X3Et ce n'est pas en nous cachant les yeux, en nous dérobant à notre part de responsabilité, en feignant l'innocence ou l'ignorance, que les faits changeront. Les faits sont durs, brutaux, sans états d'âme, impitoyables. Ils sont constitués de nuances issues de myriades de particularités, de spécificités, de caractéristiques, d'attributs. Nous en sommes tous les acteurs, volontaires ou involontaires. Nos parents, nos grands-parents, nos ancêtres, également. De même que leurs actions, que leurs engagements, que leurs réalisations, que leurs initiatives, etc.

Je conçois volontiers que ce soit difficile à admettre ; que cela puisse faire mal ; que cela puisse nous déstabiliser. Je conçois aussi que certains et certains s'imaginent que puisque ces événements se sont passé il y a longtemps parfois, ils ne se sentent pas concernés. Néanmoins, nous sommes tous le fruit de ceux et de celles qui nous ont précédés. Comme nos enfants et nos petits-enfants seront les fruits de ceux et de celles que nous sommes aujourd'hui ; et de nos prédécesseurs.

Alors, acceptons que nous aussi, nous contribuons aux bonheurs et aux malheurs – malheurs en l’occurrence – de ce monde. Daesh, comme Al Qaida, comme le Nazisme, comme le Communisme, comme la Colonisation, sont issus – du moins partiellement – de ce que nous sommes.

Le refuser, le repousser, le négliger, est un non sens. Pire, c'est criminel. Parce que nous donnons ainsi du grain à moudre à ceux et celles qui nous condamnent ; tout autant qu'en agissant comme ils le font, ils nous donnent du grain à moudre pour les condamner. Nul n'est tout à fait coupable ; nul n'est tout à fait innocent. Moi y compris. Et demeurer dans une position où la simplification est érigée comme fondement de notre mode de pensée et de réflexion participe à l'ignominie que nous réprouvons.

Et pourtant, il est tellement simple, tellement aisé, d'y succomber. Vous peut-être. Moi, certainement pas. Jamais. Et tant pis si cela ne plaît pas à tout le monde. Tant pis si je bouscule les préjugés, tant pis si je malmène les idées préconçues, tant pis si je dérange ceux et celles qui préfèrent les amalgames, les raccourcis, les vérités simples ne les obligeant pas à se creuser la cervelle pour exprimer leur opinion.

J'assume entièrement mes propos, mes convictions, mes connaissances, mes expériences. J'assume mon héritage, avec ce qu'il a de bon ou de mauvais, de magnifique ou de terrifiant, de génial ou de monstrueux. J'assume le pourquoi et le comment nous en sommes arrivés là du fait de celui-ci. Je ne me dérobe pas en rejetant la faute sur les victimes de Daesh, qu'elles soient en Europe ou ailleurs.

Et ma manière de combattre son extrémisme, comme l'ensemble des extrémismes, Front National en tête, c'est de porter haut ce que je suis par l'intermédiaire des mots, des phrases, des paragraphes, et des textes, que je partage ici et ailleurs.

Pour le reste, chacun a sa conscience ; la mienne, elle transpire au travers de chacun de mes exposés…