Une fois n'est pas coutume :
Mème si notre calvaire, à ma compagne Vanessa et à moi, est terminé, loin de là, je souhaite chaleureusement remercier ceux et celles qui, ici, entendent, comprennent, et prennent en compte la souffrance qui est la notre en de telles circonstances.
Ça fait énormément de bien de savoir qu'il y a des personnes qui nous prêtent attention. Des personnes bienveillantes et compréhensives à notre encontre. Des personnes qui ne nous jugent et ne nous condamnent pas parce que notre parcours de vie est éprouvant, rempli de difficultés et d'obstacles qui nous meurtrissent profondément ; et qui vont probablement laisser sur nous leur empreinte à tout jamais.
Peut-être que pour énormément de gens, tout ce que je relate ici régulièrement est insignifiant, sans valeur, dénué d’intérêt. Peut-être qu'ils ne comprennent pas pourquoi je raconte tout cela au vu et au su de tout le monde. Je leur dirai ceci : je n'ai pas honte, je n'ai pas à rougir, je n'ai pas à dissimuler, les afflictions et les désagréments dont Vanessa et moi sommes l'objet. Ce sont des expériences qui font partie intégrante de notre existence. A nous d'en tirer des enseignements qui nous permettront d'évoluer ; qui nous permettront de trouver des solutions pour être heureux, épanouis, sereins, dans un futur que j'espère pas trop lointain.
J'ai trop connu les silences imposés, les médisances, les ragots par derrière et les sourires par devant. J'ai trop connu de gens pour qui, avant tout le reste, ce qui était important, c'était de préserver les apparences ; c'était le qu'en-dira-t-on ; c'était la réputation ; c'était le prestige... Personnellement, ces considérations, je les trouve teintées de médiocrité et d'étroitesse d'esprit. Je les trouve teintées d'a-prioris et de préjugés. Je les trouve teintées de mesquineries et de platitude. Ça ne me parle pas ; ça ne me parlera jamais. Mieux encore, jamais je ne me plierai ou me soumettrai à leurs diktats ; dussé-je en payer le prix fort... Du reste, j'en paye le prix fort depuis des années, que ce soit ci fréquemment, ou de la part de mon entourage "réel".
Alors, je dis merci à ceux et celles qui savent dépasser cette dictature de l'image ; ce totalitarisme de l'apparence. Je dis merci aux personnes qui cherchent à comprendre plutôt qu'à croire. Je dis merci à ces personnes qui nous soutiennent, Vanessa et moi, dans notre combat pour notre dignité, pour davantage de respect et de considération. Je dis merci à ces personnes qui se soucient de notre santé - physique, morale, psychique... -, qui discernent derrière les textes que je partage les valeurs humanistes que je défends. Je dis encore merci à ces personnes de réaliser qu'un homme - ou une femme - est constitué de myriades de facettes ; que sa personnalité ne se résume pas à quelques lignes ; que son cheminement personnel, professionnel, social, familial, etc. ne se réduit pas à quelques phrases vite rédigées, vite lue, vite digérées, avant de passer à autre chose de plus divertissant.
Je leur dis également merci de ne pas céder aux sirènes de la facilité et de la simplicité. Je leur dis merci de ne pas céder aux sirènes de la bêtise et de l'ignorance, de la crédulité et de l'imbécilité, comme tant et tant - y compris dans notre entourage réel - s'y laissent prendre. Oui, je leur dis merci, du fond de mon cœur et du fond de mon âme. Et en ce jour d'anniversaire de Vanessa, pour lequel nous sommes éloignés l'un de l'autre pour la première fois depuis dix-neuf ans, celle-ci se joint à moi pour remercier ces personnes - elles sont si rares, et donc si précieuses - de ce qu'elles nous apportent...
Merci à ceux et à celles qui se reconnaitront.
Dominique Capo
