toute la péninsule du Deccan, ainsi que l’ensemble de la basse Vallée de l’Indus. Elle n’est pas très évoluée en ce qui concerne la métallurgie du Fer. Mais, elle est très raffinée.

C’est la cité de Rajgir – au Sud de Patna – qui est considérée comme la capitale de l’un des Royaumes qui parsèment ses Territoires. En effet, en Maghada, celle-ci est ceinte de hautes murailles de pierres. Elle est ornée d’enclos – ou, « Caitya » - au cœur desquels sont plantés des poteaux surmontés de paires de cornes. Là, apparaissent également parfois des colonnes de bois, de fer, ou de cuivre, sculptées, et où sont représentés d’innombrables Symboles Sacrés. A plusieurs endroits, elle est aussi dominée par des chapiteaux évoquant des fleurs de Lotus repliées sur elles mêmes. Elle laisse discerner des fûts supportant des abaques animaliers : des Taureaux, des Lions, ou des Eléphants. Et, enfin, sur les murs de certains de ses Temples, elle Sculpte des motifs Védiques apparentés au Cygne – qui relève de Brahmâ -, à la roue, ou, aux Quatre Points Cardinaux.

Par ailleurs, les maisons construites à proximité de ses Caitya sont assimilées par ses habitants, à des figures emblématiques. En effet, dès lors, celles-ci sont édifiées le long des voies principales qui traversent la cité. Elles sont regardées comme les édifices permettant à certains quartiers, de se développer en cercles concentriques autour des Caitya. Elles sont régulièrement honorées par les populations, qui plantent un Arbre ou un Bosquet non loin de là. Elles sont bénies lors de l’Erection de « Stupas » - ou, « Tumulus Funéraire ». Et, à chaque fois que ce genre de Cérémonie est organisé, elles sont censé figurer l’Axe de Référence des Quatre Points Cardinaux de la ville, ainsi que le lieu d’où partent les routes qui mènent au Ciel et aux Enfers.

Outre Rajgir, quelques autres villes telles que Rangpur, Mysore, Arcot, Cingpelut, ou Cittor, érigent d’imposantes Enceintes Fortifiées. Et elles aussi prospèrent, puis, étendent leur influence de plus en plus loin à l’intérieur du Deccan et de la vallée de l’Indus. De fait, leur production Artisanale se diffuse jusque dans le Sud de Gujerat. Leurs marchandises se négocient jusque dans les Contrées Méridionales de la péninsule. Leurs relations avec Ujjain – sur la rivière Sipra -, s’intensifient. Elles commencent même à considérer celle-ci comme l’une des plus anciennes Cités Sacrées du Monde. Et, finalement, elles s’autorisent à édifier un Sanctuaire commun à Jivakamravana, et à y bâtir ensemble des salles elliptiques somptueuses.

Or, leurs nouveaux Sanctuaires ne parviennent pas à endiguer les Croyances Ancestrales de leurs Insulaires. Car, ceux-ci continuent d’implorer les Antiques Mégalithes qui longent les chemins qui y mènent. Ainsi, à Mysore, ils perpétuent leurs Processions aux alentours d’un Cromlech Sacré : à l’Est, ils y élèvent un Monolithe qu’ils percent, et ils y sculptent une plaque commémorative. A Cittor, ils gardent l’habitude de vénérer une Enceinte Mégalithique qui a autrefois encerclé une fosse remplie de cadavres. Dans la région du Kerala, ils maintiennent leur déification des Menhirs autrefois disposés selon un alignement spécifique. Et, enfin, ils sont convaincus d’avoir raison en magnifiant encore ceux dont la roche est séparée en quatre morceaux chacun sculpté en forme de Pyramide à base triangulaire.

Et, leurs Rites sont tellement ancrés en eux qu’ils jugent indispensable de poursuivre la construction de tels Monuments : ils en bâtissent plusieurs centaines ressemblant à des champignons afin de leur servir de Tombeaux. Ils creusent au dessous d’eux des dizaines de Chambres Funéraires. A leurs cotés, à l’intérieur de grottes artificielles, ils aménagent des dizaines de Cryptes. Ils y ensevelissent les Sarcophages de leurs Princes. Et, ils y taillent leurs parois afin que les Sculptures qu’ils y représentent, aient l’aspect d’Animaux fabuleux à quatre pattes. 

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