29 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 645 - 650
La paix de l’Eglise de 325 inaugure une période d’assimilation et de pénétration plus que d’expansion. Le triomphe officiel du Christianisme marque le paysage urbain par la construction d’églises publiques monumentales qui reprennent la forme de vaisseaux à plusieurs nefs des « basiliques » judiciaires. Le baptistère renfermant la cuve où l’on procède à l’immersion se trouve à l’extérieur de l’église. Ces édifices sont souvent financés par l’Empereur lui même.
La culture Chrétienne rivalise d’éclat avec la philosophie et la rhétorique classiques. Partout dans l’Empire, d’illustres personnages étudient sans relâche les textes sacrés : ce sont les Pères de l’Eglise. Ces penseurs tentent de fixer la doctrine chrétienne et d’inculquer leurs connaissances à ceux qui ont accès à l’instruction : l’école catéchétique d’Alexandrie devient rapidement célèbre grâce à l’enseignement brillant d’Origène ; Saint Jérôme traduit la bible en latin et Eubèse de Césarée écrit une « Histoire Ecclésiastique ». Issus d’un milieu cultivé, la plupart sont évêques et font partie de l’entourage proche de l’Empereur. La cour, puis l’aristocratie tout entière sont gagnées par la foi Chrétienne. A l’époque qui voit l’Empereur embrasser officiellement la religion nouvelle, les conversions se font en masse. Toutefois, beaucoup d’entre elles relèvent de l’opportunisme : puisque le pouvoir, tant politique qu’intellectuel, est chrétien, autant adopter la même religion que lui.
Parallèlement, les campagnes sont gagnées. L’Egypte se convertit. Saint Augustin, après avoir été touché par la grâce, se fait baptiser par Saint Ambroise et devient évêque de la ville africaine d’Hippone. A la fois polémiste, théologien, philosophe et catéchète, il y multiplie les sermons. Il y écrit des exégèses des livres saints, des traités de morale et de vie ascétique pour consolider la doctrine chrétienne. En Gaule, Saint Martin organise les premières paroisses rurales. Et la fermeture des temples païens devient inévitable. Elle se fait peu à peu : on établit la séparation de l’Etat et du paganisme, en entamant une politique répressive par sa loi sur les apostats. On proclame un édit frappant d’infamie les chrétiens qui ne se rallient pas au credo de Nicée. Par ailleurs, plusieurs de ses lois condamnent le paganisme, interdisent les sacrifices et la fréquentation des temples ; Les édifices religieux païens sont détruits, les fêtes supprimées, les pratiques privées elles mêmes font l’objet de poursuites. Le Christianisme nicéen devient obligatoire pour tous les habitants de l’Empire. Le pouvoir impérial est désormais sous la dépendance de l’Eglise. Et le pape revendique bientôt la primauté de son siège au concile de Rome, puis soutient Anastase d’Alexandrie.
Au même moment, l’Etat devient de plus en plus centralisé : il dispose d’une administration développée et d’une fiscalité plus efficace et plus lourde. L’Empereur est entouré de services centraux qui forment le « comitatus ». La cour rassemble tous les personnages et les divers fonctionnaires du Consistoire – Conseil Impérial – et des bureaux. Le questeur du Palais sacré élabore les lois ; le maître des Offices dirige la chancellerie ; les « agentes in rebus », véritable police d’Etat, surveillent la poste publique et l’administration provinciale ; les puissants notaires sont chargés d’enregistrer les séances du Consistoire ; le comte des Largesses sacrées est à la tète du fisc et des ateliers monétaires, alors que le comte de la « Chose privée » administre les immenses domaines publics et impériaux. Et les services financiers répartissent les impôts annuels d’après les cadastres, révisés tous les quinze ans.
Le centralisation du régime s’accompagne d’une réforme de l’administration provinciale, uniformisée et hiérarchisée. Tout en haut, trois préfets du Prétoire surveillent l’action des gouverneurs, jugent en appel et administrent l’impôt. Au dessous, les vicaires des préfets dirigent les diocèses – une douzaine – qui regroupent chacun plusieurs provinces – une centaine. Les villes de Rome et de Constantinople sont à part, sous la juridiction des préfets urbains. Quant à l’armée, elle est sous l’autorité d’un duc pour une province, lui même subordonné d’un comte à la tète de chaque diocèse. Au sommet enfin, ce sont les maîtres de la milice et de la cavalerie ; et souvent pour l’ensemble de l’armée, le maître des deux Milices.
En 326, Constantin renouvelle à Rome les fêtes de sa vingtième année de règne, ainsi que ses triomphes sur les Barbares et sur son rival Licinius ; mais il refuse de monter au Capitole. Un peu plus tard, il est informé de la découverte de la vraie Croix à Jérusalem par l’Impératrice Hélène. En 328, il apprend qu’Anastase est nommé Evêque d’Alexandrie.
Puis, en 330, le philosophe néoplatonicien Sopatros préside à la dédicace de Constantinople, et offre un sacrifice à la tyché – ou « Fortune » - de la ville. De fait, à partir de ce moment là, Rome perd son rang de capitale politique. En effet, stratégiquement, la ville se trouve à mi chemin des frontières danubienne et orientale. Economiquement, elle est à la croisée des routes de terre et de mer, de l’Asie à l’Europe, et de la mer Noire à la méditerranée. Et, bien que les Eglises de Byzance soient plutôt néoplatoniciennes – Sainte-Sophie : la sagesse ; Sainte-Irène : la paix -, la ville n’est pas, comme Rome, trop fortement marquée par le paganisme.
Dès lors, Constantin y installe un Sénat, l’exempte d’impôt et la gratifie de distributions frumentaires. L’Empereur y fait en outre construire un palais, relié à l’hippodrome, et, sans plus tarder, son mausolée.
Mais, en 331, Sopatros est accusé de Magie ; il est décapité tandis que les livres néoplatoniciens sont condamnés à être brûlés. Constantin ordonne la confiscation des biens des Temples ; son premier acte d’hostilité contre le paganisme. Son fils Constantin II encercle les Goths, qui meurent par milliers sur le Danube, victimes du froid et de la faim. En 335, à Jérusalem, les édifices du Golgotha reçoivent sa dédicace lors de fêtes somptueuses : la grotte du tombeau du Christ prend la place d’un Temple d’Aphrodite. Constantin le construit autour d’une rotonde abritant le Saint-Sépulcre, d’une vaste basilique à cinq nefs, et d’un grand atrium ; le site devenant ainsi un lieu de pèlerinage privilégié des Chrétiens. Or, malgré tout, l’hérésie Arienne se développe toujours plus, et divise profondément l’Eglise ; et devient bientôt le prétexte à des luttes politiques.
En 337, Constantin meurt dans sa villa d’Ancyre, en Nicomédie. Sa dépouille est alors ensevelie dans l’église des Saints-Apôtres de Constantinople. Le Sénat le range parmi les dieux. Au même moment, Rome voit s’élever les premières basiliques chrétiennes dues aux donations de l’Empereur ; elles s’installent à la périphérie de la ville, sur l’emplacement des cimetières chrétiens devenus lieux de pèlerinage. Et, de fait, la première est édifiée sur une propriété impériale, à coté du palais de Latran, qui devient dès lors le centre de l’administration de l’Eglise Romaine. Elle possède cinq nefs, comme celle de Saint-Pierre du Vatican, élevée sur le tombeau de l’Apôtre. Et comme elle également, Saint-Agnès sur la via Nomentana, Saint-Sébastien sue la via Appia, et Saint-Paul-hors-les-Murs s’y ajoutent.
Peu après, les trois fils de Constantin – Constantin II, Constant Ier et Constance II -, déjà Césars, prennent le titre d’Augustes. Trois ans plus tard, Constantin II meurt, vaincu et tué par Constant, qui réunit tout l’Occident sous sa seule autorité. En Afrique, ce dernier est vite confrontée à des donatistes s’associant à des bandes révoltées d’ouvriers agricoles, les « circoncellions », qui terrorisent les campagnes ; sa répression est alors féroce, mais n’efface pas le mécontentement.
En 345, le Mathématicien Diophante publie « l’Arithmétique », une des œuvres majeures de la mathématique Grecque ; le livre porte en effet principalement sur la résolution des équations. Il introduit le concept d’inconnue et la notation des puissances d’un nombre, et traite le cas des équations à une ou plusieurs inconnues, du premier ou du second degré. Mais il ne retient que les solutions positives. La méthode de Diophante procède donc par substitution et rompt avec les méthodes géométriques traditionnelles.
De son coté, l’évêque de Poitiers Hilaire – le premier docteur latin de l’Eglise – rédige un traité ; « Sur la trinité ». Anastase, lui, acquiert le titre de « Patriarche d’Alexandrie » et écrit « la vie de Saint-Antoine ».
Mais, en même temps, l’Eglise est de plus en plus confrontée à la grave crise doctrinale née de l’hérésie Arienne. Des hommes se lèvent pourtant afin de servir l’orthodoxie ; tels Jérôme et Augustin qui suivent la génération de « Pères Grecs » dont le modèle est l’évêque d’Alexandrie Anastase.
Par ailleurs, Basile de Césarée – né en Cappadoce dans une famille aisée et chrétienne -, se tourne vers la vie religieuse, mais se retire vite au désert pour pratiquer l’ascétisme ; il devient prêtre, puis évêque de sa ville natale. Il se consacre à la défense du dogme nicéen. Maniant avec art la langue grecque, il rédige une vaste correspondance et des homélies. Il écrit la première grande règle monastique – « la règle Basilienne » - reposant sur la discipline et la vie en communauté. Homme d’action, il fonde également des monastères, des hôpitaux et des hospices. Son frère, Grégoire de Nysse, admirateurs de l’idéale esthétique païenne, devient comme lui professeur de rhétorique. Marié, il est élu évêque de Nysse sur l’ordre de son frère. Il devient alors débordant d’activité et fait triompher le dogme nicéen.
Grégoire de Nazianze, quant à lui – ami de Basile de Césarée-, étudiant à Athènes, est fait évêque de Sasimes, encore sur l’avis de son ami. Ascétique comme un moine, pénétré de culture Grecque, il se met au service de l’Eglise : discours et traités théologiques, apologies, lettres, biographies, poèmes – « de Vita Sua » - témoignent de son activité d’écrivain au service de la foi. Il réalise donc dans son œuvre la fusion du Christianisme et de la culture Antique. Par son Enseignement, il est l’un des artisans de la victoire nicéenne.
Or, en 350, Constant est de nouveau victime d’un coup d’Etat militaire en Occident, puis meurt. Un officier pannonien, Magnence, en profite pour se rendre maître de la gaule, de l’Espagne et des îles Britanniques. Mais, en 353, celui-ci est vaincu par le frère et successeur de Constant, Constance II, qui l’oblige à se suicider.
Constance II est né dans la pourpre. Il est nommé César à 6 ans, Auguste à 19, après la mort de son père Constantin. Il a une très haute idée de la fonction impériale. Sobre et chaste, cultivé mais peu intelligent, il se montre soupçonneux, obstiné et cruel. Tandis que, chrétien fervent, il veut imposer l’Arianisme et soumettre l’Eglise à son autorité directe ; et qu’il est haï des orthodoxes nicéens
En 355, Constance II est informé que des Barbares Alamans ont emporté Strasbourg, Mayence, Cologne, ainsi que leurs forteresses sur le Rhin. Il nomme son cousin Julien César pour les combattre en Gaule. Un peu plus tard, il ordonne que les derniers Temples païens Romains soient définitivement fermés. Il fait pression sur les Conciles pour imposer le credo Arien, bien que les orthodoxes persécutés ne cèdent pas. Puis, il décide de faire une entrée triomphale dans sa capitale.
Dès lors, escorté de troupes formidables, précédé d’une double rangée d’enseignes, et accompagné de dragons pourpres, son char impérial, rehaussé d’or et de pierreries, s’avance dans Rome au milieu des acclamations de la foule. Constance II se tient debout, immobile, sans tourner la tète, ni cracher, ni agiter la main, comme il sied à la majesté impériale. Il se rend sur l’antique Forum Romain et, après une allocution aux Sénateurs à la curie et au peuple sur les Rostres, il monte au palais. Et il offre aux Romains des jeux équestres au Grand Cirque, où le peuple dialogue avec lui par des saillies ou des acclamations.
Mais, Constance II doit bientôt quitter la ville pour Sirnium, à l’annonce d’une attaque d’envergure des Sarmates sur le Danube. En 357, Julien César remporte une victoire en Alsace et vainc la ligue des Alamans. Ses soldats, révoltés contre Constance II, le proclament Auguste à Paris en 360. Et Constance, après avoir été obligé de le reconnaître comme son successeur légitime, meurt sur la route qui le mène à lui.
Julien a une apparence frêle, nerveuse jusqu’au déséquilibre, et porte la barbe du philosophe. Il rêve de revenir aux temps de Marc Aurèle en luttant contre l’absolutisme. Il est nourri de philosophie et de lettres classiques. Il écrit des traités philosophiques et théologiques imprégnés de syncrétisme – « Hymne à Hélios-Roi » -. Initié aux Mystères d’Eleusis et aux Rites de Mithra, il est, à l’inverse de son prédécesseur, plus attiré par le paganisme depuis qu’il s’y est converti en 351 que par le Christianisme. Très influencé par la philosophie néoplatonicienne et par les thèses de l’un de ses adeptes, Jamblique, c’est un dévot de la mère des Dieux et du Soleil. Il a l’ambition, durant son règne, de fusionner toutes les croyances pour réaliser l’impossible accord de tous ses sujets, quelle que soit leur confession. Il promulgue ainsi une loi réservant l’enseignement aux païens et excluant tous les chrétiens. Il rouvre les Temples, restitue leurs biens confisqués et rétablit les sacrifices. Tout en se refusant à persécuter systématiquement les Chrétiens, il se place au-dessus des querelles schismatiques qui les divisent. Et les Chrétiens lui donnent alors le surnom péjoratif « d’Apostat » - c’est à dire « coupable d’abandon de la foi et de la vie chrétiennes.
Or, en 363, Julien est obligé de se rendre en Mésopotamie pour combattre les Perses. Parvenu sous les murs de Ctésiphon, il est alors tué au cours d’un mouvement de retraite. Jovien est proclamé Empereur par son armée ; et celui-ci se voit contraint d’accepter la paix proposée par Shâhpuhr II. Les Romains restituent donc aux Perses les satrapies annexées en 298, abandonnent les forteresses de Nisibe et de Singara et la moitié de l’Arménie. La paix, signée pour trente ans, prévoit en outre le versement d’un tribut destiné à fortifier le Caucase perse contre les Alains. Shâhpuhr II obtient ainsi ce triomphe diplomatique que ses guerres ne lui ont jamais apporté.
Moins d’un an plus tard, après la mort de Julien, c’est de nouveau un officier pannonien, Valentinien, que les armées proclament Empereur. C’est un homme hostile aux grandes familles sénatoriales, parmi lesquelles il fait régner la terreur. Il s’adjoint son frère Valens comme Auguste d’Orient. Tous deux professent la tolérance en matière religieuse ; tandis qu’ils divisent – pour la première fois – l’Empire en deux ; et que la séparation des tâches s’accompagne d’un partage véritable des ressources et des armées.
Puis, en 367, le fils de Valentinien, Gratien – maladroit et sans énergie -, devient à son tour Auguste en Occident, afin d’affermir la position de son père. En 368, Valentinien, lui, s’installe tantôt à Paris, tantôt à Trèves, soumet les Alamans et fortifie la frontière Germanique. Afin de protéger les humbles de la puissance de l’aristocratie, il institue un « défenseur de la plèbe » dans chaque cité. De son coté, en 369, Valens impose la paix aux Goths du roi de Thrace Athanaric, puis se laisse persuader de persécuter les tendances chrétiennes contraires à l’Arianisme. En 374, il proclame tous les Mages de Rome ennemis de l’Empire. Il déclenche à leur encontre un programme d’extermination ; avec l’aide d’un Sorcier qui a dessiné un Pentagramme Maudit. Et, par la même occasion, il demande à celui-ci d’y rajouter les initiales de Valentinien, qu’il soupçonne de vouloir l’assassiner.
Dès lors, tous les séides des Mages, accusés de haute trahison, sont traqués. Tout personnage en vue qui a un léger lien avec des pratiques Occultes, est immédiatement arrêté, ses biens sont confisqués, et sa vie est menacée. Et, comme l’accusation de haute trahison ôte toute garantie légale d’un juste procès – même aux sénateurs -, elle permet à Valens d’utiliser la torture ; qui est une méthode d’interrogatoire uniquement employée pour faire parler des esclaves.
Par ailleurs, Valens fait brûler la plupart des Bibliothèques de l’Empire – d’Antioche à Rome. Il craint en effet que leurs écrits se diffusent parmi les populaces locales, et que leurs idées les séduisent.
En 375, Valentinien franchit de nouveau le Danube pour combattre les Quades ; il y reçoit une ambassade venue implorer son pardon. Mais le franc parler des Barbares l’emplit d’une telle colère, qu’il meurt, frappé d’apoplexie.
Aussitôt, c’est son fils, Valentinien II qui lui succède, bien que celui-ci doive rester sous la tutelle de Gratien. Or, ce dernier est rapidement confronté à une nouvelle menace : les Goths sont attaqués par des bandes de Huns et d’Ostrogoths et sont affamés. Valens les autorise donc à se réfugier dans l’Empire – dans le diocèse de Thrace, région située dans la partie orientale de la péninsule Balkanique - après s’être fait désarmés, au titre de « deditices » - ou, « rendus sans conditions ».
Malheureusement, l’année suivante, d’autres Barbares – Taifales, Alains, Ostrogoths et Huns – tentent de passer le Danube. De plus, lorsque les Wisigoths se révoltent contre Valens, les Barbares mettent la thrace à feu et à sang. Valens se voit contraint de les combattre lors de la bataille d’Andrinople. Le combat s’engage autour du cercle de chariots du roi Wisigoth Fritigern, quand l’arrivée de la cavalerie des alliés de ce dernier renverse la situation. Valens décède alors, brûlé dans l’incendie d’une maison. Et l’armée romaine d’Orient est écrasée, tandis que l’Illyrie est ravagée.
Valentinien et Valens disparus, Gratien, fils du premier, incapable d’assumer sans aide la charge de l’Empire, Valentinien II nomme Auguste d’Orient le général espagnol Théodose, en 379. L’ascendant de celui-ci sur Gratien et sur Valentinien II est tel qu’il est, en réalité, le seul à gouverner le monde Romain.
Car, homme déconcertant et versatile, Théodose est un bon militaire, mais sa santé fragile en fait un cyclothymique ; tantôt énergique et actif, tantôt apathique et faible. De fait, avec l’approbation du pape Damase, il réunit le 2ème Concile Œcuménique de Constantinople pour imposer aux chrétiens le credo de Nicée, et non celui d’Arius. Il y publie une ordonnance visant à supprimer l’hérésie. Peu après, il interdit les sacrifices païens, même domestiques. Il refuse de revêtir le manteau de grand pontife, le symbole de la religion Romaine ancestrale. Il abolit la pratique des Jeux Olympiques, après plus de 1000 ans d’existence. Il supprime les immunités et les revenus des vestales et des sacerdoces romains, et enlève au Sénat l’autel de la victoire ; c’est retirer au paganisme tout caractère public, puisque l’autel de la victoire, sur lequel on brûle de l’encens à chaque séance du Sénat, est l’emblème de la continuité de l’Etat. Damase parvient à exiger que la primauté du siège de Rome soit la garante de l’ensemble de tout le clergé ; tandis que Gratien commande un autre concile à Aquilée dans le même esprit.
Mais, Théodose est aussi contraint de reconnaître, en 382, l’installation des Goths comme nation indépendante en Thrace, entre le Danube et les Balkans. Il les exempte d’impôts et leur laisse la liberté de s’administrer eux mêmes. Il s’entoure alors de généraux Francs, et est accusé de trop favoriser les Barbares. Et en 383, il est informé que Gratien vient d’être assassiné et que Maxime a usurpé le pouvoir en Gaule, puis en Italie.
En 385, Ammien Marcellin rédige son « Histoire », qui couvre la période allant de 96 à 378 ; il est alors considéré comme le meilleur historien profane de son époque. Libanios, lui, publie son plaidoyer « Pour les Temples » ; et il devient le porte-parole des milieux cultivés païens. Bien qu’en 389, il assiste à l’abolition des jours fériés concernant les dieux Antiques.
28 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 640 - 645
En 320, parallèlement à l’expansion fulgurante du Christianisme dans tout le monde méditerranéen, apparaissent dans cette région un certain nombre de sectes, dites « Gnostiques », dont les textes fondamentaux de leurs doctrines font parfois référence au « Rex Mundi » - ou « Roi du Monde ». Ce sont aussi elles qui commencent à émettre l’hypothèse qu’il existe, quelque part, une société d’Initiés, habitant un lieu mystérieux, et présidant à la destinée des Hommes de cet Age.
Un de leurs Livres révèle : « L’origine de nos communautés se perd dans la nuit des temps. Ce sont nos Ancêtres dans l’Evolution Humaine qui les ont mises en place. Au début, elles étaient dirigées par des Initiés connaissant les Lois Primordiales du Monde. Elles conservaient alors tous les documents et tous les résultats d’ordre Spirituel et Mystiques issus de l’Ere précédente. Elles étaient les gardiennes de Sciences aussi vieilles que les rochers. ».
Plus loin : « Tous les grands conducteurs des peuples ont été des instruments aveugles entre nos mains ; sinon des Initiés de notre Ordre. Sans eux, le Chaos se serait instauré depuis longtemps sur la terre. ».
Mais, vers 330, soit une dizaine d’années plus tard, la secte dite « des Fils de la lumière » élimine les éléments Rituels liés au Gnosticisme, au sein de sa communauté. Par contre, elle établit trois degrés d’Initiation au sein de son Enseignement : celui des Commerçants, celui des Progressants, et celui des Parfaits. C’est désormais à ces derniers Adeptes qu’est réservée l’explication de tous les Mystères ; comme ceux qui concernent l’Ascension du Christ, ceux qui concernent l’Apocalypse, ceux qui concernent le Monde Céleste, ou ceux qui concernent la hiérarchie des Anges.
Egypte, IVème siècle :
En 355, tout un halo Légendaire entoure la cité Egyptienne Méroé. En effet, à cette date, le roi d’Axoum Ezna conquiert l’agglomération. L’influence de celle-ci décline alors au Sud de la quatrième cataracte du Nil. Pourtant, la tradition reste, et cette dernière rappelle régulièrement que c’est là que quarante générations de rois et de reines ont fait creuser leurs nécropoles. Et que la montagne Sacrée qui se trouve dans les environs, cache des salles dont les murs sont décorés de scènes tirées du Livre des Morts.
D’un autre coté, les occupants Ethiopiens répandent vite une rumeur selon laquelle l’Arche d’Alliance – ou une de ses copies – a jadis été amenée dans leur pays en passant par Méroé. Et qu’à cette époque, la relique était la source de toute Puissance.
En 391, le Patriarche Chrétien d’Alexandrie Théophilien est informé que le culte d’Isis ne cesse de faire des Adeptes en Orient. Il décide alors de détruire le Serapeum de la cité. Il autorise la liquidation de la grande Bibliothèque de la métropole. Il prend sur lui de brûler ses ouvrages Historiques et Sacramentaux les plus Antiques. Il ait en sorte d’anéantir les lieux de réunions Isiaques, partout où ils se fleurissent. Et finalement, il abat symboliquement les derniers croyants d’une Religion vieille de plus de 35 siècles.
Or, paradoxalement, c’est au même moment que de nouvelles doctrines Esotériques se propagent dans le pays : le Gnosticisme, l’Alchimie, et l’Hermétisme. En effet, celles-ci sont en train de devenir le creuset de concepts religieux et philosophiques inédits, sans que les autorités s’en inquiètent. Et elles commencent à intégrer des cultures diverses à leur vision du Monde : Grecque, Perse, Juive, Egyptienne, ou même, Extrême-orientale.
Car, très vite, ces doctrines se transforment en relais Initiatiques en ce qui concerne les Mystères Egyptiens ou les Enigmes du Graal. De même, les Savoirs liés à la pierre Philosophale se mêlent à elles, puis, y acquièrent une place fondamentale : devant son athanor, l’Alchimiste accomplit désormais des gestes semblables à celui du Prêtre Egyptien de jadis autour du tombeau d’Osiris. Sous couvert de Symboles Occultes et Astrologiques, il transmet les récits qu’il a lu autrefois dans la bibliothèque d’Alexandrie, aux membres des Fraternités Secrètes auxquelles il appartient. Et, quand elles émigrent en Grèce ou en Europe, il les suit.
Empire Romain, IVème siècle :
En 305, le Christianisme finit de se développer dans tout l’Empire Romain. Les apologistes s’efforcent de concilier la bible et la philosophie, et de définir la place des chrétiens dans le Monde. L’image d’une société nouvelle, fondée sur l’esprit communautaire et sur l’action charitable répond aux inquiétudes d’une époque très troublée. En dépit de l’indéniable succès d’autres religions de Salut, comme celle de Mithra, le Christianisme touche peu à peu toutes les catégories de la population : certains évêques ont été d’anciens esclaves, d’autres sont des aristocrates.
Mais le contexte change. Pour restaurer l’unité morale, certains Romains ordonnent la poursuite systématique des Chrétiens, jugés subversifs. Ceux-ci se réfugient alors dans les catacombes et les nécropoles aux alentours des cités, qui prennent vite une valeur mystique ; elles sont consacrées par la présence des restes des saints personnages et des martyrs qui y sont enterrés. Ils leur servent aussi de chapelles annexes et de lieux de pèlerinage où les communautés peuvent se rassembler pour prier ensemble.
Cependant, les édits de cette époque sont très inégalement appliqués. Alternent persécutions et édits de tolérance, car la clientèle chrétienne devient l’enjeu de luttes pour le pouvoir. En effet, Constantin est proclamé Auguste cette année là, mais il est écarté de la succession par Maxence – le fils de Maximien - à la mort de Constance quelques mois plus tard, alors que Dioclétien s’est retiré du gouvernement. Il s’enfuit alors auprès de son père en Bretagne en compagnie de sa concubine Hélène ; une chrétienne née en Bithynie. Au décès de celui-ci, en Juillet 306, il est proclamé Empereur par l’armée. Et dès lors, son action vise à la destruction du système tétrarchique.
En 307, Constantin prend le titre d’Auguste, après avoir épousé Fausta, la fille de Maximien. Ayant éliminé son beau père en 310, il abandonne l’idéologie tétrarchique pour se référer au culte solaire. Par l’édit de Sardique, il autorise le culte Chrétien, et autorise les évêques un droit de juridiction civile. Et il combat sur le Rhin, puis retourne à Rome pour combattre Maxence, qui s’est approprié l’Italie, l’Espagne et l’Afrique.
Mais, tandis qu’il se trouve dans les environs d’Autun, à quelques kilomètres du plus important Temple d’Apollon de la région, Constantin a un rêve étrange. Ensuite, dans les instants qui précèdent la défaite de Maxence lors de la bataille du pont de Milvius, il voit une Croix lumineuse qui flotte dans le Ciel. Il aperçoit la sentence suivante gravée en son travers : « In hac Signo Vinces » ; ou « Par ce Signe, tu vaincras ». Il se hâte d’ordonner que les boucliers de ses troupes soient blasonnés de ces monogrammes Chrétiens. Et, finalement, il y fait aussi graver les lettres Grecques « Khi » et « Kho » ; qui sont les deux premiers caractères du Mot « Christos ».
Au même moment, Saint-Antoine – issu d’une famille de paysans aisés de Memphis, et qui a distribué ses biens afin de vivre en ermite - se retire dans le désert de Pispir. Il est bientôt entouré de Disciples. Mais, avide de solitude, il les quitte pour Kolzoum. Il devient vagabond, tressant des cordes pour vivre, il est harcelé par le Démon. Saint-Pacôme fonde le monastère de Tabennès dans le désert d’Egypte. Eusèbe – l’évêque de Césarée – publie son « Histoire Ecclésiastique » et sa « Chronique » posant les bases de la chronologie jusqu'à cette date. Et le prêtre d’Alexandrie Arius élabore une doctrine niant la consubstantialité du Fils avec le Père et, par conséquent, la nature divine du Christ.
En 313, après s’être converti au Christianisme après sa victoire sur Maxence, les Chrétiens obtiennent gain de cause : ils ont l’autorisation de l’Empereur de détruire le Serapeum d’Alexandrie. Et, par ailleurs, il leur est accordé de prendre des mesures pour étouffer le culte d’Isis partout où il fleurit. De fait, c’est début 314 que la dernière fête Isiaque officielle est célébrée à Alexandrie.
En 314 également, Constantin s’accorde avec l’Auguste Licinius, qui règne sur l’Orient, après que celui-ci ait éliminé le César Maximin Daïa ; mais la mésentente s’installe ; elle aboutit bientôt à la défaite de Licinius à Chrysopolis et à la réunification de l’Empire.
Par ailleurs, la même année, Constantin poursuit l’œuvre de Dioclétien : il achève la basilique de Maxence sur le Forum, qui abrite une statue monumentale à son effigie ; celui-ci commémore sa victoire de 312, tandis que ses bas reliefs évoquent la vie de Constantin, ainsi que celles de Marc Aurèle et de Trajan. Constantin réforme également l’armée, organise une administration pyramidale d’une complexité jamais atteinte. Il procède à une réforme monétaire avec la création du « solidus » - ou « sou » - destiné à remplacer l’aureus. Il le fait frapper au 72ème de livre, et à 4,5 grammes. Dès lors, la nouvelle monnaie s’impose ; le système monétaire se fonde se permanence et la stabilité de l’étalon or, et non plus sur le simple rapport or-argent. Il est employé au commerce et aux échanges extérieurs. Mais, en même temps, il favorise les plus riches par son fort pouvoir d’achat, ainsi que les fonctionnaires et les soldats, payés en or.
Constantin se conduit également en Empereur Chrétien – événement considérable qui annonce des temps nouveaux. Il restitue ses biens à l’Eglise, mesure bientôt étendue à l’Orient. Il ordonne que le Dimanche soit considéré comme un jour de repos obligatoire pour les juges, les fonctionnaires et les plèbes urbaines. Ce jour, appelé officiellement « le jour vénérable du Soleil » est distingué par les adeptes du culte Solaire, dont a longtemps fait partie Constantin. Mais il correspond désormais aussi aux pratiques des Chrétiens – le « jour du Seigneur ». De fait, par cette loi, se trouve officialisée l’organisation du temps en semaine ; qu’ignorait jusqu’alors le calendrier Romain. Puis, il rebaptise Byzance « Constantinople » - ou, « la nouvelle Rome de Constantin ». Il la déclare « capitale Impériale » ; et il choisit de la rénover en raison de sa situation stratégique privilégiée.
Dès lors, il y appelle les meilleurs sculpteurs et les meilleurs peintres d’Asie Mineure et de Syrie. Il y édifie un Capitole, un Palais Impérial, un port monumental. Il fait en sorte que la cité puisse, non seulement, contrôler les voies maritimes Méditerranéennes, mais aussi, les routes continentales qui rattachent l’Europe à l’Asie. Et, il y organise l’Administration de l’Eglise Chrétienne ; tout en ne voyant plus en Rome que le Symbole d’un paganisme désuet.
Pourtant, en 324, l’Eglise est déchirée de l’intérieur. En Afrique, la réintégration des « lapsi » - « ceux qui ont abjuré pour échapper aux persécutions » - pose un problème ; des intégristes, appelés « donatistes », s’élèvent contre la société et le pouvoir civil.
Des traditions différentes opposent l’Eglise latine d’Occident à l’Eglise Grecque d’Orient, en particulier quand il s’agit de fixer la date de Pâque. Constantin juge donc impératif d’intervenir sur le plan religieux. C’est pour cette raison que le 20 Mai 325, à Nicée, en Asie Mineure, il convoque le premier concile « œcuménique » - c’est à dire à « l’échelle du monde ».
De fait, pour la première fois, l’Eglise Chrétienne triomphante réunit tous les évêques de l’Empire Romain en un seul endroit. Constantin entend ainsi fixer un credo orthodoxe face aux doctrines hérétiques qui sont en train de se propager dans tout l’Empire.
Présidé par l’Empereur, ce concile condamne Arius, règle la question de Pâques et promulgue un texte qui définit la foi Chrétienne, le Symbole de Nicée : la sainte Trinité est une et le Christ consubstantiel au Père. C’est aussi à ce moment là que Satan est identifié au Maitre du Monde Souterrain et des entités infernales. Il est souvent représenté par le chiffre 2 : la bible ne dit t’elle pas que lors de la création, Dieu a négligé le deuxième jour en affirmant que son travail était bon ? Et avant le Déluge, les animaux impurs ne montèrent t’ils pas par groupes de deux, alors que les animaux purs le firent par groupe de sept ?
Par ailleurs, les Prélats définissent ainsi les Limbes que Satan habite : « C’est le lieu où se trouvent enfermées les Ames des Justes de l’Ancien Testament. Jésus brisa les clefs de ses portes et les jeta dans l’Abîme ; au grand courroux du Maitre des Démons ». Plus loin : « Le Pandémonium est sa capitale ; c’est là où se situe son palais. La cité a été construite au sommet d’une montagne enflammée, et elle possède des portes d’airain. C’est le lieu où règnent tous les genres de désordres, de corruption et de perversité. ». Et plus loin encore : « Quant au Purgatoire, c’est un endroit dont la localisation demeure inconnue. Il s’agit du site intermédiaire entre l’Enfer proprement dit et le Ciel ; le lieu où les âmes coupables expient leurs péchés au cours d’une période variable. ».
Puis, ils sélectionnent les textes de l’Apocalypse de Saint-Jean concernant l’Antéchrist qu’ils veulent inclure dans « le Livre des Révélations ». Et, ils les décomposent en 22 chapitres – nombre de Lettres de l’Alphabet Hébreu ; dans le premier chapitre, par exemple : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup (Apocalypse, 1, 4-5). ».
Ou : « Malheur à vous, car moi, la bête, je descendrai vers vous animée d’une grande colère, sachant que je n’aurai que peu de temps pour accomplir mon œuvre. Les peuples trembleront ; la terre connaîtra son Dominateur ; et le jour de mon triomphe arrivera. Car c’est moi qui le dit et qui le veut (Apocalypse, 1, 12-15). ».
Ou encore : « Voici que je viens comme un voleur. Heureux qui veille et qui garde ses vêtements afin qu’il ne marche pas nu, et qu’on ne voie pas sa honte. Car, ceux qui ne l’auront pas fait, je les rassemblerai dans un lieu appelé Armaguedon. Et je tiendrai devant eux un Livre scellé de sept Sceaux. ».
Ou toujours : « Vos fils et vos filles prophétiseront ma venue, vos jeunes gens auront des visions de moi ; et vos vieillards auront des songes dans lesquels je leur apparaîtrais grandi. Alors, ils vous diront que ma venue est proche. Pourtant, que celui de vous qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête, car c’est un nombre d’Homme, et ce nombre est 666.
Ce n’est qu’ensuite que je naîtrais à Babylone ; en cet endroit où il y a abondance de maîtres en Arts Magiques. Un grand Démon m’apprendra alors tout ce qu’il pourra, et principalement l’Art Alchimique, et fera de l’or et de l’argent devant moi. Puis, j’accomplirai des prodiges dans le Ciel, des miracles sur la terre ; je ferai aussi surgir autour des hommes du sang et du feu, des vapeurs et de la fumée. Le Soleil se changera en Ténèbres, et la lune disparaîtra.
Enfin, de même qu’une terre tirée de l’eau est formée au moyen de l’eau, le Monde d’alors périra, submergé par les eaux ; tandis que par ma parole, les Cieux et la terre d’à présent seront réservés pour le feu ; ce jour du Jugement et de la ruine des Hommes (Apocalypse, 1, 23-37). ».
Dans un autre chapitre : « Je ne les ferai pas tous mourir, mais tous seront changés en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. La trompette sonnera et les morts ressusciteront, incorruptibles ; tandis que j’ouvrirai le Livre. Puis, je me métamorphoserai, et je poursuivrai la femme qui a enfanté l’enfant mâle (Apocalypse, 6, 2 – 6). ».
A quelques lignes de là : « Et j’étais sur les sables de la mer et vis de l’eau sortir une Bête à sept tètes et dix cornes ; et au dessus de ces cornes, dix couronnes ; et au dessus de ces tètes, le nom de Blasphème. Et je vis une de ces tètes comme si elle était blessée à mort ; et sa blessure mortelle était cicatrisée. Et tout le monde s’interrogeait à propos de la bête.
Toute la force était dans l’admiration derrière la bête. Et ils l’adorèrent, parce qu’elle avait l’autorité. Car, qui peut combattre la bête ? En effet, il lui fut également donné une bouche qui proférait des paroles arrogantes ; et il lui fut donné le pouvoir d’agir pendant 42 mois ; et elle domina toutes les tribus, tous les peuples, toutes les langues, et toutes les nations. Et tous les habitants de la terre la vénérèrent ; car leurs noms n’ont pas été écrits à l’Aube de cet Age dans le Livre de la vie (Apocalypse, 6, 16-23). ».
Plusieurs pages plus loin : « Prenez garde que personne ne vous séduise. Car d’autres viendront sous son nom, disant : « C’est moi qui suis le Christ. ». Mais ne les croyez pas, même si ils font de grands prodiges et des miracles, au point de séduire beaucoup de gens, y compris les Elus. Ces gens seront en effet maudits par Dieu et seront appelés « Got » et « Majot » ; ils s’épandront sur toute la terre pour attendre l’alliance de la bête et sa compagnie.
Par leur intermédiaire, vous entendrez encore parler de guerre et de bruits de guerre. Gardez vous alors d’être troublés, parce qu’il faut que ces choses s’accomplissent. Une nation s’élèvera contre une autre nation, et un royaume contre un autre royaume ; et en divers lieux, il y aura des tremblements de terre et des famines. Pourtant, tout cela ne sera que le commencement des douleurs. On vous livrera aux tourments et on vous fera mourir. On vous broiera le front, on fera de vous des esclaves. On se moquera de toutes les choses saintes. Et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom. Alors aussi, nombre d’entre vous succomberont et se trahiront, se haïront les uns les autres. Des faux prophètes apparaîtront et séduiront beaucoup de gens. Ils enseigneront partout le mensonge. Ils feront périr dans la torture tous les chrétiens qui refuseront de m’adorer. Par contre, ils donneront à ceux qui croiront en moi des trésors en abondance, et à ceux qu’ils ne pourront corrompre par des présents, ils les asserviront pour moi par la terreur ; ils tueront ensuite ceux-ci misérablement. Et parce que l’iniquité se sera accrue, la charité du plus grand nombre se refroidira. Alors viendra la fin. ».
« Aussitôt après ces jours de détresse, le Soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les Etoiles tomberont du Ciel, et les puissances des Cieux seront ébranlées. Alors, le Signe du Fils de l’Homme se dessinera dans le Ciel, et toutes les tribus de la terre se lamenteront. Car elles verront le Fils de l’Homme chevauchant les nuées du Ciel avec puissance et grande gloire. ».
« Et je vis la bête, et les Rois de la terre, et leurs armées, rassemblées pour faire la guerre à celui qui était assis sur le cheval, et à son armée. Et la bête fut prise, et avec elle le Faux Prophète, qui avait fait devant elle des prodiges par lesquels il avait séduit ceux qui avaient pris la marque de la bête et adoré son image. Ils furent tous les deux jetés vivants dans l’étang ardent de feu et de soufre. ».
27 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 635 - 640
Péninsule Balkanique, IIIème siècle :
En 205, nombre d’avant-postes Pannoniens transformés en cités connaissent une période de prospérité sans précédent.
En 239, l’Empereur Marc Aurèle métamorphose l’agglomération de Singidinum en Colonie. Il ordonne d’y bâtir un Temple consacré aux dieux Romains. Il permet à Apollonia de vivre un essor sans précédent ; avant de la désigner en tant que plus important centre culturel de la province. Il annonce que la cité de Tomis est destinée à devenir la plus grande zone portuaire de la mer Noire ; et lui offre un certain nombre de Sanctuaires dédiés à Pontos – le dieu de la mer Noire -, et à la déesse Fortuna – qui est aussi la protectrice de ce site depuis les temps les plus reculés. Et, finalement, il envoie des troupes à Chersoresa et à Olbia, avec l’ordre d’y stationner en permanence.
Puis, dès l’année suivante, alors qu’il en a terminé avec les Marcomans, Marc Aurèle réorganise la pannonie Inférieure. Il y fait creuser des routes la reliant à l’arrière-pays et à Lacrum – où est cantonnée la 2ème Légion -, à Lauriacum, et à Salone. Il intègre d’ailleurs ces trois cités à l’Empire d’Occident ; tandis qu’il incorpore Shkodra et sa région à l’Empire d’Orient. Puis, il y fait construire des Temples décorés de Sphinx honorant Tyché, Trabora, ou Mojorjelo ; ainsi que des nécropoles et des établissements thermaux.
En 260, Sabron est obligé de fortifier les Limes de la pannonie pour empêcher les Marcomans de réinvestir sa Province. De fait, en Aquilée, il métamorphose Aquincum en clef de voûte de son système défensif. En Dacie, il ne peut rien faire, car il apprend très vite que les Goths ont anéanti les cités d’Histcuva, d’Olbia, ainsi que plusieurs métropoles situées tout le long du Bosphore. Il découvre par la même occasion qu’ils ont assassinée la reine Sarmate – alliée de Rome -, Dinamia. Il est encore informé que les Carpes viennent de ravager Tomis. Et, finalement, il réalise avec effroi que les Balkans sont en train d’être mis à feu et à sang.
En 287, l’Empereur Dioclétien finit de restaurer l’unité de la pannonie Inférieure. Il lui permet ainsi de vivre une nouvelle période de stabilité. Il facilite l’accès à l’autonomie de nombre de colonies et de villes qui s’y trouvent. Il aide Sermium à jouer un rôle de premier plan dans sa volonté de propager le Christianisme dans la province. Et c’est ainsi que cette dernière se transforme très vite en lieu de culte consacré à des martyrs comme Irénée, Démétrius, ou Anastasie.
En 299, Grégoire l’Illuminateur convertit le roi d’Arménie indépendante Tiridate III, au Christianisme. De fait, il s’agit de la naissance du premier royaume Chrétien d’Occident.
Asie Centrale, IIIème siècle :
Vers 250, les peuples du Caucase croient en un dieu Suprême qu’ils nomment Ane’a. Ils révèrent également un dieu de l’Orage et de la foudre, Shyble ; un patron de l’Elevage qui possède un bâton Magique, Abyn ; un Maitre des Bêtes Sauvages, Shewzerysho ; un dieu Masculin, Aefsati ; ou un dieu de la forêt, Mizythe. Ils adorent encore un dieu Forgeron dont le front est orné de sept cornes, Tlepsh ; c’est lui qui forge les armes Magiques ; et sa Forge est considérée comme un Sanctuaire au cœur duquel se perpétue de nombreux cultes. Les peuples du Caucase pensent d’ailleurs que cette divinité est liée à des Entités Infernales et Célestes.
D’un autre coté, à l’intérieur de chaque clan, la fonction de prêtre est exercée par l’Ancien ou par le Forgeron.
Inde, IIIème Siècle :
Vers 265, Candragupta est le Souverain de la cité autonome de Paliputra – l’ancienne Capitale Kusana. En 270, il épouse la princesse de la tribu des Licchavi. Il reçoit la province du Bihâr en cadeau de mariage. Il profite de cette opportunité pour tenter de reconstituer l’Antique Royaume Kusana dans sa totalité en conquérant ensuite très vite le Bengale et la vallée du Gange. Et, finalement, une fois ses objectifs atteints, il fonde la dynastie « Gupta », et s’octroie le titre de : « Candragupta Ier Maurya ».
Puis, à la mort de Candragupta Ier, c’est son Fils Samudragupta qui monte sur le trône. Dès lors, celui-ci restaure l’Hindouisme en tant que Religion d’Etat, dans tout le Pays. Adoptant une politique identique à celle des Maurya, il engage une vaste réforme Culturelle en rétablissant le Système des Castes. Il accepte tout de même de tolérer le Bouddhisme, mais exclue ses Adeptes de tous les postes les plus importants de l’Administration Gouvernementale. Après son décès, lorsque son héritier Candragupta II accède au titre de Monarque, ce dernier se tourne aussitôt vers d’autres ambitions : il envahit le Deccan, mais y rencontre dans un premier temps une forte résistance tout le long de sa cote Occidentale. Il parvient peu à peu à soumettre l’ensemble des Dynasties locales qui y sont installées ; et notamment celle des Vakataka du Royaume de Maharastra. Et, il réussit à les transformer en fidèles vassaux, et en ardents défenseurs de la civilisation Impériale.
Mais, Candragupta II, qui est également un généreux mécène, reste malgré tout un Protecteur des Arts. Il offre régulièrement argent et protection aux Musiciens et aux Poètes. Il s’entoure d’une Cour raffinée, et obtient que la peinture devienne l’une des expressions Artistiques les plus courantes. Il ordonne que l’apprentissage de l’Aquarelle et de l’Enluminure soit intégré dans l’éducation des Princes. Il exige que ses courtisanes soient capables de le charmer par leur habilité à manier le pinceau. Et, il veille à décourager les excès que cette pratique pourrait entraîner.
Chine, IIIème siècle :
En 195, les Xiongnu sont installés par l’Empereur comme fédérés dans le Nord de la chine, où ils restent menaçants.
En 220, trois généraux contraignent le dernier Empereur de la dynastie Han à abdiquer ; car son pouvoir est depuis longtemps miné par son incapacité à régler les problèmes financiers de l’Empire, les guerres entre gouverneurs des provinces et les intrigues de cour. Dès lors, éclatent plusieurs révoltes : à l’Est, une révolte paysanne, et dans le Sichuan, la rébellion des « Cinq Boisseaux de Riz », une société secrète ainsi nommée à cause du tribut exigé pour y être admis.
Puis, les révoltes ayant été écrasées, les trois chefs d’armées se disputent le pouvoir ; mais, aucun d’eux ne parvenant à s’imposer, l’Empire de Chine se trouve bientôt divisé en trois Etats rivaux.
Commence la période dite « des Trois Royaumes » : le général cao cao – qui est non seulement un homme de guerre, mais aussi un poète – crée le royaume de Wei dans la région du fleuve Jaune, en Chine du Nord ; en 221, Liu Bei installe sa capitale à Chengdu, dans le bassin du Sichuan, et fonde le royaume de Chou ; enfin, dans le Sud, Sun Quan créé à Jiankong le royaume de Wu.
Mais, l’Empereur Sima Yuan, qui règne à partir de 265, franchit le fleuve Bleu et écrase l’armée du royaume du Sud – Wu. Ainsi, la chine qui est morcelée depuis 221 en trois royaumes, est réunifiée par les Jin, descendants d’une famille de généraux du Wei, qui a déjà annexé celui de l’Ouest.
Mais, en 260, la chine est exsangue : les campagnes sont ruinées, les populations décimées ; le pouvoir est aux mains des grands propriétaires et des fonctionnaires. Le règlement dirigiste ne parvient pas à rétablir l’ordre. L’inefficacité du régime est patente. Et les Barbares se pressent aux frontières.
Vers 265, un des Souverains de la dynastie des Jin de l’Ouest réussit à rétablir un semblant d’autorité à l’intérieur de plusieurs Contrées Han. Pour célébrer cette victoire, celui-ci décide d’ériger un vaste ensemble Cérémoniel : le « Pi Yong ». Il fait donc creuser une allée entourée de Sanctuaires. Il la fait conduire jusqu'à une Porte Monumentale, qu’il nomme « Kaiyangmen ». A sa proximité, il fait dresser un Grand Temple consacré à sa personne : la « Pingchengmen ». Au cœur de celui-ci, il fait construire une Salle Rituelle – ou, « Ming Tang », ou encore, « Terrasse de l’Esprit ». Il fait accompagner cet Edifice de 240 petits bâtiments, capables à eux tous de contenir jusqu'à 30 000 étudiants. Un peu plus loin, il fait excaver huit Tombes. Il y fait aménager des Chambres Funéraires, des Passages, des architraves, et des portes recouvertes de fresques. Il exige que chacune de leurs Chambres soit ornée de 600 peintures murales. Et il ordonne que certaines de ces dernières représentent des scènes de la vie quotidienne, des travaux agricoles, des chasseurs, des éleveurs, des cueilleurs de feuilles de mûrier, des puiseurs d’eau, des musiciens, des confectionneurs de vêtements, des joueurs d’échecs, et des militaires.
Il fait également rénover plusieurs maisons fortifiées, un Collège Impérial doté d’une magnifique Bibliothèque. Sur les parois de celle-ci, il ordonne que soient gravés d’innombrables Textes Philosophiques rédigés par Confucius. Et, autour de l’immeuble, il exige que soit échafaudée une véritable forêt de stèles de pierre.
A Nankin, le Monarque réclame que d’imposantes sculptures soient disposées sur les parois des Mausolées destinés aux Nobles de son Royaume. Il désire que celles-ci y représentent des couples d’animaux. Il demande qu’elles soient accompagnées de colonnes ornementales. Il souhaite que ces Piliers soient parsemés de représentations de « Qilin » - ou, « Licornes » -, de « Tianlu » - ou, « Cerfs Célestes » -, ou de « Bixies » - ou, « Ceux qui repoussent les Esprits Malins ». Il exige qu’à coté d’eux, soient échafaudés deux Monolithes « Shendao » cylindriques, et qu’ils soient agrémentés de deux Dragons entrelacés. Il désire que les Monstres portent deux cornes, une perle dans la gueule, et une longue queue s’entrecroisant avec celle de son compagnon. Il souhaite que leurs parties supérieures soient assorties de motifs cordés et guerriers. Il exprime le désir que leurs cous soient de forme arrondie, et que s’y dévoilent d’autres Dragons aux ailes déployées. Il émet le vœu que leurs bas soient percés de trous, que leurs parties centrales évoquent des Dragons bondissants assortis d’épitaphes mentionnant le nom et le titre du Noble enseveli non loin de là. Il somme que leurs pattes soient taillées afin de ressembler à des tortues, et qu’elles donnent l’impression de fournir de gros efforts pour supporter des objets aussi lourds que les Piliers. Et, il insiste sur le fait que, même dans la mort, la hiérarchie Féodale doit ètre respectée.
L’année 291 est marquée par une crise intellectuelle qui divise les penseurs chinois. Cette tendance évolue d’ailleurs peu à peu vers un rejet systématique des contraintes et des conventions. C’est l’époque des « causeries pures » - « quingtan » -, de la recherche de la beauté pour elle même. Des lettrés se réfugient dans la nature pour boire, composer des poèmes et jouer de la musique dans un total esprit d’indépendance et de liberté. Le Bouddhisme, qui connaît, au Nord comme au Sud, une forte expansion, ouvre pour eux la possibilité d’une réflexion métaphysique et développe la notion de salut individuel, qui fait défaut au Confucianisme. Sur le plan politique, il reçoit l’appui des souverains des dynasties du Nord, notamment des Wei septentrionaux, et de celles du Sud.
Asie du Sud-Est, IIIème siècle :
Vers 280, le Centre et le Sud de la corée restent très morcelés. La vie Sociale et Politique y sont très complexes : chaque village, ou, chaque groupe de villages, y possèdent une Administration qui lui est propre. Mais, le nombre de leurs entités a malgré tout tendance à diminuer.
Parallélement, au Sud de la péninsule, les Royaumes de Paikche et de Silla restent séparés par une Colonie Japonaise : Kaya. En effet, cette partie de la péninsule est dominée par les Nippons depuis la mort du Prince Chinois Kaguya. Elle est gouvernée de Puyo, d’où les Japonais sont autrefois partis pour envahir cette Province. Et son influence s’étend de la rive gauche du fleuve Naktong aux Monts Chiri.
Japon, IIIème siècle :
Vers 250, la civilisation Yayoi est en plein déclin. De fait, au cours de ces dernières années, les « Kofun » - ou, « Princes des Tumulus » -, délimitent les frontières de leurs Provinces grâce à des Monolithes somptueux. Par ailleurs, tout au long leur règne, ils ont amélioré ceux-ci en les ceinturant de terrasses quadrangulaires ou trapézoïdales. Le plus souvent, ils les ont disposés le long de réseaux de communication. Parfois, ils les ont érigés en bordure de voies d’approvisionnement. Et enfin, plus rarement, ils les ont implantés au cœur de plaines Agricoles.
Parallélement, les petits groupes de riziculteurs se réunissent de plus en plus souvent au sein de Communautés élargies. Ils commencent alors à mener une politique basée sur un système d’alliances interclaniques. Ils réussissent ainsi progressivement à affirmer leurs positions face aux autres Castes villageoises. L’un d’entre eux parvient même à créer son propre Royaume Souverain : celui de Yamato. Et, il réussit à imposer le Monarque de son choix – Nintoku, de la dynastie Naniwa – pour le gouverner.
En 298, est fondé le magnifique et gigantesque Temple du Soleil d’Ise. Sa construction dure une dizaine d’années.
Afrique Noire, IVème siècle :
En 350, le puissant royaume d’Axoum joue un rôle clef dans le commerce méditerranéen, et contrôle les principales voies menant vers l’Inde. De fait, Axoum est le point de passage obligé pour le trafic des épices et de l’encens. Sa Civilisation rayonne jusqu’en Arabie.
C’est en 360 que le souverain Ethiopien Argonna ordonne à ses scribes de retranscrire sur parchemin le récit des campagnes de Ménélik contre des peuples inconnus. Ceux-ci marquent donc de quelle manière le fils de la reine de Saba a jadis chassé une coalition d’envahisseurs de leur pays. Ils comparent le monarque au légendaire Dragon Sando. Puis, ils le décrivent comme une véritable montagne vivante, ainsi que comme le roi de Pount ; la terre de l’encens.
Puis, en 372, Argonna rencontre une première fois un prêtre Chrétien dénommé Abuma Salama ; ou, autrement dit « Frumentius ». Alors qu’Argonna est en train de lire des psaumes dédiés à David, Frumentius et lui se mettent à discuter ensemble. Frumentius se rend compte que le souverain lit un texte se référant à l’Ancien Testament. Il s’aperçoit que le Livre qu’il tient entre les mains a été rédigé à l’époque de Salomon, et qu’il est donc caduc au niveau religieux. Et il fait en sorte de convertir son hôte à la doctrine catholique, avant de le baptiser.
Dès lors, avec l’aide d’Argonna, Frumentius a l’autorisation d’arpenter le territoire Ethiopien en compagnie de prêtres chrétiens. Ceux-ci y prêchent la bonne parole. Ils approchent des populations qui, pour une bonne part, sont juives, tandis que, pour une autre, adorent le Dragon Sando. Ils font adopter – de gré ou de force – leurs dogmes aux multitudes locales. Ils détruisent les totems à l’arrière de chacun de leurs lieux de culte. Ils ravagent chaque petit enclos au centre duquel se trouve une grosse pierre plate sculptée représentant Sando. Ils interdisent les rites ancestraux au cours desquels on égorge des victimes humaines. Et à Aksoum, la capitale de l’Ethiopie, ils débutent la construction de la cathédrale Sainte Marie de Sion : une grande basilique à cinq nefs bientôt considéré comme la première église chrétienne subsaharienne et comme « le lieu le plus sacré du pays ».
Or, très vite, Juifs et Chrétiens commencent à se livrer à une lutte sans merci. En effet, chacune des deux communautés entend avoir l’exclusivité pour la protection de l’Arche d’Alliance. Les Chrétiens, conduits par les fils d’Argonna, Kaleb Israël et Gebra Maskal, se mettent à persécuter tous les Juifs qui sont soumis à leur autorité. Certains de ceux-ci sont même obligés d’aller se cacher dans les hautes montagnes de la région, après avoir été dépossédés de leurs terres, afin de ne pas être tués. Et ils se réfugient dans une forteresse au milieu des rochers parce qu’ils sont sûrs que les fils d’Argonna ne possèdent pas de forces suffisantes pour les en déloger.
Dès lors, Kaleb Israël et Gebra Maskal entament un véritable génocide à l’encontre des Hébreux restés dans la plaine : ils lancent plusieurs campagnes, les transforment progressivement en de véritables croisades dominées par le fanatisme religieux. Ils exilent les Juifs de toutes les villes où ils sont installés depuis des centaines d’années. A Aksoum, ils s’emparent de la relique Sacrée. Et Gebra Maskal emporte celle-ci en un lieu situé hors d’Ethiopie – laissant ainsi la cathédrale abandonnée -, tandis que peu après, Kaleb Israël installe à sa place une copie mal exécutée.
C’est ainsi que quelques temps après la fin de la guerre civile, une Légende commence à courir parmi les rares populations Juives qui ont osé rester dans le pays. Celle-ci explique que la lignée des rois Abyssiniens remonte à Salomon : la reine de Saba aurait eu un enfant du souverain d’Israël. Elle l’aurait appelé Ménélik. Elle l’aurait envoyée à Jérusalem après sa majorité. Mais Ménélik aurait par la suite refusé la succession de Salomon ; il aurait voulu uniquement régner sur l’Ethiopie. De fait, le Grand Prêtre de Jérusalem, Zadok, lui aurait offert un morceau du couvercle de l’Arche d’Alliance, avant de le transformer en double de celle-ci. Puis, Ménélik serait retourné chez lui avec son substitut de l’Arche, en compagnie des premiers nés d’un certain nombre de nobles Hébreux.
Un Juif Ethiopien écrit même à ce propos : « Je suis le fils de David, de Salomon et d’Ibna Hakim. Ibna Hakim est bien le roi Ménélik, mon ancêtre. Car le premier roi d’Ethiopie s’est d’abord nommé Ibna Hakim. Son père était Salomon, et sa mère la reine de Saba. ». Et plus loin : « La ville où a vécu Abraham, et qui remonte à Hénoch, a formé la race Sainte des princes de Saba. Leur capitale est Axoum, en Abyssinie. ».
Perse, IVème siècle :
En 310, après une longue crise de succession, Shâhpuhr II, encore mineur, devient le « Grand Roi » de Perse. Puis, en 341, celui-ci persécute et assassine des milliers de Chrétiens à Séleucie. En 348, il affronte Constance II à la bataille de Singara. En 359, il prend la ville Romaine d’Amida, puis se prépare à envahir la syrie. La guerre contre l’Empire Romain dure alors jusqu’en 361.
Puis, à partir de 363, les deux grands Empires s’acceptent plus ou moins, malgré quelques crises – Shâhpuhr II occupé l’Arménie en 369 -, aucun n’ayant la capacité de l’emporter sur l’autre. En outre, les Perses sont de plus en plus accaparés par leurs frontières orientales, où ils combattent les Kusana de Bactriane et, surtout, les Huns Hephtalites, apparus en Asie Centrale. L’Empire Sassanide est alors à son apogée ; il fonde sa puissance sur un Etat centralisé, une armée forte de sa cavalerie lourde, et un pouvoir royal qui a su dominer la noblesse iranienne.
Dès lors, en 385, Shâhpuhr III succède à son père. En 390, après des pourparlers entre Théodose et lui, s’établit u traité de paix et d’amitié qui aboutit, de fait, au partage de l’Arménie entre les deux Empires.
26 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 630 - 635
Mais, en 268, Gallien est à son tour assassiné par ses soldats, alors qu’il assiège Aureolus, un chef de cavalerie révolté contre lui. Claude II prend sa place à la tète de l’Empire. Celui-ci écrase aussitôt les Goths à Naîssus ; ce qui lui vaut le surnom triomphal de « Gothique ». Or, il n’a pas le temps de célébrer sa victoire qu’il meurt à la suite d’une épidémie de peste propagée depuis l’Orient per les armées Romaines.
En 269, les Francs et les Alamans reprennent leurs attaques contre les Gaules. Au même moment, Tetricus réunit la bretagne, les Gaules, et une partie de l’Espagne, sous son autorité. C’est l’Empire Gaulois, dont la séparation de fait est admise pour éviter une nouvelle guerre civile. Et il se centre en Rhénanie, autour de Cologne et de Mayence ; alors que les Romains évacuent la dacie, et qu’Aurélien acquiert le titre d’Empereur.
Dès lors, Aurélien fait entourer Rome de murailles afin que les tribus Juthunges et Vandales qui se sont infiltrées depuis peu dans le péninsule, ne puissent pas la saccager. Puis, il les arrête dans leur marche sur l’Italie du Nord. Il constate que Zénobie, la veuve d’Odheinat, se proclame Impératrice, usurpe le titre « d’Augusta » et romps avec l’Empire. Il la vainc et reconquiert Palmyre en brûlant la ville. Et, finalement, il rétablit son pouvoir en Occident en attaquant Tetricus à Chalons sur Marne, puis en mettant fin à « l’Empire des Gaules » ; bien que les Francs et les Alamans saccagent cette province.
Ces victoires, qui renforcent toutes les frontières des provinces, valent à Aurélien le surnom de « Restaurateur du monde Romain ». Dès lors, il célèbre bientôt un triomphe somptueux : Ouvert par vingt éléphants, le cortège exhibe sur un char Goth tiré par quatre cerfs Tetricus, en braies gauloises, les mains entravées de chaînes d’or
De plus, l’Empereur veut aussi l’unité de ses sujets en cherchant à uniformiser les corporations et les monnaies ; mais aussi, en 274, en inaugurant le Temple du Soleil Invaincu.
Cet édifice, construit sur le Champs de Mars, décoré du butin ramené de Palmyre, est desservi par un Collège de Prêtres du Soleil, choisis parmi les sénateurs. Honoré par une fête annuelle au moment du Solstice d’Hiver – 25 Décembre – et par des jeux tous les quatre ans, le Soleil Invaincu devient dès lors le dieu Suprême de Rome. Mais, ce culte se répand aussi vite dans le peuple, sensible aux bienfaits de l’astre ; dans l’armée, fidèle au dieu Solaire Mithra, et dans l’élite modelée par le néoplatonicisme, et pour qui le Soleil est le signe visible de l’Etre Divin. Il peut donc contribuer à unifier l’Empire et à légitimer son titulaire : Aurélien n’affirme t’il pas devant ses soldats que c’est du Soleil qu’il tient son pouvoir ? La religion sert donc de caution au pouvoir politique, dont elle apparaît le plus sûr soutien.
Mais Aurélien est assassiné, et c’est le vieux sénateur Probus l’Illyrien qui lui succède en 275. Il reçoit alors une ambassade du roi des Sassanides Bahram II, qui lui propose la paix ; désormais, les Perses sont sur la défensive. Puis, Probus parvient à délivrer définitivement les Gaules des Francs et des Alamans en 277, la rhétie des Burgondes et des Vandales en 279, et l’Egypte des Blemmyes. Or, lui aussi meurt en 282. Carus prend sa place durant un an, jusqu'à ce qu’il tombe au cours de la guerre victorieuse qu’il mène contre les Perses à Ctésiphon.
Numérien a alors le titre d’Empereur jusqu’en 284, mais s’éteint à son tour. Et c’est finalement Dioclétien qui est proclamé Souverain par ses soldats après avoir vaincu son rival Carin. Ensuite, il met vite en place un régime original afin d’éviter de nouvelles usurpations : la tétrarchie : il s’adjoint un Auguste, Maximien, puis nomme deux Césars, Galère auprès de Dioclétien, et Constance Chlore auprès de Maximien.
Son système repose ainsi sur le fondement religieux : Dioclétien se proclame alors « descendant de Jupiter », et Maximien « descendant d’Hercule », puis deviennent officiellement frères. Leurs Césars respectifs sont désignés comme leurs fils. Les Tétrarques forment donc de fait une « famille divine » avec une branche jovienne et une branche herculéenne. Ils reçoivent chacun un domaine d’action : Dioclétien s’installe à Nicomède, et son César Galère à Thessalonique. Maximien surveille les Alpes depuis Milan. Quant à Constance, il s’établit à Trèves.
Les Tétrarques entament alors de profondes réformes administratives et fiscales avec une nouvelle répartition des charges globales. L’enrôlement dans les légions devient obligatoire pour les fils de soldats. Les provinces sont morcelées en 96 parties, regroupées en douze diocèses, eux mêmes dépendant des quatre préfectures d’Italie, de Gaule, d’Illyrie et d’Orient. Le pouvoir impérial est renforcé par un cérémonial rigide. La paix se met à régner partout à travers l’Empire. La stabilité s’installe. Tandis qu’en établissant sa capitale à Trèves, Constance Chlore fait construire des thermes immense. Celui-ci débute en effet l’édification d’un palais doté d’une gigantesque salle d’apparat basilicale. Puis, il reprend la bretagne à l’usurpateur Allectus, le successeur de Carausius. Parallèlement, Dioclétien fixe un édit indiquant que les prix et les salaires ne pourront pas dépasser un seuil maximum. Il décide la taxation de tous les prix. Il présente une liste impressionnante de denrées, de matières premières, de produits fabriqués, de tarifs de fret et de salaires. Ainsi, ce sera un denier l’œuf, 24 le citron, 30 000 l’esclave mâle, 100 000 un cheval de course ; un ouvrier agricole gagnera 25 deniers par jour, un scribe 25 les 100 lignes, et un instituteur 50 par élève et par mois. César Galère, quant à lui, vainc le nouveau roi des Perses, Narseh, sur l’Araxe, puis l’oblige à signer la paix avec Rome. Et il lui impose le traité de Nibisis, qui consacre la suzeraineté romaine sur le royaume d’Arménie, et entérine l’annexion de cinq satrapies au-delà du Tigre.
En 294, Dioclétien ne doute plus que la cité fondée par Alexandre le Grand en Egypte, abrite des Sages capables de transformer les métaux les plus vils en or. En effet, ses espions lui font savoir que les Alchimistes de la ville sont tellement arrogants qu’ils ont consigné leurs procédés Magiques dans des Livres de sa Grande Bibliothèque. Dioclétien craint donc désormais que les Egyptiens amassent suffisamment d’or et d’argent afin de lever une armée contre l’Empire.
C’est pour cette raison qu’en 295, il décide d’investir Alexandrie. Ses armées y récupèrent les innombrables traités Hermétiques que le Sage Démétrios de Phalère y a accumulées plusieurs siècles auparavant. Et, sur ses ordres, elles les livrent aux flammes ; et en particulier, un des rarissimes exemplaires complets du Livre de Thot.
En 302, Dioclétien épure l’armée et la cour ; il promulgue plusieurs édits pour détruire le Christianisme ; tandis que sa répression fait des milliers de victimes dans tout l’Orient.
Après avoir accompli en peu de temps une œuvre tout à fait considérable, Dioclétien abdique en 305. Et il gagne le palais qu’il a fait bâtir près de Salone, en Dalmatie.
Sur une surface de trois hectares, entourée sur trois cotés d’une enceinte fortifiée, celui-ci est divisé par deux rues à portiques. Les appartements impériaux donnent sur la mer par une immense façade à arcades battue par les flots. Le palais abrite, de part et d’autre d’un péristyle monumental, un Temple de Jupiter et un mausolée destiné à la dépouille de l’Empereur.
En 305 également, l’évêque Cécilien de Carthage devient de plus en plus contesté par l’évêque de Numidie, Donat. Dès lors, le schisme « donatiste » se met troubler durablement l’Eglise dans les provinces africaines de l’Empire Romain.
Gaule, IIIème Siècle :
En 205, plus que jamais, Gergovie demeure un lieu de pèlerinage : ses nombreux Sanctuaires sont toujours fréquentés. Mais, d’un autre coté, la ville en elle même – qui a été un important pôle commercial à l’époque d’Auguste – n’a désormais plus qu’un rôle boursier mineur.
Car, dans le Puy de Dôme proche, le centre urbain d’Aguitonemen s’est agrandi. Et, depuis peu, il abrite un Temple dédié à Mercure.
En 210, la narbonnaise, romanisée depuis longtemps, est administrée par un gouverneur nommé par le Sénat, tandis que la gaule « chevelue » est divisée en trois régions : l’Aquitaine, la belgique et la lyonnaise ; qui relèvent directement de l’Empereur ; celui-ci y est représenté par un légat qui dispose de tous les pouvoirs à l’exception du contrôle des finances, confié à des procurateurs. Cependant, dans chaque région, chacune des 60 cités – les « pays » de la gaule indépendante – garde son autonomie locale, avec sa législation et ses magistrats particuliers. Les deux provinces de Germanie s’ajoutent à l’ensemble gaulois, après la conquête de la rive gauche du Rhin.
Les régions les plus romanisées sont la provence et l’Est du pays, à cause de la présence de nombreuses légions, qui veillent sur la ligne défensive appelée le « limes ». La civilisation Gallo-Romaine est à ce moment là essentiellement urbain. Les villes, souvent fondées par les Romains sur les oppida de la gaule indépendante, deviennent des foyers de romanisation. Comme à Rome, la vie de la cité a pour centre le Forum et ses monuments civils et religieux, ses commerces et ses galeries à colonnades, où se presse une foule dense. Des thermes, alimentés par l’eau des monumentaux aqueducs, servent de lieux de rendez-vous. Théâtres, cirques et amphithéâtres reçoivent les milliers de spectateurs venus assister aux courses de chars ou encore aux sanglants combats de gladiateurs.
Grâce à ces cités très actives et à un réseau routier remarquable, le commerce et l’industrie sont florissants. La gaule est un pays riche en productions agricoles, en cheptels, en mines de fer et en carrières de pierres. L’exploitation de ses richesses naturelles engendre de multiples formes d’artisanat. Les salaisons gauloises sont exportées en Italie, et l’on fabrique de la cervoise à partir de l’orge. Mais les Romains introduisent la vigne dans la région et les Gaulois prennent vite goût au vin ; leur vignoble ne cesse de se développer malgré les mesures impériales qui tendent à protéger la production italienne. Mais, parmi les productions les plus réputées de l’industrie gallo-romaine se trouvent les céramiques et les tissus de drap.
A la gaufresenque, près de Millau, est fabriquée de façon industrielle une poterie réputée marquée de poinçons et de sceaux. Un autre centre très important se situe à Lezoux, près de Clermont-Ferrand. Quant aux tissus Gaulois, ils ne tardent pas à être appréciés pour leur qualité et leur solidité.
Les Gaulois portent des vêtements cousus, près du corps, plus pratiques que les drapés romains ; les légionnaires adoptent très tôt leurs braies et leurs chaussures de cuir. Les marchands orientaux commercialisent dans tout l’Empire leur manteau à capuchon. Des corporations regroupent ces artisans dont l’ingéniosité et le talent sont reconnus partout : ils leur doivent d’ailleurs les outils de fer les plus perfectionnés de l’époque, les techniques d’émaillage du métal, le tonneau – plus pratique que l’amphore – et l’invention du savon.
En 255, de par sa situation géographique, la gaule est une région menacée par les Barbares, qui tentent de plus en plus souvent de franchir la ligne du Rhin. Au moment où l’anarchie sévit un peu partout à l’intérieur de l’Empire, les frontières deviennent particulièrement fragiles. Une nouvelle peuplade germanique, les Alamans, s’installe dans les Champs Décumates, multiplie les incursions en Bourgogne, chez les Allobroges, et atteint l’Auvergne. Plus au Nord, après la mort de Dèce, les Francs profitent du départ des légions du Rhin pour se répandre en Gaule.
Cette situation catastrophique est à l’origine du prestige qu’obtient le général gaulois Postumus en repoussant les envahisseurs, ce qui le fait proclamer Empereur par ses soldats en 260. L’Empire Gaulois dure quinze ans, avec ses successeurs Victorinus et Terticus, qui est finalement soumis par Aurélien à la bataille de Châlons-sur-Marne en 273. Plus que d’une sécession, il s’agit en réalité d’une réaction d’autodéfense par laquelle les Barbares sont maintenus hors des frontières de la gaule.
Au moment où l’Empire Gaulois disparaît, en 275, la plus grande invasion barbare jamais connue en Gaule déferle sur le pays. Plus de 60 cités sont prises et incendiées, les campagnes sont ravagées du limes à l’Espagne. La situation ne se rétablit qu’après l’arrivée au pouvoir de l’Empereur Probus, qui met sur pied un système de défense efficace et repousse les Germains. Ses victoires entraînent l’installation en Gaule de milliers de captifs, sédentarisés près de la frontière qu’ils ont pour mission de défendre.
L’opulence de la gaule est alors passée. Des bandes de hors la loi, paysans ruinés et prolétaires urbains, les « Bagaudes », s’associent pour piller, incendier, rançonner et tuer. C’est l’époque où les villes s’entourent de remparts pour tenir tète aux assaillants de toutes sortes. Le pays est ruiné.
Lors de cette période mouvementée, le passage des cultes indigènes à la religion Romaine se fait sans grande difficulté. Des mythes romains sont adoptés par les Celtes et, par des correspondances souvent très arbitraires, les divinités celtiques sont assimilées aux Dieux du panthéon Gréco-Romain, à qui l’on donne des attributs gaulois. Cependant, certaines d’entre elles sont réfractaires à toute assimilation, et les Gaulois continuent à honorer les Déesses-Mères, ou « Matres » : Epona, la divinité amazone, Sucellus, le dieu au maillet, ou Cernunnos, à la tète montée sur bois de cerfs, ainsi que les « tarasques », dragons effrayants. En revanche, Sirona et Apollon sont associés l’un à l’autre, Taranis est assimilé à Jupiter, Esus à Hercule : on célèbre en son honneur des mascarades.
D’autres pratiques très anciennes subsistent malgré la disparition des Druides, jadis durement persécutés par les Romains. Les statuettes de bronze gardent leurs fonctions cultuelles ; certaines sources préservent leurs pouvoirs guérisseurs.
Par ailleurs, importées par les marchands et les soldats, les divinités orientales s’implantent en Gaule comme à Rome. Sous le règne d’Antonin, un Sanctuaire est édifié à Lyon pour Cybèle, et les légions revenues de Syrie vouent un culte fervent à Mithra, dieu Perse de la lumière, de la justice et de la bonté ; sa fête est célébrée le 25 Décembre, « jour anniversaire du Soleil », par le sacrifice d’un taureau dont le sang a la vertu de purifier les fidèles.
Enfin, le culte impérial est pratiqué dans chaque cité par des prêtres appartenant à l’aristocratie locale.
Mais, surtout, dès la fin du IIème siècle, le Christianisme commence à s’implanter à Lyon et à Vienne dans des communautés originaires d’Asie Mineure. Après la persécution de 177 à Lyon, Irénée, successeur de l’évêque Pothin, compose les premiers écrits Chrétiens en Gaule. Et, au début du IIIème siècle, l’évangélisation des grandes villes gauloises devient très active grâce à des évêques de premier plan : Trophime à Arles, Denis à Lutèce, Saturnin à Toulouse, Martial à Limoges. La plupart d’entre eux parlent encore gaulois. Ce sont des paysans sans terres ou de petits propriétaires qui ne profitent guère de la richesse et de la culture romaine.
Pourtant, le plus connus des évêques de cette époque, partis pour évangéliser la gaule, est Denis. En effet, pour ancrer la nouvelle religion dans les esprits, il fait passer une partie de la célèbre Légende des Tuatha Dé Dannan dans la tradition Chrétienne ; trois des Objets Mythiques censés avoir été rapportés par ces Demi-Dieux depuis leur Continent d’origine passent dans celle du Graal. Grâce à lui, la lance et le Glaive deviennent les armes qui ont percées le flanc de Jésus juste avant sa mort. Il identifie le Chaudron à la coupe dans laquelle le Christ a bu et a fait passer à chacun de ses apôtres au cours de la cène.
Par ailleurs, le Continent englouti se transforme en île d’Avallon ; cette terre qui tourne éternellement autour de son axe, et qui entraîne le Monde dans son mouvement de rotation. Avallon devenant, au cours des siècles suivants, « l’île de Verre » - ou « île Occidentale » -, tandis que le Mythe d’Arthur apparaît, puis s’épanouit en s’appropriant le symbole de l’Ours.
Mais, Denis subit finalement le martyre sur la colline de Montmartre, à quelque distance du centre de Lutèce. Avec ses compagnons, Rustique et Eleuthère, il est décapité. Puis, selon la tradition, il ramasse sa tète et parcourt une bonne lieue avant de s’arrêter là où les fidèles l’enterrent.
Grande-Bretagne, IIIème siècle :
En 260, l’île de Bretagne – comme le reste de l’Empire – traverse une crise grave. Ainsi, à cette date, un usurpateur, du nom de Cavausius, s’installe à Londinium, et s’y fait proclamer Empereur. Et il s’appuie sur la prospérité de l’Angleterre pour se maintenir au pouvoir.
Germanie, IIIème siècle :
En 240, des hordes de Germains – Francs et Alamans - franchissent le Rhin. Au Nord de la province de Germanie Inférieure, ils s’en prennent à de nombreuses cités. Ils effectuent des raids de plus en plus fréquents ; mais surtout, de plus en plus menaçants pour les agglomérations du Sud. Et, bientôt, ils pénètrent en Gaule Belgique. Ils détruisent Crolaunum. Ils investissent Bagacum ; tout en comblant ses constructions souterraines et ses galeries. Ils assaillissent Lutèce. Et, finalement, ils écrasent Lugdunum, et lui font perdre son titre de « Capitale des Gaules ».
En 260, les Empereurs Gaulois – usurpateurs – Postumus, Lelianus, Marius Victorinus, et Tetricus, désignent Trèves en tant que capitale du territoire soumis à leur juridiction. Et, chacun d’entre eux se déclare indépendant de Rome tout le long de leur court règne.
Quelques mois plus tard, les Alamans se mettent à menacer le Norique. De fait, aussitôt, les bourgs de cette contrée commencent à décliner. Puis, ils laissent vite place à des citadelles telles que Lauriacum. Mais, ces initiatives n’empêchent pourtant pas les Alamans à prendre pied à l’intérieur de la contrée. En effet, ils la traversent. Ils pénètrent bientôt en Helvétie ; où ils détruisent – entre autres – Augusta Rauracurum. Ils avancent en direction de Vindunissa. Ils s’emparent de l’important nœud de communication qui jouxte cette dernière. Ils suivent les routes qui mènent à Mogubintiacurum, à Argentaturum, et à Castra Vetera. Et finalement, ils parviennent en Gaule Occidentale où, là aussi, ils causent d’innombrables dégâts.
En Germanie, l’Empire est en proie à de graves difficultés jusqu’en 273. Mais, à cette date, le nouvel Empereur – Claude le Catholique – reprend l’initiative. Il rétablit l’ordre dans la province. Il y destitue le tyran installé à Trèves. Mais il ne peut éviter les Alamans d’incendier l’agglomération deux ans plus tard.
En 287, Trèves – ainsi que le territoire qui l’environne appelé « Belgica Prima » - a reconquis sa prospérité – malgré l’anéantissement qu’elle a subi une dizaine d’années plus tôt. En effet, il y existe désormais un Sanctuaire dédié à l’Albatch, un autre destiné à honorer plusieurs divinités Gallo-Romaines telles que Lenus et Mars. Sa notoriété s’élargit à tel point que l’Empereur Dioclétien la déclare bientôt « l’une des quatre capitales de l’Empire Romain d’Occident » ; et qu’il y ordonne la construction d’un palais Impérial
25 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 625 - 630
Empire Romain, IIIème Siècle :
Après l’assassinat de Commode en 192, le meurtre de Pertinax par les prétoriens ouvre une période de guerre civile : Didius Julianus est proclamé Empereur à Rome, tandis que l’armée d’Illyrie proclame Septime Sévère, celle de Syrie, Pescennius Niger, et celle de Bretagne, Clodius Albinus. Mais Septime Sévère rallie les légions danubiennes, il élimine ses rivaux Niger et Albinus au bout de quatre années de durs combats. Et il accède seul au pouvoir Impérial.
Septime Sévère devient ainsi le premier provincial d’origine locale à accéder à l’Empire. Administrateur habile, il tire les leçons de sa victoire. Il comble les soldats de largesses ; surtout, il leur ouvre les portes de l’ordre Equestre. Il accroît le nombre de soldats prétoriens chargés de veiller sur lui. Il créé trois nouvelles Légions, dont une – la 2ème Parthica – est cantonnée dans les environs de Rome ; ce qui lui permet d’avoir à sa disposition des troupes importantes capables d’éliminer un usurpateur éventuel. Ses juristes rendent le droit plus clément envers les humbles, rognent les prérogatives du Sénat et alourdissent les charges des élites locales. Il comble son épouse, Julia Domna – une des filles du Grand Prêtre de Baal à Ephèse – de titres : « Mère de la patrie », « Mère des Camps ». Il lui permet de réunir une cour de savants et d’écrivains, parmi lesquels le médecin Galien, les sophistes Diogène Laerce – « Biographie des Philosophes » - et Athénée – « Le Banquet des Sophistes ». Il la charge de dire à Philostrate de Lemnos, de réécrive la « Vie d’Apollonios de Tyane ». Il lui donne le titre de conseillère de son fils Caracalla. Puis, en 201, il vainc les Parthes à Séleucie sur le Tigre, et à Ctésiphon ; il leur arrache la mésopotamie, qu’il constitue bientôt en province Romaine.
Par son intermédiaire, l’influence, tant dans le domaine politique que dans ceux de la religion et de la culture, acquiert une importance capitale : l’Empire se transforme. L’Empereur n’est plus le « premier » - « primus » -, mais le « seigneur » - « dominus ». Le principe dynastique devient de règle, puisque les membres de sa famille, sont associés à l’Empire en tant que « Augustes ». Ce n’est plus l’Empereur qui passe pour être d’origine divine, mais toute sa famille. Celle-ci est étroitement associée dans cette mystique du pouvoir impérial, et les Impératrices reçoivent les surnoms de « Mère de la patrie », « Mère des Militaires », ou « Mère du Sénat ».
Ce renforcement du despotisme impérial nuit au Sénat, dont les pouvoirs législatif, judiciaire et financier sont peu à peu abolis au profit de l’ordre équestre. C’est à ce dernier aussi que revient un plus grand nombre de fonctions administratives, en particulier dans les provinces. Puis, pour faire face aux nouvelles dépenses, la fiscalité se fait plus lourde et Septime Sévère crée un impôt, l’annone militaire, consistant à réquisitions de denrées destinées à l’armée.
En 202 également, Galien fait la somme des connaissances médicales de son temps. Philosophe autant que patricien, il postule que le tempérament humain est formé de la combinaison de quatre humeurs : sang, bile, pituite et atrabile.
Un peu plus tard, Bardesane – un Gnostique chrétien d’Edesse – rédige des textes religieux en Syriaque, la langue parlée par les peuples de la région.
En 202 encore, Septime Sévère promulgue un édit contre le Christianisme. Tout prosélytisme chrétien ou juif est interdit. Il entame des persécutions locales en Afrique, en Gaule, et en Egypte ; et Origène est obligé de remplacer Clément à la direction de l’Ecole Chrétienne d’Alexandrie parce que ce dernier a tenté d’élaborer la synthèse du Christianisme et de la philosophie antique dans ses « Stomates ». En 203, il désigne Papinien comme préfet du Prétoire ; le célèbre juriste succède à Plautien, exécuté pour complot. Il élève un arc de Triomphe sur le Forum. Et il préside aux Jeux séculaires commémorant le 950ème anniversaire de la cité de Rome.
En 205, c’est un véritable plaidoyer en faveur des chrétiens que Tertullien adresse aux autorités Romaines, avec « Apologétique ». Il reproche à celles-ci leurs incohérences : les magistrats doivent punir les chrétiens mais non les rechercher ; on reproche aux chrétiens de renier le passé de Rome, de menacer l’Empereur, de pratiquer l’infanticide. Mais ce sont eux, Romains, qui ont abandonné les coutumes des Anciens, tué leurs Empereurs, sacrifié des enfants au dieu Baal. Tellurien assure en outre que les chrétiens sont de bons citoyens ; et il termine en faisant l’apologie du monothéisme.
Mais, son intransigeance l’amène par la suite à durcir son attitude envers le monde Romain – « de l’Idolâtrie » et « Sur la couronne » -, et à rompre avec les autres chrétiens, plus modérés.
Début 211, Septime Sévère meurt au cours d’une campagne qu’il dirige en Bretagne. Et aussitôt, ses fils Caracalla et Géta lui succèdent. Mais, rapidement, Caracalla fait assassiner son frère alors que ce dernier se trouve dans les bras de leur mère ; la répression fait des milliers de victimes, dont Papinien. Il accorde la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l’Empire. En 216, il inaugure les thermes les plus vastes de Rome. Car, ils possèdent portiques, excèdes, bibliothèques, et gymnases ; qui permettent, à la fois, d’allier détente, sport et activité intellectuelle. Et il visite leur partie centrale, occupée par trois salles et une immense piscine s’ouvrant à l’air libre.
Mais, le Sénat, qu’il méprise et décime, le hait depuis toujours. Or, il n’en n’a cure, car l’armée l’idolâtre. Il entame donc une campagne contre les Alamans sur le Rhin, puis une autre à Abadène en Mésopotamie en 217. Et, alors qu’il est sur la route qui mène de Carrhae au Temple de la lune, un agent du préfet du Prétoire, Macrin, à la veille d’être disgracié, se précipite et lui enfonce un poignard dans l’épaule.
Dès lors, l’année suivante, Elagabal – âgé de 17 ans - est proclamé Empereur par ses partisans dans le camp de la 3ème légion Gallica. Il est ensuite obligé d’adopter son cousin Sévère Alexandre, âgé de 13 ans. Et il prouve qu’il est cousin par sa mère, de Caracalla ; avant de vaincre et d’égorger Macrin au cours de sa fuite.
Puis, Elagabal, attaché depuis l’âge de 14 ans au culte du dieu Baal – adoré sous la forme d’une Pierre Noire -, s’attribue le titre de « Grand Prêtre de Baal » ; ou « Grand Prêtre du Soleil Invaincu ». Il fait venir la pierre conique et noire qui symbolise la divinité – la « bétyle », depuis le Sanctuaire d’Emèse. Il la proclame « dieu Suprême ». Il la place sur un char étincelant, la fait entrer dans Rome au milieu de deux rangées de torches, sou les yeux stupéfiés des Romains. A ce moment là, lui même se coiffe d’une tiare, et se vêt d’une longue robe couverte de pierreries. Il suit le trajet de la pierre en marchant à reculons. Il la conduit ainsi jusqu’au Temple somptueux qu’il a fait édifier pour elle au sommet du mont Palatin. Et il l’y dépose, après y avoir installé les insignes des autres dieux Romains.
Emasculé, comme le veut le culte de Baal, Elagabal offre alors la direction des affaires de l’Empire, à sa grand mère Julia Masea, ainsi qu’à son favori, Valerius Camazin ; un ancien marin d’Orient qu’il a élevé au Consulat. Tandis que lui, gesticule en tète de cérémonies vénérant Baal ; et que ses débauches rituelles et son mysticisme oriental scandalisent de plus en plus sénateurs et prétoriens.
De fait, pendant cette période, malgré les similitudes avec ceux de Mithra et d’Astarté, le culte du « Sol Invictus » est essentiellement monothéiste. Il octroie au Soleil les attributs de tous les autres dieux. Il reconnaît la primauté d’une unique divinité, au rayonnement Universel. Il s’harmonise avec les autres Religions Solaires de l’Empire en personnifiant l’Astre ainsi vénéré. Et, progressivement, il commence à supplanter en douceur tous les autres dogmes rivaux ; sans pour autant avoir besoin de les éradiquer.
En 222, des prétoriens assassinent l’Empereur Elagabal, avant de le remplacer par son cousin Sévère Alexandre. Or, celui-ci n’est qu’un adolescent falot qui n’est qu’un jouet entre les mains de son entourage. Sa mère le couve, tout en lui inspirant une politique tolérante envers les chrétiens. Assesseurs du préfet du Prétoire Papinien sous Septime Sévère, Ulpien et Paul sont ses plus grands juristes. Mais ces hauts dignitaires civils s’attirent bientôt la haine des militaires à cause de leurs séditions répétées. Et, l’année suivante, en pleine nuit, des soldats forcent les portes du palais impérial, avant d’égorger Ulpien sous les yeux de Sévère Alexandre.
En 223 également, le prêtre Hippolyte – un théologien renommé de langue Grecque attaché à la doctrine rigoriste et ascétique – conteste violemment le pape Calixte. En effet, celui-ci vient de devenir évêque de Rome, après avoir été esclave affranchi, homme d’affaires, puis banquier. Puis, il s’est vu confier par le pape Zéphyrin l’administration du cimetière chrétien.
Or, désormais, Calixte cherche à adapter l’Eglise à la situation créée par son succès. Comme Clément d’Alexandrie, il ne veut exclure personne de la foi chrétienne, qui touche jusqu’aux classes élevées. Il envoie des missionnaires à Antioche, dans les villes d’Occident, dans des ports cosmopolites comme Carthage. Il accroît son rayonnement grâce aux rôles imputés à Paul et à Pierre dans la fondation de l’Eglise, et grâce aux pèlerinages dont leurs tombeaux sont l’objet. C’est ce que lui reproche Hyppolite, qui se méfie des riches convertis auxquels Calixte, au moment où le siège de Rome affirme sa prééminence en Occident, témoigne de l’indulgence.
Pourtant, Calixte est tué au cours d’une émeute populaire revêtant un caractère antichrétien ; alors que l’Eglise étend de plus en plus son influence, que les chrétiens sont largement tolérés, et que ceux-ci ont même l’oreille de l’Impératrice Julia Mammaca.
De fait, dès 225 s’ouvre une période au cours de laquelle se réalise définitivement le syncrétisme entre toutes les croyances religieuses, qu’elles soient romaines ou d’origine étrangère. Dans cet univers cosmopolite, les dévotions, les superstitions et les tendances mystiques se mêlent et se confondent.
Le culte de Mithra – le dieu lumière – fait de plus en plus d’adeptes ; et celui-ci connaît un grand succès parmi les soldats d’Illyrie ou d’Orient, qui honorent ce dieu réclamant de ses fidèles vertus viriles et morales. Le rite essentiel est le sacrifice sanglant d’un taureau, garant du salut. L’Initiation des néophytes, qui exclut les femmes, comporte d’ailleurs sept degrés d’épreuves physiques douloureuses. En outre, tous les adeptes, les « Mystes », se réunissent dans des Sanctuaires souterrains. Et, le réconfort de cette fraternité, la religion de Mithra apporte la certitude d’une vie après la mort. Car Mithra veille sur vivants en les aidants dans leur voyage terrestre.
Les autres religions dites « orientales » jouent également un rôle prépondérant en canalisant la piété des individus : la déesse Egyptienne Isis, et la divinité Phrygienne Cybèle assurent aux privilégiés qui ont reçu l’Initiation la promesse du Salut dans l’Au-Delà et convient leurs fidèles à participer activement à leur culte en se pliant à des contraintes physiques et spirituelles à valeur purificatrice. Tandis qu’à Emèse, se trouve le Sanctuaire du dieu El Gabal ; dont le culte est bientôt introduit à Rome par l’Empereur Elagabal, qui se met à vénérer sa Relique Sacrée sous la forme d’une « pierre noire de forme conique ».
Ces religions qui ont une emprise très forte sur leurs fidèles tendent vers le monothéisme en fusionnant de multiples divinités qui se trouvent alors assimilées à un Dieu Suprême. Elles favorisent à la fois l’épanouissement du Christianisme en préparant les esprits à une piété nouvelle et rivalisent avec lui dans tous les milieux sociaux.
En 229, Dion Cassius accède au Consulat Romain, et rédige en Grec une « Histoire Romaine » des origines à l’année de son consulat. Tandis qu’en 232, une des premières manifestations officielles du culte chrétien prend place dans la maison d’un particulier, avec l’aménagement d’une chapelle.
Or, tout à coup, en 233, la ligue Germanique des Alamans menace la frontière du Haut Rhin et les Champs Décumates. Deux ans plus tard, mécontents des pourparlers avec les Barbares, les soldats proclament Maximin le Thrace Empereur et assassinent Alexandre Sévère et sa mère Julia Mammaca. Sans se soucier se faire entériner son avènement par le Sénat, Maximin le Thrace mène contre les riches une politique d’oppression fiscale, qui entraîne la révolte de l’Afrique. En effet, celle-ci contribue une terre de prédilection pour les grands domaines. Mais elle a cessé d’être uniquement une terre à blé pour se couvrir de vignobles et d’oliveraies, alors qu’une bonne partie de la récolte est toujours perçue à titre de l’impôt. Et, un jour, un groupe de jeunes pénètre dans la chambre de Gordien – le proconsul d’Afrique -, et le contraint à accepter le pourpre.
Dès lors, le Sénat se rallie à Gordien avec enthousiasme, puis nomme une commission pour organiser la défense de Rome. Une guerre civile de quatre mois commence, qui se clôt par la défaite de Maximin le Thrace. Gordien Ier ayant périt avec son fils dans la lutte, c’est son petit fils Gordien III qui reste maître du trône. Tandis l’instabilité généralisée entraîne des sécessions, l’insécurité, le déclin du commerce et de l’artisanat. Et que d’autre part, une grave épidémie de peste commence à dépeupler les villes et les campagnes.
Profitant des troubles que traverse l’Empire, en 238, les Goths et les Carpes franchissent le Danube et envahissent la mésie. Les Romains achètent leur retrait alors que leurs attaques deviennent incessantes. En 242, Gordien III évacue la dobroudja ; les cités du Bosphore Cimmérien sont coupées de l’Empire et tombent sous la domination des Goths, qui s’établissent en Ukraine. Deux ans plus tard, il attaque les Perses, mais leur achète la paix pour combattre les Barbares en Dacie. Mais il est bientôt assassiné par ses soldats tandis que Philippe l’Arabe lui succède. Et, malgré tout, en 247, le millénaire de Rome est célébré fastueusement.
Or, en 249, Dèce – le gouverneur de la mésie pour le compte du nouvel Empereur – attaque les Goths et remporte de nombreux succès contre eux. Enhardi par ses victoires, il est déclaré Empereur par ses troupes. Il se révolte contre Philippe l’Arabe, lui livre bataille à Vérone, et le tue. Puis, il fait publier un édit ordonnant à tous les citoyens de faire publiquement un sacrifice aux dieux de Rome. Un certificat doit leur être délivré par les autorités locales. Il accuse les Chrétiens de menacer la cohésion sociale par leur refus d’honorer les dieux et l’Empereur ; bien que ceux qui acceptent de déposer quelques grains d’encens sur les autels ne soient pas poursuivis. Par contre, les obstinés sont passibles de mort. Puis, en 251, Dèce affronte les Goths du roi Kniva, et succombe au cours du désastre d’Abrittus ; tandis que des tribus berbères se révoltent en Mauritanie et en Numidie.
En 253, Valérien – accompagné de son fils Gallien - est reconnu Empereur par le Sénat alors que les Francs et les Alamans prennent pied en Gaule. Parallèlement, en 254, Origène fonde la critique Biblique, avec son système de concordance en six colonnes – ou, « les Hexaples » -. Il devient dès lors le premier auteur païen converti à critiquer de manière rationnelle le Christianisme. Intransigeant et ascétique, il est toutefois rapidement suspecté d’hérésie pour ses tendances gnostiques, et pour avoir pratiqué l’autocastration.
Peu de temps après sa montée sur le trône, Valérien publie deux édits interdisant le culte chrétien. Il déclenche une sanglante répression. Il fait de l’évêque de Carthage et du pape Sixte II des martyrs. Puis, il attaque les Perses près d’Edesse. Or, Valérien est capturée par ses ennemis. Les Romains sont frappés de stupeur par l’événement. Valérien, dit t’on, est écorché vif et sa peau exhibée en guise de trophée, ou encore, est contraint à porter une peau d’âne. Shâhpuhr, le souverain Parthe, fait exécuter un immense relief représentant le captif humilié lui servant d’escabeau.
Malheureusement, l’armée Romaine est alors très mal organisée : elle est en effet disposée en un mince cordon tout le long de limes, et elle manque de mobilité. De fait, rapidement, le cœur des provinces est atteint. Les nomades Blemmyes effectuent des raids en Egypte. Les Goths ravagent les Balkans, les cotes de la mer Noire, de la grèce et de l’Asie Mineure. Les Francs traversent la gaule et parviennent en Espagne, tandis que les Alamans pénètrent en Italie, et les Quades et les Sarmates en Pannonie.
De plus, la simultanéité des attaques empêche le nouvel Empereur Gallien d’être présent sur tous les fronts, et incite les armées de chaque province à choisir leur « Empereur ». Les usurpations se multiplient ; un cercle vicieux d’anarchie politique et militaire s’instaure. De son coté, le souverain légitime reste animé d’une volonté de défendre l’intégralité de l’Empire face à ses ennemis. Or, la crise témoigne de profonds changements : une baisse générale de la production agricole se fait sentir. Déclin démographique, dévastations des zones frontalières, insécurité générale, épidémie de peste, tout y contribue. Des famines éclatent ça et là. La hausse des prix prend des proportions inouïes : elle est alimentée par la politique inflationniste ayant pour cause une monnaie de plus en plus dépréciée. Le commerce s’en trouve paralysé, d’autant plus que les routes et les mers ne sont plus sures. Et les artisans urbains, les petits commerçants et les salariés sont les plus touchés ; tandis que les grands propriétaires, au contraire, étendent leur mainmise.
Pourtant, à partir de 260, les Perses de Shâhpuhr Ier sont repoussés de Cappadoce par le préfet du Prétoire Macrien qui fait proclamer ses fils Empereurs à Emèse. Mais, le prince Odheinat de Palmyre s’allie à l’Empereur de Rome, les attaque pendant la retraite, les tue et prend le contrôle de l’Orient Romain. Gallien, de son coté, met fin aux persécutions des Chrétiens grâce à un « édit de tolérance » ; c’est alors « la petite paix de l’Eglise ». L’année suivante, il interdit aux sénateurs l’accès à la carrière militaire, puis crée une armée de campagne. Il donne à Odheinat de Palmyre le titre de « Correcteur de tout l’Orient » pour avoir triomphé de Shâhpuhr Ier en parvenant jusqu’aux murs de Ctésiphon en Mésopotamie. Tandis que les Goths saccagent la thrace, la macédoine et la grèce.
A cette date, Plotin se trouve en Campanie, où il s’est réfugié depuis deux ans. Autrefois, il a été élève du philosophe Ammonios Saccas à Alexandrie. Il a participé à la guerre de Gordien III contre les Perses. Puis, établi à Rome, il a enseigné et est devenu le directeur spirituel de nombreux aristocrates.
Très écouté par l’Empereur Gallien et son épouse Salonine, il domine leur cercle littéraire. Ses traités, réunis par Porphyre dans les « Ennéades », définissent son néoplatonicisme : trop pur pour entrer en contact avec le Monde, l’Etre Divin se communique par degrés. Par la philosophie et l’extase, l’âme humaine doit remonter ces degrés pour s’unir à Dieu.
Par ailleurs, Plotin désire fonder une cité des philosophes, Platonopolis, où des agriculteurs et des artisans pourraient travailler pour des philosophes vivant dans leur retraite.
De son coté, un auteur anonyme compose en Egypte « l’Hymne à la trinité », le premier chant d’Eglise chrétien officiel. Pappus, lui, rédige une « Collection Mathématique » grâce à la somme de Connaissances dont il est le détenteur. Et Malchos de Tyr, qui est le principal disciple de Plotin – est surnommé « Porphyrios » par allusion à la pourpre produite en Phénicie -, prend bientôt la tète de l’Ecole Néoplatonicienne. Il se passionne pour la grammaire, la rhétorique, l’Astronomie et la médecine. Dans un traité sur « l’Abstinence de la chair », il met en avant la cruauté des sacrifices sanglants. Adversaire des Chrétiens – « Contre les Chrétiens » -, commentateur d’Aristote – « l’Isagoge » -, il tente de réaliser l’union avec Dieu par la magie, orientant son Ecole vers l’Irrationnel.
Et l’auteur Ephémère rapporte dans l’un de ces récits : « A la suite de l’un de mes voyages en Orient, je parvins à Panara, la capitale des trois îles de Panachaie. Et, à l’intérieur du Temple de la cité, je vis une longue inscription où il était question des règnes terrestres des trois plus anciens dieux de la mythologie Grecque : Ouranos, Chronos, et Zeus. ».
22 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 610 - 615
En 180, Marc Aurèle meurt de la peste. Commode reste seul Empereur, mais c’est un prince paresseux et influençable, qui sombre dans la débauche avec des compagnons de bas étage. Il laisse le soin des affaires à ses favoris. Soupçonneux et cruel, il multiplie les exécutions. Il se plait à exercer sa force physique, comme Hercule à qui il s’identifie : un jour, il tue de ses mains cinq hippopotames. Et enivré de son pouvoir, il croit au caractère divin de son fonction, tout en s’initiant à l’antique culte isiaque de Mithra.
Commode abandonne aussitôt les projets de conquête après que Clodius Albinus ait vaincu les Chattes menaçant le Taunus et les Champs Décumates. Il fait ensuite la paix avec les peuples Slaves. Il prend la décision d’élever au Champs de Mars, une colonne dédiée à la commémoration des guerres menées sur la frontière danubienne ; tandis que les Goths s’installent sur les bords de la mer Noire ; et se divisent entre Goths de l’Ouest – Wisigoths – et Goths de l’Est – Ostrogoths – de part et d’autre du Dniepr.
Puis, en 182, le préfet du Prétoire Perennis, responsable de la chute de son collègue Tarrutenius Paternus, a de plus en plus d’influence auprès de Commode, avant de devenir le véritable maître de l’Empire. Il ordonne que les troupes Romaines abandonnent le mur d’Antonin et se replient derrière celui d’Hadrien, lorsque les Brigantes envahissent le Sud de la grande-Bretagne. De son coté, Commode reçoit les plaintes de colons Africains, qui n’acceptent pas l’augmentation de leurs jours de corvée. Mais, en 185, victime de l’hostilité de l’armée de Bretagne et des intrigues du chambellan Cleander, Perennis tombe en disgrâce ; et Cleander accède au statut de nouveau favori de Commode : c’est le début du règne des affranchis.
La même année, en Orient, Palmyre s’assure le monopole du commerce caravanier entre l’Inde et les pays du bassin Méditerranéen. Elle devient une cité définitivement intégrée à l’Empire Romain. Elle fournit un contingent d’archers à l’armée romaine, tandis que les dieux locaux sont représentés habillés de l’uniforme romain.
En 189, l’évêque d’Alexandrie Demetrius, envoie le missionnaire Panthène en Inde. Parallèlement, Cleander est rendu responsable d’une disette de blé. Commode parvient à apaiser la foule en abandonnant son chambellan et préfet du Prétoire. Celui-ci se fait massacrer par une foule déchaînée qui mutile son cadavre et exhibe sa tète. Mais, en 190, les prix du blé doublent en Egypte. L’Empire connaît une grave dépression ; la proportion d’argent dans le denier passant de 90 à 70 %. Tandis que l’année suivante, Commode rebaptise Rome à son nom : « Colonia Lucia Aurelia Nova Commodiana » ; et qu’il s’en considère le nouveau fondateur. Il donne de même son nom à la flotte, aux blés, aux légions et à tous les mois de l’année.
En 192, les sénateurs sont contraints d’acclamer l’Empereur dans l’amphithéâtre. Car celui-ci combat dans l’arène en gladiateur, après avoir procédé en personne à des massacres d’animaux sauvages. Il mène également des courses de chars, prenant l’uniforme des Verts, l’une des quatre équipes du Cirque. Mais, le 31 Décembre, Commode décide de sacrifier les consuls entrant en charge le 1er Janvier 193. Effrayés, sa concubine Marcia, et le préfet du Prétoire Aemilius Leatus le font étrangler dans son bain. C’est la fin de la dynastie des Antonins.
Gaule, IIème siècle :
Dès 105, les premiers missionnaires du Christianisme commencent à évangéliser l’Occident. Ils y rencontrent de nombreuses tribus gauloises soumises à l’Empire Romain. Ils parlent alors à leurs chefs, à leurs Druides, pour tenter de les convaincre du bien fondé de leur foi. Ils essayent aussi de leur enseigner leurs Doctrines. Les Druides, de leur coté, sont circonspects, voire hostiles. Mais certains, moins inamicaux, leur expliquent leurs Traditions remontant à la nuit des Temps. Ils leur montrent les pierres levées empruntes d’Energie Spirituelle autant que Physique. Ils leur font voir les pouvoirs « utilitaires » dont celles-ci sont imprégnées pour le plus grand bénéfice des plantes, des animaux et des hommes vivant à leur ombre. Ils leur demandent de les toucher peu avant le lever du Soleil afin qu’ils ressentent le plus légèrement possible leurs décharges souterraines et cosmiques.
Les religieux Catholiques sont émerveillés autant qu’effrayés par les enchantements auxquels ils assistent. Ils ne savent pas si ces derniers sont l’œuvre de Dieu ou l’œuvre du Diable. Ils en débattent longuement entre eux, mais ne parviennent pas à en tirer de conclusion satisfaisante. D’un autre coté, ils rechignent à faire part de leur découverte à leurs instances supérieures. Ils ont peur qu’elles croient qu’ils se sont laissé envoûter par les Rites païens qu’ils sont censé venir repousser.
En désespoir de cause, donc, ils se contentent de les investir au nom du Christianisme en gravant des croix sur leurs parois. Parfois, quand c’est possible, ils les rattachent au culte d’un Saint local. Mais jamais, ils n’empêchent les gens des environs de les vénérer – selon les nouveaux dogmes institués par eux, bien entendu -, sachant que des Mystères ancestraux y sont dissimulés. Quelques uns d’entre eux s’attèlent même bientôt à la tâche de découvrir en quoi ceux-ci consistent.
Hilaire de Mourmant, qui fait parti de ce groupe, se rend dans un village des alentours de Toulouse, où, lui dit-on, une communauté ancienne connaît les Secrets que recèlent les Mégalithes.
En 135, Pythagore entreprend de visiter la gaule. Au cours de son voyage, il commence par nouer des liens d’amitié avec une demi-douzaine de Druides. Peu à peu, à force de les côtoyer de près, il s’aperçoit que ce sont des hommes extraordinaires ; au Savoir dépassant la connaissance qu’il a du Monde. Il demande dès lors à étudier en leur compagnie. Il se penche sur la symbolique représentée par leurs pentagrammes – ou, étoiles à cinq branches. Il se rend compte que ces derniers possèdent la particularité d’exhiber douze petites boules rocheuses. Il réalise alors qu’elles sont dessinées au-dessus des faces censées incarner l’Infini. Et, finalement, il les compare aux Etoiles tracées au cœur de plusieurs Pyramides Egyptiennes du site de Saqqarah.
En 140, le Druide Majeur Diviaticus décède. Dès lors, ses confrères décident de construire un Tombeau gigantesque en son honneur ; et choisissent le site d’Autun pour l’élaborer. Ils se basent ensuite sur leurs Connaissances en Géométrie Sacrée, pour y ériger un socle circulaire, un cube, et une pyramide de pierres maçonnées harmonieusement disposées, les uns au-dessus des autres. Et, finalement, au sommet de leur édifice, ils déposent une roche taillée, qu’ils nomment « Crommelm ».
En 150, la céramique Gauloise domine les marchés de l’Occident Romain. Elle est travaillée à La graufesenque, près de Milau, aux confins de la narbonnaise et de la gaule Chevelue sous l’impulsion des maîtres italiens.
D’une terre noirâtre puis rouge, d’une pâte plus fine que la poterie italienne, imitant les motifs italiques, elle détrône la céramique d’Arezzo. Puis, le relais est pris par Lezoux, sur l’Allier. Car, la céramique est une des seules productions susceptibles d’être faites à grande échelle : Lezoux compte 70 fours et fabrique toute une gamme, de la grande amphore à l’encrier. Utilisant les transports fluviaux, la production inonde la bretagne, les vallées du Rhin et du Danube. Et on la trouve jusqu’en Afrique et en Syrie.
En 177, à Lyon, des Chrétiens sont jetés aux fauves à cause de leur foi. Mais il s’agit seulement là d’une persécution locale et ponctuelle. Car, la religion Romaine étant par tradition accueillante et tolérante, les pouvoirs publics ne cherchent pas à nuire à cette Eglise naissante.
Cependant, les Mystères dont les Chrétiens entourent leurs Rites, leur refus du culte impérial et leur dénonciation des mœurs de la société païenne font naître une certaine hostilité, et l’autorité est parfois contrainte de céder à la pression populaire. Des Chrétiens répondent aux calomnies des païens par des œuvres apologétiques, mais leur monothéisme et leur prosélytisme jettent le doute sur leur loyalisme civique et entretiennent la suspicion. Cela n’empêche d’ailleurs pas une formidable expansion du Christianisme à partir des communautés établies dans les grandes villes, comme Lyon, Vienne et Autun. Par ailleurs, l’Eglise s’organise en une structure hiérarchisée : les prêtres et les diacres qui ont une fonction à la fois liturgique et sociale, entourent l’évêque, chef de la communauté chargé plus particulièrement de l’Enseignement et de la lutte contre les premières divergences doctrinales de la gnose et du Marcionisme, à l’heure où sont définis les dogmes de la foi Chrétienne.
En 179, Irénée remplace Pothin comme évêque de Lyon. Il se consacre alors essentiellement à la controverse contre les Gnostiques, et écrit « Contre les hérésies ». Il rédige un volumineux ouvrage dans lequel il ouvre le débat sur le sujet : « Réfutation de la fausse Gnose » ; ou « Libros Adversus Haeres ». Et il y condamne avec véhémence toutes les déviances orthodoxes et hérétiques qui ont existé depuis l’origine du Christianisme.
Grande-Bretagne, IIème siècle :
A partir de 122, l’Empereur Antonin le Pieux repart en campagne contre les peuples Celtes vivant au Nord de la grande-Bretagne : à partir d’Eburanum – qu’il transforme en véritable citadelle -, il combat les Brigantes. Il demande à ses Légions d’empêcher ceux-ci de passer de l’autre coté de la ligne de démarcation. Car, en même temps – et jusqu’en 130 -, il ordonne d’édifier un mur à la frontière entre ses Provinces et les territoires autonomes de l’île. Il y met également en chantier un certain nombre de forts – tels ceux de Cambodorium, ou, « Corbridge » ; de Birdoswald ; de Chester ; ou de Housestead. Dans leurs alentours, il fait ériger plusieurs Sanctuaires. Dans les cités de Carliste et de Newcastle, il bâtit des Temples destinés à honorer Mithra. A Veralamium – après que la ville ait été accidentellement incendiée -, il érige un lieu de culte réservé aux dieux Romains.
En 193, à la suite de la mort du Gouverneur Pertinax, les troupes Romaines se retirent très loin derrière le mur d’Hadrien. Au même moment, les colons Romains de Grande-Bretagne sont informés de l’anarchie qui commence à se diffuser un peu partout à l’intérieur de l’Empire. Ainsi, ils découvrent, abasourdis, que le Légat de Bretagne Claudius Albinus, s’est fait proclamé Empereur par ses soldats. Ils sont instruit du fait que Septime Sévère en a fait de même en Pannonie ; tandis que Pescennius Niger – soutenu par Byzance – s’est lui aussi déclaré César en Syrie. Et ils ne savent plus comment réagir face à cette implosion de l’Empire.
Or, en 197, il leur est révélé que Septime Sévère s’est allié avec Albinus pour supprimer Niger. Ils découvrent ensuite que Septime Sévère a brutalement réprimé Byzance en y détruisant la quasi-totalité de ses monuments. Il leur est annoncé que celui-ci est alors entré en conflit avec son partenaire, qu’il l’a vaincu à la bataille de Lugdunum, et qu’il a saccagé la ville où il s’était réfugié, avant de l’y exécuter en place publique.
Pourtant, il leur est confirmé que Septime Sévère a réalisé l’importance stratégique de Byzance ; et qu’il a entrepris de la restaurer ; y compris ses édifices monumentaux. D’après les voyageurs qui leur rendent régulièrement visite, Septime Sévère l’enrichirait actuellement de nombreux bâtiments, de thermes majestueux, de Temples et de Chapelles. Mais, surtout, depuis peu, il lui aurait donné le nom de « Augusta Antonius ». Et, en 199, Septime Sévère tournant de nouveau son regard vers l’Angleterre, il déclare Londinium capitale de la bretagne Première.
Germanie, IIème siècle :
En 140, les Goths – originaires de Scandinavie et installés près de l’estuaire de la vistule – quittent les rives de la baltique et commencent une migration vers le Sud-ouest ; enclenchant ainsi de nombreux mouvements de populations.
En 170, des camps fortifiés apparaissent un peu partout en Germanie. Ainsi, à Feldeberug, à Eining, à Sanlbury, à Aaken, à Oferbunken, à Rufsee, à Mainbardt, ou à Nidda, les bourgs se retrouvent protégés par un certain nombre de citadelles. Ce qui n’empêche par leurs habitants d’y édifier également des établissements thermaux, ainsi que des Sanctuaires destinés à honorer Mithra. Et, de fait, ils métamorphosent leurs agglomérations en points de ralliement, à la fois militaire, et à la fois Religieux.
De son coté, l’agglomération d’Argentoratum est désormais considérée en tant que port fluvial. En effet, elle offre un soutien logistique idéal aux expéditions Romaines envoyées au-delà des Limes. Elle ravitaille le hameau de Moguntiacum ; lequel est installé depuis peu au confluent du Rhin et du Main. Et elle est en contact étroit avec l’importante cité de Trèves ; qui acquiert ainsi une fois de plus une importance stratégique de premier ordre.
En 180, soudain, les Marcomans pénètrent en Norique. Dès lors, ils y détruisent de nombreuses villes jadis prospères ; ils en endommagent d’autres de facon importante. Ils sont ensuite confrontés aux troupes de l’Empereur Marc Aurèle, venues du Sud de la province pour les repousser au-delà des frontières Orientales de la région. Ils sont alors vaincus ; mais, c’est au cours de cette campagne que l’Empereur est finalement atteint de la peste, et qu’il décède.
Péninsule Balkanique, IIème siècle :
En 100, Trajan désire transformer Vindunissa en cité, mais surtout, en important nœud de communication. Pour cela, il ordonne que la 21ème et la 13ème Légions quittent son territoire. Et il les expédie en Germanie ; là où il en a davantage besoin.
Or, l’année suivante, Trajan, décide d’éliminer définitivement la menace Dace qui pèse sur la frontière Orientale de son Empire : il attaque, en Mars 101, occupe le Banat et l’Olténie, et bat sévèrement Décébale et ses alliés roxomans et bures. Les trois années de paix précaire, entre 102 et 105, sont employées à fortifier la frontière du Danube moyen. En 105, Décébale fait alliance avec les Yazyges et attaque soudainement dans le Banat. Trajan contre-attaque et contraint Décébale à évacuer la capitale ; il se suicide dans les montagnes de Transylvanie. Et la dacie et ses mines d’or et d’argent, est annexée à l’Empire Romain.
Or, à peine quelques mois plus tard, les hostilités sont réouvertes : en effet, Décébale ne respecte pas les conditions de paix qui lui ont été imposées. Trajan est obligé d’y renvoyer ses troupes. Celles-ci sont contraintes de se battre à l’intérieur de contrées accidentées, propices aux opérations de guérilla. Mais, à force d’acharnement, elles parviennent finalement à vaincre et à démanteler leurs adversaires. Victorieuses, elles condamnent Décébale au suicide. Et elles déclarent son royaume possession de Rome.
Elles y fondent la cité de Dropeta ; et lui font acquérir le statut de comptoir commercial. Elles y encouragent par ailleurs l’urbanisation, ne serait ce que pour réactiver l’économie agricole des régions fertiles qui l’environnent. Plus au Nord – en Mésie Inférieure -, elles créent les agglomérations de Nicopolis, et de Marcianopolis. En Thrace, elles bâtissent celles de Plotinopolis et de Trajanopolis. Et, enfin, elles reconstruisent entièrement les métropoles de Serdica et de Philippopolis.
En 119, Hadrien réorganise administrativement la province de Dacie. En effet, il commence par la diviser en deux entités autonomes : celle de Dacie Inférieure, et celle de Dacie Supérieure. Il canalise leurs zones de tensions permanentes. Il commence à exploiter leurs ressources naturelles, telles que les mines d’or des monts Apuseni ; qui sont indispensables pour reconstituer ses réserves. Et, il accélère leur colonisation par des populations soumises à son autorité directe.
De fait, très vite, des groupes d’Asiatiques, de Syriens, et d’Africains, qui lui sont assujettis s’y installent. Il leur offre une nouvelle capitale, qui a pour nom : Sarmizegetuse. Il leur permet bientôt de s’enraciner à l’intérieur d’autres cités de la région ; comme Apolom, Napoca, Potaissa, Porolissum, Romula, ou Drabeta. Et, finalement, il leur accorde le droit de les faire prospérer commercialement.
En 130, l’Empereur Antonin le Pieux divise, à son tour, la province de Pannonie en deux entités indépendantes. Il nomme la première, « Pannonie Inférieure », et la seconde, « Pannonie Supérieure ». Il y expédie ensuite trois de ses meilleures Légions ; en leur octroyant de nombreuses troupes auxiliaires. Il ordonne d’y bâtir plusieurs cités – telles Emona et Suvana -, afin de loger convenablement ces dernières. Et, finalement, elles deviennent bientôt de véritables colonies de vétérans.
En 155, en Dacie, certains Romains fondent une nouvelle cité ; qu’ils nomment « Boucadra Augusta ». En son centre, ils aménagent un emplacement à l’attention de la source, dite, de « Quartal l’Idole ». Ils y élèvent ensuite un petit Sanctuaire rupestre qu’ils dédient à la déesse des Eaux, Nubia. Et, peu à peu, ils transforment leur ville en important nœud routier d’où partent cinq voies militaires.
Malgré tout, cinq ans plus tard, la tranquillité retrouvée des deux Provinces Pannoniennes et des deux Provinces Daces, est de nouveau mise à rude épreuve. En effet, en 160, des Quades, des Marcomans, et des Sarmates venus de Russie, entament une vague migratoire en direction de la péninsule Balkanique. Ils envahissent les Etats Clients de Rome qui s’y trouvent, sans que quiconque ne puisse les stopper. Et ils s’y déversent, avant de s’engager dans le Nord de l’Italie.
C’est ainsi qu’à partir de ce moment là, les longues luttes qui s’ensuivent dans cette région de l’Empire, se transforment en guerres défensives. Et les villes qui y demeurent se métamorphosent en champs de bataille permanents ; ou, sont réduites à l’état de ruines.
En 170, en Pannonie Inférieure, les habitants de la cité de Sabron décident d’élever plusieurs Temples consacrés à Junon, à Jupiter, et à Minerve. De leur coté, ceux de la ville de Savaria dotent la leur d’un magnifique Sanctuaire dédié à Isis. En effet, ils sculptent ses murs de scènes qui se réfèrent à l’Au-delà et à son Monde. Ils modèlent des fresques qui montrent Isis en train de se métamorphoser en Serpent. Ils façonnent des représentations Symboliques – telles que la corne d’Abondance – faisant apparaître la déesse en tant que Souveraine de la lumière, du Ciel, de la fertilité, et de la fortune. Et ils ornent l’intérieur du bâtiment de statues évoquant Anubis et Sothis l’accompagnant dans son périple Initiatique.
En 181, les Romains de Pannonie Supérieure transforment la colonie d’Aquilée en cité fortifiée. Celle-ci devient dès lors très vite un comptoir commercial très florissant ; ainsi qu’un centre de négoce très important pour les contrées transalpines et balkaniques. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que sa population élèvent également plusieurs forteresses à ses alentours ; dans le but avoué de défendre les Alpes Orientales de toute intrusion étrangère.
21 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 605 - 610
En 137 également, ce sont les productions des provinces de l’Empire qui garantissent à Rome sa prospérité, tandis que les richesses des campagnes affluent vers les villes, qui les envoient en Italie. Pour acheminer ces produits, la navigation est essentielle ; le commerce est fluvial ou maritime, à travers la méditerranée, - « mare nostra », « notre mer » - pour les Romains.
La plus grande partie de ce que produit l’Empire est d’origine agricole. De riches propriétaires possèdent des domaines, - « les villae » -, souvent administrés par des intendants, et où s’activent parfois des centaines d’esclaves aux fonctions diverses. Cependant, la société romaine est loin d’être figée, et certains esclaves, qui sont affranchis, font fortune. Leur genre « nouveau riche » excite les sarcasmes : leurs bijoux trop clinquants, leurs vêtements voyants et leurs cheveux gominés.
Les surplus dégagés dans les villae sont vendus dans les villes, où ils sont transformés par d’habiles artisans, dont la spécialité varie selon les régions : céramiques et vins de Grèce, métaux de Gaule, d’Espagne et de Bretagne, tonneaux et savon de Gaule, étoffes de Syrie, blé d’Egypte, de Sicile et d’Afrique du Nord. Certaines provinces, productrices de blé ou de métaux, profitent des courants commerciaux. Mais dans la plupart des régions, le plat pays stagne, alors que les villes se développent, et des provinces sont saignées à blanc par les exigences de la capitale. C’est par la mer et les rivières que sont importés à Rome les produits « exotiques » : esclaves d’Asie Mineure, or du Soudan, ivoires, épices et pierres précieuses de l’Inde, parfums d’Arabie, ambre de la baltique, animaux sauvages d’Afrique. Ostie, le port de Rome, compte alors plus de 50 000 habitants.
Rome est en effet le plus grand marché de consommation, car c’est là que vivent les plus riches : certaines fortunes dépassent le million de sesterces ; elles appartiennent souvent à des chevaliers, que l’ancienne aristocratie sénatoriale – dont une partie n’a pas su s’adapter aux mutations économiques – regarde avec envie et mépris. Mais ce brassage social n’a vraiment lieu que dans les villes.
En 137 encore, en dépit de leur respect apparent pour le labeur du paysan et les peines du soldat, les Romains donnent toujours du travail une définition négative : « negotium » ; l’activité se définit par l’absence de repos : « otium ». Dans le calendrier, en revanche, les jours néfastes, ceux où toute entreprise peut être vouée à l’échec, sont moins nombreux que les jours fastes, où l’on peut se risquer à travailler. La plèbe romaine peut se conformer à cet idéal car les tributs qui affluent vers Rome, la richesse des provinces, lui assure une vie de loisirs.
A Rome, comme dans les villes de province, en effet, l’Empereur et les grands personnages assurent leur popularité et leur tranquillité en distrayant le peuple par des spectacles coûteux, représentations théâtrales, courses de chevaux, jeux du cirque. Le paysage urbain est marqué de monuments voués aux loisirs et dus à la magnificence des plus riches : forum, portiques, bibliothèques, palestres, gymnases, et surtout les thermes, bains publics luxueux, lieux de convivialité où l’on passe, selon un rituel immuable, d’un bain de vapeur à une piscine d’eau glace, où l’on se fait masser et où l’on peut même payer un esclave pour se faire gratter le dos.
Les hommes libres, mais pauvres, constituent la « clientèle » de riches prospecteurs, leurs « patrons », à qui ils assurent, au temps de la république, l’appoint de leurs voix lors des élections. A l’époque impériale, les clients contribuent surtout au « standing » de leurs patrons. Ils se rendent chez lui chaque matin, lui font leur cour, lui rendent de menus services ; en échange, ils sont conviés aux fêtes que donne leur protecteur, dont ils reçoivent quotidiennement un panier à provisions.
Cette dépendance s’étend à toutes les catégories de la population urbaine. En cas de crise, ou pour les plus pauvres, il est régulièrement organisé des distributions gratuites de blé. 300 000 personnes en vivent habituellement à Rome. Mais stoïciens et moralistes critiquent en vain ces pratiques qui deviennent peu à peu le fondement et la garantie de la paix civile. Cette politique qui obère lourdement la trésorerie impériale est certainement à l’origine des problèmes financiers qui assombrissent la fin de ce siècle.
En 137 toujours, Tacite écrit plusieurs textes concernant Thulé. Mais, pour lui, il s’agit en fait d’un océan figé : « le lieu où le dernier reflet d’un ultime coucher de Soleil persiste jusqu'à l’aube nouvelle. ». Et certaines des Eglises domestiques chrétiennes deviennent des pôles de rayonnement analogues à une paroisse ; on les désigne par le nom du propriétaire de la maison, et 25 de ces « tituli » sont connus à Rome.
En 138, malheureusement, Lucius Aelius César meurt, et Hadrien est obligé d’adopter Antonin – 52 ans -, issu d’une famille sénatoriale nîmoise. En effet, celui-ci a été consulaire d’Italie, associé aux réformes d’Hadrien. Son seul défaut est son inexpérience militaire. Car, très riche, mais de mœurs simples – il n’aine rien tant que vivre sur ses domaines et se consacrer aux vendanges et à la tonte de ses troupeaux. Hadrien le pousse donc à adopter son neveu de 17 ans et parent de Trajan, Marc Aurèle et le fils de Commodus Vérus. L’avenir de la dynastie est ainsi assuré.
Or, quelques mois plus tard, Hadrien meurt dans sa résidence de Campanie. Antonin lui succède immédiatement. Il force le Sénat rétif à le diviniser et à le comparer à Enée, le prince de Troie. Cette action lui vaut alors le surnom de « Pius » - ou, le « Pieux ». Pour apaiser celui-ci, il supprime les consulaires d’Italie. Et, en 140, il offre l’imperium à Marc Aurèle, le désignant ainsi officiellement comme son héritier.
En 141, Antonin fonde de nouvelles alimenta en faveur des jeunes filles pauvres. Elles sont appelées Faustiniennes, en l’honneur de Faustine l’Ancienne, son épouse décédée en 140. Puis, il fait édifier un Temple qui lui est dédié, sur le Forum. Et il reporte la frontière Bretonne plus au Nord de l’île, en construisant un mur du fleuve Forth à la rivière Clyde. Puis, en 143, Aelius Aristide prononce son « Eloge de Rome ». Il s’agit d’ailleurs d’un discours reconnaissant la domination romaine et qui l’accepte.
En 147, Marc Aurèle reçoit la puissance tribunitienne des mains d’Antonin, puis est associé à son pouvoir. Quelques temps plus tard, Antonin célèbre le 900ème anniversaire de la fondation de Rome. En 150, il est informé de l’édification du Temple à colonnades de Jupiter Héliopolitain ; et il demande que les absides de celui-ci soient décorés de motifs empruntés au Panthéon, avec le concours des plus grandes pierres taillées du Monde. Peu après, il apprend que de violents séismes ont abattu des quartiers entiers des plus belles villes d’Asie Mineure. Or, faute de rentrées fiscales régulières, ces villes, qui ont rivalisées de fastes, sont lourdement endettées. C’est donc l’Empereur qui doit les aider pour reconstruire.
De fait, il s’agit d’un geste traditionnel défini par le terme : « evergètisme ». Celui-ci est à la base de la somptuosité des cités. Il limite les effets de la disette, préserve la paix sociale. Aussi, est t’il organisé : les liturgies, charges municipales, imposent à leurs détenteurs de financer les jeux et les concours, de distribuer argent et blé. L’Empereur participe à ces prodigalités, bien qu’il ne s’agisse pas d’une véritable redistribution des revenus : les plus beaux dons ne sont pas offerts aux plus pauvres. De plus, malgré la vigilance de l’Empereur, le parasitisme des villes ruine les notables, qui se retirent sur leurs domaines agricoles.
En 151, l’Astronome Claude Ptolémée s’intéresse à la cartographie, renouvelant les conceptions de Strabon, en se basant sur les mesures de Marin de Tyr. Il fait ainsi paraître sa « Géographie ». Et son livre comprend des coordonnées en grand nombre, et d’une précision remarquable.
En 154, Antonin oblige le roi Eupator du Bosphore, à payer tribut à l’Empire Romain. Dès lors, menacés par les Alains venus du Caucase, le royaume bosphoritain et les villes grecques de la mer Noire se tournent vers Rome pour les protéger. Tandis que pour apaiser les milieux Juifs, Antonin autorise à nouveau la circoncision en Palestine ; le Judaïsme est toléré. Et les chefs survivants de la communauté décident de rétablir le Sanhédrin, ainsi que le Patriarcat. Enfin Antonin stoppe une tentative de conquête de l’Arménie par le roi des Parthes Vologèse III.
La même année, en Asie Mineure, l’architecte Romain Zénon construit le théâtre d’Aspendos, remarquable par sa façade extérieure où les encadrements en calcaire blanc se détachent sur le fond gris brunâtre du mur.
En 155, l’Empereur est en bons termes avec le Sénat, il est attentif à toutes les misères, et quoiqu’il ne quitte pas l’Italie, il entretient avec les peuples frontaliers des relations diplomatiques qui lui permettent d’assurer une paix générale. L’Empereur veille surtout à l’administration des provinces, qui ne cessent de s’enrichir, et dont la richesse même accroît celle de Rome.
Par ailleurs, l’ordre Equestre joue un rôle croissant au sein de l’Empire, avec le renforcement progressif de l’administration, dont il fournit les cadres, et grâce au développement des activités commerciales, source de son enrichissement. Pourtant, un cens de 400 000 sesterces est nécessaire pour devenir chevalier. Le chevalier doit trois années de service militaire, mais c’est dans l’administration qu’il déploie ses compétences. Les procuratèles dont ils sont les détenteurs, ses multiplient et se spécialisent ; puis, viennent les préfectures.
Or, si on voit quelques chevaliers intégrer l’ordre sénatoriale, la tentative fait exception. Bientôt, l’ordre Equestre, parce qu’il est ouvert à la fois aux provinciaux et aux Italiens, aux notables et aux soldas, devient l’ordre des hommes à talent. D’où son essor rapide et déterminant pour l’Empire.
Le culte impérial contribue à asseoir le pouvoir central. Nombreux sont les Empereurs morts à être assimilés à des Dieux ; sur les place publiques, à chaque carrefour, l’autorité de l’Empereur et la puissance de Rome sont matérialisées par l’autel de Rome et d’Auguste, à qui tout bon citoyen se doit de rendre un culte. La bureaucratie impériale est omniprésente. Elle est coiffée par des gouverneurs, proconsuls, procurateurs, qui sont censés dépendre du Sénat romain dans les provinces dites « sénatoriales », les plus calmes, mais qui relèvent directement de l’Empereur dans les régions les plus turbulentes ou dans les zones frontières ; comme dans les limes Rhénanes qui sont portées au-delà du Neckar, et qui prennent leur aspect définitif de défenses rectilignes et continues.
En 160, Appien est un Alexandrin d’origine, installé à Rome. Avocat, il est également surintendant des Affaires domestiques de l’Empereur. C’est à cette date qu’il rédige son « Histoire Romaine », racontant séparément l’histoire de chaque nation jusqu'à sa conquête.
D’un autre coté, à Lugdunum, en Gaule, le culte de Cybèle – Grande Mère du mont Ida en Anatolie – est célébré pour la première fois en l’honneur d’Antonin. Vêtus de lin blanc, le crâne rasé, les prêtres d’Isis y célèbrent « l’Inventio », la résurrection d’Osiris par leur déesse. Et, à la suite de ces cérémonies, les Religions Cosmiques – telles que celle de Mithra – profitent du vide eschatologique de la religion Romaine ; et prennent leur essor.
Or, en 161, Antonin décède soudainement, et Marc Aurèle lui succède immédiatement. Dès lors, celui-ci est reconnu par le Sénat. Il demande que son frère adoptif Vérus lui soit associé. Et c’est ainsi que la collégialité s’installe au sein de l’Empire.
Les deux hommes appartiennent à la plus haute noblesse. Marc Aurèle est apparenté aux Empereurs Trajan, Hadrien et Antonin. Vérus est issu du clan de Commodus, un moment héritier d’Hadrien. Mais, malheureusement, on peut difficilement associer deux caractères plus opposés : inquiet et tourmenté, Marc Aurèle est un philosophe couronné, à la haute valeur morale ; robuste et gai, Vérus aime les femmes, les vins et le cirque. Un tel contraste décrit donc leurs desseins.
La même année, le jurisconsulte Gaius rédige ses « Institutiones », un monumental témoignage du droit romain. Tandis que le rhéteur Grec Hérode Atticus édifie en l’honneur de son épouse Regilla un odéon recouvert d’un toit, malgré son énorme envergure. Et que Valentin, le gnostique Egyptien, meurt après avoir quitté Rome ; pour les Gnostiques Chrétiens, son Enseignement expliquant que la matière n’a pas été créée par Dieu, mais par un démurge imparfait, se répand alors.
Un peu plus tard en 161, profitant de la mort d’Antonin, Vologèse III le roi des Parthes, installe son parent Pacorus sur le trône d’Arménie, écrase l’armée Romaine du légat de Cappadoce venue le déloger, et se permet ensuite un raid en Syrie, avant de menacer Antioche. Dès lors, Marc Aurèle se voit contraint d’entreprendre une guerre défensive. Il en confie la direction nominale à Lucius Vérus et met à sa disposition ses meilleurs généraux, Avidius Cassius et Pertinax, ainsi que des renforts bien entraînés venus du Danube et de Germanie. L’Arménie est donc bientôt dégagée et replacée sous influence romaine.
En 162, Marc Aurèle envoie une ambassade composée de marchands Syriens en Chine. Quelques mois après, il institue les « juridici », des fonctionnaires chargés d’administrer l’Italie. Il revient, par cette mesure, sur la suppression ordonnée par Antonin, des consulaires créés par Hadrien, mais préfère les choisir parmi les prétoriens de moindre envergure.
Par ailleurs, Marc Aurèle garde d’excellents rapports avec le Sénat, qu’il consulte fréquemment. Et malgré ses tendances conservatrices et ses origines aristocratiques, il porte aux plus hautes charges des officiers les plus méritants, même quand ils sont d’origine humble et provinciale. Il favorise ainsi l’ordre équestre, y introduit une titulature hiérarchisée selon les postes et crée de nouvelles procuratèles. Il développe la juridiction du préfet de Rome, invente la magistrature de préteur titulaire et augmente les pouvoirs des préfets du Prétoire. Et, de fait, ce développement de la bureaucratie renforce la mainmise impériale sur les domaines réservés jusqu’alors au Sénat et aux magistrats.
En 164, l’Osrhoène et la mésopotamie sont occupées par les armées Romaines, puis, Avidius Cassius descend l’Euphrate, prend Nibisis, et brûle les deux capitales Parthes, Ctésiphon et Séleucie. Il établit une garnison à Doura-Europos ; tandis que le site devient un point de contrôle de la route commerciale menant au Golfe Persique, ainsi qu’un centre de brassage religieux. Or bientôt, l’apparition de la peste contraint les protagonistes à conclure la paix. Rome conserve le protectorat de l’Arménie et annexe une partie de la mésopotamie.
En 165, à Rome, le Chrétien Justin est martyrisé car, grand apologiste, il présente sa religion comme une philosophie permettant la connaissance de Dieu, approfondissant ainsi les réflexions de Socrate et de Platon. Un peu plus tard, une épidémie de peste apparaît en Orient, est transmise par l’armée et ravage l’Empire.
En 167, la maladie sévit à Rome. Polycarpe, figure dominante du Christianisme Oriental et évêque de Smyrne, est brûlé vif pour cause d’hérésie. Marc Aurèle fait ériger sa statue équestre sur le Capitole. Et en 169, tandis que l’Empereur Lucius Vérus est frappé d’apoplexie, les Quades et les Marcomans enfoncent la frontière du Danube et parviennent jusqu’en Italie du Nord.
En 172, les armées de Marc Aurèle contre attaquent. Et elles sont sauvées de la soif en Europe danubienne grâce à un miracle attribué par l’Empereur, au Mage Egyptien Arnouphis, qui a imploré le dieu Thot. Puis, Marc Aurèle impose la paix aux Quades et aux Marcomans. Et une bande de 7 kilomètres de large au Nord du Danube leur est interdite. Tandis que l’année suivante, Avidius Cassius – qui est investi d’un pouvoir sur l’ensemble de l’Orient – écrase la sédition des « boukoloï » ; des patres brigands.
En 173 également, Pausanias termine sa « Description de la grèce », au style obscur et affecté. Ce livre n’en reste pas moins une mine inestimable de renseignements sur l’histoire, les mœurs et la religion de la grèce Classique, ainsi que sur ses monuments et ses œuvres d’art.
De son coté, un peu plus tard, le philosophe Celse rédige en Grec le « Discours Véritable », première réfutation raisonnée et sérieuse de la doctrine Chrétienne. Et Apulée, né dans une riche famille berbère, suit une formation de rhéteur, avant de s’initier à la philosophie platonicienne à Athènes. Ouvert aux influences orientales, il s’intéresse aux divers cultes Mystiques et à la magie. Il écrit des livres tels que « De Platone » et « De Déos Socratis ». Il s’installe à Carthage comme avocat et acquiert une renommée considérable grâce à « De Magia », une défense talentueuse contre l’accusation de pratiques magiques en vue de séduire une riche veuve. Dans « Les Florides », il donne un aperçu des sujets traités dans ses causeries, et son goût du public pour le délicat et l’artificiel. Mais, c’est dans un roman en onze livres, « les Métamorphoses, ou l’Ane d’Or », qu’il fait le récit des aventures picaresques du jeune Lucius, passionné de Magie, qui est transformé, par erreur, en ane. Et, de fait, dans un style raffiné et alerte, Apulée conte ses propres rencontres philosophiques et religieuses, comme l’initiation isiaque de son héros.
Enfin, Lucien de Samosate est issu d’une humble famille d’artisans. Une nuit, la culture lui apparaît en songe : il apprend le grec et achève son éducation dans les écoles de rhétorique en Ionie. Il devient sophiste itinérant et parcourt le monde Romain avant de s’établir à Athènes, et d’entamer une carrière de pamphlétaire.
Ses dialogues satiriques raillant hommes et dieux, philosophes et charlatans, lui procurent vite célébrité et ennemis. Il écrit plus de 80 ouvrages, parmi lesquels de vains exercices sophistiques, comme « l’Eloge de la mouche », des dialogues, deux romans, « l’Ane » et « Histoire Vraie ». C’est dans « la mort de Pérégrinos » qu’il règle ses comptes avec le cynisme et le chantre de l’atticisme.
En 175, Marc Aurèle impose la paix aux Sarmates Yazyges. C’est aussi à ce moment là qu’il rédige ses « Pensées ».
Ecrites en Grec, celles-ci sont empreintes de cette philosophie stoïcienne vers laquelle il s’est tourné dès l’âge de 12 ans. Convaincu que toute substance matérielle est pénétrée par le Souffle qui lui donne Vie, il enseigne que tous les hommes sont égaux, puisque tous porteurs de ce Souffle. La conscience de l’unité du Genre Humain doit donc amener le souverain à montrer de la « philanthropia » - ou « bienveillance » - envers ses sujets. Mais le Sage doit aussi se plier à l’Harmonie du Monde, ce qui implique sa soumission envers l’Empereur, incarnation de cette harmonie.
Or, peu après, une rumeur concernant la mort de Marc Aurèle se met à courir à travers tout l’Orient. Aussitôt, Avidius Cassius se fait proclamer Empereur. Tout l’Orient se rallie à lui. Mais, il est abandonné par ses partisans au bout de trois mois, et est tué par un de ses partisans. Marc Aurèle associe alors au trône son fils Commode ; qui reçoit le titre d’Auguste. Tandis que les Quades et les Marcomans s’attaquent de nouveau à l’Empire Romain.
Dès lors, Marc Aurèle vend sa vaisselle précieuse pour équiper ses troupes. Les Quades et les Marcomans subissent donc une écrasante défaite en 177 ; et commence à envisager l’annexion de la bohème et des Carpates : il veut les organiser en provinces de Sarmatie et de Marcomanie. Mais, les peuples d’Europe Centrale, Goths, Burgondes et Vandales, menacent les Marcomans de Bohème, les Quades de Moravie et les Sarmates de Hongrie, puis franchissent le Danube : c’est le début de Grandes Invasions Barbares.
20 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 600 - 605
En 97, Nerva adopte le gouverneur de Germanie inférieure Trajan pour éviter une révolte de ses légions implantées dans cette province. Or, l’Empereur meurt en 98.
Trajan est reconnu sans difficultés comme son successeur ; mais il ne fait son entrée à Rome qu’en 99. Et il charge aussitôt Pline le Jeune de prononcer un « Panégyrique » ; un portrait du prince idéal. Il est alors le premier Empereur provincial issu d’une famille italienne établie à Italica, en Espagne. Et il est réputé pour ses qualités de soldat et de chef ; il a le front bas, ainsi qu’un goût immodéré pour le vin et les garçons. Quant à Pline le Jeune, c’est un orateur et un homme de lettres qui a fait ses études à Rome, avec Quintilien pour professeur. Il s’est engagé dans la carrière et les honneurs. Il est consul. En tant qu’avocat, il plaide des affaires de concussion qui lui ouvrent les yeux sur les réalités du gouvernement des provinces. Et sa « Correspondance » en neuf volumes – recueil de lettres auxquelles sont jointes les lettres de Trajan – constituent un document historique irremplaçable.
En 100, Trajan installe sa seule légion africaine, la 3ème Auguste, à Timgad, le point le plus avancé de son Empire. Une ville, dotée du statut de colonie, est construite sur le plan géométrique. Et celle-ci compte rapidement 15 000 habitants. Tandis qu’à Rome, Nicomaque de Gérase rédige « les Nombres », la somme des Connaissances de l’Arithmétique de son siècle.
En 101, Trajan fonde des institutions alimentaires, les « alimenta ». Il s’agit de prêts, de l’Etat aux propriétaires, destinés à améliorer leurs exploitations : l’intérêt de la somme – 5 % - est destiné à l’entretien d’enfants pauvres et d’orphelins.
Dès lors, Trajan règne à la satisfaction de tous : c’est le retour aux apparences républicaines du principat augustéen ; il gouverne en respectant le Sénat, refuse les honneurs excessifs, évite la sacralisation du pouvoir. Il appelle aux carrières, non seulement des Occidentaux, comme les Flaviens, mais aussi des Orientaux et des Africains : la romanisation unifiée de l’Empire. Pourtant, le pouvoir impérial demeure absolu. L’administration s’alourdit, mais Trajan apporte la paix et la gloire ; une importante floraison intellectuelle marque cette époque.
En 102, les monuments que Trajan fait élever à Rome et dans l’Empire constituent un témoignage sur sa politique : il commence l’agrandissement du port d’Ostie ; à Bénévent, un arc commémore, ses victoires militaires. Comme jadis Auguste, il reçoit un surnom : il est le « Meilleur » - « Optimus » - ce titre consacre son efficacité mais il est aussi l’une des épithètes qui qualifient Jupiter, principale divinité du panthéon romain.
Car, Trajan est un homme de guerre, et il veut asseoir davantage son autorité sur les triomphes militaires. Il a surtout besoin de rétablir les finances laissées par Domitien dans un état critique. Il s’attaque alors à la dacie qui menace la stabilité de ses frontières, à la tète de ses légions de la mésie voisine. Il s’empare bientôt de la capitale de la dacie. Et il impose une paix humiliante pour Décébale, qui fait de celui-ci l’allié du peuple Romain. Puis, en 105, il rouvre les hostilités contre le souverain soumis, qui se suicide, tandis que la province est définitivement annexée.
L’immense butin qu’il rapporte est en partie consacré à la construction de marchés. La colonne Trajane devient le symbole de la pérennité romaine ; elle raconte les difficultés et les exploits des guerres daciques, qui y sont figurées par des scènes sculptées. Et en Espagne, le pont d’Alcantara – au tablier droit – est élevé sur le Tage en son honneur.
En 106, l’Arabie et Pétra – à la situation privilégiée, sa prospérité et sa place importante dans le commerce caravanier - sont annexés. En effet, le « limes » d’Arabie est créé en 109 contre les Bédouins le long de la route commerciale qui, de Damas, par Bostra, atteint le fond du Golfe d’Akaba. Et il choisit de confier un mandat exceptionnel à Pline le Jeune, pour une mission d’administration en Pont et Bithynie.
Puis, en 112, Trajan inaugure un forum – une réalisation spectaculaire d’Apollodore de Damas – non loin du vieux forum. Et il élève la colonne Trajane en procédant à de grands travaux de terrassement dans le quartier le plus encombré de Rome.
Haute de 40 mètres, ornée de reliefs en spirale commémorant les guerres daces et surmontée de la statue cuirassée de Trajan, celle-ci couronne le plus vaste des forums impériaux.
On pénètre sur la place par une porte triomphale au milieu de laquelle se dresse la statue équestre de l’Empereur ; sur les cotés, derrière un portique orné de reliefs, se creusent deux exèdres abritant des statues colossales ; en face, la basilique, immense et somptueusement décorée de marbres précieux ; derrière elle, deux Bibliothèques – une latine, une grecque – encadrent la colonne.
Trajan achève ainsi l’aménagement du centre de Rome. C’est pour cette raison qu’un peu plus tard, le Sénat lui confie l’érection d’un arc à Bénévent, au départ de la nouvelle via Apia, qui améliore les communications avec Brindisi et l’Orient. Consacré à « Optimus », il doit exposer le programme politique impérial sous la forme d’allégories. Et il l’achève tandis qu’en 114, le roi des Parthes Osroès détrône le roi arménien client de Rome pour le remplacer par son neveu Parthamasiris. Trajan entre alors aussitôt en guerre contre lui, et occupe le pays avec l’aide des Colchidiens, un peuple du Caucase.
Mais, Trajan continue son avancée : avec le concours d’Abgar, le roi d’Edesse, il occupe la plus grande partie du pays aux dépens des Parthes. Il prend Ctésiphon, la capitale des Parthes, et atteint le Golfe Persique. Tandis que l’Arménie, la mésopotamie et l’Assyrie deviennent des provinces romaines ; et qu’un roi vassal – Parthamaspathès – est mis en place en Parthie.
Or, au même moment, les Juifs de Cyrénaïque, d’Egypte et de Chypre, tentent de profiter des difficultés que rencontrent les Romains avec les Parthes. Ils se révoltent contre eux, ainsi que contre les Grecs. L’esprit des Zélotes mécontents gagne la diaspora. En Judée, le calme n’est maintenu qu’au moyen d’une répression brutale menée par Lusius Quietus, que l’Empereur a nommé gouverneur. Mais, la révolte Juive s’étend bientôt aux villes de Mésopotamie et d’Osrhoène, où Parthamaspathès ne peut se maintenir.
En 115, Tacite fait paraître les premiers livres de ses « Annales ». Puis, il publie son « Dialogue des Orateurs », un essai de critique littéraire d’inspiration cicéronienne. Et ce n’est qu’après qu’il se découvre une vocation d’historien, avec la composition d’un éloge funèbre de son beau-père, le conquérant de la bretagne.
Dans celui-ci, il fustige le gouvernement de Domitien. Sa « Germanie » prouve les qualités de sa documentation ethnographique et géographique, à l’époque de la fortification de la frontière Rhénane. Le récit de ses « Histoires » se veut une chronique de la servitude et des troubles depuis la mort de Néron jusqu'à celle de Domitien. Et le projet de décrire l’Empire depuis Auguste jusqu'à Trajan, lui impose la rédaction des « Annales », portant sur la dynastie julio-claudienne.
De son coté, Suétone entame une carrière d’avocat, puis se consacre à la rédaction de nombreux ouvrages en grec et en latin, dont un « De viris illustribus ». Mais son œuvre la plus aboutie est sa « Vie des douze Césars ». Ces biographies des princes, depuis César jusqu'à Domitien, font en effet appel à une conception de l’histoire bien éloignée des « Annales » de Tacite. Suétone propose un portrait privé et public des Empereurs très documenté. Il reste pourtant soumis à une composition rigide et à de solides préjugés.
Par contre, Epictète, lui, suit l’Enseignement du stoïcien Musonius Rufus. Ensuite, il gagne l’Epire. Il n’écrit rien, mais son action est considérable. L’un de ses Disciples, Arrien, publie bientôt ses « Entretiens » et un « Manuel » où se trouve résumée sa doctrine.
Mais il y a aussi Aelius Aristide, l’un des rhéteurs romains qui, avec Dion de Pruse et Hérode Atticus, incarne la renaissance des lettres grecques, et représente le second courant Sophistique. Les trois hommes se rejoignent alors dans une même glorification de la monarchie idéale enfin réalisée. De fait, Dion de Pruse est issu d’une famille riche et cultivée. Il a suivi une éducation classique et s’est rapproché du stoïcisme. Après une vie précaire, il se trouve très lié avec Trajan, devant lequel il prononce deux discours sur la royauté. S’appuyant sur Aristote et Polybe, il démontre la perfection de la monarchie romaine et assimile l’Empereur, favori des dieux, au père de la patrie. Quant à Hérode Atticus, il est né riche athénien. Il est appelé à Rome comme précepteur. Mais son enseignement n’est pas sans conséquences sur la théorie et la pratique du pouvoir développé chez le prince. Le talent oratoire et stylistique de cet auteur ne doit pourtant pas masquer qu’il ne peut juger qu’en termes philosophiques et moraux.
En 116, avec le soulèvement de la mésopotamie et de l’Assyrie, les Parthes reprennent la lutte contre Rome, tandis que la révolte Juive gagne tout l’Orient. Trajan est mourant quand il s’embarque pour écraser l’opposition ; il désigne Hadrien comme son héritier. Et il perd toutes ses conquêtes des années précédentes, sauf l’Arménie ; tandis qu’il meurt à l’escale de Sélinonte : l’Euphrate reste la frontière de l’Empire.
Dès lors, le 11 Août, à Antioche, Hadrien est désigné comme successeur de Trajan. Celui-ci évacue aussitôt la mésopotamie et l’Assyrie. Le 9 Juillet 118, il fait son entrée dans Rome ; alors que pendant son absence, le Sénat a fait exécuter quatre consulaires coupables d’avoir conspiré contre lui ; Hadrien blâme ces exécutions. Puis, il nomme quatre nouveaux consulaires pour juger les procès civils en Italie.
De fait, bientôt, Hadrien n’a pas avec le Sénat d’aussi belles relations que celles qu’a entretenues son prédécesseur, et il accentue l’autoritarisme du pouvoir. Il s’appuie en particulier sur une administration fortement hiérarchisée, en grande partie confiée aux chevaliers et d’où sont de plus en plus exclus les affranchis. Il peut, grâce à elle, intervenir dans tous les rouages de l’Etat. Les résultats sont spectaculaires : il codifie le droit en édit perpétuel ; il souhaite une justice égale pour tous et s’intéresse au sort des esclaves, qu’il défend contre leurs maîtres, et à celui des femmes, dont il encourage l’émancipation financière. Il cherche à améliorer le sort des paysans pour obtenir une meilleure production et il permet aux cultivateurs d’acquérir des droits sur les terres en friches, à condition de les cultiver. Il poursuit ainsi, mais avec davantage de volonté, l’œuvre socio-économique de Trajan.
Ensuite, à partir de 121, Hadrien inaugure une série de voyages qui doivent l’amener à visiter la totalité des provinces de l’Empire ; et il commence par aller en Gaule.
En 122, Rome devient une déesse, dont la statue est abritée dans un temple, où elle est associée à Vénus. Pour rappeler que cette ville est encore celle de Romulus, Hadrien restaure sur le Palatin, le lieu d’où le fondateur a vu les douze vautours lui donner la mission de fonder la cité. Il fait en outre construire son mausolée et la rotonde du Panthéon. Mais à la ville il préfère ses résidences de campagne, dont son palais appelé la « villa Hadriana », à Tivoli.
Or, malheureusement, à cette date, encore largement construite en bois, Rome est sans cesse menacée par les incendies. Les ruelles sont étroites – moins de trois mètres de large, traîtreusement coupées de grosses pierres permettant le passage à gué quand il pleut à verse, ce qui rend délicat le déplacement des escouades de vigiles, dont les rondes ne sont pas si fréquentes. A la nuit tombée, d’ailleurs, mieux vaut rester chez soi, sous la garde de ses esclaves et de son chien. Les malfaiteurs rodent, sans compter les bandes de jeunes gens de bonne famille, donc difficilement condamnables, qui s’amusent à rosser les passants et les laissent en triste état. Dans la journée, par contre, les promenades sont plus sûres, à condition d’éviter les établissements de bain, et les bordels.
La même année, Suétone est disgracié et quitte son poste de secrétaire de l’Empereur. Pourtant, grâce à cette charge, il pouvait avoir accès aux archives officielles, si utiles au travail de l’historien. D’un autre coté, Hadrien et le roi Parthes Osroès concluent la paix : l’Arménie revient à un prince arsacide sous protectorat romain. Las des incursions des Brigantes, ce peuple Celte réfugié dans les monts Cheviot de l’île de Bretagne, il termine l’érection d’un mur entre « l’Angleterre » et « l’Ecosse ». Pour cela, il constitue deux routes, un mur de pierre et de terre, des fortins et des tours. Il concrétise et fixe le limes. Il renonce à étendre l’Empire, que chaque nouvelle extension fragilise. Il colonise et met en valeur les terres qu’il a à sa disposition et réorganise l’armée. Et, de fait, les frontières deviennent des centres d’intense activité où soldats romains et pérégrins, marchands ou agriculteurs, font bon ménage.
Par ailleurs, villes et campagnes s’organisent, et témoignent d’une permanence de la vie locale dans l’Empire. La loi mancéenne limite le fermage payé par les colons au tiers de la récolte, et les corvées à six jours par ans, tandis que sont exemptés de fermage ceux qui mettent en culture des terres en friche. Cette loi s’applique à tous les grands domaines, nombreux dans les campagnes, qu’ils appartiennent à l’Empereur ou à de riches propriétaires.
A l’économie domaniale classique, où l’exploitation est assurée par des esclaves, surveillés par un « conductor », se rajoute une organisation plus rentable : l’exploitation est divisée en petites unités, confiées contre fermage à des colons, sous la responsabilité d’un gérant ; une réserve est directement cultivée par le gérant, qui dispose d’esclaves impériaux et des corvées auxquelles sont soumis les colons. En ordonnant aux procurateurs de faire respecter ces lois, l’Empereur entend donc protéger les colons et favoriser une classe de quasi-propriétaires dont la fidélité lui est acquise.
En 124, Hadrien termine la reconstruction du Panthéon ; il le surmonte de la plus grande coupole du Monde, à caissons, et trouée d’une ouverture circulaire en son centre. Au cours d’un voyage en Grèce, il se fait Initier aux Mystères d’Eleusis. Puis, en 125, il commence l’édification – dans son domaine de Tibur – d’une villa où des reproductions des monuments qu’il a admiré lui rappellent ses voyages. Il apprend la mort de Plutarque à Chéronée, en Béotie, où celui-ci a passé la plus grande partie de sa vie. Il réorganise le Conseil des Juristes de l’administration Impériale, puis écarte le Sénat des affaires. Il remplace de plus en plus d’affranchis par des chevaliers à la direction de la chancellerie. Et il divise l’Italie en quatre circonscriptions judiciaires commandées par des consulaires.
Car, cette mesure est destinée à préparer la provincialisation de l’Italie, au détriment du Sénat. De fait, avec la codification du droit prétorien, l’activité législative des magistrats diminue. Salvius Julianus, pour sa part, constitue l’édit perpétuel et, il estime ainsi que l’interprétation de la loi doit être uniforme, et que l’Empereur doit devenir sa source essentielle.
En 128, Hadrien embellit Athènes par l’achèvement du Temple gigantesque de Zeus olympien ; ainsi que par la construction d’une Bibliothèque au péristyle de cent colonnes. Deux ans plus tard, à sa grande tristesse, il découvre qu’Antinoüs, son amant, s’est noyé dans le Nil. Et il lui fait donc rendre un culte et fonde la ville d’Antinoë en son honneur.
Puis, Hadrien décide d’entamer un second voyage à travers tout l’Empire. Il se rend une nouvelle fois en Gaule, en Germanie, en Bretagne et en Espagne. Il traverse ensuite la méditerranée, débarque en Syrie, et visite l’Asie Mineure, les îles de la mer Egée, les Balkans et la grèce.
Car Hadrien veut explorer sans cesse l’étendue de son Empire, en longer les frontières ; un réseau de postes très performant lui permet de prendre en tous lieux les décisions intéressant une province, même très éloignée. Il jalonne ses itinéraires de monuments. Les monnaies de son règne rappellent les principales étapes de son voyage. Et le pouvoir impérial est omniprésent.
Enfin, lors de son retour définitif à Rome, sa villa de Tibur est achevée. Elle possède alors un riche programme décoratif, qui rappelle les étapes de ses voyages et, indirectement donc, les provinces de l’Empire. Chaque province, représentée par son nom ou un emblème, est visitée tous les jours, symboliquement, par l’Empereur.
En 130, Aulu-Gelle, l’élève d’Hérode Atticus, rédige « les Nuits attiques », une compilation de sujets les plus variés : grammaire, philosophie, histoire, et poésie.
Puis, en 135, le Temple de Vénus et de Rome est consacré à l’Empereur Hadrien. Situé près du Forum, ce dernier rivalise d’imposante majesté avec l’amphithéâtre voisin. Il met tout en œuvre pour qu’il donne le sentiment de perfection et de mystère. Et enfin, l’Empereur fait édifier son mausolée sur la rive droite du Tibre. Et, de fait, cet énorme cylindre reprend la forme des tombeaux circulaires romains et est une amplification du mausolée tumulus d’Auguste. Il devra abriter la dépouille d’Hadrien, et de celle de ses successeurs. Il témoigne donc avec éloquence de la fièvre de bâtisseur qu’exerce Hadrien à travers l’Empire.
Mais, 135 est également l’année où, après deux ans et demi de lutte, la révolte Juive en Palestine, est écrasée par les troupes d’Hadrien. Celles-ci reprennent Jérusalem. Les derniers combattants, réfugiés dans la forteresse de Béthar – au Sud-ouest de la ville Sainte – se rendent au cours de l’Eté, après un siège de plusieurs mois. Et, dès lors, l’Empereur impose à la province un châtiment d’une dureté tout à fait exceptionnelle. Rebaptisée Aelia Capitolina, Jérusalem est désormais interdite aux Juifs ; les ports méditerranéens sont envahis par les rescapés du massacre, qui sont vendus comme esclaves par troupeaux entiers. La judée enfin, est débaptisée, et s’appelle « Syrie-Palestine ».
En 136, Hadrien adopte et désigne comme successeur Lucius Ceionius Commodus, qui prend aussitôt le nom de Lucius Aelius César. Pour la première fois, le titre de « césar » est employé pour désigner l’héritier de l’Empire. Investi de la puissance tribunitienne et de l’imperium proconsulaire, Aelius César est envoyé pour gouverner les deux provinces de Pannonie. Par ailleurs, l’année suivante, Hadrien décide de relier par une route la ville d’Antinoë, établie sur le Nil, et le port de Béréniké, sur la mer Rouge. Il désire ainsi soulager la route de Coptos à Béréniké d’une partie de son trafic, de dédoubler la liaison entre Alexandrie et l’océan Indien, et d’équiper une Egypte retardée.
Car, l’Afrique Noire assure toujours le transit de la cannelle qui vient de Malaisie, l’Arabie Heureuse fournit l’encens, le poivre vient du pays tamoul. Et jusqu’ici, les Bédouins ont servi d’intermédiaires, mais au prix fort. C’est pourquoi Hadrien cherche à se passer d’eux, et rêve de contourner l’Empire Parthe par le Nord, parce qu’il taxe lourdement la soie chinoise. De plus, le commerce de luxe – épices, parfums, esclaves – fait la fortune des villes de la région, Alexandrie, Antioche, Pétra et Palmyre, qui doivent leur splendeur à l’activité des caravansérails.
En 137, le modèle urbain Romain s’impose partout avec la fondation par les vétérans de la légion, de villes au plan immuable : deux axes principaux, le « cardo » et le « decumanus » s’y croisent en angle droit. Leur urbanisme en fait des Rome en miniature, avec un ou plusieurs forums, une curie et une basilique pour les magistrats locaux, des arcs de triomphe, des thermes, des bibliothèques, des temples, un théâtre, un amphithéâtre, au moins un aqueduc, des fontaines, et un réseau d’égouts. Ainsi naissent Timgad dans les sables du Sahara, ou Bath, dans les brumes de la grande-Bretagne.
Un réseau de routes en étoile relie à Rome les points les plus éloignés de l’Empire. Dès les débuts de l’expansion, les légionnaires assurent leurs conquêtes en construisant les célèbres voies romaines, qui sont de véritables ouvrages d’art. Elles sont fondées sur un terrassement très savant, et, rectilignes, ne pouvant contourner les obstacles naturels, elles les enjambent sur des viaducs ou passent dessous grâce à des tunnels.
Mais ces routes ont une fonction stratégique et administrative, plus qu’économique. La technique de l’attelage n’est pas très perfectionnée, et, pour acheminer vers Rome les richesses de l’Empire, il faut d’autres moyens de transport.
19 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 595 - 600
Vers 55, l’Empereur décide de bâtir deux nouvelles Cités. Il nomme tout d’abord la première « Hao », et la seconde « Feng ». Il ordonne leur édification sur les rives du Feng, qui est lui même un affluent de la wei. Il demande à ses futurs habitants de se souvenir que si il les fait élever à cet endroit, c’est pour ne pas oublier que c’est de cette Contrée que les Zhou sont partis à la conquête de l’Empire Shang ; mais aussi, que c’est de là qu’ils ont conservé le Pouvoir d’une main de fer jusqu’en 771 avant notre Ere.
Puis, quelques mois plus tard, l’Empereur exige que deux Temples inédits soient créés dans la province du Shaanxi : l’un dans la cité de Chengdu, et nommé « Wanfo », et l’autre dans l’agglomération de Chionglaixain, et appelé « Dafo ».
En 60, la calligraphie se développe. les chinois inventent le pinceau souple, puis le papier. Rapidement, ils gravent des sceaux personnels et officiels et reproduisent des textes sur feuilles à partir de stèles de pierre, gravées en creux puis encrées. Cette invention amène par ailleurs les intellectuels du pays à créer une particulière qui dépasse la simple fonction de communication pour devenir un véritable art en soi. Et les amateurs voient bientôt en elle le plus noble des beaux-arts ; lequel est rangé en deux catégories : aux formes « régulières » ou « cursives ».
Puis, dès 65, une communauté bouddhique s’établit à Pengcheng, un centre commerçant du Nord du Jiangsu. Et dès lors, la pénétration de cette philosophie religieuse d’origine Indienne emprunte les habituelles voies commerciales : la chaîne d’oasis reliant le bassin de l’Amou-Daria au Gansu, les routes maritimes de l’océan Indien et des mers de Chine du Sud. Mais la voie de terre est certainement la plus empruntée.
Dans le domaine chinois, le Bouddhisme doit s’adapter à une Civilisation très différente de la civilisation Indienne. Il est d’abord associé au Taoïsme pour diverses raisons : les traducteurs des premiers textes indiens arrivés en Chine utilisent la terminologie taoïste pour rendre les notions bouddhiques en chinois. Répondant à certaines aspirations de la société, le bouddhisme constitue donc l’un des piliers fondamentaux du monde Chinois. De plus, en 85, il est prêt à atteindre les oasis du Tarim, en Asie centrale.
En 89, à la mort de l’Empereur Chong Di, lui succède sur le trône Ho-Ti Mais, en 94, c’est Guangwu Di qui prend sa place. Celui-ci a aussitôt pour souci d’établir la paix intérieure ; et il est épaulé par des généraux valeureux, dont Ban Chao est le plus brillant.
Car, ce dernier sait allier génie militaire et science diplomatique pour rendre à la chine le contrôle des oasis du Tarim. Puis, il atteint Kachgar. Et devenu gouverneur général des Han en Asie centrale, il s’installe à Kucha. Il pénètre en Transoxiane et, encouragé par la faiblesse momentanée des Parthes, tente d’envoyer vers le Da Qin – l’Empire Romain – un ambassadeur qui est obligé de s’arrêter à la méditerranée.
En 100, le premier dictionnaire, le « Shuowen jiezi », est composé. Il comprend 9353 articles. Tandis que l’eunuque Cai Lun invente le papier, par le mélange de déchets de bourre de soie imbibés d’eau et de vieux chiffons de chanvre ou de pulpe de mûrier.
Asie, Ier siècle :
En 40, au Vietnam, les sœurs Trung appellent au soulèvement du peuple contre la tyrannie du gouverneur chinois Su Ding. Car, depuis longtemps, les gouverneurs chinois sont incapables de se concilier la noblesse vietnamienne et d’assurer la bonne marche de l’économie.
Su Ding tente alors d’écraser la rébellion dans l’œuf et fait assassiner Thi-Sach, l’un des seigneurs les plus influents du pays. L’insurrection éclate avec violence. Les sœurs Trung, dont l’aînée est la veuve du noble assassiné pousse Su Ding à la fuite. L’aristocratie et le peuple se joignent aux deux sœurs qui se proclament reines. Mais l’occupation chinoise a miné les assises économiques, sociales et politiques du pays ; en 41, le général chinois Ma Yuan réduit l’insurrection. Les révoltés essuient deux défaites consécutives, et les deux sœurs se noient dans le Hat Giang en 43.
L’année 45 voit de profonds changements. L’Asie du Sud-Est commerce avec la chine et l’Inde, dont elle adopte les valeurs : le Bouddhisme et l’Hindouisme, la conception du pouvoir royal et des lois, certains principes architecturaux. Le Sud de la péninsule est marqué par l’Inde : le sanskrit s’y répand et exerce un rôle important dans l’élaboration des langues locales.
Vers 50 après J.C., un aventurier de Kaundinya, brahmane indien, réussit à s’imposer parmi les habitants du delta du Mékong. Il fonde la dynastie des « rois de la montagne » en souvenir du mont Mérou qui, pour les Hindous est le point de rencontre du Ciel et de la terre. Trois siècles plus tard, alors que les Indo-Scythes sont expulsés des rives du Gange, l’un de leurs chefs se fait reconnaître roi du « Funan », nom chinois de ce territoire, par l’Empereur de Chine. L’Indianisation du pays connaît alors son apogée.
Les cités commerçantes qu’il fait construire sont toutes reliées à un port. Les maisons sont érigées sur pilotis de bois et couvertes de tuiles. L’influence de ce territoire se fait alors bientôt ressentir jusqu’au Nord de l’Indochine et se trouve en concurrence avec celle de la chine. Les principautés locales doivent verser des tributs aux souverains chinois autant qu’aux rois du Funan.
Puis, quelques années plus tard, les armées Han pénètrent jusque dans le bassin du Fleuve Rouge et en annexent les territoires. Cependant, les populations se rebellent contre la tyrannie du gouverneur chinois Su Ding. Les insurgés, menés par deux femmes, les sœurs Trung, agissant au nom d’une noblesse indigène bafouée par le pouvoir chinois, soulèvent plusieurs provinces de l’ancien royaume du Nam-Viêt. Leur victoire oblige Su Ding à se réfugier en Chine. Avec l’appui du peuple et de l’aristocratie, les sœurs Trung se font proclamer Reines. Toutefois, les chinois ne tardent pas à réagir : le général Ma Yuan est envoyé pour soumettre à nouveau le pays. Cette fois, les révoltés sont défaits.
Afrique Noire, IIème siècle :
Les descendants des Noirs néolithiques sahariens laissent, autour du village de Nok, d’innombrables traces de l’art négro-africain : des centaines de figurines en terre cuite représentant des hommes ou des animaux. Particulièrement expressives, ces sculptures témoignent d’une maîtrise technique déjà très ancienne.
En étroite liaison avec ces figurines, se dessinent des foyers métallurgiques, dont la présence reste mystérieuse. De plus, à la technique particulièrement évoluée des statuettes répondent une expression artistique hautement sophistiquée, préfiguration des représentations plastiques des décennies suivantes.
Perse, IIème siècle :
En 130, à la mort du roi Osroès, son frère Vologèse II lui succède. Pacifique, il ouvre une ère de détente avec les Romains.
Puis, les Parthes s’efforcent d’helléniser leur pays. Ils infléchissent l’évolution de cette région où Grèce et Orient se font face. Il en résulte un art gréco-iranien florissant. Et avec la montée de dynasties de plus en plus conquérantes, l’art Parthe s’affirme :
Ainsi, l’Architecture : qu’il s’agisse du palais d’Assur ou de Hatra, chacun d’eux s’ordonne autour d’une grande cour, et les façades qui la bordent sont dotées, chacune d’un « iwan », déterminant un vaste espace libre voûté. En sculpture, la rupture est encore plus franche : les statues grandeur nature représentant des rois, des princesses ou des dignitaires en costume de parade, la main droite levée en signe d’accueil, sont totalement nouvelles.
Palestine, IIème siècle :
Vers 115, Rabbi Siméon Bar Yé Dai renoue avec la chaîne Initiatique et Kabbalistique Hébraïque. Il s’impose dès lors vite comme le détenteur de l’ancienne Mystique Juive. On croit qu’il cache soigneusement les Objets Sacrés qui ont été ôtés du Temple en 70. Et il se bientôt appeler : « Prince des Kabbalistes ».
Au cours de ses recherches Esotériques, Siméon Bar Yé Dai écrit beaucoup. Il rédige plusieurs parchemins énigmatiques concernant l’existence d’un manteau Magique ; celui-ci serait utilisé lors de certaines cérémonies Kabbalistiques. Il y explique qu’il aurait été confectionné avec la peau d’un cerf sacrifié. Il y dit qu’il porterait des Mots issus de la torah, ainsi que plusieurs des noms de Dieu écrits avec de l’encre spéciale. Et il y révèle qu’il conférerait une puissance Occulte irrésistible à celui qui s’en coifferait.
En 132, c’est Hadrien qui doit faire face à un nouveau soulèvement général de la judée. Mais celui-ci ne lui laisse pas l’occasion de se développer. Rapidement, il écrase la contrée sous le poids de ses armées. Il rebaptise Jérusalem « Aclia Capitolina ». Il interdit aux Hébreux d’y pénétrer. Et il ne les autorise à s’y rendre – au Mur des Lamentations -, qu’à l’occasion du jour anniversaire de la destruction du Temple par Titus.
Mais, à la mort d’Hadrien, son successeur – Antonin le Pieux -, révise e jugement de l’Empire à l’égard des Juifs. Il accepte qu’ils puissent ouvrir de nouvelles écoles – des « geshiva – dans le Nord de la palestine. Il leur autorise la création d’un « sanhédrin » académique. Il leur offre l’opportunité de rassembler leurs Lois, leurs Enseignements, et leurs commentaires en ce qui concerne leurs Traditions Orales, dans un Livre nommé « Mishnah ». Et il espère en faire des instruments permettant désormais d’unifier tous les israélites du pays sous sa bannière.
C’est pour cette raison qu’à partir de cette date, une grande effervescence intellectuelle se propage partout : toutes les sectes Juives se mettent à étudier de plus en plus ouvertement la torah et le Mishnah.
Puis, à partir de 150, les Intellectuels et les Initiés Juifs commencent à s’intéresser aux grands courants Théosophiques et Gnostiques qui traversent l’Orient. Ils se mettent à les étudier activement à l’intérieur de leurs Ecoles Kabbalistiques. Ils réinterprètent les données de la torah. Ils s’ouvrent à des nouvelles voies Mystiques en tentant d’atteindre des Réalités différentes de la leur. Ils usent de la connaissance ou de la vision pour intensifier leurs expériences extatiques. Et ils découvrent d’innombrables concepts fondamentaux liés à Dieu sur lesquels baser leur foi.
C’est par l’intermédiaire de ces pratiques qu’ils sont à même de s’interroger sur la nature du Dieu Vivant. Ils comprennent en effet grâce à leurs manipulations que celui-ci se manifeste toujours à eux avec ses attributs divins. Ils se disent que ces derniers sont aussi intégrés aux multiples dimensions du Monde ; qu’ils transcendent l’Univers. Puis, ils réalisent qu’ils se situent à plusieurs niveaux de Réalité en même temps.
« C’est pour cette raison, écrit alors l’un d’eux, que nous devons en permanence améliorer notre Connaissance. Celle-ci va, un jour, nous ouvrir les Portes du Monde Divin. De fait, les instruments qui vont nous permettre d’y parvenir sont des Livres comme la torah, mais aussi les symboles cachés au cœur des Lettres qui forment leurs textes. Il faut en effet savoir que la torah – ou d’autres -, ne sont pas uniquement des ouvrages composés de Mots et de Phrases, mais également des manifestations concrètes de la sagesse Divine. Dès lors, aucun langage humain ne peut exprimer intégralement leur sens. Les commandements qu’ils contiennent littéralement, sont des expressions adaptées à l’entendement humain. Et lorsque nous les auront comprises dans leur globalité, nous pourrons participer de façon effective à la réalisation de l’Harmonie Cosmique.
Quant au langage Hébraïque qui en est le support, il reflète la spiritualité de l’Univers. Les Lettres qui l’assemblent sont les éléments de la création. La compréhension de leurs Lois internes permet l’interprétation analogique des Livres, de leur sainteté, ainsi que de leur Exotérisme. Et si l’on en excepte les deux ramifications Occultes qui s’en détournent, ils sont à la base de toutes leurs Vérités. ».
D’autres Initiés, eux, rédigent des manuscrits Kabbalistiques en s’appuyant sur le Mishra. Johannan ben Zakkai, Ben Zoma, R. Aqiba ou R. Meir rassemblent des fragments de Savoir Antique afin d’aller encore plus loin dans leur compréhension des Livres Sacrés. Ils les compilent à l’intérieur de recueils qu’ils nomment « Tosfta ». Ils en retranscrivent certains au cœur de libellés ayant pour sujet le « Monde du Trône ». Ils précisent que ce dernier lieu est une manifestation de la gloire Divine ; que c’est à cet endroit que se trouvent les différentes hiérarchies d’Anges et d’Archontes.
Mais la forme littéraire qu’ils emploient le plus souvent pour décrire les voyages de l’Ame lors de son parcours Céleste, ce sont les récits Apocalyptiques. Ils y développent des spéculations cosmologiques. Ils y marquent des formules issues du Mishra. Ils y exposent des thèses concernant la structure et le nombre réel de Cieux. Deux d’entre eux, « les Ecrits de Ma’ase Bereshit » - ou « l’œuvre de la création » - et le « Shi’ur Qoma » - ou « Mesure du Corps » - décrivent l’apparence corporelle que la divinité revêt lors de sa théophanie sur le Trône. Ils expliquent l’immensité de ses « mesures », l’expression symbolique de sa transcendance, ainsi que son ensemble de représentations numériques. Et ils déterminent, enfin, les figures du « Melatron », cet Ange Céleste ayant métamorphosé Hénoch après son enlèvement.
En 156, le Chrétien Montan commence sa prédication. Annonçant le retour du Christ, prêchant l’ascétisme et le martyre, il conteste violemment les hiérarchies de l’Etat Romain et de l’Eglise Chrétienne, accusé de pactiser avec lui. Le « montanisme » constitue dès lors la première hérésie de la religion Chrétienne.
Vers 165, la palestine se peuple peu à peu de paysans Grecs. Les Juifs, eux, sont coupés du Temple. Les fidèles se replient alors sur la synagogue, lieu de rassemblement et de prière. S’appliquant à parfaire la loi, un nouveau Judaïsme se développe sous l’égide de l’Ecole Pharisienne. C’est de cette réflexion étroitement centrée sur les textes que naît une nouvelle interprétation et une nouvelle codification de la loi hébraïque.
Vers 180, la plupart des Initiés vivant en Palestine émigrent à Babylone ; et leurs Ecoles Kabbalistiques ferment les unes après les autres. De nouvelles sont inaugurées dans la cité mésopotamienne. Les thèmes qui y sont Enseignés à leurs élèves sont les mêmes. Certains Maîtres y professent d’ailleurs toujours le symbolisme issu de leurs Livres aux Mystères du Char Divin. Et la seule chose qu’ils changent, c’est la terminologie de quelques Mots : le voyage Céleste étant désormais identifié comme la descente vers le « Merkaba ».
Leurs Maîtres rajoutent par ailleurs plusieurs idées néo-platoniciennes et néo-pythagoriciennes à la littérature Apocalyptique à laquelle ils se réfèrent. Ils le font apparaître dans leur symbolique des Nombres, et dans leurs prises en considération de critères physionomiques et moraux. Ils écrivent à leur sujet des traités comme le « Grand Heykhalot » et le « Petit Heykhalot ». Ils y décrivent des palais ou des demeures Célestes. Ils y inscrivent des techniques incantatoires qui se fondent sur les vertus extatiques de quelques formes liturgiques. Et, dans un chapitre appelé « Sefer Yesira », ils y consignent des indications cosmologiques considérant les 22 Lettres de l’Alphabet Hébraïque comme des éléments capables d’influencer la réalité en Bien ou en Mal.
Egypte, IIème siècle :
Vers 120, l’art du portrait se manifeste principalement dans la région du Fayoum, à l’Ouest du Nil. Ces portraits servent à perpétuer le souvenir des défunts. Ces visages, tantôt réalistes, tantôt fortement stylisés, témoignent d’influences diverses. Et le traitement des yeux, auxquels la fixité des pupilles et le trait noir qui les cerne donnent une intensité particulière, se retrouve bientôt dans l’art Grec.
Vers 150, le cartographe Ptolémée fréquente longtemps la bibliothèque d’Alexandrie. En effet, il sait qu’elle contient la plus importante collection de manuscrits de l’Antiquité. Il se désole quand il apprend qu’une bonne partie de celles-ci ont pourtant été détruites dans un incendie, près de deux siècles plus tôt. Mais, en consultant plusieurs de leurs ouvrages archivés, il se rend compte que deux ou trois semblent avoir été écrit dans la nuit des Temps. Or, c’est grâce à ces derniers que, peu à peu, il établit son propre planisphère géographique.
18 mai 2008
De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 590 - 595
En 10, en Grande-Bretagne, la tribu des Catoucllauni part en guerre contre le clan des Tribonanes. Elle le vainc assez rapidement ; elle occupe dès lors la région de Camulodunum. Son chef – Tasciouanus – s’empare de sa cité principale. Après sa mort, son fils Corbelin transforme celle-ci en capitale du plus fameux royaume du Sud de l’Angleterre. Le nouveau monarque apprend que l’importante ville de Cavilla Atrebatum a été envahie par les Atrebates. Et il décide de les en chasser, et de s’y fixer.
En 40 également, l’Empereur Tibère entretient depuis longtemps d’excellentes relations avec les peuples de Grande-Bretagne. Mais, deux ans plus tard, avec l’arrivée au pouvoir de Claude, la situation change. En effet, celui-ci considère désormais que leur politique dans le Sud de l’île est trop agressive, et aimerait renforcer la sécurité de la gaule Continentale. D’autant plus que des rapports de ses commandants le préviennent que Caracturus et Togodomnus – les fils de Cunobalin – commencent à menacer ses alliés – tels que Vérica et ses mines. Et il décide d’y envoyer une de ses armées pour éviter qu’une guerre civile n’y éclate.
Ainsi, en 43, les Légions de Claude débarquent en Angleterre. Commandées par Plautius, elles s’emparent tout d’abord de Camulodonum. Elles s’en prennent ensuite à l’agglomération de Cavilla Atrebatum ; puis, l’offrent au Souverain client de Rome, Cogidubnus. Sous les ordres de Ciralis, elles réduisent les Brigantes du Nord de l’Angleterre ; et sous ceux de Frotin, les Silures du Pays de Galles. Plus tard encore, elles fondent le bourg de Londinium. Elles s’avancent à l’intérieur de toutes les contrées se trouvant au Sud des fleuves Humber et Sevron. A l’issue de la bataille de Medway, elles transforment celles-ci en une seule et unique Province Romaine. Elles y détruisent en partie le site Sacré de Stonehenge. Car elles craignent qu’ils puissent éventuellement servir de siège à des réunions politiques, de point de départ d’une révolte. Et elles font en sorte qu’il ne soit plus en mesure d’être utilisé en tant que lieu de Culte.
En 50, Claude décide de fonder une nouvelle Colonie à proximité de l’ancienne cité de Conobelin : celle de Claudia Vitrincensis. Puis, il déclare celle-ci capitale militaire et administrative de la totalité de la province. Il agrandit les établissements installés au centre de la ville de Londinium. Il conclut des traités avec les populations Celtes qui l’entourent. Et il persuade les Ireniens, pour que leur contrée devienne un Etat client de Rome.
Puis, en 55, il accorde au roi des Catovillauni – Tacioranus -, le droit de fonder une cité, Veralamium. Tout en lui octroyant la possibilité de conquérir Camulodunum et ses environs, s’il consent à se mettre aussitôt sous la tutelle de Rome.
Or, peu à peu – et surtout à partir de 60 -, les Romains ont un comportement de plus en plus arrogant vis à vis des populations locales. Souvent, ils humilient leurs alliés en public. Un jour, sans prévenir ceux-ci, ils tentent – sans succès – de prendre pied sur l’île Sacrée de Mona. Quelques uns abusent de la reine des Ireniens Boudicca ; ainsi que de ses filles. Et c’est ainsi que ce peuple commence à se révolter contre ses agresseurs : conduit par sa Souveraine, il forme une armée. Il attaque les cités Romaines de Camulodunum, de Londinium, et de Veralamium ; qui sont incendiées. Il rétablit le culte du dieu Guerrier Camulos Il s’empare de la ville de Cambodurium. Et, finalement, il y détruit son Temple destiné à honorer l’Empereur Claude.
Toutefois, dès 61, Claude expédie l’élite de ses Légions sur l’île, et 10 000 de ses meilleurs soldats débarquent bientôt sur ses plages. Ceux-ci entament alors une campagne de répression contre les Ireniens. Ils défont ensuite les 8000 d’entre eux qui sont toujours insoumis. Ils s’emparent de Camulodunum. Ils en font un avant poste dont la vocation est de protéger cette rive de la tamise. Puis, sur ordre du nouvel Empereur Trajan, ils reconstruisent Londinium. Trajan la déclare capitale de la province ; et en guise de pardon aux insurgés, il leur accorde le droit d’y élever un Sanctuaire Druidique.
De fait, à partir de ce moment là, Londinium acquiert une importance commerciale primordiale. Elle met en place un réseau routier très élaboré lui permettant d’être en contact constant avec les villes situées sur la côte. Elle se met à coloniser la plupart des estuaires qui s’aperçoivent dans ses environs. Elle commence à bâtir des zones portuaires offrant la possibilité à ses navires, de traverser la manche, mais surtout, d’atteindre le Rhin, la seine, la loire, et la garonne. Et, elle envisage l’érection de petits Temples, et d’établissements thermaux.
En 65, les Brigantes habitent le Nord de la grande-Bretagne. Ils font partie d’une puissante fédération de clans ; ils en sont ses représentants les plus influents. Et ils sont toujours demeurés neutres et pacifiques à l’égard des Romains.
Or, depuis peu, leur reine Cartimandra est obligée de se montrer de plus en plus hostile à leur égard. En effet, de la même manière que son époux Venutios, il lui est désormais difficile de tolérer cette neutralité ; car ses sujets la poussent à rejeter la tutelle Impériale. Même s’il lui paraît difficile de rompre définitivement avec les conquérants. Et, s’en rendant compte, en 70, les Brigantes l’accusent de lâcheté, puis, la destituent.
Poursuivie, Cartimandra est alors contrainte de s’enfuir vers le Sud. Elle franchit la frontière qui sépare son royaume de l’Empire. Elle est sauvée par le Général Romain Frontinus. Celui-ci profite de la guerre civile qui règne chez les Brigantes, pour intervenir : il envahit leur contrée en 71. Jusqu’en 74, il les affronte à plusieurs reprises au cours de batailles particulièrement violentes. Progressivement, il parvient à contrôler la majeure partie de leur pays. Il y anéantit les derniers foyers de résistance. Et, finalement, il consolide l’organisation de ce qu’il considère comme une nouvelle Province Romaine ; tout en donnant l’occasion à Cartimandra de réintégrer ses fonctions.
Mais, Frontinus n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin : quelques mois plus tard, il prend la direction de l’Ouest. Il pénètre chez les Silures. Il conquiert la totalité du Pays de Galles. Il écrase le clan des Ovodices. Il songe un temps à débarquer en Irlande. En cours de route, il fonde les cités d’Isca, de Deva, et d’Aquine Sulis. A proximité de sources d’eau chaude, il érige des thermes. Il élève des Sanctuaires consacrés à la déesse Celte Romanisée Sulis/Minerve. Et c’est ainsi qu’il porte la frontière de l’Empire jusqu’en Calédonie.
C’est pour cette raison que, dès 77, de nombreux Bretons décident d’émigrer en Armorique. Ils abandonnent ainsi derrière eux leurs lieux de culte consacrés à Diancecht – leur dieu Médecin -, et au fils de Brigit et de Dagda, Mac Od – leur dieu de la jeunesse. Et, lorsqu’ils arrivent de l’autre coté de la manche, ils changent leurs noms, pour celui de Grannos – et l’associent aussitôt aux sources thermales, et pour celui de Bélénnus le Flamboyant.
En 82, Agricola achève la conquête du Nord de l’Angleterre : il franchit la ligne Clyde-Forth et envahit l’Ecosse. Et lors d’une violente bataille dans les monts Grampians, les guerriers Pictes, malgré leurs prouesses, sont mis en pièces par les soldats du gouverneur.
En 85, à l’époque où les Romains s’installent plus ou moins définitivement à l’intérieur des terres des îles Britannique, ceux-ci modifient le nom d’un certain nombre de villes conquises. De fait, celui de la cité Celtique de « Lhyndon » - qui signifie « cité des Bois » -, se transforme en « Londinium ». D’ailleurs, c’est à cet endroit que quelques années plus tard, ils fondent un Temple dédié à Mithra et à ses Mystères.
En 95, la cité d’Aquae Sulis se transforme en important centre religieux : des Sanctuaires environnés d’établissements thermaux y sont érigés. Tandis que des agglomérations telles que Londinium, Camulodunum, Verulamium, Calleva Atrebatum, ou Eburacum, ne sont plus considérés comme des oppidums par les populations locales : elles passent en effet à l’état de villes.
Malgré tout, le calme qui règne à ce moment là en Grande-Bretagne, ne dure pas très longtemps : dès 98, les groupes ethniques vivant dans le Nord de l’Ile deviennent de plus en plus agressifs à l’égard des Romains. Et la situation s’envenime à tel point, qu’ils obligent le nouvel Empereur – Hadrien – à réduire l’extension territoriale de son Empire en Angleterre. Bientôt, celui-ci prend donc la décision de construire un mur entre le Sud et le Nord de l’île. Il l’étend du Solway Firth à l’embouchure de la tyne. Et il le consolide à l’aide de fortifications flanquées de garnisons de Légionnaires aguerris.
Parallèlement, la même année, un terrible incendie ravage la cité de Londinium. Et son Sanctuaire dédié à Mithra est détruit.
Inde, Ier siècle :
En 35, Kujula réalise l’unité des Yuezhi, un peuple indo-européen chassé du Tarim par les Huns, et fonde la dynastie Kushâna. Puis, en 48, Kujula meurt tandis que son Empire s’étend désormais au-delà de l’Indû-Kûsh. Dès lors, son successeur, Vîma, agrandit les possessions du royaume jusqu'à Mathura.
De plus, c’est à la même époque que la route maritime entre l’Inde et l’Egypte devient une voie importante pour le commerce oriental, concurrençant ainsi les routes terrestres passant à travers l’Iran et l’Asie centrale.
En 51, c’est le célèbre Poète Valmaki qui est le premier, depuis un millénaire, à s’intéresser au Ramayana. De fait, il commence par se pencher sur les Textes disparates qui le composent. Il se met à étudier avec minutie les Récits qui ont été retranscrits au cours des siècles précédents par des auteurs anonymes. Il exploite un certain nombre de fonds Légendaires existant, selon lui, depuis le VIIème siècle avant notre Ere. Il traduit ceux-ci en Sanskrit, avant de les rassembler à l’intérieur de sept Livres. Il divise chacun de ces derniers en 24 000 strophes et en 650 Chants. Et, finalement, grâce à eux, il se rend compte que le Ramayana est basé sur une Réalité Historique Mythifiée datant du XVème siècle avant J.C. ; c’est à dire, de l’Epoque où les Aryens ont envahi et se sont installé dans la vallée de l’Indus.
Et il marque : « Rama eut un Destin Héroïque et Divin. Fils du roi d’Ayodhya, Dasaratha, il vécut toute sa jeunesse dans la cité de Koshala. Puis, devenu jeune homme, il remporta un concours au cours duquel il dut bander un arc Magique. De ce fait, il réussit à conquérir le cœur de la belle Sita. Malheureusement, il fut aussitôt écarté de la succession au trône : sa belle-mère intriguant contre lui, il fut en effet obligé d’abandonner son Royaume à son demi-frère Bharata, et dut s’exiler avec Sita.
Au cours de son errance, Rama affronta de nombreux Démons « Raksara ». Il combattit ensuite leur Souverain, un Dragon appelé Ravana, après que celui-ci ait enlevé Sita et l’ait emmené dans son Repaire de Lanka. Ce fut d’ailleurs pour cette raison que Rama s’allia avec le Roi des Singes Sugriva, qu’il réalisa plusieurs exploits pour lui ; chassant notamment ses ennemis de la ville de Kishkinda. Il parvint à localiser le lieu de détention de Sita grâce à son nouvel allié. En sa compagnie, il engagea une bataille décisive contre Ravana, et le vainquit. Il lui demanda ensuite de construire un pont afin de franchir le fleuve le séparant de Ceylan. Il atteignit la cité, y délivra Sita, mais lui fit subir une ordalie par le feu afin de la purifier ; puisqu’elle avait vécu un long moment chez un autre que son mari. Sita en sortit indemne, elle et son époux purent rentrer triomphalement à Ayodhya, et Rama put y reconquérir son trône. ».
En 62, les Huns installés au Pakistan Septentrional depuis près de deux siècles, franchissent les frontières de la bactriane. Aussitôt, l’une des tribus les plus influentes – celle des « Kusana » - profite de la situation pour soumettre les autres Clans qui composent sa Population. Grâce à son autorité nouvellement établie, son chef Kujula – ou, autrement dit, « Kadphises » - parvient très vite à conquérir la totalité du territoire de la bactriane. Et, finalement, il réussit à renverser les Monarques Parthes qui le gouvernent.
En 70, après avoir fini de soumettre la bactriane, Kadphises II – le fils de Kadphises – pénètre dans la vallée de l’Indus. Il y vainc les Scythes et les Souverains néo-grecs qui se la partagent. Il poursuit son avancée et envahit l’Afghanistan. En quelques mois, il prend le contrôle de sa capitale, Sirkap. Et, là, il fonde la dynastie Royale des Kusana.
C’est à partir de ce moment là que Kadphises II décide de propager la doctrine Bouddhiste du Mahayana – qui a jusqu’alors uniquement prévalu en Inde du Nord – dans toutes les Provinces de son Empire. Ainsi, il lui permet de se diffuser au Tibet et en Mongolie. Il envoie des Missionnaires Bouddhistes en Chine et au Japon. Et il crée des Sanctuaires ornés de tableaux représentant des Démons Terrifiants, et dédiés aux « Chapeaux Jaunes », un peu partout sur son sol.
Puis, en 78, Kadphises II offre le trône de Bactriane à son fils Kanisha. Quelques mois plus tard, le Souverain décède, et il lui succède. Aussitôt, il fait en sorte d’installer son Administration à Sisurkh. Peu après, il décide d’étendre son emprise sur le Turkestan Oriental et toute la vallée du Gange, et y parvient. Il a ensuite la sagesse de maintenir de bonnes relations avec son nouveau voisin : Sandrakottos du Royaume de Palimbothra. Parallèlement, il encourage ses nouveaux sujets à se convertir au Bouddhisme Mahayanique ; sans toutefois le leur imposer. Il érige plusieurs Stupas et quelques Sanctuaires Bouddhiques dans les principales villes de la région ; c’est à dire, à Jamalpur, à Saptarisi, à Kankali, à Yasa, à Bhutesar, et à Katra. Il permet à d’autres Religions comme le Sivaïsme, d’exister dans son Pays. De ce fait, il autorise les Brahmanes – qui ont été en défaveur auprès des Souverains Maurya – d’être rétablis dans leurs fonctions Impériales. Il déclare la cité de Mathura, Ville Sacrée du Culte « Krisanaïte ». Et il lui donne l’occasion de se transformer en lieu de pèlerinage, tout en lui donnant le titre de « Centre Politique Majeur ».
Il exige également que le Sanskrit soit employé lors de la rédaction de n’importe quel document – officiel ou non officiel. Il encourage ainsi une véritable renaissance de la littérature Sacrée et Profane. Il appuie l’Art Ghandarien qui commence à se développer dans la vallée du Swat. Il consent d’ailleurs à ce qu’il se déploie dans des sites Sacrés comme Saidu Sharif, Panr, ou Butkara. Il concède que leurs Stupas de forme circulaire richement ornés de sculptures, entourent leurs 200 Monuments Bouddhiques. Mais, peu après, il ordonne à ce qu’ils soient intégrés aux Sanctuaires Mahayaniques. Et, il exige que des niches, des moulures représentant l’image anthropomorphique de Bouddha, des faux piliers, et des escaliers, y soient déployés.
En 99, un art hellénisé se développe dans le Nord-Ouest de l’Empire Kusana. En effet, jusqu’alors, les artistes n’ont représenté les grands événements de la vie de Bouddha, que par des symboles. Mais, sous l’influence de l’art hellénisé de l’ancien domaine Séleucide, apparaît désormais un Bouddha aux traits occidentalisés, habillé d’un lourd manteau monastique très proche des étoffes grecques.
Deux techniques sont utilisées : la sculpture directe et l’art du stuc peint. Ce dernier se développe surtout là où sont les Temples en grand nombre, comme à Taxila, et dans les monastères que la générosité des zélateurs laïcs permet d’édifier. Plus au Sud, dans le domaine kusana, l’image anthropomorphique de Bouddha apparaît également dans un art où dominent, par contre, les caractères indiens.
Chine, Ier siècle :
En 29 avant J.C., Liu Xiu, le descendant légitime des Han, triomphe des rebelles et des autres prétendants. Mais, parallèlement, la puissance des Wang redevient prépondérante avec Wang Mang. Et fort de l’appui des confucéens, celui-ci est nommé Empereur en 6.
En 9, Wang fonde la dynastie des Xin. Pour célébrer l’ascension de celle-ci au Trône, il fonde nombreux Sanctuaires. Il y élève plusieurs Edifices à l’intérieur desquels il souhaite officier au son de Musiques Cérémonielles, et, où il désire promulguer un certain nombre de Principes Vertueux.
Mais son règne est marqué par un grand nombre de rebellions contre sa tyrannie : en 18, les « Sourcils Rouges », des paysans de Shandong, se soulèvent, bientôt rejoints par les paysans d’autres provinces et les partisans de l’ancienne dynastie. Wang Mang ne peut réagir, et la guerre tourne à l’avantage de Liu Xiu, dont les troupes prennent Chang’an en 22. Wang Mang est tué dans les combats. Un moment, les princes de Han se disputent le pouvoir. Puis, en l’an 25, Liu triomphe définitivement, fonde la dynastie des Han postérieurs – ou, « Han de l’Est », avec Luo Yang pour capitale, et prend le nom de règne de Guangwu Di.
De fait, Guangwu Di transfère très vite le siège de son Pouvoir vers le Levant. Il s’installe à Luoyang avec toute sa Cour. Il étend bientôt le noyau de sa nouvelle Métropole jusque sur les vestiges proches d’une Ville beaucoup plus ancienne : Changzhou. En 27, il fait mentionner les batteries de pilon dans quelques uns de ses Textes officiels. En 28, il ordonne de creuser une petite grotte artificielle sur les pentes du Mont Ling, et tout près de l’agglomération de Mancheng. Il demande que celle-ci soit accompagnée de bâtiments ornementaux. Il commande qu’y soit érigé un Tumulus. Au cœur de ce dernier, il exige que soit déposé un énorme cercueil, puis, cinq capules emboîtés les uns dans les autres. Il réclame qu’ils soient décorés de motifs polychromes tels que des nuages flottants stylisés, des thèmes animaliers et végétaux noirs, rouges, ou vermillon. Il veut qu’ils soient enrichis de peintures illustrant la cosmogonie et la philosophie Chinoises .Et, enfin, il explique que c’est à cet endroit qu’il ambitionne d’ètre inhumé en compagnie des principaux personnages de son Aristocratie.
En 30, des raisons plus militaires qu’économiques poussent les Han vers l’Ouest : ils y recherchent à la fois des alliances contre les Barbares toujours prêts à ravager leurs frontières du Nord et de l’Ouest, et des chevaux rapides et résistants ; les chevaux du Ferghana, qui leur permettent de réagir avec efficacité contre ces mêmes Barbares.
La mission la plus célèbre est celle de Zhang Qian, ambassadeur de l’Empereur Han Wudi, chargé à ce titre d’aller conclure une alliance avec les Yuezhi contre les Xiongnu. Parti en 38 de la frontière occidentale du Gansu et se dirigeant vers le Sud-ouest, il traverse le Ferghana et entre dans le Koland ; puis il parvient en Bactriane vers 40 et y trouve des bambous et des vêtements du Sichuan, arrivés là par une voie du Sud. Il repart un an plus tard et rejoint la ville de Chang’an en 43, sans être parvenu cependant à réaliser l’alliance souhaitée.
Pourtant, de nombreuses caravanes s’organisent. Partant de Chang’an dans un but commercial, elles se rendent au Ferghana afin de se procurer des chevaux. Des expéditions marchandes se dirigent aussi vers le Sud-ouest pour trouver cette fameuse route du Sud dont Zhang Qian a fait mention à son retour. Mais aucune d’elles n’y parvient, car elles sont très souvent attaquées par les brigands tibétains qui vont revendre à leur profit sur les marchés asiatiques les étoffes et les bambous de la région de Sichuan.
Quelques années plus tard, malgré tout, le général chinois Ban Chao réussit à imposer une véritable « pax sinica » sur toute l’Asie centrale. Après avoir reconquis tous les oasis de Mongolie en 48, du bassin du Tarim jusqu'à Kashgar, il se donne pour mission de soumettre définitivement les Barbares de l’Ouest, en levant dans les royaumes alliés ou vaincus les troupes qui lui permettent de battre le contrées rebelles. Il progresse ainsi vers l’Ouest : après avoir conclu une alliance avec les Kusana et soumis toutes les oasis, il devient « gouverneur général des Han en Asie centrale » et réside alors à Kucha.
En 52, un Architecte ayant participé à la construction du Mausolée de Gang Wudi retourne à Mancheng. Ensuite, il se rend aux abords du Tumulus Impérial. Il tente de s’y introduire afin d’y dérober les Trésors qui y ont été installés. Et, ce n’est qu’au retour de son périple, qu’il ose marquer :
« L’entrée du Tombeau était barrée par des grilles scellées entre deux murs de brique. Nous les ôtâmes. Nous pénétrâmes avec stupéfaction à l’intérieur de deux extraordinaires Palais souterrains. Nous aperçûmes le Caveau du Prince Jin de Zhongshan, Liu Sheng. A ses cotés, nous notâmes la présence du sarcophage de la princesse Dou Wan ; son Epouse. Nous comprîmes que nous nous tenions devant les Cercueils de nos anciens Monarques. Nous nous rendîmes compte que ces derniers étaient enveloppés dans des suaires de jade. Puis, enfin, derrière eux, nous discernâmes deux galeries latérales. Et, nous y vîmes des maquettes de bois reproduisant le Palais Terrestre des défunts. ».









































