X1Nous sommes dans un monde où la forme compte plus que le fond. Nous sommes dans un monde où les apparences ont plus d'importance que les faits. Nous sommes dans un monde où l'argent-roi est plus appréciable que le bonheur - collectif ou individuel. Nous sommes dans un monde où la soumission à la Religion nie toute autre forme de conviction. Nous sommes dans un monde où l'inculture est vénérée, et où la connaissance est méprisée. Nous sommes dans un monde où l'éphémère est préférée à la constance.

 
Nous sommes aussi dans un monde où le virtuel est davantage estimé que le réel. Nous sommes dans un monde où la bêtise plus honorée que la raison. Nous sommes dans un monde où la facilité et la simplicité sont plus prisées que la lucidité et la réflexion.
 
Nous sommes encore dans un monde où l'aveuglement et le fanatisme sont enviés ; où l'intelligence et la sagesse sont réprimés. Nous sommes dans un monde où la violence, où la haine, sont plus chéris que la modération ou le compromis. Nous sommes dans un monde où l'Homme s'abandonne sans honte, ni remord, ni regret, à ses plus vils instincts ; et où ceux et celles qui ne font pas partie de la "masse" considérée consommable autant que consommateurs, sont rejetés, humiliés, délaissés, moqués.
 
Nous sommes enfin dans un monde où la différence n'a plus droit de cité ; où l'uniformité et où le conformisme, sont des dictatures qui ne disent pas leur nom. Nous sommes dans un monde où les gens souhaitent changer les choses, mais qui, finalement, cherchent à profiter du système. Nous sommes dans un monde au présent incertain, et à l'avenir qui fait peur.
 
Malgré tout cela, et d'autres aspects si paradoxaux de l'humanité à laquelle j'appartiens, je suis heureux et fier de qui je suis, de mon chemin de vie, des valeurs que je prône. Et je m'oppose, fut-ce au prix de la solitude, des moqueries, de l'exclusion, des humiliations, des condamnations, etc. du troupeau de moutons dont est constituée 95 % de mes semblables, à ce totalitarisme enchainant nos consciences à un monde dans lequel je ne me reconnais pas...
 
Dominique Capo