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3 août 2021

A propos de... :

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Il y a trois ou quatre ans de cela peut-être, j'avais écrit un premier article évoquant Monsieur et Madame Glandu. A l'époque, je ne leur avait pas donné de nom. J'avais juste rédigé un certain nombre de mes pensées et de mes observations les concernant. Et comme aujourd'hui, ces pensées et ces observations me renvoyaient à des expériences malheureuses dont j'avais été victime de leur part des années ou des décennies plus tôt. Et je m'étais rendu compte, comme aujourd'hui également, que leur comportement vis-à-vis de personnes différentes - comme moi notamment -, n'avait pas changé.
 
Au contraire, avec les réseaux sociaux et l'anonymat qu'ils facilitent, avec l'individualisme outrancier qui gangrène actuellement de plus en plus notre société - voyez les tenants de l'anti-vaccin contre le Covid 19 et les anti-pass sanitaire criant à l'atteinte contre leurs libertés individuelles plutôt que de songer que leur vaccination peut ralentir la propagation de ce fléau, peut protéger les plus faibles et les plus fragiles, et y compris eux-mèmes ou leurs proches, de ses effets dévastateurs -, c'est pire. Leur liberté de s'exprimer sans frein, et surtout, sans réfléchir ou raisonner, sans s'informer correctement sur ce qu'ils promulguent, ces réseaux sociaux ne font qu’exacerber leur haine, leurs violences, leurs ressentiments, leur indifférence, leur égoïsme. C'est triste, pathétique, c'est minable.
 
Je ne reviendrai pas sur mon opinion sur ces gens-là. Je l'ai à maintes reprises développée ici et ailleurs. Je ne reviendrai pas non plus sur les arguments objectifs et scientifiques qui encouragent à la vaccination massive, et à la justesse du Pass sanitaire tant que la majorité de la population ne sera pas vaccinée. Et là encore, ces individus ne cherchent jamais à approfondir leurs renseignements à ce propos. Ils alimentent donc ainsi la propagande, les fake-news et les contre-vérités qui pullulent sur le Web.
 
Car, non, nous ne nous en débarrasserons pas définitivement un jour de ce fléau. Il va falloir apprendre à vivre avec, qu'in le veuille ou non, qu'on l'accepte ou non. Non, le "monde d'après" ne ressemblera pas au "monde d'avant'. Une page de notre histoire contemporaine s'est définitivement tournée, comme après l'effondrement du bloc communiste ou comme après le 11 septembre. C'est ainsi.
 
Par contre, s'ils désirent croire ces "conneries", grand bien leur fasse du moment que leurs "croyances" n'influent pas sur la santé d'autrui.
 
Les réactions de certain(e)s sur mes deux textes plus récents les caricaturant m'a fait beaucoup rire également. Comme les réactions de ces anti-pass et anti-vaccins me font beaucoup rire du fait de leur méconnaissance de ce qu'ils tentent vainement de faire croire aux personnes raisonnées et sensées. Du fait de la partialité des informations tronquées, trafiquées, modifiées, qu'ils diffusent pour propager leur propagande. Oui, si la santé de tous et toutes n'étaient un sujet des plus sérieux - étant atteint de la maladie de Sturge-Weber et handicapé, je suis le premier a en avoir conscience -, je me tordrai de rire quand je lis ce qu'ils professent.
 
Le pire, c'est qu'ils sont persuadés de la véracité de leurs propos. On dirait des religieux s'accrochant à leurs imbéciles superstitions d'une religion qui privilégie "j'ai lu sur le net l'opinion de quelqu'un ; ou j'ai trouvé une phrase ou un paragraphe d'un pseudo scientifique, contesté et contestable."
 
Alors, ces religieux d'un nouveau genre s'empressent à s'emballer : c'est forcément un complot contre la vérité, nos libertés sont forcément en danger, si cette personne est contredite, si ce qu'elle prétend est minimisé. D'un coup de baguette "magique", mon esprit intègre ses divagations en tant que vérité inaliénable et irréfutable. Je la relaie en déformant ses thèses afin qu'elle corresponde à ce dont je suis convaincu parce que j'en sais si peu que ça me fout la trouille de ma vie. Et comme j'ai la trouille de ma vie, je me fie davantage à mes émotions qu'à la raison et à la science, parce que c'est plus simple, c'est plus facile pour un esprit crédule et inculte comme le mien.
 
Bref, ces personnes-là, même si vous leur démontrez sans conteste que 2 et 2 font 4, elles vont rester convaincue que ça fait 3 ou 5, selon ce qu'elles veulent entendre. Ces personnes sont incapables de se remettre en cause, en question. Ces personnes me font énormément rire, je l'avoue. Se moquer de leur médiocrité, de leur étroitesse d'esprit, de leurs certitudes, est un vrai délice, je l'avoue humblement.
 
Ce que je souhaite souligner au sujet de ce premier texte sur les "Glandu" d'il y a quelques années, c'est le commentaire d'une lectrice qui, à l'époque, m'avait fait beaucoup rire : "Pourquoi vous vous moquez de gens comme nous.", m'avait-elle écrit. Je confesse que j'en ai eu les larmes aux, tellement cette phrase m'avait fait rire aux éclats.. Je ne suis pas quelqu'un qui rit facilement. Il faut dire que les occasions de rire, pour moi, ne sont pas fréquentes, avec tout ce par quoi je suis passé depuis des années. Mais les propos de cette personne m'ont fait beaucoup de bien. Et si j'en reparle aujourd'hui, c'est parce que les réactions, les phrases, de ceux et celles qui s'élèvent contre ce qui est de la préservation de la santé des uns et des autres la plus élémentaire, est vraiment désopilant.
 
Ces personnes se comportent comme des Glandu. Oui, vraiment, c'est le seul regard qu'une personne un tant soit peu intelligente, cultivée, au courant de la complexité et de la diversité des éléments démontrant qu'elles se trompent, peut avoir. Ces personnes se complaisent dans la peur et l'ignorance, dans la vulgarité et la petitesse. On ne peut que les plaindre, que les ridiculiser.
 
Là aussi, je sais ce que c'est que d'être ridiculisé ou humilié,, moi qui suis malade et handicapé, et que ces gens "normaux" ont moqué, on rabaissé, ont rejeté, ont blessé, du fait que je suis né différent. Là, au moins, se rendent-ils compte - quoique je me demande s'ils en sont capables -, quels sont les effets dévastateurs de la moquerie, de la mise à l'écart, de l'inquiétude, du soupçon, qu'ils suscitent. Sauf qu'à contrario de moi, ils ont la possibilité de ne plus en être victime en se vaccinant. Moi, je n'ai jamais bénéficié d'un vaccin pour guérir de ma maladie et de mon handicap. S'il j'en avais eu un à disposition, c'est sans hésiter que je l'aurai utilisé. Ça m'aurait évité bien des souffrances, bien des solitudes, bien des quolibets, bien des persiflages,, qui m'ont souvent mis plus bas que terre sans qu'ils s'en soucient, sans que ça les touche.
 
Alors, cette discrimination, cette restriction des libertés, que ces personnes brandissent comme des étendards à cause du Pass sanitaire et de la vaccination obligatoire à l'encontre de certaines professions, me fait rire. C'est désopilant. Ça me fait penser à ces Glandu qui n'avaient pas compris pourquoi je me moquais de leur réaction : "pourquoi il se moque de gens comme nous".
 
Justement, parce que ce sont des gens comme eux qui font que les vagues épidémique se succèdent sans discontinuer. Ils s'étonnent, ils s'insurgent, des restrictions sanitaires qu'ils subissent comme des atteintes à leur liberté. En même temps, ils font tout pour que le virus se propage aisément et sans contrainte. Ils se rassemblent dans des lieux de villégiature propices à sa propagation. Ils ne se protègent en ne portant pas de masque ou en ne se faisant pas vacciner. Et après, ils viennent pleurer parce qu'on leur interdit l'accès à tel ou tel lieu. Quelle surprise ? Il faut vraiment être un Glandu pour ne pas voir que ces restrictions sont uniquement les conséquences de leur individualisme outrancier et de leur indifférence à l'égard de ceux et celles qui les entourent ; et qu'ils sont à même de contaminer, y compris sans le vouloir, sans s'en apercevoir.
 
Oui, ces Glandu sont des gens dont on peut, dont on doit, se moquer, si c'est le seul moyen de leur faire prendre conscience de l'inanité de leur comportement. Quand je pense à leurs réactions médiocres, ils m'incitent à les caricaturer davantage encore. Ils prêtent le flanc à cette attitude de ma part. Je n'en n'ai pas honte. Ils provoquent celle-ci. Ils n'ont que ce qu'ils méritent.
 
Moi, ou d'autres invalides, handicapés, malades, fragiles, n'ont pas choisi notre état. Nous aimerions en être délivrés pour pouvoir vivre, se déplacer, travailler, aimer, comme tout le monde. Que ne donnerions nous pas pour briser nos chaines et ne plus être regardés comme des extra-terrestres, des gens qu'il faut éviter, qui ne sont pas conformes à ce qu'on attend de quelqu'un en pleine possession de ses moyens. Et ces Glandu, qui ont la possibilité de retrouver tout ça en se faisant vacciner, le refusent. En me renvoyant à ce commentaire - parmi d'autres - de jadis, il y a de quoi être d'une impertinence cruelle, absurde, et sarcastique.
 
Car ce n'est pas la société qui les repousse parce qu'ils ne se vaccinent pas ou rejettent le Pass sanitaire. Ce sont eux qui refusent la réalité et les nécessités du moment. Ce sont eux qui n'acceptent pas que la liberté implique des contraintes, des remises en cause de certitudes qui leur étaient peut-être autrefois favorables ; mais qui aujourd'hui ne le leur sont plus. Ce sont eux qui oublient que le monde évolue en permanence sans attendre après eux, et qu'il faut s'y adapter de gré ou de force, au risque d’être balayé par celui-ci. Ce sont à eux que ces bouleversements, que ces différences, font peur.
 
Moi, je n'ai pas peur de ces bouleversements, de ces différences auxquelles nous sommes tous et toutes confrontés. Je suis né différent. Je sais depuis longtemps qu'il est nécessaire de s'adapter en permanence à ce que les événements nous imposent. Je sais que si on refuse les difficultés, les épreuves, les restrictions parfois, qu'ils nous infligent, c'est à coups de marteau sur la tète qu'ils nous les rappelleront. Ces bouleversements, ces différences, ne nous épargnerons pas, que nous soyons riches ou pauvres, bien portants ou pas, quel que soit notre statut social ou notre éducation, le territoire où nous vivons ou les croyances que nous avons. C'est une des principales leçons que l'existence m'a donnée ; parfois contre mon gré, parfois au prix de douleurs physiques ou morales insoutenables. Chacun de nous a sa part ; le tout c'est d'en tirer des enseignements pour continuer à aller de l'avant ; ou de refuser la réalité et se faire happer par elle.
 
Personnellement, c'est la première des options que j'ai choisi. Et c'est pour cette raison d'ailleurs, que je ne cesse de vouloir apprendre, d'engendrer des connaissances de toutes sortes, de réfléchir sur notre passé, notre présent, et notre avenir, ou que je ne cesse de témoigner. C'est encore pour cette raison que je ne cesserai jamais de persifler à l'encontre des Monsieur et Madame Glandu du monde entier, que je ne cesserai de me battre pour apporter ici-bas un peu plus d'humanité ; pour évoluer et dépasser cette risible médiocrité...
 
Dominique Capo
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