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21 mars 2008

De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux : Pages 340 - 346

arche3Quelques semaines plus tard, au cours de son expédition, Ménélik écrit : « Laissant Jérusalem derrière eux, Ménélik et Zadok se dirigèrent vers Gaza. Parvenus là, ils suivirent ensuite la route des caravanes. Ils traversèrent la partie Nord de la péninsule du Sinaï. Ils entrèrent en Egypte au bout de treize jours de marche. Ils parcoururent rapidement son territoire. Ils suivirent le cours du Nil, puis son affluent appelé Takazé : « Avançons, s’écrièrent t’ils, car nous voici devant l’eau d’Ethiopie. Voici le Takazé, qui coule d’Ethiopie, et arrose la vallée qui est devant nous. ».

Ils franchirent dès lors la frontière Ethiopienne à Debra Makeda. Ils conduisirent leur Relique jusqu'à l’une des îles orientales du lac Tana ; en un lieu cher à Dieu – du nom de Kirkos, ou « Debra Sion ». Ils déposèrent celle-ci au bord d’une falaise située au sommet de l’île. Ils érigèrent un groupe assez serré de trois piliers de pierre. Le premier d’entre eux atteignit 1,50 mètre de hauteur et fut taillé en carré comportant en son centre une sorte de déclivité. Les deux autres mesurèrent un mètre, mais présentèrent également une cavité centrale de dix centimètres de diamètre. 

Puis, Ménélik et Zadok offrirent des holocaustes en l’honneur de leur Relique. Le prince trempa l’une de ses mains dans du sang de bœuf fraîchement égorgé. Il en répandit une partie sur les pierres. Il en fit couler sur le support maintenant l’Objet Sacré en l’air. Il versa ce qui restait du sang au creux des monolithes. Il s’éloigna, prit une jatte vide dans sa main gauche. Il y plongea son index. Et il l’éleva au-dessus de sa tète, le secouant un moment de haut en en bas. ».

A l’issue de cet holocauste, Ménélik et Zadok abandonnent l’île et la relique ; et prennent la direction de Zimbabwe. Ménélik fait alors remarquer à Zadok : « Mais les Elus du Seigneur sont des hommes d’Ethiopie. Car là se trouve la maison de Dieu, la sion céleste, l’Arche de son Alliance. ». Il lui dit encore : « Pourquoi t’attrister ainsi de notre départ de Jérusalem ? Car cela est arrivé par la volonté de Dieu. L’Arche et ses pouvoirs surnaturels ont été donnés au fils premier né de Salomon. Et que la volonté de Dieu soit faite, et non la volonté de l’Homme. ».

Et de rajouter : « Quant à ce que tu dis concernant le transport de l’Arche d’Alliance jusqu’en Ethiopie, si Dieu le voulut, nul n’aurait pu empêcher son départ. Car elle partit de son plein gré, et de son plein gré elle reviendra ; s’il plait à Dieu. ». Ou toujours : « L’Arche part de sa propre volonté, et ne peut être déplacé si elle ne le désire pas. Sans la volonté de Dieu, l’Arche ne résidera nulle part. ».

Une fois installé à Zimbabwe, et après avoir succédé à la reine de Saba, Ménélik se rend vite compte que les peuples vivant sur les hauts plateaux d’Abyssinie, sont animistes. Il s’aperçoit que ceux-ci se réfèrent sas cesse à nombre de divinités primitives appelées « Yeadaras » ; et censées être très puissantes. Il constate qu’ils vénèrent plus particulièrement un Dragon Céleste nommé Sando. Et il tente peu à peu de les convertir à sa propre religion. La légende révèle à ce propos : « Le fondateur de la nouvelle religion se nommait Anayer – « Ménélik en éthiopien ». Il vint en Ethiopie voilà bien longtemps. Après sept années de famine dans son pays d’origine, un pays très lointain, il émigra chez nous. Au cours de son voyage, avec sa femme et ses enfants, il rencontra le « Wambar », le plus important chef de la tribu des Fashalas – il est aussi le grand ordonnateur des Rites Ancestraux -, qui lui aussi voyageait avec sa femme et ses enfants. Un projet d’alliance matrimoniale fut envisagé entre les deux groupes. Mais, il n’aboutit pas. ».

« Car, se souvient Ménélik, comme m’y avait convié le Wambar, j’étais allé voir le « Qole ». En l’occurrence, il s’agissait d’un énorme acacia planté à l’Ouest du campement ; au sommet d’un éperon rocheux d’où le regard couvrait des dizaines et des dizaines de kilomètres de paysage accidenté. Cet après-midi là, donc, une douce brise, chargée des parfums du désert lointain, parcourait les canyons fauves en dessous de moi. Les ravins, les collines, favorisaient l’essor des aigles franchissant les contreforts rocheux. Je rejoignis le Qole et le contemplais. Noueux, massif, l’acacia me sembla si vieux que je le crus volontiers multicentenaire, voire multimillénaire. A l’intérieur du muret qui le cernait, je vis des offrandes ; à même le sol. Il y apparaissait une jarre d’huile, un tas de millet, des petits morceaux de café, un poulet ligoté dans l’attente du sacrifice. Chacune de ces pièces contribuait à la singularité du lieu. Et leur pieuse bizarrerie suscita en moi un frisson, mais nullement de terreur. ».

Après cette expérience, Ménélik parvient tout de même – non sans mal – à convertir plusieurs tribus de Fashalas à la religion Hébraïque. Par la même occasion, il les rallie à sa cause. Il leur fait accepter sa souveraineté sur leur territoire. Il doit faire face à d’autres clans, qui, eux, sont farouchement attachés à leurs Traditions liées au Qole. Et ils refusent de renier les lois de leurs aïeux. C’est ainsi que les hauts plateaux d’Abyssinie se scindent en deux camps : celui des tribus devenues Juives et acceptant Ménélik comme leur souverain ; et celui de celles s’accrochant désespérément à leurs dogmes, et considérant Ménélik comme un usurpateur.

De fait, de nombreux combats fratricides s’ensuivent. Certains chefs locaux profitent de l’occasion pour accroître leurs ambitions et susciter des rivalités. Ménélik, de son coté, use des différents courants pour remporter quelques victoires décisives. Et il fait plier tout le monde : « Le roi et la reine de cette nation, de la maison d’Israël, ont su préserver leur souveraineté et leur religion, qui remontent à des temps très anciens. ».

Au bout de quelques années, Salomon a sensiblement amélioré ses relations avec les pays avoisinant le sien. Désormais en effet, ses relations avec le roi de Tyr ne se limitent plus à de simples échanges commerciaux : les deux monarques se lancent régulièrement des défis sous forme d’énigmes à résoudre ; celles-ci sont pour eux autant d’occasions de faire preuve de leur jugement éclairé. Ils organisent aussi parfois ensemble des expéditions maritimes partant à la recherche de marchandises rares. Ils envoient de concert des navires en direction de Tartessos. Ils relèvent et fortifient les cités hébraïques d’Hazor, de Megiddo et de Gaza. Puis, ils font en sorte que ces dernières acquièrent une importance stratégique et commerciale primordiale ; Salomon donnant en effet ordre à leurs gouverneurs de renforcer leur contrôle sur les régions environnantes, mais aussi les trafics qui s’y implantent sans cesse. 

De fait, lorsque Salomon décide de faire bâtir un Temple sur la montagne de Sion – ou « Moriah » ; c’est à dire « l’endroit où Abraham a accepté de sacrifier son fils Isaac à Dieu » -, il a une idée précise du déroulement des opérations. D’abord, il entrepose l’Arche d’Alliance chez un Prêtre nommé Obedébom au cours des cérémonies pascales, afin de la protéger de toute profanation. Sept semaines plus tard – lors de la fête de la moisson -, il installe la relique sous une tente située non loin de Silo, au lieudit « la colline des Gabaonites ». Il demande bientôt au souverain Phénicien de lui envoyer des architectes – tels qu’Hiram – et des ouvriers spécialisés – ou « Compagnons -, pour l’aider à édifier son monument. Il apprend par la même occasion qu’Hiram est considéré chez lui comme quelqu’un exerçant des pouvoirs prodigieux. En échange, il envoie des denrées alimentaires et du bois au roi de Tyr. Il fait également appel à des Mages Egyptiens issus d’une Confrérie très ancienne, et doués de Connaissances considérables en Architecture. Il leur demande d’être accompagnés – entre autres - par les Sorciers Balaam, Flégétanis et Ireo Circio. Et il insiste auprès d’eux que le Temple doit être un reflet de la loi de Dieu, ainsi que le fil conducteur menant aux Clefs des Secrets de l’Arche.

Ses nouveaux collaborateurs étudient donc bientôt le territoire de Jérusalem le plus minutieusement possible. Ils cherchent le lieu où l’Essence Vitale du sol est la plus abondante. Ils lui présentent le plan d’un édifice décomposé en trois parties : le Vestibule – qui symbolise la mer -, le Sanctuaire – qui représente la terre -, et le Saint des Saints – qui désigne le plus haut des Cieux. Ils lui montrent également de quelle manière ils vont utiliser leur Art à l’intérieur du Sanctuaire ; dans quelles proportions ils vont s’inspirer du Savoir et de la sagesse des constructeurs de Pyramides, ainsi que de la force Spirituelle – redoutable et incomparable – qui ces derniers ont exercé sur elles, afin d’élaborer leur propre Architecture Mystique. Salomon est d’ailleurs vite d’accord avec leur manière de concevoir, et avec ce qu’ils lui proposent. Et c’est ainsi que ses invités s’attaquent à l’édification du Saint des Saints : « Les travaux débutèrent le second jour du second mois, sous la direction d’Hiram. Quand le premier bâtiment fut élevé, on dota ses murs intérieurs d’un revêtement en bois de cèdre sur lequel fut coulé de l’or. Ses poutres, ses seuils, les battants de ses portes, reçurent une couche protectrice faite en métal précieux venu de Nubie. Rien que pour les clous, on utilisa 50 sicles d’or. Hiram dressa ensuite deux colonnes sur le devant de la salle, l’une à droite, et l’autre à gauche. Et il nomma celle de droite « Jakin », et celle de gauche « Boaz ».   

Sur les parois intérieures de l’édifice, les Mages sculptent ensuite une sorte de cryptogramme universel évoquant l’Esprit de Dieu. Grâce à un Alphabet Occulte, ils retranscrivent les 72 noms d’YHWH au cœur de 36 talismans muraux ; ils les appellent « Clefs Hiéroglyphiques Majeures ». Par l’intermédiaire de leurs 22 lettres Magiques, aux structures numériques, chimiques et physiques essentielles, ils figurent des données géométriques telles que des tétragrammes. Ils insistent de fait sur la primauté du Temps, sur la richesse Spirituelle du Monde, ainsi que sur la réalité Mystique du Chaos créé par Dieu. Et, enfin, ils y dessinent des Constellations et des Etoiles renfermant le plus haut degré de Mystère Céleste grâce à leurs formes, à leur signification, et aux associations de leurs combinaisons.

De son coté, la reine de Saba ayant fait envoyer à Salomon de l’or d’Ophir, des pierres précieuses et du bois de Santal, ce dernier confie ces matériaux à Hiram. Hiram les utilise afin de fabriquer des escaliers, des harpes et des luths à installer dans le Vestibule. Il y érige encore un grand trône d’ivoire incrusté d’or pur : « Ce trône avait six degrés et un marchepied d’or attenant. Il y avait des bras de chaque coté du siège ; deux lions étaient près des bras, et douze lions de part et d’autre des six degrés. Il ne s’est rien fait de pareil dans aucun royaume. ».

Puis, Hiram fait ciseler les emblèmes du feu et de l’eau sur les bas cotés du Temple. Il y représente ainsi le triangle dont la point est dirigée vers le haut, et le triangle dont la pointe est dirigée vers le bas. Il pose un peu partout des étoiles à six branches – aussi appelées « Sceaux de Salomon » -, des « Cercles d’Ireo Circio » - ou, autrement dit des « Pentacles Noirs rattachés au Secret des Secrets ». Il y fait tailler des figures de dragons. Il y fait ciseler quelques unes de ces créatures mythiques en train de nager dans les profondeurs de la mer. I en façonne d’autres ressemblant à des êtres mi-poissons mi-serpents, et qu’il désigne par le terme : « Léviathan ». Il pose parfois des Ecritures : « Tu es le Roi de Sion, en vérité. » ; « Le Temple est le centre du Monde ; en choisissant la montagne de Sion, Dieu a bâti son Sanctuaire dans les hauteurs, comme la terre qu’il a fondée à jamais. » ; « Le Dieu d’Israël domine les Astres Célestes, les autres nations, et les dieux des autres peuples lui sont assujettis. » ; « Au nom du Dieu plein de miséricorde et de grâce, lent à se courroucer, toujours prêt à la clémence. » ; « Les nations monteront d’année en année pour se prosterner devant YHWH et profiter de la fête du Tabernacle. » ; ou « Les Sanctuaires de la reine de Saba étaient riches, mais leurs richesses n’étaient rien comparées à celles du Temple de Salomon. Le poids de l’or qui y était mis chaque année était de 670 talents d’or pur. Outre ce qu’il en retirait des négociants et des marchands qui en apportaient de tous les rois d’Arabie et des gouverneurs du pays, le roi Salomon e martela pour fabriquer 200 grands boucliers ; pour chacun desquels il employa 600 sicles d’or. ».

Et enfin, Hiram détache une pierre à l’angle du Temple. Il explique à ses Compagnons Maçons qu’il la réintégrera « le moment venu ». Il leur dit qu’elle sert en effet de Clef de voûte au corps Secret de l’édifice : « La pierre qu’a rejetée le bâtisseur est devenue la tète de l’angle. ». Il leur apprend que certains d’entre eux sont destinés à rester avec Salomon pour entretenir la construction qu’il a érigée. Il s’aide de plusieurs Mages Egyptiens pour leur transmettre sa Connaissance Architecturale, les notions structurales Sacrées, voire Interdites, qu’il y a mis. Il leur fait comprendre que le Temple est un chef d’œuvre de l’Art Maçonnique. Et, finalement, il leur demande de léguer à leurs successeurs ce qu’ils ont appris de lui.

Après sept ans d’élaboration, et avoir usé 17 000 ouvriers et 3300 officiers, le Temple est enfin terminé. Salomon décide alors de rassembler les Mages, les Anciens d’Israël et les chefs de tribus autour de lui : « Il réunit à Jérusalem les Anciens d’Israël et les Chefs des clans. Et l’arrivée de l’Arche d’Alliance, de même que la dédicace du Temple, eut lieu. ». Salomon et ses compagnons transportent alors l’Arche d’Alliance de la colline des Gabaonites au centre du Saint des Saints. A leur passage, tous les arbres qu’ils croisent se mettent soudainement à se couvrir de buée et à produire une abondante récolte de fruits. Ils aboutissent à l’entrée de la salle. Ils y pénètrent. Ils avancent jusqu’à un escalier central ouvrant sur un abîme – ou « Shettiyyah », ou encore « Puits des Ames » -, qu’ils descendent. Ils atterrissent devant un passage dissimulé sous le Saint des Saints. Ils s’enfoncent au cœur d’un boyau les conduisant dans les entrailles de la terre. Ils arrivent dans une seconde pièce. Ils déposent l’Arche d’Alliance au sommet d’un autel en or, tandis que celle-ci commence à produire une sorte de luminescence irréelle. Ils l’entourent rapidement des deux Chérubins qui ont été préparés à son intention. Ils posent les deux statuettes d’or, et dont les ailes ont vingt coudées de longueur, de part et d’autre de la relique. En même temps, ils voient une fumée multicolore matérialiser ce qui leur semble être la gloire d’YHWH. Ils se retirent donc rapidement dans l’obscurité pour ne pas être touchés par l’aura de l’Eternel. Et Salomon ordonne que, désormais, l’Arche ne doit être jamais plus approchée par personne ; nul ne doit y avoir accès, si ce n’est les Grands Prêtres du Temple ; et encore, qu’une fois par an. Ils seront en effet les seuls qui auront l’autorisation de la contempler quand se produira sa grande illumination.

Salomon dit enfin que la montagne de Sion, ainsi que son Sanctuaire, seront dorénavant identifiés à la montagne divine du Septentrion ; celle d’où ruissellent les eaux vivifiantes du Monde. Et, finalement, devant l’Arche, il sacrifie une multitude de brebis et de bœufs en l’honneur de l’Eternel : « Mais il advint que les Prêtres ne purent rester à proximité de l’Arche d’Alliance à cause de la nuée, car la gloire de l’Eternel remplissait la maison de l’Eternel. Alors, Salomon parla : « Le Seigneur a dit qu’il habiterait dans une nuée. O, Dieu, j’ai bâti cette maison afin qu’elle te tienne lieu de demeure et que ton trône y soit établi pour jamais. Pourtant, si les Cieux, et les Cieux des Cieux, ne peuvent te retenir, comment moi, encore, le pourrais dans cette maison que j’ai bâtie pour toi ? ». ».

Salomon demande alors à Balaam d’entreposer les trésors constitués par les prises de guerre de David, aux cotés de l’Arche d’Alliance : « L’or et tous les instruments que David avait consacré, Salomon les fit mettre dans la maison de Dieu. ». Il commande à Flégétanis de lui réécrire la très ancienne histoire du Graal. Pour cela, il lui suggère d’examiner attentivement les Etoiles et les Constellations inscrites un peu partout dans le Temple : « Le Graal n’est pas être conservé dans un récipient de fer, ou de tout autre métal. Il est enveloppé de lainage, puis, mis dans une chasse de plomb remplie d’orge. ». Flégétanis écrit encore que sa lignée, comme celle de Balaam et des autres Mages Egyptiens venus en Israël, a depuis longtemps acquis un grand Savoir remontant des Ages très anciens. Il marque alors que c’est pour cette raison qu’il est obligé de cacher « ce » Graal à l’intérieur de l’Arche d’Alliance.

Puis, il fabrique dix chandeliers à sept branches. Pour cela, il commence par utiliser un fragment de la « Pierre-Emeraude » enchâssée à « ce » Graal. Il façonne leurs extrémités en forme de trident. Il grave leurs soubassements d’un croissant de Lune renversé – ce qui désigne la constellation de Sirius chez les Mages Egyptiens. Il orne leurs socles de mots tels que « Zohar » - qui signifie « l’Eclat de la flamme » -, ou « Rotas » - ce qui donne « Resh, Vav, Tav et Samekh » en hébreu. Il cisèle encore à leurs sommets, une contraction de plusieurs lettres semblables. Il leur adjoint une lame d’or et une tiare sacerdotale portant l’inscription « YHWH ». Il invoque enfin des Esprits, les enchaînent à des embryons humains doués d’une grande force physique, afin qu’ils protègent les sous-sols du Saint des Saints. Puis, il apprend à Salomon d’innombrables enchantements liés à ces « Golems », pour que ce dernier puisse les dominer et les contrôler :   

« Selon l’ordonnance qui concernait les dix chandeliers d’or, Balaam et ses amis placèrent ceux-ci dans le Saint des Saints ; cinq à droite et cinq à gauche. Ils y déposèrent également 100 coupes d’or. Ils installèrent d’autres ustensiles : des tables sur lesquelles ont mettrait des pains d’oblation, des lampes d’or pur qu’on devrait allumer au cours des cérémonies, des fleurs, des mouchettes d’or très pur, des couteaux, des coupes, des tasses, et des brassiers d’or pur. ».

A l’issue de la cérémonie d’investiture du Temple, Salomon fait immédiatement en sorte de cristalliser la vie politique et religieuse du pays, autour de Jérusalem. Car il est persuadé que la sainteté de la cité irradie dans toutes les directions depuis la montagne de Sion. Dès lors, il amène à sa cour nombre de poètes, de lettrés et de scribes. Il invite également des chanteurs et des musiciens maniant luths, cymbales, harpes et petits disques métalliques produisant de curieux sons discordants. Il désigne les clercs Melchisédech et Azarias – le fils de Zadok – comme Grands Prêtres. Il établit vite une généalogie permettant aux ecclésiastes Lévites de rattacher leur ascendance à Aaron. Il leur demande en outre de porter une marque distinctive : des vêtements de lin blanc ornés de hiéroglyphes désignant l’Orient du Ciel. Il leur ordonne de se vouer désormais entièrement au culte de Yahvé, mais aussi de présider aux sacrifices l’honorant. Il établit parmi eux une hiérarchie au sommet de laquelle apparaît une caste de « Maîtres Initiés » - des « Pères » -, dont les membres inférieurs doivent recevoir la « Connaissance ».

Or, lors de leur investiture, les membres de la caste inférieure subissent plusieurs épreuves : « Etendus sur le sol, les yeux bandés, les nouveaux venus entendent trois Clercs décider de les enfouir sous un tas d’ordures jusqu'à minuit. On les emmène alors hors du Temple. Afin de symboliser l’enterrement d’Hiram, on les enveloppe dans une couverture. On les fait descendre dans une tombe creusée en haut d’une colline située à l’Ouest du mont Moriah. Les sujets entendent les trois clercs s’accorder pour marquer la nécropole grâce à un rameau d’acacia, puis pour attendre que la cloche sonne les douze coups. ». 

Une fois cette expérience accomplie, les jeunes Initiés sont disséminés par leurs supérieurs un peu partout dans le pays. Ils apprennent à se faire respecter et à se faire craindre par toutes les couches de la population hébraïque. Ils font en sorte d’exercer sur elle une certaine influence. Ils répandent la croyance en la puissance des Mages et des Démons : « Tu ne laisseras pas vivre une Sorcière d’Endor. » ; mais ils essayent de communiquer avec l’Inconnu par d’autres moyens que ceux reconnus par leur Religion. Ils persuadent ceux qu’ils rencontrent sur leur route qu’il existe une autre forme de vie Outre Tombe. Ils imaginent en effet que les défunts deviennent des Ombres menant une vie triste et larvaire dans le Monde Souterrain ; ils estiment que le retour de celles-ci dans l’Univers des vivants doit être terriblement redouté. Par ailleurs, au cours de conclaves locaux ou régionaux, ils ont pour obligation de donner leur bénédiction aux hommes et aux femmes qui viennent les voir. Ils doivent leur communiquer la volonté de Dieu en ce qui les concerne, au moyen de la divination. Ils accordent une grande valeur aux rêves intuitifs ; pour eux, ce sont des instruments de Révélation. Ils usent de leurs capacités thaumaturgiques en prononçant des oracles redoutables, mais également par l’intermédiaire de techniques leur conférant des pouvoirs quasi surhumains.   

De leur coté, une fois l’an, les « Pères » - « Grands Prêtres » sont contraints de commémorer publiquement le jour du Sabbat. A ce moment là, ils pénètrent dans le Temple de Salomon. Ils se dirigent vers le Saint des Saints. Ils approchent du voile recouvrant l’Arche d’Alliance. Ils trempent leur index dans le sang d’une victime expiatoire, puis procèdent à sept aspersions à la face de Dieu, avant de répandre de reste du sang sur le sol.

Ces « Pères » ont encore pour charge d’organiser et de célébrer les trois fêtes rurales israéliennes. Ils rassemblent le peuple de Jérusalem sur l’esplanade du Temple pour une durée de sept jours. Ils conviennent d’accomplir des Rites pendant la nuit de la pleine Lune. Ils participent à des réjouissances collectives. Ils perpétuent la fête du pain en Mars-Avril, avec son acte essentiel qu’est l’immolation de l’anneau ; celle de la moisson en Mai-Juin, sept semaines après la fête pascale ; et celle de la récolte, qui marque la fin de l’année agricole et le début de l’année nouvelle.

Or ces événements, habituellement, les Pères font par ailleurs en sorte de rehausser la majesté de YHWH auprès des fidèles par toutes sortes de moyens. Un jour, ils instituent autour de lui une véritable cour Céleste. Ils désignent plusieurs des membres de celle-ci par le nom « d’Anges », de « Saints » ou de « Fils de Dieu ». Ils expliquent aux profanes que ces derniers font office de courtisans auprès de Dieu en chantant ses louanges. Ils racontent qu’ils font partie de son armée. Ils déclarent qu’ils se trouvent au sein de son Conseil ; ce Conseil au cours duquel YHWH décide du destin des Héros. Ils annoncent que Satan et ses sbires, apparaissent parmi eux, mais que c’est dans l’entourage de ces Ennemis qu’YHWH recrute ses espions et ses messagers. Ils avouent que, de la même manière qu’un souverain terrestre, Dieu doit ainsi souvent se méfier de ses courtisans, qu’il ne peut leur accorder une confiance aveugle ; que dans ces cas là, il a pour devoir de les punir en transposant sur le plan divin le destin réel ou supposé de ces puissances étrangères. Et ils insistent enfin sur le fait que, quand les tâches les y oblige, les Anges prennent un forme visible afin de se dévoiler aux Hommes ; mais qu’à ce moment là, leur caractère surnaturel se révèle par l’intermédiaire de leur beauté, ainsi que par leur capacité à s’évanouir aussitôt dans la nature. De même que par leur facilité à remonter vers la voûte Céleste au milieu de flammes multicolores.

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