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13 mai 2016

autobiographie, pages 157 à 159 / 312

X1Que dire des deux week-end qui ont suivi ? Malgré notre différence d’age – je devais avoir 21 ans il me semble -, l’osmose entre elle et moi a été parfaite. Pour la première fois de ma vie, une jeune femme qui m’attirait, qui me plaisait, à laquelle j’ouvrais mon cœur, en avait fait de même à mon égard. Un soir, au retour d’une soirée non loin de chez elle, nous avons même failli faire l’amour. Mais elle a refusé, non pas parce qu’elle ne le désirait pas. Mais uniquement parce que la chambre de ses parents était à proximité, et qu’elle avait peur de se faire surprendre. Mais il s’en est fallu de peu. Nous avons aussi commencé à faire des projets. J’étais prête à l’accueillir chez moi à Paris prochainement, si notre amour naissant devenait de plus en plus fort au fil des semaines suivantes.

 

Le seul hic, une fois encore, s’est avéré être son père. A la différence de la précédente, il m’est vite apparu que tous les membres de sa famille, y compris elle, avaient peur de lui. Ils me l’ont décrit comme quelqu’un d’autoritaire, de violent, d’alcoolique. Celui-ci ne voyait pas d’un bon œil ma relation naissante avec sa fille. Mon handicap, pour lui, était quelque chose dont il ne voulait pas, de plus. Bien que sa fille semblât amoureuse de moi, et moi d’elle, avec de plus en plus de passion d’ailleurs au fil des jours, il a exigé d’elle qu’elle mette un terme à notre relation. C’est donc contraint et forcée, en larmes, qu’à la fin de mon deuxième séjour chez elle, tout s’est brisé. Elle m’en a expliqué les raisons. J’ai essayé de la rassurer en lui disant que je pouvais aller voir son père. Que je pouvais lui expliquer que j’étais un jeune homme sérieux, que mes intentions étaient honorables, que mes sentiments pour elle étaient sincères. Elle n’a pas voulu que j’entreprenne cette démarche. Elle a même été terrorisée parce que, m’a-t-elle avoué « sitôt que j’aurai le dos tourné, il s’en prendrait à elle, il la « tabasserait ». Ainsi que sa propre mère et son petit frère, auxquels je m’étais attaché, et qui s’étaient attachés à moi. ».

 

Sur le quai de la gare, c’est le cœur gros de tristesse, de rêve brisé, que je suis retourné à ma solitude. Elle m’a promis que lorsqu’elle aurait 18 ans et qu’elle serait majeure, nous pourrions nous revoir et reprendre notre relation là où nous l’avions laissé. Bien sûr, c’était une chimère, puisque quelques mois plus tard, elle a rencontré un autre jeune homme davantage de son âge, et apparemment plus en phase avec les attentes de son père. Malgré tout, au cours des années suivantes, de temps en temps, nous avons continué à prendre des nouvelles l’un de l’autre. Elle me téléphonait une fois tous les six mois environs. Elle me demandait comment j’allais, elle me racontait comment sa vie se déroulait, et notamment amoureusement. La dernière fois qu’elle m’a téléphoné, elle était enceinte de son petit ami du moment, et moi, je rentrais une fois de plus en clinique, afin d’y subir une nouvelle opération de chirurgie esthétique.

 

Tous ces déboires, je l’ai souligné plus haut, ont vidé les économies de mon livret A, au grand dam de ma famille. J’ai aussi été dans le rouge à la banque un temps. Mais ce sont mes grands-parents maternels qui ont renfloué mes comptes. Finalement, je me suis débarrassé du minitel. C’était la chose la plus sage à faire, sinon j’aurai été tenté de m’en resservir. Et puis, de toute façon, une autre phase de mon existence a débuté : j’ai été embauché à mi-temps au musée des arts décoratifs à Paris. Il est situé à Paris, entre le musée du Louvre et la rue de Rivoli, pour ceux et celles qui connaissent un peu la capitale. J’y ai été embauché en tant que gardien des salles du musée. Je me souviens qu’à cette époque, y était exposée des œuvres de Lalique. J’y suis resté cinq mois, à arpenter de long en large les salles et les couloirs de ce lieu.

 

Ce n’était pas un travail très intéressant, très stimulant. Mais après ma longue période de chômage – plus de deux ans -, je n’avais pas le choix si je voulais demeurer indépendant sur Paris. Et ne pas être obligés de rejoindre mes parents dans la Sarthe. Car, je dois spécifier que si, en 1991, mes parents ont accepté que je reste seul dans leur pavillon, c’est parce que je venais de trouver un emploi dans une entreprise chimique non loin de ce lieu d’habitation. Il était prévu que je sois employé à l’essai durant l’Été pendant deux mois. Et à l’issue de cette période, je serais définitivement embauché en CDI.

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