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21 septembre 2016

Ecritures, troisième partie :

X3Je me revois très bien : ce devait être durant les vacances scolaires. C'était le matin ; j'étais encore en pyjama et robe de chambre. Je me suis installé devant mon écran, où apparaissait le premier logiciel de traitement de texte auquel je me suis confronté. Puis, je me suis laissé envahir par l'imaginaire qui était le mien, mais qui était lié à ma récente expérience. Et, instinctivement, naturellement, j'ai laissé glisser les mots, les images enchaînées à mon esprit, le long de mes doigts.

Finalement, j'y ai passé toute le journée. Alors que j'alignais les mots les uns derrière les autres, les lignes et les paragraphes les uns derrière les autres, je ne me suis pas rendu compte du temps qui défilait. Concentré sur les décors, les personnages, les aventures que je leur faisais affronter, j'ai eu l'impression que les huit heures environ que j'y ai accordé n'avaient duré quelques minutes. C'est incroyable comme le temps défile rapidement lorsqu'on est totalement absorbé par une passion ; d'autant plus lorsque celle-ci est naissante. C'est incroyable comment on est capable de se souvenirs de certains épisodes marquants de son existence – et ce dernier en a été un -, demeurent gravés en soi à tout jamais ; alors que d'autres, plus futiles ou moins importants – en tout cas à ses yeux – disparaissent de votre mémoire à la vitesse de l'éclair. Bien évidemment, avec les années, à force d'écrire, j'ai appris à mémoriser plus aisément les choses ; y compris les plus anodines. Ce, afin ensuite de pouvoir les retranscrire sur papier ; ou pour pouvoir m'en inspirer lorsque j'élabore des nouvelles, des récits, des poèmes, ou autre. Mais ce jour-là, j'ai été surpris de me rendre compte à quel point les minutes et les heures s'écoulaient vite. Mon esprit, complètement absorbé, je n'ai même pas pris le temps nécessaire pour aller me doucher ou pour aller m'habiller. Il faut avouer qu'au cours des vacances scolaires, j'étais assez habitué à garder mes vêtements de nuit toute la journée. Heureusement, ce n'est plus le cas aujourd'hui. Et si mes parents n'intervenaient pas vigoureusement pour que je me plie à cette règle, je ne m'en préoccupais pas.

J'ai donc accouché d'une dizaine de pages. De toute manière, je n'aurai pas pu en rédiger davantage. En effet, d'une part, le soir se profilait à l'horizon. Et d'autre part, le fait est que le traitement de texte de ce PC ne pouvait enregistrer sur disquette – à l'époque, il n'y avait pas de disque dur – qu'un nombre extrêmement limité de pages. Toutes les dix pages, à peu près, je devais créer un nouveau fichier, afin de poursuivre mon récit. C'était particulièrement frustrant et rébarbatif. J'ai néanmoins, plus tard, été contraint de m'y habituer. Car après cette petite nouvelle, j'en ai écrit d'autres de plus en plus développées et de plus en plus longues. Quand je retourne chez ma mère et que je me rends dans la pièce juste à coté de ma chambre, je peux les récupérer. Elles sont rangées sur les étagères où s'accumulent mes livres, eurs, feuillets, etc. de cette époque de ma vie. Il y a près d'un an de cela d'ailleurs, je les ai sorties de cet endroit. Je me suis allongé sur le matelas de cette chambre. Et j'en ai nostalgiquement parcouru certaines. Et j'ai été abasourdi par la naïveté et l'imagination balbutiante dont elles étaient le reflet. Ceci dit, pour la première d'entre elles, elle a agi sur moi comme un véritable détonateur. Une pierre d'achoppement à partir de laquelle j'ai bâti tout le reste au cours des années et des décennies qui ont suivi.

Je l'ai enregistrée sur disquette. Je l'ai imprimée. L'encre était d'une pâleur terrifiante. Il n'y avait pas de marge, ni de correcteur orthographique. Les répétitions, les fautes y étaient innombrables. Le était inexistant. Néanmoins, je suis convaincu que si je n'avais pas répondu à cet appel intérieur tenace, évident, farouche, il est vraisemblable que ma vie aurait été toute autre.

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Commentaires
B
L"écriture est un moyen d"évasion extraordinaire où l'esprit erre sur une foultitude de pensées, parfois fugaces, Et les doigts pianotent inlassablement sur le clavier pour écrire et exprimer nos sentiments. <br /> <br /> Oui, effectivement nos premiers textes sont puériles, mais ont cette naïveté qui émeut.<br /> <br /> Les mots utilisés reflètent notre méconnaissance de la richesse de la langue française. <br /> <br /> Ceci dit, l'essentiel à nous, vos lecteurs assidus, est qu'à ce jour, votre évolution nous emmène et, on se sent enveloppé d'un voile pour mieux s'imprégner de vos textes. <br /> <br /> Nous nous enrichissons de votre vie...... Que nous savourons au quotidien.<br /> <br /> Belle journée ensoleillée à vous - Babeth
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