autobiographie, pages 296 à 298 / 312
L'excursion en forêt de Paimpol a été très agréable. Mème si elle a été infructueuse pour ma démarche, je ne l'ai pas regrettée. En effet, il s'agissait de la forêt qui a été le théâtre de divers épisodes de la légende Arthurienne mettant en scène les principaux de ses héros : Arthur, Lancelot, Merlin… Ce jour-là, le ciel était clément, le Soleil au rendez-vous. J'ai apprécié de m'imprégner de lieux que j'avais longuement étudié dans des livres consacrés à cette légende s'enracinant dans la mythologie celte, teintée de druidisme et de christianisme. Mais j'ai dû être le seul, ce jour-là, à réaliser à quel point ils étaient imprégnés de mystères, d'énigmes historico-mythologiques. D'ailleurs, si mes souvenirs sont exacts, un guide nous a conduit un moment à l'intérieur de cette forêt, et si ce n'est un ou deux endroits, celui-ci n'a pas abordé cette mythologie, ainsi que les histoires et les héros qui lui étaient liés. A part moi, les autres participants ne voyaient en cette promenade qu'une simple déambulation au milieu de bois et de rochers, au cœur d'un paysage, certes magnifique, mais sans attraits le différenciant d'autres contrées qu'ils avaient déjà visité. Et, secrètement, cela m'a attristé, choqué mème. Comment pouvais t'on longer des sentiers et des sites où l'Histoire et la Légende s'imbriquaient de façon si étonnante, et rester de marbre ? Comment rester insensible à leur atmosphère et ne pas avoir connaissance de ce qu'ils représentaient ? Pour des personnes originaires de la région, cela me restait incompréhensible.
La seconde soirée à laquelle je me suis rendu par l'intermédiaire de cette agence matrimoniale, était organisée dans un restaurant du département. Elle était consacrée à l'astrologie, et une médium devait y intervenir. Personnellement, je n'ai jamais cru à l'astrologie. J'ai assez étudié les Arts occultes au cours de mes investigations diverses et variées à la Bibliothèque Nationale, pour savoir que cette pseudo-science ne repose sur aucun fondement sérieux. Mais bon, cela me donnait une occasion de rencontrer des gens, et peut-être des jeunes femmes susceptibles de m’intéresser. Donc, j'y suis allé.
Là encore, la soirée s'est déroulée agréablement. Il y a mème eu une jeune femme – la seule du groupe d'ailleurs, puisque la plupart des invités avaient plus de 45 ans -, qui a semblé être relativement attirée par moi. Elle ne me plaisait pas particulièrement, mais c'était mieux que rien. Donc, après les démonstrations fumeuses de l'astrologue, suivies d'un repas gastronomique, nous nous sommes échangés nos numéros de téléphone. Et nous nous sommes promis de nous recontacter ultérieurement. Ce que j'ai fait une semaine plus tard. Apparemment, cette jeune femme n'était pas contre le fait de venir passer un week-end en ma compagnie à Laval. Mon handicap et ma tache de vin ne la gênait pas. De fait, je l'avoue sans honte, je l'imaginais déjà dans mon lit. Malgré tout, cet entretien téléphonique n'a pas eu de suite, puisque ni elle ni moi n'avions de voiture. Et comme elle habitait aux alentours de Rennes – c'est à dire à près d'une centaine de kilomètres de Laval -, notre échange s'est arrêté là. Ce qui ne m'a pas affecté plus que cela, puisqu’elle n'avait suscité aucun emballement en moi lorsque je l'avais croisé.
Au contraire de la suivante, lors de ma dernière tentative auprès de cette agence matrimoniale. Cette fois-ci, le rassemblement se déroulait dans une discothèque. Un repas y était prévu. Il était suivi d'une soirée dansante. J'avoue que j'étais moyennement emballé. Et j'ai fait part de mes réticences à la dirigeante de l'agence matrimoniale. Je lui ai fait remarqué que la grande majorité des personnes inscrites étaient âgées de plus de quarante-cinq ans. Certaines avaient plus de la soixantaine, alors que moi, j'abordais à peine la trentaine. Je ne me sentais pas à ma place parmi elles. Nos centres d’intérêts étaient différents, nos objectifs dissemblables. Il me paraissait improbable de découvrir parmi elles, une jeune femme qui me plaisait. Et ce n'est qu'à force d'insistance et de promesses que l'organisatrice de ces réunions m'a convaincue de l'accompagner à cette soirée.
Je l'y ai donc suivie, presque malgré moi. Je n'en n'attendais rien de concret. Peut-être, éventuellement, discuter avec des gens aimant le cinéma ou la lecture, mais pas davantage. J'espérais surtout que je m'y ennuierai pas, à l'instar des précédentes où j'étais resté dans mon coin à attendre que le temps s'écoule le plus vite possible. Comme à l'accoutumée, je m'étais habillé en costume-cravate. Je rêvais d'un miracle. Et, un moment, j'ai cru que celui-ci s'était produit.