198Pour en terminer définitivement avec cette malheureuse histoire, et en tourner définitivement la page - du moins je l'espère et le souhaite de tout cœur -, je rajouterai ceci :

 
Hier, en milieu d'après-midi, je travaillais sur la rédaction de mes Chroniques personnelles. Un instant, ma maman m'a contacté par Skype, comme elle le fait chaque jour désormais. Elle se soucie beaucoup pour moi, et forcément pour Vanessa également. Comme ma sœur de cœur, elle sait que tous ces tracas m'écrasent, me bousculent, me stressent. Elle sait combien ils influent sur mon état de santé.
 
Durant ce genre d'événements, je suis la proie de crises d'anxiété entrainant des vomissements. Je ne mange pratiquement plus. Des crises de convulsions momentanées peuvent même se produire. Mon esprit, comprimé par ces désagréments, ne parvient plus à raisonner. Mes émotions prennent le dessus avec virulence, me malmènent nerveusement et psychologiquement ; je me renferme aux tréfonds de moi-même. Je suis ravagé par des tourments intérieurs qui, s'ils sont quasi-invisibles pour quelqu'un de l’extérieur, me détruisent et me persécutent jusqu'à ce que la situation rentre dans l'ordre. Ou, que quelques heures s'écoulent, que je reprenne le contrôle de mes alarmes afin de faire face efficacement à l'épreuve à laquelle je dois, dans les plus brefs délais, trouver une solution. Mais, Dieu, à chaque fois - et c'est souvent - que tout ceci est éprouvant.
 
Bref, pour en revenir à l'essentiel, j'étais sur le point de terminer ma conversation avec ma maman, de me replonger dans mes écrits - qui progressent bien au demeurant -, lorsque le téléphone a sonné. Ma maman, toujours connectée, a suivi l'échange.
 
C'était Madame Desplanques, la responsable de l'ADMR dont nous dépendons pour Valognes, Vanessa et moi. Son ton était chaleureux, agréable. A ma grande surprise, elle m'a annoncé qu'elle avait trouvé une remplaçante à cette Madame Colas dont j'ai décris les agissements à notre encontre dans mes textes précédents. J'en ai été heureux. Tout aussi bienveillant - pour moi, cette affaire est terminée -, je lui ai demandé des précisions. Elle m'a expliqué que cette personne interviendrait le jeudi - et non le mercredi comme précédemment. Elle m'a dit qu'elle me rappellerait ultérieurement pour me préciser quand cette intervenante viendrait nous rendre visite pour se présenter à nous. Je suis assez confiant puisqu'il semble que Madame Desplanques l'ait déjà mise au courant de ce qui caractérise notre couple, le fait que nous sommes fusionnels, etc.
 
Pour moi, c'est très important ; pour Vanessa aussi. Nous ne voulons pas que ce qui s'est passé il y a peu se renouvelle. Nous voulons que cette aide à la sortie dont Vanessa bénéficie, se mette en place dans les meilleures conditions possibles, autant pour elle que pour moi.
 
J'en ai ensuite un peu discuté avec ma maman, puis avec Vanessa. L'une comme l'autre étaient contentes et heureuses que cette épreuve se termine ainsi. Que nous puissions enfin retrouver calme, tranquillité, sérénité.
 
Quelques minutes plus tard, à ma grande surprise une nouvelle fois, Madame Desplanques m'a recontacté. Cette fois, c'était pour m'informer que cette personne allait venir se présenter à nous Mardi prochain vers 15h. Lors de cet entretien, Vanessa et moi aurons donc l'occasion de développer nos besoins, nos spécificités, comment nous désirons - ou pas - que les choses se passent. Je pense que c'est le mieux, et je le répète, je suis confiant.
 
Je ne sais pas ce qui a conduit à ce retournement de situation aussi soudain de la part de Madame Desplanques et de l'ADMR de Valognes. Est-ce le fait que j'ai envoyé une lettre - le premier texte concernant cette histoire que j'ai partagé ici - à l'ADMR50 ? Est-ce mon intervention auprès de l'ergothérapeute de Vanessa la semaine dernière ? Auprès de Madame Déog du réseau SEP mardi ? Autre chose encore ? Je n'en sais rien, et peu importe en fait. Je ne chercherais pas à en comprendre les tenants et les aboutissants. Tout ce que je souhaite, pour Vanessa et moi, c'est vivre en paix, serein, tranquille, débarrassé du maximum de poids de cette sorte qui viennent régulièrement déstabiliser notre équilibre personnel.
 
Pour autant, mardi prochain sera une grosse journée pour nous : la matin, à 11h30, Vanessa et moi avons rendez-vous avec le neurologue de ma compagne. C'est son bilan semestriel, pour voir si tout va bien quant à l'évolution de sa sclérose en plaques - ou pas. Pour le renouvellement des médicaments qu'elle prend dans le cadre de sa maladie. Heureusement, depuis des mois, son état de santé, au vu des circonstances, est stable. Elle va bien. Donc, ce rendez-vous n'est qu'une simple formalité.
 
L'après-midi, ce rendez-vous avec cette nouvelle intervenante donc. Puis, aux alentours de 16h, c'est le kinésithérapeute de Vanessa qui vient chez nous, pour octroyer à ma compagne l'une de ses deux visites hebdomadaires. Et lui procurer les soins dont elle a besoin pour entretenir ses muscles, en plus des séances quotidiennes de 30 minutes, de vélo d'appartement auquel elle s'exerce.
 
Je terminerai par ceci. Les choses s'arrangent donc. J'en profite donc pour vous expliquer pourquoi, jusqu'à peu, je ne vous ai jamais parlé de ma compagne Vanessa, et que par la suite, sauf événement grave, je n'y ferai plus allusion.
 
Seules, ici, deux ou trois personnes en qui j'ai une totale confiance, la connaissent. Ces deux ou trois personnes connaissent notre parcours, notre relation, ce qui nous unit, les combats pour la préservation de notre couple, pour son épanouissement, pour son bonheur, que nous avons menés ensemble.
 
Je l'ai maintes fois répété - même si beaucoup de gens ont du mal à le croire -, mais ma vie revêt de multiples aspects. Je n'en révèle que des fragments sur ce réseau social ou ailleurs sur le Net. Je suis écrivain, historien, chercheur, intellectuel, philosophe, commentateur de l'actualité. Vous le savez si vous lisez les longs textes touchant à ces thèmes que je publie. Je suis handicapé, en proie à la solitude, à des blessures, à des tourments, à des incapacité ou des impossibilités de me sortir du refuge dans lequel je me suis enfermé depuis des années. Ce n'est que par l'écrit, que je parviens à communiquer avec l’extérieur. Mème si j'aimerai de toutes mes forces qu'il en soit autrement.
 
Or, pour diverses raisons que j'effleure au travers de mes témoignages les plus personnels, il semble que ce soit impossible. Y compris en tentant d'aller vers les autres au travers de ce réseau social. Malgré mes efforts, rien n'y fait...
 
Pour autant, la plupart des aspects de la personne que je suis réellement, et qui n'ont rien voir avec l'intellectuel, le lettré, l'engagé pour davantage d'humanisme, de respect, de raison, d'ouverture d'esprit, de tolérance, entre autres, jamais je ne les dévoilerai ici. Pareil en ce qui concerne ma compagne Vanessa.
 
Ma démarche en ce sens a un but simple, mais clair : préserver au maximum Vanessa - et par extension moi également - des débordements pernicieux qu'engendre la mise à nu de nombre d'aspects de la vie privée de chacun sur Facebook. Énormément de personnes aiment mettre en avant ici leur quotidien, leurs photos ou vidéos de famille, leur "métro-boulot-dodo", dans le bon ou mais sens du terme. Ils mettent en avant tout ce qui les préoccupe au sein de leur vie journalière. Ils déversent ici leurs certitudes, leurs préjugés, leurs rires et leurs larmes, leur maux personnels, ou de leurs proches, de toutes sortes. Et les autres prennent autant de plaisir - malsain selon moi - à en être les spectateurs ou spectatrices. Je considère cela comme du voyeurisme. Comme autrefois, les commères qui observaient au travers des fenêtres de leurs voisins pour voir ce qu'il s'y passait. Sauf que cette fois, c'est le monde entier qui est susceptible de regarder à l'intérieur de chez soi.
 
Personnellement, je choisis ce que je montre - ou pas. Quand j'évoque certaines parties de mon existence personnelle, c'est parce que je sais que celles-ci n'ont ou n'auront quasiment aucun impact sur cette dernière - sauf exception, ça peut arriver. Et dans ce cas là, je supprime ou rectifie immédiatement. Personnellement aussi, jamais je ne vais regarder les images, vidéos, commentaires, qui touchent à la vie personnelle des gens qui se trouvent dans mes contacts. S'ils souhaitent me parler d'eux, ce sera toujours en privé, hors des yeux et des oreilles qui trainent. Hors des remarques, des jugements, des condamnations éventuels. A l'abri des malveillants qui se plaisent à critiquer, à asséner leurs certitudes, leurs convictions, leurs croyances, leurs idéologies, comme remède aux affres de la vie des autres.
 
Ceux-ci feraient mieux de regarder leur propre vie, d'y trouver des moyens d'évoluer, avant de juger celle des autres.
 
Facebook, ou n'importe quel réseau social, sont de formidables moyens d'entrer en communication les uns avec les autres. Ils sont de formidables outils d'échanges, de dialogues, de partages de passions, de centres d’intérêts, d'idées, etc. Ils permettent à des gens qui ne se seraient pas croisés dans la vie autrement, de se lier, de discuter, d'apprendre à se découvrir.
 
Mais ça, ce n'est que l'amorce. Ce n'est pas une fin en soi. Ces débilités dont je constate quotidiennement la diffusion sont une honte. Elles incitent leurs diffuseurs, et ceux et celles qui les propagent ensuite, à faire appel à leurs plus bas instincts. Le voyeurisme, la violence, la bêtise, l'inculture, le jugement, la condamnation, la haine de l'autre, l'indifférence parce que ce concentrant uniquement sur son petit cercle, sur ses petits soucis, sur ses petites joies, sans s'intéresser à ce qui se passe autour. Si tous et toutes ne suivent pas cette façon de fonctionner, malheureusement, beaucoup s'y emploient. Tous les jours, les faits parlent d'eux mêmes.
 
Or, je veux me préserver, et Vanessa avec moi, de tout ça et du reste. Ceux et celles qui souhaitent en savoir plus que ce que je diffuse habituellement, n'ont qu'à me contacter. Un coup de fil, une conversation de vivre voix, une rencontre, sont des options auxquelles j'agrée volontiers. Je constate cependant que l'immense majorité se contentent du virtuel. Pour des raisons qui leur sont propres, que je comprends, mais auxquelles je ne souscris pas, elles contribuent à cette solitude dont je fais les frais et que je dénonce si souvent.
 
Donc, puisque cette fatalité est impossible à briser - je m'en suis rendu compte depuis longtemps -, je me contente d'écrire ici ce que ce dont cette immense majorité est capable d'entendre, de lire, de voir, au travers du virtuel. Mes textes sur l'Histoire, sur la Philosophie, sur la Religion, sur l'Actualité, sur certains aspects de moi, sont les seuls éléments, je le constate également, que ces personnes sont susceptibles d'entendre, de percevoir, de lire. Le reste de ce qui me concerne, de ce que je souhaiterais partager, développer, ne les touche ou ne les intéresse pas. Donc, je ne mêle et ne mêlerai pas Vanessa a cela.
 
Pourquoi la frustrer, alors qu'elle autant que moi, nous aimerions sortir de notre isolement. Et que nous comptions sur Facebook dans ce but, à une époque. Les gens qui en usent ne le veulent, ne le peuvent, pas. Tant pis. Donc, je l'en préserve, et je préfère recevoir tous les coups qui m'y sont donnés parfois. Je préfère endurer les désillusions, les solitudes, les tristesses, les souffrances, rajoutées à celles de notre quotidien, qui s'y exercent. Plutôt qu'elle y soit confrontée. Parce que, même si je suis fragile, sensible, blessé, etc., je suis quand même plus solide qu'elle.
 
De fait, sauf accident, c'est la dernière fois pour longtemps, que je vous parle de ma compagne. A partir de maintenant, si ce n'est ce que je diffuse habituellement, elle n'y sera plus impliquée...
 
Dominique Capo