X3Une fois encore – mais cela ne me surprend guère -, mon exposé d'hier sur les dérives du phénomène religieux, a été beaucoup commenté. Ce n'est pas la première fois, ce ne sera certainement pas la dernière fois non plus. En effet, c'est un aspect de l'être humain sur lequel je me penche de temps en temps parce qu'il y a beaucoup à en dire.

Evidemment, en un seul texte comme celui que j'ai publié hier – ou même les précédents -, je ne peux détailler en profondeur l'ensemble des perspectives de ce thème éminemment complexe, divers, et sensible. Car, pour en avoir déjà été le témoin ici ou ailleurs, dès que l'on parle de Dieu, de Religion – quelle qu'elle soit -, de Textes Sacrés tels que le Torah, le Talmud, la Bible, le Coran, notamment, les esprits s'échauffent rapidement ; les croyants et les croyantes de toutes confessions se crispent, et s'accrochent corps et âme à leurs convictions et à leurs dogmes. La raison et l'intellect n'ont plus leur place ; ils sont immédiatement évincés par des sentiments épidermiques, voire intolérants et haineux. J'ai alors l'impression d'avoir à faire, non plus à un homme ou à une femme usant de son libre arbitre, de son individualité, de sa conscience indépendante et modérée. J'ai alors surtout la vision d'un être redevenu bestial et barbare qui est dénué de discernement et de lucidité.

Et j'avoue que c'est – entre autres – contre cela que je me bats lorsque j'aborde le thème de la religion. Car, on peut être croyant, mais ne pas prendre automatiquement et systématiquement pour un acquis véridique, ce que notre foi nous dicte. La foi n'empêche pas le doute ou la réflexion. La croyance n'est pas basée sur « LA » vérité ; mais sur une certaine vision de multitudes de vérités et de réalités.

Personnellement, j'ai des convictions. Elles sont différentes. Elles sont complexes ; trop pour que je puisse les décrire en quelques mots. Néanmoins, je ne les tiens pas pour des vérités inébranlables, indestructibles.

A chaque fois que je suis confronté à de nouveaux aspects de ces convictions auxquelles je n'avais pas réfléchi auparavant, je les remets en question. Je les enrichis des apports que mes connaissances, que mes expériences, que mes rencontres, que mes dialogues avec les autres – de cultures, de lieu, de croyances, d'éducation, de tradition, etc. - sont susceptibles de m'apporter. Je ne ferme aucune porte ; mais, à contrario, je ne m'engouffre dans aucune voie les yeux fermés ; pieds et poings liés à une doctrine établie.

 

A suivre...