De Deiteus Mythica, le Mythe des Demi-Dieux, pages 1014 à 1015 / 1803
Egalement en 1528, plusieurs Européens commencent à parcourir le sous-Continent Indien de long en large. Ils y visitent l’Ancien Temple d’Elephanta. Leur découverte suscite aussitôt l’hostilité des Franciscains et des Jésuites qui les accompagnent. Ceux-ci sollicitent dès lors l’aide d’Andréa Corsali afin de les aider à partir en guerre contre ce qu’ils considèrent comme des Sanctuaires Démoniaques. C’est lui qu’ils chargent d’envoyer des compte rendus de destructions d’idoles à Julien de Médicis – le Financier Florentin de ce dernier. Et, de fait, c’est leur intermédiaire qui se permet de lui relater :
« Sur les parois de l’un de ces Temples apparurent des images d’Eléphants, de Lions, et de Tigres. S’y déployèrent également de nombreuses figures humaines, des Amazones, mais aussi, beaucoup d’autres Créatures Fantastiques. ».
A la mort de Baber, en 1530, son fils, Humayun, lui succède. Nasir al-Din Muhammad Humayun a appris l’exercice du pouvoir aux cotés de son père : il a combattu à Panipat, administré plusieurs provinces de l’Empire. Pourtant, cette succession officielle n’empêche pas les descendants de Baber de se disputer le trône. En fait, c’est un officier moghol d’origine afghane, Chir Chah, qui finit par s’emparer du pouvoir. Gouverneur de Bihâr, Chir Chah affronte victorieusement les armées du Grand Moghol : Humayun connaît alors quinze ans d’exil, de 1540 à 1555.
Pendant son gouvernement, Chir Chah règne en Empereur souverain en Inde. Il ne reconnaît pas l’autorité du califat, mais n’opère pas de rupture véritable avec l’Inde des Sultans de Delhi, trop occupés à prendre ou à reprendre le pouvoir. Il est le seul pourtant à chercher à réorganiser le gouvernement. Concentrant tout le pouvoir, il réduit ses ministres au rang de secrétaires et se fait assister d’un vizir, à la fois ministre des Finances et Premier ministre.
Il réorganise le système de collecte des revenus, en essayant de répartir les impôts de manière équitable. Pour cela il fait recenser les terres selon leur étendue et la qualité des sols. Pour faciliter la circulation, il abolit les douanes intérieures et tente d’assurer la sécurité dans ses Etats. Il crée une nouvelle monnaie, fait réparer les routes et construire des auberges : on y trouve des logements séparés, une mosquée, des chevaux.
Le souverain moghol patronne aussi les arts et la littérature. Chir Chah crée un jardin de style persan. Et, au fil de ses conquêtes, il continue à planter jardins et vergers. Il rédige en outre lui même son autobiographie ; il commence à consigner ses souvenirs à partir du moment où il aurait dû accéder au trône de Ferghana. Il décrit ensuite les paysages, les animaux, les plantes du pays qu’il découvre. On le voit inquiet à la veille d’une bataille, enthousiaste devant des fleurs ou des fruits inconnus.
Par ailleurs, le Moghol développent l’influence persane en Inde, à travers des monuments sobres et équilibrés, que surmontent d’immenses dômes circulaires, décorés de marbre et de pierres de couleur. Leur règne marque une période très riche sur le plan culturel, où les éléments hindous et musulmans fusionnent en un style singulier.
Chir Chah meurt en 1545, après avoir entamé une politique de réformes administratives. Son successeur, Islam Chah, maintient la dynastie au pouvoir quelques années de plus. Mais sa mort, en 1553, déclenche des luttes fratricides. Humayun, le fils de Baber, revient au pouvoir et entreprend de consolider les conquêtes de son père. Il meurt en 1556. Son fils Akbar lui succède : voilà la dynastie moghole installée.
A suivre...