1 novembre 2021
En bref :
En fin de semaine dernière, j'ai terminé la rédaction d'un long passage de mon autobiographie intitulée "Quel roman que ma vie". 18 pages à remanier, à corriger, à couper, à corriger, à reconstruire. Elles s'arrêtaient en détails sur l'épisode datant de Décembre 1970, lorsque mes parents et moi, alors âgé d'à peine un an, avons été pris dans la terrible tempête de neige qui nous a bloqué trois jours durant aux alentours de Montélimar.
Bien-sûr, je ne m'en souviens pas - j'avais alors un an à peine -, et je l'ai élaboré à partir des souvenirs de ma Maman ; qui a largement contribué à l'élaboration de ce chapitre. Celui-ci a été difficile à retranscrire, parce que nécessitant beaucoup d'attention, de concentration, de relectures, de modifications. Souvent, c'est en réfléchissant longuement à chaque mot, à chaque paragraphe, aussi infimes soient-ils, que je l'ai construit. Je l'ai terminé épuisé, pour ne pas dire dans la douleur.
C'est aussi ça le travail d'écrivain : s'accrocher, coute que coute, au prix d'efforts mémoriels et littéraires que d'aucuns ne peuvent s'imaginer. De temps en temps, les mots, les phrases, ne coulent pas toutes seules de l'esprit de leur transcripteur. Ce qui prendrait quelques jours pour un passage plus aisé à mettre au jour, peut prendre des semaines, voire des mois. Sans se décourager, sans baisser les bras, sans abandonner parce que c'est trop fatiguant ou trop difficile. Chaque jour, y revenir sans cesse ; mème si le résultat n'est pas à la hauteur de ses espérances ; mème si ce n'est que deux lignes ou un paragraphe qui a été écrit.
Je suis extrêmement exigeant quand je me plonge dans la rédaction d'un texte destiné à être publié auprès du plus grand nombre. Ici, parfois j'oublie des coquilles, je fais des répétitions, des fautes d'orthographe, etc. Par contre, quand il s'agit de ce que je destine à être édité, mon exigence envers moi et envers le résultat auquel je souhaite aboutir n'a pas de limites.
Je désire qu'à mes yeux, ce soit au plus près de la perfection littéraire. C'est dans ma nature. Je suis comme ça dans ce domaine, comme dans d'autres aspects de mon existence. Sans doute une résurgence de ce que la vie et les gens ont attendu de moi du fait de mon handicap et de la maladie de Sturge-Weber dont je suis atteint.
Bref, ces pages sont terminées, et désormais, je me concentre sur la fin de la période où mes parents, ma sœur, et moi, avons vécu à Marseille. Je pense qu'il va me falloir encore quelques jours, deux à trois semaines peut-être, afin d'en venir à bout. Mais, cette fois, la rédaction de ces pages est beaucoup plus facile, beaucoup plus simple. Les mots et les phrases viennent tout seul, sans que j'ai besoin de les forcer à se matérialiser.
Ensuite enfin, j'entamerai l'élaboration de la nouvelles mouture du chapitre intitulé "Livry-Gargan". J'ai déjà écrit son introduction à la main, sur une feuille volante. Plus fluide, plus agréable que sa précédente version, je ne devrais pas avoir trop de mal à le retravailler pour lui donner la forme que je ceux lui voir prendre. Ce n'est qu'après ces deux épisodes que je pourrais m’atteler à ces années en tant qu'enfant, en tant qu'adolescent, puis en tant qu'adulte, qui ont fait de moi l'homme que je suis aujourd'hui.
Sur ce, j'y retourne. Comme je retourne à mes innombrables lectures. En ce moment, je dévore les cinq derniers romans de Michael Connelly, dont la plupart sont consacrés à ces deux emblématiques héros que sont Harry Bosch et et Michael Haller. J'ai presque terminé le plus ancien, le plus récent étant paru il y a un mois. Et je ne parle même pas de tous les autres romans et nouvelles - thriller, fantasy, science-fiction, etc - qui m'attendent au pied de mon lit.
Et puis, évidemment, je m'occupe du matin au soir de ma compagne atteinte de sclérose en plaques. Mon sacerdoce quotidien. Mais, en même temps, si épuisant, si stressant, si désespérant soit-il, que je négligerai jamais, que ne délaisserai jamais, parce qu'elle est la lumière de ma vie...
Dominique Capo
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