Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Mes Univers
Publicité
12 janvier 2012

La Citadelle des Ombres - Nuit du Deuxième Jour au Troisième Jour, Septième Partie

144Je jette un coup d'œil autour de nous. Mon anneau Magique parvient à percer difficilement la pénombre environnante. Sa luminescence ne s'étend que sur peu de distance. Les diamants du dragon éclairent l'ouverture par laquelle nous nous sommes échappés. Ils luisent aux abords du corridor au cœur duquel nous nous sommes réfugiés. Ils poursuivent son cheminement, avant d'être stoppée net par le bloc de pierres qui s'est échappé du plafond. J'ai un instant buté contre ce dernier, le corps inanimé de Fÿn-loth sur l'épaule. Ils s'échappent enfin vers le prolongement du passage sur deux ou trois mètres. Et ils illuminent les lieux avec suffisamment de clarté pour apercevoir son pan de mur le plus proche de nous ; celui que j'ai examiné avec attention lors de mon arrivée ici.
A l'issue de l'échange que Fÿn-loth et moi venons d'avoir, le silence s'étend de nouveau progressivement. Telle une chape de plomb, il se glisse partout. Immédiatement, l'atmosphère devient pesante. Un peu comme si les créatures surgies de l'Au-delà que j'ai affrontées un peu plus tôt se tenaient non loin de nous. Bien sûr, ce n'est pas le cas, mais, je fixe tout de même l'ouverture durant quelques secondes afin de me rassurer. Je vérifie également si mon hypothèse s'avère exacte. Je n'ai pas envie de les voir quitter la salle où leurs caveaux sont installés, et nous attaquer une fois encore. Je suis persuadé que cette fois-ci, ni Fÿn-loth ni moi n'y survivrions pas.
Fÿn-loth regarde dès lors dans la même direction. Ses traits se crispent aussitôt ; la peur et le désespoir se réfléchissent immédiatement sur chaque pore de son visage. De la sueur se met à perler de son front, tandis que ses membres commencent à chevroter. Ses doigts effilés sont parcourus de frissons qui remontent jusqu'à ses épaules. « Tu..., tu sens quelque chose ?, me demande t'il avec angoisse.
- Non, réponds-je. Je suis simplement prudent. »
Je ne lui montre évidemment pas que je suis aussi terrifié que lui, si ce n'est plus. Lui n'a pas été confronté à Oleÿth et ses Serviteurs ; moi, si. Même si je suis conscient que son combat contre les créatures reptiliennes n'a pas dû être évident, il ne s'agissait pas de Morts-vivants maudits il y a plusieurs centaines d'années.
Je commence à me relever. M'arc-boutant à l'aide de la paroi se trouvant derrière moi, je me redresse progressivement. Aussitôt, la douleur de  ma jambe ankylosée par le froid se réveille. Ses élancements se diffusent à nouveau de la cheville au sommet de la cuisse. Ils sont peut-être légèrement moins douloureux. Mais les  milliers d'épines chauffées à blanc qui paraissent les accompagner à chaque fois que je m'appuie sur elle sont toujours présents.
Finalement, je parviens à me hisser complètement. Par contre, la tète me tourne. J'ai l'impression que le sol tangue sous mes pieds ; comme si je me trouvais sur un navire en pleine tempête. « Je... je... », Fais-je, tandis que je me rends compte que ma jambe est sur le point de me lâcher. La sueur au sommet de mon front se fait plus abondante ; des gouttelettes se mettent à en perler et à glisser le long de mes joues. Ma vue se brouille légèrement. Une pensée fulgurante me traverse soudain l'esprit. Vais-je pouvoir maintenir actif le sort de « Lumière » de mon anneau Magique ? Si ce n'est pas le cas, je crains que les Spectres ne tentent une sortie hors de la tanière, et n'essayent de s'en prendre une seconde fois à nous. Dans ce cas, je ne pourrais rien faire pour les repousser – même momentanément - ; et Fÿn-loth, dont le psychisme est affaibli, ne réussira pas non plus à les blesser suffisamment pour qu'ils nous laissent tranquilles.
Heureusement, malgré ses multiples entailles plus ou moins cicatrisées, sa faiblesse mentale qui l'empêche d'user de son Art comme le ferait un Apprenti à qui l'on viendrait d'enseigner sa première Incantation de base, Fÿn-loth se rend tout de suite compte de mon état physique pitoyable. Il se hisse aussitôt à mon niveau.
Je l'entends gémir d'affliction. Je vois son corps chanceler légèrement. Je discerne ses doigts s'agripper à la façade fissurée, craquelée, et dont nombre de dessins ont disparu. Je remarque que plusieurs de ses balafres les plus récentes sont en train de se rouvrir ; des filets de sang se mettent en effet immédiatement couler de celle que j'avais obturé sur sa joue gauche. D'autres dégoulinent depuis l'une des nombreuses déchirures de son vêtement ; une autre encore ruisselle au niveau de son coude, imbibe sa manche, et se répand jusqu'à sa main, puis, entre ses doigts.
 Malgré tout, il réussit à rester debout et à me soutenir le temps que je m'appuie sur lui. Mais, durant un instant, la douleur de ma jambe a été si intense que j'ai cru que j'allais défaillir. Et je ne suis pas certain que mon compagnon Elfe ait été pu de me soutenir à ce moment là.
Je me repose sur lui. Je tends le bras devant moi afin que mon anneau éclaire le corridor en direction du tournant qu'il prend un peu plus loin. Je me tiens en équilibre – instable certes – en m'appuyant contre le mur. De son coté, Fÿn-loth se met à progresser en s'agrippant au épines s'échappant de l'intérieur vers l'extérieur de la paroi. Celles-ci doivent le blesser encore plus ; je repère les traces rougies de la paume de ses mains qui maculent les pierres sur lesquelles il vient de les poser. Il avance lentement, et je le suis prudemment. Mais, à chaque pas que je fais, ma jambe me déchire ; elle m'éprouve cruellement.
Nous réussissons tout de même à parcourir les quelques mètres qui nous séparent de la courbure du couloir. Lui, continuellement sur le point de s’effondrer d’épuisement ; moi, invariablement sur le point de m’écrouler de douleur.
Nous nous éloignons donc définitivement de l’ouverture menant vers l’intérieur de la crypte. Celle-ci retombe immédiatement dans l’obscurité. Les caillasses encombrant le passage en divers endroits s’éclairent à leur tour. Je perçois le pavement défoncé, le limon terreux encombré de détritus divers, de poussière et de toiles d’araignées disparates. J’ai d’ailleurs le sentiment que notre trajet dure des heures, alors que cela ne doit faire qu’une minute ou deux que nous avons quitté notre refuge. Cette impression n’en n’est que plus forte que mes élancements s’intensifient. Elle n’en n’est que plus extrême lorsque je jette un regard vers Fÿn-loth, et que je m’aperçois que lui aussi ne va plus pouvoir rester debout très longtemps ; une minute ou deux au grand maximum.
Heureusement, le virage que prend le couloir n’est plus loin. Encore un léger effort, et ma main réussit à toucher le bloc rocheux pentu sorti de son emplacement ; situé à la fois contre la paroi dont les fresques sont en partie effacées, et sur une partie de la longueur du plafond, c’est comme s’il avait été brutalement arraché de son positionnement initial il y a des centaines d’années. Puis, je réussis à m’adosser contre lui, très vite rejoint par mon compagnon d’infortune. Je m’y laisse glisser de tout mon long ; Fÿn-loth également. Exténué, j’essaye d’oublier la douleur lancinante – mais tout de suite moins forte du fait que je suis assis – qui me tenaille. Je sens la tète me tourner, un brouillard épais perturbe ma vision. A l’instant même où je suis sur le point de fermer les yeux et de sombrer dans l’inconscience, je discerne le jeune Mage Elfe installé dans la même position que moi à moins d’un mètre de là. Il vient tout juste de défaillir. Puis, à mon tour, je m’assoupis profondément, et tout disparaît autour de moi.

Publicité
Commentaires
Mes Univers
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 289 394
Publicité
Derniers commentaires
Archives
Mes Univers
Newsletter
Pages
Publicité
Publicité