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21 août 2022

Les Cathares, pages 18-22/60 :

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Les Cathares, ou "revêtus", s'abstenaient de viande, d’œufs et de laitage, tous produits d'origine animale, pratiquant une alimentation purement végétarienne. Voués à une chasteté absolue, ils évitaient tout commerce sexuel.

Quant aux rites, ils étaient très simples (par réaction contre l’Église, qui se couvrait d'or et de pourpre) et dénués de tout esprit de superstition, comprenant surtout des prières en commun, des chants et des sermons s'inspirant des livres de Manès et des gnostiques.

Les cathares n'avaient pas de lieu de prédilection pour pratiquer leur culte, la nature leur offrait ses bois, ses campagnes, les seigneurs leurs châteaux, les bourgeois leurs maisons. On a dit qu'ils voulaient détruire la famille, ce qui est faux puisqu'ils approuvaient le mariage « civil » pour les simples croyants. D'après Fernand Niel, les albigeois pratiquaient une forme de confession publique qu'ils appelaient « apparellamentum », mais leur principal rite était le célèbre consolamentum. Il était donné, soit à un croyant qui voulait entrer dans la communauté des Parfaits, soit aux mourants voulant réaliser une bonne mort. Cette cérémonie très simple consistait pour le Parfait à imposer les mains sur la tête du consolé en prononçant certaines paroles dont nous ignorons la teneur. On peut supposer que derrière ce cérémonial existait un secret venu des gnostiques et des premiers chrétiens, secret fondé sur la transmission d'une force vivifiante et immense, que les Parfaits pouvaient procurer au moyen d'un « baptême de l'esprit », du signe de la pureté fait aux mourants.

Cette aide invisible permettait d'échapper à la chaîne des renaissances et ouvrait l'accès au royaume spirituel. Le consolamentum n'était qu'un symbole extérieur. Derrière lui se cachait le don de l'âme, qui permettait à cette dernière de traverser, rayonnante, le portique étroit de la mort, d'échapper à l'ombre et de s'identifier à la lumière. Et les cathares avaient, pour l'entraide aux mourants, des procédés dont la science est à jamais perdue. Ne craignant pas la mort, il arrivait parfois que certains Parfaits en vinssent à se laisser mourir par « endura » :

« Leur doctrine affirme Otto Rhan, permettait, comme celle des druides, le suicide ; toutefois, elle exigeait qu'on mit fin à sa vie non par lassitude de vivre, par peur ou par douleur, mais dans un état de parfait détachement de la matière. ». Toujours d'après notre auteur, les cathares effectuaient l'endura toujours à deux : « Ce frère au coté duquel le cathare avait passé, dans la plus idéale amitié, des années d'efforts continus et de spiritualisation intensives, il voulait, de concert avec lui dans l'autre vie encore, la vraie vie, goûter les beautés entraperçues de l'au-delà et la révélation des lois divines qui meuvent les mondes. » (La croisade contre le Graal).

Pour mettre fin à leurs jours, ils choisissaient entre cinq genres de mort : s'empoisonnant, se laissant mourir de faim, s'ouvrant les veines, se jetant dans un précipice ou se plongeant dans l'eau glacée après un bain brulant, ce qui provoquait une congestion pulmonaire qui les emportait.

Certains indices permettent de supposer également que les albigeois choisissaient parfois la mort en groupe. On a retrouvé dans une crypte de la montagne Noire, non loin de Carcassonne, des squelettes datant de l'époque qui nous intéresse. Ils étaient couchés circulairement, les tètes au centre, les pieds à la circonférence, comme les rayons d'une roue parfaite : « Ceux qui sont étendus pour mourir dans une solitude secrète et ont dessiné avec leur corps une figure géométrique de roue, n'ont poursuivi ce but étrange et si inusité au moment de la mort que parce que c'était un rite d'une importance exceptionnelle et dont ils attendaient un résultat sublime », est-il écrit dans « la Clef des choses cachées ».

Car, en 1935, Maurice Magne, son auteur, pense que cette manière de mourir, qui était déjà connue en Bretagne, dans l’île de Tiviec, il y a plus de 5000 ans, était le fait des peuples descendant des antiques Atlantes.

Cependant, la pratique de l'endura ne conduisait pas fatalement vers la mort. Le plus souvent, il s'agissait d'un jeûne de purification d'une durée de deux mois, entrecoupé de pauses pendant lesquelles les ascètes prenaient du pain et de l'eau. Comme nous l'avons dit, et surtout à l'époque des persécutions, il arrivait que les cathares, après la réception du consolamentum, se donnassent volontairement la mort.

Si nous connaissons très mal les cérémonies de leur culte, des fouilles ont néanmoins permis de mettre au jour des objets symboliques utilisés par les albigeois, qui nous ont fait retrouver certaines de leurs croyances jusque-là ignorées. Ainsi, d'aucuns n'avaient pas hésité à affirmer que le jeune Otto Rhan, pour confirmer ses thèses, avait lui-même dessiné certains graffiti découverts dans les grottes de Sabarthèz, notamment une colombe cathare. Or, on a retrouvé une colombe sculptée à Montségur même et dans une des grottes de l'Ornolac. La colombe est le symbole du Saint-Esprit, de la lumière divine descendue parmi les hommes, ce qui prouve bien que le catharisme st une religion de lumière et non pas magique. Dans ce sens vont les découvertes faites récemment de croix solaires, de croix celtiques, et d'objets en forme de pentagone trouvés sur le Pog et dans certaines grottes.

Tous ces symboles ont trait au culte de la création divine. Par ailleurs, le château de Montségur était un temple solaire. Et tous ces éléments confirment la filiation manichéenne et zoroastrienne de l'albigéisme. De la même manière, et bien qu'on ait passé la chose sous silence, les Méridionaux ont fait un usage constant de la croix à virgule et du svastika, du Moyen-Age jusqu'au XIXe siècle, rejoignant ainsi les grands courants du symbolisme universel.

Les cathares menaient une vie exemplaire. Avant les persécutions, ils parcouraient le Midi en tous sens, enseignant les foules, prêchant un évangile de purification et de simplicité, fustigeant les mœurs corrompues du clergé catholique, qui pratiquait entre autres fautes le nicolaïsme (le mariage des prêtres) et la simonie (le trafic des messes). Le peuple suivait ces hommes vêtus de noir qui vivaient comme des saints et abandonnait ses mauvais prêtres. La noblesse, attirée par l'idéal aristocratique de l'hérésie, ralliait aussi la nouvelle foi. L’Église officielle se défaisait avec d'autant plus de facilité qu'elle était loin du peuple. Les cathares, eux, partageaient les misères de chacun, exerçant la médecine, gardant les malades et portant « la bonne parole ».

Souvent artisans, les albigeois pratiquaient surtout le tissage de la laine et ces Parfaits se demandaient, courbés sur leurs métiers de tisserands, si « ce n'était pas l'esprit de la terre qui tissait véritablement au métier bruissant du temps, la robe vivante de la Divinité ».

L'histoire de l'hérésie albigeoise est longue et mouvementée. Il n'est pas dans notre intention de l'écrire ou de la refaire : l'important, dans cette révolte spirituelle, est d'en apercevoir les raisons.

Au XIIIe siècle éclate dans le Languedoc et en Provence, avec des symptômes menaçants, une de ces révoltes de l'esprit humain qui se renouvellent de siècle en siècle jusqu'aux prédications de Luther.
Le philosophisme et le républicanisme attaquaient ensemble ou isolément l'autorité souveraine du Saint-Siège et l'ordre établi. Un immense mouvement religieux se manifestait sur deux points à la fois : le rationalisme vaudois dans les Alpes, le mysticisme allemand sur le Rhin et dans les Pays-Bas, où se révoltaient les corporations citadines contre leurs évêques et le clergé. Les sectateurs de Pierre de Burys voulaient reconstituer l’Église primitive dans sa pureté et sa pauvreté en retournant à la simplicité de l'évangile johannique ; réprimés un instant, ils s'étaient reformés à Lyon en 1170, avec Valdès.

Dans le Nord, Amaury de Buc, près de Chartres, et son disciple David de Denain, se mettaient, vers la fin du XIIe siècle, à prêcher une sorte de mystique puisée dans les écrits de Scot Erigène, reflet altéré de la doctrine cathare.

Pour eux devait commencer le règne du Saint-Esprit dans lequel les prescriptions antérieures devaient cesser, pour ne laisser subsister d'autre religion que la pure adoration de l'âme.

A suivre, le 28/08/2022...

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