Ecrire sur le Nazisme
Plus je progresse dans la rédaction de mon ouvrage sur les origines occultes du Nazisme, plus je me rends compte du travail considérable à accomplir pour le mener à terme. Oh, cela ne me fait pas peur ; cela ne m’empêche pas de poursuivre l'écriture de ce livre. Mais, je m’aperçois qu'il y a beaucoup d'aspects à étudier, à disséquer, à analyser, et à retranscrire, pour comprendre les mécanismes intellectuels et idéologiques qui ont permis à cette doctrine monstrueuse d'émerger.
Avant-hier, comme je l'ai déjà indiqué, j'ai entamé la lecture du « Journal du Diable ». Il s'agit d'un livre sur Alfred Rosenberg, son parcours, et ses pensées les plus intimes qu'il a retranscrites au sein d'un journal intime redécouvert récemment. C'est un texte intéressant, qui me permettra de combler quelques trous à l'intérieur de mon propre manuscrit. De petits détails, en fait, mais qui ont tous leur importance afin de l'enrichir et d'être au plus près de ce qu'a été le Nazisme. Il vient donc se rajouter aux myriades de notes que j'ai accumulées lors de mon passage à la Bibliothèque, et au fil de mes lectures ultérieures.
Aujourd’hui, j'ai écris plus de 110 pages de mon manuscrit. Et celui-ci est loin d’être achevé. Je me demande s'il ne fera pas, au final, entre 400 et 500 pages ; davantage peut-être. C'est un travail monumental, exigeant, exténuant mentalement. Je ne sais pas si, parmi ceux et celles qui lisent ces mots, il y en a qui ont l'habitude de rester concentré ainsi des heures durant. A réfléchir, à détailler, à trouver la meilleure formulation pour décrire les notes qu'ils ont à portée de main. Si c'est le cas, ils savent don à quel point c'est un engagement total, exclusif, nécessitant patience, attention, application, prudence, etc. Quant aux autres, je peux leur assurer que c'est aussi fatiguant qu'un emploi « normal » - « métro-boulot-dodo » - auquel on s'adonne quotidiennement.
Heureusement, je ne suis pas en « Terra Incognita », puisque j'ai pratique ce genre d'exercice presque chaque jour, lorsque j'étais à la fois employé et chercheur à la Bibliothèque Nationale. Au contraire, cela me rappelle de vieux souvenirs. Mes automatismes concernant la façon de procéder, me reviennent sans effort. Et je suis heureux de m'y plonger avec délice, passion, fascination, sérieux, et minutie. Je suis dans l'univers où je me sens chez moi, où je me sens totalement moi, au summum de mes capacités intellectuelles, de raisonnement, et où mes connaissances peuvent s'exprimer librement, rigoureusement, et intégralement. C'est dans des domaines comme celui-ci – où l'investigation historique, philosophique, etc. et l'écriture s’entremêlent étroitement, qui m'enthousiasment le plus au sein de cette existence.
Le sujet abordé, certes, est difficile. Il évoque de vieux démons qui ne demandent qu'à se réveiller, lorsqu'on voit l'évolution de notre société actuelle, et les tentations extrémistes de certains partis politiques. Pour ma part, j'estime nécessaire de se souvenir ce que nos parents, nos grands-parents, ou nos aïeux, ont vécu, pour comprendre notre présent, et pour bâtir un avenir ayant retenu les leçons du passé. Il semble, en effet, qu'il y a quantité de personnes qui ont effacé ces atrocités de leur mémoire ; qui se disent : « c'était il y a longtemps ». Et qui, pourtant, sont prêts à emprunter le même chemin qui a conduit au totalitarisme incarné par le Nazisme ; puis, à la conflagration généralisée qui en a découlé.
C'est pour cette raison que je tiens particulièrement à mener à terme ce projet. Tant pis si j'y consacre un ou deux ans de ma vie. Si je dois passer des heures et des journées entières, seul derrière mon ordinateur, à réfléchir, à ire, à étudier cet épisode de l'Histoire récente particulièrement abominable. Mais, je m'y dois ; pour tous ceux et toutes celles dont les parents, les grands-parents, en ont été les victimes. Et pour rappeler à ceux et celles qui ont oublié ce qu'est la barbarie la plus infâme souillant à jamais notre humanité, que celle-ci n'est pas morte. Qu'elle peut se réveiller à tout moment si nous n'y prenons pas garde. Et qu'un jour, en s'imaginant que l’extrémisme est une réponse adéquate aux temps de crises que nous subissons, ce sont eux qui sont susceptibles d'en être les témoins ou les martyrs...