X3Ce n'est pas parce que je crois en quelque chose que je dois tout accepter au nom de ma foi. Ce n'est pas parce que je ne suis qu'un être humain, imparfait et le plus souvent ignorant, que je dois m'imaginer que la perfection est de ce monde… ou d'un autre. Ce n'est pas parce que je suis en quête de savoirs, de sagesses, et d'élévation spirituelles, que je dois supposer que ceux et celles qui ne pensent pas comme moi sont des incompétents.

 

Je ne suis qu'un homme, rien de plus, rien de moins. Je suis à la fois faible et fort ; heureux et malheureux ; intelligent et sot ; courageux et peureux ; fou et équilibré ; violent et pacifique. Je suis empli de défauts et de qualités, de paradoxes et de singularités ; de rêves de grandeur et de désespoirs effroyables ; d'illusions et d'idéaux ; de sublime et de cauchemardesque.

Mais c'est parce que je suis tout cela, et que je suis bien davantage encore, que je suis capable d'affronter toutes les épreuves que le Destin dresse devant moi. C'est parce que je suis ainsi que je suis prêt à me dépasser, et à dépasser tout ce qui est difficile – voire impossible – à réaliser, afin d'aller jusqu'au bout de mes rêves. C'est parce que je crois en moi que je ne crains pas de me fourvoyer pour continuer à cheminer ; sur cette route qui me conduit inéluctablement au cœur de ces myriades de possibilités, de vérités, dont l'univers est constitué.

 

Nul Dieu, nul dogme, nul texte, nul frère, ne me fera jamais plier à sa volonté. Je ne subirai le joug d'aucune Déité, d'aucun être incarné ; d'aucun Livre Saint, ou d'aucune idéologie ; je le crierai sur tous les toits du monde si c'est nécessaire, je peux le jurer. Je chercherai toujours à m'affranchir des chaînes auxquelles homme ou divinité souhaite m'attacher. Je préférerai me trancher les veines, mourir en martyr, être estropié, torturé, plutôt que de m'y plier.

 

Je veux surtout aller au-devant de mes Frères et de mes Sœurs, quelles que soient leurs origines, leurs croyances, leurs traditions, leurs ethnies, ou leurs idéologies. Je n'ai aucun à-priori, je suis ouvert à toutes formes de perceptions de ce que nous sommes, d'où nous venons, d'où nous sommes, et d'où nous allons. Je suis curieux de tout et de tous. Les livres, les connaissances, les expériences personnelles, les réflexions philosophiques qui sont les miennes, comme celles autour desquelles je débats – en accord ou en désaccord avec mon interlocuteur -, sont autant de richesses auxquelles j'accorde une énorme valeur. Peu importe son milieu social, son éducation, son emploi – ou pas -, ses passions, ses références, que l'on soit argenté ou pauvre comme Job, chacun apporte dans ces échanges, dans ces partages, ce qu'il est, ce qu'il sait, ou ce qu'il croit. Sans prosélytisme, sans idée préconçue, en toute simplicité, mais en toute sincérité, je donne autant que l'on me donne. Je réfléchis autant que l'on me permet de réfléchir. Je remets en cause, en question, autant que je permets à l'autre de se remettre en cause ou en question. Je suis fécondé de savoirs inédits ; autant que je féconde de la même manière celui ou celle qui m'interroge ou que j'interpelle paisiblement.

 

Et c'est ainsi, que ma quête insatiable, irrépressible, exigeante, dévorante, se poursuit. Riche de toutes ces multiplicités, de ces myriades d'expériences en tous genre, je la perpétue depuis la Nuit des Temps ; et ce, jusqu'à ce que la mort m'emporte définitivement...