X1Italie, XVème Siècle :

 

En 1405, la plupart des géographes Italiens considèrent toujours l’Ethiopie comme étant la dernière parcelle visible de l’Atlantide. Parfois, « Ancien Continent Englouti » apparaît encore sur leurs cartes.

 

En 1407, c’est Piri Reiss qui bouleverse la plupart des conceptions cartographiques établies. Contrairement à ses confrères, dits « officiels », il se réfère un certain nombre de cartes du IVème siècle avant J.C. ; il les aurait jadis découvert et suppose qu’elles renvoient à des sources beaucoup plus anciennes ; en expliquant en outre que leurs plans s’appuieraient sur des documents aujourd’hui disparus.

 

D’après lui, ces cartes démontrent que la Terre avait été entièrement cartographiée au-delà de l’an 4000 avant J.C. Et seule une Civilisation perdue, ayant atteint un haut degré de technologie avait eu la possibilité d’effectuer une telle prouesse. Par la suite, ses atlas ont été légués à d’autres Sociétés ; peut-être les Crétois de l’Ere Minoenne ou les Phéniciens ; sachant que ces derniers ont été le plus grand marins du Monde Antique pendant près de mille ans. Piri Reiss prétend qu’elles ont finalement atterri dans la Bibliothèque d’Alexandrie ; où elles ont été minutieusement étudiées et décortiquées ; avant d’être compilées par les savants de l’époque.

 

Les cartes que Piri Reiss a vues dans sa jeunesse concernent principalement les rivages de la Méditerranée et de la Mer Noire. Il y a noté la latitude et la longitude de l’Egypte jusqu'à sa frontière Méridionale. Il y a relevé les Observatoires Astronomiques qui y ont été implantés aux temps jadis. Mais il en a observé d’autres montrant le Continent Américain, les océans Arctique et Antarctique au moment où ils étaient libres des glaces. Et il ne doute pas qu’en des temps très reculés, d’anciens voyageurs aient parcouru la Terre du Pôle Nord au Pôle Sud ; en devant avoir des instruments de mesure et de calcul largement supérieurs aux siens. Piri Reiss est en outre persuadé que ces planisphères sont la preuve qu’ils aient minutieusement exploré ces territoires. Pour lui, elles sont les ultimes vestiges de l’existence de l’Atlantide. Il écrit donc à ce propos : « Ces cartes incorporent des données qui sont le reflet d’une Science Oubliée, et qui se rapportent à une époque où l’Homme était capable de déterminer la place du Monde au cœur de l’Univers par d’autres moyens que les nôtres. ».

 

En 1409, deux ans après Piri Reiss, c’est à Oronce Fine de remettre en cause les théories des cartographes officiels. Il accrédite en effet une thèse encore plus surprenante que son prédécesseur. En s’appuyant sur les mêmes renseignements, il prétend que l’Antarctique a bien été visité ; mais aussi qu’il a été habité par l’Homme lorsqu’il était dépourvu de glaces. Oronce Fine explique donc que les cartes de Piri Reiss remontent bien plus loin dans le temps. Elles font référence à un moment où le niveau des océans était beaucoup plus bas qu’à l’heure actuelle ; à une époque où la grande île apparaissait toujours au large de l’Amérique du Sud ; entre la grande dorsale de l’Atlantique et l’Equateur. Les minuscules rochers de Saint-Pierre et de Saint-Paul en sont aujourd’hui ses ultimes résidus.

 

Oronce Fine en conclut que les Atlantes ont dû exister à une période contemporaine de la fin du Premier Age Glaciaire dans l’Hémisphère Nord. Et, en s’interrogeant sur les travaux de ces derniers, il émet l’hypothèse qu’ils auraient dessiné leurs cartes sur plusieurs millénaires d’affilée. Ils se seraient ainsi arrogé la possibilité d’y consigner les moindres changements au fur et à mesure des bouleversements planétaires.

 

En 1409 également, beaucoup d’Occultistes se mettent tout à coup à utiliser une notion Magique nouvelle de manière inconsidérée. Parmi eux, le peintre Piranèse est le plus talentueux ; il la fait se refléter dans la plupart de ses œuvres graphiques rattachées à l’Egypte et à ses Mystères.

 

En 1410, Florence offre à l’Italie un miroir de l’excellence du Monde. « Cet Age d’Or, écrit le philosophe Marsile Ficin, rend à la lumière les arts libéraux presque abolis, la grammaire, la poésie, l’éloquence, la peinture, la sculpture, l’architecture et la musique. Et tout ceci à Florence. ».

 

Cette fierté, cette foi dans la mission humaniste et le retour de l’Age d’Or ne sont pas nouvelles : un siècle avant, Dante et Pétrarque en ont témoigné dans leurs écrits, et Giotto sur ses toiles. Mais foi et fierté triomphent avec la magnificence des Médicis, qui incarne l’idéal des humanistes.

 

Pourtant, territorialement, l’Etat florentin n’a pas grand poids dans la péninsule : 15 000 km², 750 000 habitants – moins de 80 000 pour Florence, dont la moitié a succombé à la Peste Noire. Non loin de là, il faut compter avec les Sforza, maîtres du duché de Milan, forts d’une armée solide et d’une économie prospère.

 

Malgré tout, Florence doit encore sa fortune au négoce et à la finance. Au début du siècle, elle compte près de cinquante maisons de commerce et contrôle le grand trafic international. Plus tard, les prodigalités de Laurent, les énormes pertes de la compagnie Médicis affaiblissent son économie. Mais c’est alors qu’elle devient la ville phare de l’humanisme. Autre paradoxe : cette cité si fière de ses traditions républicaines, se reconnaît dans un homme qui accapare seul le pouvoir.

 

A suivre...