8 juin 2021
Mardi 08/06/2021 :
Car c'est toujours l'imprévisible, ce dont je ne suis ni responsable ni coupable, qui s'acharne sur moi. Les épreuves, les difficultés, et les obstacles, qui font de mon existence un cauchemar, je ne les ai, le plus souvent, ni voulues ni provoquées. Et pourtant, ce sont eux qui s'acharnent sur moi, qui reviennent sans cesse à l'attaque, qui me harcèlent jusqu'à me détruire, jusqu'à ce que je n'en puisse plus. Pensez-vous qu'elles stopperaient leurs véhémences à ce moment-là ? Bien-sûr que non !!! Elles redoublent d'ardeur pour me détruire, pour que je sois incapable de me relever ou récupérer un peu de mes forces physiques ou mentales.
Écorché vif, elles poursuivent leur œuvre de destruction. Je me bats en permanence, j'y use ma santé, j'y mets toute mon énergie ou toute ma volonté pour les éviter, pour les repousser. J'en vainc une ou deux de temps en temps. Mais, un peu plus tard, elles reviennent me hanter plus déterminées que jamais à m'abattre. Et moi, l'handicapé, l'homme à la santé fragile, l'homme épuisé et terrorisé par ces ennemis invisibles, je n'ai ni repos ni répit. Je suis incapable, il m'est impossible, de trouver un moment de calme, apaisé, serein. Il m'est impossible de vivre un moment tranquille sans craindre que le ciel ne s'effondre sur moi. Sans craindre que les êtres humains ne me fassent encore plus de mal que je ne peux l'endurer.
Mes émotions sont tellement vives, qu'elles sont toujours sources de souffrance. La main que je temps, repoussée, évitée, fuie, est condamnée a être mordue, déchiquetée, alors qu'elle ne cherche qu'un peu d'amour ou d'amitié. Et ces émotions, déjà exacerbées par ces épreuves, ces difficultés, ces obstacles, quotidiens, est secouée de spasmes de souffrance ; des larmes de sang coulent irrémédiablement. Et je me replie sur moi-même, je m'isole, pour ne plus être confronté à l'indifférence de ces personnes, pour ne plus être la proie d'émotions que je ne peux pas partager, pour ne pas être tenté de vouloir échanger, sachant que la réciproque n'est pas vrai.
Voilà, une vie sans alternative, sans espoir, sans rêve susceptible d'être atteint. Voila : juste écrire, juste lire, juste apprendre et découvrir le monde, raisonner, réfléchir, tenter d'évoluer humainement, mais seul dans son coin. Parce que l'Humanité dont je suis ne souhaite pas être confrontée à des êtres qui doivent se battre bien au-delà des limites du supportable pour survivre. Elle préfère les personnes pour qui le bonheur et la joie, pour qui la convivialité et l'existence, sont des éléments simples et faciles.
Oui, l'Humanité n'a pas envie d'être confrontée aux gens qui vivent le pire alors qu'ils se battent pour atteindre le meilleur. Et même si parfois, ces derniers remportent quelques maigres batailles, l'immensité des défis qui les attendent, l'Humanité n'en tiendra pas compte ; persuadée qu'elle est qu'elle vaut mieux que ces gens au destin semé de périls et de désillusions....
Dominique Capo
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