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17 août 2021

Pourquoi nous allons payer cher le retour des Talibans en Afghanistan :

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En 2016, à l'époque où Daesh avait étendu son territoire au maximum - à cheval sur l'Irak et la Syrie -, j'avais rédigé deux textes sur ce qui se déroulait à la fois là-bas, mais aussi chez nous au vu de la vague d'attentats dont l'Occident était alors victime. J'avais remis dans son contexte global, retracé l'historique du pourquoi et comment nous en étions arrivés là. Et si mon exposé n'étudiait pas l'ensemble de ces facteurs, j'y avais intégré tout ce que je connaissais sur ce sujet.

 
Le premier de ces textes s'intitulait : "Migrants, tout ce que nous leur devons" ; le second se nommait : "Les dessous d'une migration de masse", parce que je les débutaient par la migration venue de Syrie à laquelle l'Europe était confrontée parallèlement. Et résultat : plus d'une quarantaine de pages à décortiquer ces faits qui ne sont plus que de l'Histoire à présent.
 
Ceux et celles qui désirent lire cet exposé, d'ailleurs, je le tiens à leur disposition. Ce qu'ils y liront ne leur plaira pas forcément. Mais l'Histoire n'est pas là pour contenter ; elle relate des faits ; elle analyse, approfondit, scrute, le pourquoi et le comment, les causes et les conséquences, de notre passé ; qu'il soit récent ou lointain. En tant qu'historien - même amateur -, c'est un précepte auquel je me suis toujours tenu ; y compris lorsque les éléments que je dévoilais devaient provoquer l'ire, la violence, le mépris, la condamnation de bon nombre de personnes...
 
De l'Histoire ? Vraiment ?
 
Pas tout à fait, en réalité. Et depuis plusieurs semaines, et encore plus depuis hier, ces événements nous rappellent à leur bon souvenir. Ça fait deux ans, la planète entière a les yeux rivés sur un seul sujet. Du matin au soir, on ne parle que de ça, on ne vit qu'autour de ça : la pandémie de Coronavirus et les bouleversements profonds de notre société, de notre façon de vivre, qu'elle provoque. Tout le reste est devenu subsidiaire, est passé au second plan. Comme si ce qui était advenu avant, y compris juste quelques mois ou quelques années auparavant, s'était instantanément évaporé.
 
Que les gens ont la mémoire courte ! Que leurs préoccupations les plus proches les aveuglent. Ils oublient aussitôt ce à quoi ils ont été confrontés durant des quelques semaines, durant les quelques mois, durant des quelques années précédentes. Comme si ça n'avait jamais existé. Ils sont tellement accaparés par les bribes d'informations que les médias, que le Web, que les réseaux sociaux, distillent au gré des intérêts ou des luttes d'influence des uns et des autres, qu'ils ne voient rien lorsque le ciel leur tombe sur la tète. Ça a été vrai pour Ben Laden, ça a été vrai pour l'Irak, ça a été vrai pour Daesh et les attentats islamistes qui ont ensuite ravagé l'Occident, ça a été vrai pour le pandémie de Coronavirus.
 
Le monde change en permanence, de plus en plus vite, de plus en plus foncièrement. Une page de notre Histoire contemporaine est en train de se tourner sous nos yeux ; nous ne reviendrons plus jamais à cette "époque idéalisée, mythifiée, sublimée", d'avant le printemps 2020. Que nous le voulions ou non, que nous l'acceptions ou non, d'ailleurs ; et mème si certain(e)s s'accrochent désespérément à ce chimérique espoir. Je pense en fait que ce seront ces derniers qui en pâtirons le plus. L'Histoire en effet nous a maintes fois montré que le "c'était mieux avant" n'est ni objectif ni réalisable. Et ceux qui ont tenté de le ressusciter s'en sont toujours mordu les doigts. La réalité a tôt fait de les rattraper.
 
Bref, pour revenir à l'actualité, la grande majorité des gens et de nos dirigeants imaginaient que le spectre incarné par les Talibans et les djihadistes de tous poils qu'ils trainent dans leur sillage, avait périclité. Quelle erreur monumentale ! Quelle faute, mème. Il nous revient aujourd'hui comme un boomerang réveillant les terreurs et les cauchemars avec lesquels nous pensions en avoir terminé. Car, ne vous bercez pas d'illusions :
 
Le retour des Talibans au pouvoir en Afghanistan est le prélude de nouvelles convulsions dans cette région du monde. Faut-il vous rappeler que les Talibans d'aujourd'hui n'ont pas évolué d'un iota, que la charia qu'ils prônent et qu'ils s’apprêtent à remettre en vigueur dans ce pays, est partiellement à l'origine de l'émergence d'un Ben Laden ou d'un État islamique au Moyen-Orient ? Faut-il vous rappeler que l'Iran, le Pakistan, le Qatar, et même l'Arabie Saoudite - qui est censé être l'un des plus fidèles alliés de l'Occident là-bas -, sont des monarchies ou des républiques islamiques qui soutiennent leur vision autocratique de l’État. Un État où la loi religieuse est au-dessus de la loi des hommes.
 
Faut-il vous rappeler également que l'un des premiers gestes des Talibans après leur prise de Kaboul hier, a été d'ouvrir les portes des prisons dans lesquelles étaient enfermés de fervents islamistes capturés par les américains, et confiés à l'autorité légitime - jusqu'à présent - gouvernant ce pays ? Il y a de quoi en avoir des sueurs froides quant à leur capacité à nuire, quant à leurs intentions et à leurs projets, maintenant qu'ils sont de nouveau libres !!!
 
Faut-il encore vous rappeler que les protestations de bonne volonté de façade ne tiendront pas longtemps. Il va vite revenir, le temps où la population sera soumise et terrorisée par ces fous d'Allah ; où les femmes seront mariées de force ; où elles seront contraintes à porter le niqab intégral et accompagnées d'un "grand frère" dès qu'elles devront sortir de chez elles ; où l'éducation, l'école, avoir un emploi, leur sera interdit ?
 
Pire, cette fois-ci : avec le désengagement de l'Amérique - et de moindre ampleur, de l'Europe - en Afghanistan, la Chine et la Russie ont déjà passé des accords avec les Talibans. Ces deux pays espèrent ainsi élargir leur sphère d'influence ; comme ces deux nations s'y emploient déjà en Afrique - pour la Chine - en y achetant des territoires destinés à devenir stratégiques dans un avenir pas si lointain du fait de leurs ressources naturelles. En Ukraine, Crimée, Biélorussie, etc pour la Russie de Vladimir Poutine, pour leurs minerais ou leurs terres agricoles fertiles, et qui vont prochainement s'avérer vitales pour nourrir ses populations. Et ce, à l'heure où les canicules à répétition, où les inondations à répétition, où les dévastations des ouragans et des cyclones, sont parmi les effets dramatiques du changement climatique qui se font de plus en plus sentir.
 
Il faut en effet recontextualiser ce qui se déroule actuellement en Afghanistan parmi les nombreux aspects d'une géopolitique et d'une géostratégie globale. Il ne s'agit là que le dernier épisode en date d'une guerre souterraine que se livrent les différentes super-puissances tentant d'imposer leur suprématie au reste de la planète. Car, si les États-Unis se considèrent comme telles, la Chine, l'Inde, la Russie, le Brésil, notamment, usent de tous les prétextes et de tous les outils à leur disposition afin de les rattraper ; voire, afin de les dépasser. C'est de bonne guerre. L'Europe et les États-Unis en ont fait autant, essayent encore sans vraiment y parvenir à en faire de mème, actuellement.
 
Raison pour laquelle donc, l'Afghanistan est un enjeu si important. Puisque ce pays est positionné à un endroit éminemment stratégique. Il suffit de regarder la carte de cette région du monde pour s'en apercevoir : l'Afghanistan est au croisement de plusieurs routes.
 
A sa frontière, se trouve le Pakistan. Doté de l'arme nucléaire, allié présumé de l'Occident qui, en sous-main, poursuit ses propres buts en désaccord total avec les valeurs de celui-ci, c'est l'ennemi héréditaire de l'Inde depuis l'indépendance du nord-ouest de ce sous-continent. C'était en 1947, après l'indépendance de l'Inde et le retrait des Britanniques de son territoire. Une guerre civile entre Hindous et Musulmans s'en est suivie. Puis, le détachement de son territoire de la confession majoritairement musulmane, de celle de confession majoritairement hindoue. Depuis donc, le Pakistan et l'Inde sont deux frères ennemis qui se font face.
 
D'autre part, l'Afghanistan a une frontière commune - mince mais non moins réelle - avec la Chine d'un coté, avec la Tadjikistan, l'Ouzbékistan, et le Turkménistan, qui sont des provinces sur grand frère russe. Turkménistan, dont la population est elle-même en grande partie de confession musulmane, et sur laquelle la Turquie lorgne avidement. Enfin, l'Afghanistan à une dernière frontière, au sud, avec l'Iran des mollah - faut-il rappeler la tension au sujet du développement des armes nucléaires dont l'accuse les États-Unis - ; la Syrie de Bashar-el-Assad n'est pas loin. La guerre civile qui y règne est un terreau fertile où les Talibans peuvent semer leurs graines. Ça s'est déjà produit puisqu'après la fin de l'Al Qaida de Ben Laden, c'est en Syrie et en Irak ses émules y ont émigré, puis ont fondé Daesh.
 
Enfin, l'Irak, toujours aussi affaibli depuis le départ des Américains, est également assez proche. C'est un territoire sur lequel leur influence peut éventuellement s'étendre ; avec la bénédiction de l'Arabie Saoudite et des autres émirats, avec lesquels ils peuvent s'entendre pour y instaurer la loi islamique. Et je ne parle mème pas du Liban, en pleine déliquescence, d’Israël, qui représente l'ennemi à abattre ; et des Palestiniens qui sont aptes à profiter de la déstabilisation de la région pour la cause qui est la sienne.
 
Des ponts permanents, des relations profondes et anciennes, existent donc entre l'Afghanistan et ses voisins pour tout un tas de raisons ; parfois contradictoires, mais cependant bien réelles. Les négliger, les minimiser, est un risque supplémentaire de faire le jeu des fous d'Allah ; des fous d'Allah qui n'hésiterons pas à élargir leur champ d'action ; qui n'auront aucun scrupule à frapper sur notre sol pour tenter d'affaiblir nos démocraties et les idéaux de liberté de conscience, de parole, où la femme à autant sa place que celle de l'homme dans tous les rouages de notre société, etc. qu'elles incarnent. Des fous d'Allah qui sont à l'affut de la moindre opportunité pour engendrer la peur et la désunion autour des valeurs qui sont les nôtres.
 
Le retour des Talibans en Afghanistan porte en lui le germe de tout ce que l'Occident a essayé d'éradiquer pendant vingt ans en ayant des troupes combattantes dans ce pays. Certes, Ben Laden a été éliminé. Mais Daesh lui a succédé. Et aujourd'hui encore, au Sahel, alors que l'armée française se désengage progressivement de ce théâtre d'opérations, Boko haram et consort regagnent le terrain perdu du fait de nos interventions. Qui peut dire où, demain, cette hydre aux têtes sans cesse réapparaissant, va frapper ; où elle va répandre son influence souterraine jusqu'à ce que nous n'ayons plus d'autre choix de nous confronter à elle ?
 
Le danger est toujours présent. Pour certain(e)s, ce que je décris peut paraitre lointain, en dehors de notre juridiction ou de nos intérêts. A court terme - et encore - ; c'est peut-être le cas. Quoique, le cauchemar des années 2015-2016 en Europe, et plus largement en Occident, peut ressurgir plus tôt que ceux-ci se l'imaginent. Dans une période où l'Occident parait particulièrement affaibli face à la pandémie qu'il combat, il est possible que les terroristes islamistes qui se sont fait discrets jusqu'à présent, profitent de la résurgence des Talibans. Maintenant que l'Afghanistan, terre d'Islam intégriste, est de nouveau entre les mains de ces derniers, je gage que des camps d'entrainement, que des groupuscules vindicatifs, que des leaders rêvant de nous détruire, se mettent à y pulluler.
 
Vingt ans pour en arriver là. Et pourquoi ? Je vois deux raisons supplémentaires à cela : premièrement, qu'on le veuille ou non, l'Afghanistan n'est pas un État tel que nous avons coutume de le définir : centralisé, organisé, avec une administration et des lois communes à tous. L'Afghanistan est constitué de tout un tas de groupes claniques qui s'allient ou se font la guerre en fonction de leurs nécessités ou de leurs charges. Par exemple, la culture du pavot, à l'origine de la fabrication de la drogue qui est ensuite revendue en Europe ou aux États-Unis, est à la base de luttes intestines permanentes. Les groupes claniques qui contrôlent les flux monétaires qu'ils génèrent, sont une myriade à se les disputer. Parfois, il y en a qui s'allient pour faire main basse sur les routes de la drogue transitant par l'Afghanistan. Et si les Talibans peuvent les aider en cela, ils s'allieront à eux. Si ce sont les russes, les chinois, qui ferment les yeux pour qu'ils en turent profit, alors, les chinois ou les russes seront leurs amis.
 
Éventuellement, si un État centralisé tel que celui qui avait été soutenu par les États-Unis jusqu’à présent, les laissait mener leurs affaires comme ils l'entendaient, pas de problèmes. La corruption généralisée de l'administration y contribuait, d'ailleurs.
 
Deuxièmement, lorsque les États-Unis et l'Europe ont mené leur guerre en Afghanistan, ont traqué Ben Laden, ils ont fait la mème erreur qu'en Irak, avec les résultats que nous connaissons aujourd'hui. Résultats qui se feront sentir plus âprement pour nous lorsque le gros de la pandémie de coronavirus sera derrière nous, et que la politique internationale, ou que la géostratégie globale sera à nouveau sur le devant de la scène. En en repartant, nous avons laissé des champs de ruines derrière nous. Ces populations que nous avons "libéré" de leurs bourreaux espéraient que nous les aidions à reconstruire leur pays. Elles souhaitaient apprendre de nous comment organiser un État, comment bâtir des bâtiments publics, des écoles, des routes, des infrastructures leur permettant de solidifier leurs institutions.
 
Mais, qu'avons nous fait, malgré les belles promesses que nous leur avons débité. L'immense majorité des efforts et des fonds que nous y avons injectés ont été consacrés à la guerre. Une guerre nécessaire contre le terrorisme certes, mais qui, sans la reconstruction de ces écoles, de ces routes, de ces bâtiments publics, seraient inefficaces. Les camps de soldats que nous y avons envoyé ressemblaient beaucoup à ce que nous connaissons dans nos pays, en matière d'organisation, de ravitaillement, de courrier, de réseaux de communication, etc. Nous avons promis d'en faire autant pour les population que nous avions pris sous notre tutelle. Sauf que nous n'avons pas tenu nos promesses.
 
Si ce n'est l'aspect militaire, ce qu'attendaient, ce qu'espéraient de nous, ces populations, a été trahi. Quelle surprise qu'elles se jettent dans les bras de ceux que nous avons combattu avec tant de force durant les vingt ans où nous avons été présents ? En fait, c'était éminemment prévisible. Ce à quoi nous assistons est la conclusion logique, inéluctable, des promesses non tenues que nous leur avons faites. Pire, à cause de nos choix, il est plus que probable que la lutte contre le terrorisme islamiste que nous croyons terminé, resurgissent prochainement. Ces populations n'oublieront pas cette trahison de notre part. Les caciques islamistes en train de s'installer à Kaboul et ailleurs en Afghanistan n'ont désormais qu'à souffler sur les braises de cette désillusion pour les transformer en désir de vengeance, en ressentiment, en haine, et en violence, à notre encontre. Et avec les germes qui pullulent toujours de l'Irak au Sahel, ces petites étincelles pour le moment insignifiantes, vont nous couter très cher un jour ou l'autre ; y compris sur notre propre sol.
 
1000 milliards de dollars investis pour cette guerre contre le terrorisme islamiste depuis vingt ans, Joe Biden a t-il annoncé hier lors de sa déclaration télévisée. Pour quoi ? Pour rien, retour à la case départ. A laisser une situation pire que celle qui existait à la veille du 11 Septembre en fait. L'Afghanistan est de nouveau aux mains des Talibans. Des Ben Laden en gestation, des dizaines, des centaines, sont désormais en liberté ; de l'Afghanistan au Mali, de l'Irak à la Libye, ils attendent leur heure. Ils se restructurent pendant que nous avons les yeux tournés vers la pandémie qui nous accable. Quelle aubaine, pour eux. Ils reconstituent leurs forces ; ils communiquent via Internet et les réseaux sociaux, ils se servent du chaos que nous avons semé pour recruter, pour enflammer des populations qui n'aspiraient qu'à la paix et à la liberté. Et nous les avons abandonné à leur sort. Les milliards promis ont été un leurre dont seuls une poignée de personnes, d'entreprises, d'organisations, ont profité.
 
Qu'on ne joue pas les surpris lorsqu'on voit le sauve-qui-peut général auquel nous assistons depuis hier par l'entremise de nos postes de télévision. Oui, tout cela était prévisible ; il n'y avait qu'à patienter un peu pour que cet engrenage fatal que nous avons déclenché se manifeste. Et ce n'en n'est que le début. Le pire, pour ces populations démunies, délaissées, est à venir. Nous en sommes les responsables. Les uniques responsables, nous qui avons laissé une armée afghane insuffisamment formée, sans matériel militaire digne de ce nom, et inadapté à la guérilla que les Talibans ont toujours mené depuis l'invasion par les soviétiques en 1979 (voir "Migrants, ce que nous leur devons") Nous qui avons échoué dans la mission que nous nous étions donné en Irak et en Afghanistan, en y établissant un État de droit dont nous nous désolidarisons maintenant.
 
Oui, nous renions nos promesses. Oui, nous baissons honteusement les yeux pour ne pas regarder ces gens qui nous faisaient confiance. Oui, les considérations financières qu'hier nous voyions comme nécessaires pour mener notre combat contre le terrorisme international, n'est plus aussi vital. Et pourtant, le terrorisme islamiste n'est pas mort ; il est plus présent que jamais, même s'il ne fait pas la une de l'actualité du fait de la pandémie de coronavirus actuelle. Oui, cette Troisième Guerre Mondiale qui ne dit pas son nom, nous l'avons perdu. Et oui, nous devrons sous peu la recommencer, et à ce moment là, elle sera plus éprouvante, plus dure, plus violente, plus meurtrière encore.
 
Ce retour de bâton se discerne déjà à l'horizon ; et nous, comme des naïfs, nous en sommes à toujours à nous consterner, à être pétrifiés, à nous étonner de ce que nous voyons en nous demandant pourquoi ; pauvres imbéciles que nous sommes...
 
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